VISITE DES
expérience pour soigner les malades.
L'étude de la médecine pastorale est par ce motif très -recommandée aux prêtres qui ont à s'occuper du soin des malades. Du reste, l'expérience, le sens commun et l'observation suggèrent les avis les plus indispensables.
Lorsqu'il s'agit de l'arrangement des affaires temporelles du malade, de la rédaction de son testament, le prêtre ne doit ni s'en mêler de lui-même, ni prendre l'initiative; mais il ne doit pas refuser ses conseils, si on les lui demande. Il rendra le malade attentif à l'obligation de la restitution du bien injustement acquis, l'exhortera à la justice envers ses parents, et évitera toute apparence d'intérêt privé, s'il engage d'ailleurs son pénitent à des legs pieux. Hxc sitggerendo, dit le Rituel romain, omnis avarttiœ nota caveaiur.
Pour que le malade reçoive les soins spirituels que nous avons indiqués, il faut que le prêtre le visite régulièrement, très-souvent si le temps presse ; une visite par jour suffit à peine. Quand la maladie se prolonge, il faut se régler d'après les besoins des individus. Pour rester dans la juste mesure, le Rituel romain conseille, dans les grandes paroisses, de tenir un registre des malades, ut cujusque statum et conditionem cognoscat, eorumque memoriam facilius retinere et Mis opportune subvenire possit. II est singulièrement avantageux au ministère du prêtre que le malade ait d'aussi bons gardes que possible. Ou sait combien les ordres religieux qui soignent les malades dans les hôpitaux et les maisons privées facilitent le ministère du prêtre.
IV. Visite pastorale des malades dans certains cas particuliers. Nous n'avons parlé que des cas ordinaires, tels qu'ils se présentent le plus souvent parmi les malades d'une paroisse; mais il y a des cas exceptionnels.
1° Quand le malade est frappé subitement, quaud il est victime d'un accident qui fait craindre une mort rapide, il faut que le prêtre utilise raisonnablement le peu de temps qu'il a devant lui. Il ne s'agit pas de longs entretiens, de discours doux et onctueux, d'examen scrupuleux de la conscience. Si le malade peut encore parler ou donner quelque signe, le prêtre tâchera d'en obtenir l'aveu du péché qui peut être son péché capital, et de renfermer tous les autres péchés dans un acte unique de contrition ; il lui fera, par exemple, comme œuvre satisfactoire, frapper trois fois sa poitrine, ou baiser le crucifix, et lui donnera l'absolution, dont la formule, en cas de nécessité, peut être abrégée et réduite aux paroles essentielles. Si le malade ne peut ni parler ni donner signe de vie, le prêtre prononcera en son nom un acte de contrition et lui donnera conditionuellement l'absolution. Si le patient a été mortellement blessé dans une rixe, il faut tâcher de le calmer, de le disposer au pardon et de l'amener à s'en remettre à la miséricorde divine. Si c'est un suicidé qui s'est manqué, il faut le traiter d'abord avec douceur, jusqu'à ce qu'il soit revenu à l'usage normal de ses facultés. Alors il faut s'adresser sérieusement à sa couscience pour le réconcilier avec Dieu. Perscvèrc-t-il dans son irritation contre Dieu et demcure-t-il sans repentir de son crime : le prêtre ne peut donner l'absolution ni lui administrer les sacrements.
2° Quand les malades sont dans des dispositions tout à fait mondaines, et quand, malgré le danger, ils ne veulent ni entendre parler de la mort, ni se détacher du monde, il faut que le prêtre tâche de rompre ce charme, de dissiper cette illusion, de réveiller l'attention du patient sur la crise définitive qu'il traverse. Le patient devrait-il prendre de l'impatience, se trouver mal à l'aise,
le prêtre n'en doit être ni effrayé ni rebuté. Cette inquiétude peut être l'avantcoureur de la paix véritable.
3° Quand la maladie est chronique, longue, pénible, le prêtre doit lutter contre la lâcheté et l'impatience du pénitent. Plus le malade, dans ce cas, se croit abandonné de Dieu et du monde, moins le prêtre doit le délaisser; il doit écouter les plaintes, les approuver à certains égards, les offrir à Dieu, qui, dans sa miséricordieuse sagesse, en a ordonné ainsi, et n'a jamais laissé sans secours le serviteur qu'il éprouve. Prendre part aux douleurs, marquer sa commisération, c'est les soulager, c'est consoler puissamment celui qui les eudure. Un des meilleurs moyens de fortifier le malade est de lui faire méditer tous les jours un des moments de la Passion de Notre-Seigneur.
4° Quand le malade est un pécheur endurci, il n'est pas aisé de le ramener.
L'ivrogne est le plus facile à convaincre et à porter à de bonnes et sages résolutions , auxquelles, il est vrai, trop souvent il manque quand la santé revient. Le voluptueux est plus difficile à manier , surtout quand l'objet de ses affections illégitimes demeure sous le même toit que lui. Dans ce cas il faut insister sur le renvoi de cette personne, et, si ce renvoi excitait trop l'attention, il faut exiger au moins qu'elle ne serve pas le malade et qu'elle s'en éloigne.
D'anciennes et d'irrémissibles inimitiés créent de cruels embarras au confesseur; il faut qu'il parle et agisse avec prudence et modifie son langage suivant que le patient est l'auteur ou la victime de l'outrage ou de l'injustice. Il devra, dans beaucoup de cas, entreprendre luimême l'œuvre de la réconciliation.
5° Quand le malade a une restitution à opérer, il faut avant tout réveiller en lui la conviction que toute injustice demande réparation, que tout bien mal acquis exige restitution, et il faut examiner
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si la restitution est possible ; si elle ne l'est pas, il faut ne pas inquiéter davantage le malade, et lui montrer que dans ce cas le devoir cesse ou que du moins l'obligation est prorogée. Si la restitution est difficile , le confesseur peut offrir d'intervenir auprès de la partie lésée pour obtenir un allégement, toutefois sans trahir jamais le malade. Si la restitution est possible, il faut y tenir strictement, et le prêtre peut ou s'offrir pour l'accomplir, ou engager le malade à désigner une personne de confiance. Il ne faut pas oublier que les calomniateurs sont tenus à réparation.
6° Quand la malade est une personne hystérique, la conduite à tenir est nonseulement difficile, mais, surtout pour déjeunes prêtres, dangereuse. Ces malades prennent volontiers une direction religieuse, et, entrées dans cette voie, elles se portent facilement aux choses extraordinaires. Elles prétendent avoir des extases, des visions et d'autres grâces surnaturelles ; elles se disent agitées, tourmentées, poursuivies par les démons. Comme ces malades d'ordinaire se trompent elles-mêmes ou cherchent plus ou moins méchamment à tromper, il faut que le confesseur agisse avec une extrême prudence, se garde de favoriser ces singularités et même s'y oppose, au risque de méconnaître des grâces qui sortent réellement de la voie commune.
Il faut ramener la malade aux pratiques religieuses les plus vulgaires, et la convaincre autant que possible que les singuliers phénomènes dont elle est l'objet sont imaginaires. Ces malades peuvent devenir dangereuses pour le confesseur en inspirant facilement un sentiment de sympathie qui peut se changer en affection particulière, en passion. Les malades elles-mêmes sont toutes disposées à ce sentiment par la reconnaissance qu'elles éprouvent des soins qu'on leur donne, par l'attachement naturel et légitime qui en résulte, par
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la disposition instinctive qu'elles ont à s'enflammer , sans souvent qu'elles le sachent ou le veuillent. Ces rapports exigent par conséquent la plus grande vigilance de la part du prêtre , pour ne pas tomber dans des embûches dont il a peine ensuite à se tirer. Une certaine froideur dans le langage et les manières, des visites rares, faites, autant que possible, en présence d'autres personnes, sont d'utiles préservatifs.
D'ordinaire l'intervention de la médecine est nécessaire pour guérir les malades de ce genre.
V Enfin les cas les plus difficiles sont ceux que présentent les maladies mentales, les fous, les insensés. Quoiqu'il soit rare de pouvoir administrer les sacrements à ces personnes, on ne doit cependant pas renoncer à toute sollicitude pastorale à leur égard. Le traitement de ces malheureux réclame une étude spéciale, des qualités particulières, une vocation peu commune. Il ne s'agit pas seulement d'hygiène, de thérapeutique et de police avec les fous ; il s'agit d'une charité active , d'un dévouement intelligent, d'une cure morale, pour laquelle on sait que les ordres religieux spécialement consacrés au soin des maladies mentales ont une aptitude et des grâces particulières.
V. Avantages de la visite des malades pour le prêtre. 11 est peu d'actes du ministère sacré plus propres à assurer au prêtre la conflance des familles et celle de leur paroisse que la visite des malades.
L'abnégation, le sacritlce qu'exige l'accomplissement de ce devoir , d'une part, et, d'autre part, le sentiment du service important que le prêtre rend au malade, disposent même les esprits les plus hostiles en faveur du curé qui remplit consciencieusement son devoir.
En outre le prêtre, au lit du malade, fait des expériences que nulle autre circonstance ne produit aussi fréquentes
et aussi complètes. Il arrive aussi plus d'une fois que le prêtre en instruisant le malade fait un retour salutaire sur lui-même et guérit son âme en sauvant celle des autres. Bendel.
malchion. Voyez Paul de Samosatb.
m u cm s. Le récit que font les synoptiques (1) du fait de l'oreille droite qui fut coupée au serviteur du grandprêtre, au moment où Jésus fut arrêté, n'est complété dans l'Évangile de S.
Jean (2) que par ces mots : « Ce serviteur se nommait Malchus. » On ne sait rien de plus de ce Malchus. Ce nom parait d'ailleurs dans l'histoire, quoique rarement. Ainsi Josèphe parle d'un prince arabe nommé Malchus (3).
D'après Suidas, un sophiste de ce nom, né à Philadelphie, vécut, au cinquième siècle, sous l'empereur Anastase, à Byzance, et Photius le nomme un historien accompli. On a conservé deux beaux fragments de son histoire In eclogis legationum.
Cf. Winer, Lex. de la Bible, t. II ; Iselin, Lex. hist., t. III.
MAI. CONTENTS. Foyez HUGUENOTS.
maldonat (Jean), exégète, naquit en 1534 à Casas de la Reina, en Estramadure. Il étudia d'abord le droit à Salamanque, puis s'adonna, d'après le conseil d'un pieux ami, à la théologie, dans laquelle il eut pour maîtres Dominique Soto, François Tolet, plus tard cardinal, et d'autres hommes remarquables. Après avoir terminé ses études il entra dans la Compagnie de Jésus et professa la théologie à Rome (1562).
A cette époque les Jésuites (4) obtinrent, pour la première fois, le droit d'enseigner dans l'Université de Paris, et Maldonat, après avoir professé pendant quelques mois à Rome, fut en-
(1) Maith., 2fi, 51. Marc, U, A7. Luc, 22, 50.
(S) Antiq., XIII, 5, 1 ; XIV, 1 ; XV. * 2, (ft) Foy. JÉSWTES.