‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 56 sur 224 · MALDONAT · texte numérisé non relu

MALDONAT

voyé à Paris ; ce fut le premier profes- I seur de son ordre qui y enseigna publiquement.

On ne pouvait faire un choix meilleur ; ses leçons de théologie et de philosophie eurent un tel succès que tous les jours, deux et trois heures d'avance, la salle du cours était remplie, et que plusieurs fois il fut obligé défaire sa leçon dans la cour du collège des Jésuites, la salle ne pouvant plus contenir les auditeurs. 11 n'y avait guère de théologien en France qui ne l'eût entendu ou qui ne se procurât ses cahiers ; les prédicateurs calvinistes eux-mêmes fréquentaient ses leçons et admiraient son esprit et son érudition, quoique, à cause de la vivacité de sa polémique, ils l'eussent surnommé Maledicentissimus Maldonatus,

Maldonat, dit D. Calmet, possédait aussi toutes les facultés qui devaient en faire un savant remarquable. Il joignait à une grande sagacité la connaissance approfondie des langues, une immense érudition ecclésiastique et une application infatigable. Tant qu'il enseigna il s'occupa moins d'écrire que de préparer ses cours et ses discussions avec les protestants , qui redoutaient extrêmement son habileté , sa vivacité et sa présence d'esprit dans la dispute. Ils eurent souvent à éprouver sa supériorité, notamment à Poitiers, où le roi Charles IX l'envoya pour l'opposer à leurs progrès. On vante, à côté de tous ces talents, la réserve, le recueillement et l'humilité de Maldonat, et on donne comme preuve de la sévérité qu'il mettait à obéir à la règle de son ordre que , lorsqu'on l'envoyait d'un endroit dans un autre, il n'avait rien à emporter avec lui qu'une mauvaise soutane et ses manuscrits. Il se rendit pendant quelque temps à un appel que lui fit le duc de Lorraine , Charles III , qui l'avait nommé à l'académie de Pont-à-Mousson, fondée par ce prince

de concert avec le cardinal de Lorraine.

A Paris il divisa son cours de théologie en quatre années, et se mit à professer avec son zèle habituel, mais non sans être impliqué dans toutes sortes de désagréments. Il fut accusé d'avoir engagé le président de Moutbrun à faire un testament en faveur de son ordre; le parlement de Paris l'acquitta.

La Sorbonne l'accusa d'hérésie parce qu'il avait dit que la doctrine de l'immaculée Conception de la sainte Vierge, admise par la Sorbonne, n'était pas un dogme certain et inattaquable et que ce n'était qu'une opinion pieuse. Il résulta de là une vive controverse. Pierre de Gondi, évêque de Paris, que le Pape Grégoire XIII avait chargé d'examiner l'affaire, prononça l'acquittement de Maldonat, en 1575. Comme les attaques toutefois continuaient, à ce qu'il paraît, et que d'ailleurs la santé de Maldonat avait beaucoup souffert , il renonça à l'enseignement et se retira au eollége de Bourges , où dès lors il s'occupa de ses ouvrages et rédigea ses commentaires sur les Évangiles et les Prophètes.

Il avait l'intention de commenter toute l'Écriture et s'occupa spéciale* ment d'expliquer les idiotismes et les hébraïsmes de la Bible. Après un séjour d'un an et demi à Bourges il fut appelé à Rome par le Pape, pour travailler à l'édition nouvelle des Septante. Il y mourut peu après son arrivée, à l'âge de cinquante ans, le 3 janvier 1683.

On le compte avec raison parmi les plus grands hommes de son ordre et parmi les plus savants théologiens de son siècle*

Son principal ouvrage est son Commentaire sur les quatre Évangiles. 11 fut achevé dès 1578 ; mais Maldonat ne put en soigner la publication, et il en remit le manuscrit, peu avant sa mort, au général de l'ordre, Claude Aqua-

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