‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 71 sur 224 · MANTOUE · texte numérisé non relu

MANTOUE

triarcat du Frioul. Dans un autre concile de 1064 l'élection du Pape Alexandre II fut confirmée, et l'antipape, que l'empereur Henri III (1 ) avait opposé au pontife légitime, fut condamné, dans la personne de Cadalous, é véque de Padoue, qui avait pris le nom d'Honorius II (2).

En 1459 eut lieu à Mantoue le remarquable congrès des princes que Pie II avait convoqués pour délibérer avec eux sur les moyens de continuer la guerre contre les Turcs. Les souverains montrèrent autant d'indifférence que Pie fit éclater de courage et d'enthousiasme. Le Pape attendit longtemps l'arrivée des princes; la plupart d'entre eux étaient divisés d'intérêts; la couronne de Hongrie était une matière de querelle entre le roi Matthias et l'empereur.

Celui-ci fit agréer ses excuses au Pape, qui avait été autrefois sou secrétaire, sous le nom d'Jinéas Sylvius, eu mettant en avant les affaires sérieuses qui l'empêchaient de comparaître en personne. Le Pape lui en fit des reproches. Enfin un certain nombre de princes étant arrivés à Mantoue, le Pape ouvrit le congrès (21 juin 1459) malgré le déplaisir qu'éprouvaient la plupart des membres présents, et les gens de la cour papale eux-mêmes, de se trouver à Mantoue, qui leur paraissait un endroit marécageux, où l'on n'entendait que des grenouilles.

Cependant peu h peu les députés des États les plus divers arrivèrent au rendez-vous , notamment ceux de Philippe, duc de Bourgogne, et ceux de France et des États d'Italie. Le 26 septembre le Pape adressa au congrès un discours qui dura près de trois heures sur la nécessité d'une expédition contre les Turcs, sur les moyens de la faire et le contingent à fournir par tous les États.

(1) Foy. Henri ITL

(2) Foy. Ho M) ri es H.

Après le Pape le cardinal Ressarion (1) parla daus le même sens. Les Allemands, invités à déterminer leur contingent, me purent tomber d'accord; la desunion éclata entre les députés de l'empereur, ceux des princes d'Allemagne et des États de l'empire, désunion à laquelle contribua notamment le célèbre juriste Grégoire de Heimbourg (2), député d'Albert, duc d'Autriche. Enfin les princes promirent au Pape 92,000 hommes d'infanterie et 10,000 de cavalerie. Les autres mesures nécessaires pour mener l'entreprise à bonne fin devaient être prises dans deux diètes fixées l'une à Nurenberg. l'autre è Wiener- Neustadt. Le Pape désigna l'empereur Frédéric comme généralissime de l'expédition. Malheureusement la désunion, les conflits qui régnaient entre les princes sur lesquels le Pape devait le plus compter alors, firent manquer l'entreprise résolue par le congrès de Mantoue. Les conférences , les conseils qu'on se fatigua de tenir ne purent ranimer l'intérêt pour la guerre sainte parmi les princes d'Allemagne, occupés de leurs tristes démêlés personnels. Il fallut tout l'enthousiasme de Pie II pour aller jusqu'au bout. Le Pape avait, inutilement d'ailleurs, adressé au sultan Mahomet une longue lettre dans laquelle, en prenant pour base l'écrit de Cusa, Cribra tio Àlcorani^ il lui démontrait la vérité du Christianisme et les erreurs de l'islamisme. Pie II, quoique souffrant, et confiant en Dieu et en une armée de plus de 88,000 hommes, commandée par le valeureux Scanderbeg, se rendit en personne à l'armée des croisés ; mais il succomba en route à ses souffrances, après avoir chaudement recommandé aux cardinaux qui l'entouraient la guerre sainte qu'on allait entreprendre. — Le Pape avait

(1) V oy. BE88ARIOÎI.

(2) Foy. Grégoire de HeinocRO.

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