‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 72 sur 224 · MANUEL I · texte numérisé non relu

MANUEL I

aussi profité du congrès de Mantouc pour promulguer une sévère défense d'en appeler des jugements du Saint- Siège.

Cf. Gobelin et d'autres historiens du temps et l'art. Italie. Dux .

manuel (bénéfice). Voyez BBWB-

FICBS ECCLÉSI ASTIQUES.

■anuel i" (Comuène), empereur de Constantinople de 1143 à 1180, est connu plus particulièrement à cause de la seconde croisade, qui eut Heu sous son règne. Après s'être distingué dans plusieurs guerres, il succéda à son père Jean II, par la volonté de ce prince, à l'exclusion de son frère atné Isaac, sur un trône singulièrement ébranlé.

Son père s'était allié à l'empereur Lothaire(l) contre Roger de Sicile; il avait renouvelé cette alliance avec Conrad (2) et demandé comme sceau de cette amitié la main d'une princesse impériale pour son fils Manuel. Conrad y consentit et lui destina la sœur de l'impératrice Gertrude, nommée Berthe. La fiancée partit pour la Grèce ; mais elle ne trouva plus Jean II en vie. Son union ne fut pas heureuse. Irène, c'était le nom qu'elle avait pris comme impératrice , s'efforça en vain par sa vertu et sa douceur de gagner le cœur de son époux et de l'arracher à l'empire des concubines auxquelles il s'était livré.

Au dehors Manuel eut d'abord à combattre les Turcs. Les premières années de son règne furent remplies de joies et d'espérances; mais les vices qu'il avait cachés d'abord éclatèrent de toutes façons ; il se montra aussi orgueilleux que cruel et traita ses sujets comme des esclaves livrés à ses caprices.

Lorsque la croisade eut été résolue, Manuel promit l'accueil le plus amical aux souverains qui la dirigeaient, à Conrad II, empereur d'Allemagne, et à Louis VII, roi de France. Mais ce prince

(1) f'oy. LOTBAIRE.

(2) Foy. COHRAD 111.

parjure fit en même temps avertir le sultan d'Iconium du danger qui le menaçait, et, lorsque Conrad aborda à la tété de son armée, Manuel, loin de lui témoigner aucun intérêt, le reçut avec une défiance extrême, et lui opposa un corps d'observation, précaution que les résultats de la première croisade justifiaient à certains égards. En effet les soldats allemands se permirent encore cette fois toutes sortes d'excès. Manuel, pressé de se débarrasser de ces hôtes incommodes, fit transporterl'armée des croisés au delà du Bosphore. Les deux beaux-frères s'étaient réconciliés par là, sans du reste se voir ni se parler.

Cependant Manuel avait eu une entrevue dans son palais avec Louis VII et l'avait reçu d'une manière fort hospitalière ; mais, ayant hâte de s'en délivrer comme des Allemands, il fit répandre dans Constantinople le bruit que l'armée des croisés allemands avait eu un plein succès, et exigea à une seconde entrevue que l'armée française lui prêtât serment, comme la première armée des croisés l'avait fait à l'égard de son aïeul Alexis. Il demanda en même temps pour son neveu une parente du roi en mariage. A ces conditions il promettait son assistance. L'armée prêta serment à contre-cœur ; 1e comte de Dreux emmena la malheureuse fiancée du neveu de Manuel, qui était sa parente, pour l'enlever à une alliance si indigne d'elle.

Enfin Manuel ne fut pas le dernier à contribuer à l'insuccès de la seconde croisade par les fausses indications qu'il donna à l'armée , par les retards qu'il mit à lui fournir les vivres nécessaires, par toutes les ruses et les fourberies qu'il mit en jeu pour l'abuser.

Nous n'avons point à nous occuper ici des guerres qu'il eut à soutenir contre Roger, contre les Hongrois et les Turcs; nous n'avons plus qu'à considérer ses rapports avec l'Église latine.

Marié en secondes noces avec Marie,

MAPil

fille de Raymond, prince d'Antioche, il traita en général avec une certaine bienveillance les Latins de son empire durant tout son règne ; il embellit leurs églises et s'attira par là leur reconnaissance. Profitant de ces dispositions favorables, le Pape Adrien IV (1 154-1159) engagea Basile , archevêque de Thessa- Ionique, à essayer la réunion de l'Église grecque avec l'Église latine. La tentative échoua devant le mauvais vouloir qui animait les Grecs à l'égard du Pontife de Rome (1). Cependant, lorsqu'après la mort d'Adrien l'empereur Frédéric I" se fut déclaré contre son successeur , Alexaudre III , en faveur de l'antipape Victor , Manuel , en réponse à une lettre de Louis, roi de France, se recommanda aux prières d'Alexandre III comme à celles d'un Pape digne du trône , lui écrivit, à la nouvelle des préparatifs d'une troisième croisade, en se déclarant prêt à y concourir , et en lui demandant en même temps de nommer un cardinal chargé de suivre l'armée pour maintenir l'ordre. La croisade projetée n'eut pas lieu.

En 1160 Manuel fit offrir au Pape sou concours contre les violences de Frédéric Ie» ; mais il posait pour condition que le Pape transmettrait désormais la couronne de l'empire romain aux souverains de Byzance , à qui elle appartenait de droit , et promettait eu retour de mettre le Pape en possession de toute l'Italie et de réaliser l'union des deux Églises. Après deux années de négociations à ce sujet le Pape déclara qu'il était tout dévoué à la réconciliation des deux Églises, mais que, ne voulant pas troubler la paix entre les princes chrétiens, il ne pouvait entrer dans les vues de Manuel relatives à la couronne de l'empire d'Occident. Celte réponse mit un terme aux négociations, mais elle ne rompit pas l'amitié des

(t) roy. Grecque (ÊglitfJ.

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