MARC EUGENICUS — MARC LE GNOSTIQUE
Fera Historia unionis non verse inter Grœcos et Latinos , site concilii Florentini exactissima narra iio , traduite en latin et publiée à la Haye en 1660 par l'anglican Robert Creyghton ; sur les ouvrages de Marc, outre Fabricius, Oudini , Comment, de Seriptor.
écoles., t. III, coll. 2343-2346; Cave, Hist. litter., Basil., 1741 , t. II, Append., p. 136-138.
G. TlNKHAUSBR.
marc (le gnostiqub ). On connaît trois gnostiques de ce nom, qui, sans être chefs de secte , eurent cependant une certaine importance.
I. Le plus fameux d'entre eux est Marc, disciple de Valentin, fondateur d'une secte particulière de gnostiques appelés Marcosiens. Ce Marc, qui selon toute apparence iutrigua d'abord en Asie, qui plus tard vint dans le sudest de la Gaule, et parut environ vers le milieu du second siècle ou peu de temps après, s'était rendu fameux par des pratiques magiques au moyen desquelles il cherchait surtout à séduire les femmes riches et bien nées. Au dire de S. Irénée, son contemporain, il réussit souvent, avec l'aide du diable, en administrant à ses dupes des philtres, en flattant leur vanité par l'espoir du don de prophétie, en les autorisant même à offrir le saint Sacrifice.
Parmi ses artifices magiques, qui ressemblent parfaitement à des tours de jonglerie, il y en a un remarquable, parce qu'on peut en déduire la foi des Chrétiens au dogme de la transsubstantiation ou du changement du vin au sang du Christ. Il employait dans sa liturgie la formule de la Consécration, et en la prononçant il s'arrangeait de manière à ce que le vin blanc devînt rouge, afin de faire voir à chacun que c'était le sang du Christ (1).
Marc arrangea son système d'après
(1) S. Irenœus, adv. A/*r«., î. î, c 1$.
celui de Valentin (I), auquel il donna une forme mystique et numérique, imitée de Pythagore ou de la cabale, chamarrée de grands mots, d'une foule de textes de l'Ancien et du Nouveau Testament ; le tout parfaitement inintelligible. S. Irénée, évéque de Lyon, dans le diocèse duquel ce sectaire trouva d'abord un grand nombre de partisans, s'est donné la peine d'exposer, avec une excessive patience, ce système (2) , que S. Épiphane a pris littéralement dans S. Irénée (3).
La nature incompréhensible du Dieu suprême et inconnu, 7rpoir«-r**j>, Mo'c, se manifeste en voyelles, syllabes et mots. Ceux-ci se lient les uns aux autres, suivant les rapports numériques, en tétrades, octoades, dodécades (6, 10 et surtout 30 sont des nombres saints et mystérieux), et font perpétuellement résonner dans l'univers les louanges du Dieu insondable. Cependant la multiplicité des voyelles, des sons et des mots finit par se réunir en un mot unique et universel ( iiroxaTsûrraotç twv 5x»v), dont l'amen populaire est le symbole. La première parole que le Dieu caché prononce se décompose en un certain nombre de lettres. Ces lettres elles-mêmes, par exemple x (Xapse décomposent chacune en autant de lettres qu'il en faut pour former leur nom ; ces noms se décomposent à leur tour en lettres nouvelles, qui se reproduisent sans fin, résonnent, se répercutent, s'entrelacent les unes dans les autres et forment un perpétuel et infini concert, qui lui-même, revenant de la multiplicité à l'unité, se résume de nouveau dans un son, une voyelle, une lettre unique, tiç rà îv y^^a, u.lxv xsù rr,v aÙTr,v iswpwvïimv (4).
(1) V oy. Valent!!».
(î) Adv. Hêtres., I. I, c. 14 21.
(S) Epiph., //<rre*., 54.
(U) Iren., adv. Hœres., 1. 1, c. ih, n. 1.