MARC LE GNOSTIQUE
douzième et au treizième siècle, au sud de la France, parmi les sectes gnostiques et manichéennes des Albigeois (I) et des Vaudois (2).
Marc et ses partisans avaient fabriqué toute une masse d'apocryphes; mais ils savaient assez adroitement exploiter dans leur intérêt les passages des véritables Évangiles (3).
Ils se proclamaient les seuls sages, les seuls parfaits (4), quoique, sans honte ni scrupule, ils séduisissent les femmes qui leur tombaient sous la main, parce que, disaient-ils, en leur qualité d'esprits érainents, tout leur était permis, et qu'ils n'avaient rien à craindre de personne, pas même du Juge suprême (5).
Dès le second siècle ces sectaires trouvèrent un adversaire catholique, dont le nom est inconnu, qui les réfuta en vers (6). S. Irénéc les combattit plus vigoureusement dans son grand ouvrage sur les hérésies gnostiques. Les Marcosiens se perpétuèrent jusqu'au quatrième siècle, et pratiquaient encore du temps de S. Épiphane leur artiGce du changement du vin blanc en vin rouge, pour gagner des partisans (7).
La secte des Marcosiens a la plus grande affinité avec celles des Ar cantiques et des Colorba siens (8).
II. Le second M abc était, au commencement du quatrième siècle, un des partisans les plus renommés du gnos-
fl) roy. ALBIGEOIS.
(2) forr Hurler, Innocent III, Uv. 13, t. Il, p. 219, 220.
(5) Iren., adv. Harrts., \. I, c 28.
(«) M , ibid., 1. I, c 19, n. 2 ; c. 21, n. 2, 4. (5) Id., i hid., 1. 1, c 1S, o. 0, 7. (0) Id., ibid., 1. 1, c. 15, n. 6.
(7) S. £piph., Hêtres., 5», n. f.
(8) f'oy. Coloiidasif.ns. Conf. Maisoet, dans •on édil. de S. Irénée, diu. I, art II, g 8. TUlemont, Mém.. t. II. Us Hérésies des Marcotiens et des Arcon tiques (p. 291-296). M al ter, Hist. criL du Gnosticisme, I. II. Néander, Hist. de VÈglist, p. II, p. 7M-7U, 888-810.
tique Marcion (1), dont le système, assez original en certains points, est également exposé et réfuté dans le dialogue faussement attribué à Origène et connu sous le nom de Dialogus Adamantii de Recta in Deum Fide, contra Marcionitas (2). Son originalité consiste dans l'idée qu'il a de la création de l'homme. Il distingue, avec les anciens, trois parties constitutives de l'homme : le corps, oif**; l'âme, ^X^î l'esprit,
Or, dit-il, le Créateur forma le corps et lui insuffla l'âme ; mais ce n'était encore qu'uu être fort misérable. Le Dieu suprême et bon, voyant du haut du ciel cette pauvre créature s'agiter dans sa misère, en eut pitié , lui communiqua une portion de son propre esprit et l'appela ainsi véritablement à la vie. C'est uniquement pour affranchir cet esprit, ™ûaa, que le Christ, émané du Dieu suprême et bon, descendit sur la terre et qu'il continue à y descendre dans le sacrement de l'Eucharistie (3). On reconnaît facilement ici les idées du gnostique Saturnin (4), et c'est en les mêlant au système de Marcion que Marc se distingua des autres Marcionites. Du reste ses opinions ne diffèrent pas de celles de Marcion. — On ne sait d'ailleurs rien de sa vie; on présume qu'il résidait habituellement en Syrie, d'après l'analogie de son système avec celui du gnostique syrien Saturnin (5).
III. Le troisième gnostique Marc appartient au quatrième siècle. Ce dernier , que S. Jérôme confond avec le
(1) Foy. Marcion.
(2) Voir Origenis Opp., edit. Ruaei, t. I, p. 822 825.
(S) Dial. de Recta in Deum Fide, in Orig
Opp., I, 825, 828.
(*) Iren., adv. Hêtres^ L I, c. 24, n. L (5) Conf. Malter, Hist. crit. du GuosL, t. II
p. 2*7-248. Néander, Histoire de l'Église, I