‹ Dictionnaire encyclopédique de la thélogie catholiqueChapitre 91 sur 224 · MARC (PROCESSION DE S · texte numérisé non relu

MARC (PROCESSION DE S

marc (bbocession dr S-). Le 25 avril , jour de la fête de 1 évangéliste S. Marc [festum chori) , presque toutes les paroisses de l'Église d'Occident célèbrent une procession solennelle.

Cette procession est très-ancienne, car non-seulement le Pape S. Grégoire la connaît, mais il la nomme solennitas annuœ devotionis (1). Il est difficile de décider si cette expression de solennitas annuœ devotionis autorise à faire remonter l'origine de cette procession au delà du pontificat de Grégoire le Grand. Walafried Strabo prétend (2) que ce Pape l'ordonna au commencement de son règne pour obtenir de Dieu la cessation d'une grande peste qui dévastait Rome après une cruelle inondation, peste qui avait enlevé son prédécesseur, Pélage, et un nombre considérable de fidèles. Mais il y a bien des objections à faire contre cette assertion, quoiqu'il soit vrai que Grégoire ordonna, en 590, une procession pour détourner de Rome le fléau de la peste. La procession eut lieu, non en avril, mais au mois d'août, et fut renouvelée trois jours de suite (3). Puis cette procession fut célébrée d'une manière différente de celle de Saint-Marc, La première était une procession septuple, Lilania septiformis, c'est-à-dire que les fidèles, divisés en divers états, sortaient de sept différentes églises, comme on le voit dans VOratio de mortalitate, de Grégoire : Lilania clericorum exeat ab ecclesia B. Joannis Bapt.; Litania virorum, ab eccles, B. Martyris Marcelli; Litania monachorwm, ab eccles, Martyrum Joannis et Pauti; Litania anciitarum Dei, ab eccles. B. Martyr, Cosmx et Damiani; Litania fœminarum conjugatamm , ab eccles, B, primi Martyris Stephani; Litania viduarum, ab ee-

(1) F p. app., î. m, t.

[2) De Reb. eccles., c. 8.

(5) Greg. Tur., Hist. Franc, 1. X, c I.

des. B. Martyris Vitalis; litania pauperum et infant ium, ab eccles.

B. M. Cxcilix. Dans la procession de Saint-Marc le peuple sortait tout entier de la même église (a titulo B. Laurent ii Martyris, gui appellatur Luciœ, egredientes, ad B, Petrum, Jpostolorum princlpem , Domino supplicantes, cum hymnis et canticis spiritualibus properemus). Il est certain que les sources historiques antérieures à Grégoire ne disent rien de toute cette procession.

On a assigné plusieurs intentions à la procession de Saint-Marc. Les fidèles, dit-on, doivent, en la suivant, demander la rémission de leurs péchés, remercier Dieu des bienfaits reçus, réclamer humblement la continuation de sa miséricorde, et, dans toutes les circonstances de la vie, se tourner avec confiance vers Dieu (1). Dans tous les cas, ce qui prédomine c'est le sens de la pénitence : de là la couleur bleue ou violette des ornements de la messe qui se dit à l'issue de la procession , et la forme générale de cette messe, faite pour encourager la confiance et la prière (2). Ce n'est que dans les églises dont S.

Marc est le patron qu'on dit la messe de S. Marc à la fin de la procession (3).

La translation de la fête de S. Marc n'a pas d'influence sur la procession, qui se fait toujours le 25 avril, à moins que ce jour-là ne soit le dimanche de Pûques (Litaniœ majores, si occurrant in die Paschatis, transferantur in feriam tertiam sequenlem, non feriam secundam) (4).

On distingue la procession de Saint- Marc de celle des Rogations en appelant la première Litania major, la seconde

(1) Cf. Atculn, de Lit. mag.

(2) Voir l'Epltre de S. Jacques, 5, 16 sq., et

l'Évangile de S. Luc, 11, 5, qui se rapportent à ce sujet.

(S) S. R, C. 23 maj. 1603.

(») S. R. C. H sept. 1627. S. R. C. 10 sept.

M A RCA.

Utanise minores. Elle avait déjà ce nom au temps de Grégoire le Grand.

On ne sait d'où vient cette désignation ; peut-être est-ce parce que le peuple, originairement, prit plus de part à cette procession qu'à toute autre, ou parce qu'elle s'étendait plus loin dans sa marche (l); mais, dans tous les cas, ce nom n'a pas d'importance : un concile de Mayence, de 813, l'applique aussi aux Rogations. On la nomme encore Utania Bomana, parce qu'elle partit de Rome pour se répandre dans toute l'Église.

Cf. Rogations.

F.-X. Schmid.

m a Rr.A (Pierre de) naquit à Gant, en Béarn, le 24 juin 1594, d'une ancienne famille noble et catholique. II fut élevé au collège des Jésuites d'Auch et étudia ensuite la philosophie et le droit à Toulouse. En 1615 il devint membre du conseil souverain de Béarn. Tous ses collègues étaient, à cette époque, calvinistes; mais, la religion catholique nvant été rétablie dans le Béarn , Marca, y ayant activement contribué, fut, en récompense, nommé, en 1621, président du parlement de Pau, qui était entièrement catholique.

En 1639 il devint conseiller d'État.

Sa réputation comme savant augmenta beaucoup lors de la publication faite en 1640 de son Histoire de Béarn.

En 1641 il publia, à la demande du roi, son livre connu de Concordia sacerdotii et imperii, s. de libertatibus Ecclesiœ Ga/licanœ. Après la mort de sa femme, dont il avait eu plusieurs enfants, il entra dans l'état ecclésiastique et fut nommé en 1643 évêque de Conserans. Mais le Pape Urbain VIII refusa de ratifier cette nomination à cause des opinions que Marca avait soutenues dans ses ouvrages, et il n'ob-

(1) Conf. Blntérim , Memorab., t. IV, p. I, p. 573.

tint l'approbation pontificale qu'en 1647, sous Innocent X, après avoir donné des explications sur sa doctrine dans un écrit intitulé: Libetiusquo editionU brorum de Concordia, etc., consilium exponitur. Il fut sacré en 1648, et revint en Catalogne jusqu'en 1651 , après y avoir été, dès 1644, envoyé en qualité de visiteur général et d'intendant.

En 1652 il fut nommé archevêque de Toulouse, confirmé en 1654, et intronisé en 1655; mais il continua d'être employé dans diverses négociations politiques. En 1658 il fut de nouveau nommé conseiller d'Etat , assista aux séances des états du Languedoc, présida les états provinciaux de Toulouse en 1659, et fut envoyé, en 1660, dans le Roussillon pour régler les différends nés sur la délimitation des frontières de France et d'Espagne. En 1660, au mois de septembre, il se rendit à Paris, fut, lors de la retraite du cardinal de Retz , nommé archevêque de cette ville, mais mourut quelques jours après la confirmation pontificale, le 29 juin 1662.

Il avait remis ses manuscrits à Étienne Baluze, qui depuis 1650 demeurait avec lui (I ), et qui publia en 1663 une biographie de P. de Marca et une nouvelle et complète édition du livre de Concordia (qui a été réimprimé plusieurs fois depuis, Paris, 1669, 1704), avec une Dissert. eecl. varii argument^ de P. de Marca, Francof., 1708 ; Lips., 1709 (éd. J.-H. Bôhmer), cum observât. Bôhmeri et C. Fimiani, Neap., 1771 , et Bambergae, J788, en 6 vol.

in-4°. P. de Marca avait composé en outre un certaiu nombre de dissertations de droit et d'histoire ecclésiastique. Baluze publia en 1681, à Paris, seize Opuscula de P. de Marca, et P. de Paget fit parattre Disserta tiones posthumas sacrât et ecelesiasticœ, Paris, 1699, avec la biographie de Tau-

(i) Foy. Balczb.

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