MARCEL I" - MARCEL (S
teur. Enfin, en 1688, Baluze publia. sa Marca Hispanica, description historico-géographique de la Catalogne, du Roussillon et des provinces frontières de France et d'Espagne.
Cf. Bayle, Jôcher.
marcel Ier (S.)» Pape, successeur immédiat de Marcelin (1), ne monta, toutefois, sur le trône pontifical qu'au bout d'une vacance du siège de près de quatre ans , et ne gouverna l'Église que pendant dix-huit mois, de 308 à 310. II est dit de lui au Liber pontificalis : TU tulos in urbe constitua, quasi diœceses, propter Baptismum et Pœnitentiam muttorum, qui convertebanlur ex paganis, et propter seputturam martyrum. Il eut de mauvais jours à passer sous le tyran Maxeuce , et fut , à plusieurs reprises, dit-on, condamné par l'empereur au service des écuries.
Le Liber pont, rapporte que la maison delà pieuse veuve Lu ci ne, où il avait demeuré pendant quelque temps, fut convertie en un oratoire. L'Église fait mémoire de ce saint Pape le 16 janvier.
Voir Bol la ud. , 16jauv. ; Papebroch, Conat. Chronico-hist. ad catal. Pontif. de Marcello; Pagi, Brev. P. R.
marcel il (Marcello Cervini), né à Montépuiciano, aussi bien doué du côté de l'esprit et du savoir que du côté du coeur, bon, sage et modéré, entra dans la carrière des dignités ecclésiastiques par la place de secrétaire du cardinal Farnèse , devint , en 1539, évêque de ISicastro, cardinal eu 1540, et rendit des services au Pape et à l'Église dans les diverses missions dont il fut chargé, notamment en sa qualité de légat du Saint-Siège au concile de Trente. A la mort du Pape Jules III il fut élevé au Saint-Siège le 9 avril 1555. Il fut consacré dès le 10, à cause de la proximité de la lé te de Pâques, et couronné le mercredi de la semaine sainte. L'éléva-
(!) Foy. Marcelin.
tion de Marcel, qui, comme Adrien VI, garda son nom (ce qui souleva les critiques habituelles de Sarpi), fit naître les plus belles espérances. Le Pape avait , en effet , déjà commencé à s'occuper de la grande affaire de la réforme de l'Église, lorsque, vingt-deux jours après son élection, il mourut à la suite d'une maladie contractée durant les cérémonies et les fonctions de la semaine sainte et de la solennité pascale. Sarpi , qui attaque tous les Papes , attribue à Marcel une prédilection marquée pour, (astrologie, qui lui avait pronostiqué son élévation et un long pontificat. Pallavicini a réfuté ce mensonge.
Schbôdl.
marcel (S.), martyr, confessa sa foi aux dépens de sa vie , durant la persécution de Maximien et de Dioctétien.
En 298, d'après l'opinion de Baron ius et de Ruinant, le 30 octobre , d'après les actes de son martyre, on célébrait par des festins et des sacrifices le jour de naissance de l'empereur ( Maxi mien), { dans la ville de Tingis, en A fritme (Tanger). Un capitaine de la légion Trajane , nommé Marcel , irrité de ces honneurs idolâtriques, jeta son baudrier devant les étendards de la légion en s'écriant : « Je sers Jésus-Christ, le Roi éternel ! » Il rejeta de même son cep de vigne (insigne de son grade) et ses armes, en ajoutant : « Désormais je ne servirai plus vos empereurs; je méprise le culte de vos dieux de bois et de pierre , de vos idoles sourdes et muettes. S'il faut que les soldats soient contraints de sacrifier aux dieux et à l'empereur, je n'ai que faire de mon bâton et de ma ceinture ; je quitte le drapeau et je refuse de servir. » Cette déclaration, qui n'atteignait pas l'obéissance militaire, mais qui repoussait le culte idolâtrique qu'on voulait confondre avec le service du soldat, il la renouvela devant le chef de sa légion, en déclarant qu'en sa qualité de Chrétien il ne pouvait s'associer à uu
MARCEL (S.) — MARCEL (d'Ahcybb)
culte pareil , qu'il ne servait que Jésus- Christ, Fils de Dieu, Père tout-puissant. Conduit devant le tribunal d'Aurélius Agricola, lieutenant de la garde de l'empereur, il demeura inébranlable dans son langage et sa résolution. Il fut condamné à avoir la téte tranchée.
Lorsqu'on le mena à la mort il dit à Agricola : « Dieu te soit propice ! car, » ajoutent les actes de son martyre, « c'est ainsi qu'il sied à un martyr de sortir de cette vie. A ces mots on lui trancha la téte, et il mourut pour le nom de Notre-Seigneur Jésus-Christ, qui est glorieux dans l'éternité. • L'fcgiise célèbre sa mémoire le 30 octobre. Au moment de l'iuterrogatotre de S. Marcel le secrétaire militaire du tribunal devant lequel il comparut était un certain Cassibn. La victoire spirituelle remportée par le capitaine chrétien, la fureur du juge irrité du calme et du courage du confesseur ûrent uue telle impression sur Cassien qu'il jeta à terre tout ce qui lui servait à écrire. Marcel s'en réjouit, prévoyant en esprit que Cassien le suivrait bientôt. En effet, quelques jours après le triomphe de Marcel, Cassien obtint la couronne du martyre. L'Église célèbre sa mémoire le 3 décembre. On voit que Cassien était déjà très-connu au quatrième siècle, daus l'hymne de Prudence, de Coronis, qui, énumérant les principaux patrons des différentes églises, dit au vers 45 : Ingetet Tin gis sua Cassianum.
Voir Ruinart , Act. Martyr.
Schbôdl.
MARCEL u'ANCYRB et MABCBL-
libns* Le nom de Marcel se trouve déjà daus le concile qui fut tenu à Ancyre en 314 , et auquel Marcel assista en qualité d'évéque de cette ville. En 325 il se rendit au concile de fticée, où il s'opposa vigoureusement à l'hérésie des Ariens(l). Les légats du Pape Sylvestre
(1) Foy. Aiuus.
rendirent à Rome un témoignage trèsfavorable de son zèle et de son orthodoxie. Plus tard il écrivit contre Astérius, l'avocat des Ariens : c'était son premier ouvrage, qui , malgré sa longueur, n'avait aucune division, l'auteur voulant figurer par là l'unité divine.
Comme dans ce livre Marcel se prononçait avec une grande énergie contre les chefs de l'arianisme et contre leur doctrine, et comme, au concile de Tyr, en 335(1), irrité de la conduite des évéques ariens, non-seulement il refusa de souscrire leurs décrets, mais tint pour une impiété de se rendre avec eux à Jérusalem à la dédicace de l'église du Saint- Sépulcre, les Ariens, après être parvenus à faire exiler S. Athanase à Trêves, se tournèrent contre Marcel, le déclarèrent, dans un concile de Constautinople, coupable de sabellianisme, le déposèrent, l'excommunièrent et le remplacèrent par un Arien du nom de Basile. Cette condamnation d'un homme aussi digue et aussi considéré souleva un grand mécontentement; car on vit clairement que les Ariens n'aspiraient qu'à se débarrasser des évêques dans lesquels ils trouvaient de vigoureux adversaires de leurs fausses doctrines et de leurs honteuses pratiques. Eusèbe de Césarée (2), l'habile et perlide courtisan, fut chargé par le parti des Eusébiens d'écrire contre Marcel (deux livres contre Marcel , trois livres sur la théologie de C Église) pour justifier le concile de Constautinople et démoutrer, par l'écrit de Marcel centre Astérius, qu'il était réellement eutaché de sabellianisme.
En général les Ariens faisaient très-fréquemment le reproche de sabellianisme aux Catholiques, sans qu'il y eût rien de fondé, on le comprend, que certaines expressions que les Ariens interprétaient dans un sens erroné. Eu-
(1) foy. Athanase.
(2) Foy. fcUSÈBK DE CÉSARKK.
318 MARCEL (d'Ancyhe) -
sèbe de Césarée en fit autant; il ne sut toutefois fumier son accusation que sur de fausses et perfides interprétations de diverses expressions de Marcel, tandis que ce digne évêque nonseulement ne niait pas, mais démontrait partout la trinité des personnes divines et la personnalité du Verbe, attaquait même Sabellius dans différents passages, et ne niait trois hypostases que dans le sens des Ariens, qui faisaient hy posta se synonyme de nature et qui voyaient trois êtres dans les trois personnes. Bref on reprochait le sabellianisme à Marcel parce qu'il était Catholique et non Arien, parce qu'il enseignait un Dieu et non pas deux ou trois dieux, et les reproches qu'Eusèbe adresse à la doctrine de Marcel ne sont pas autre chose que ceux que les Ariens en général adressaient à la doctrine catholique. Une seule chose pourrait être reprochée à Marcel : c'était de ne pas éviter assez strictement certaines expressions ayant une apparence sabellienne, tandis qu'il professait partout la génération du Verbe et l'identité des expressions Fils de Dieu, Verbe ou Logos (1). Alexander Noël a cherché à justifier Marcel d'après le témoignage des aneiens, et met avec raison en avant les paroles de S. Athanase dans son Histoire des Ariens : « Tout le monde sait que Marcel accusa d'abord les Eusébiens d'erreur, et que ceux-ci ripostèrent par une contre-accusation et en faisant bannir le vieil évêque (2). » Après la mort de Constantin (337) Marcel put, comme les autres évêques bannis, retourner à son siège.
Malgré cela l'évêque intrus Basile fut institué à Ancyre par les Ariens, qui continuèrent à tourmenter Marcel et
(1) Voir, sur la doctrine de Marcel, Mœhler, Athanase, t. IV, p. 11-36, où Marcel est Justifié d'après ses paroles et celles de ses adversaires.
(2) Voir Nat. Alex., Hut. ceci. tac. IV.
MARCEL (d'Apàméb)
finirent par le chasser de nouveau de sa résidence. Marcel se rendit à Rome auprès du Pape Jules !•» (1), qui, après en avoir reçu une profession de foi parfaitement satisfaisante, le déclara libre de toutes les accusations des Ariens. En même temps que le Pape proclamait solennellement la catholicité de Marcel il fut, lui et ses partisans, ci ành Mxpxt'xxco, excommunié par les Ariens; mais le concile de Sardique de 347 le déclara innocent, comme l'avait fait le Pape. On demande si Marcel , après ce synode , ne s'impliqua pas dans le sabellianisme, parce que son diacre et son disciple , Photin (J) , nia , en effet, la trinité des personnes divines et déclara le Logos une vertu impersonnelle de Dieu ; mais on peut répondre nettement par la négative, quoiqu'il régna de l'incertitude à cet égard durant la vie et après la mort de Marcel parmi les Catholiques. Marcel écrivit plusieurs ouvrages , et mourut, en 372, dans un âge très-avancé.
Cf. Tillemont , Mëm. , t. VII , s. r.
Marcel d Ancyre.
Schrôol.
Marcel d'Apambe, célèbre abbé du cinquième siècle, né à Apamée, en Syrie, d'une famille riche et fort considérée, se rendit , après la mort prématurée de ses parents, à Antioche , et s'y consacra à l'étude et à la piété. Après avoir distribué ses biens aux pauvres il vint à Ephèse où l'attirait la renommée de beaucoup de gens vertueux dont l'exemple devait l'encourager, et s'y mit à copier des livres pour gagner sa vie. A cette époque (3) le fondateur des Acœmètes (4), c'est-à-dire de la société des moines qui, divisés en chœurs, se relevaient alternativement pour chanter
(1) Voy, Jules I".
(2) Voy. Photin.
(S) Cf. sa Vie dans les Bolland., 15 Janv. M Voy. Acoemetes.
MARCEL (d'Apamée) - MARCELIN (S.)
nuit et jour, sans interruption, la divine psalmodie , l'abbé Alexandre, dirigeait a Constantinople un de ces couvents d'Acœmètes composé de 300 moines de toutes les langues. Cet institut florissant répondait parfaitement aux désirs et aux goûts de Marcel. Il y entra et fit de tels progrès dans la vie spirituelle qu'il était probable qu'à la mort d'Alexandre on l'élirait abbé. Mais Marcel, pressentant le danger et voulant échapper à cet honneur, quitta Constantinople, parcourut divers couvents, et ne revint qu'après la mort d'Alexandre (vers 430) et la nomination d'un nouvel abbé, nommé Jean. Ce sage supérieur, voulant soustraire son couvent aux attaques dont il était l'objet, le transféra dans les environs de Constantinople.
Marcel aida l'abbé dans l'administration de sa charge ; il fut ordonné diacre en même temps que Jean reçut le sacerdoce. Quelque édifiante que fût la conduite de Marcel , il se trouva des confrères jaloux qui l'accusèrent do vanité. Jean remit alors a Marcel le soin de conduire les ânes, et Marcel accepta avec la plus grande docilité, aux yeux de tous ses confrères, cette humble fonction, s'engageant par écrit à la remplir pendant toute sa vie. L'humble obéissance de Marcel confondit ses calomniateurs, qui le supplièrent euxmêmes de reprendre son ancienne charge. A la mort de Jean Marcel fut nommé supérieur. Le couvent prospéra de plus en plus sous sa direction, acquit un nombre plus considérable encore de moines , et l'abbé dut bâtir un second monastère pour recevoir tous ceux qui se présentaient. Ce couvent devint une pépinière d'hommes remarquables. On s'adressait à Marcel pour en obtenir des moines, ses disciples, qu'on mettait à la tête des couvents nouvellement fondés, des églises veuves de pasteurs. Marcel passait toute la nuit et une partie du jour en prières ; le reste
I de son temps il le consacrait aux oeuvres de charité, à consoler les affligés, à venir en aide à ceux dont on méconnaissait les droits, à visiter les hôpitaux. Marcel signa la sentence de condamnation rendue par le concile de Constantinople contre Eutychès. Il mourut vers
Voir Suri u s , 59 décembre ; Fleury, f/ist., ad ann. 448.
Scbbôol.
marcem x (S.), Pape, successeur de Caïus (t 296), Romain de naissance. Son histoire a été défigurée jusque dans ces derniers temps et presque tout ce qu'on en avait dit était faux. D'abord on a confondu Marcelin avec son successeur Marcel (1), quoiqu'ils soient très-nettement distingués l'un de l'autre dans la chronique qui porte le nom du Pape Damase, et qui fut rédigée sous le pontificat du Pape Libère, de même qu'ils le sont par Optât de Milève, par S. Augustin, etc., etc.
En second lieu on a faussement attribué à Marcelin des décrétais dont il n'est pas l'auteur. En troisième lieu on le fait mourir martyr, ce qui est douteux, car il n'existe pas d'actes authentiques d'un martyr de ce nom, et Pagi (2) de même que Papebrock (3) ont d'autres motifs encore d'en douter.
histoire de la chute et de la pénitence de Marcelin n'est qu'une fable. On raconte que Marcelin, durant la persécution de Maximien et de Dioclétien, ébranlé par des menaces, offrit de l'encens aux idoles, mais se repentit bientôt de sa faiblesse et subit le martyre. On ajoute que peu après la chute de Marcelin il se réunit dans la ville de Sinuessa, eu
(1) Foy. Marcel.
(2) Brev. R. P.
(S) ConaL Chron. hist. ad Calai Pontif., de S. Marccll. in Propyl. ad Majum.