HUL, VIII, S
(S) Foy. CARPOCnATE.
général des anciens (1), d'abord parce qu'elle était femme, ensuite par sa mise en scène, car elle s'entourait, durant ses leçons, des images de Pythagore, d'Homère, de Platon, d'Aristote, du soi-disant portrait de Jésus -Christ fait d'après les ordres de Pilate, du portrait de S. Paul, etc. Toutes ces images (2) étaient couronnées suivant la coutume païenne. Marceline leur offrait de l'encens et leur rendait des honneurs divins (3).
Le philosophe Celse, contemporain de Marceline (4), fait mention, dans son pamphlet contre les Chrétiens, comme d'une secte spéciale, des « Marcellinistes, Mtxf>x«AÀtav«i, qui tirent leur nom de Marceline (5), » et qu'il ne faut pas confondre avec les Marcelliens, partisans de 1 evéque Marcel, d'Ancyre (6), du quatrième siècle. Cepeudant la secte des Marcellinistes, qui n'était comme sous ce nom qu'à Rome, n'était évidemment qu'une brauche des Carpocratiens, sans avoir d'ailleurs rien de particulier dans sa doctrine. 11 est probable que, dans sa vanité, Marceline s'appropria le système qu'elle enseiguait, ce qui fit donner son nom à la secte nouvelle; mais les Pères et les anciens auteurs ecclésiastiques n'en parlent que comme d'une branche de Carpocratiens, principalement propagée par Marceline.
Aussi Origcne, au troisième siècle, disait-il qu'il n'avait rien trouvé sur cette secte, malgré le zèle avec lequel il étudiait l'histoire, la doctrine chrétienne et les diverses opinions qu'elle avait fait naître (7). Cette assertion est une preuve
(t) S. Iren., adv. Haret., L I, c. 25, d. 0. S. Epiph., Hœres., 27, n. 6.
(2) F oy. Images de Jëscs-Chbist.
(S) S. ItOU, I. c. & Epiph., I.c S. Augast., lib. de H*rt$.% c 7, et Prttdetlinatus, c. 7, in Sirmondi Opp. var.t éd. V end. , L I, p. 27».
(4) Foy. Celse.
(5) Orig., contra Celmm, 1. V, n. 62, edit. Ruœl, t. I, p. 620.
(6) F oy. Marcel d'Ancyre.
(7) Orlg., 1. c.
certaine que la secte des Marcellinistes n'existait plus, du moins au milieu du troisième siècle, et qu'elle avait paru d'une manière éphémère parmi le peuple changeant et mobile de Rome, dont les hautes et basses classes admettaient et rejetaient toutes sortes d'extravagances, comme il arrive encore de nos jours dans les grandes capitales, où tout se voit, tout se croit et rien ne dure.
Fessleb.
MARCELLE. Voyez Jkrome (S.).
marcion, homme d'esprit, de talent et de savoir (l), naquit à Sinope, dans le Pont. Son père, déjà avancé en âge, était devenu é»éque. Marcion voulut d'abord parvenir à la perfection chrétienne ; mais, au bout de quelque temps, ayant séduit une jeune fille consacrée à Dieu, il fut exclu de la communion ecclésiastique par son propre père, qui était un homme pieux et sévère. Marcion, n'ayant pu fléchir son père, se décida à quitter sa patrie, se rendit à Rome en 142 (2) , et tâcha de s'y faire admettre dans l'Église ; on lui répondit que cela ne se pouvait sans le consentement de son père. Exaspéré de tous ces refus, Marcion s'adressa à l'hérétique Cerdon (3), qui formait alors à Rome une secte gnostique, s'associa à lui pour déchirer l'Église qui le rejetait de son sein (4), et s'adjoignit, pour seconder ses projets, une femme, peutêtre même celle qu'il avait séduite (5). Il fit ensuite plusieurs voyages. Cependant sa résidence habituelle était Rome, où il fut rencontré par S. Polycarpe, qui nomma premier né de Satan (G) ce séducteur d'âmes, que Néander compte
fl) S. Hieronym., in 0$eam% c 10, v. 1. (2) ro». Htci».
(S) Voy. Cerdon.
I») S. Eplph., Hetret.% 02, n. 1-5. Cf. TlHemont, Nemorab., t. Il, le$ Narcionitee, art. Vl-VII, p. 275-J78.
(5) S. Hieronym., Bp. 153, n. 0.
(S) S. Iren., adv. H*re$.% 1. III, c S, n. 0.
parmi les ancêtres ■ des vrais protestants (î). »
Marcion développa le système de Cerdon et le répandit rapidement parmi ses contemporains, comme dès l'an 150 S. Justin s'en plaint avec amertume (2).
Une première difficulté se présente quand on examine le système de Marcion. Admettait-il deux ou trois êtres éternels?
S. Justin, qui vivait en même temps que Marcion, à Rome (3) *, S. lréuée, évêque de Lyon, un peu plus jeune (4); Rhodon (5), contemporain de Marcion; Tertullien, le principal adversaire de cet hérétique (6), qui sont les témoins les plus anciens qu'on puisse invoquer, sont d'accord pour dire que Marcion n'admettait que deux êtres éternels. D'autres prétendent qu'il enseignait l'existence de trois principes éternels, en dénaturant et appliquant ainsi à son système l'idée de la Trinité. Ces auteurs sont Denys, évéque de Rome, vers 260(7); S. Cyrille, de Jérusalem (8); S. Épiphane (9) et Théodoret (10).
S. Augustin cite l'opinion de ces derniers, mais il admet celle des premiers (II).
Suivant ces autorités ces trois principes primordiaux et incréés auraient été : le ôi'en, l'Être suprême et invisible, père de Jésus-Christ ; le juste, l'être
Eusèbe, Hitt. I. IV, e. lft. S. flleroaym., de Fin* illustr., c. 17.
(I) Néander. NUL de CÊglise, t. I, 782.
(2| S. Justini itf. Apot., I, o. 20, et EtuebU Hut. ecet.% I. IV, c 11.
(S) Apol., I, n. 20.
ifc) Adv. iUreu, 1. 1, c 27, d. 2-*.
(5) Qu'EusébecUe lexloeliement, Hitt. ecct., I. V, c 13.
(6) Adv. Marcion,, 1. I, c. 1 3.
(7) Srs paroles dans S. Athao., de Décret, Nicanm $y*odi% n. 20.
(8) Catech., 10, n. 4 et 7.
(9) H«ret.i «2, n. S.
(10) HmreU Fabul., I. I, c. 24.
(II) Ub. de H*re».% c 22,