‹ Dictionnaire encyclopédiqueChapitre 12 sur 98 · CARROSSE · texte numérisé non relu

CARROSSE

|)()ur elles ])('ii(l;iiit, |)Iiisi(Mirs jours. Ils mangent leurs prisonniers lùlis, e( (Ml ciivoicnl des tiioi-ceaux à leurs amis, lis croient un |)i'emier liomme nowwwv Loiif/iio, (|ni (lescendit du ciel tout fait; et les premiers hahilants de la terre, suivant eux, sortirent de son énorme nombril au moyen d'une incision, ils adorent des dieux et des diables, et croient l'immortalité de l'âme. Quand un d'entre eux meurt, on tue son nègre pour qu'il aille le servir dans l'autre monde : ils sont fort adroits à tirer de l'arc; leurs (lèches sont laites d'un bois empoisonné, taillées de façon qu'on ne les peut retirer du corps sans déchirer la plaie; et elles sont arrosées d'un venin irès-daugereux, fait avec le suc du mancenillier.

CARPÉE, s. m. {Ilisi. anc.)^ espèce de pantomime ancienne que les Athéniens, et les Magnésiens, peuples de Thessalie, avaient coutume de danser de la manière suivante. Un des danseurs mettait bas ses armes, semblait labourer et semer, regardait souvent derrière lui, comme un homme inquiet. Un second danseur imitait l'action d'un voleur qui s'approche. Le premier reprenait aussitôt ses armes, et il y avait entre eux un combat autour de la charrue et des bœufs : ce combat se livrait en cadence et au son de la llùte. Le voleur remportait la victoire, liait le laboureur et emmenait les bœufs; quelquefois le laboureur était victorieux. Rien n'a plus de rapport avec les ballets que le sieur Dehesse imagine avec tant d'esprit, et qui sont si bien exécutés par nos comédiens italiens.

On dit que cette danse fut instituée pour accoutumer les paysans à se défendre contre les incursions des brigands.

CARROSSE, s. m. [Ouvrage de sellier-carrossier, de charron, de serrurier, etc.) C'est une voiture commode et même quelquefois très-somptueuse, suspendue à des soupentes ou fortes courroies de cuir, et montée de roues sur lesquelles elle se meut.

En France, et dans le reste de l'Europe, les carrosses sont tirés par des chevaux, excepté en Espagne où l'on se sert de mules. Dans une partie de l'Orient, et pardculièrement dans les Etats du Grand Seigneur, on y attelle des bœufs, et quelquefois des rennes; mais c'est moins par usage que par ostentation. Le cocher est ordinairement placé sur un siège élevé sur le train au devant du carrosse] mais en Espagne la politique l'en a déplacé par un arrêt, depuis qu'un comte duc d'Olivarès se fut

m CARROSSE.

aperçu qu'un secret important, dont il s'était entretenu dans son carrosse, avait été entendu et révélé par son cocher; en conséquence de cet arrêt, les cochers espagnols occupèrent la place qu'occupent les cochers dans nos carrosses de voiture.

Les carrosses sont de l'invention des Français, et par conséquent toutes les voitures qu'on a imaginées depuis à l'imitation des carrosses. Ces voitures sont plus modernes qu'on ne l'imagine communément. L'on n'en comptait que deux sous François I", l'une à la reine, l'autre à Diane, fille naturelle de Henri IL Les dames les plus qualifiées ne tardèrent pas à s'en procurer; cela ne rendit pas le nombre des équipages fort considérable; mais le faste y fut porté si loin, qu'en 1563, lors de l'enregistrement des lettres-patentes de Charles IX pour la réformation, du luxe, le parlement arrêta que le roi serait supplié de défendre les coches par la ville; et en effet, les conseillers de la cour, non plus que les présidents, ne suivirent point cet usage dans sa nouveauté; ils continuèrent d'aller au Palais sur des mules jusqu'au commencement du xvii^ siècle.

Ce ne fut que dans ce temps que les carrosses commencèrent à se multiplier; auparavant il n'y avait guère que les dames qui s'en fussent servies. On dit que le premier des seigneurs de la cour qui en eut un fut Jean de Laval de Bois-Dauphin, que sa grosseur excessive empêchait de marcher et de monter à cheval. Les bourgeois n'avaient point encore osé se mettre sur le même pied ; mais comme cette voiture, outre sa grande commodité, distingue du commun, l'on passa bientôt par- dessus toute autre considération ; d'autant plus qu'on n'y trouva aucun empêchement de la part du prince ou des magistrats. De là vint cette grande quantité de carrosses, qui se firent pendant les règnes de Louis XIII, de Louis XIV et de Louis XV. II y en a, à ce qu'on croit, à peu près quinze mille de toutes sortes à Paris seulement; au reste, on ne sera pas surpris de ce nombre, si on le compare à celui des seigneurs qui l'habitent et des riches citoyens qui y sont établis, et à la facilité d'y entretenir des chevaux par le bon ordre de la police, qui y procure sans cesse l'abondance des grains et des fourrages, et qui veille au dehors et au dedans sur le prix des choses, et sur la conduite du marchand et de l'ouvrier. Au reste, M. l'abbé Gédoyn, dans un de ses ouvrages, déplore fort cette multiplicité de carrosses, qu'il

Page 1