‹ Dictionnaire encyclopédiqueChapitre 14 sur 98 · CARTES · texte numérisé non relu

CARTES

Germain, Versailles et autres lieux circonvoisins de Paris, sans compter les voitures d'eau.

Les fiacres ou carrosses de place se payent ici vingt-quatre sous la première heure, et vingt sous les autres : mais il me semble que la police de ces voitures pourrait être perfectionnée, en instituant sur les places un officier qui reçût leur salaire et qui les fît partir, et en leur défendant de prendre personne dans les rues et de s'y arrêter; par ce moyen, ils ne mettraient pas le public à contribution, et ne voleraient pas leurs maîtres. Ce sont les commissaires qui font ici la police des fiacres, ainsi qu'à Londres, où les fiacres ont des numéros derrière, comme parmi nous. Le prix qu'on doit leur payer le temps a été fixé par le quatrième statut de Charles II, confirmé par d'autres de la cinquième et sixième année de Guillaume III. Il leur est du pour une journée entière de douze heures, dix sols sterling; pour une heure seule, un sou six deniers; pour chaque heure après la première, un sou : ils sont obligés de mener à ce prix tous ceux qui s'en servent jusqu'à dix milles de Londres.

CARTES, s. f. {Jeux.) Petits feuillets de carton oblongs, ordinairement blancs d'un côté, peints de l'autre de figures humaines ou autres, et dont on se sert à plusieurs jeux, qu'on appelle par cette raison : jeux de cartes. Entre ces jeux il y en a qui sont purement de hasard, et d'autres qui sont de hasard et de combinaison. On peut compter le lansquenet, le breland, le pharaon, au nombre des premiers ; l'hombre, le piquet, le médiateur, au nombre des seconds. Il y en a où l'égalité est trèsexactement conservée entre les joueurs, par une juste compensation des avantages et des désavantages ; il y en a d'autres où il y a évidemment de l'avantage pour quelques joueurs, et du désavantage pour d'autres : il n'y en a presque aucun dont l'invention ne montre quelque esprit, et il y en a plusieurs qu'on ne joue point supérieurement sans en avoir beaucoup, du moins de l'esprit du jeu.

Le P. Ménestrier, jésuite, dans sa Bibliothèque curieuse et instructive, nous donne une petite histoire de l'origine du Jeu de cartes. Après avoir remarqué que les jeux sont utiles, soit pour délasser, soit même pour instruire; que la création du monde a été pour l'Etre suprême une espèce de jeu; que ceux qui montraient chez les Romains les premiers éléments s'appe-

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