CARTES
laicnt Indi magistri; que Jésus-Christ môme n'a pas dédaigné de parler des jeux des enfants ; il distribue les jeux en jeux de hasard, comme les dés; en jeux d'esprit comme les échecs; et en jeux de hasard et d'esprit, comme les cartes. Mais il y a des jcHV de earles, ainsi ([ue nous l'avons remarqué, qui sont de pur hasard.
Selon le même auteur, il ne paraît aucun vestige de cartes à jouer avant l'année 139!>, que Charles VI tomba en frénésie. Le jeu de cartes a du être peu commun avant l'invention de la gravure en bois, à cause de la dépense que la peinture des cartes eût occasionnée. Le P. Ménestrier ajoute que les Allemands, qui eurent les premiers des gravin-es en bois, gravèrent aussi les premiers des moules de cartes, qu'ils chargèrent de figures extravagantes : d'autres prétendent encore que l'impression des cartes est un des premiers pas qu'on ait faits vers l'impression en caractères gravés sur des planches de bois, et citent à ce sujet les premiers essais d'imprimerie faits à Harlem, et ceux qu'on voit dans la bibliothèque Bodleïenne. Ils pensent que l'on se serait plus tôt aperçu de cette ancienne origine de l'imprimerie, si l'on eût considéré que les grandes lettres de nos manuscrits de neuf cents ans paraissent avoir été faites par des enlumineurs.
On a voulu par \e Jeu de cartes, dit le P. Ménestrier, donner une image de la vie paisible, ainsi que par le jeu des échecs, beaucoup plus ancien, on en a voulu donner une de la guerre. On trouve dans le Jeu de cartes les quatre états de la vie ; le cœur représente les gens d'église ou de chœur, espèce de rébus , le pique, les gens de guerre; le trèfle, les laboureurs; et les carreaux, les bourgeois dont les maisons sont ordinairement carrelées. Voilà une origine et des allusions bien ridicules. On lit dans le P. Ménestrier que les Espagnols ont représenté les mêmes choses par d'autres noms. Les quatre rois, David, Alexandre, César, Gharlemagne, sont des emblèmes des quatre grandes monarchies, juive, grecque, romaine et allemande. Les quatre dames, Rachel, Judith, Pallas et Argine, anagramme de regina (car il n'y a jamais eu de reine appelée Argine), expriment les quatre manières de régner, par la beauté, par la piété, parla sagesse et par le droit de la naissance. Enfin, les valets représentaient les servants d'armes. Le nom de valet, qui s'est avili depuis, ne se donnait alors qu'à des vassaux de grands XIV. 3