CITÉ
l'hérile ; ce qui est démontré faux par l'exemple des patriarches qui vivaient en familles libres et séparées. 11 y en a qui ont recours, ou à l'indigence de la nature humaine, ou à sa crainte du mal, ou à un appétit violent des commodités de la vie, ou même à la débauche, ce qui suffirait bien pour rassembler les familles en société civile, et pour les y maintenir. La première ville ou cilc fut construite par Gain. Nemrod, qui fut méchant, et qui affecta un des premiers la souveraineté, fut aussi un fondateur de cill's. Nous voyons naître et s'accroître la corru|)tion et les vices avec la naissance et l'accroissement des citén. L'histoire et la philosophie sont donc d'accord sur leurs origines. Quelles que soient les lois de la cité où l'on s'est retiré, il faut les connaître, s'y soumettre et les défendre. Quand on se représente en esprit des familles s'assemblant pour former une citè^ on ne conçoit entre elles que l'égalité. Quand on se les représente assemblées, et que la résignation des volontés et des forces s'est faite, on conçoit de la subordination, non-seulement entre les familles, mais entre les individus. Il faut faire le même raisonnement par rapport aux cités entre elles. Quand on se représente en esprit les cités isolées, on ne conçoit que de l'égalité entre elles ; quand on se les représente réunies, on conçoit la formation des empires et la subordination des cités^ soit entre elles, soit à quelque personne physique ou à quelque être moral. Que n'en peut-on dire autant des empires! Mais c'est par cela même qu'il ne s'est point formé de combinaisons des empires que les souverains absolus restent égaux, et vivent seuls indépendants et dans l'état de Nature. Le consentement, qui assure, soit la subordination des familles dans xm^cité^ soit celle des cités dans un empire, à une personne physique ou à un être moral, est démontré par le fait; et celui qui trouble l'ordre des familles dans la cité est mauvais citoyen; et celui qui trouble l'ordre des cités dans l'empire est mauvais sujet; et celui qui trouble l'ordre des empires dans le monde est mauvais souverain. Dans un état bien ordonné, une n/r peut être regardée comme une seule personne, et la réunion des cités comme une seule personne, et cette dernière personne comme soumise à une autorité qui réside dans un individu physique ou dans un être moral souverain, à qui il appartient de veiller au bien des cités en général et en particulier.
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Le mot r///' désignai t anciciincmciil un lùal, un peuple avec toutes ses dépendances, uik^ republique particulière. Ce nom ne convient plus guère aujourd'hui rpi'à quelques villes d'Allemagne ou des cantons suisses.
Quoique les Gaulois ne fussent qu'une même nation, ils étaient cependant divisés en plusieurs peuples, formant presque autant d'Iitats séparés que César appelle cités, civitatcs. Outre (jue chaque cité avait ses assemblées propres, elle envoyait encore des députés à des assemblées générales, où l'on discutait les intérêts de plusieurs cantons. Mais lanV/'ou métropole, ou capitale où se tenait l'assemblée, s'appelait par excellence civit(/s. Les Latins disaient civitas .Edaonwi, civitas Lingonum, civitds SenonuDi; et c'est sous ces noms qu'Autun, Langres et Sens sont désignés dans l'itinéraire d'Antonin.
Dans la suite on n'appela cité que les villes épiscopales; cette distinction ne subsiste plus guère qu'en Angleterre, où le nom de cité n'a été connu que depuis la conquête ; avant cette époque toutes les villes s'appelaient bourgs. Chassane, Sur la coutume de Bourgogne, dit que la France a cent quatre cités, et il en donne pour raison qu'elle a cent quatre tant évêchés qu'archevêchés. Quand une ville s'est agrandie avec le temps, on donne le nom de cité à l'espace qu'elle occupait primitivement; ainsi il y a à Paris la. cité et l'université; à Londres, la cité et les faubourgs ; et à Prague et à Cracovie, où la ville est divisée en trois parties, la plus ancienne s'appelle cité. Le nom de cité n'est plus guère d'usage parmi nous qu'en ce dernier sens; on dit en toute autre occasion, ou ville, ou faubourg, ou bourg, ou village.
CITOYEN, s. m. {flist. anc. mod. Droit jnibl.) C'est celui qui est membre d'une société libre de plusieurs familles, qui partage les droits de cette société, et qui jouit de ses franchises. Celui qui réside dans une pareille société pour quelque affaire, et qui doit s'en éloigner, son affaire terminée, n'est point citoyen de cette société; c'en est seulement un sujet momentané. Celui qui y fait son séjour habituel, mais qui n'a aucune part à ses droits et franchises, n'en est pas non plus un citoyen. Celui qui en a été dépouillé a cessé de l'être. On n'accorde ce titre aux femmes, aux jeunes enfants, aux serviteurs, que comme à des membres de la famille d'un