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CONTENANCE

COXSLiMKR, V, act. qui marque destruction, dissolution', il se dit (lu temps, du fou, du mal; mais ce n'est le propre que du feu. Consomtner marque fin, perfection, accomplissement. Le substantif consommation est commun aux deux verbes, et participe de leurs différentes acceptions,

CONTE, s. m. {Belles-Lettres.) C'est un récit fabuleux en prose ou en vers, dont le mérite principal consiste dans la variété et la vérité des peintures, la finesse de la plaisanterie, la vivacité et la convenance du style, le contraste piquant des événements. Il y a cette différence entre le conte et la fable, que la fable ne contient qu'un seul et unique fait, renfermé dans un certain espace déterminé, et achevé dans un seul temps, dont la fin est d'amener quelque axiome de morale, et d'en rendre la vérité sensible; au lieu qu'il n'y a dans le conte ni unité de temps, ni unité d'action, ni unité de lieu, et que son but est moins d'instruire que d'amuser. La fable est souvent un monologue ou une scène de comédie; le conte est une suite de comédies enchaînées les unes aux autres. La Fontaine excelle dans les deux genres, quoiqu'il ait quelques fables de trop, et quelques contes trop longs.

COMTEMPORÂlN , adj. qui se prend quelquefois subst. [Grayn.) ; qui est du même temps. Il y a peu de fond à faire sur le jugement favorable, ou défavorable, même unanime, que les contemporains d'un auteur portent de ses ouvrages. Ce Ronsard si vanté par tous les hommes de son siècle n'a plus de nom. Ce Perrault si peu estimé pendant sa vie commence à avoir de la célébrité; je ne parle pas du fameux architecte du péristyle du Louvre, je parle de l'auteur encore trop peu connu aujourd'hui du Parallèle des Anciens et des Modernes, ouvrage audessus des lumières et de la philosophie de son siècle, qui est tombé dans l'oubli pour quelques lignes de mauvais goût et quelques erreurs qu'il contient, contre une foule de vérités et de jugements excellents.

COiNTENANCE, s. f. Habitude du corps, soit en repos, soit en mouvement, qui est relative à des circonstances qui demandent de l'assurance, de la fermeté, de l'usage, de la présence d'esprit, de l'aisance, du courage ou d'autres qualités convenables à l'état, et qui marque qu'on a vraiment ces dispositions, soit dans le cœur, soit dans l'esprit. Je dis : ou d'autres

CONTINENCK. 219

qiuilifrs ronrcn/thlcs ù l'rfaf, parce fjiic cli;ujii(! (Hal a sa confriHincf. \ùi magistrature la vcul, ;;ra\o et sérieuse; l'rtat Miili(air(!, (ière et délibc'Mée, e(c. ; d'où il s'ensuil qu'il wr. faut a\oii(l(; la conlcntiiici', (pic (piand ou est eu cxorcice; uiais fju'il faul avoir partout et eu tout temps le uiaiutien honuùte et décent; quf, le maintien est j)our la société, et que la contenance est pour la représentation; (pi'il y a une infinité de contenances dilîérentes, bonnes et mauvaises, mais qu'il n'y a qu'un bon maintien.

CONTIÎNTION, s. 1'. [Gram et Mctaph.) Application longue, forte et pénible de l'esprit à quelque objet de méditation. La contention suppose de la difficulté, et même de l'importance de la part de la matière et de l'opiniâtreté et de la fatigue de la part du philosoplie. Il y a des choses qu'on ne saisit que par la contention. Contention se dit aussi d'une forte et attentive application des organes : ainsi ce ne sera pas sans une contention de l'oreille qu'on s'assurera que l'on fait ou que l'on ne fait pas dans la prononciation de la première syllabe de trahir, un e muet entre le t et l'r. Il n'y a entre la contention et l'application de diflerence que du plus au moins; entre la contention et la méditation, que les idées d'opiniâtreté, de durée et de fatigue, que la contention suppose et que la méditation ne suppose pas. La contention est une suite d'efibrts réitérés.

CONTEXTURE, s. f. Terme d'usage, soit en parlant des ouvrages de la nature, soit en parlant des ouvrages de l'art : il marque enchaînement, liaison de parties disposées les unes par rapport aux autres, et formant un tout continu. Ainsi, l'on dit la contescture des fibres^ des muscles, etc., la contexture d'une chaîne, etc. ; mais on dit le tissu de la peau, le tissu cVun drap. Tissu a un rapport plus direct que la conteœture à cette disposition particulière des parties qui naît de l'ourdissage : ainsi contexture paraît plus général que tissu.

CONTINENCE, s. f. Vertu morale par laquelle nous résistons aux impulsions de la chair. Il semble qu'il y a entre la chasteté et la continence cette différence, qu'il n'en coiite aucun effort pour être chaste, et que c'est une des suites naturelles de l'innocence; au lieu que la continence paraît être le fruit d'une victoire remportée sur soi-même. Je pense que l'homme chaste ne remarque en lui aucun mouvement d'esprit, de cœur et de corps qui soit opposé à la pureté; et qu'au contraire l'état de

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