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XIV. 3û

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rience, si elle est. Vous apprendrez par expérience que les hommes ne vous manquent jamais dans de certaines circonstances. Si vous faites l'essai d'une recette sur des animaux, vous pourrez ensuite l'employer plus sûrement sur l'espèce humaine. Si vous voulez conserver vos amis, ne les mettez point à des épreuves trop fortes. L'expérience est relative à l'existence, Vessai à l'usage, Véprcuve aux attributs. On dit d'un homme qu'il est expérimenté dans un art, quand il y a longtemps qu'il le pratique ; qu'une arme a été éprouvée^ lorsqu'on lui a fait subir certaines charges de poudre prescrites ; qu'on a essayé un habit, lorsqu'on l'a mis une première fois pour juger s'il fait bien.

ÉTHIOPIENS (Philosophie des), subst. m. pi, [Hist. de la Philos.). Les Élldopiens ont été les voishis des Égyptiens, et l'histoire de la philosophie des uns n'est pas moins incertaine que l'histoire de la philosophie des autres. Il ne nous est resté aucun monument digne de foi sur l'état des sciences et des arts dans ces contrées. Tout ce qu'on nous raconte de l'Ethiopie paraît avoir été imaginé par ceux qui, jaloux de mettre Apollonius de Tyane en parallèle avec Jésus-Christ, ont écrit la vie du premier d'après cette vue.

Si l'on compare les vies de la plupart des législateurs, on les trouvera calquées à peu près sur un même modèle; et une

qu'il faut le lire avec beaucoup de précaution. Comme ce n'était ni uu penseur profond, ni môme un sophiste subtil, les pièges où il conduit le lecteur ne sont pas difficiles à voir; mais il est bon que ceux auxquels ses raisonnements pourraient faire illusion sachent, en général, qu'il n'en est presque aucun qu'on puisse admettre sans restriction, et qui ne soit par quelque côté, ou vague et insignifiant, ou faux, ou absurde.

Au reste, comme il faut être juste en tout, et que rien ne dispense de ce devoir, le premier et le plus sacré dans l'ordre social, nous dirons ici qu'on peut appliquer à ce livre de l'abbé Batteux ce qu'un ancien poëte latin disait du sien :

Sunt bona, sunt quaedam mediocria, sunt mala plura.

Martial, Epig. lxxiu ad Avilum, v. i.

Il y a quelques bonnes choses, il y en a de médiocres, et beaucoup de mauvaises. Nous rangerons parmi les premières plusieurs citations et quelques remarques qui peuvent servir de supplément et de preuves à certains paragraphes de Tarticle Épicuréisme; c'est ce qui nous a déterminés à joindre dans l'Encyclopédie méthodique le travail de l'abbé Batteux à celui de Diderot : ces deux analyses sont d'ailleurs entre elles comme leurs auteurs; ce qui suffit pour déterminer la mesure de l'espace qu'ils ont parcouru, et le terme oii ils sont arrivés. (S.).

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r^glc (le critique qui serait assez sûre, ce serait d'examiner scrupuieusenieiU ce ciu elles auraient chacune de particulier, avant que de l'admettre comme vrai, et de rejeter comme faux tout ce qu'on y remar(|uerait de commun. 11 y aune forte pivsomption (|ue ce qu'on attribue de merveilleux à tant de personnages dilTrionts n'est vrai d'aucun.

Les Éthiopicjis sa inéicmhicui plus anciens que les égyptiens, parce que leur contrée avait été plus fortement frappée des rayons du soleil qui donne la vie à tous les êtres.

D'où l'on voit que ces peuples n'étaient pas éloignés de regarder les animaux comme des développements de la terre mise en fermentation par la chaleur du soleil, et de conjecturer en conséquence que les espèces avaient subi une in Uni lé de transformations diverses avant que de parvenir sous la forme où nous les voyons ; que dans leur première origine les animaux naquirent isolés; qu'ils purent être ensuite mâles tout à la fois et femelles, comme on en voit encore quelques-uns ; et que la séparation des sexes n'est peut-être qu'un accident, et la nécessité de l'accouplement qu'une voie de génération analogue à notre organisation actuelle.

Quelles qu'aient été les prétentions des Éthiopiens sur leur origine, on ne peut les regarder que comme une colonie d'Égyptiens ; ils ont eu, comme ceux-ci, l'usage de la circoncision et des embaumements, les mêmes vêtements, les mêmes coutumes civiles et religieuses; les mêmes dieux, Hammon, Pan, Hercule, Isis; les mêmes formes d'idoles, le même hiéroglyphe, les mêmes principes, la distinction du bien et du mal moral, l'immortalité de l'âme et les métempsycoses, le même clergé, le sceptre en forme de soc, etc. ; en un mot, si les Ethiopiens n'ont pas reçu leur sagesse des Égyptiens, il faut qu'ils leur aient transmis la leur: ce qui est sans aucune vraisemblance; car la philosophie des Égyptiens n'a point un air d'emprunt; elle tient à des circonstances inaltérables, c'est une production du sol; elle est liée avec les phénomènes du climat par une infinité de rapports. Ce serait en Ethiopie, /?ro/cs sine matre creata: on en rencontre les causes en Egypte ; et si nous étions mieux instruits, nous verrions toujours que tout ce qui est, est comme il doit être, et qu'il n'y a rien d'indépendant, ni dans les extravagances des hommes, ni dans leurs vertus.

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