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ÉTHIOPIENS

Les Éthiojnens s'avouaient autant inférieurs aux Indiens qu'ils se prétendaient supérieurs aux Égyptiens ; ce qui me prouve, contre le sentiment de quelques auteurs, qu'ils devaien tout à ceux-ci et rien aux autres. Leurs gymnosophistes, car ili en ont eu, habitaient une petite colline voisine du Nil; iL étaient habillés dans toutes les saisons à peu près comme le: Athéniens au printemps. 11 y avait peu d'arbres dans leur contrée ; on y remarquait seulement un petit bois où ils s'assemblaient pour délibérer sur le bonheur général de l'Ethiopie. Ils regardaient le Nil comme le plus puissant des dieux : c'était selon eux, une divinité terre et eau. Ils n'avaient point d'habitations; ils vivaient sous le ciel; leur autorité était grande; c'était à eux qu'on s'adressait pour l'expiation des crimes. Ils traitaient les homicides avec la dernière sévérité. Ils avaient un ancien pour chef. Ils se formaient des disciples, etc.

On attribue aux Éthiojnens l'invention de l'astronomie et de l'astrologie ; et il est certain que la sérénité continuelle de leur ciel, la tranquillité de leur vie, et la température toujours égale de leur climat, ont dû les porter naturellement à ce genre d'études.

Les phases différentes de la lune sont, à ce qu'on dit, les premiers phénomènes célestes dont ils furent frappés ; et en effet les inconstances de cet astre me semblent plus propres à incliner les hommes à la méditation que le spectacle constant du soleil, toujours le même sous un ciel toujours serein. Quoique nous ayons l'expérience journalière de la vicissitude des êtres qui nous environnent, il semble que nous nous attendions à les trouver constamment tels que nous les avons vus une première fois ; et quand le contraire est arrivé, nous le remarquons avec un mouvement de surprise : or l'observation et l'étonnement sont les premiers pas de l'esprit vers la recherche des causes. Les Éthiopiens rencontrèrent celle des phases de la lune; ils assurèrent que cet astre ne brille que d'une lumière empruntée. Les révolutions et même les irrégularités des autres corps célestes ne leur échappèrent pas ; ils formèrent des conjectures sur la nature de ces êtres ; ils en firent des causes physiques générales; ils leur attribuèrent différents effets, et ce fut ainsi que l'astrologie naquit parmi eux de la connaissance astronomique.

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Ceux qui oui éciil de l'Élhiopie prétendent que ces lumières et ces pri\jugés passèrent de cette contrée dans l'i'lgypte, et qu'ils ne tardèrent pas à pénétrer dans la Libye : quoi qu'il en soit, le peuple par qui les Libyens furent instruits ne peut être que de l'ancienneté la plus reculée. Allas était de Libye. L'existence de cet astronome se perd dans la nuit des temps ; les uns le font contemporain de Moïse; d'autres le confondent avec Enoch; si l'on suit un troisième sentiment, qui explique fort bien la fable du Ciel porté sur les épaules d'Atlas, ce personnage n'en sera que plus vieux encore; car ces derniers en font une montagne.

La philosophie morale des Éthiopiens se réduisait à quelques points, qu'ils enveloppaient des voiles de l'énigme et du symbole : « 11 faut, disaient-ils, adorer les dieux, ne faire de mal à personne, s'exercer à la fermeté, et mépriser la mort; la vérité n'a rien de commun ni avec la terreur des arts magiques, ni avec l'appareil imposant des miracles et du prodige : la tempérance est la base de la vertu ; l'excès dépouille l'homme de sa dignité ; il n'y a que les biens acquis avec peine dont on jouisse avec plaisir; le faste et l'orgueil sont des marques de petitesse ; il n'y a que vanité dans les visions et dans les songes, etc. »

Nous ne pouvons dissimuler que le sophiste qui fait honneur de cette doctrine aux Ethiopiens ne paraisse s'être proposé secrètement de rabaisser un peu la vanité puérile de ses concitoyens qui renfermaient dans leur petite contrée toute la sagesse de l'univers.

Au reste, en faisant des Éthiopiens l'objet de ses éloges, il avait très-bien choisi. Dès le temps d'Homère ces peuples étaient connus et respectés des Grecs pour l'innocence et la simplicité de leurs mœurs. Les dieux mêmes, selon leur poëte, se plaisaient à demeurer au milieu d'eux.

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« Jupiter s'en était allé chez les peuples innocents de l'Ethiopie, et avec lui tous les dieux. » (Homère, ///rt<^^^ chant P'', vers 423, hlh.)

ÉTONNEMENT, s. m. {Morale.), C'est la plus forte impres-

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