‹ Dictionnaire encyclopédiqueChapitre 9 sur 98 · CAPUCHON · texte numérisé non relu

CAPUCHON

Romains avaient donné à Junon et aux nones de juillet, temps auquel ils célébraient une fête dont Plutarque et Macrobe racontent ainsi l'origine. Les peuples voisins de Rome crurent qu'il leur serait facile de prendre ou de détruire cette ville épuisée, après l'invasion des Gaulois. Ils s'assemblèrent, et mirent à leur tête Lucius, dictateur des Fidenates. Lucius fit annoncer aux Romains, par un héraut, que le seul moyen qu'ils eussent de conserver les restes de leur ville, c'était de lui livrer leurs femmes et leurs filles. Les sénateurs ne savaient quel parti prendre, lorsqu'une esclave, appelée Philotis, persuada à ses compagnes de se couvrir des habits de leurs maîtresses, et de passer dans le camp ennemi : ce qui fut exécuté. Le général les distribua aux capitaines et aux soldats. Ces fdles les invitèrent à prendre part à une fête solennelle qu'elles feignirent de célébrer entre elles. Les hôtes, séduits par cette innocente supercherie, s'abandonnèrent à la débauche; mais lorsqu'ils furent assoupis par le vin et par le sommeil, elles appelèrent les Romains par un signal qu'elles leur donnèrent du haut d'un figuier sauvage. Ceux-ci accoururent, et firent main basse partout. La liberté fut accordée à ces généreuses esclaves, avec une somme d'argent pour se marier, le jour de cette délivrance extraordinaire appelé Nones Caj^rotiucs ou du figuier, et une fête instituée sous le même nom en l'honneur de Junon. Depuis ce temps, à pareil jour, les esclaves régalaient leurs maîtresses hors de la ville, sous des figuiers sauvages, luttaient entre elles, et rappelaient par des exercices la mémoire d'une défaite qu'elles avaient occasionnée par leur dévouement et leur industrie.

CAPUCHON, s. m. {Hist. eeclés.), espèce de vêtement cà l'usage des Bernardins, des Bénédictins, etc. Il y a deux sortes de capuchons-, l'un blanc, fort ample, que l'on porte dans les occasions de cérémonie : l'autre noir , qui est une partie de l'habit ordinaire.

Le P. Mabillon prétend que le capuchon était dans son origine la même chose que le scapulaire. Mais l'auteur de l'Apologie pour l'empereur Henri IV distingue deux espèces de capuchon ; l'une était une robe qui descendait de la tête jusqu'aux pieds, qui avait des manches, et dont on se couvrait dans les jours et les occasions remarquables; l'autre, une sorte

CAPURIONS. 23

de camail pour les luitrcs jours : c'est ce dernier qu'on appelait proprement scapidairc, parce qu'il n'enveloppait rpje la tête et les rpaules.

Capuchon se dit plus communément d'une pièce d'étoiïe grossière, taillée et cousue en cône ou arrondie par le bout, dont les capucins, les Récolets, les Cordeliers et d'autres religieux mendiants se couvrent la tête.

Le rapurhon fut autrefois l'occasion d'une grande guerre entre les Cordeliers. L'ordre fut divisé en deux factions, les frères spirituels et les frères de communauté. Les uns voulaient le ciipurhoii étroit, les autres le voulaient large. La dispute dura plus d'un siècle avec beaucoup de chaleur et d'animosité, et fut à peine terminée par les bulles des quatre papes Nicolas IV, Clément Y, Jean XXII et Benoît XII. Les religieux de cet ordre ne se rappellent à présent cette contestation qu'avec le dernier mépris.

Cependant si quelqu'un s'avisait aujourd'hui de traiter le scotisme comme il le mérite, quoique les futilités du docteur subtil soient un objet moins important encore que la forme du coqueluchon de ses disciples, je ne doute point que l'agresseur n'eût une querelle fort vive à soutenir, et qu'il ne s'attirât bien des injures.

Mais un Cordelier qui aurait du bon sens ne pourrait-il pas dire aux autres avec raison : « Il me semble, mes pères, que nous faisons trop de bruit pour rien: les injures qui nous échapperont ne rendront pas meilleur l'ergotisme de Scot. Si nous attendions que la saine philosophie, dont les lumières se répandent partout, eût pénétré un peu plus avant dans nos cloîtres, peut-être trouverions-nous alors les rêveries de notre docteur aussi ridicules que l'entêtement de nos prédécesseurs sur la mesure de notre capuchon. » V. Cordeliers.

CAPURIONS, s. m. {Uist. anc. et mod,) La ville de Rome est encore aujourd'hui divisée, comme elle l'était du temps des Césars, en quatorze régions ou quartiers, que les Italiens nomment rio-^ ils en ont seulement changé les noms. Il en est arrivé de même des officiers. Ils étaient sous les empereurs au nombre de dix-huit; ils sont aujourd'hui dix-huit. Ils s'appelaient, sous Auguste, curatorcs rcgionum iirbis; on les nomme à présent capurioni. Leurs fonctions sont les mômes; et c'est à-

Page 1