L. Uh
DUBIO (L.). Le Durio zibeihinus L. (qui tire son nom de ce que la Civette- Zibeth se nourrit souvent ùe son fruit) est un bel arbre de l'Archipel Indien et de la Halaisie, introduit dans plusieurs autres régions tropicales et cultivé dans nos serres chaudes. Il appartient aux Halvacées-ik)mbacées et à une sous-série particuUère dans laquelle les feuilles sont simples, entières, mais penninerves, épaisses et chargées, comme les inflorescences et la plupart des organes, de
7i6 DURIO.
poils écailieux, parfois très-abondants. Les fleurs sont enveloppées d'un involucre gamophylle, qui figure un calice valvaire, et qui, à Tépoque de 1 anthèse, se déchire irrégulièrement. Dans les Durio, il se détache en outre du pédiœlle par sa base. Le calice est aussi un sac valvaire. En dedans de lui se voient cinq pétales et des étamines très-uombreuses, monadelphes à la base, puis partagées en cinq faisceaux. Leurs anthères sont adnées au connectif et anfractueuses. Le fruit est ligneux, muriqué, indéhiscent et à graines entourées d'une pulpe charnue, avec un embryon à cotylédons épais. C'est le fruit de cet arbre qui en est la portion utile, et certaines personnes Testiment extrêmement; ce qui est assez difficile à concevoir quand on a senti son odeur infecte et quand on sait que les personnes qui, dans certaines villes a.^ia tiques, en jettent les débris sur la voie publique, sont condamnées à l'amende pour avoir empesté les maisons voisines. On lui attribue cependant tout à la fois la saveur de plusieurs fruits et légumes, de la crème, et en même temps une forte odeur d*ail et de concombre. Mais ce ne doit pas être son péricarpe globuleux, gros comme la tète ou à peu près et très-coriace, que Ton consomme ; c'est une partie qui enveloppe les graines et que nous connaissons actuellement assez bien, ayant eu l'occasion, grâce à l'obligeance de H. Fischer, d'étudier à Tétat frais un fruit venant de Singapour. Il avait sept loges; mais on sait qu'il n*y en a souvent que cinq. Elles s'ouvraient de haut en bas et dans toute la hauteur du fruit, suivant des lignes bien nettes, répondant au dos des loges. Cependant, le péricarpe n'est pas sec, mais bien charnu, de la consistance à peu près des couches extérieures d'un melon. Ce qui est plus dur dans ce péricarpe, c'est l'ensemble des aiguillons dont sa surface extérieure est hérissée ; ils sont coniques et un peu inégaux. Par tous les caractères qui précèdent, le fruit du Durio zibethinus est parfaitement comparable à un fruit vulgaire de notre pays, celui du Marronnier d'Inde. Chaque loge renferme un petit nombre de masses à peu près égales, blanches, crémeuses ; ce sont autant de graines, enveloppées chacune de ce qu'on a appelé leur arille, el qui est la seule portion comestible. La graine elle-même, par ses caractères extérieurs, rappelle beaucoup celles de certaines Sapotacées : même surface lisse et luisante; même large cicatrice ombilicale, plus terne et un peu rugueuse. Un peu plus sphcrique, la graine des Calvaria, dont la place a été tant discutée et qui ont été dans ces derniers temps rapportés au genre Sideroxylon, ressemble extrêmement par les apparences extérieures k celle du Durio. L*embryou de celui-ci rappelle celui d'un assez grand nombre de Stercolées. Il a deux cotylédons épais, d'un brun pâle, un peu violacé, inégaux, un peu sinueux, et une très-épaisse radicule obconique. On considère généralement comme un arille l'enveloppe blanche pulpeuse de la graine. Il est vrai qu'elle part du pourtour de la large cicatrice ombilicale. Mais ce n'est pas là un argument abfolu. De ce point peut, en effet, partir une production du péricarpe, comparable au sac charnu qui entoure chacune des graines du Cacao, comparable même aux poils des Eriodendron, émanes, dit-on, de la substance du péricarpe. Ce qui milite ici en faveur de cette opinion, c'est que la pulpe blanche et comestible du Durio est parcourue par des faisceaux vasculaires, contenant des phvtocystes étroits à paroi molle et des vaisseaux spirales. Ou ces vaisseaux sont des émanations des placentas, ou bien, s'il s'agit d'un arille, on a ici affaire à une de ces graines dans lesquelles les téguments plus profonds que rarille présentent la même transformation que lui, comme dans les Oxalis, les Magnolia^ etc.; et si c'est un arille, c'est encore un arille exceptionnel.
DIJRKIIEIM (Eaux MiifinALis db). 717
' Le fruit du Durio passe pour aphrodisiaque. Oo Ta vanté contre les fièvres, la migraine, la dysenterie, etc. On Tappelle encore Durian et Hérisson d'arbre^ à cause des aiguillons de sa surface. Les semences sont préconisées contre Fasthme et d'autres affections pulmonaires. Le bois de l*arbre sert aux constructions.
H. Bn.
BiBUOGRApnni. — L, Syst. nai , éd. 13, 581. — Lamk, ///., t. 641. — Kœ5., in Trang. Linn. Soc., VU. 266, t. 14-16. — Exdl., Gen., n. 5505. — B. H , Gen., !, 213, n. 55. — UiM. et DE L., Dict. Mat, méd.. Il, 603. — Rose!«th., Syn. pL diaphor., 720. — H. Bk, HUt. de* pi., lY, 101. 112, 158, fig. 173; Tr, Bot. mid. phanér., 806, ûg. 2408; in Bull. men$. Soc. Linn. Par, 369. li. Bx.
DfjRKHEIX (Eaux minérales et cures de raisin de). Athermales ou pro^ tothermales, chlorurées sodiques fortes, chlorurées calciques moyennes, bromoiodurées, carboniques moyennes, sulfureuses faibles, est une ville de la Bavière, peuplée de 6U00 habitants, à 116 mètres au-dessus du niveau de la mer, agréablement située au débouché d*une vallée du llaardt arrosée par la rivière dlsenach et dominée à Touest par les ruines du couvent de Limbnrg. Son climat est très-doux, ainsi que le prouve la température moyenne observée pendant cinq années, qui est de il<*,76 centigrade. Les environs offrent d'intéressantes excursions, telles que Philippshalle, saline à Test de la ville où Ion prend des bains avec addition d*eau-mère; les ruines de Tabbaye de Limburg fondée en 1050 par Conrad II le Salien, qui sont à 2 kilomètres à Touest de DCirkheim ; le Hartenburg, ancien château d*où Ton découvre les campagnes voisines, à 4 kilomètres de la station minérale ; le Heidenmauer (mur des païens), rempart élevé par les Celtes; le Peterskopf, sommet de 510 mètres d'élévation d*où Ton a une très-belle vue; le Dûrkheimerthal, Grûnstadt, Frankcnthal, Ludwigshafen,Mannheim, Spire et Kaiserslautern, sont autant de points curieux à visiter. La saison commence dans les premiers jours du mois de mai et finit à la fm de septembre (chemin de fer par Hetz, Forbach, Kaiserslautern et Neustadt. 14 kilomètre! séparent ?ieustadt de Diirkheim; une voiture les parcourt eu une heure et demie) .
Sept sources émergent de puits forés, les uns dans le grès vosgien, les autres dans le calcaire tertiaire tant à Dûrkheim qu*à Philippshalle qui en dépend ; elles se nomment Klammerbrunnen (source du crochet), Altbrunnen (source vieille), Bleichbrunnen (source à blanchir), Fitzschenbrunnen (source de Fitz), Virgiliusbrunnen (source de Virgile), Engelsbrunnen (source de Tange) eiWiesenbrunnen (source de la prairie). Leur eau est limpide, incolore, a une faible odeur de gaz acide carbonique, un goût légèrement amer, plus ou moins salé suivant les sources ; elle pétille quand on la puise et elle dépose dans le verre un sédiment blanc grisâtre ; elle laisse dégager plus ou moins d'acide carbonique, suivant les saisons et la température de l'atmosphère, mais jamais assez pour rendre dangereux l'accès des puits. La température de l'Altbrunnen est de IS*",? centigrades, c'est la moins élevée ; celle de Virgiliusbrunnen qui est la plus chaude est de 18<^,7 centigrade. Le débit de l'eau de toutes les sources de Dûrkheim est de 600500 litres en vingt-quatre heures. La densité de TAUbrunnen est de 1,01, celle de Bleichbrunnen est de 1,0095 et de Virgiliusbrunnen de 1,0105. Wilhelm Herberger a fait en 1850 l'analyse chimique des eaux de toutes les sources de Dûrkheim, il a trouvé, dans 1000 grammes de l'eau des trois principales, les substances qui suivent :
DDRKHEIM (Eaux MiN'éRALBS dk).
BLEICn-
Chlorure de sodium] 12,850
— caleinm 1,580
— magnésium 0,190
— potassium 0,048
— aluminium >
— lilhiiim et ammonium. . traces.
Bromure de sodium 0,013
Indure de s>odium 0,001
Bicarbonate de chaui 0,233
— ma^n(!<ie »
— d'oiyde de fer 0,012
— — manganèse.. »
— de baryte et stronliane . >
Sulfate de chaux 0,0SS
Phosphate de >ou(le ■
— d'alummc »
Silice 0,003
Alumine >
Acide crcuique et apocrénique, matières orfçauiques, etc •
Total des MAiiftnss rixas.. . . U,9G6
a^ide carbonique .... indéterm.
Gax. • . { azote et oxygène »
acide sulfiiydriquc. ... •
rmscKBf-
VlBClUVt-
Bat»i:cBN.
BROIBtX.
traces.
traces.
traces.
traces.
traces.
170 ce. 64
0 litre 140
0 litre 02i
traces.
L'établissemeut de Dûrkheini bâli depuis vingt-cinq ans se compose de trois buvettes, d'une division de bains et d'une division de douches.
Mode d'admimistraton et doses. Les eaux de Dûrkheim s'emploient en boisson, pures ou coupées de bouillon ou de lait ciiaud, en bains et en douches d'eau et de vapeurs minérales simples ou aromatiques. Les bains d'eau sont quelquefois additionnés d'eau-mère.
Les eaux de Bleiclibrunnen et de Fitzscheubrunnen sont exclusivement coiployées à rinlcrieur, leur goût d abord désagréable finit par être accepté aisément par les buveurs et môme par les enfants. Leur dose varie entre deux et six verres pris le matin à jeun et à une demi-heure d'intervalle. La durée des bains d'eau est d'une heure, excepté quand ils contiennent de i'eau-mère des siilines de Philippshalle ; ils ne doivent pas être prolongés alors pendant plus de vingt minutes ou une demi- heure.
Emploi tiikrapeotique. Les eaux de Bleichbrunnen et de Fitzschenbrunnen sont purgatives et diurétiques ; elles sont à la fois altérantes et reconstituantes à doses élevées ; mais à doses faibles (un demi-verre en deux fois, par exemple) elles produisent de la constipation, comme toutes les eaux chlorurées sodiques fortes d'ailleurs. Elles déterminent souvent, au début de la cure, une fièvre thermale avec embarras gastrique et quelquefois une poussée assez intense pour forcer d'interrompre le traitement minéral. Les maladies le plus utilement traitées sont toutes celles qui sont sous la dépendance d'un tempérament lymphatique oq déterminées par l'existence de la scmfule. Nous renvoyons pour plus de détails aux articles Nâdheim et Kreuz.^ach (voy, ces mots) dont certaines sources, la Salzbrimnen de Nauheim, par exemple, a une grande analogie de composition élémentaire, d'action physiologique et curative, avec la fileiclibninncn de Dûrkheim.
On se rend encore à Dûrkheim pour y suivre une cure de rairin dans les vignes des alentours de cette station chlorurée.