‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 3)Chapitre 9 sur 95 · L. Hn · texte numérisé non relu

L. Hn

PàBjLXTLlLIftVB (Acidb), G*H*<»0*= C«H* { j^ 'I, Ge corps, isomérique

(liU.uii.

«Tec l'acide xylilique et l'acide mésitylénique, se forme en même temps que

I l'acide xylilique par oxydation du pseudocuniène. On distille le produit avec la

npeur d'eau; on chaufle doucement le mélange des deux acides avec de Tacide

cMorbydriqne et un peu d'étain, puis on les sépare en les transformant en seU

\U pârchappe de vinay.

calciques. Le paraxylilate de calcium se s^épare le premier. L*acide chlorhydrique domie l'acide paraxylilique libre.

Celui-ci se dépose de Teau bouillante eu flocons plus ou moins cristallins, de Talcool en prismes pointus, rayonnes» fusibles à 163 degrés, aisément solubles dans Talcool. Par oxydation, il donne de Tacide xylidique ; distillé avec de la chaux, il fournit de Torthoxylol. L. Hii.

PARCHAPPE DE ¥INAY (Jban-Baptistb-Maximibn). Docteur en médecine, inspecteur général de première classe des asiles d'aliénés et du service sanitaire des prisons, membre correspondant de l'Académie de médecine, officier de la légion d'honneur, fondateur et président de la Société médico-psychologique, créateur de l'asile de Quatre-Mares, près de Rouen, Parckappe naquit à Épernay (Marne), d'une ancienne famille tenant de Henri IV ses titres de noblesse. 11 fit ses classes au collège de Caen, et commença la médecine à l'école secondaire de Rouen, où il obtint bientôt, par la voie du concours, le titre d'interne à l'hôpital général, puis il alla terminer ses études médicales à Paris. C'est là qu'il fut reçu docteur le 5 janvier 1827, après avoir soutenu sur les passions une thèse qui fut remarquée. De Paris, Pai'chappe alla se fixer aux Andelys, chef-lieu d'arrondissement du département de l'Eure, où il ne resta que pendant dix-huit mois. La clientèle de campagne a des exigences peu en rapport avec les aspirations et les aptitudes d'un homme de sa valeur; il se décida bientôt à affronter la lutte dans une grande ville, et il s'installa à Rouen, où il se fit connaîti*e par un cours sur l'histoire de la médecine. En 1855, il fut attaché, par arrêté ministériel, à l'enseignement de l'école secondaire de médecine de Rouen, comme professeur d'hygiène et de thérapeutique. Plus tard, il fut nommé professeur d'anatomie et de physiologie. Il conserva ces dernières fonctions jusqu'en septembre 1848, où, appelé à l'inspection des asiles d'aliénés, il donna sa démission.

Comme médecin aliéniste, Pârchappe occupa le poste de médecin en chef de Saint- Yen pendant treize années, de 4855 à 1848. 11 ne quitta Saint-Yon que pour prendre les fonctions d'inspecteur général de première classe du service des aliénés et du service sanitaire des prisons. Ses services administratifs lui firent obtenir en 1855 le grade d'officier de la légion d'honneur. « Médecin savant, écrit M. Rousselin, qui a laissé une notice sur Pârchappe (Annala médico-psych,, t. VII, 1866, p. 515), profond philosophe, administrateur habile, rien ne lui était étranger dans le service de l'inspection ; il en possédait les moindres détails. La comptibilité n'avait point de secrets pour lui, et il a prouvé, en fournissant les plans de Niort, d'Évreux et de Quatre-Mares, qu'il pouvait aussi lutter en fait de connaissances techniques avec les hommes versés dans la science architecturale. Il travailla jusqu'à ses derniers moments (13 mars 1866). Trois jours avant sa mort il corrigeait les épreuves d'un ouvrage historique et philosophique sur Galilée. Ce livre, qui vit le jour cette même année 1866, il l'appelait Venfant de ma douleur. En efTet, il n'y travaillait que lorsque les assauts de sa cruelle maladie ne lui permettaient pas de se livrera des études plus abstraites. Modeste, ennemi du faste, il resta simple pendint toute sa vie ; il le fut jusque dans la mort.

Ouvrages de Pârchappe :

/. Quelquet coMidérations généralet iur la nature et Vinfluence de$ postions, Thèseï dt

.PARDOnX (SAINT-) (Eaux MinéRALBS de). iS5

Paris, 5 janTier I8Î7» iii*4P. — II. Cown tthistinre de la médecine; discours d'introduction, ftooen, 1833, in-8*. — III. De la nature, du $iige et du traitement du choléra marbuê. Paris, i83S. — IT. Recherches tur Vencéphale, $a ttructure, ses fonctiont et set maladies. Roaen, 1836, iii-8*; 2* mémoire, 1838, in-8*. — Y. Recherches statistiques sur les causes de i^ié»miiaH memtsde. In Revue de Paris, 1839, in-8*. — VI. Traité théorique et pratique de la folie, Obsenrations et documents nécroscopiques.[Rouen, 1841, in-8*. — VII. Du ccsur, de sa sirmdure et de ses mouvements. Paris, 1844, in-8*, avec atlas de 9 pi. — VIII. fiotice staiistiqtm sur VAeUe des aliénés de la Seine-Inférieure, Rouen, 1845, in-8* (en collaboration atee DdwuteTille). — IX. Études sur le sang dans tétai physiologique et Vétal palho^ logijue. Paris, 1859, in-8*, et Bull, de tAcad, de méd, — \. De la folie paralytique, et du rapport de Patrophie du cerveau à la dégradation de l'intelligence dans la folie. Paris, irâ, in-8*. — II. Des principes à suivre dans la fondation et la construction de» salles desUe. Paria» 1851-1853, iQ-8*. — III. Discours dans la discussion sur les différents modes deeneimmce des mliénés. Paris, 1866, in-8*. — IIII. Études sur le goitre et le crétinisme, Docomeiits mis en ordre et annotai par H. le docteur L. Lunier. Paris, 1874, in-8*. — UT. GediUe, ea vie et ses découvertes, Paris, 1866, in-18. — XY. Du siège commun de riiUeUs^eacr, de la sensibilité et de la volonté chez Vhomme, Paris, 1856, in-8. — X^l. Discours prononcé à V Académie de médecine, dan$ la séance du 3 avril 1855, sur le vitaUsme et torganicisme, 1855, in-8*. — XVII. Sur un cas de paralysie générale progressif^ avec désordre des facultés intellectuelles, Paris, 1865, in-4*, el Joum, des connaiss, médicales^ t. IXXII, p. 331-417, 1865 (en collaboration avec Gaffe). A. C.

FARCnaUNIBBS. Voy. Pbacx.

PAmcOL. Arbre de l'Inde, dont les feuilles sont employées contre la gravelle. Pl.

Bbuo6bapub. — Joum, de pharmacie, I, 460, ex, — H£rat et de Leks. Dict. mat, médiat I, Ml. Pl.

PAABAUAIVCHES. Nom spécifique donne à un Doronicum^ de la famille des Composées. Pl.

WAMBOMIT (BARTuéLBMT), encofc connu sous le nom de Perdulcis (Bartholomeus). Médecin français, né à Bouillec, dans le Vivarais, en 1545, mort à Piris, en 16il. Son oncle, André Pardoux, médecin de Paris, lui ût faire ses études au collège de Montaigne, puis rengagea à s'appliquer à la médecine. Il bl reçu docteur à Paris en 1572 et se fixa dans cette capitale. D*im caractère Uii-iimide, il n*eut pas dans sa clientèle tout le succès qu'il méritait par son grand savoir.

On cite de lui :

L Vuiverva medicina ex medicorum principum sentenliis. Lutctiae Parisiorum, 1630, 1641,iii-4i". — 11. /» /. Sylvii Anatomen et in librum Bippocratis de natura humana Lutetiae Par., 1643, in-4*. L. Un

PABMIIJX (SAINT-) (Eaux minérales db). Athermalet^ bicarbonatées ftrrugmeuMeM faibUSf carboniques forles, dans le département de l'Allier, dans l'amndisieinent de Montluçon, dans le canton de Bourbon-rArchambauit, à 3kikiiiàtret de Theneville, émerge d*un sol argilo-siliceux, à 310 mètres audessus da nifeau de la mer, une source dont le débit est de 4800 litres en vingt- «luatre boires. Cette source appartient à TÉtat, elle est exploitée au compte de

Vélablissement de Bourbon-rArcbambault dentelle est éloignée de 1 7 kilomètres.

l^'eau de Saint-Pardoux a une température de S'^yS centigrade, celle de Tair exté*

rieur étant de 32<> centigrade.

126 PÂRDOUX (SAINT-) (Eadx MiNéRiLBs db). .

L*eau de cette source n*est point consommée sur place. Elle est, chaque matin» apportée à rétablissement dans des bouteilles hermétiquement bouchées, et les médecins de cette station la conseillent dans certaines circonstances. Là se borne son emploi, car à peine en usage dans les environs elle est restée à peu près inconnue. Le crénate de fer et le gaz acide caii)onique libre et dissous d^ns cette eau d*une parfaite transparence, d*une limpidité absolue quand elle est dans un verre, rendent son goût ferrugineux et piquant ; mais, lorsqu'on la prend pure, son arrière-goût est terreux, magnésien et assez désagréable ; mélangée avec du vin, elle perd cette saveur et on la boit sans la moindre repu- «,'nance. Elle tapisse son bassin de captage d'une notable couche de rouilla, ce qui lui donne un aspect jaunâtre lorsqu'on la voit en masse. M. 0. Henry a trouvé dans 1000 grammes de l'eau de la source de Saint-Pardoux les principes suivants :

Bicarbonate de chaux )

— magnésie > 0,0287

— soude ;

Sulfate de soude 0,0254

— cliaux 0,0100

Chlorure de sodium l ^ ^^

- magnésium j ^•<»<» •

Silicate de chaux et d'alumiue 0,0700

Crénate de fer 0,0100

Total des matières fixes 0,t8il

Gai acide carbonique libre 7/6* du volume.

Cette eau a une grande ressemblance avec les eaux de Saint-Galmier et de Chateldon, mais elle est supérieure au groupe des eaux du département de la Loire, qui ne contiennent le gaz acide carbonique qu*à l'état de liberté, tandis (|ue les eaux de Chateldon, et surtout de Saint-Pardoux, en renferment beaucoup à l'état de combinaison et de dissolution. Elles sont d'une meilleure qualité que les eaux prenant leur origine dans les couches carbonifères des environs de Saint-Etienne.

Mode d'administration et doses. L'eau de la source de Saint-Pardoux s'emploie exclusivement en boisson à la dose d'un verre à quatre verres par jour. Elle est alors apéritive et elle se conseille surtout contre les engorgements abdominaux consécutifs à l'existence de fièvres intermittentes accompagnées même d'hydropisie ou de troubles des organes urinaires.

Emploi thérapeutique. Pour donner une idée suffisante des eflels physiologiques de Peau de Saint-Pardoux, il suffit de dire que son goût piquant explique parfaitement les éructations carboniques produites par leur ingestion et le sentiment d'étourdissement, de demi-ivresse, de titubation, que les buveurs éprouvent après en avoir pris à haute dose et à des intervalles rapprochés. Ces eaux ont uo effet diurétique marqué, elles excitent vivement l'appétit en favorisant et ea abrégeant la digestion. Elles rendent l'expuition plus facile et plus abondaate; elles diminuent la sécrétion muqueuse ou muco-puru lente de c^ux qui ont é^ catarrhes des voies aériennes ou urinaires. Employée en gargarismes, cette M donne de très-bons résultats dans certaines affections de la mu(|ueuse dèlaboucbe» lorsque cette membrane a un aspect scorbutique, lorsqu'elle est ulcérée, lonqoft les gencives sont tuméfiées et sanguinolentes, les dents déchaussées et l'haleiae fétide. Aucune préparation antiseptique ne réussit mieux alors que les eaux de Saint-Pardoux (Regnauld père).

Là durée de la cure est de trente jours, en général.

On exporte beaucoup Teau de Salnt-Paidoux à Bourbon-l*ArchambauIt, oîi elle est presque toujours employée aux repas. A. Rotureau.

PABi (Axbroise). Proclamé par la postérité le père et le restaurateur de la chirurgie française. Cet hommage n*est que juste. Nul, avant Paré, n'avait fait autant pour l'art chirurgical ; nul n'avait montré un génie pratique aussi admirable, un sens inventif aussi fécond en ressources; nul n'avait apporté antant d'améliorations dans l'exercice de l'art; nul, enfin, n'avait été plus dévoué à ses semblables et n'avait mieux mérité le titre de bienfaiteur de l'humanité. La chirurgie n'était pas encore sortie de lornière du passé, elle était encore dans Tenfance, et tout se bornait à expliqueriez écrits des Arabes, à commenter ceux de Lanfranc et de Guy de Chauliac ; dédaigné des médecins, abandonné à des gens illettrés et de profession manuelle, l'art chirurgical était dans le plus piteux état, et Guy de Chauliac, malgré son grand âge (quatorzième siècle), était presque seul le Guidon des chirurgiens. C'est Ambroise Paré qui ouvrit une nouvelle voie, découvrit de nouveaux horizons, profita d'une longue pratique sur les champs de bataille, interrogea la nature, et fit sortir la chirurgie de sa trop longue enfance. Aussi a-t-il éclairé plusieurs questions de vives lumières» en simplifiant le traitement des fractures et des luxations, en imaginant plusieurs opérations nouvelles, en en tirant d'autres de l'oubli regrettable dans lequel elles étaient tombées, mais surtout en changeant absolument le traitement des plaies par armes à feu, et en inventant la ligature des artères après les amputations. Ce sont là ses plus grands titres de gloire. Ax^nt lui, on considérait les plaies par armes à feu comme vénéneuses, et pour détruire le prétendu poison dont on les croyait péuétrées, on les brûlait avec des caustiques, avec de Thuile bouillante. Avant lui encore, les chirurgiens mettaient une grande hésitation à couper un membre, même dans les cas de gangrène, par la crainte qu'ils entrevoyaient de ne pouvoir arrêter les hémorrhagies par les vaisseaux béants, malgré les styptiques, les caustiques et le fer rouge. Paré combattit ces horribles procédés, et les nombreux succès qu'il obtînt lui dirent qu'il avait raison. Dans le pansement des plaies par armes à feu, il eut recours aux émollients, aux laxatifs; dans les amputations, il mit en usage la ligature des vaisseaux béants. On eut beau lui objecter que ses ligatures tomberaient trop vite, que rbémorrbagie recommencerait au sein des tissus, dans la plaie fermée : le grand chirurgien fut sourd à ces clameurs, et il persista, et il sauva ainsi une foule de malheureux. Ëcoutons-le recommander la nouvelle méthode après avoir fait aa tableau navrant de tout ce qu'il y avait d'atroce et de dangereux dans celle qui était partout suivie : « Par ce je conseille au jeune Chirurgien de laisser telle cruauté et inhumanité, pour plustost suyvre ceste mienne façon de practi- <|uer, de laquelle il a pieu à Dieu m'adviser, sans que jamais l'eusse veu faire à adcun, ouy dire, ne leu, sinon en Gai. au 5. livre de sa Méthode, où il escrit qu'il taut lier les vaisseaux vers leurs racines, qui sont le foye et ie cœur, pour estancfaer le grand flux de sang. Or ayant plusieurs fois usé de ceste manière de oouldre les veines et artères aux playes récentes, esquelles se faisoit une hémor- ^^i^» j'ay pensé qu*il s'en pouvoit bien autant faire en l'extirpation d*un ntembre. Dequoy ayant conféré avec Estienne de la Rivière, Chirurgien ordinaire du Roy, et autres Chirurgiens jurez à Paris, et sur ce leur ayant déclaré mon <^mion, furent d'advis que nous en fissions l'espreuve au premier rnaVade ^\i*\

s*offriroit, combien que nous eussions les cautères tous prests pour en user au défaut de la ligature. Ce que j*ay practiqué à l'endroit de plusieurs avec trèsbonne issue» encore depuis peu de jours en ça, en la personne d*un postillon serviteur de Brusquet, nommé Pirou Garbier, auquel fut coupée la jambe dextre, quatre doigts au-dessous du genoil, pour une Estbiomene, qui luy estoit survenue à cause d'une fracture. Partant je conseille au jeune Cliirurgien de laisser ceste misérable manière de brusier et carnacer, Tadmonestant de ne plus dire : — Je l*ay leu au livre des anciens Practiciens ; je Tay veu faire à mes vieux pères et maistres» suyvant la practiqué desquels je ne puis aucunement faillir. — Ce que je t'accorde, si tu veux entendre ton bon maistre Galien au livre cy dessus allégué, et ses semblables ; mais si tu veux arrester à ton père et à tes maistres pour avoir prescription de temps et licence de mal-faire, y voulant tousjours persévérer, ainsi mesmes que Ton fait quasi ordinairement en toutes choses, tu en rendras compte devant Dieu, et non devant ton père ou tes bons maistres practiciens, qui traitent les hommes de si cruelle façon )> (Œuvres; combustions et gangrènes, chap. xxxv).

Ce fut, croyons-nous, entre les années 1562 et 1564, que Paré imagina la ligature des artères dans les amputations. Du moins, en 1557, il n*y songeait guère, car il avoue qu*en revenant de Turin, ayant amputé un pauvre soldat atteint d*une gangrène traumatiqne, « il arresta le sang avec cautères actuels, n'ayant en ce temps- là aultre méthode ny façon de faire, n

Comme tout homme illustre, A. Paré a eu le privilège d'éveiller l'attention des chercheurs et des curieux, qui consacrent leurs veilles à jeter du jour sur nos gloires nationales. MM. Vimont, Willaume, Hubert, Malgaigne, C. Bégin, de la Sicolière, etc., ont publié sur le grand chirurgien d'importants travaux, lesquels, réunis aux recherches qui nous sont personnelles, permettront de le suivre dans les principaux sentiers de sa belle carrière. Ce n'est pas une page de littérature, un éloge, style académique, que nous offrons au lecteur, mais bien une suite de notes, de dates, de faits, puisés aux meilleures sources, et qui, tout à la fois, rectifieront plusieurs erreurs, et feront connaître des détails médits.

Famille. Naissance. Ambroise Paré est né à Laval, dans le département de la Mayenne, ou, peut-être plus exactement, au petit village de Bourg-Hersent, près de Laval, dans une dépendance de la maison seigneurale du comte de Lavil. Mais en quelle année? Malgaigne, E. Bégin et d'auti^es, mettent la date de 1517. A ce compte-là, le futur chirurgien aurait à sept ans fait ses observations sur les monstres, à Angers où il était en 1525 (Des monstres, chap. xx) ; à dix-neuf ans il aurait déjà fait ses études et passé trois ans à l'Hôtel-Dieu de Paris; à» vingt ans, il aurait, en qualité de chirurgien, accompagné en Piémont de Monte-Jean, colonel général des gens de pied, aurait assisté à la prise du Pas-de- Suze (octobre 1537), et y aurait pansé un capitaine Le Bat qui y fut blessé. Ace même âge de vingt ans, il aurait acquis assez d'expérience pour abandonner dans le traitement des armes à feu les cautères, les huiles bouillantes, pour les remplacer par des topiques émollients, les laxatifs. Enfin, il n'aurait eu que treize ans lorsqu'il commença à pratiquer la chirurgie, puisque, d'après soa dire même (Œuvres, éd. de 1575. Lettre au lecteur), ce fut « il y a quarante» cinq ans », c'est-à-dire en 1530. Tout cela est impossible. H y a d'ailleurs un témoin iiTécusable : c'est Pierre de Lestoile, lequel, dans son Journal du règne de Henri III {éd\i. Michaut et Poujoulat, 1837, p. 40), en annonçant la mort

defîirë au 20 décembre i590, igoute que ce fut à l*âge de quatue-yingts ans. Âmbroise Paré serait donc né en i 510 ou 1509. Son père étaii« assnre-i-on, un coffretier à Laval, et eut quatre enfants ; Jean,

qui fat barbierchirnrgien à Yitrë, en Bretagne; Paré, qni alla s'établir

aussi ooflirelier à Paris, rue de la Huchette ; Aune Paré, laquelle épousa Claude Viart, cbinirgien juré à Paris (morte le 19 septembre 1581); enfm notre Ambroise.

Arriva à Paris. Le mariage. Les enfants. A quelle époque Paré vintil k Paris, accompagné peut-être par son frère Jean, le coffretier ? Il est impossible de jwéciser, mais l'on n'est pas loin de la vérité en adoptant l'année 1529 ; il avait alors dix-neuf à vingt ans. A Laval, le jeune homme avait été mis en peasioD, pour y apprendre le latin, chez un chapelain du nom de Orsoy, et à sûie ans, confié au vieux chirurgien Vialot. A Paris, il suivit les leçons et la pratique des chirurgiens Urbain Larbalestier, Bremeil, Rastagne de Binosque et Séverin Pineau, vit, pendant trois ans, des maîtres fameux opérer à Tllôtel- Diea, et se mit lui-même presque aussitôt à opérer.

ki, que l'on me permette une petite digression : c'était en 1 862 ; je faisais des recherches dans les Registres des paroisses de Paris, anéantis plus tard par le fieu de la Commune. En feuilletant ceux de la paroisse Saint-André-des-Arts (t.ll, fol. 5, V; 188, n*; 199, r*; t. III, fol. 8, V; 22, r>; 37, V; 48, r*; 77. f ; 87, r*), où je cherchais tout autre nom, je tombai sur une série d'actes se retirant à la famille Paré; je les copiai avec le plus grand soin, et sans plus tarder je les offris à Malgaigne, qui ne put en faire profiter le public, puisque son édition des Œuvres d' Ambroise Paré était publiée depuis longtemps, mais qui, heureux de ma découverte, me répondit : Mon cher confrère, envoyez-moi, envoyez-moi vite vos reliques : qui dat cita dat bis. Plus tard (1866), Jal fit pour son Dictionnaire l'usage que l'on sait de ces mêmes recueils paroissiaux, et il eut biea le soin de relever les actes relatifs à Paré, non-seulement ceux que j'avais eu la bonne foi*tune de rencontrer, mais d'autres encore qui m*a- Client échappé. Mais Jal n'a pas toujours bien lu les manuscrits qu'il avait dennt les yeux, et l'article Pare de son Dictionnaire n'est pas exempt de faites de copie. De plus, il y a un acte fort important qui a échappé au laborieux investigateur, et qui se trouvait dans un des registres de la paroisse Saiaft-Séverin ; c'est celui du second mariage d' Ambroise Paré : Paroisse Saint- •Sôpfrm. Mémoire de faire les bans le dimanche iij« de janvier 1574, d entre M. Ambroise Paréf premier chirurgien du roy, de la paroisse de Saint- .liulré-des-ilm, et Jacqueline Rousselet, de ceste paroisse. Espousez le lundy xviif de janvier 1574. On comprendra que nous aimons mieux nous servir de notre copie, dont nous croyons être sûr, que de celle de Jal, malgré tout le respect que nous avons pour la mémoire de ce savant laborieux et honnête. Nous établissons donc ainsi les faits :

Cest après la campagne du Piémont (1557), engagée par François I*' pour ravitailler Turin et reprendre les villes et diâteaux qu'occupait l'armée de Charles- Quint, qa'Afflbroise Paré songea à se marier. Des actes de la paroisse Saint- Andiédes-Arcs et de celle de Saint-Séverin il résulte qu'il fut marié deux fois. ll^iousa:

î. Le 30 juin 1542, Jehanne Masselin ou Mazelin, fille de Jehan Masselin, ^tenr du chancelier de France (Duprat). Elle mourut le 4 novembre ^1573, ^ùisaiii trois enfants, savoir : 1* François, baptisé Je 4 juillet 1545. Parrains \

ne. f â. m. 9

H* François de Yilieiieuve, docteur de la Faculté de médecine de Paris, et Loys Buret, barbier. Marraine : Jelianuede Peinne(7) ; 2<* JKsaac, baptisé le ii août 1559. Parrains : H^ Antoine Hazelin, clerc suivant les finances, et M* Nicole Lambert, diirurgicn ordinaire du roy. La marraine, Anne du Tillet, femme de Mons' H** Estienne Lallemant (cet enfant mourut en août 1560) ; 3® Catherine (première du nom), baptisée le lundy 50 septembre 1560. Parrain, Jaspard Martin, H** barbier de Paris. Marraines : Catherine Brion, femme de Loys le Prince, marcliandde vins, et Marguerite Clairet, femme de feu Estienne Clairet, et Jehanne le Prince (Catherine Paré épousa, le 15 avril 1581, François Rousselet, trésorier de M. le Duc, frère du l'oi, puis contrôleur général des finances de la reine de Navarre). François Paré était mort en 1550.

B. Le 18 janvier 1574, Jacqueline Rotuselety de la paroisse Saini-SëTerin. Elle mourut le 26 juin 1600, ayant eu pour enfants : 4'' inite, baptisée le samedy 16 juillet 1575. Marraine : H^ et puissante dame princesse Anne Daist (iic)^ femme de haut et puissant seigneur Jacques de Savoye, duc de Nemours. Le parrain, M. Charles de Savoye, fils des dessusdits prince et princesse (Anne Paré épousa, le 4 juillet 1596, Henry Simon, conseiller et trésorier du roi en Bourbonnais et Nivernais. C*est elle qui, en 1599, eut une hémorrbagîe pendant l'accouchement [Guillemeau, Vheureux Accouchenietit^ 1621, p. 222]. Jai, en mentionnant le mariage d*Anne Paré, la dit fille d'Antoine^ lorsqu'il eût ialla mettre Ambroise) ; 5° Ambroise (premier du nom), baptisé le mercredy 89 avril 1576. Parrains : M. Charles, comte de Hauffer, et M. le marquis d*Elbenf. La marraine, dame Piiélippes de Monlespedon, duchesse de Beaupréau et princesse de La-Roche-sur-Yoo (Ambroise Paré mourut le lundi 14 janvier 1577) ; 6" Marie^ baptisée le jeudy 6 janvier 1578. Parrain, Jehan Camus, secrétaire des finances. Marraines : Damoiseiles Marie du Tillet, femme de H. Séguier, lieutenant civil, et Marie BouUaye, vefve de Jacques Housselet (Marie mourut en 1578) ; 7* Jaequeline^ baptisée le 8 octobre 1579. Le parrain, noble personne M* Jehan Latemant, seigneur de Vousse, maistre des requestes. Les marraines, Marie I«ale-

mant, femme de Mons' prévost des marchands de Paris, et Antoinette Laie-

mant, femme de Mons' H** Pierre Charles, auditeur du roy et conseiller en la Chambre des Comptes (Jacqueline Paré mourut le 13 septembre 1582); 8* ùh therine (deuxième du nom), baptisée le 12 février 1581. Parrain : H. H* Vincent Mousseyot, conseiller au Parlement. Marraines : Catherine, sœur ptternelle, et Barbe Rousselet, femme d*Odier Martin, archer de la garde do corps du roy (Catherine Paré épousa, le 29 septembre 1605, Claude Hesdelin, conseiller du roy en la chambre du trésor. Elle mourut le 21 septembre 1616); - 9"* Ambroise (deuxième du nom), baptisé le mercredy 8 novembre 1583. Parrains : Jacques Mai'eschal, procureur du roy en la pievosté de son iiostel, et H* Jacques Guillemeaii, chirurgien du roy. Marraine : Damoisello Amée de Mamères, fille de M* Estienne de Mamères, avocat au grand Conseil (Ambroitt Paré mourut le 1 9 août 1584).

On voit, d'après ces actes, que notre grand chirurgien ne laissa en monniit (1590), outre sa seconde femme Jacqueline Rousselet, qui lui sun'ëcut de dix ans, que trois enfants vivants, trois filles, et qu*il eut la douleur de ae ' ; pas avoir de postérité mâle : Catherine (première du nom), mariée, àtféi neuf ans, à François Rousselet, trésorier du duc d*Anjou; Anne^ Agée abis de vingt-cinq ans, et qui devait épouser Henry Simon, conseiller et tréserier du roi; enBn Catherine (deuxième du nom), âgée alors de neuf ans, et qn

Page 1