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C'est également eu entrant dans le détail des faits, e'eat-i-dîre en comparant les analTses pratiquées non pas sur l'ensemble d'un mois ou d'une année, naîi de jour en jour, d'heure en heure, que l'on voit le chiffre dea spores deaocniba à son minimum à la suite des chutes des pluies, véritables agents épuratom ds l'atmosphère, et remonter rapidement dans leurs intervalles.
11 importe enfin de noter le rapport des chîT&es des spores de l'atmosphire parisienne avec la rapidité des courants atmosphériques ; on croirait que le jumier eflet des vents est de dépouiller l'atmosphère uri>aîne des spores qui pai saient trouver leurs conditions d'entretien et de reproduction au voisinage de tons les foyers créés sur une vaste agglomération ; au contraire ces coûul* arrivent en général chargés des spores enlevée* aux territoires qu'ils vimMt de parcourir, spores dont le nombre va s'afltiblissant i mesure que ces coarants persistent dans la même direction, car le sol qui les a fourme* a Aé balajé, nettojé pour ainsi dire par le passage dea premières couches d'air déplacé.
Les germes aériens des bactéries sont, comme les spores des moisissara, soumis à des variations considérables; la méthode d'analyse adoptée par tËipà consiste à fractionner le; poussières atmosphériques et à les introduire dans da ; vates contenant des liquides fortement nutritifs. Le bouillon de hoenf dn^ 1 de 1 pour 100 de sel marin est le liquide qui a serri i déterminer, comneil suit, les moyennes mensuelles des bactéries atmosphériques :
PARIS. i39
MOTENIIBS ME1I8UELLK8 DBS BAClilUES RECOEILLIBS PAR N&TRB CUBB d'aIR
âU PARC DE HOIlTflOURlS
Moit. IttO. IMl. IMS. IMS.
Janvier 250 315 440 ilO
FéTTier 105 220 290 75
Mars 650 520 245 160
Avril 380 335 420 630
Mai 1370 560 280 405
Jain 270 645 150 620
JoiUet ..380 1330 300 1000
Août 330 780 560 940
Septembre 900 735 590 580
Octolm 985 800 160 430
Novenlnre 740 490 90 ?
Décembre 345 365 95 »
Moyennes annuelles 560 590 320
Ces moyennes, on le voit, sont loin d*étre égales ; si pour les deux premières sumëes (1880-1881) elles diffèrent fort peu, pour les deux dernières (1882- 1885) elles sont environ moitié plus faibles, sans que nous puissions en indiquer la raison.
Le même observateur a réuni dans un tableau, établi semaines par semaines i partir du 1«' janvier 1880, les rapports existant entre les moyennes hebdomadaires des semences aériennes de bactéries et Tensemble des moyennes météorologiques : pression, température, hygrométrie, hauteur de pluie recueillie, éleetricité, ozone, etc.
Des nombreuses données numériques ainsi réunies il résulte que les crues des bactéries atmosphériques ont généralement lieu sous le régime des hautes pressions; quoique cette règle ne soit pas absolue, elle souffre cependant d'assez rares exceptions.
La température est loin de provoquer des recrudescences aussi soudaines. Les fortes crues des microbes ont sans doute le plus souvent lieu en été ; mais il importe de noter que les chaleurs trop soutenues sont des causes très-sensibles d'af&iblissement du chiffre des germes.
Les maxima des bactéries correspondent presque toujours aux états hygrométriques fidbles : cette règle offre peu d'exemples contraires ; cela s'explique d'ailleurs fort bien quand on sait que le degré d'humidité est toujours très-grand pendant les pluies et durant l'époque oii les couches superficielles du sol sont imbibées d'eau, périodes oii l'air est toujours fort pauvre en bactéries.
L'électricité atmosphérique n'offre pas de relations bien visibles avec les crues et les décrues microbiennes; si les chiffres recueillis permettaient de hasarder une opinion, elle serait favorable à l'action de cet agent : plus l'air, en effet, est riche en ce fluide, et moins il paraît contenir de microbes.
n semblerait à priori que les crues des bactéries dussent coïncider avec les vents forts ou violents : l'observation ne démontre rien de semblable, et l'on constate très-fréquemment des maxima de germes aux époques où la vitesse du vent est très-faible (5 à 10 kilomètres à l'heure) et, par contre, des minima bien accusés dans des périodes hebdomadaires où la vitesse moyenne du vent atteint plus de 30 kilomètres à l'heure. La direction du vent a une action bien nette sur le nombre des microbes recueillis à Montsouris ; par exemple, sur une trentaine de maxima hebdomadaires de bactéries, supérieurs à 600 germes schizophytiens par mètre cube, observés du commencement de l'année 1880 à la fin de l'année 1883, on compte :
J(axin;a por les vents du noni-cst 14
— — du nord 4
— — du nord-ouei>i * 4
— d'ouest . 2
— — du sud-oue^l 5
Uasimuui — d'oi^t 1
soit au total 30 recrudescences, dont 22 ont été constatées pendant que le vent soufflait dans le secteur quart de cercle compris entre les directions nord-est et nord-ouest, et 8 seulement dans les ti'o|^ quarts restants de la rose des vents. On a, sans nul doute, fait déjà la remarque que la moitié des maxima s*est montrée par les vents du nord-est. Le poids de Tozone atmosphérique semble en relation avec le chiffre des germes aériens ; plus il y a d*ozone, moins il y a de microbes, sans doute en raison de la puissance de destruction des germes généralement attribuée à ce corps {voy. Miquel, in Annuaire de VObs. de Monttouris^ pour Tan 4883).
En résumé, quand la pression est élevée, le temps sec, Tétat hygrométrique faible, les veuts de provenance septentrionale, l'ozone peu abondant, le nombre des bactéries recueillies dans Tatmosphère parisienne se montre habituellement élevé ; ce chiffre diminue au contraire quand le baromètre est au-dessous de la normale, Tétat hygrométrique élevé, le temps humide et pluvieux, Tozone abondant, et que les vents soufflent du sud ou de l'ouest.
Devant ces résultats des patientes recherches de Hiquel, nous voudrions connaître, pour mieux en apprécier la valeur au point de vue de la salubrité de l'atmosphère parisienne, la composition de l'air en d'autres stations comparables à celle où il a opéré.
Il est certain que le nombre des microbes à Hontsouris est plus élevé que dans les hautes régions atmosphériques oi\ il finit par tomber à zéro (altitude de 2000 à 4000 mètres) ; mais les expériences comparatives nous manquent pour savoir si ce nombre dépasse celui que l'on rencontrerait à la hauteur identique à celle de Hontsouris et au voisinage de toute autre agglomération urbaine.
Ce qu'il importe de constater, c'est la diflérence considérable existant entre ces résultats et ceux des recherches ayant pour but la détermination du nombre des spores dans l'atmosphère plus intime de Paris, différence rendue évidente par la comparaison du tableau suivant à celui de la page précédente :
MOYEKNBS MENSUELLES DBS SPORES RECOLTEES PAR MÈTRE CUBE D*\1R k LA MAIRIE DD IV* ARRONDISSEMETÎT (rUE DE RIVOLl)
Uois. IMl. IMS. Itta.
anvier 3290 1120 1820
FéTrier 2310 1400 1950
Mars 5250 3920 2360
Avril 6790 5930 2150
Mai 7000 6790 1740
Juin . 10780 2100 1800
Juillet 9800 2940 4640
Août 6720 4970 S410
Septembre 6930 5880 3820
Octobre 7490 2760 3330
NoTembre 5460 208O
Décembre 3710 1330 i.
Noyeunes annuelles 6295 3435 »
La comparaison des moyennes saisonnières pendant l'année 1882-1885 résume plus nettement encore ces différences :
BACTiRIES PAR SAISONS (i882H8HZ)
Spores par mètre cube.
Saifons Xootsouris. Rae de Rivoli.
Aaloam^ • 113 1060
HiTer 113 SOlO
Princemps $50 1900
Élé » 3960
Quant tnx rapports de ces variations avec ceux des maladies ëpidëinîques, ils méritent la plus grande attention, mais sont loin d*étre encore nettement établis; l'augmentation du cbiiîre des microbes signalés en juillet et août 1882, au moment oti sévissait, à Paris, une épidémie de fièvre typhoïde spécialement intense, se retrouve à la mémeépoqne dans les années 1881 et 1883, qui cependant n*oni été marquées d*aucune épidémie de ce genre, et nous pahiit le simple Sût de réiévation habituelle du nombre des. bactéries atmosphériques pendant la saison chaude.
Noua considérons comme plus probants les diagrammes relatifs aux oscillation s ia, nombre des bactéries et du chiffre des maladies épidémiques pendant la . période pràoédente, 1880*1881.
. Pendant cette période, les recrudescences de bactéries atmosphériques ont\eir général précédé d'une semaine les aggravations de la mortalité, et Tesprit nato^^ niiement se laisse aller à la pensée qu'il y a plus qu'une simple coïncidence flotre cette augmentation du cliififre des microbes et les dates probables de ^ dâmt d'un nombre exceptionnellement considérable de maladies populaires.
Mais, avant de conclure à une relation réelle de cause à elTet, il est sage de se appeler que ces recrudescences de bactcrics n*ont pas uniquement correspoodo aux crues des chiffres de décès par maladies zymotiques, mais encore aux augmentations de mortalité par simple surcroît des affections inflammatoiret ou constitutionnelles. On voit combien de réserves s'imposent avant de^ pouvoir affirmer qu'il existe une relation étroite entre l'état sanitaire de Paris et- : le peuplement de son atmosphère par des organismes inférieurs.
Les inoculations, à des cobayes et à des lapins, des divers organismes recueillis par Miquel, non-seulement à Montsouris, mais encore dans les rues de Paris,dans l'atmosphère deségoutsel'dans les salles d'hôpital, ne lui ont fourni d'ail — leurs, en 1881, que des résultats négatifs ; si, en 1882, l'inoculation de micro-coccus recueillis à l'hôpital de la Pitié a donné lieu à des accidents d'infection purulente, aucun microbe n'a été rencontré qui ail paru susceptible de reproduire des maladies contagieuses déterminées.
Ëgoots. On peut dire que tout ce qui a été fait antérieurement au siècle actuel, en fait d*égouts parisiens, a été soit l'œuvre du hasard, soit la réalisa-^ tion d'expédients imposés par des cas de force majeure.
 l'origine, les eaux de pluie n'avaient aucun réceptacle spécial ni sur la rive droite, ni sur la rive gauche du fleuve : la Seine et la Bièvre au sud, la Seine « encore et le ruisseau de Hénilmontant au nord, recevaient les eaux pluviales, qui d'autre part s'écoulaient dans les fossés autour des murailles.
Ce ruisseau de Ménilmontant, dont le bassin est dessiné aujourd'hui par 1» légère dépression de terrain qui existe encore entre les boulevards intérieurs et U chaîne demi-circulaire de collines du nord et du nord-est; et qui suivait à ' peu près la direction des rues actuelles du (Ihâteau-d'Eau, des Petites-Écuries, Ricber, de Provence, coulait alors bien en dehors de la ville, et naturellement à >
ciel ouvert, comhie d'ailleurs tous les ruisseaux de Tintérieur même de la ville où Ton projetait les immondices.
C'est en 1370 seulement que Hugues Âubriot» prévôt de Paris, fit recouvrir une de ces rigoles infectes, affluents du ruisseau de Ménilmontant; quant an ruisseau lui-même, il ne fut voûté et ne reçut un radier en pierre qu*au commencement du dix-huitième siècle ; dès loi*s, il devint l'aboutissant des égoats secondaires et, jusqu*en 1830, il ne cessa de constituer le grand ^out collecteur qui, commençant rue Vieille-du-Temple et contournant le nord de Paris, entraînait toutes les eaux d'égout de la rive droite et allait se jeter en Seine au bas de Chaillot, situé alors au-dessous de Paris.
A cette époque, il n'existait dans Paris, suivant Dulaure, que 36 000 mitres d'égoutSy dont grand nombre encore n*étaient pas voûtés; en 1857, la construction du boulevard de Strasbourg, en supprimant l'extrémité de T^vt dn Ponceau, faisait disparaître le dernier de ces ruisseaux infects coulant à eiel ouvert.
Malheureusement, en 1830, lorsque les ingénieurs du serrice munieipal vou- Airent donner un grand développement à la construction des égouts, au lîea de diriger la pente de ces ouvrages au nord vers le collecteur de Ménilmontant» ib la dirigèrent vers la Seine, et, par cette pollution du fleuve, on fit renaître les inconvénients qu'on avait voulu détruire dans les siècles précédents.
A Belgrand revient le mérite d'avoir proposé et commencé le rétaMiiiwnent d'un système complet, en partie terminé aujourd'hui, basé sur l'établissement de collecteurs qui partagent la ville en plusieurs bassins, et comprenanl : 1* trois Collecteurs généraux (collecteur d'Amières eicollecteur du nord aor la rive droite de la Seine; collecteur de la Bièvre sur la rive gauche) ; S* m réseau d'affluents directs formant des Collecteurs secondaires^ auxquels aboutissent tous les autres égouts.
Belgrand a adopté, pour la construction de se système d'égouts, une série de types au nombre de 14, dont les trois premiers (section de 11"*,68 à 17",76) sont employés pour les collecteurs généraux; les six suivants (section de 4,05 i 9,22), pour les collecteurs secondaires, et les autres (1"*,63 à 3'°,00), pour les égouts de troisième ordre.
Belgrand estimait à 1040 kilomètres la longueur nécessaire, longueur prestjae atteinte, à la date actuelle, comme le démontrent les chiffres suivants :
La longueur des égouU public» au 1*' janvier 1SS3 était,
y compris la Bièrre, de 7S8,S15 inétref .
Celle des branchements de boucbes, de 45,202 —
Celle des brancbemenu de regards, de S9,t27 —
Les hranchemenis particuliers abonnés au curage mesuraient en outre 818,816 — I
Le total des galeries ft nettoyer par le senrioe municipal éuit ainsi de 1,021,460 métrés.
Ces égouts, ainsi que les a définis le directeur actuel des travaux de Paris,
ont pour objet de recueillir les eaux pluviales et ménagères, et de les condnirs
au-dessous de Paris, sur un point où l'abaissement du niveau de la Seine pemMt
de les recevoir même au moment des crues. On débarrasse ainsi la Seine, dans
la traversée de Paris, des eaux qui la souilleraient, si elles y étaient versées
directement, e^ on arrivera à mettre les parties basses de la ville à l'abri des
inondations quand le relèvement des quais sera terminé (Âlphand, Note sur la
sUuaticn des services des eaux et égouts. Paris, 1879).
Nous avons vu plus haut que cette pensée de mettre Paris à Tabri des inondations avait été pour Belgrand un des premiers motifs de l'entreprise de ces grands travaux.
Mais les égouts de Paris remplissent un rôle bien autrement considérable que celui que leur attribue la définition précédente. Non-seulement les collecteurs recueillent les eaux de pluie qui ont circulé sur la voie publique et dans les ruisseaux, les eaux de lavage et d'arrosement des chaussées, les eaux ménagtees des habitations privées, mais encore les^liquides des urinoirs, les matières liquides de vidange fournies par 22 000 tuyaux de chute, la totalité des déjeo tîons de certains établissements : Hôtel des Invalides, Collège Honge, chalets de nécessité nouvellement installés ; en outre, un certain nombre de matières solides, recueillies dans la rue, descendent à Tégout et suivent le torrent fangeux qui les amène au débouché des collecteurs. A Londres et dans toutes les villes dootles ^outs dérivent du système métropolitain anglais, les pluies, les boues et détritus divers de la voie sont éloignés, autant que possible, des égouts, qui sont desimpies tubes circulaires servant à peu près exclusivement à la vidange, tandis qui Paris la boue, le crottin de cheval et une partie des balayures sont poussés an ruisseau d*où ils accèdent aux égouts par de larges bouches.
Mais ce n'est pas tout, car, en outre, malgré leur rôle déjà si multiple comme agents d'évacuation, les égouts collecteurs de Paris constituent d'immenses ateliers de distribution d'eau, de transmission postale et télégraphique, etc., nécessitant la présence constante d'un personnel appartenant aux professions les plus diverses, et prennent ainsi un caractère d'une importance et d'une complété toutes particulières, qu'on ne retrouve dans aucune autre capitale.
D'après la manière dont elles sont pratiquement formées sur la voie publique, on conçoit quelle complexité de composiUon'doivent présenter les eaux d'égout ; elles contiennent, en moyenne, par mètre cube, à leur arrivée en Seine :
kil.
ÀMMM 0,015 ) - . .
àotrts matièrM Tolatiles on combostibles (orga- } *7^ ^ ^ -«. |
Biques en grande parUe) 0,678 I "** * ' * ^''^ l
kdàè photpborique 0.019 \ f Total «iiiitAL
Potuie . . ; 0,057 r «» mm
Chanx. 0.401 i ^ ' *
Sonde 0,065 ( ToUl par-
lagnéaie 0,012 { ti«l . . . S\185 /
Résidu insoluble dans les acides (silice spécisle-
menl) 0,7i8
■atiéres minérales diTerses 0,885
On voit tout de suite que, d'une part, ces eaux sont chargées en matières organiques et azotées et, par suite, susceptibles d'entrer en fermentation ; d'autre part, que les éléments utiles à l'agriculture se trouvent réunis, dans des proportions relatives assez analogues à celles que présente le fumier. Les deux tiers environ des matières contenues dans les eaux d'égout (1^,940 sur 2^,908) sont solides et formées, pour la majeure partie, de sables ou débris divers enlevés à la voie publique. Les matières dissoutes (0*^,968 sur 2^,908) comprennent la moitié de l'azote total des matières organiques et la presque totalité de la potasse.
Comme pour leur cube, des circonstances diverses peuvent influer sur la composition des eaux d'égout. C'est ainsi qu'à Paris, en Ï868, époque où le macadam était très-développé, mais où le balayage mécanique n'exîsUVVi^^V^VAV.^
d^ maUôres étrangères était de 3^^,077 au mètre cube. En 1872, après U substitution du pavage au macadam sur un grand nombre de voies, on tombe ài^,805. En 1875, 1876, 1877, avec le développement du balayage mécanique et de renvoi des boues aux ruisseaux, on retrouve des chiffres voisins de 3 kilogrammes.
L'extension actuelle du pavage en bois à un grand nombre de chaussées macadamisées aura, nous le verrons plus loin^ pour conséquence de ramener une diminution considérable de la proportion des matières lourdes, inorganiques.
Nous ne saurions, en cet article, décrire en détail les précautions instituées .pour assurer le curage,. ni indiquer le jeu des divers appareils : bateaux vannes, wagons à bascule, wagons vannes, wagonnets, rabots, balais, destinés à combattre les ensablements et remédier à Tinsuffisance des pentes et de Tirrigatîon.
Nous résumerons nos impressions sur Fensemble du système :
D'une part, en affirmant son caractère de grandeur et d'utilité multiple, éclatant surtout dans l'aménagement des collecteurs principaux |qui non-seulement remplissent le but initial de leur édification : écoulement des eaux pluviales et ménagères, mais qui en outre abritent et assurent, d'une manière remai*quable, la canalisation des eaux distribuées à toute la ville» la circulation souterraine des fils télégraphiques, des téléphones, celle des lettres dans leurs tubes pneumatiques, laissant ainsi derrière eux par leurs dimensions, la multiplicité de leurs organes et de leurs fonctions, les imitations qu'on a voulu en faire en tant d'autres grandes villes.
D'autre part, en reconnaissant un grand nombre d'imperfections de détail qui tiennent, pour une large part, à ce que les galeries d'égout qui existent maintenant n'ont pas été établies d'après un plan d'ensemble, mais par des travaux successifs, pour satisfaire aux besoins de chaque époque: de là des disproportions frappantes entre les sections du réseau.
Les principaux desiderata que nous avons constatés dans l'enquête de 1882, et que l'Administration de la ville s'est fait un devoir de signaler à l'attention de la Commission technique d'assainissement de Paris, dépendent des désaccords de niveau entre les diverses sections du réseau, de l'insuOisance de l'irrigation, de l'encombrement produit par les matières lourdes.
Tel branchement (celui, par exemple, qui suit la rue Bergère pour aboutir au collecteur du boulevard Sébastopol) est d'un niveau inférieur à celui du collecteur qui reÛue en ce branchement, y entraîne des immondices qui s'y déposent et y demeurent après le retrait des eaux.
La plus grande difficulté opposée au curage des égouts, c'est leur submersion continuelle ou très-fréquente par l'eau des collecteurs dans lesquels ik se jettent. Il y a ainsi 16800 mètres d'égouts souvent ou constamment noyés.
Parmi les branchements nouveaux, il en est qui, bien que construits en ces dernières années mêmes, offrent des dimensions exagérées relativement aux collecteurs où ils aboutissent; c'est qu'ils avaient été construits à l'origine en vue de recevoir des tinettes filtrantes pouvant s'enlever par le branchement lui-même. On comprend combien ces branchements doivent peu se prêter à une irrigation régulière. Ce ne sont pas seulement les imperfections de leur pente et de leur calibre qui s'opposent au lavage des égouts.
Telle galerie renferme à peme un filet d'eau, et les matières projetées restent
adhérentes aax parois, et ce n*est pas là un fait particulier. D'une manière générale, quand il n*y a pas dans la rue d'élablissements industriek» tels que bains, lavoirs, etc., le ▼olume d*eau qui coule dans Tégout est très-peu abondant; si des matières fécales y tombent, elles y demeurent à nu.
Dans telle autre galerie (par exemple : le branchement de la rue des Prouvaires), il n*y a pas d*eau du tout; pour laver ce branchement il faut y faire regorger le collecteur dont on inten'ompt momentanément le courant, au moyen de vannes, ce qui du reste constitue un des moyens prévus et systématiquement appliqués à nombre de branchements.
L'insuffisance de l'eau d'irrigation force, en effet à recourir au liquide même de Tégout pour le nettoyage de l'ensemble du réseau ; à cet effet, on retient le courant par des barrages.
Les chasses accomplies au moyen d'un pareil liquide donnent lieu à un dégagement de gaz qui peuvent être dangereux ; un exemple entre tous :
Pour nous montrer le jeu et la puissance de ces chasses, on ouvrit, au moment de la visite de la Commission technique d'assainissement de Paris, la vanne d'un réservoir placé dans le quartier Saint-Herry, et un torrent infect Tint se briser devant nous, occasionnant, par ses émanations, de véritables fludaises chez la plupart des assistants.
Quelques membres de la Conunission, et surtout grand nombre de publicistes, oQt estimé qu'il serait facile, au moyen de ressources toutes créées, de remédier à cet inconvénient.
On a parlé de 40 millions de mètres cultes d'eau gratuite provenant des pluies chaque année et qui apporteraient leur contingent au lavage des égouts. Mais d'abord, sans parler du notable déchet des eaux de [»luie par le fait de l'évaporation et de l'absorption par le sol, une partie des égouts ne reçoit jamais d'eau (duviale, notamment la partie qui est située en amont des bouches. D'autre part, on ne saurait faire état, pour le lavage des égouts, d*une ressource aléatoire dont on n'est pas maître et qui peut faire défaut au moment oîi l'égout a le plus besoin d'eau, v On n'assure pas un service public avec des éventualités. Si le lavage de l'égout est bien fait, il doit l'être d'une façon absolue, en tous temps, avec ou sans le secours de la pluie )> (Couche).
U faut donc demander l'eau propre nécessaire, soit à la Seine, soit à l'Ourcq. Uans l'état actuel, il nous paraîtrait suffisant de placer un réservoir en tête : 1* de tous les égouts élémentaires ayant moins de 0'",005 de pente; 2® de tous les collecteurs du premier degré ayant moins de 0'",0025 de pente; d'après les calculs des ingénieurs, il faudrait ainsi i055 réservoirs qui, à raison de 800 francs l'un, coûteraient 830 000 francs (Humblol).
Quant à l'encombrement de l'ensemble ou de certaines parties du réseau par les matières solides, il dépend des conditions de pente de l'égout et 4e la nature des matières projetées. La pente est très-variable suivant les sections du réseau; de 0'",25 à 1 mètre par kilomètre dans les collecteurs, elle devrait toujours être notablement plus considérable dans les petites galeries.
La pente de 0'",00i, qui est considérable pour un collecteur où l'eau a une grande profondeur, devient beaucoup trop faible pour un égout ne recevant que peu d'eau. U suffit en eOet, avec une pente semblable, d'un amas d'ordures projetées par une bouche d'cgout, pour occasionner une stagnation d'eau sur une grande longueur.
i56 PARIS.
de la marche des hommes dans les égouts : aussi, dans les nouTeanx égouts que l'on construit, ne dépasse-t-on pas la pente de 0*",03.
La nature des matières solides projeta a ici également une grande influence: des expériences ont prouvé que telle immondice d*un certain poids, comme un cadavre d*animal, mettrait dix-huit jours à se rendre d'une extrémité du réseau à la sortie des collecteurs, tandis que les matières légères, mélangées à Teau, peuvent (aire ce trajet en six heures.
On a tâché de prévenir ces inconvénients sur certains points, au mojen d'appareils destina à recueillir, avant leur chute dans le courant même de r^ut, les débris solides qui échappent à l'enlèvement des tombereaux et sont projetés dans les bouches; tel est le but de ces paniers de tôle ferciê de trous larges et multiples et qui, placés en arrière des bouches d'août du quartier des Halles, retiennent les débris de paille, légumes, etc., projetés l travers ces orifices.
Hais la grande difficulté du curage provient des sables qui se déposent dans la cuvette et dont la quantité est évaluée à 80 millions de mètres cubes par an (Humblot). Cette question, au point de vue de l'hygiène de Paris, est plus sérieuse qu'on ne le soupçonne tout d'abord. L'encombrement des égouts par le sable, c'est non-seulement le ralentissement, sous la voie publique, d'une masse d'eau infecte à évacuer rapidement, c'est la création de dépôts demisolides, imprégnés d*immondices et de détritus organiques de toutes sorfe% et constituant un excellent terrain de culture pour tous les germes morbides.
On sait au prix de quelles difficultés, dans la partie même des égouts pourvue d'eau, on arrive, au moyen de barrages, à provoquer des chasses répétées, de façon à entraîner les masses des sables au collecteur principal à partir duquel elles sont poussées, au moyen de vannes fixées à des chariots roulant sur nib ou adaptées à des bateaux.
En revanche, la pente de 0'',05 est trop forte au point de vue de la sûreté
Ces opérations ne suffisent pas encore pour amener jusqu'à la Seine tous ks sables projetés en égout. Dans les petites galeries à faible pente, les cbasseï n'ont pas assez de puissance et les rabots ne réussissent qu'à remuer le saMe sans en déterminer l'entrakiement. II devient alors nécessaire de l'extraire par les regards de l'égout. C'est une opération d'autant plus dispendieuse qu'elle doit être faite la nuit, afin de ne pas gêner la circulation et d'éviter que les passants soient incommodés par l'odeur infecte qui en résulte.
Dans les collecteurs eux-mêmes, on est obligé de faire des extractions de sable, les vannes qui y circulent n'ayant, en moyenne, qu'une vitesse de 50 mètres par heure, vitesse qui descend parfois au-dessous de 30 mètres (Humblot).
L'encombrement se produit parfois soudainement par le fait des orages quii d'une part, remplissent d'eau les collecteurs et les font refluer dans le réseaa, et, d'autre part, entraînent de la rue à Tégout une grande quantité de sables ; mail il survient surtout à la suite des crues de la Seine.
Ces crues pénètrent d'abord dans le collecteur Marceau et, par là, dans celai de la rive gauche, puis dans le collecteur d'Asnières. En suspendant les manœuvre! des bateaux, elles provoquent le dépôt des sables et même des vases.
C'est ainsi qu'à la fin d'une crue signalée par Humblot eu 1882 il y avait josgu'à la place de la Concorde de 0'',40 à 0'",50 de vase sur les banquettes du collecteur d'Asnières. Le cube des sables emmagasinés dans les grands
eollectear sel leurs principaux affluents 8*était ëlevé, du fait seul de cette crue, à 30,000 mètres cubes.
Il fallut deux mois et demi pour (aire disparaître cet encombrement, et une dépense supplémentaire de 85000 francs pour remettre les collecteurs dans leur état normal ; on y parvint en multipliant les voyages des bateaux-vannes à l'aval et eo fidsant des extractions à Tamont, prfts des places de TAlma et de la Concorde.
En somme, il y a là une double question : 1® question d'économie, car, d'après les hommes compétents, les irais de curage s'élèveraient à plus de 30 firancs par mètre cube de sable extrait (Tauthier, Rapport stir tappUcation in pavage en boù^ etc., 21 avril 1884) ; 2^ question d'hygiène, vu les inconvénients, au point de vue de la salubrité, du mélange de cette masse de sable aux immondices et détritus charriés ; on comprend dès lors tout l'intérêt qu'il y a pour lésants de Paris à réduire la proportion de sable qui peut y être prq^iée. Les articles S3 à S8 des résolutions votées par la Commission technique d'assainissement (voy. ci-dessous, p. 241) ont pour objet de faciliter le curage eotravé par les sables.
La Commission a dû renoncer, vu l'insuffisance du procédé, à en empêcher la pénétration, en les arrêtant dans le caniveau même de la rue, et en faisant donner des paniers aux cantonniers pour les détourner des bouches d'égout.
Cest par la modification des égouts eux-mêmes, par l'arrondissement de leurs angles, l'augmentation de leur pente, l'installation de réservoirs nouveaux pour nigmenter la puissance des chasses, de bassins pour la décantation des matières lourdes, que l'on espère désormais arriver à des résultats plus certains; dans ce même ordre d'idées, la Commission a voté la construction de portes de flot placées au débouché des collecteurs pour empêcher l'arrêt du courant des %outs et même leur refoulement par les crues de la Seine.
Hais les meilleures chances d'atténuation de cet encombrement des égouts résident dans la substitution actuelle du pavage en bois au macadam des principales chaussées d'où les balayeuses mécaniques projetaient àl'égout des quantités de sable considârables. L'augmentation de charges immédiates pour le badget de la ville sera, d'après le rapport précité de Vauthier, largement et n^dement compensée par la réduction des dépenses de curage.
Toutes ces améliorations sont-elles suffisantes pour que, à dater de leur application, on puisse considérer comme irréprochable désormais le réseau d'égout de la capitale?
n y a certainement plus à faire encore : car ce réseau, surtout lorsque ses coUectenrs, à peine suffisants aujourd'hui, auront à desservir toutes les galeries qui doivent le compléter, sera loin d'assurer également tout le drainage de Paris. Comme la Commission d'assainissement l'a reconnu dans l'article 29 de ses résolutions, il est nécessaire de créer sur la rive droite un troisième collecteur destiné à soulager les deux autres; création qui d'ailleurs figurait déjà dans les plans de Belgrand.
Ce n'est pas tout : les ingénieurs ont été toujours frappés de la difficulté d'amener, au débouché des collecteurs actuels, les eaux des quartiers les plus éloignés, qui sont en même temps très-bas, notamment ceux des XII* et Xni* arrondissements (Bercy, Salpêtrière), riverains de la Seine à son entrée à Paris. 11 y aurait donc intérêt à pouvoir évacuer directement ces eaux, en sens inverse de la Seine, vers les plaines situées au-dessus de Paris.
D'antre part, comme nous Tavons dit plus haut (p. 2il), on a compris la nécessité d'intercepter, par des collecteurs, les eaux industrielles projetées dans la Seine et la Marne en amont des vannes élévatoires de la ville et qui corrompent Teau montée par ces usines.
De là le projet de faire converger sur un point situé en amont de Paris, au confluent de la Seine et de la Marne, soit à Cliarenton, soit à Ivry, les collecteurs chargés des eaux des égouts des Xlh et XIII* arrondissements, et des eaux industrielles qui souillent la Seine depuis Ghoisy, et la Marne depuis Nogent, pour être de là dirigées sur des champs épurateurs. Tel est le plan actneilement soumis à Tadoption du Conseil municipal de Paris (10 octobre 1884) et dont la réalisation devra être rigoureusement surveillée, si Ton veut éviter la pollution du fleuve, en amont de la ville, par le voisinage de ces champs.
Il en est de même de certains autres quartiers bas, comme celui de Grenelle, dont il importerait, au même titre, de soustraire les eaux d'égout au grand réseau actuel, en les dirigeant sur un collecteur départemental.
Épuration et utilisation des eaux d'égoiU. Cette question va prendre une importance nouvelle par Tapplication, enfin décidée, des ordonnances qui interdisent la pollution de la Seine. On sait qu'après avoir abandonné tous les procédés chimiques de désinfection reconnus insuffisants et ne produisant qu'on engrais le plus souvent sans valeur, les ingénieurs de la ville appliquèrent i Clichy d'abord (1867), puis à Gennevilliers (1869), la culture à l'eau d'août. Interrompus par la guerre de 1870-1871, les travaux ont été repris en 1872.
« L'essai a grandi et est devenu un service régulier. La surface irriguée s'est étendue; des machines puissantes ont été installées; 1100 chevaux de force existent à l'usine de Clichy. En 1880, on a versé plus de 15 millions de mëtrei cubes sur la plaine de Gennevilliers ; 50 kilomètres de conduite en béton moulé les distribuent en de nombreuses parcelles.
« En 1872, l'irrigation était appliquée à 51 hectares, en 1874 à 88, en 1875 à 115, en 1876 à 140, en 1877 à 296, en 1878 à 557, en 1879 à 580, et à l'heure actuelle (1882) le périmètre irrigué est de 520 hectares et le cube consommé de 18 à 20 millions environ de mètres cubes; mais cela ne suffit pas, puisque Paris verse par an à peu près 100 millions de mètres cubes d'eau d'égout.
« Or, à 50000 mètres cubes par hectare, il faut environ 2000 hectares pour épurer ces eaux » (Proust).
Gennevilliers peut fournir 600 à 800 hectares environ : restaient donc environ 1400 hectares à trouver. La ville de Paris, à la suite des indications qui loi ont été données par la Commission d'assainissement de la Seine de 1874, s'est arrêtée, il y a plusieurs années déjà, aux terrains d'Achères, situés dans h presqu'île de Saint-Germain, véritable désert formé de tirés et de fermes doma* niales établies sur un terrain pauvre; aucune trace d'habitation, aucun abii n'existe sur cette vaste étet)due, qui, avec les derniers massifs bas de la forél, forme un ensemble de plus de 1400 hectares. Ce vaste domaine vient eofia d'être mis à la disposition de la ville de Paris. Avec les irrigations actuelles de Gennevilliers et avec la mise en service de cette surface, l'assainissement de la Seine parait devoir être assuré, sinon totalement, conmie l'admet la commissioD d'enquête, au moins pour une large part. Pour compléter l'entreprise, il faudra que la conduite maîtresse qui amènera les eaux en ce point, et qui naturellemeol sera fermée ei couverte, soit tracée de manière à être au besoin continuée en
iiescendant It vallée de la Seine et à poursuivre sa route en créant Tutilisation agricole des eaux d*égout sur de vastes surfaces bien plus éloignées encore de Paris (Schlœsinget Durand-Claje). La même extension ne saurait, suivant nous, être donnée sans inconvénient, en amont de Paris, sur les terrains aflermésà TAssis-» tance publique. Nous en avons dit plus haut la raison.
Quûit aux dangers de propagation des maladies contagieuses, ils nous paraissent, comme à Schloesing et Bérai'd, plus considérables par la projection des eanx d*égout dans la Seine que par leur concentration sur un champ d'épuration.
Nous estimons que les protestations élevées en quelques points du département de Seine-et-Oise, spécialement à Saint-Germain, ne sauraient prévaloir contre les excellents résultats obtenus à Gennevilliers, au point de vue de la calture et de i*épuration de l'eau, à la condition, bien entendu, de se conformer à larticle 52 des conclusions votées par la Commission technique d'assainissement [toy- ci-dessous), et de ne pas augmenter, par le système du tout à Végout^ le degré actuel d*in(ection excrémentitielle des eaux d'égout. C^est là pour nous une condition absolue de lextension de ce mode d'épuration.
YiDAKGBS. Les détritus engendrés par le fait de l'agglomération parisienne peuvent, suivant Durand-Ciaye, être rangés en trois groupes principaux :
1* Matières de vidange qui, pour la population actuelle d'environ 2300000 habitants, et à raison de i^,30 par tête, peuvent représenter, en chiflres ronds, une masse quotidienne de 3000 mètres cubes.
2* Ordures solides comprenant les débris de toute sorte, ramassés sur la Toie publique, et en particulier les ordures ménagères livrées chaque matin aux tombereaux de Téboueur, puis les poussières, les neiges, les boues, les crottins des chevaux, etc., etc. ; on peut, d'après Durand-Claye, estimer la masse totale de ce résidu solide à 1200 ou 1500 mètres cubes par jour.
3* Ordures liquides constituées par les eaux ménagères, les eaux des ruisseaux, qu'elles proviennent, avant leur souillure, des pluies ou des apports faits à la ville par l'administration des eaux.
L'évacuation de ces détritus constitue un problème dont la solution, cherchée de longue date, soulève actuellement l'une des plus vives préoccupations de tous ceux qui s'intéressent à la salubrité de Paris; solution dont la difficulté, accusée par la divergence des opinions les plus autorisées, croit chaque jour ivec une rapidité parallèle à l'intensité actuelle du mouvement d'accroissement de la population parisienne.
C'est surtout, on le comprend, la vidange des matières fécales, qu'il importe d'assurer dans les meilleures conditions. Avant d'entrer dans le détail des faits qui s'y rapportent, je tiens à mettre sous les yeux du lecteur l'exposé des résolutions votées par la Commission technique de l'assainissement de Paris, résolutions auxquelles nous avons déjà plusieurs fois renvoyé le lecteur, mais dont, ^ propos de la question des vidanges nous aurons plus spécialement à évoquer les motifs et l'opportunité.
COMMISSION TECHNIQUE D*ASSAINISSEMENT DE PARIS Réêolutions votée$ le ^^ juillet 1883.
TiTRi PRimER. — Cabinets d'aitance.
*' Atiiele premier, — Dans toate maison, il devra y avoir un cabinet d'aisances par logement Ce csbinet pourra, à la rigueur, êlre placé en dehors du logement, pourvu qu'il soit ^ au mèoie étage.
: . Art. 2. — Tout cabinet d'aisance devra être alimenté, soit à l'aide de réservoirs, soit par
â40 PARIS.
une conduite ou par tout autre moyen, d'une quantité d*eau suffisante pour assnrer ua débit minimum de 10 litres par personne et par jour.
Art. 3. — Tout cabinet d^aisances devra être muni d'un siphon obtnnteur aa-deasous de la cuvette.
TiTSB II. — Eaux ménagtreê §i plwnaleê.
Art, 4. — Il sera placé Une occlusion sypholde, à l'origine des tuyani d'évacitatioa des eaux ménagères.
Art, 5. — Les descentes des eaux pluviales doivent toujours être munies d'interoepteors» enqpèchant toute communication directe avec l'égout.
Titre. III. — Tu^foux de chute.
Art, 6. — Chaque tuyau de chute et chaque conduite des eaux ménagères doit se praloQger su-dessus du toit, afin que la ventilation en soit active et permanente.
Art, 7. — Il est désirable que les tuyaux de chute, prolongés au-dessus du toit, ainti qu'il vient d'être dit, soient lavés à l'aide de réservoirs placés au dernier étage des eafataeCs et faisant des chasses intermittentes et automatiques.
Art, 8. — Afin d'assurer une interception hermétique et permanente entre l'égout et la maison, les tuyaux d'évacuation seront munis d'un appareil sipholde obturateur à lev extrémité inférieure ayant leur débouché dans l'égout public.
Art, 9. — Les tuyaux d'évacuation seront étanches, en fonte ou grès vernissé, et prolongés dans le branchement jusqu'à l'égout public.
TmiB lY. — Foêteê fxe$.
Art. iO. — Il est nécessaire de poursuivre la suppression du système des fosses fiiM. Ea conséquence, des fosses fixes nouvelles ne seront établies que dans les cas à déterminer psr l'Administration où l'absence d'égout, les dispositions de l'égout existant ou llnsuffisanoe de l'eau, etc., ne permettraient pas l'écoulement direct soit à l'égout, soit dans une enaattsation spéciale.
Art. ii. — Une cuvette à pans inclinés devra être creusée dans le radier dekteie, audessous de l'ouverture d'extraction, pour rendra le travail de ncbévement plos flKile et plus rapide.
Art. 12. — Dans les fosses fixes exbtant actuellement, la ventilation devra se tare à li fois par un tuyau d'évent et par le tuyau ouvert à sa partie supérieure et prolongé an-daa» du toit.
Art. 13. — II est nécessaire d'assurer, par un personnel suffisant, une surveillance pios complète de l'étanchéité des fosses et des opérations de vidange. •
Art. 14. ~ Les opérations de vidange ne doivent être autorisées qu'à l'aide des appanfli le plus perfectionnés, notamment de ceux qui comportent le vide fait dans les tonnes tm désinfection des gaz. !
TrrRE Y. — Foêtes mobiles, j
Art. 15. — Les fosses mobiles, dont le débordement est inévitable, doivent êtra supprimées dans le plus bref délai, partout où cela sera possible.
Art, 16. ~ Il y a lieu de faire une exception temporaira en faveur des récipients aice garnitures sèches et absorbantes, qui rendent de grands services, principalement dsns ki maisons sans étages et au rez-de-chaussée, quand leur renouvellement est assuré psr ni service régulier.
Tiras YI. — Appareilê êéparateurt ou dilueurt.
Art. 17. — Les appareils dits séparateura ou dilueurs ne sont qu'un mode impiM d'écoulement i l'égout.
Art. 18. — Les modèles employés dans les appareils séparateura ou dilueura en senks doivent rendre impossible tout déboi*dement dans le caveau et assurer Técoulement dkscl du trop-plein à l'égout. Ils ne pourront fonctionner que dans les maisons largement poa^ vues d'eaux.
Art. 19. — Les eaux pluviales et ménagères devront, autant que possible, se dévW dans l'appareil séparateur ou dilueur.
Titre. Yll. — ÉcotUemeitt des matièreêjle vidange aux égautê.
Art, 20. — L'écoulement total des matières excrémentitielles à l'égout peut être autofiift dans les égouts largement et constamment alimentés en eau courante , ne laissant pv = s'accumuler de sables, et dans lesquels les matières seront entraînées sans repos Jusqa'M j débouché des coUecteura. '
Ari. 21. — U peut être autorisé également dans les égouts moins abondamment pourfss
(l'eaa que les précédents, mais ayant la pente et Teau nécessaires à réeoulement des matières, la condition qu'il soit procédé dans ces égouts aux travaux et au mode de curage indiqués dams les artides à et suivants.
Àri, fL — Dans les égouts ne satisfaisant pas aux conditions spéciûées aux articles 20 oa21, ou dans lesquels le reflux des collecteurs peut arrêter l'écoulement, l'émission des matières excrémentitielles pourra se faire dans des tuyaux étanches, placés dans les galeries el prolongés jusqu'à des égouts remplissant les conditions susénoncées.
Tnas VflL — Emiretien et curage de$ igouU.
ÈrL 35. — Il y a lieu d'établir des cuvettes à rails sur 7600 mètres d'anciens égouts» raoerant actuellement beaucoup de sable.
kvL 24. — Les angles de tous les radiers des égouts doivent être arrondis.
kri. 35. — Il y a lieu d'augmenter les dimensions ou d'opérer la transformation de vieux (goots sur une longueur de 10 000 mètres environ. La pente de leur radier sera augmentée tor 9 kilomètres.
iai. 36. — Pour assurer le lavage des égouts, indépendamment de Técoulement des eaux «neoées par les bouches et de celles qui proviennent des habitations, il sera établi un systène de chasses, produites par des réservoirs d'eau, contenant 10 mètres cubes, placés en télé de chaque égout et le long de ces égouts, i des distances maxima de 250 mètres.
Ces réservoirs se videront instantanément une ou deux fois par vingt-quolre heures.
Des équipes d'ouvriers suivront le mouvement des eaux de la chasse pour faire circuler les matières qui n'auraient pas été entraînées et seraient restées attachées aux parois des cgoots.
U longueur des égouts dans lesquels ce mode de curage par chasse peut être employé est d'environ 424 kilomètres.
irf. 37. — Il sera établi dans les collecteurs' un certain nombre de bassins i sable (15 au oaximum), de telle sorte que les bateaux ou wagons-vannes assurent l'enlèvement des nalières dans un délai de vingt-quatre heures.
hi. 38. — Il sera établi des réervoirs mobiles au-dessous des bouches d'égout des voies cmpieiiècs on autres, déversant dans les égouts des sables, des fumiers ou autres corps kmjrds. Le nombre de ces réservoirs est estimé à 2000.
AH. 39. — Le système central des collecteurs sera complété en vue de soulager les collecteors des Coteaux et de Glichy et de pourvoir à un débit de 400 000 mèti*es cubes par vingtgoitre heures.
AH» 30. — Les eaux des parties basses de Grenelle, de Bercy et du 13' arrondissement 4e Paris, serout envoyées dans les collecteurs.
Ari. M. — U sera établi au débouché du collecteur à Clichy dSs portes de flot et des btrrages mobiles pour empêcher le reflux des eaux de la Seine en temps de crue. L'écoulé- ■Mnt des eaux du collecteur sera alors assuré en modifiant les machines élévatoires à Clichy pour qu'elles relèvent et rejettent ces eaux dans la Seine jusqu'à concurrence de 6W 000 mètres cubes par vingt-quatre heui^es.
TmiE IX. — Épuration des eaux d'égout.
Ah. 33. — Les eaux d'égout de la ville de Paris, prises dans leur état actuel, c'est-à-dire CMieBant une forte proportion de matières excrémentitielles, peuvent être soumises au procédé d'épuration par le sol, sans danger pour la santé publique.
Art. 33. — Il y a lieu de demander au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour interdire la projection des eaux impures dans les cours de la Seiue et de la Marne, ^ans la traversée des deux départements de la Seine et de Seine-et-Oise.
AH. 34. — 11 sera fait immédiatement une étude pour l'épuration des eaux des collecteurs <lêpartementaux de la Seine et des égouts de Paris qui leur seront rattachés par des irriga- Coin dans les plaines bordant le fleuve en amont de Paris.
D faat bien le reconnaître» la vidange, à Paris [s'effectue encore d'une façon bien primitive, ropération consistant, pour la majorité des cas, dans leulèvetnent direct de ces matières pour les transporter dans les voiries.
Delà des inconvénients multiples : 1^ dans la maison même; S*" dans la rue ; 3^ dans le voisinage de la ville infecté par ces immondes dépôts. Ces inconvélûents datent de loin.
Des lettres patentes de Louis XII, du 21 janvier 1510, des arrêts du Parlcinent et de nombreux édita imposèrent successivement aux proçrlvlUvvv^^
MCT. ne. 1* j. XXL \6
d^immeubles rinstallation de locaux sp^iaux» pour recevoir dans la maisor même les matières excrémentilielles ; mais les premières mesures rigoureuses prescrites à cet égard le fureat par le préfet de police la Reynie qui» pai ordonnance en date du 24 septembre 1668, « enjoint à tous propriétaires des maisons de la ville et des faubourgs de faire des foyers et latrines autant qu*fl en serait nécessaire, eu égard à l'étendue et grandeur d'icelles » ; cette ordonnance, entre autres indications sur la manière dont les fosses devront être construites, oblige à a faire des ventouses qui seront conduites jusqu'au-dessus des combles des maisons où elles seront faites. »
Comme bien Ton pense* il ne pouvait encore entrer dans la pensée des édiles de préserver le sous-sol contre un pareil voisinage.
Ce dont on se préoccupait surtout alors, et certes il y avait de quoi, c'était Tinfection entraînée dans la maison par les dispositions vicieuses des cabinets d'aisance et dont on trouve malheureusement encore tant d'exemples. Aussi h Commission technique d'assainissement s*est-elle trouvée avoir tout d'abord à lutter contre l'infection de nos lieux communs, en raison de leur promiscuité eo tant de maisons, et de la pénurie d'eau de lavage, et a-t-elle tout d*abord, dam les résolutions que nous venons de reproduire, posé le principe salutaire do cabinet spécial à chaque logement, exigé l'emploi de l'eau à la dose suffisante pour entraîner toutes les matières et démontré les défectuosités des tuyaux de chute qui conduisent les matières jusqu'au récipient commun, fosse ou éjgout. Trop souvent ces tuyaux sont peu ou point lavés; leur diamètre est exagéra; ils ne communiquent pas avec l'atmosphère et renferment une masse d'air infect, qui rentre dans les appailements par les sièges des cabinets, les pierrei d'évier, les plombs, etc. Les articles 6 à 9 {voy. p. 240) indiquent les prio- (ipaux remèdes à opposer à ces dangereuses imperfections.
Quant aux fosses elles-mêmes, il y a certainement, à notre époque, quelques progrès sur le passé '^ à ces fosses anciennes, aux parois perméables, infectant les puits qui étaient autrefois Tunique source d'eau potable, on a substitué des récipients aussi étanches que possible, avec usage de l'eau pour diluer les déjections, double amélioration incontestable, mais presque compensée malheureusement par un double inconvénient : réplétion plus rapide des fosses, augmentation considérable de la masse des déjections à évacuer.
En somme, les fosses ûxes actuelles constituent encore autant de petits dépotoirs, spécialement dangereux en une grande ville où l'accroissement queti* dieu de la population en des maisons très-élevées et très-peuplées en augmeote parallèlement le nombre et le contenu.
Ne sait-on pas d'ailleurs combien est illusoire la prétendue étandiéité es
parois de ces fosses, combien il est difficile de les protéger contre les fissnw
dues au tassement du sol, quelquefois même contre les ouvertures intentioB- ;
iiellement pratiquées par les propriétaires pour laisser passer les liquides et ^
économiser les frais de vidange, d'où augmentation des dangers pour les bal»- r
tants de l'immeuble, pollution des sous-sol, de l'eau des puits, etc.? ^
C'est pour parer à ces inconvénients que, dès 1855, une commission admi- ,
nistrative, reconnue par le Préfet de police, proposait l'emploi d'appareils sép- j
rateurs des solides et des liquides, avec faculté de rejet de ces dernières, afA 1
épuration, sur la voie publique. '
Après de nombreuses hésitations et une application momentanée de 185Si ^
i8o4, cette proposition devint le point de départ d'une autorisation accordée, ^
en 1867» aux propriétaires de maisons bordant la voie publique, dVcouler directement les eaux vannes de leurs fosses d'aisance non plus sur la rue, mais dans les égonts de la tille. L'arrêté du 2 juillet 1867» pris à cet effet par le Préfet du département de la Seine, est encore en vigueur.
Les règlements administratifs exigent, d*autre part, et au point de vue de rimmeuble intéressé c*est un avantage, l'établissement de tuyaux d'évent parlant du sommet de la fosse, s'élevant au delà du faite des maisons et destinés à diminuer Tinfection de cette fosse : nuds n'en résulte-t^il pas la formation, à la sarùce des toits, de foyers d'infection aérienne dangereux, pendant les périodes de calme atmosphérique, pour les quartiers au-dessus desquels ils stagnent, et, en cas de translation par les courants aériens, venant heurter en pleine façade ks maisons situées sur les altitudes avoisinantesî
Au moment des vidanges, la rue a malheureusement sa part du redoublement d*iolection subie par la maison elle-même durant cette opération, source nonleolement d'odeurs nauséabondes, mais d*encombrement de la voie et de iapage ■ectnme.
Ici également on a cherché à réduire les inconvénients de ces manœuvres par rédiction d'un certain nombre de mesures :
Désinfection préalable des fosses par les produits cliimiques; emploi de psBpes aspirantes et foulantes; fixation des heures de jour et de nuit pendant lesquelles la vidange peut être effectuée; interdiction de toute projection de ■aîières» soit sur la voie publique, soit à l'égout; obligation d'employer des tonaes éianches ne laissant écliapper ni liquides, ni gaz infects; fixation des itinénires, etc.
Les tonnes métalliques une fois pleines sont aujourd'hui autorisées à verser leor contenu dans des bateaux-citernes, complètement étanches, en station Boetume sur divers points de la Seine (pont de l'Aima et quai Saint-Bernard), QD du canal Saint-Martin (quai Jemmapes) ; ce qui évite le transport des tonnes pleines jusqu'aux dépotoirs ou usines placées hors de Paris.
Autant de mesures rationnelles dont la stricte application exige une surveilhoce difficile, souvent impuissante, comme le démontrent trop souvent les graves accidents entraînés par leur négligence, et spécialement par la projection frauduleuse à l'égout des matières de vidange ; dans son rapport à la Commission ëe 1882, Dubreuil a fait ressortir riusufiisance numérique du personnel administratif chargé de cette surveillance.
On arrêté du préfet de la Seine, du 5 juin 1878, est venu en outre obliger Je fidangeur à brûler les gaz qui se dégagent, pendant l'opération de la vidange, soit des pompes d'extraction, soit du récipient; malheureusement tous les procédés essayés dans ce but ont l'inconvénient d'exiger l'emploi de machines à vapeur ou de foyers encombrant la voie publique, et créant une cause de danger pour la circulation des voitures, les appareils nécessaires ne pouvant se placer dans les petites cours et les corridors de la plupart des maisons de Paris.
La situation n'est pas plus favorable en ce qui concerne les voiries dont la note suivante, empruntée à la direction des travaux de Paris, résume l'historique et les conditions actuelles :
i II existait au douzième siècle, à Paris, un certain nombre de voiries dans les faubourgs Saint-Marcel, Saint-Germain et Montfaucon. En 1781, elles furent toutes supprimées, sauf celles de Montfaucon. Les maliètes t<^\^
y étaient reçues dans d'immenses réservoirs où s'opérait la séparation des solides et des liquides; ces derniers s'écoulaient par un égout dans la Seine au-dessus du pont d'Austerlitz, ou s*inQltraient dans les puits des quartiers traversés, dont ils contaminaient les eaux. Les matières pâteuses étaient desséchées à Tair et livrées ensuite à Tagriculture au bout de quatre ou cinq ans.
Les inconvénients de ces procédés, la puanteur qu*exhalait Hontfaucon et qui se répandait dans les quartiers avoisinants, firent renoncer à ce dépôt, et en 1817 la ville de Paris fut autorisée à disposer de 50 hectares de la forêt de Bondy pour y transporter la voirie. Ou créa plus tard, au moment oh Montfaucofi fut définitivement supprimé, le dépotoir de La Villette, dans lequel les matières sont apportées et refoulées par une conduite forcée placée le long du canal de rOurcq, qui réunit le dépotoir à la voirie de Bondy.
Les solides sont transportés directement dans les vases clos qui les contiennent sur des bateaux suivant la voie du canal.
Les premiers procédés d'exploitation employés à Bondy étaient à peu près ceux de Hontfaucon. Les matières reçues de Paris étalent emmagasinées dans d'immenses bassins où elles se décantaient. Les liquides étaient rejetés dans la Seine près de Saint*Denis. Lorsque la couche solide était assez épaisse, c'està-dire après trois ou quatie ans en général, on vidait les bassins et on plaçait les matières solides dans un séclioir pour les conveitir en poudrette.
En procédant ainsi dans tous les bassins, on perdait, par l'écoulement des liquides à la Seine, une grande partie des matières fertilisantes, et par Tévaporatioa et la fermentation on faisait disparaître les principes ammoniacaux qui, au lieu d'être utilisés, empestaient les localités voisines. Enfin, on avait en permanence, dans les bassins, un stock considérable, qui formait un foyer d'infection et qui, aujourd'hui encore, n*est qu'une cause d'embarras pour l'administration municipale qui, depuis 1872, n'a plus trouvé de fermiers pour l'exploiter. Aussi l'existence de la voirie de Bondy a-t-elle donné lieu de toat temps aux réclamations les plus vives et les mieux fondées de la part des habitants des localités voisines, pour lesquels cet établissement est une véritable calamité. »
Cet état de choses ne s'est malheureusement amélioré qu'en ces demien temps, plusieurs industriels ayant cherché à utiliser le stock de matières dont regorgent les bassins de Bondy.
Ce qu'il y a de plus fôcheux, c'est que cet abandon prolongé a été l'oripoe de l'édification, par des sociétés particulières, d'un nombre considérable d'usines ayant pour objet principal la fabrication sur une grande échelle du suUMe d'ammoniaque. Il s'est ainsi constitué autour de Paris un cercle de dépôts de vidange, à peu près égalemeut répartis au nord, au sud, à l'est, à l'ouest, d'oi cette aggravation pour la ville qu'elle est exposée à leurs émanations de quelqae point que soufûe le vent, tandis que lors du fonctionnement unique de la viÂrie de Bondy les vents du nord, rares à Paris, amenaient seuls les mêmes inooovénients.
Dans son rapport à la Commission d'assainissement, Marié-Davy constaiut que, en 1882, le chiflre de ces dépôts autour de Paris, outre le dépotoir de U Villette et la voirie de Bondy, s'élevait à 21.
De ces 21 dépôts, 9 alimentaient des usines autorisées à distiller les eiiii vannes et à les transformer, par cettie distillation, en sulfate d'anunoniaque;
PARIS. i45
dans 6 de ces usines» les matières solides sont traitées en outre par la dessiccation àcfaând.
Or, les oonditions essentielles pour que Teminagasinage des matières ne donne lieu k aucune émanation incommode ou même dangereuse sont, en gàiëral, absolument négligées dans ces usines, les réservoirs laissant échapper, & tra^rs les planches mal jointes de leur toiture ou les baies librement ouvertes de kurs parois, des gai infects dont l'expansion au dehors atteint son maximum dans les cas de dépression atmosphérique.
D*aotre pari, si la distillation des eaux vannes a été, dans les usines principales, Tobjet d'améliorations sérieuses ayant surtout pour but d'assurer la combustion, dans un foyer spécial du gaz mis en liberté par la saturation, ces améliorations sont! peine en voie de réalisation dans les usines de moindre importance, notamment en celles qui récemment se sont installées à Bondy même, et dans les* quelles on pratiquait récemment encore, à Voir librt^ la saturation par l'acide solfurique des produits distillés, sans aucun souci de la destruction des gaz mis en liberté.
Quant à la troisième phase du travail, celle qui consiste dans la dessiccation des matières pâteuses, elle n'a, on peut le dire, été l'objet d'aucune amélioralioo. Quelques essais, à la vérité, ont été commencés dans le but de modifier Tiiicienue manière de faire, mais ces essais n ont eu aucune importance sérieuse; et aujourd'hui encore, comme il y a deux ans, c'est dans des séchoirs clos le (dos souvent au moyen de couvercles en bois mal jointifs, quelquefois simplemeai recouverts de tuiles et non plafonnés, c'est, en un mot, dans des capacités ouvertes sur lesquelles tout appel serait fictif, que la dessiccation a lieu. Aussi Toit-on, de ces séchoirs, se dégager des odeurs repoussantes, nauséabondes, qui, ao premier chef, doivent être comptées au nombre des incommodités graves dont le traitement actuel des matières de vidange détermine la production (Aimé Girard).
En résume, le système des fosses fixes et ses conséquences, au point de vue da transport et de la manipulation des matières excrémentitielles, constituent, en lear mode actuel, un procédé barbare, indigne d'un pays civilisé, et de plus offrant, dans une grande ville, son maximum d'inconvénients au point de vue de la salubrité de la maison et de l'hygiène générale de la cité.
Une partie des inconvénients des fosses fixes a été conjurée dans un certain nombre d'immeubles par l'établissement de fosses mobiles permettant en général l'extraction, sans grande incommodité pour le voisinage, des matières renfermées en des récipients hermétiquement clos ; malheureusement ce système, peu favonide à l'usage de l'eau dans les cabinets, vu la rapidité de la réplélion de ces récipients, occasionne fréquemment des débordements qui en détruisent le bénéfice local, et, d'autre part, il entraine le maintien et le fonctionnement des dépotoirs ila périphérie de la ville.
Ce qui répond le plus à l'aspiration de l'hygiène, c'est la suppression de Umte retenue locale sous la maison de matières excrémentitielles, et la soustraction immédiate de ces produits par des voies autant que possible sans communication avec l'atmosphère de la maison et de la rue.
Deux systèmes, répondant plus ou moins exactement à ce double but, ont été mis en présence au cours des travaux de la Commission technique d assaûiissèment : d'une part, projection totale à l'égout des matières de vidange, conformément à ce qui se pratique en plusieurs villes étrangères; de l'autre, écoule-
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ment de ces matières par une canaiisalion spéciale, herméliquement close, absolument étanche, où l'entraînement des produits serait facilité aussi bien par la pente des conduites ou par des chasses que par Taspiration pneumatique.
Un des arguments principaux formulés à Fappui du système du tout à Fégout^ e*est qu'aujourd'hui déjà les égouts de Paris renfermeraient la plus grande partie des matières excrémentitielles de la population. Marié-DaTy, Durand- Glaye, estiment qu'actuellement les matières extraites des fosses fixes ne repré* sentent guère que le tiers ou le quart de la totalité des produits de la population, et que dès lors l'addition de ces matières n'occasionnerait pas, en la composition de ces eaux, un changement aussi radical qu'on l'a prétendu. Suivant les recherches de Durand-Claye, cette addition poilerait le titre du mètre cube d'eau d'égout, en azote, de 0^*,051 à 0^(^,073; Harié-Da^y, qui a pris pour base le dosage des phosphates neutres, arrive à un résultat analogue.
Il est difficile d'accepter ces chiffres sans être au préalable assuré que l'aiote et les phosphates renfermés, tant dans les eaux ménagères, si riches eUes aussi en azote, que dans les eaux industrielles et les eaux de lavage de la voie publique, ne contribuent point dès aujourd'hui, pour une certaine part, à augmenter la quantité de ces principes dans les eaux d'égout analysées par ces savants observateurs.
N'avons-nous pas, d'autre part, vu plus haut formuler à l'égard des foaaei fixes le reproche de leur non-étanchéilé, c'est-à-dire l'impossibilité d'estimery d'après ce qu'on leur enlève la quantité réelle des matières qu'elles reçoivent? Aussi des contradictions fort sérieuses ont-elles été formulées. Suivant Combe, les égouts, tels qu'ils fonctionnent actuellement, ne reçoivent peut-être pas le cinquième des matières excrémentitielles de la population, et nous avoaon pencher vers cette manière de voir, en raison du nombre en somme encore restreint d'habitants dont les latrines se vident à l'égout, soit directement, soit par l'intermédiaire de tinettes filtrantes.
Un autre ingénieur de la ville, d'une compétence également spéciale, plli^ qu*il a dans ses attributions la surveillance du service des égouts de Paris, a formulé, lui aussi, les réserves les plus formelles sur l'application immédiate de ce système; sans parler des petits égouts qui n*ont pas d'eau et qui se transformeront en fosses d'aisance, si l'on y jette les vidanges, il se demande avec inquiétude ce que deviendrait, dans les galeries plus considérables, l'io* fection de ces chasses d'eau qui déjà donnent lieu à des dégagements de gai i peine supportables, le jour où la totalité des matières fécales viendrait s^ décomposer (Humblot).
Les retenues derrière les vannes seraient désormais sans doute impossibleii et comment suppléer alors aux chasses indispensables au nettoyage dei égouts î Quelle sera l'influence des matières fécales sur l'infection des sabbl que l'on est obligé d'extraire des égouts, surtout quand, par suite de quelqiB crue de la Seine, ces matières se seront accumulées dans les collecteurs et leon affluents, en raison de l'interruption forcée des manœuvres de curage, inte^ ruption qui dure parfois plus d'un mois?
Aussi nous sommes-nous toujours associé aux réserves de Brouardel, et avooinous peine à comprendre l'enthousiasme avec lequel le système du Umt à Végoul a été préconisé et proclamé immédiatement réalisable.
Ces divers inconvénients pourront, nous le savons, être atténués, et ptf rétablissement de portes à flot empêchant le refoulement des matières par Icf
craes de la Seine, et psr la diminution, grâce à Textension du pavage en bois d à l'installation de récipients aux bouches d*égout, de la quantité de sables et de fumiers et autres ordures de la rue, projetés à travers ces bouches.
Mais le curage et le lavage quotidiens des égouts exigeraient partout l'emploi de quantités considérables d'eau, même dans les égouts élémentaires les moins diaigés; et il faudrait augmenter, en des proportions qui dépassent les ressources actnelles, les emprunts faits à la distribution publique.
c jfous estimons qu'il faudra au moins un réservoir en tête de chaque égout flémen taire, un en tête de chaque collecteur du premier degré ayant moins de 0",01 de pente et deux dans les collecteurs du deuxième degré n'ayant pas une pente sap&ieure. Le nombre des réservoirs serait, ainsi de 3166. Leur dépense s'élèverait à environ 3600000 francs.
Le curage du réseau actuel, qui nécessiterait dans l'hypothèse de l'écoulement total 1 124 hommes de plus qu'aujourd'hui, occasionnerait à lui seul une dépense supplémentaire de 2 250 000 francs par an ; comme le réseau, pour être complet, doit être augmenté de plus de la moitié de sa longueur actuelle, on peut dire que Técoulement du « tout k l'égout » appliqué à tout Paris coûterait 3500000 francs environ par an » (Humblot).
n nous suffit de rappeler ce que nous disions plus haut des desiderata déjà si dangereux des égouts de Paris dans leur état actuel, pour faire pressentir comhiea à nos yeux serait imprudente Tapplication du lout à V égout avant la réalisation préalable de ces conditions fondamentales d'un entraînement rapide. bque nous ne saurions accepter» et ce que paraissent admettre la plupart des partîians de ce système, c'est que toutes les matières excrémentitielies de la ville entière dussent jamais s'écouler par les collecteurs actuels ; en sorte que ces collecteurs, vu leur supériorité de niveau sur un grand nombre des galeries aboutissantes, serviraient à répartir dans l'ensemble du réseau les immondiees de tout Paris dont ils seraient devenus le confluent.
On serait forcé de destituer ce réseau des fonctions multiples (distribution des eaux, installation des fils télégraphiques, des tubes pneumatiques postaux, etc.), qui à Paris lui donnent un caractère tout spécial d'utilité et de grandeur, et le différencient des égouts de Londres et de Bruxelles, qui ne sont, Doos l'avons dit, que des conduites de vidange où l'ouvrier lui-même ne descend et ne peut descendre que rarement, et dont le nettoyage se fait soit natuleUement par l'effet du courant et de la pente, soit par quelque procédé mécanique. La vie souterraine y deviendrait d'autant plus difficile qu'il y aurait lieu, dans l'intérêt de la salubrité publique, d'intercepter, sinon totalement, an moins dans une large mesure, toute communication entre l'air de ces galeries et celui delà rue.
D'ailleurs la plupart des galeries et même les collecteurs actuels ne suffiraient pas, conune dimension, à écouler la nouvelle quantité d'eau exigée pour assurer ia lavage en ces nouvelles conditions.
Nous estimons donc que la généralisation du système, si jamais elle était appliquée, devrait être précédée d'une multiplication des collecteurs généraux, et surtout de la dérivation vers l'est et le sud de Paris du contenu des galeries les plus éloignées de ces collecteurs, ou les plus basses de niveau, spécialement en certains points des XII% XllI' arrondissements, et dans le quartier de Grenelle. Non-seulement l'écoulement serait ainsi mieux assuré, mais il y aurait moins de chance de contamination rédproque des différents quartiers de la
ville. Cette manière de faire correspondrait à la combinaison proposée par les ingénieurs, et signalée ci-dessus (voy. p. 211), de l'installation d'une usine élévatoire, sise en amont de la capitale, au confluent de la Seine et de la Marne, usine vers laquelle seraient dirigées toutes les eaux des égouts des plans supérieurs de Paris pour être amenées sur des terrains d*épuration. Hais ce ne serait pas tout. En amont comme en aval, les ressources actuelles en terrain seraient absolument insuffisantes, car Tépandage total des matières excrémentitielles de Paris exigerait une surface d*épuration de plus de 10 000 hectares, cinq fois plus que ce dont on dispose aujourd'hui ; comme nous l'avons dit page 239. ce n'est guère qu'en aval qu'on pourrait songer à augmenter ces surfaces, sans danger pour la Tille.
Hais la principale indication qui surgisse devant les conditions générales dn réseau d'égouts de Paris, c'est la substitution^ au moins partielle, an déversement direct des matières dans les galeries, de leur écoulement dans des conduites spéciales, étanches, exclusivement destinées à cet écoulement.
Il est juste de rapporter encore à Belgrand la paternité de cette idée, reproduite il y a trente ans dans le discours du préfet de la Seine dont, pour ces grandes questions d'hygiène, il était l'inspirateur.
« J'avais pensé à une combinaison radicale, qui supprimerait toutes les fosses et ferait aboutir les tuyaux de descente à des conduites spéciales de dimension assez forte pour qu'elles ne fussent jamais engorgées. Ces conduite9 trouveraient place dans les galeries d'égout, et leur réseau serait soumis à l'action de machines aspirantes et foulantes qui rassembleraient les matières dans des réservoirs lointains, comme celui de Bond y, pour qu'elles y fussent traitées par les ])rocédés en usage » (Haussmann, Mémoire sur les eaux de Paris^ 4 aodt 1854).
La deuxième sous-commission de l'assainissement de Paris, dont j'eus llionneur d'être le président, eut précisément pour mission spéciale d'étudier l'écoulement des matières de vidange par des conduites étanches sans communication avec Teau d'égout ; elle avait en particulier à déterminer la possibilité et l'opportunité d'appliquer à Paris l'une de ces canalisations fermées qui fonctionnent en ce moment, soit à Paris même, soit en d'autres localités, sons ks noms de systèmes Waring, Liemur, et Berlier.
Le système du colonel Waringa été appliqué à Hemphis et en d'autres vflles des États-Unis. Il consiste essentiellement dans une série de tuyaux qui reçoivent à la fois les produits des cabinets d'aisance, les eaux ménagères et pluviales des maisons et les versent dans les grands cours d'eau. Des réservoii*s interpoei» de distance en distance projettent, au moyen de siphons intermittents, de» volumes d'eau suffisants pour former des chasses et entretenir la propreté dei tuyaux ; la canalisation est reliée, en chaque maison, avec un tupu d'éventqoi s'élève au-dessus du toit et porte le plus haut possible les odeurs dégagées.
Ce système ne se prête donc pas, en raison de la dilution extrême des mati^eif à leur transformation en engrais ; il ne comporterait dès lors, comme moyen d'épuration au sortir de la ville, que Tirrigation. D'autre part, ses corommiîcations par les tuyaux d'évent avec l'air extérieur ne répondent pas au programme de ceux qui veulent une canalisation entièrement fermée.
Ce système a été néanmoins, devant la Commission technique, l'objet d'un rapport intéressant dont l'auteur a démontré combien les drains hermétiquement dos du système Waring seraient supérieurs, pour assurer l'écoulement des matières,
à ces galeries sans eaux du réseau parisien, galeries déjà infectes aujourd'hui, et dont il serait imprudent d*augn?enter les inconvénients par la projection totale des matières (Vaathier, Note sur le$ conditions dans lesquelles pourrait être appliqué à Paris le système Waring). liCS premières applications faites à Paris, depuis un an, an centre même de la ville, ont répondu à ces conclusions et jusqu'ici ont donné d'excellents résultats.
Rien ne paraît devoir satisfaire plus complètement qu un système dans lequel le transport des matières s'effectuerait au moyen du vide et par une canalisation métalli(]ue hermétiquement close de la maison à l'usine où elles seraient traitées. Le système Liemur répond à ces indications; appliqué à un quartier d'Amsterdam, il pourrait l'être sans doute aussi à un quartier de Paris ; mais il est trop compliqué pour pouvoir répondre aux besoins de la ville entière et deviendrait incompatible avec l'écoulement de la masse d'eau reconnue nécessaire pour l'entretien de la propreté des cabinets.
Rerlier a été autorisé, par arrêté du préfet delà Seine, en date du 7 septembre 1881, et suivant délibération conforme du Conseil municipal, à expérimenter, dans Paris, un système d'évacuation pneumatique, sans aucune communication avec l'air extérieur, qui diffère de celui du capitaine Liernur. Berlier ne rend point solidaires les vidanges de plusieurs maisons, comme le fait l'ingénieur hollandais ; chaque tuyau de chute aboutit, au contraire, à un récepteur spécial, lequel communique avec la canalisation générale par l'intermédiaire d'une soupape, mue automatiquement par un flotteur. Une large maille métallique, placée à l'orifiœ du tuyau de chute, arrête les corps qui pourraient obstruer la conduite sans intercepter l'écoulement des matières. La vidange se fait ainsi par intermittences très-rapprochées, et les matières ne séjournent qu en petite quantité et que peu de temps dans le récepteur.
Nous avons constaté par nous-même le bon fonctionnement de ce système qui prot^e la rue contre les émanations fécales, et nous avons insisté pour la continuation des expériences commencées, il y a trois ans, dans l'une de nos casernes (Pépinière) et quelques rues adjacentes; satisfaction a été donnée à cet épard h nos désirs et à ceux de la Commission par l'arrêté préfectoral du 7 décembre 1885, autorisant l'application de ce système pour 500 immeubles situés dans une zone déterminée.
Loin de nous la pensée de considérer ces types divers de canalisation étanche comme susceptibles de pouvoir suffîre à eux seuls à lenlèvement des vidanges de toute la population parisienne! mais nous ne saurions trop répéter combien la nsite des quelques galeries d'égout où circulent ces conduites hermétiquement famées nous a laissé, en raison de leur propreté, de satisfaction après notre passage dans la masse des autres galeries infectées par la projection directe des vidanges.
Nous dirons plus : plusieurs de nos collègues de la Commission d'assainissement estiment qu'il suffirait d'emprunter à ces systèmes leurs tuyaux étanches, qui serviraient simplement de raccords, à travers les galeries de dernier ordre du réseau parisien actuel, entre les tuyaux de chute et les égouts principaux où ils déverseraient leur contenu; telle n'est pas, suivant nous, l'application principale à faire de ces conduites; nous estimons que ces systèmes de canalisation doivent être appliqués dans leur entier, c'est-à-dire prendre à domicile et transporter hors de la ville les matières excrémentitielles ; nous voudrions qu'on leur attribuât le rôle [complet de la vidange de quelques-uns des quartiers les
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plus éloignés du passage des collecteurs* de façon à décharger encore ceux-ci d*ane certaine somme de matières excrémentitielles.
En résumé» l'étude consciencieuse et détaillée des divers modes de yidangie proposés nous a de plus en plus éloigné de la préconisation exclusive de Tun d*eux pour le service de Paris.
n y a lieu de profiter, dans une certaine mesure, des ressources offertes par le réseau d'égouts actuel, mais sous la réserve absolue de Tapplication préalable des modifications susceptibles d'assurer l'écoulement rapide des matières excrémentitielles projetées dans les sections principales du réseau; de l'établissement, dans les galeries sans pente ou mal irriguées, d'une canalisation étancbe; de la dérivation, par des canaux également étanches, d'une partie des matières dont le point de départ est trop éloigné du passage des collecteurs et qui seraient amenées hors de l'enceinte, sans communication aucune avec ces collecteurs.
Sans ces précautions, nous préférerions presque voir conserver les fosses fixes malgré les inconvénients signalés plus haut.
Il s'écoulera d'ailleurs bien des années encore avant la suppression définitive de ces fosses, et il y a lieu, en attendant, de leur appliquer rigoureusement les principes votés par laCommision d'assainissement :
Ventilation simultanée par un tuyau d'évent et par le tuyau de chute ouvert à sa partie supérieure et prolongé au-dessus du toit.
Etablissement dans le radier de la fosse, au-dessous de l'ouverture d'extraction, d'une cuvette à plans inclinés pour rendre le travail de rachèvement plus facile et plus rapide.
Surveillance plus complète, grâce à un personnel suflisant, de l'étanchéité des fosses et des opérations de vidanges qui ne seront faites qu'à l'aide des appareils les plus perfectionnés, notamment de ceux qui comportent le vide fait dans les tonnes, avec désinfection des gaz.
Quant aux usines et dépotoirs sur lesquels est transporté le contenu de ces fosses, et dont nous avons indiqué les principales défectuosités (page 244), les résolutions suivantes ont été votées le 3 février 1883 par la quatrième sous-commission de l'assainissement de Paris :
« 1<> Toute usine à sulfate d'ammoniaque devra désormais satisfaire aux deux conditions : 1<^ de n'émettre aucun dégagement gazeux odorant; 2® d'épurer complètement les eaux résiduaires, si ces eaux doivent être envoyées dans un cours d'eau, et tout au moins, si leur destination est autre, de les refroidir et de les désinfecter.
a Aucune nouvelle usine ne devra être autorisée sans que les dispositions projetées paraissent répondre complètement à ces deux conditions. En ce qui concerne les usines déjà existantes, les règlements en vigueur devront leur être strictement appliqués, sous peine de fermeture; eu outre, un délai raisonnable leur sera accordé pour y opérer les perfectionnements nécessaires, et, faute de remplir les conditions exigées, l'usine sera supprimée définitivement*
a 2<^ Les dépotoirs appartenant à des particuliers seront supprimés dans le plus bref délai ; il ne sera toléré, auprès des usines, qu'un approvisionnement de matières très^restreint dans un réservoir clos, couvert et étanche, et les dimensions de ce réservoir seront fixées dans chaque cas particulier par l'Administration.
« Z^ Vu les nécessités présentes, le dépotoir de La Villette continuera à foDCtioDDer dans les conditions actuelles; à la voirie municipale de l'est (Bondy),
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l'exploitation du ttoek sera tolérée à Tair libre, de manière à arriver dans le plus bref délai possible à la suppression définitive de 8 hectares de bassins; au contraire* pour les usines établies ou à établir à la même voirie pour le traitement des matières provenant journellement du dépotoir, TAdministration exigera des industriels Tobservation de toutes les règles de salubrité qui seront imposées aux nouvelles usines, conformément aux paragraphes 1 et 2 des pràentes conclusions.
f 4^ Les liquides provenant des bassins ou des usines de la voirie municipale useront plus déversés dans la Seine par le collecteur de Saint-Denis et seront bmspoiiés par des tuyaux, conduites ou égouts, soit pour être répandus, eomme à Gennevilliers, sur un sol propre à leur épuration, soit pour approrisisoner de nouvelles usines situées loin de Paris et fonctionnant dans toutes les couditioiis désirables, s
Ce n'est pas tout. Il est urgent de cherchera diminuer le nombre de ces usines Mit eo éloignant immédiatement de Paris, et du département, la plus grande soomie possible de matières excrémentitielles, soit en modifiant le traitement (pd leur est appliqué.
Le transport par routes de terre et même par voies ferrées devient trèsHH>ûteux pour une matière de peu de valeur, dès que la distance est quelque peu importante.
Aussi a-t-on dû renoncer à des essais de placement des eaux vannes enCliampagne, pour lesquelles on avait commencé à créer un matériel roulant spécial (entreprise de H. Gargan de 1858 à 1870). G*est par eau que Ton peut espérer élargir le cercle d'applications de ces matières à Tagriculture, soit que Ton remonte ou surtout que Ton descende le cours de la Seine, soit que Ton se lerve des canaux de navigation.
D'après Mille, les compagnies de vidanges possèdent déjà tout un matériel de bateaux, de pompes et de tuyaux, qui pourrait très-bien être appliqué au transport de Paris vers la campagne par les voies navigables.
De leur côté, les cultivateurs possèdent en général des tonneaux d'arrosage, auxquels on peut adapter à peu de frais des planches de distribution ou tout antre système simple pour Tépandage des eaux-vannes sur leurs champs.
Des deux parts, il existe donc un matériel presque suffisant, et il ne resterait i créer, comme intermédiaires, que des réservoirs ou des citernes que Ton âaUirait sur le bord des canaux et des chemins, afin d'y pouvoir aisément décharger les bateaux et remplir les tonneaux de distribution. La vente des matières au réservoir pourrait, suivant Mille, se faire sans grande peine par les compagnies de vidanges au moyen de leur serrice commercial actuel.
L*épandage sur les champs cultivés, et à grande distance, pourrait donc être un mode pratique d'utilisation des déjections parisiennes.
Mais cet épandage ne peut avoir lieu d'une façon rémunératrice qu'à certaines époques de l'aimée, à l'automne et au printemps. 11 faut que, dans l'intervalle, les matières de vidange trouvent un placement, et comme on ne peut songer à les accumuler dans des réservoirs pendant la morte-saison, c'est à des usines de traitement qu'il faut attribuer cette fonction régulatrice.
C'est ce qui a engagé Mille à proposer la création d'usines ayant pour objectif le traitement des ridanges à froid, c'est-à-dire en des conditions toutes difTéreates de celles {distillation des eaux vannes et dessiccation des matières tdides) qui donnent principalement lieu au dégagement d'odeurs infeQl^\ vt^
l*auteur, nous estimons qu*îl y aurail avantage spécial pour l'Administration à favoriser tout essai ayant pour but de fixer dans des engrais les éléments utilisables des matières de vidange, et à mettre à cet efTet à la disposition des industriels le domaine de Bondy, en se réservant le droit de contrôle et de surveillance du fonctionnement de leurs usines (voy. Mille» Rapport nir rutUi' uUion des matières de vidange par épandage sur le sol et par traitement à froid)» Aussi la Commission a-t-elle voté cette dernière conclusion :
« L'épandage sur le sol et le traitement à froid des matières tout venant peuvent fournir des ressources nouvelles pour la solution du problème de Fatili* sation des vidanges de Paris, et FAdministration peut en autoriser et même en encourager les essais. »
Rues. On ne saurait nier tout ce qui, depuis cinquante ans, a été fait pour rhygiène morale et matérielle des rues de Tintérieur de Paris.
(( Jadis les voleurs de toute sorte recherchaient le centre de Paris; ils troor vaient là des réduits obscurs, des abris certains, des maisons à triple sortie, dfli plaisirs faciles et leur grande alliée, la prostitution. C*était dans les roei tortueuses de la Cité, dans ce chapelet de ruelles infectes et mal fréquentées qui s*embrouillaient entre le Palais-Royal et le Louvre, dans les bas quartiers du Temple, qu'ils avaient établi leurs refuges. 11 n*était pas toujours prudent de pénétrer dans leurs bouges, et plus d'une fois les patrouilles grises en furent chassées à coups de brocs et de tabourets. Tout malfaiteur inquiété se sauvait dans les tapis-francs de la rue aux Fèves, de la rue Haute-des-Drsins, de l'impasse Saint-Martial, sentiers boueux et empoisonnés, noués autour de Notre- Dame; dans le café de TÉpi-Scié, situé boulevard du Temple; à Testaminet dei Quatre-Billards, rue de Bondy; au cabaret des Piiilosophes, dit aussi le cabaret I de THommc buté {assassiné) y rue Croix des Petits-Champs; à l'hôtel d'Angleterre; ■ rue de Chartres ; dans les débits interlopes de la rue de Froidmanteau et de h ■ rue du Chantre, dans les repoussants garnis de la place aux Veaux, de la ruede ■ la Vieille-Lanterne et de la Petite-Pologne.
« En éventrant ces vieux pâtés de maisons, où la vermine disputait le logis aux ■ voleurs, en démêlant à coups de pioche ces écheveaux de ruelles malsaines, en j ^ faisant violemment entrer l'air et le soleil, on n'a pas seulement apporté k ^ santé, on a moralisé ces quartiers misérables, car on en a diassé les malfaiteon ^ que le grand jour épouvante et qui ne trouvent plus à se cacher dans les vaiUi P* espaces oii se dressaient autrefois leurs taudis lézardés » (Maxime Du Canpi N Paris, sesorganeSf etc.). Nous verrons ci-après que malheureusement lesqiuff- r^ tiers périphériques sont loin d'avoir tous gagné à ces grands travaux*
Quant aux modifications matérielles de la voirie, rien aujourd'hui ne rappdb |* la physionomie des anciennes rues de Paris.
c En 1185, Philippe-Auguste se promenant dans son palais, dit l'htstonas Rigord, s'approcha des fenêtres où il se plaçait quelquefois pour se distraire ptf la vue du cours de la Seine. Des voitures, traînées par des chevaux, traveraaicii alors la Cité et, remuant la boue, faisaient exhaler une odeur insupportable, k roi ne put y tenir et même la puanteur le poursuivit jusque dans l'intérieurà son palais. Dès lors, il conçut un projet très-difficultueux, mais très-nécessairi: il convoqua les bourgeois et le prévôt de la ville, et leur ordonna de paver, ivcc de fortes et dures pierres, toutes les voies de la Cité, d
Composé de grosses dalles ou carreaux de grès, dont les dimensions en loogueor et en largeur avaient environ trois pieds et demi, ce pavé ne fut appliqué qa'im
Jeax Toies principales formant la croisée de Varis^ Tune allant du nord au raidi, l'autre de Test à Toue^t.
Sous Louis XlUy la moitié des voies publiques était encore sans pavage. A rëpoque où Louis XIY édifiait le palais de Versailles, Paris conservait rétrcMtesse et la difficulté de ses abords. Dans la plupart des rues, on ue pouvait guère circuler quà pied ou en litière, et, des voies publiques de l'époque, il n'y en avait que trois qui fussent accessibles aux voitures de commerce : les rues Saint-Antoine, Saint-Hartin et Saint-Denis.
Ailleurs, le sol était habituellement dépourvu de tout genre de revêlement, constituant par son défaut de pente et ses inégalités une scrie de réceptacles au immondices de la population.
(Test a partir du commencerpent de ce siècle seulement que le pavage des rues prit un développement considérable, arrivant, en ces dernières années, à couvrir ane surface totale de plus de 6 millions de mètres carrés. Actuellement, sur les 9 millions de mètres carrés que réprésentent les chaussées de Paris, il n'en est plus guère que la millième partie qui puisse être classée sous le titre de chaussées en terre, et encore ces voies, appartenant en général aux arrondis- Kmeats excentriques : Xlll*, XVIK^ et XX', ne desservent-elles que des jardins ou des terrains non clos.
En ces trente dernières années, le revêtement des rues de Paris a été l'objet de nombreux essais et de sérieuses modifications.
Nous omsidérons, pour notre compte, comme dignes de tout encouragement, les tentatives ayant pour objet la substitution de surfaces unies, peu brujantes, à ce pavage glissant, sonore, entretenant dans les quartiers centraux un bruit incessant de roulement et une série de trépidations qui, au dire de certains auteurs, auraient leur pai*t dans le développement du nervosisme des grandes cités*
Aux pavés en pierre des chaussées on substitua d'abord le macadam qui, au po'mt de vue des inconvénients précédents, constituait un avantage considérable oootre-balancé malheureusement à d'autres égards par des inconvénients B^jeurs : boue, poussières et surtout dépenses excessives pour le maintien en âat des empierrements nécessaires ; accroissement, dans une proportion considérable, de TafOux, dans les galeries souterraines, des sables des chaussées ainsi empierrées : d'où, nous l'avons exposé plus haut, une augmentation de difficulté de curage des égouts et, par le mélange du sable aux immondices, une cause nouvelle d'insalubrité de ces galeries. Actuellement, Tère du macadam semble ptsfiée et fait place à celle du pavage en bois qui a pris, en ces deux dernières années, à la suite de deux votes du Conseil municipal de Paris, une extension si rapide, qu'il recouvre environ 300 000 mètres carrés de superficie.
Le danger, redouté par quelques hygiénistes, de l'apparition de fièvres palustres sous l'influence de la putréfaction des bois, nous semble peu à craindre. Ce n*est pas, et nous en avons donné la preuve ailleurs, de cette putréfaction que naît généralement la fièvre intermittente : c'est du sol, du sol productif pénétré de chaleur et d'humidité ; et les pavés en bois actuels, reposant sur une couche de mortier et accolés entre eux par un ciment imperméable, nous semblent offrir des conditions plus favorables à l'oblitération qu'à la production des émanations telluriques. 11 y a lieu d'ailleurs de veiller à la préparation de ces pavés qui doivent être rendus préalablement imputrescibles. Nous serons plus réservé en ce qui concerne les chances de durée de ce
pavage; nous ne savons si l'avenir confirmera les espérances conçues d*iuie notable rëduction, par ce système, des frais d'entretien du revêtement des grandes voies de Paris ; peut-être s*est-on base à tort sur Texpérienoe de Londres, oïl la circulation est moins fatigante et moins destructive, a L'usage de tombereaux ou de diariots à deux roues pour très-lourds chargements est inconnu à Lcmdres ; on n'y voit rien qui ressemble aux longs attelages des fardiers de pierres de taille ou des voitures des grandes raffineries qui circulent à Paris» chargées de 13 tonnes et traînées par 6 chevaux. Et surtout il n'y a rien i Londres d'analogue à nos omnibus à 3 chevaux qui, chargés de 42 personnes, marchent à grande vitesse, et qui» ajoutant les effets de cette vitesse à ceux de leur poids» détruisent si rapidement les empierrements» les pavages et les voies de tramways » (Barabant» Notes 9ur les questions de viabilité. Paris, 1884).
Si nous considérons comme un inconvénient majeur, pour la salubrité des rues, la communication de leur atmosphère avec celle des ^outs, surtout depuis le déversement en ces derniers d'une somme considérable de matiftres fécales» il est juste de reconnaître que la propreté de la voie publique ne peut que gagnera cette communication. C'est grâce à nos égouts à grandes sections et à nos bouches d'égout très-nombreuses que les chaussées principales sont balayées et nettes deux ou trois heures après la fin de la pluie» tandis qu'en d'antre^ capitales, comme Londres, où l'on empêche la boue d'aller i l'égout, le nettoiement qui s'opère par tombereaux est lent et difficile.
L'hygiène de la rue vient de gagner beaucoup par la réglementation toute récente d'une industrie intéressante certainement, mais dont on a trop longtemps respecté l'indépendance au détriment de la salubrité publique : l'indostrie des chifTonniers qui, jusqu'en ces dernières années, entretenait l'habitude de répandre, sur les voies publiques, les ordures ménagères oii ces industriels venaient prélever leur dime avant l'enlèvement par le tomberetn municipal. Un arrêté préfectoral du 7 mars 1884 a mis fin à ces pratiques dangereuses ; nous nous bornerons à eu reproduire les articles principaux :
Âriicie premier, — Il est complètement interdit de projeter sur la voie publique, à tTmporte quelle heure du jour ou de la nuit, les résidus quelconques de ménage ou les prodoitt de balayage provenant de l'intérieur des propriétés privées ou des établissements poblki-
Art, 2. — A partir de la date du présent arrêté, le propriétaire de tout inuneoble bibité sera tenu de faire déposer chaque matin, soit extérieurement sur le trottoir, le loDgdsli laçade, soit intérieurement, prés de la porte d'entrée, en un point parfaitement viéUe d accessible, un ou plusieurs récipients communs de capacité suffisante pour conteoir les résidus de ménage de tous les locataires ou habitants.
Le dépôt de ces récipients devra être elTectué une heure au moins avant l'heure ré|te> mentaire de Fenlèvement, qui doit commencer à six heures et demie du matin pour être terminé à huit heures et demie en été (c'e^t-à-dire du 1*' avril au 30 septembre], et fommw»^ à sept heures pour être terminé à neuf heures en hiver (c*est-à-du'6 du 1*' octobre an 5i mars).
Les récipients devront être remisés à l'intérieur de Timmeuble un quart d'heure an pfeH après le passage du tombereau d'enlèvement.
Le concierge, s^il en existe un dans l'immeuble, sera personnellement tenu d'assurer cette double manœuvre, sans préjudice de la responsabilité civile du propriétaire.
AH. 3. — Les récipients communs, quels qu'en soit le mode de coostructiou et la foive, devront satisfaire aux conditions suivantes :
Chaque récipient aura une capacité de 120 litres au maximum. Il ne pèsera pas à vide pbu de 15 kilogrammes. S'il est de fonne circulaire, il n'aura pas plus de 0",55 de diaméire: s'il est de forme rectangulaire ou elliptique, il n'aura pas plus de 0",50 de largeur, aide O^jSO de longueur. En aucun cas la hauteur ne dépassera la plus petite des deux dimentioBS horizontales.
I^es récipients seront munis de deux anses ou poignées à leur partie supérieure. Us
deironl êtn peints oa galvanisés, et porter sar l'une de leurs faces latérales Tindication du nom de la rue et du numéro de l'immeuble, en caractères apparents. Hs devront être constamment maintenus en bon état d'entretien et de propreté, tant intérieurement qu'extèriearement, de manière à ne répandre aucune mauvaise odeur à vide. Ces récipients seront tenus à la disposition des locataires et par les soins des propriétaires, depuis neuf heures du soir jusqu'à l'heure où ils doivent être déposés sur la voie publique.
àri. 4. — Sous réserve des exceptions prévues ci-après aux articles 5 et 6, il est interdit aux habitants de verser leurs résidus de ménage ailleurs que dans les récipients communs affectés à l'immeuble. Si le récipient commun vient à faire défaut on se trouve acddentellement insuffisant, ils devront, soit laisser leurs récipients particuliers en dépôt à la place oo auprès du récipient commun, soit attendre le passage du tombereau, pour y verser directement le contenu de ces récipients particuliers.
iÊt* 5. — Il est interdit de verser dans les récipients communs les résidus qui font partie dt l'one des deux catégories suivantes et que les particuliers sont tenus de faire enlever à leurs frais, savoir :
1« Les terres, gravoîs, décombres et débris de toute nature provenant de l'exécution de trtvaoz quelconques on de l'entretien des cours et jardins ;
S» Las résidus et déchets de toute nature provenant de l'exercice de commerces ou d'indntries quelconques.
Sont seules exceptées de cette interdiction les ordures ménagères proprement dites des Hdiliieements de consommation.
iri. 6. — > U est également interdit de verser dans les récipients communs des objets niiants, dont l'Administration assure l'enlèvement, mais qui doivent être déposé, dans des lédpients spéciaux, à côté des récipients communs, savoir :
Les débris de vaisselle, verre, poterie, etc., provenant des ménages.
irf. 7. — D est interdit aux chiffonniers de répandre les ordures sur Is voie publique : Us pourront faire le triage sur une toile et devront remettre ensuite les ordures dans les rèe^^ients.
D importe également de rappeler, dans l'intërêt de la salubrité des rues, lei. droits souvent négligés dont est armée 1* Administration.
EXTRAIT DE L'ORDO>'NANGE DE POLICE DU l*' SEPTEMBRE 1853
kri, 16. — Il est défendu de jeter des eaux sur la voie publique ; ces eaux devront être portées au ruisseau pour y ôtre versées, de manière à ne pas incommoder les passants. U est défendu d'y jeter et faire couler les urines et les eaux infectes.
Ed dépit de ces prescriptions, ne voit-on pas chiique jour les boutiquiers, bouchers, charcutiers, jeter dans le ruisseau des eaux sales, sans paraître se douter qu'ils commettent une contravention ? Est-on beaucoup plus respectueux de l'article suivant de la même ordonnance?
irf. Si. — Les résidus des fabriques de gaz, eaux d'amidonnerie, ceux de féculerie, pMés à l'état putride, ceux des boyauderies et des tripei'ies ; les eaux provenant de la eoisBon des os pour en retirer la graisse; celles qui proviennent des fabriques de peignes et d'objets de corne macérée ; les eaux grasses destinées aux fondeurs de suif et aux nourrisseurs éi porcs; les résidus provenant des fabriques de colle-forte et d'huile de pieds de bœuf, le iMi^ provenant des abattoirs; les urines provenant des urinoirs publics et particuliers; les VSKS et eaux extraites des puisards et des puits infectés; les eaux de cuisson de tètes et de pieds de mouton; les eaux de charcuterie et de triperie; les raclures de peaux infectes; les résidus provenant de la fonte des suifs, soit liquides, soit solides, soit mi-solides, soit en général toutes les matières qui pourraient compromettre la salubrité, ne pourront, à l'avenir, être transportés dans Paris que dans des tonneaux hermétiquement fermés et lûtes.
Grâce à la largeur des voies principales, les arbres ont pu être introduits dans romementation de ces mes ; le nombre s*y élève actuellement à près de 100 000, nombre considérable au point de vue de la dépense que nos statisticiens évaluent à 200 francs par arbre avec fourniture de la terre végétale.
Le ciel de Paris est assez pur, et la chaleur assez élevée pendant une partie de Tannée pour justifier les avantages hygiéniques d*uue semblable dépense; on comprend qn*eu telle capitale voisine, comme Londres, où Tatmosphère est trop
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souvent obscurcie par le brouillard et la fumée, on évite d'assonibrir encore le jour par un rideau d*arbres analogues aux nôtres.
L'éclairage des rues était jadis entièrement inconnu, chacun se reniSermant cliez soi dès le coucher du soleil.
Encore au commencement du seizième siècle, en cas de danger public» en cas de guerre ou de troubles, il était prescrit aux habitants de placer durant la nuit, sur le rebord des fenêtres du premier étage, des lanternes garnies de chandelles allumées. Cest en 1667 seulement qu'une ordonnance royale prescrivit Téclairage des rues par des lanternes fixes.
En 1758 fut décrété Téclairage de tout Paris par des lanternes publiques à réverbères; Téclairage prit un grand développement sous le premier Empire, et en 1817 il existait à Paris 10500 becs de réverbères. Depuis l'introduction du gaz, l'éclairage a subi une progression ininterrompue; de 40000 mètres cubes en 1855, la consommation s'est progressivement élevée à près de 300000 mè* très cubes en 1885, grâce non-seulemcnt au progrès de l'éclairage de la voie publique, mais à l'emploi de plus en plus fréquent du gaz dans les industries et les usages domestiques.
L'éclairage électrique est entré, lui aussi, dans sa période d'application pratique, et sans doute la généralisation de ce système est proche. A tous égards, ce sera un grand progrès: suppression dans le sol de nos rues de ces infiltrations que, malgré Sainte-Claire Deville, qui en a démontré le peu de danger et même en a prôné Taction antiseptique sur les matières organiques contenues dans le sol (voy. Comptes rendus de VAcad. des se., 20 sept. 1880), nous considérons au moins comme très-incommodes par leurs émanations; suppression, dans les établissements publics, notamment les théâtres, des principales causes d'incendie; suppression de tout danger d'explosion lors de l'exploration des caves, boutiques où se sont développés des gaz inflammables; substitu:ion, dans nos écoles, à des foyers dont la combustion corrompt l'atmosphère, d'une lumière n'échauffant pas l'air ambiant, et qui n'éblouira ni ne fatiguera plus, le jour prochain où l'on sera parvenu à adoucir l'éclat et à supprimer les oscillations de l'éclairage électrique.
Maisons. En 181 7, il y avait à Paris 28 801 maisons, renfermant 22i 922 ménages et 715 966 habitants. Ces nombres ont triplé en soixante ans.
D'après la statistique de 1880, il existait à cette dernière date, 76 129 maisons renfermant 1 058124 logements, et 2 259928 habitants.
Rien ne peut mieux indiquer la diversité des installations que la différence de leurs prix de location. Or il résulte des statistiques officielles que les locataires, à Paris, se répartissent comme suit : |
Loyers de moins de 300 firancs 434.936 1
— 300 & 499 francs 84.050 i
— 500 à 749 francfl G8.740 |
— 750 à 999 francs «,930
— lOOU à 1219 francs 19,880
— 1250 à 1499 friines 7.164
— 1500 à 29^9 francs 24.8U
— 3000 à 5999 francs 1«,181
— 6000 k 9999 francs 4,006
— 1000U à 19929 francs 1.8i6
Il y a donc 568 986 logements de moins de 500 francs, 162394 seulemeatde plus de 500 francs. C'est surtout dans les quartiers excentriques que se reo' contrent les logements à bon marché, quartiers où malheureusement n'aocèdeol
plus, eomme autrefois» la lumière et Tair purde la campagne, mais dont les habitants actuels ont le plus souvent à subir les iuconvënicnts de leur accumulation réciproque et du voisinage des usines les plus insalubres.
ff Pendant toute la durée de la période des grands travaux de Paris, dit Du HesniU et même durant les quelques années qui Tout précédée, alors qu*il s'agissait de préparer Topinion à la transformation de la ville, on a beaucoup parié de la nécessité d'améliorer les quartiers pauvres, de distribuer largement pirtoat Pair et la lumière, de iaire jouir enfin du bénéfice des conquêtes récentes de Phygiène cette couche de la population parisienne qui, depuis des siècles, létiole dans les bas-fouds de la grande cité.
Quelque vingt ans se sont écoulés depuis cette époque, et sans nier, ce qui ferait puëril, Pimportance des travaux accomplis, la grandeur de Pœuvre léalisée, nous venons aujourd'hui, nous plaçant exclusivement sur le terrain de l'hygiène et de la médecine sociale, appeler Pattention sur un certain nombre de fidts d'observation récente.
Ils établissent, suivant nous, combien, malgré les améliorations souvent plus a|>parentes que réelles apportées dans les conditions hygiéniques des luibitations firisiennes en général, il reste encore à faire pour que la situation soit acceptable pir des hygiénistes dans de nombreux quartiers de la capitale.
Les grandes voies ouvertes sur tous les points de l'ancien Paris ont eu pour résultat d'amener plus d'air et de jour au centre de l'agglomération, et, d'autre prt, le développement simultané de la canalisation des eaux, du réseau des ^ts, a manifestement assaini toutes les habitations, dans le voisinage des travaux effectués. Mais on ne parait pas s'être préoccupé de ce que deviendrait toute cette catégorie d*habitants pauvres qui vivaient dans les demeures sordides da vieux Paris, alors que, par suite de l'expropriation des immeubles sacrifiés, ils seraient mis en demeure de chercher ailleurs un abri.
De là deux faits également graves au point de vue de la salubrité des habitations parisiennes.
Le premier, c'est que l'encombrement dans les logements d'ouvriers a augmenté. Si certains travaux permettent à ceux qui s'y livrent de résider loin de leur atelier ou de leur chantier, il est au contraire beaucoup de professions qui exigent l'habitation de celui qui les exeixe à proximité de son travail.
Et alors des propriétaires et des logeurs peu scrupuleux, profitant de l'écart notable qui se produisait subitement entre PoiTre et la demande, ont, les uns, converti en logements des boutiques, des ateliers, des remises, les autres, en divisant, subdivisant les chambres ou chambrées existantes dans leurs installations primitives, tout en surélevant les prix de location, multiplié les foyers d'insalubrité sur tous les points.
L'autre conséquence également funeste de cette imprévoyance a été l'édification, sur des terrains vagues à la limite de l'ancienne enceinte, d'une quantité énorme de constructions im))rovisées sans aucune autre préoccupation que celle (le se créer immédiatement un asile. La densité extrême d'une population misérable dans ces immeubles, l'absence de toute prévoyance en ce qui concerne l'hygiène dans leur installation, les ont rapidement transformés en foyers de putréfaction : on n'a donc pas diminué en réalité l'insalubrité des maisons de Paris, on s'est borné à déplacer le foyer "et à l'écarter plus ou moins loin des centres primitifs, assurant ainsi des travaux pour un demi-siècle aux coouav^
DiCT. BMC. V B, IXI \1
«ions (les logements insalubres de l'avenir » (ïkiMemiU Lkabitaiioii du pavwre. Paris, 1882).
L*aflinité actuelle des maladies ëpidémiques : fièvre typhoïde, diphihérie, choléra, pour ces régions excentriques de la capitale, ne donne que trop raison è la thèse précédente.
Dans rintérieur même de la ville, et dans les quartiers les mieux tenus, il y a aussi bien è critiquer; malgré Taspect monumental des façades, otgectif tnip habituel de l'architecture parisienne, il est évident que le problème de l'habita* tion a été moins bien résolu chez nous qu'en certaines autres capitales, à Londres, par exemple. En cette dernière ville, on a évité l'aocumulation des six ou sept étages de maisons formant de vraies casernes où les locataires sont perchés les uns au-dessus des autres; la ville s'est étendue horizontalement, et non verticalement. Cette extension, il est vrai, était âivorisée à Londres par Tabsence d'octroi et l'abondance de moyens de communication.
11 est juste de reconnaître que toutes les questions relatives à l'hygiène (ks maisons et à ses rapports avec celle de la rue sont l'objet des préooei^atîons les plus légitimes de la municipalité parisienne. Le 25 juillet 1884 a été promulgué sur la hauteur des maisons de Paris un règlement dont nous reproduisons ks articles qui nous intéressent particulièrement :
Article premier. — La hauteor des bÀiiments bordant les voies publiques dans la nOs de Paris est déterminée par la largeur légale de ces voies publiques pour les ^^'"Miitf alignés, et par la largeur effective pour les bâtiments retrancbables.
Cette hauteur, mesurée du trottoir ou du revers pavé au pied de la focade du bMaMat, et prise au point le plus élevé du sol, ne peut excéder, y compris les entablements, aUiipcs et toutes les constructions à plomb des murs de face, savoir :
Douze métrés (12 métrés) pour les voies publiques au-dessous de sept métrés quatrevingts centimètres (7*,80] de largeur ;
Quinze mètres (15 mètres) pour les voies publiques de sept mètres quatre-vingts œofr mètres (7",80)à neuf mètres soixante-quatorze centimètres [d^tli) de largeur;
Dix-huit mètres (18 mètres) pour les veies publiques de neuf mètres soixante-quatone centimètres (9"',74) à vingt mètres (20 mètres) de largeur;
Vingt mètres (20 mètres) pour les voies publiques (places, carrelours, rues, quais^ bonlsvards, etc.) de vingt mètres (20 mètres) de largeur et au-dessus.
Art, 6. — Les hauteurs des bâtiments établis en bordure des voies privées, des passigo^ impasses, cités et autres espaces intérieurs, seront déterminées d'après la largeur de eei voies ou espaces, conformément aux règles fixées à Tarticle premier pour les bâtiments ta bordure des voies publiques.
Art. 7. — Dans les bâtiments, de quelque nature^qu'ils soient, il ne pourra, enaocna cas, être toléré plus de sept étages au-dessus du rez-de-chaussée, entresol compris, taot dans la hauteur du mur de face que dans celle du comble, telles que ces hauteurs aoit déterminées par les articles i, 0, 10 et 11.
An. 8. — Dans les b&timents, de quelque natiu^e qu'ils soient, la hauteur du rea-d^ chaussée ne pourra jamais être inférieure à 2">,80 mesurés sous plafond. La hauteur dei sous-sols et des antres étages ne devra pas être inférieure à 2",eO mesurés soos plalbad. Pour les étages dans les combles, cette hauteur de 2",60 s'applique à la partie la phi élevée du rampant.
Art, 16. — Dans les bâtiments dont la hauteur ne dépasserait pas 18 mètres, les coon sur lesquelles prendront jour et air les pièces pouvant servir à l'habitation n'auront JMI moins de 30 mètres de surface, avec une largeur moyenne qui ne poiura être inférieaii à 5 mètres.
Art. 17. — Dans les bâtiments élevés à une hauteur supérieure à 18 mètres, les coon devront avoir une surface minima de 40 mètres, avec une largeur moyenne qui ne pooin être inférieure à 5 mètres.
Art» 19. — Toute commette qui servira à éclairer et aérer des cuisines devra avoir as moins neuf mètres (0 mètres) de surface et la largeur moyenne ne pourra être inférieuri à un mètre quatre-vingts centimètres (1",80). Àr/. 20, -* Toute courette sur laquelle seront exclusivement éclairés et aérés des cabiaett
d'aisances, vestibules ou couloirs, de?r« avoir au noins quatre mètres (4 mètres] de surface. Art. 22. — n est interdit d'établir des combles vitrés dans les cours ou courettes audessus des parties sur lesquelles soot aérés et éclairés, soit des pièces pouvant servir à l'habitation, soit des cuisines* soit des cabinets d*aisances, à moins qu*ils ne soient munis d'un cbàasis Tentilateur à faces verticales dont le vide aura au moins le tiers de la surfacs de la cour ou courette et quarante centimètres (0",40) au minimum de bauteur, et qu'il oe soit établi à la partie inférieure des orifices, prenant l'air dans les sous-sols ou caves, et ajant au moins 8 décimètres carrés de surface. AH- S6. — Les dispositions qui précèdent ne sont pas applicables aux édifices publics. L'Administration pourra, pour les constructions privées ayant un caractère monumental ou pour des besoins d*art, de science ou d'industrie, autoriser des modifications aux dispo; aîtiotts relatives à la bauteur des bàtimenta après avis du Conseil général des bâtiments civils et avec l'approbation du ministre de l'intérieur.
On se préoccupe surtout de rédification de maisons ouvrières» répondant aux eûgenoes de Thygiène. C'est là qu*il y a le plus à faire, et il semble que les mofens ne manquent pas.
La ville peut faciliter la construction de maisons à bon marché par l'aliénation de terrains communaux, dont la ressource est considérable, car on peut estimer à 180 000 mètres carrés Je total des terrains à bâtir appartenant à la ville (voy. Viliard, Rapport du 9 février 1883 au Comeil municipal).
Quant aux emplacements, il y a environ 300 hectares le long du chemin de fer de ceinture qui sont parfaitement aptes à recevoir des constructions. Si on exécutait le métropolitain, ces terrains auraient des communications faciles et économiqnes avec Tintérieur de la ville. En dehors du métropolitain, le chemin de fer de ceinture actuel, que le ministre des travaiuc publics veut transformer en y établissant des services d'omnibus, fournirait également des moyens de transport rapides ou économiques, en le complétant par un service de tramways et d*omnibus reliant chaque gare au centre de Paris.
La ville peut en outre, comme elle Ta fait d'ailleurs, entrer en négociations avec l'État pour la cession de tout ou pai*lie de la zone militaire et des fortifications de Paris. Les terrains ne font donc pas défaut. Restent les plans de coostruction.
La première pensée a été de faire aux ouvriers des espèces de petites maisons séparées, o& ils vivraient isolés et dont ils pourraient même devenir propriétaires au bout d'un certain temps. Hais à Paris, et à notre grand regret, le système n'a point paru praticable, et Ton s'est arrêté à l'idée de construire des naiiQDS mixtes : il y aurait dans ces maisons un certain nombre de petits logenents, ce qui n'empêcherait pas le reste d'être occupé par des loyers d'im prix plus élevé.
Quant i la tenuie même des maisons, elle laisse en général beaucoup à désirer ; dans les nouveaux quartiers eux-mêmes, dans les belles avenues créées pour rembellissement et l'assainissement de la capitale, on s'est bien plus occupé de Taspect extérieur des immeubles <|ue de leur disposition hygiénique à
rintérieur. Dans les liabitations de la plus belle apparence, les combles sont
le plus souvent d'étroites mansardes où vivent encombrés les domestiques des
divers étages, et qui compromettent ainsi la salubrité de tout l'immeuble. H nous parait donc opportun de rappeler à tant de propriétaires, qui semblent
Tigoorer, les droits conférés à rAdministralion par l'Ordonnance de police du
S novembre 1833 :
Articie premier. — Les maisons doivent être tenues, tant à rintérieur qu'à l'extérieur, ^m un état constant de propreté.
i4ii. 2. — Elles doiteni être pourrues de tuyaux et cuTeltes en Dombre raffifant pour l'écoulement et la conduite des eaux ménagères. Ces tuyaux et cuvettes seront constamment en bon état : ils seront lavés et nettoyés assez fréquemment pour ne Jamais donner d'odeur.
Art. 4. — Les cabinets d*aisances seront disposés et ventilés de manière à ne pas donner d'odeur. Le sol devra être imperméable et tenu dans un état constant de propreté. Les tuyaux de chute seront maintenus en bon état et ne devront donner lieu ft aucune fuite.
Âri, 5. — 11 est défendu de jeter ou de déposer dans les cours, allées et passages, aucune matière pouvant entretenir rhumidité ou donner de mauvaises oîteurs.
Il est égilement utile de reproduire Textrait suivant :
ORDONNANCE DE POLICE DU 25 AOUT i880
Article premier, — Il est interdit de conserver dans Paris, sans autorisation, des porcs* des vaches ou autres animaux, tels que boucs, dièvres, lapins.
Ari, 2. — Il est également interdit d'élever, sans autorisation, des pigeons, poules et autres oiseaux de basse-cour, qui peuvent être une cause d'insalubrité ou d'inoonmiodilé.
Art. 7. — U est interdit d'élever et d'entretenir à Paris, dans l'intérieur des habitattons, \m nombre de chiens ou de chats, tel que la salubrité de» habitations voisines se trome compromise. *
Dans la pensée de remédier plus énergiquement à Tinsalubrité de tant d*imineubles, on a proposé Tapplication de pénalités plus ou moins graves ) leurs propriétaires; comme mesure d'ordre plus efficace, le Conseil municipal renvoyait Tan dernier à rAdministration une proposition, faite par Villard, Hana k pensée de donner à la population les moyens de distinguer les habitations salubres de celles qui ne le sont pas, et, d*autre part, d*encourager les propriétaires ) exécuter dans leurs immeubles les mesures commandées par Thygiène; pour atteindre ce double but, l'administration préfectorale eût fait connaître ani propriétaires que, sur leur demande, leurs immeubles seraient visités par des délégués spéciaux pour en examiner les conditions de salubrité intérienie: qu*à la suite de cette visite une plaque rouge, portant le visa du service de salulirité, serait placée, par les soins et aux frais de la ville, sur les immeubles dont Taménagement aurait été reconnu satisfaisant.
Ce ne serait là, somme toute, que l'introduction en France de la réglementation sanitaire appliquée en d'autres capitales, et en vertu de laquelle toute maison, avant d'être occupée, doit être reconnue hygiéniquement habitable.
LoGEHEriTS GARKis. L'industrie des hôteliers logeurs peut être divisée en trois catégories d'après l'importance de leur nombre :
i^ Hôtels des quartiers populeux excentriques, au nombre d'environ 6000 pouvant loger 200 000 habitants;
â^" Hôtels recevant les négociants, voyageurs de commerce, touristes, etc. occupant surtout le centre de la ville; leur nombre est d'enriron 3000, et ik peuvent recevoir 80 000 personnes ;
S"" Hôtels ne recevant que les gens très-riches, les gros industriels, les hanU fonctionnaires, occupant la rue de Rivoli, le boulevard des Italiens, etc., a< nombre de 1000 et pouvant recevoir 30 000 personnes.
L'accroissement des locataires, surtout dans les hôtels appartenant à la pftmière de ces catégories, a pris un développement excessif en ces dix demiini années.
Le document suivant, dont les éléments sont empruntés à la préfecture de police, est très-probant à cet égard. C'est la statistique du nombre des gtfnis et des locataires exbtant dans ces garnis au premier jour de chaque annéév de I i875 i 1883 :
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