LOCATAIRES
PRARÇAU.
113,987 Kl, 183 131,397 119,316 159,934 i i0,4it 166,692 181,182 196,229
U)CATAIRES
ÉTRAXGBIIS.
TOTAL
A ne prendre que les dates extrêmes de ce tableau, on trouve qu'en 1875 tt97 garnis contenaient 113987 Français et 18 656 étrangers; en tout : ISS 643 locataires. En 1883, le nombre des garnis est de 11 753, contenant 43935 étrangers et 196 229 Français; en tout : 240 164 locataires. Le nombre des garnis ne s*est augmenté dans cette période que de 2456 et le chiffre de kors locataires s'est accru de 107 521.
Ainsi, en même temps que la population de Paris s'accroissait en sept années d'environ 300 000 habitants et passait de 2 000 000 à 2 300 000 habi- Unts, en augmentant de 15 pour 100, la population des garnis augmentait, elle, de plus de 80 pour 100 ; et ceci alors que le nombre des garnis ne s'accroissait que de 20 pour 100.
Aeoap sûr, il y a des garnis de dimensions et de dispositions plus convenables qu'autrefois dans le nombre de ceux qui ont été installés en cette période; mais, dans b plupart des cas, c'est par une diminution de la surface louée dans chaque ancien garni que cet accroissement de locataires a pu être obtenu ; il a donc fallu riduire, dans une proportion effroyable, l'air, l'espace, le confortable, déjà très- Rstreints, réservés à la population forcée de recourir à ces appartements.
D'après la déposition rÀ:ente du syndic des hôteliers logeurs de Paris, il y urait actuellement (nov. 1884) une diminution considérable du chiffre des liibitants des garnis, surtout de ceux qui sont occupés par lit population ouvrière, diminution due à un certain nombre de grèves, au ralentissement général des lnvanx et à l'accroissement considérable des maisons nouvelles qui ont enlevé mx vieux garnis une partie de leur clientèle.
Malheureusement cette diminution d'habitants ne modifie en rien les desiderata de ceux des logements qui demeurent encore occupés parce qu'ils sont plus au centre, et pour lesquels, en raison de cette situation, les propriétaires 'aiposent toijyours des loyers d'un prix exagéré.
Depuis cette période d'encombrement des maisons consacrées à une fraction niable de la classe ouvrière, l'opinion publique s*est émue d'une situation devine chaque jour plus misérable et plus dangereuse; Du Mesnil, Napias, Martin, en ont fait l'objet de rapports d'une désolante réalité; Harjolin a démontré à quelle existence intolérable étaient condamnés les malheureux 'obligés à la vie de garni à bon marché :
i Comment, dit-il, obtenir de la propreté d'une malheureuse famille qui ^ quitte un logement infect que pour rentrer dans un autre encore plus délal>ré? Pour avoir une idée réelle de la malpropreté révoltante et de la dégradation ^ certains logements, il faut y pénétrer au moment où ils vieuneuN. di&Vx^
iibandonnés par un de ces locataires pouvant â peine donner pour son gîte 1 franc h i fr. 25 par semaine.
a Trop souvent, le nouvel occupant, tout aussi misérable que son devancier, trouve en entrant les vitres brisées, remplacées par du papier. Quant h la cheminée ou au fourneau, souvent encore il n'en reste que les fragments, le carrelage est défoncé et joncbé d'ordures et de débris de toute sorte.
(( Et lorsque dans cet infect et étroit réduit cinq on six personnes sont obligées de vivre, ne présagez-vous pas quelles seront les conséquences d*un pereil encombrement, surtout, ainsi que nous ne l'avons que trop souvent observét lorsqu'une maladie aussi contagieuse que l'ophtbalmie purulente, le croup ou la variole, vient à se déclarer?
« Dans ces circonstances, nous nous sommes demandé si, au milieu d'une population aussi agglomérée, le traitement k domicile ne constituait pu no véritable danger pour les voisins, et s'il ne serait pas plus sage, dans l'intérSt général, d'engager et même de presser les parents de conduire le malade i l'hôpiul.
« Enfin, un danger ft signaler, en cas de décès, c'est que, malgré tonte Tadivité que l'on peut mettre dans l'enlèvement du mort, le séjour de son corps dans ce réduit et la conservation des objets de literie et des effets contaminés, non purifiés, deviennent autant de causes d'infection.
« Pour se faire une idée exacte de ce que peut être l'encombrement et de ses tristes conséquences, il ne faut pas se contenter de lire les diilTres consignés dans les recensements officiels de la population indigente, il faut, pour s'instruire, voir de ses propres yeux. Alors seulement on comprend toute l'étendue du mal physique et moral que peuvent produire ces agglomérations d'indiridos de tout Âge vivant ensemble. Cinq, six, et parfois plus dans la même chamlve et souvent couchant deux, trois et quatre dans le même lit, il ne fant pas ensuite s'étonner de la démoralisation résultant de pareils faits.
(( Que l'on se figure, d'après cela, ce que peut être l'air respiré par autant d'individus renfermés dans un réduit, où l'on fait la cuisine sur un fourneau de fonte, devant lequel, en hiver, sèchent des langes, des couches, de vieilles bardes, et où sont accumulés des débris de toute sorte i» (Harjolin, Étude sur les causes et les effets des logements insalubres. Paris, 1881).
Nous n'insisterons pas sur le détail de toutes les causes d'insalubrité signalées, en ces dernières années, en certaines agglomérations qui, en plein PUtf, s'étaient créé des refuges improvisés en des quartiers abandonnés, sans maisons, i comme la population de la fameuse cité des Kroumirs.
C'est chose certainement redoutable pour la santé publique que l'aocumi^ . laliou de misérables familles sous des abris éventuels comme ces baraqM jg cabanes, voitures de saltimbanques, où elles vivent au milieu de chiffiw» ftd'immondices, sur un sol qui n'a pas été aménagé, sans cabinets d'aisance, d S où déjà surgissent tant de causes d'infection pour les malheureux qni b j^ occupent. Mais, suivant nous, il y a des installations plus dangereuses enooR' 1. telle est l'occupation, par une population dense et nombreuse, de grant \ immeubles, à cinq ou six étages, d'apparence souvent architecturale, mais itâ *. la misère et l'encombrement des habitants compromettent la salubrité; daai )* lesquels l'insuffisance ou l'absence de l'eau, la promiscuité et la malpropreté ^ des latrines, concourent à la propagation de toutes les inOuences morbides ; et r 01/, enÛD, toutes ces conditions d'infeclion s'augmentent encore du fait de cir- p
constances d'ordre moral à peine soupçonnées, que nous ont révélées plusieurs TÎsites, laites au nom du Conseil d*hygiène de salubrité, spécialement celle de la dté Jeanne-d*Ârc où nous avait convié le préiët de police, et qui motiva de ootie part un rapport dont nous reproduisons le résumé :
f Cette cité peut devenir^ en temps d'épidémie, un redoutable foyer d*infec« tioDf en raison surtout des circonstances suivantes :
f 1* Superposition en cinq étages d*une population de plus de 2000 habitants» en des appartements presque tous trop étroits et qui, sauf ceux du nordot. De prennent jour que sur des cours intérieures ou une ruelle large à peine de 5 mètres.
€ S* État de dégradation du sol des cours et de celui des appartements, jont le parquet arraché laisse les immondices s'accumuler dans les interstices des plafonds*
c 9* Encombrement des cours, gouttières, magasins non loués, par des dâiris et immondices de tout genre.
i 4* Promiscuité et difficulté d*accès de quelques-unes des latrines qui, en oatre, n'offrent pas la pente suffisante pour empêcher le reflux des matières fiqoides dans le couloir commun et même dans Tappartement voisin.
€ 5* Enfin, et surtout, faculté de pénétration des rôdeurs nocturnes qui, diaque soir, envahissent les caves, magasins et appartements vacants ; de ce dingereux voisinage résulte, pour la population régulière, lobligation de se renfanâdr, de se barricader chez elle; et sans doute la souillure des cours et des exaliers, par la projection des vases remplis de matières excrémentitielles, tient pour une bonne part à la crainte, chez les femmes et les enfants, de quitter leurs appartements pour se rendre aux latrines communes. »
On a cherché, en ces derniers temps, à réglementer d'une manière plus efficace Hygiène et la surveillance de toutes ces installations. Par arrêté en date du 20 juillet 1883, le préfet de police a institué un service d'inspection de la alubrité des garnis, qui sera fait désormais par cinq inspecteurs titulaires et quatre suppléants, tenus de fournir dans les quarante-huit heures leur npport sur les garnis qu'ils auront été invités h visiter.
Toicî» d*autre part, en ce qui touche particulièrement Thygiène, les princifiox articles de Tordonnance du préfet de police, en date du 25 octobre 1883, or les logements loués en garni :
Ari. S. — Aucune maison ou partie de maison ne pourra être livrée à la location en ivni qu'après une déclaration faite à la Préfecture de police.
Art, 5. — Cette déclaration devra être accompagnée : — i*de Tacte de naissance du déclarut; — 2* d'un certificat de résidence et de moralité délivré par le commissaire de police ^ n circonscription ou par le maire de sa commune ; — 3» d'un extrait de aon casier jadicis!re délivré depuis un mois au plus; — 4* d'un état indiquant le nombre des chanibres 4muBt être louées en garni, avec leurs dimensions exactes, ainsi que le nombre des lits Moienus dans chacune d'elles.
Ari. 4. — Le logeur ne pourra recevoir des locataires qu'à partir du jour où il lui aura lié délivré par la Prélecture de police un récépissé de sa déclaration.
AH. 5. — Ce récépissé mentionnera les nom et prénoms du logeur, la rue et le numéro éa garni, le nombre des locataires que chacune d elles pourra contenir. — Il ne sera délivré ^ÊB si le logeur présente, au point de vue de la moralité, des garanties satisfiiisantes, et i les locaux proposés sont reconnus salqbres dans les conditions indiquées ci-après.
Art. 6. ^ La déclaration doit être renouvelée toutes les fois que le garni sera tenu par fm nouvel exploitant.
Art. il. — Le nombre des locataires qui pourront être reçus dans chaque chambre sera proportionnel au volume d'air qu'elle contiendra. Ce volume ne sera jamais inférieur à f|Qatone mètres cubes par personne. La hauteur sous plafond ne devra pas être vq£^«qx«
i 2 mètres 50 centimètres. — Le nombre maiimum des personnes qa*il sera permis de recevoir dans chaque pièce y sera affiché d'une manière apparente.
Art. 12. — Le sol des chambres sera imperméable et disposé de façon i permettre de fréquents )a?age5>, à moins qu'il ne soit planchéié et frotté à la cire on peint au siccatif.— Les murs, les cloisons et les plafonds sei^ont enduits en plâtre; ils seront maintenus en état de propreté et, de préférence, peints à Thuile ou badigeonnés à la chaux. ^- Les peintures seront lessi?ées ou renouvelées au besoin tous les ans. — On ne pourra garnir de papier qoe les chambres à un ou deux lits» et ces papiers seront remplacés toutes les fob que eisli sera jugé nécessaire.
Art. 19. — Les chambres devront être convenablement ventilées. — Les chambrées, c'està-dire les chambres qui contiennent plus de quatre locataires, devront être pourvues d'une cheminée ou de tout autre moyen d'aération permanente.
Art, 14. — Il est défendu d'admettre dans les chambrées des personnes de sexes différent!.
Art, 15. — Il est interdit de louer en garni des chambres qui ne seraient pas éclairées directement ou qui ne prendraient pas air et jour sur un vestibule ou sur un corridor éclairé lui-même directement. — Les chambrées et les chambres qui contiendraient pin de deux personnes devront toujours être éclairées directement.
Art, 16. — Il est interdit de louer des caves en garni. Les sous-sols ne pourront être loués en garni qu'en vertu d'autorisations spéciales.
Art. 17. — Les cheminées et conduits de fumée doivent être établis dans de bonnes conditions au point de vue du danger d'incendie. Les conduits auront des dinnenaions on des dispositions telle : que la chaleur produite ne puisse être la cause d'une incommodité grave pour les habitants de la maison. — Les conduits seront, en outre, entretenus en bel état et nettoyés ou ramonés fréquemment [ordonnance de police du 15 septembre 1875).
Art. 18. — Il n'y aura pas moins d*un cabinet d'aisances pour chaque fraction de vingt habitants.
Art, \9. — Ces cabinets, peints au blanc de zinc et tenus dans un état constant de propreté, seront suffisamment aérés et éclairés directement. — Un réservoir ou une conduite d'eau ea assurera le nettoyaj^e. — A défaut de l'éservoir ou de conduite d'eau, une désinfection joomalière sera opérée au moyen d'une solution (1) dont quelques litres seront toujours laissés dans les cabinets. — Les cabinets devront être munis d'appareils à fermeture automatique. Si l'Administration le juge nécessaire, un siphon obturateur sera établi au-dessous de eetle fermeture. — Le sol sera imperméable et disposé en cuvette inclinée, de manière i ramener Tes liquides vers le tuyau de chute et au-dessus de l'appareil automatique. — Les urinoini s'il en existe, seront construits en matériaux imperméables. Ils seront à effet d'eau.
Art. 20. — Les corridoi*s, les paliers, les escaliers et les cabinets d'aisance devront être fréquemment lavés, à moins qu'ils ne soient frottés à la cire ou peints au siccatif, aiari que cela a été prescrit pour les chambres (art. 12). — Les peintures seront de ton dair.
Art. 21. — Les plombs seront munis d'une fermeture hermétique, lavés et désinfecta souvent. — Les gargouilles, caniveaux et tuyaux d'eaux pluviales et ménagères, seront eoUe- < tenus avec le même soin. i
Art, 22. — Chaque maison louée en garni sera pourvue d'une quantité d'eau sufOiante : pour assurer la propreté et la salubrité de l'immeuble et pour subvenir aux besoins dH > locataires. N
Art. 23. — Un service spécial d'inspecteurs de la salubrité des garnis est chargé ds ^ s'assurer que les conditions exigées par la présente ordonnance sont remplies. Les logeon ^ sont tenus de les recevoir aussi souvent qu'ils se présenteront.
Art, 24. — Toutes les fois qu'un cas de maladie contagieuse ou épidémique se sera mani- ^ festé dans un garni, la personne qui tiendra ce garni devra en faire immédiatement h ;^ déclaration au commissariat de police de son quartier ou de sa circonscription, lequel unt i^ transmettra cette déclaration. — Un médecin délégué de l'Administi'ation ira constater 11 i nature de la maladie et provoquer les mesures propres à en prévenir la propagation. — U ■ logeur sera tenu de déférer aux injonctions qui lui seront adressées à la suite de c0Us i; visite. im
Caserkes. La garnison de Paris est repartie, on le sait, dans les casernes de ^
la ville même et dans les loris extérieurs à Teticeinte. Nous insistons sur cette ^ répartition, parce qu*elle entraîne Tune des plus évidentes démonstrations de ^influence nocive du milieu urbain sur la santé des nouveaux venus à Ptfisi surtout quand ils y viennent à Tâge de réceptivité aux principales maladiei iransmissibles. Nous pouvons dire, en effet, en nous basant sur une expërienoe de chaque jour, que, dans leur ensemble, ces dernières aflections sont à pea
PARIS. i6^
près exclusifes aax troupes casernëes en ville, celles qui résident dans les forts en étant à peu près indemnes, et ne subissant en reTanclie qu*un cliiHre un peu plus élevé Je ces affections à frigore : diarrhées, bronchites, rhumatismes, qui, soit par leur bénignité, soit par leur non-contagiosité, ne peuvent, au même litre que les précédentes, compromettre Tétat sanitaire général et la valeur des effectifs.
Parmi les forts qui environnent la capitale, il n'en est guère que deux qui ne «mMent pas bénéficier de cette situation excentrique : d'une part, le fort de Vineennes dont, il est vrai, Teffectif offre la proportion de population d'une petite ville, d*autre part celui d'Âubervilliers, qui subit forcément, pour sa.part, i'infiiience générale d*însalubrité de la banlieue nord de Paris, où cette insalu- Ivité acquiert son maximum, vu le nombre relativement si élevé, en cette région, des établissements : dépotoirs, épurations d'huile, de graisse, nourrisserie de pores, qui entraînent les ânanations les plus infectes.
Quant aux casernes intérieures de Paris, elles peuvent se partager en deux poupes principaux : les unes dont l'édification remonte à une époque éloignée eNBme celles de l'École militaire, du quai d*Oi*say, de la Pépinière, des Sniines, de Babylone, des Célestins, de Toumon, du Yieux-Colombier, qui teent de près d'un siècle et où, par conséquent, ont pu s'accumuler les germes iBorbides laissés par de nombreuses générations; d'autres plus modernes CHtttruites il y a quelque trente ans, sous le second Empire : Reuilly, Princebgèoe, Napoléon, et qui offrent, au point de vue hygiénique, le grand inconvénient d*étre encore trop centrales, d'accumuler trop d'habitants, et, pour les deux dernières, d'être bâties en parallélogrammes fermés à cour intérieure, par conséquent en dehors des conditions d aération les plus favorables.
n est bien certain, en ce qui concerne ces casernes, qu*il y a beaucoup à Ure pour les transformer en types de résidence salubre ; surtout s'il s'agit des plus grandes, où naturellement se multipUent les chances d'expansion de toute ^^mie dont le germe y aura pénétré : tel est, en particulier, le cas de l'École iîilitaire qui, avec ses annexes, abrite un effectif de plus de 5000 hommes.
Ce que nous pouvons affirmer, c'est que l'hygiène intérieure de ces établisseiMits est l'objet de la sollicitude constante de l'autorité militaire, qui a coniicré, dans la mesure du possible, les propositions d'assainissement que nous lai arons adi^essées en ces dernières années : réfection des vieux parquets, blanchissage des murs, désinfections périodiques par la combustion du soufre, évacuation des quartiers contaminés, transformation des anciennes latrines en lonDeaux mobiles préalablement désinfectés (système Goux); établissement, t«fin, dans cliacune de ces casernes, d'un système d'aspersion d'eau tiède per- Uiettant de laver les hommes au moins deux fois par mois.
Loin de nous la prétention d'avoir ainsi supprimé toute cause intrinsèque SQsœptible de concourir au développement d'une épidémie ! mais nous aurions Ut plus encore, obtenu la substitution, sur place, aux casernes actuelles de locaux neufs, conformes par leui*s dispositions intérieures aux règles de Thygiène, guenons serions loin cependant d'oser en affirmer la salubrité; car plus nous observons, plus nous sentons croître notre conviction qu'à Paris, dans l'apparition 4es épidémies de casernes, le danger principal surgit du voisinage. Quand nous traiterons plus loin de la fièvre typhoïde, de la diphthérie, et de leurs ^uudifestations dans la garnison, nous verrous rinfluence sur nos soldats de l'état sanitaire de la population environnante. L'entourage peut comprometUe motaeaVAr
see PARIS.
Dément la plus salubre de ces casernes; nous pouvons citer celle de Schomberg, datant d'un an k peine, supérieure à tous égards à la plupart des habitations, même les plus aisées, de la capitale, et qui cependant a pajé son tribut à la fièrre typhoïde endémique dans les rues voisines.
La meilleure condition d*habitat pour le soldat à Paris, c^est Téloigiienient des quartiers populeux. De toutes les casernes intérieures, la plus salubre est cdle dite des Toumelles, près du Lie Saint-Fargeau, soustraite par son altitude, sa situation excentrique, aux causes d*insalubrité urbaine, et renfermant knt inconvénient un régiment tout entier.
Quand une épidémie éclate dans une caserne de province, on obtient haUtôdlement les résultats les plus efficaces de l'emploi des désinfectants actuelleaienten honneur, et particulièrement de l'acide sulfureux ; les germes mort>ides une ftis détruits, de longues périodes peuvent s'écouler avant leur introduction d^ns l'éta-^ blissement purifié. 11 n'en est pas de môme ici. La désinfection des casernes de Paris ne peut avoir que des effets temporaires : de nouveaux germes importés de l'extérieur viennent, souvent à brève échéance; ronplacor ceux que l'on a détmtts.
Ce n'est pas seulement Tatmosphère contaminée de la grande ville, œ ne pas les contacts suspects qu'ils y subissent, qui constituent pour les soldats source de danger tout à fait extrinsèque à leurs habitations; c'est encore la qualité de l'eau que leur fournit la ville et qui est exclusivement de l'eau de rivière : Ourcq ou Seine. Bt cependant des branchements de la Vanne passent à portée des principales casernes ; à part bien d'autres motifs, les soldats ne dovraient-ils pas en recevoir les premiers en raison de leurs aptitudes morbides toutes spé-* ciales? Aussi considérerions-nous comme un bienfait pour la garnison de Pttîs l'adoption des projets que nous avons présentés à l'effet d'introduire en chaque caserne, par une canalisation spéciale, une quantité d'eau de sources relitîvement minime, ce qui diminuerait la dépense, mais qui suifuait, careik serait destinée exclusivement à être bue.
Lycées. Plusieurs de ces établissements laissent à désirer au point de vue de l'aération et de la lumière; on va reconstruire prochainement l'un des plm anciens, le lycée Louis-Ie-Grand ; bien des modifications sont à introduire dans les lycées Saint-Louis, Henri IV, etc.« pour leur donner l'air et la lumière qù leur font défaut.
De nouveaux établissements, conformes aux exigences de Thygiène moderns, vont d'ailleurs diminuer l'encombrement de ces anciens centres d'instructioB. Récemment, on a inauguré, à Passy, le lycée Jeanson de Sailly, et sur les hauteurs de Sceaux, en face de Fontenay-aux-Roses, dans un site ravissant, k lycée Lakanal n'attend, pour ouvrir ses portes, que la fin des travaux d'orginisation intérieure.
Enfin, il y a quelques mois, le conseil municipal de Paris, mettant tm terme à des négociations engagées, depuis 1879, avec l'État, a décidé la créalisB de deux nouveaux lycées en des quartiers jusqu'ici déshérités, l'un bouleitfd de Vaugirard et Tautre avenue de la République.
Écoles. La fréquence des épidémies, surtout de diphthérieet de fièvres érop* tives, qui débutent ou se propagent par les écoles, a été signalée à plusienff reprises par le Conseil d'hygiène publique et de salubrité de la Semé, qui a dA souvent réclamer la fermeture de ces écoles ; il est nécessaire que l'enfiat J soit également surveillé au point de vue de sa santé personnelle et de développement.
Le 15 décembre 1885, le prcfet de la Seine t organisé le service de l'Inspeclion mëdietle des écoles primaires et matemelles de la ville de Paris. Nous extrayons les articles les plus saillants de ce long arrêté :
ilrf. 2. ^^ Les établissements scolaires publics de la ville de Paris seront groupés en cireoDscriptions d'inspection médicale, de laçon que chaque circonscription ait un erfectif et qoÊBM à vingt dasses.
Jftf. 10. — Ibate éoole primaire on école matemeDe publique devra recevoir, deu fols par mois, la visite du médecin inspecteur.
Le médecin inspecteur devra, en outre, procéder à des visites supplémentaires dans les élabliasements de sa cireonseription, toutes les fois qu'il en sera requis par le maire de riimdisseiiient oa par fadministration préfectorale.
Àri. il. — à. son arrivée dans chaque établissement, le médecin inspecteur oommenoera par procéder à nn examen des localités autres que les classes (vestibules, préau couvert» ésor de récréation, cabinets d'aisances, urinoirs, etc.).
n aen accompagné, dans cette visite, par le directeur (ou lu directrice] auquel il adresm las observations on recommandations que pourrait lui suggérer l'état des localités. D visitera ensuite chacune des classes.
Après s'être rendu compte des conditions hygiéniques de la salle au point de vue de fUairage, an chauflhge, de la ventilation, de l'aménagement du mobilier, etc., etc., il paaédcra à Teiamen des enfants, et en particulier de ceux qui lui seraient signalés par le dncteur (ou la directrice) comme présentant des symptômes d'indisposition.
iif. 15. — Une fois par mois, au moins, le médecin inspecteur, pendant sa visite dans rétsMissemeat, devra procéder à un examen attentif et individuel des enfants au point de Vit des dents, des yeux, des oreilles et de Tétat général de la santé.
Un bulletin, certifié par lui et destiné à la (amille, sera remis à chaque enfant qui serait neomia présenter une affection de la bouche, des yeux ou des oreilles, ou dont l'état général oieessiterait une surveillance ou des soins particuliers.
Sri. 14. — Les enfiints chez lesquels le médecin inspecteur, pendant sa visite, aura ntonnu les symptômes d'une affection contagieuse, seront immédiatement renvoyés chex km parents, avec une lettre d'avis indiquant le motif de ce renvoi.
Cette lettre fera connaître aux parents que l'enfant ne pourra être admis de nouveau dans rétablissement qu'après s'être pr^nté i la consultation du médecin inspecteur et en avoûr obtenu un certificat constatant que sa rentrée peut avoir lieu sans inconvénients.
Théâtres. Une ordonnance récente (IBmai 1881)aété renduepar lepréfetde police au point de vue spécial des incendies, ordonnance imposant diverses dispositions qui ont trait à l'ouverture permanente des portes sur tous les points oh existent des dégagements, à Tallumage des lampes partout oii les consignes spéciales en ont prescrit le placement, à la liberté des passages et couloirs, tiop souvent encombrés par les sièges ou tabourets, en un mot, toutes les Dttures propres à assurer la iacile circulation du public en cas d'alerte.
Les inconvénients hygiéniques banals de ces théâtres sont moindres, à nos jBox, que ceux de cette masse de cafés-concerts remplis de fumée où s'entassent hommes et fenunes; et qui concourent, pour une large part, au développement des affections causées par l'abus des alcooliques et le tabagisme.
Établissembrts classés. Les ateliers, usines, magasins, etc., classés, par if^lication du décret du 15 octobre iSlO, dans Tune des trois catégories des ÂaÂlissements dangereux, insalubres ou incommodes, sont astreints à l'obligation d'une autorisation préfectorale et à certaines mesures de sûreté et de salubrité. La première classe comprend les établissements qui doivent nécessairemen t ^ éloignés des habitations particulières (abattoirs publics, fabriques d*acide salfurique, dépotoirs, etc.).
Dans la deuxième classe sont rangés ceux dont l'éloignement des habitations n'est pas nécessaire, mais dont les opérations doivent être exécutées avec cer- Uioes précautions (amidonneries^ fabriques de caouchouc, etc.).
EnGn à la troiûème classe appartieaneDt ceux qui peuvent être laissés près des habitationsy mais qui sont soumis à la surveillance administrative (brasseries, buanderies, briqueteries, savonneries, etc., etc.).
Le nombre des établissements classés autorisés dans le département de la Seine s'élevait, le 31 décembre i885, à 6032, en augmentation d'environ 400 sur celui de Tannée précédente, qui était de 5630 ; le nombre des établissements nouveaux, en cette seule année 1883, s*élève même à 784, car il en a disparu 382 anciens.
Si nous n'avions pas riionneur d'appartenir au Conseil dliygiène publique at de salubrité de Paris, nous dirions avec quel soin, quelle compétence acienti* fique, sont établis les rapports des membres délégués ï l'examen de chaque nouvelle demande d'exploitation, avec quelle scrupuleuse attention leurs conclusions sont discutées en plein Conseil.
Ce qui rend malbeureusement tous ces eflbrts parfois inefficaces, c'est l'impoisibilité de refouler aujourd'hui, à distance suffisante, des établissements autorisés de longue date, qui, situés lors de leur fondation en dehors des quartiers habités, sont actuellement entourés de constructions particulières, et dont quelques-uns sont même devenus le noyau de centres populeux.
Dans une de ses dernières séances (29 octobre 1884), le Conseil municipal a émis le vœu :
« Que les dépotoirs et fabriques annexées à ces dépotoirs soient rejetés hors do département de la Seine;
Que les industries dégageant des odeurs incommodes et insalubres, telles que les fabriques de graisses, de bougies, dépôts de boues et ordures, d'engrais, les porcheries, les boyauderies et les féculeries, soient l'objet d'une surveillanoe rigoureuse; que de nouvelles autorisations ne soient accordées qu'avec une extn^me réserve, et que, dans tous les cas, on tienne compte des oppositions des populations directement intéressées. »
Que de temps il faudra pour réaliser ces vœux si légitimes I
Ces établissements sont à peu près également répartis dans Paris même et dans la banlieue ; mais dans cette banlieue la région du nord (plaine Saint-Denis, Aubervilliers, Clicliy, La Yillette, etc.) renferme, à elle seule, à peu près la moitié de ceux de ces établissements qui ne sont pas en ville.
Ils constituent, par leur ensemble, une redoutable ceinture d'infection compromettant la salubrité de toutes les résidences suburbaines, et contaminant ton les courants d'air dirigés sur Paris, quelle qu'en soit l'orientation (voy, p. 251).
Au point de vue de la surveillance, chaque établissement est visité au moiDS / deux fois par an, à des époques indéterminées. ^
D'après le rapport général annuel sur le service des établissements dassJii ■ pendant l'année 1883, ce service a fourni 15 350 rapports qui se décomposeot f de la manièii) suivante : f
Visites périodiques d*éubli&sements classés 10,669
Visites ches les débiUnts d'iiuiles minérales 3,291
Visites d'éiablis»emeuts en formation 470
Visites faites à la suite de plainte» ou de réclamations. . . 919
Total 15,3S0
156 procès-verbaux ont été dressés, eu cette même année, contre les industriels qui n'avaient pas obtempéré aux injonctions de l'administration. CiMETiÈRKS. Consacré aux inhumations dès le douzième siècle, entouri ii
murs sons Philippe-Auguste, i le cimetière des Innocents avait été primitÎTement ëtaUi, dit Raoul de Presles (Comment, mr la cité de Dieu^ liv. V, c. xxt), hors et loing de la Tille, si comme on le faisait anciennement, car Ton faisait et les boucheries et les cimetières tout hors des cités, pour les punaisiez et les corroptions eschiever. i
Pëodant longtemps le cimetière des Innocents fut ouvert aux passants, et Bême aux animaux» et ne fut clos de murailles qu en 1186, sous Philippe- Àugocte. La mesure était bien nécessaire.
f Cétaitt dit Guillaume le Breton , un dépôt général d*immondices et de
nielés, qui servait de lieux d'aisances à la plupart des habitants et, qui pis est,
le lieo de dAauclie aux femmes publiques. » Dans la suite, on construisit
tout autour de la clôture une galerie voûtée, appelée les charnière^ où Ton
eMerra les gens riches; cette galerie sombre, humide, pavée de tombeaux, ser-
nit de passage aux piétons ; elle était bordée d'étroites boutiques de modes,
de Kngerie, de mercerie, de bureaux d'écrivains publics, etc.
Peu à peu cette étrmte nécropole devait être surchargée de cadavres, et pour
éeQDomiser la place on avait dû recourir au système des fosses communes dont
Fourcroy nous a donné la description :
f On appelait fosses communes des carités de 30 pieds de profondeur et de M de largeur dans leurs deux diamètres, dans lesquelles on plaçait par rangs tiès-serrés les corps des pauvres renfermés dans leurs bières.
La nécessité d'en entasser un grand nombre obligeait les honmies chargés de cet emploi de placer les bières si près les unes des autres, qu'on peut se figurer eei fasses remplies comme d'un massif de cadavres séparés seulement par des planches d'environ six ligues d'épaisseur; ces fosses contenaient chacune 1000 \ 1500 cadavres. Lorsqu'elles étaient pleines, on chargeait la dernière couche kg corps d'environ 1 pied de terre et on creusait une nouvelle fosse à quelque iitance. Chaque fosse restait au moins trois ans ouverte et il fallait ce temps ftur la remplir.
Celaient autant de vastes foyers de corruption que contenait cette enceinte. Cependant le sol gonflé par ces dépots si nombreux excédait de plus de 8 à lO pieds le niveau des rues, avec lequel il fallait parvenir à l'accorder. D'ailleurs nulle interruption n'avait eu lieu dans les inhumations de l'églirie. Des ooqM récenunent inhumés reposaient dans ses parois. Enfin d'innombrables milliers d'ossements successivement rejetés du sein de cette terre, qui depuis longtemps rassasiée de funérailles s'ouvrait encore chaque jour pour s'en pénétrer de nouveau, étaient entassés sous les toits et contenaient les débris de plotteors générations que le temps avait engloutis ».
Poar compléter les causes d'insalubrité qui existaient sur ce point de Paris, Une rigole, qui recevait tous les immondices des habitants, avait été creusée autour du cimetière. Comme il n'y avait de latrines qu'au cinquième étage, diaque malin cette rigole était remplie et, pour la nettoyer, on ti*ansportait les iouoondices dans la rue voisine, d'où elles étaient enlevées. Ces manipulations) danslété surtout, étaient une source d'émanations infectes. C'est à la fin du siècle dernier qu'on décida la suppression de ce dangereux foyer. L'opération fut pratiquée eu trois périodes : i* Du mois de décembre 1785 au mois de mai 1786 ; ^* Du mois de décembre 1786 au mois de février 1787 ; «i* Du mois d'avril suivant à janvier 1788.
Les corps relevés dans le cimetière des Innocents» d'après la description donnée par Tbouret, étaient à difîérentes périodes de la déGomposition : « Depuis le cadavre à peine confié de la veille k la terre, les corps récemment déposés dans Téglise où nulle interruption n^avait eu lieu pour les con» cessions funéraires jusqu'aux temps les plus éloignés. »
Pendant le cours des travaux, une couche de 8 à 10 pieds de terre infectée, pour la plus grande partie, soit par des débris de cadavres» soit par les immondices des maisons voisines, a été enlevée de toute U surlace c du cimetière sur une étendue de 2000 toises carrées; plus do quatre-vingts caveaux funéraires ont été ouverts et fouillés; quarante à cinquante des fosses communes ont été creusées à 8 ou 10 pieds de profondeur» quelquesunes jusqu'au fond, et plus de 15 à 20000 cadavres appartenant à loulei sortes d'époques ont été exhumés avec leurs bières. Exécutées principalement pendant l'hiver et ayant eu lieu aussi en grande partie dans les temps des plus grandes chaleurs ; commencées d*abord avec tous les soins possibles» aveo toutes les précautions connues, et continuées presque en entier» sans en déployer pour ainsi dire aucune, nul danger ne s'est manifesté pendant le ooon de ces opérations. Nul accident n*a troublé la santé publique. » Aucun des contemporains de Thouret n'a protesté coutre l'autiienticité des faits contenus dans cette relation, que nous avons donc le droit de considérer oomme absolument sincère (Du Hesnil, Rapport de la commission des Cimetières^ Paris, 1881).
Qui pourrait affirmer cependant que de telles opérations aient été saus rapport avec les épidémies de typhus, variole, etc., si communes alors dans la population parisienne?
L'emplacement des cimetières actuels de Paris a été déterminé par Napoléon V^; situés en deliors de la zone habitée, ils ont été peu à peu gagnés par les habitations qui les enserrent aujourd'hui. Depuis longtemps Us sont devenoi insuffisants ; outre la création de trois cimetières périphériques, l'administratisn a riutenlion d'établir, à Héry-sur-Oise, une nécropole dans laquelle ne seraient délivrées que des concessions perpétuelles, de façon àdésafTecter défilnitivemeot» dans une période donnée, les cimetières qui se trouvent dans l'intérieur ds , Paris. Ce serait certainement un progrès pour l'hygiène de la cité.
Du Mesnil a cependant pris à tâche d'atténuer les inconvénients reprochés au cimetières actuels de Paris et d'en prouver Texagération :
({ Belgrand avait accusé les eaux d'infiltration d'infecter à grande distance la nappe souterraine (voy. p. 217). Pour établir d'une manière catégorique la part d'action que peuvent exercer sur Imfection de la Seine, soit les liquides putre^ cibles qui s'y déversent de tous les points de Paris, soit les eaux des cimetièiei qui atteignent la nappe souterraine avant son entrée dans le fleuvie, Belgrail aurait dû instituer un ensemble de rcclierclies auxquelles il est regrettaida qu'il n'ait pas songé. Elles auraient consisté, étant connu le trajet des eaox provenant du Père-Lachaise et du cimetière Montparnasse, avant leur arrivée m, Seine, à analyser l'eau de cette nappe sur plusieurs points de son tnget aodessus des cimetières d'abord, puis dans Tinlervalle qui sépare les cimetièns du fleuve, et à suivre ainsi les modifications progressives survenues* dans n composition. La question n'est donc pas résolue. »
D'autre part^ il résulte d'une note, fournie à Du Hesnil par la Sous-Directîoo des affaires municipales, que Teau des puits existant dans les cimetières n'étant
PiRIS. i7i
géoéraleaient pts potable m propre à la cuisson des légumes, en raison de la qmmtité des seb calcaires qu'elle contient, n'a pas été employée par les agents de rAdnûniitraCion, sauf toutefois dans les cimetières du sud (d*Ivry ancien), de La Chapelle et de La Villette, où cette eau a été utilisée par le personnel pour sa coosommaiîoB jusqu'à l'époque ob des concessions y ont été établies. Jamais il B*est résulté d'înooiiTénienis pour les agents qui en ont lait usage, aucun d'eu n'« été malade.
Après des expériences multiples et très-ingénieuses» portant sur l'air recueilli €t eiamîni< simultanément à Hontsouris et au milieu du cimetière H ontpamasse, Kqiial, d'antre part, est arrivé aux oonclnsious suivantes :
1* L*air du eimelière Montparnasse est chargé d'un nombre de spores de très-voisin du nombre des spores de même nature trouvées en sus* dans l'air du parc de Hontsouris.
t* Par les temps de pluie, les atmosphères du cimetière Hontpiumasse et de Intsourit sont d\me égale richesse en germes de bactéries; en temps de iMieresBe, les bactéries sont plus fréquentes au cimetière, oe qui parait dû au roilage et aux autres causes qui tendent à restituer à l'air des grandes villes in poussières finement pulvérisées qui recouvrent les voies publiques. Quoi fi'il en soit, quand le temps est beau et sec, l'atmosphère du cimetière est pins pauvre en bactéries que l'air en mouvement dans les rues du centre de ivis.
S* Parmi les bactériens récoltés au cimetière du Sud, il n'en est pas un qui, isjeelépar millions dans le sang des animaux vivants^ se soit montré capable de pradnî je des désordres pathologiques, même légers.
Enfin l'enquête de la Commission des cimetières lui a également prouvé :
I* Qoe, si dans le voisinage des anciens charniers, et surtout alors que les irimnations se faisaient dans les églises, on a pu observer des accidents résultant dn dégagement des gaz produits de la putréfaction, ces dangers sont devenus iMumeçt illusoires aujourd'hui qu'ils se répandent à l'air libre, bien que les fiaseriptions -des articles 4, 5, 6, du titre 1*' du décret du 23 prairial an XII, » soient pas strictement observées;
I* Que les gaz délétères ou gênants, produits de la décomposition des cadavres iahomés à l'",50, n'arrivent pas à la surface du sol ;
> Que dans Tespace de cinq ans la presque totalité de la matière organique a disparu et a été brûlée ; que par conséquent, dans les conditions actuelles des inhalations parisiennes, la terre des cimetières ne se sature pas, pourvu que bsol soit sulflsamment perméable ;
¥ Que par un drainage méthodique des terrains consacrés aux. inhumations SB aœâérera la rapidité des rotations qui pourrait être vraisemblablement *r<gée;
5^ Que dans l'état présent de nos cimetières il n'y a pas lieu de craindre l'inketien des puits du voisinage, alors que ces lieux d'inhumation sont à la fiilance réglementaire des liabitations (voy* Du Mcsnil, lac, cit.).
Nous ne saurions affirmer que la crémation des corps, réclamée surtout en taps d'épidémie, doive entraîner une réduction bien considérable de la morbi- £lé et de la mortalité parisiennes ; à priori^ c'est un progrès au point de vue hygiénique ; cette méthode de destruction des cadavres aurait toujours comme innd avantage la diminution d'encombrement des cimetières parisiens ; à ce ^ seul, elle mérite d'être micouragée, et nous nous sommes associé à nos
collègues du Conseil d'hygiène publique et de* salubrité, en fotant les propositions faites par Boumeville pour la crémation, à Paris, des corps ayant aenri à des études anatomiques (voy, Brouardel, Rapport au Comeil (Thygiène publique et de salubrite\ mars 1884). Cette incinération, à elle seule, supprimerait environ le douzième des corps à inhumer dans la capitale*
Morgue. Lorsque la Morgue a été créée, on ne prévoyait que le dépôt d'un certain nombre de cadavres et Tautopsie de quelques-uns de cem-ci en vue d'une opération judiciaire.
Brouardel a démontré {Projet de déplacement de la Morgue f Paris 1883) combien ces prévisions avaient été dépassées : i 11 y a vingt ans, on recevait à la Morgue 500 corps par an ; Tannée dernière, \ ,000 environ y ont été déposés. Pendant que le nombre des cadavres progressait ainsi et que Tinsuflisance de rûistallatioB s'accusait de plus en plus, le nombre des autopsies judiciaires augmentait considérablement, et chacune de ces opérations, grâce aux récentes conquêtes de h science médico-légale, se compliquait de plus en plus de recherches acoesscnns, soit chimiques, soit microscopiques, et d'expériences physiologiques pour lasquelles rien n'a été prévu dans l'ancienne Morgue •.
La création d'une Morgue organisée de façon à répondre aux services multiples qu'un établissement semblable est appelé à rendre, ne saurait donc étie retardée plus longtemps.
Au point de vue municipal, et à part les nécessités d'un enseignement pratique autrefois trop négligé, la Morgue actuelle est insuffisante. Le greffe où soûl reçus les parents ou amis des individus dont on recherche le corps ne comprend qu'une pièce constamment envahie par des familles auxquelles on doit foundr tous les renseignements. Pendant la plus grande partie de la journée, loot travail d'écritures, de statistique est interrompu, et pourtant les intérêts de la société veulent que les actes de l'état civil puissent être établis rapidement et sans distractions préjudiciables.
Iiorsqu'une autopsie exige un examen microscopique, et il en est preiqtt toujours ainsi, il faut actuellement porter les pièces à examiner dans un labontoire quelconque, c Ces reclicrches, continue Brouardel, doivent étie faites k* unes à côté des autres, suus une même direction, les résultats d'un de ces air mens étant nécessairement le contrôle de la valeur des autres.
Mais si, au lieu de concentrer ces recherches, on les dissémine, on aboutit 1 l'incertitude : transports multiples des bocaux, des pièces anatomiques, traiail isolé, sans direction, et on se trouve, après des efforts hicoordonnés, dans l'impossibilité de démontrer qu'il y a un coupable ou, chose plus grave encore, que des innocents seuls ont été mis en cause. De jdus, ces déplacements entraioeet forcément, pour les expertises, des lenteurs très-regrettables pour les inculpés souvent détenus.
Ces deux arguments nous semblent suffisants pour démontrer que h Morgue doit posséder tous ses organes essentiels et que, tant qu'ils 9Êk seront pas groupés, les intérêts de la justice pourront être sérieusemiri compromis ». g
Ces justes observations ont porté leurs fruits, et décidé la construction d'M nouvelle morgue.
ÀLiMENTATioif. Tout a bicii changé sous ce rapport, non-seulement au féÊl de vue des heures des repas, car on s'éloigne chaque jour davantage ds ^'application du dicton ayant cours sous François I*' : r
Lerer à einq, dinar à neuf, Souper à cinq, coucher à neur.
Fait TiTre d'ans nouante et neuf,
au poiiit de tus de la nature de l'alimentation qui est devenue tout autre cemme qualité et quantité ; le peuple oonsommait peu de viande au moyen âge, ei parmi les Mgumes de Tëpoque» ail, pois, fôves, oignons, cerfeuil, pôreaux, navets, anis, fiusait défaut celui qui devait prendre une part si eoDsidérable dans la eonsommation publique : la pomme de terre. La farine de fiement ooostitnait dé|à, il est vrai, Tun des éléments principaux de Talimentation M» forme soit de pain plus ou moins grossier, soit de gâteaux, galettes, etc.
De 1789 A 1791, d'après Lavoisier, il avait été consommé par année M6 SIS 500 livres de pain, soit environ 100 millions de kilogrammes. Ce qui représentait M3 grammes par tête et par jour.
D'après Tannuaire de la ville de Paris pour 1882, la consommation de pain
i*cst élevée en cette année à environ 355 millions de kilogrammes, soit pour
chaque habitant une consommation moyenne de 158 kilogrammes par an ou de
4S4 grammes par jour. Les calculs de Morillon, répétés pendant quinze ans, lui
nt cependant démontré que la consommation journalière de pain atteignait A
peine aujourd'hui 400 grammes (Horillon, Rapport sur les comommatioiu de
PÉris, etc.), soit 62 grammes de moins qu'au temps de Lavoisier (1789-1701).
KBérHiee qui s'explique par Tamélioration génârale du régime alimentaire
lémltant de Tarrivage plus considérable des autres denrées de consommation
*, et surtout par l'introduction de la pomme de terre et le rdle impor-
qaVlle a pris dans l'alimentation générale.
Jusqu^à la révolution de 1789, le commerce de la boudierie, à Paris, constitua
le monopole de quelques familles réunies en société à Paris.
Les Chevaliers du Temple ne crurent pas déroger à leur noblesse en fondant aie boucherie dans leur enclos pour en tirer un revenu. Les bouchers de Paris, iéiés dans leurs intérêts, s'opposèrent à cette innovation. Après plusieurs débats, fl fiit convenu, en 1182, que la boucherie des Templiers leur resterait, mais qa'elle n'aurait que deux étaux, larges chacun de douze pieds. Chacun d'ailleurs tiut où il voulait et comme il l'entendait, d'oh en chaque quartier de nombreux %ers d'infection.
En 1416, Charles VI ordonna que les tueries ou écorcheries fussent transférées lOfra mura; ces établissements furent, par suite, relégués sur l'emplacement se trouve actuellement le Jardin des Tuileries.
lais cette exclusion dura bien peu; le nombre des tueries particulières à l'inde la ville était redevenu plus nombreux qu'autrefois, lorsqu'on 1809 prescrivit à la fois et leur suppression et la construction de cinq abattoirs à la périphérie de la ville : Roule, Montmartre, Popincourt, brj, Vaugirard. Abattoirs bientôt débordés eux-mêmes par les constructions iières et actuellement remplacés par ceux de La Villette, de Grenelle, de lif et des Fourneaux.
Les arrivages du marché de Paris représentent actuellement environ la ifHme partie de la totalité des animaux produits et introduits en France. Inl883, U a été abattu à Paris: 266 839 bœufs, 216350 veaux, 1 722273moukm, 257 457 porcs.
«# Ctpeadant la consommation de la viande de boucherie qui, comparée à celle 4t4t certaines autres capitales, n'a jamais été excessive (environ 78 kilo^t^nuat^
Mcr. ne. f s. XI/. \%
Sn PARIS.
par an et par habitant), parait plutôt en Yoie de diminution; d*après les recherches de Morillon, cette consommation en 1885 a ëté de plus de six millions de kilogrammes inférieure à celle de 1882.
Cette diminution, il est vrai, a été compensée, mais pour on quart environ, par Faugmentation de consommation en viande de porc : c'est que cette demièie viande a diminué de prix, tandis qu'il y a eu élévation constante des prix delà viande de boKif, veau et mouton, qui, jamais, n*a été aussi chère qu'atyourd'hui.
Quant anx causes de cette cherté exceptionnelle, il y en a de permaneotei et d'occasionnelles. On peut compter, parmi les premières, l'élévation des taxes qui pèsent sur la viande et des prix de transport, le droit dédouane, qui nuit anx envois de l'étranger ; parmi [les secondes, les maladies, Texporlation dans les pays limitrophes, la rareté des animaux d'engraissage et surtout raugmentatian de la consommation et, par conséquent, la hausse de la viande en province.
Depuis vingt-cinq ans, en cfiet, le prix de l'ensemble des viandes s'est modifié considérablement dans les départements.
Notablement inférieur an prix de Paris en 1860.(1 fr. 16 le kilogramme ao lieu de 1 fr. S9), il arrive peu k peu à l'atteindre et à. le dépasser, et on peut dire anjourd*hui que depuis sept ans, sauf en 1882, le prix dé vente de la viande est constamment plus élevé dans l'ensemble des départements qu'à Paris.
Il y a là, sans doute, une amélioration au point de vue de l'alimentation générale, car il est bien évident que ce qui fait hausser les prix en province, c'ot l'accroissement de la demande. Mais cette nouvelle situation économiqoe n'eit pas sans influence sur ^approvisionnement de Paris. En eflet, le pro^neleiir, * trouvant ainsi plus à sa portée un débouché rémunérateur, s'est abstenn diei -. une ceiHaine mesure du marché de Paris (voy. Morillon, Rapport mr /es coaiommations de Paris).
Depuis longtemps la salubrité des viandes est l'objet des pnéoceupationB de l'administration. Dès 1350, on trouve un édit qui prescrivait de ne vendre que des chairs bonnes et loyales et défendait de les garder après être luées piv de deux jours en hiver ou un jour en été. Cet édit fit éloigner de la coomsmalion les viandes surmenées, et défendit d'une façon absolue la vente du pue r ladre.
Gorbie, prcvost de Paris, enjoignit en 1517 aux langueyeurs de marquera l'oreille « tous les pourceaux surmenés et engrenés, ainsi que tous eeox qû |i auront bosses apostumes, sous peine d*ameude » . Les langueyeurs sont ^m |i ^ suite rendus responsables de leur examen et leurs honorairos sont ùié% parla -^ arrêts et ordonnances de 1601, 1620, 1627 et 1677.
Henri H, dans un arrêt du Parlement du 29 mars 1551, déclare qne les Ui- ^ chéries devront se pourvoir chaque jour de viandes fraîches, nettes, non eofi^ -1 pues et d(kment visitées selon les arrêts de la cour, sous peine do pouition attft ^ reHe contre les contrevenants.
Dès le commencement du dix-huitième siècle, on créa, pour rexarnsB-lt toutes les viandes offertes au public, des inspecteurs langueyeurs et visiteurs de viande, pris dans la corporation des bouchers, auxquels ks naires ne furent adjoints qu*en ces dernières années. ^
Actuellement, par arrêté du l»' janvier 1882, l'inspection de la boocleribJ^ *^ Paris comprend un personnel de 47 inspecteurs, dont le rôle ne se bofnt-pto à suneiller les animaux et les viandes dans les quatre abattoirs actuels {S'MA^ Grenelle, Villejuif, Fourneaux), dans les halles et marchés, mais enoora it'f
ciaminer à leur arrivée aux portes de la Tille et dans les difiereates gares. Les résultats de la surveillance de la viande débitée aux abattoirs sont déjoués souTenl par Tintroduction de la viande à la main.
Ces viandes foraines ont à Paris une importance considérable; elles se chiffrent chaque année par 23 à 25 millions de kilogrammes. Sur cette «aorme quantité, une certaine partie laisse évidemment à désirer sous le apport de la salubrité. La capitale est, en elTet, le réceptacle des viandes iiûalabres de la province. Beaucoup de fermiers et de petits propriétaires qui âèvent des bestiaux envoient aussitôt sur les Halles les animaux malades ou morts qui ne peuvent trouver un débit facile dans leui*s localités, où tout le mande se connaît, et où les moindres allées et venues des bouchers sont surveillées (Villain, Rapport $ur le service de la boucherie).
Ce n'est qu'en ces dernières années qu*on a réglementé enfln la surveillance de ces denrées dangereuses [voy. ci-après Pathologie), avant leur distribution aux consommateurs parisiens. Aux termes d une ordonnance de police en date do 13 octobre 1879, les viandes de boucherie, provenant d animaux abattus hors Paris, ne peuvent être introduites en ville qu'après avoir» au préalable, été soumises à la visite des inspecteurs spécialement chargés de s'assurer de leor salubrité. La même ordonnance a réglé les heures et désigné les portes de Paris auxquelles cette risite peut avoir lieu, au moment de l'introduction des viandes ; toutefois, les introducteurs conservent le droit d'opérer leurs eu- Mes de viandes à d'autres heures ou par d'autres portes de Paris, à eonditioii que les viandes ainsi introduites seront conduites soit à l'abattoir le plus foisb, soit au pavillon n* 8 des Halles centrales pour y être soumises, avant d'être livrées à la consommation, à la visite de Tinspecteur de la bouciierie.
Une trentaine de mille francs est consacrée tous les ans aux frais de conduite yar les préposés aux escortes des viandes ainsi introduites.
Enfin, en raison du refoulement dans la banlieue des viandes insalubres, 10 autres inspecteurs furent créés le 1*' janvier 1883 pour la surveillance des fîandes, en dehors de Paris, dans tout le département de la Seine. ' Ees'boîicheries et charcuteries sont visitées au moins deux fois par mois.
Une surveillance est faite en outre au pavillon de la volaille pour examiner i#s iarrivages des chevreaux dont le chiffre, pendant les mois de mars, avril atteint 110,000 têtes environ.
SAISUSS OPÉRÉES.
VthiUc», poisfous, gibiers
Criée des Halles (paTÎlloaSj
ffliitai^ ptftnoD 8) . •
Abeitoirs
larcfcé a«z bestiaix (eninuiux morts ou soignés en courj
. de tnjei)
laitMs diterf
IsMiitries, ebucuierics
hrtm
wres de clwniBs de nsf
nwdtdé dieml
Triperie», «bals. «
Torici
IMl.
kil.
Io9,o09 37,513
14,Si3 6,513