S 7,005 8,182 7,849 8,913 8,773 7,801 9,8SS
On voit que cette consommation a augmenté, en 1885, de plus de 2000 têtes sur l'année précédente : ce qui, d'après les évaluations, généralement acceptées, d'un rendement en viande nette de 250 kilogrammes par cheval, 200 kilogrammes par mulet et 85 kilogrammes par âne, donne un total de 2 436050 kilogrammes. 11 importe de noter que la plus grande partie des chevaux livrés à la consommation passe aujourd'imi dans la fabrication des saucissons communs.
Enfin, un assez grand nombre des chevaux abattus à Paris sont employés par Jes pharmadens pour la coniection du sirop de peptone, fort prisé actuellement.
Eq ISSS» ce chiffre t été d'environ un huitième de la consommation totale.
La conaomiDation de volaille, gibier, œuf, beurre, suit une marche astendaote.
D*après V Annuaire êtatUtique pour 1882, la consommation annuelle moyenne de ces diverses denrées serait pour chaque habitant de : 12 kilogrammes de poisson, 10 kilogrammes de volaille et gibier, 3 kilogrammes de triperie, 7 kilogrammes de beurre, 2 kilogrammes de fromage et environ 180 œufs.
Quant aux fruits et légumes, n*étant pas soumis à l'octroi et arrivant à Paris pir tant de voies différentes, il est à peu près impossible d*en estimer la quantité. < On a parlé de 200 millions de kilogrammes. C*est le chiffre indiqué par un spécialiste. Du économiste célèbre n'a pas reculé devant le chiffre de 460 millions de kilogrammes. Hais ni notre spécialiste ni l'économiste n'expliquent comment ils ont obtenu cette solution du problème; ce qui est incontestable, c*est que les vfforîn du pavillon des Halles ne constituent qu'une minime partie de l'en- «nible • (Morillon, loc. cU,).
Le nisin seul paye l'octroi et doune, en moyenne, comme entrée annuelle, 118 millions de kilogrammes.
Alcooliques. Il entre annuellement à Paris 4 à 5 millions d'hectolitres de vin, 160000 hectolitres d'alcool, 6000 de bière, 20 000 de cidres, poirés, hydroads, etc.
Ces chiffres démontrent une fois de plus que, de toutes les capitales de ilorope, Paris est celle où les liqueurs fermentées sont absorbées le plus exclustement sous forme de vin; c'est la véritable boisson nationale en France; die domine assez toutes les autres pour que l'on puisse, d'après les quantités introduites à Paris, estimer approximativement le chiffre et les variations de la consommation générale des alcooliques.
La consommation de vin augmente notablement d'année en année : de 1 hectolitre 91 par an et par individu en 1876, elle est montée à 2 hectolitres 16 en 1872, 2 hectolitres 19 en 1876, 2 hectolitres 27 en 1881.
Cette augmentation a un caractère d'autant plus grave qu'elle cadre avec une séria d'années oii la production du vin naturel a été singulièrement réduite par Il pauvreté des récoltes, et oh la fabrication artificielle n'a cessé de compenser «stte pénurie par l'augmentation parallèle des vins et alcools frelatés.
Dans la manière même dont on procède à l'octroi surgit, pour le consommatour parisien, une chance nouvelle de pénétration de ces derniers produits et de £minution d'accès de nombre d'excellents vins récoltés en France, mais qui ne fèsent que 7 ou 8 degrés d'alcool. Actuellement, en effet, on examine le vin, «t, s'il ne dépasse pas 15 degrés 9/10 d'alcx)ol, on lui applique une taxe unique; l'il atteint 16 degrés, on lui applique une surtaxe, et, au-dessus de 20 degrés, il «it passible d'un droit encore plus élevé.
Ce qui est ficheux, c'est la taxe unique au-dessous de 16 degrés, car il est bien évident que, tant qu'elle existera, le commerçant aura intérêt à faire entrer en ville divin alcoolisé dans les conditions les plus rémunératrices. Celui qui consentirait à islroduire, en grande quantité, du vin qui n'aurait qu'un faible degré, agirait évidemment contre ses intérêts. Introduit à l'octroi, le vin à 8 ou 9 degrés paye, en effet, exactement le même prix que s'il en avait 15 : or le marchand peut-il Aendre son vin à 8 degrés comme il étendra son vin à 14 ou 15 degrés? En retirera-t-il le même bénéfice? Assurément non ; le second aura une valeur presque double de la valeur du premier.
Une grande partie de ces inconvénients serait ëvitëe en abolissant le droit unique. Si, par exemple, comme on Ta proposé, on établissait un tarif par catégories, la première comprenant les vins qui pèsent jusqu'à 9 degrés, la seconde ceux de 9 à 12 degrés, la troisième ceux de IS à 15%9, diacune des catégories payant le droit en raison directe du degré d*alcool, il y aurait beaucoup moins de profit à introduire des vins chargés d'alcools allemands ou de toute autre provenance.
De cette façon, on augmenterait les recettes en diminuant la fraude par une tarification graduelle, et on aurait satisfait aux intérêts des consommateurs et de Toctroi.
Démographie. 1'' Nombre d^habitants. Le chiffre des habitants de Parisn'a pas suivi, depuis Torigine, une marclie régulièrement ascendante. Souvent cette population a été compromise par les guerres ou la misère, et le mal a para parfois assez grave pour inspirer des expédients dont la pensée ne pent surgir que dans les cas désespérés. D*après la chronique de Jean de Troyes pour Tan 1467, Louis XI fut obligé en ladite année d'ordonner (t pour bien repeupler cette ville, qu*il disait avoir été dépopulée, tant par les guerres, mortalité ou autrement, que quelques gens, de quelque nation qu'ils fussent, pussent, de 11 en avant, venir demeurer en ladite ville, et qu'ils pussent jouir de toutes franchises de tous cas par eux commis, comme meurtres, vols, larcins, et de tous autres cas, réservé le crime de lèse-majesté ». D'après Dulaure (t. U, p. 596), la population parisienne ne s'élevait alors qu'à environ 150 000 habitants. Ce n'est que sous Louis XIV que furent établis les registres de naissance, de mariage et de décès. Mais les recensements de la population ne furent opM qu au commencement du siècle actuel, en 1817.
D*aprcs divers calculs, basés sur le nombre des naissances, celui des mariages, des maisons habitées, le chiffre des consommations, etc., il semble admissible (|ue le nombre des habitants de Paris atteignait à peu près 500 000 à la fin du règne de Louis XIV, et que cent cinquante ans plus tard, au commencement du siècle actuel, il s'était élevé à 600 000 environ.
Nous empruntons à V Annuaire statistique de la ville de Paris les données résumées dans le tableau ci-après (p. 279) sur le mouvement de la population de 1700 à 1881, dernière année de recensement, en rappelant encore que ces données n'offrent de caractère de certitude que pendant le siècle actuel.
D'après le croit annuel des dernières années (50 000 par an, de i876 à 1881), on peut estimer que la population parisienne dépasse actuellement (1884) 2 500 000 habitants, soit une augmentation de près de 1 800 000 depuis le commencement du siècle ; ce mouvement d'augmentation s*est accentué surtout ï partir de 1841, époque à dater de laquelle la construction des chemins de fer n*a cessé de multiplier les facilités de communications. Les périodes auxquelles correspondent les minima d'accroissement sont les périodes de guerre ou de troubles politiques (1846-1851, 1866-1872).
i^ Nationalité. La population parisienne diffère de celle de la France pirh proportion considérable des individus vivant à Paris et qui n'y sont pas nés. Tandis que, dans les autres départements, les neuf dixièmes des habitants sont nés dans le département lui-même, dans celui de la Seine cette proportion tombe au tiers environ et tend à diminuer de plus en plus; en 1865, sur 100 habitants de Paris, 38 étaient nés à Paris môme; en 1881, il n*y en i que 36.
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