‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 3)Chapitre 61 sur 95 · PASSE-RAGE · texte numérisé non relu

PASSE-RAGE

et ses fruits ont la sayeur acre et poivrée qui rappelle celle de la moutarde, et ils sont, à cause de cela, employés comme condiment. On Ta, dit-on, utilisé contre la rage. Enfin l'abbé Rousseau employait contre les névroses la liqueur alcoolique obtenue en faisant fermenter de l'eau miellée sur cette plante.

2<* La petite Ptuse-rage, Lepidiutn graminifolium L. (Lepidium Iberis Poil). Elle croU le long des chemins, pousse une lige de 3 décimètres â 1 mètre, d*un vert gai, garnie de feuilles linéaires, lancéolées, aiguës, entières et portant au sommet de petites fleurs blanches, auxquelles succèdent des siiicules ovales, aiguës, entières au sommet et non ailées. C*est TrCepic de Uosooride. Elle a une odeur de chou très-prononcée. Elle a été recommandée par les Anciens, Dioscoride, Galien, Servilius Damocrate. On Ta indiquée ausn conme lithontriptique. Enfin, d*après Peyrilhe, on remploie en Espagne comme fébrifuge, soit seule, soit associée au quinquina.

3* La Passe^rage sauvage^ Lepidium ruderate L. Cette espèce des mioei fi des décombres a des feuilles radicales pétiolées, dentées ou pennatilobées, <ioi disparaissent au moment delà floraison; des feuilles caulinairespennatipirtites dans le bas; linéaires, entières dans le haut; de très-petites fleurs; une gnppe fructifère allongée, à silicules ovales-orbiculaires, échancrées au sommet.

Cette plante annuelle, qu'on appelle aussi Nasitort sauvage^ a une odeur de cresson très-développéc et jouit de propriété antiscorbutiques bien manifesta. Elle a été aussi employée dans diverses circonstances comme fébrifuge et elle a été souvent utile dans ce sens. C'est surtout en Russie, où elle est très-conunanet qu'elle a été préconisée ; c'est dans ce pays un remède populaire.

A cdté de ces plantes indigènes, il faut placer dans le même genre qiMlqiMi espèces exotiques, dont une surtout cultivée dans les jardins est devenue eba nouspr esque spontanée.

C'est le Lepidium sativum L., nommé vulgairement Nasitort ou Cretson alénois, originaire d'Orient. C'est une plante un peu glauque, dont la tige dressée, rameuse, porte dans le bas des feuilles plus ou moins profondément pennati lobées ; plus haut des feuilles linéaires, non embrassantes. La grappe fructifère, raide, très-allongée, a des silicules glabres, orbiculaires, échancrés au sommet, ailées sur les bords. C'est le >c7rt^iov de Dioscoride. Elle a ooe saveur poivrée, piquante, et est employée comme condiment. Elle est antiscorbutique, diurétique. On Ta employée avec succès, d'après Ambroise Paré, contre les croûtes laiteuses des enfants. Les graines sont emménagogues et peavent faciliter Texpectoration.

Le Lepidium piscidium Forst., qui a été trouvé par Gaudichaud aox îles Sandwich, est employé dans ce pays contre la syphilis et aussi pour eoiTrer k poisson.

Enfin nous devons signaler comme plante intéressante le Lepidium campestre R. Brown [Thlaspi campestre L.), qui est le 6Xà<nrtde Dioscoride. C'est ose plante d'un vert blanchâtre, velue, à feuilles radicales obovées, entières, sinuëes ou lyrées; à feuilles caulinaires, oblongues, embrassant la tige par deax oreillettes. La grappe fructifère, dense, poiie des silicules arrondies à la base» couvertes de papilles saillantes, échancrées en deux lobes peu divergents'; 1^ graines sont ovoïdes, noires, finement tuberculeuses; elles sont acres ei piquantes. Ces semences entrent dans la 'confection de la thériaque.

BiBLioGRxrHiE. — HippocRATE. Morb. mul.t I, 493. — Dioscoride. Mat. medica^ II, i95-\^' 205. — Spbekgel. Uut rei herbaricB J,45, 181, 226. — Imyt. Gemra^ 801 ; Speciet,^^

PÂSSERINA. bOi

De Cavdollb. Flore française, IV, 707. — Giiiiiibr et Godbos. Flore de France^ I, 550. *• GuiBODBT. Drogues simples, 7* édit.^ 1, 089. — Bâillon. Bisi. des plantes, III, 208. Pl.

PASSEBBAtJX. Dans la classe des Oiseaux {voy. ce mot) Tordre des Passereaux est cerlainement celui qui comprend le plus grand nombre d*espèces et en même temps celui dont il est le plus diflQcile de donner une définition satisfaisante. En eflet, comme le disait déjà G. Cuvier, les caractères de ce groupe semblent purement négatifs et, sous le nom de Passereaux, on désigne tous les oiseaux qui ne sont ni Palmipèdes, ni Échassiers, ni Grimpeurs, ni Rapaces, ni Gallinacés. D*autre part, en examinant comparativement un Corbeau et un Moineau, on trouve que oes espèces, en apparence si dissemblables, ont au fond la même structure, tandis que, en revanche, en étudiant de la même façon une Hirondelle et un Martinet, en apparence identiques, on reconnaît des diiîérences dans la structure anatomique. 11 en résulte qu*il n*est pas moins difficile d*établir la distribution intérieure des Passereaux que de tracer les limites exactes de ce groupe, et dans ces conditions il n*pst pas étonnant que la classification proposée par G. Cuvier ait subi de nombreux remaniements. Souvent dans le langage ordinaire et même dans les traités d*ornithologie on continue à désigner sous le nom commun de Passereaux des oiseaux de taille moyenne, pourvus d'un gésier monstrueux, se nourrissant généralement de graines, de fruits ou d'insectes, volant plus ou moins bien etn*ayant jamais les instincts rapaoesdes Oiseaux de proie; mais on n'attache plus à ce terme un sens aussi rigoureux qu'autrefois et on ne fait plus, en général, des Passereaux un ordre distinct, subdivisé d'abord en deux sections, les Syndactyles et les Déodactyles, puis en un certain nombre de familles, Dentirostres, Fhsirostres, etc.

Dans les articles consacrés aux Déodactyles et aux Syndactyles {voy. ces mots) nous discutons assez longuement ces modifications apportées à la classification de G. Cuvier pour n'avoir pas à y revenir ici, et nous consacrons d'ailleurs aux principaux types de Passereaux des articles spéciaux (voy. OisBAUx-MoncuBS, Pis, Gbai, Grimpereadz, Griiipbdrs, Grive, Gros-bec, etc., etc.). E. Oustalet.

BiBuofiBApHiE. — G. GoTiEfi. Ls Règne animal distribué d'après son organisalion, i'* édit.* 1. 1, p. 334, 1817. E. 0.

PA88ERIIVA (L.). Genre de plantes, de la famille des Thyméléacées, dont les fleurs sont à peu près celles des ThymeUea eux-mêmes, hermaphrodites, avec un calice pétaloïde, bypocratérimorphe, à tube grêle, rétréci au-dessus de l'ovaire et se détachant finalement en ce point. Le limbe est 4-partite, étalé, caduc, à gorge dépourvue d'écaillés. L'androcée est formé de 8 étamines bisériées, à filets souvent cohérents à la base, à anthères ovales et exsertes. Le gynécée, dépourvu de disque, a un ovaire uniloculaire, uniovulé, et est surmonté d'un style latéral à sommet stigniatifère capité et demi-exsert. Le fruit est nuculaire, longtemps recouvert de la base du périanthe. Son péricarpe est crustacé ou lé«j:èrement charnu, rarement tout à fait bacciforme. La graine est pourvue d*un albumen. Les Passerina sont, au nombre de 4 ou 5, des arbustes éricoïdes du Cap et des pays voisins et de la région méditerranénnc.

Le P. tinctoria Pourr., espèce de l'Europe méridionale, est employé en Espagne comme purgatif; son écorce donne une teinture jaune.

Le P. Sfelleri Wickstr. est hStellera Chamœjasme L. Sa racine sert en Sibérie aux mêmes usages que celle de l'espèce suivante.

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