‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 3)Chapitre 80 sur 95 · PAU. 64S · texte numérisé non relu

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que nous avons plusieurs fois émise : la première condition d*une station d'hiver est d'être à Tabri des variations brusques de la température, ce qui est beaucoup plus important que de faire monter très-haut la colonne du thernuH mètre, qui, à certaines heures, descend ensuite brusquement très-bas. Noton»^ à ce propos, les hivernants doivent le savoir, qu*il n*est pas indifférent pour eux d'hahiter tel ou tel point de la ville. Le centre, la rue du Collège, par exemple, est beaucoup mieux abrité que le quartier des promenades, où le froid et l'humidité sont en général plus préjudiciables.

Le baromètre marque en moyenne 745 millimètres. Ses oscillations sonl brusques et assez étendues. La colonne mercurielle monte souvent lorsque la* pluie menace, et descend quelquefois à l'approche du temps sec. L'absenced*bumidité dans lair atmosphérique est très- remarquable à Pau, quoique le» jours pluvieux y soient plus fréquents que dans beaucoup d'autres endroits. Rn effet, la quantité moyenne de pluie est par an de 1085 millimètres. Il en tombe 287 millimètres pendant l'hiver. La disproportion des indications de Thygromè* tre et de celles de l'udomètre a son explication dans les qualités perméables d*unr sol toujours incliné. Les averses d'ailleurs sont fréquentes, mais durent peUr et elles ont lieu ordinairement au commencement et à la lin du jour. 11 est intéressant de dire en quelques lignes, finissant ces remarques, en quoi ressemble et surtout en quoi diflere le séjour de Pau comparé à celui des points situés sur le littoral français de la Méditerranée. La qualité principale et qui doit surtout être retenue, c'est le calme, et le défaut d'une agitation atmospbé» rique, même légère. Ainsi, tandis qu'à Cannes, à Nice et Menton, par exemple, il* est imprudent de sortir avant dix heures du matin et après quatre ou cinq heuresdu soir, i Pau, les malades peuvent avancer leur promenade et la prolonger souvent beaucoup plus tard. Les hôtes accidentels ne doivent pas oublier surtout que par les vents d'ouest et d'est, qui ont seuls un accès relativement facile dansla ville, ils doivent redoubler de prudence. 11 est admis par tous les médecins que c'est presque toujours lorsque ces vents soufQent qu'ils constatent chez leurs • malades les accidents produits par les transitions de la température. Les hivernants doivent se souvenir enfin avant leur départ qu'il faut emporter avec eux des habits en prévision d'un froid sec accidentel, mais ils n'auront aucun besoin de se garantir contre l'humidité ou les agitations d'une atmosphère presque toujours calme. Si nous avons fidèlement indiqué la topographie et la climatologie de Pau et de ses alentours, nous allons être plus aisément compris dans ce qui nous reste à dire des caractères physiques, intellectuels et moraux, des fiasques, au milieu desquels nous avons vécu pendant un assez long temps, et des maladies ou des états pathologiques des étrangers qui y vont passer la mauvaise saison. Le Basque est rarement grand, ses épaules sont larges, il est trapu; les traits de son visage sont accentués et mobiles, ils annoncent engâséral une grande énergie. Il est presque toujours dépourvu d'embonpoint, et le tissu graisseux habituel aux Méridionaux qui vivent dans un pays humide ne s'ébaerre presque jamais chez le Basque, respirant un air rarement chargé de vésieules aqueuses. C'est cette constitution sèscbe qui le rend propre aux exercices do corps et aux courses rapides et longues. Ses mouvements sont saccadés et ses passions vives, mais en général sous l'empire d'une volonté qui se possède. U est rarement lymphatique, et la scrofule est inconnue à Pau et dans les vallées qui en sont voisines, car la nourriture des habitants des Basses^Pyrénées est frugale, mais suffisante pour entretenir une bonne santé. Le Basque, doot

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le pouls est lent ordinairement et la circulation peu active, est sujet aux afleclions congestives et phlegmasiques, mais les maladies chroniques des voies respiratoires, la phlhisie pulmonaire et laryngée, sont pour ainsi dire inconnues dans la vallée du Gave de Pau. Les goitres sont fréquents et ont quelquefois un volume considérable. Est-ce, comme on Ta cru dans le pays, un résultat de Thabitude qu*ont les Basques de porter sur leur tète les fardeaux môme les plus l^ers?II est permis d'en douter après les travaux de plusieurs chimistes qui ont trouvé une explication plus vraisemblable dans la composition des eaux qui manquent de quelques principes habituellement dissous dans les bonnes eaux poUdiles. Les fièvres intermittentes et leurs conséquences s'observent rarement chez les indigènes, mais les étrangers qui restent trop longtemps exposés aux rayons du soleil les prennent quelquefois et s'en guérissent promptement après une inedication appropriée. Pau ne fait pas absolument exception à tous les pays chauds où le rhumatisme est fréquent, mais nous devons ajouter que ses atteintes sont légères et relativement assez rares dans un pays où l'air est plut^ froid qu'humide. Les maladies inflammatoires du cerveau et de ses enveloppes s'observent chez les enfants plus souvent à Pau que dans les contrées voisines. Chez les adultes, les hépatites et les phlegmasies gastro-intestmales sont les maladies les plus habituelles.

Le climat de Pau a pour caractéristique d'être antispasmodique, oongestif, ce qui explique la lenteur des mouvements, l'inactivité, l'abattement même quelquefois des étrangers qui y arrivent. On met à profit l'action du séjour à Pau chez les étrangers nerveux qui viennent y passer l'hiver. Le médecin profite aussi de la lenteur des mouvements du cœur et des gros vaisseaux sanguins quand il est en présence d'une inflammation. Nous avons analysé sommaireinent les propriétés topographiqiies et climatologiques de Pau pour arriver logiquement aux indications thérapeutiques de cette station hivernale. Nous omettons à dessein d'insister sur les états pathologiques secondaires auxquels convient un séjour dans les Basses-Pyrénées, nous an'étant exclusivement aux bénéfices et aux inconvénients qu'éprouvent les phthisiques qui viennent en grand nombre hiverner à Pau. Cette maladie est loin d'être toujours semblable à elle-même, elle nécessite un traitement différent suivant les diverses constitutions afec lesquelles on l'observe et selon les ravages qu'elle a déjà produits. Ainsi ce que nous avons dit de la sécheresse et du calme qu'on observe dans l'air de Pau indique suffisamment qu'un séjour d'hiverné peut convenir aux poitrinaires qui ont des crachements de sang faciles et fréquents, des inflammations habituelles des voies aériennes et une tendance accusée à une prompte dénutrition. C'est au contraire aux malades torpides, tout en étant excessivement nerveux, dont l'expectoration est fluide et muco-purulente, dont la transpiration est facile et abondante, que convient le séjour à Pau, qui calme promptement les nerfs et tonifie l'économie tout entière. On voit que le climat de Pau a une indication spéciale chez les phthisiques au premier et au second degré, dont les symptômes réclament une vie dans un air calme et à la (ois reconstituant. L'expérience a plusieurs fois prouvé que les phthisiques au troisième degré ne doivent pas aller vivre à Pau, lorsqu'il convient même de chercher pour eux les bénéfices d'une cure thermale aux Eaux-Bonnes qui modère et qui modifie heureusement b nature et la quantité de leurs crachats. Nous ne voulons pas comparer ici evèétail les climats de Cannes, de Nice, de Menton, d'Amélie-les-Bains, du Verod» de Pise, etc., avec ce\u\ de Vaiw. ^ow% yvvw\% le lecteur de se reporter à ces root:?-

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s'il veut avoir une opinion plus autorisée des analogies et des dissemblances de Tair qu*on respire dans ces diverses stations hivernales. A. Rotureau.

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Pu

BiBuonLinB. — Guibourt. Drog, simples, 7* èdit., III, 408. ?u

PAUILLAC (Station balnéaire). Dans le département de la Gironde, est un canton peuplé d'environ 3600 habitants de population agglomérée. A 60 kilomètres de Bordeaux, sur la rive gauche de la Gironde, en aval de Blaye, il est remarquable par une église à clocher hexagonal. Des crus célèbres portent le nom de ce petit port et des châteaux voisins, Châleau-Lanitte, Cos-d*Estoumel, Pichon-LoDgueville, Brane-Mouton, Saint-Julien, etc. Le lazaret de Trompeloup est i une petite distance de Pauillac et n'est habité que lorsque des navires arrivent i Bordeaux avec des cas de maladies épidémiques contractées pendant la traversée. C*est à l'escale de Pauillac que s'allègent les bâtiments qui calent trop d*eau pour remonter jusqu'à Bordeaux en pleine charge. Les habitants de la ville et des environs prennent des bains froids dans l'eau de la Gironde à un point où la rivière a des bords inclinés qui permettent aisément son accès. Le fleuve est trop loin de son embouchure pour que les baigneurs puissent prétendre aax avantages des bains dans l'eau de mer, mais les grandes marées refluent jusqu'à Pauillac de façon que ces bains, qui ne peuvent être dits bains de mer, aient une action pourtant différente de celle des bains dans l'eau douce ordinaire. L'énorme quantité d'eau salée qui pénètre dans l'estuaire de la Gironde à chaque marée (300 000 mètres cubes par seconde d'après H. Elisée Reclus) a fait donner à cette partie du fleuve le nom de « mer de Dordogne. » C'est donc à peine si Pauillac ne peut pas être appelé un poste maritime. L'illusion est encore complétée d'ailleurs par le vent du large, ou de l'ouest, qui soufQe sur ce point du Médoc au moins les trois quarts de l'année. Quoi qu'il en soit, la véritable station balnéaire de la région est Rotan [voy, ce mot). A. R.

PAIJI. b'ÉGUVB, paulus iCCilIVETA. Ce médecin doit son surnom à nie d*Égine dont il était originaire. On a peu de détails sur les circonstances de sa vie ; on sait seulement, d'après les meilleures recherches, qu'il vécut dans le cours du septième siècle de l'ère chrétienne, et qu'il ferme ainsi la liste des médecins grecs; après lui, la science médicale, comme du reste toutes les autres sciences, tombe dans la plus grande barbarie pour ne se relever qu'avec peine, vers le douzième siècle. Paul d'Égine étudia, cela est certain, à

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Alexandrie, quelque temps avant la prise -de cette ville et Tinœndie de sa bibliothèque par le musulman Amrou-Ben-El-Ass, et il voyagea, non-seulement dans toute la Grèce, mais encore dans d*autres régions, notamment dans celles •qui étaient soumises aux Sarrasins. L*ouvrage qu'il a laissé est très-remarquable et peut être mis en parallèle avec celui de Gelse. Il est divisé en sept livres : le fremier (100. sections) comprend tout ce qui a rapport à l'hygiène et â la conservation de la santé, suivant les âges, les tempéraments, les saisons» Je choix des aliments, etc. C*est à la fin de ce livre, et formant la œntiénie isection, que se trouve la lettre de Diociès au roi Antigonus sur la conservatiou de la santé, lettre que Pauld*Égine a seul transmise la postérité, etdontoaanié, •croyons-nous, faussement, Tauthenticité. — Dans le second (61 sections) se trouve exposée la doctrine des fièvres, le tout précédé de considérations particulières sur les éliminations excrémentiticUes, les jours critiques, et suivi de l'étude de -certains symptômes concomitants dçs fièvres. — Le troisième livre (81 sections) décrit par ordre topographique, depuis le sommet de la tête jusqu'aux pieds, les maladies particulières qui frappent Thomme. — Le quatrième livre (59 teeiioDs) 4raite des maladies qui sont externes, visibles, et qui ne sont pas limitées à •quelque partie du corps, mais peuvent en attaquer plusieurs à la fois. Dans le cinquième livre (65 sections) sont passés en revue les plaies et les morsure par animaux venimeux, Thydrophobie, les substances délétères, les moyens ^e s*en préserver, etc. — Le sixième livre (122 sections) comprend tout ce qui a •rapport à la chirurgie, fractures, luxations, etc. C*est là, surtout, que le médecin grec a mis le plus d'originalité; on sent en lui un praticien consommé. — Dans le septième livre, enfui, sont étudiés les propriétés de tous les médicaments, soit simples, soit composés, ainsi que les poids et mesures. Paul d*l^'oe a beaucoup mis à contribution ses prédécesseurs, Hippocrate, Galien, Aétius. Alexandre de Traites, Oribase, il le déclare lui-même ; mais il s'est montré -supérieur à tous les médecins grecs, non-seulement par un grand sens pratique, une expérience consommée, mais encore par plusieurs méthodes curatives qui -lui appartiennent.

Les éditions qu'on a faites de l'ouvrage de Paul d'Égine sont fort nombreuses; nous indiquerons les principales : éditions grecques, Venise. ib2Sy •in-fol.; Bàle, 1538, in-fol.; éditions latines, Bâle, 1555, 1546, iii-fol.; Ck)logne, 1534, 1548. in-fol. ; Paris, 1532, in-fol. ; Venise, 1555, 1554, in-8*; Lyon, 1562, 1567, in-S®. Pierre Tolet a traduit en françiiis la chirurgie de Paul d'Égine; Lyon, 1559, in-lS*». Le livre premier des œuvres a été plusieur> fois imprimé à part sous le titre de Prœcepta salubria^ Paris, 1510, in-i'; Strasbourg, 1511, in-4°; Luxembourg, 1525, in-S». Nous devons mentionner aussi, d'une manière particulière, la traduction anglaise, faite sur le grec par Francis Adam, et publiée par la Sydenham Society of London. Elle porte ce •titre : The Seven Books of Paulus JEginela translated from the Greek, with a ^ommentary embracing a Complète View of the Knowledge posseased by the Greeks^ Romans and Arabians, on ail Siibjects connected with Medicine and Surgery by Francis Adams, Loudon, 1844-1847, 5 vol. in-8<>. A.-C.

PAUL DE MÉRIDA. Alédecin et évêquede Mérida (Emerita Augiistal ea

Espagne, était Grec de naissance, comme il ressort d'un opuscule de son lJom^

nyme, le diacre Paul de Mérida, qui écrivait vers 650. Cet opuscule, intitulé (^

vtta et miraculis Patrum EmcT\len»lum> ^eu trois éditions : 1** éd. Bemabe

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