PAUPIÈRES (PATHOLOGIE
sont : a, le massage de Vorbiculaire ; h, la cautérisation ignée; Cy la nétratomiedes branches du trijumeau; d^ lélongatian de ces nerfs.
a. H. Ch. Abadie voudrait qu*on appliquât au blëpharospasme {Gaz. des Bùp,^ 7 octobre i882) le traitement vanté par H. WoliT (Progrès médical^ 21 janvier 1882) pour guérir la crampe des écrivains, et qui consiste dans la distension forcée ou élongalion des muscles affectés. Ce procédé, que M. Abadie appelle le massage force\ n*est, d'après lui, qu*un cas particulier d*élongation des fiiets nerveux s'exerçant par Tintermédiaire des muscles qu'ils sont chargés d'innerver, li cite trois cas de massage forcé de l'orbiculaire : deux ont été suivis de succès; le troisième a échoué; des deux premiers, Tun s'appliquait à un blépliarospasme monolatéral, l'autre à un blépharospasme double. Le traitement a été de plusieurs semaines. Chaque séance de massage dure de sept à dix minutes. Voici comment on doit procéder d'après l'auteur : enduire de vaseline tout le pourtour de l'œil, puis pratiquer, avec les pouces, vigoureusement, la distension du muscle dans un sens rayonné tout autour de l'œil, reibnlant U peau et les tissus sous-jacents de l'ouverture palpébrale vers la périphérie. M. Abadie propose d'essayer cette méthode contre le spasme nocturne des paupières j aiîection peu connue et qui est cependant loin d'être rare. Pour en finir avec ce procédé, notons que, avant M. Abadie, ce mode de traitement avait été appliqué par Comwell (Traitement d'un cas de blépharospasme opiniâtre par la dilatation forcée. Tr. Ohio, Soc. Colombus, XXXV, p. 73. 1880).
b. La cautérisation ignée a donné de bons résultats. Elle peut être appliquée de plusieurs façons :
Dans un cas de blépharospasme avec eutropion publié par MM. Boulier et Arnozan (France médicale^ 6 mars 1878), la cautérisation linéaire avait été pratiquée de la façon suivante : « Le sujet anesthésié, H. Cusco avec une trèsmince pointe de tiicrmo-cautèré, trace, à 1/2 centimètre environ du bord libfre des paupières, sur leur face cutanée, une cautérisation pénétrant jusqu'à la face profonde de la peau, suivant toute la longueur de la paupière, mais si étroite qu'elle ressemble plutôt à une incision qu*à une brûlure ».
Nous trouvons, dans la Gazette hebdomadaire des Sociétés médicales de Bordeaux (n° 10, 1881), un cas de guérisonde blépharospasme traité par Badd; l'affection qui avait résisté à tous les traitements fut guérie après quatre séances do vingt-cinq cautérisations ponctuées au thermo-cautère, pratiquées sur le front et les tempes.
c. La névrotomie des branches supérieures du trijumeau et surtout du nerf suS'Orbitaire est pratiquée depuis longtemps. Voici de quelle façon opterait Nélaton : a La peau du sourcil étant fortement tendue, le ténotome est enfoncé sous la peau de dehors en dedans, vers le point d'envergure du nerf sus-or'nitaire, puis, en tournant le tranchant du côté de l'os, on incise profondément tous les tissus, ainsi que le périoste, à la réunion du tiers interne du rebord orbitaire avec le tiers moyen. Aussitôt après l'opération, on applique le bandeau compressif pour prévenir la formation des larges ecchymoses dues à la section de l'artère sus-orbitaire ».
Ce traitement a donné de bons résultats entre les mains de Nélaton, de de Graefe, de de Wecker, etc. En iSl^l {Bulletin général de thérapeutique^ 15 août), Tillaux a publié Tobservation d'une malade chez laquelle il fut forcé de faire la section des deux nerfs sus-orbitaires pour un blépharospasme douloureux bilatéral qui avait résisté à tous les traitements. La guérison fut immédiate.
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D^aprts certains chirurgiens (de Wecker), la guérison ne serait pas toujours dëfinitive, et il serait nécessaire de la compléter par Tapplication de courants continus.
d. Dans un mémoire fort intéressant, paru en juillet 1881 dans les Archives d'ophlhalmologief H. Panas étudie le traitement du ble'pharonpasme douloureux par Télcngation des branches du trijumeau. Il cite une observation personnelle et plusieurs cas empruntés à la littérature étrangère.
Dans le cas de M. Panas, une jeune fille, de vingt et un ans, souffrait cruellement, depuis quatre ans, d*une névralgie d*ongine paludéenne, exactement limitée aux branches supérieures et moyennes du trijumeau à gauche, et présentait du même côté un blépharospasme très-intense. Points névralgiques classiques : sus-orbitaire, sous-orbi taire et nasal ; aucun traitement médical n*aYait pu la soulager; des incisions sur les points douloureux étaient restées sans effet, M. Panas pratique, à quelques jours de distance, Télongation des nerfs ;a9-orbitaire, frontal interne et sous-orbitaire ; une incision met à nu le tronc nerveux qui est tiraillé sur un crochet mousse, puis replongé dans la plaie. Le sus-orbitaire même est rompu par les tractions. L*incision suturée se cicatrise rapidement. L'anesthésie se prononce dans la sphère d*innervation de ces nerfs; la névralgie disparaît presque complètement, ainsi que le blépharospasme.
Dans Tobservationde Kocher (Correspondenx-BlattfûrSchweizer Aerste^ 1879, t. IX, p. 3S4), ils*agitde Télongation du nerf sus-orbitaire droit, pratiquée chez un homme vigoureux de trente-deux ans, pour une névralgie frontale intermittente dont le début remontait à quatorze ans, et qui avait résisté à tous les moyens thérapeutiques. Les accès, qui revenaient tous les trois ou six mois, duraient de deux à trois semaines chaque fois et étaient accompagnés de blépharospasme unilatéral. L'opération consista dans une incision de A centimètres le long du bord orbitaire supérieur, et dans la découverte des trois branches du nerf; le tronc fut allongé dans son ensemble, ù l'aide de Taiguille de Gowper. On nota immédiatement avec de l'anesthésie du front la disparition de la névralgie et du blépharospasme.
Dans les deux cas qui suivent et qui sont rapportés par Masing (Petersburger medicinische Wochenschrifï, 1879, p. 441) et par Grainger Stewart (British MedicalJoumaU 1879, p. 805), des névralgies très-tenaces des branches du trijumeau avec spasme de Torbiculaire ont été guéries par le même moyen.
Panas, se basant sur ces faits, vante Theureux effet de la méthode de Nussbaum appliquée aux branches du trijumeau, dans les névralgies de ces nerfs accompagnées de blépharospasme. Il prétend que, dans ce cas, Télongation est beaucoup plus efficace que la névrotomie, et que cela tient à ce que cette opération •entraine des lésions plus profondes dans la constitution intime du nerf, et surtout se répercute à distance jusqu'au ganglion de Gasser et, par lui, sur les autres Iminehes qui en dépendent.
Un an après l'apparition du travail de M. Panas, M. Alexandroff (de Smyrne) ^ publié dans le même recueil (Archives d^ophikalmologie^ juillet 1882) une observation qui confirme pleinement la valeur de cette méthode opératoire et qui est d'autant plus intéressante qu'il fallut pratiquer l'élongation nerveuse des deux côtés de la face, car le blépharospasme et le tic douloureux étaient bilatéraux. L'opération, faite suivant le procédé indiqué par Panas, amena une guérison eoDoplète.
Pasaltsib du muscle oRBicuLAins (lagophthalmos), La paralysie de l'orbicu-
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laire entraîne, dans le fonctionnement des paupières, des désordres que la physiologie nous fait prévoir. Ces voiles membraneux, flasques et inertes, ne sont plus sollicités que par le releveur de la paupière supérieure : le malade ne peut plus rapprocher les paupières et les appliquer sur Tœil ; la fente palpébnk reste constamment béante de 2 à 4 millimètres, et cela même pendant le sommeil. Le globe oculaire, n*ëtant plus bridé par son sphincter naturel, fait légèrement saillie ; il y a un peu d*exophtbalmie. La paupière inférieure, qui prend son principal soutien dans la tonicité des fibres inférieures de l'orbicohiret se renverse en dehors avec les points lacrymaux ; il en résulte un épipbora et un abaissement de la fente, sensible dès qu*on vient à comparer les deux pu. Comme la paralysie du sphincter palpébral s'accompagne, le plus souvent, de U paralysie des autres muscles innervés par le facial, on constate, en g^éral, wot déformation caractéristique du côté correspondant de la face.
L'affection étant due à laltération du nerf facial ou de sa branche supérieore, nous renvoyons pour Tétiologie à Tartide qui concerne ce tronc nerveux («oy. Nerf facial. Paralysie du nerf facial).
Cet état, auquel on donne le nom de lagophtkalmoi paralytique, ofCrede sérieux dangers pour Texistence de Toeil qui n'est plus qu^incomplétement protégé contre le froid et contre les causes irritantes; c'est pourquoi, pendant le sommeil, l'œil se convulsé instinctivement en haut pour chercher protection derrière la paupière supérieure. Dès que le lagophthalmos est un peu prooonoé l'on doit redouter l'apparition de kératites ulcéreuses graves.
Le traitement se confond le plus souvent avec celui de la paralysie faciale el nous n'avons pas à nous en occuper ici. Cependant, quand les moyens médiamenleux, les révulsifs appliqués au pourtour de l'orbite et surtout l'appUcation de l'éleclricilé, auront échoué, on sera tenu d'en venir à une intervention chirurgicale, si rinfirmité est trop grande et surtout si l'on redoute des altérations de Tœil. Elle prend le nom de canthopiastie ou tarsoraphie, et consiste simplement dans la suture de la commissure externe des paupières.
La canthopiastie a été appliquée pour la première fois en i828 par Waltber. Son manuel opératoire est simple : on avive les deux bords correspondante de la paupière, vers la commissure externe, dans une étendue de 5 à 6 miliiniètres, suivant le degré de rinfirmilé. La partie excisée doit mesurer de 1 àâ miUi* mètres de hauteur et comprendre les bulbes des cils. La réunion s'obtient facilement par l'application de quelques points de suture et d'un bandage compressif. Il arrive souvent que la nouvelle commissure est tiraillée en haut par les mouvements d'élévation de l'œil. Aussi de Graefe a proposé de hbérer la peau de l'angle temporal par le procédé de DicITenbach (voy. Blépharoplastie el E<:troi»io>) .
Bléi'haroptose ou Ptosis. On désigne par ces noms la chute ou l'abaisseinenl permanent de la paupière supérieure qui vient complètement recouvrir la cornée (ptosis complet) , ou ne fait qu'affleurer la pupille (ptosis incomplets laissant alors l'intégrité de la vision, mais constituant une difformité choquante.
Causes. Le ptosis peut tenir à des causes très-diiïérentes qui résident : a dans la paujùère supérieure ; b dans le muscle releveur de cette paupière ov dans le nerf qui l'anime.
a. Pour que le muscle releveur puisse exercer son action sur la paupirf^ supérieure, il faut que celle-ci garde cette souplesse normale qui lui pen»«* de se plisser eV ie àécoMNixt Vvk,vÛ Oc un grand nombre d'alîections aigu«^^
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sortont clironiques déterminent un ëpaississement et une induration de ce voile membraneux qui empêche ses mouvements d'élévation ; ils amènent ainsi un pioêis que Ton pourrait appeler mécanique ou organique, et dans lequel le muscle releveur conserve son intégrité fonctionnelle. Nous citerons parmi ces états pathologiques : Vœdème timple, Vœdème inflammatoire qui accompagne si facilement les poussées plilegmoneuses aux paupières, les affections ctitanéè$^ toutes les infillrations éléphantiasiques ou graisseuses (ptosis adipeux de Siebel), et enfin les diverses tumeurs qui agissent, non-seulement en indurant ia paupière, mais encore en la chargeant d'un poids tel que le releveur ne peut plus la soulever. Parmi toutes les affections chroniques, la conjonctivite granuleuse est celle qui détermine le plus souvent la blépharoptose en indurant la paupière supérieure, et en déterminant une légère contracture de l'orbiculaire.
PÏrmi les causes inhérentes aux paupières, on doit encore ranger le spasme de l'orbiculaire palpébral ; nous venons de l'étudier sous le nom de hlépharospasme, et nous avons vu que ce ptosis spasmodique peut être transitoire ou permanent.
11 va sans dire que toutes les difformités congénitales ou acquises {cicatricea, ankyloblépharonf symble'pharon, etc.), qui soudent les paupières entre elles ou avec le globe de l'œil» gênent ou empêchent Pélévation de la paupière supérieure et déterminent un ptosis essentiellement mécanique.
fr. Le ptosis proprement dit tient à un vice de fonctionnement du releveur, sans qu'il soit souvent possible de savoir s'il est dû à une altération profonde de l'élément musculaire ou bien à une lésion du nerf qni l'anime.
C'est ainsi que dans la blépharoptose congénitale il est assez difficile de distinguer quelle est celle de ces deux causes qui est prédominante. Cette infirmité assez fréquente et parfois héréditaire a été étudiée à propos des vices de conformation d'origine congénitale.
Un ptosis qu'on peut appeler traumatique s'observe à la suite des blessures qui intéressent la paupière supérieure. Gosselin cite (Dtc/. de méd. pratique, art. Blépharoptose) le cas d'un homme qui, s'étant entré une cheville de bois dans Torbite, au travers de la paupière supérieure, fut atteint de ptosis. Ce savant chirurgien fait remarquer combien il est difficile, dans ce cas, de savoir si la blépharoptose est due à la section du muscle, à celle de l'aponévrose tarsoorbitaire qui lui sert de tendon, ou bien à la lésion du filet nerveux qui lui est destiné.
Le ptosis paralytique est fréquent. Il tient à une paralysie de Toculo-moteur commun (voy. Paralysie de ce nerf) et s'accompagne de strabisme et de diplopie: le globe oculaire ne peut plus être porté en bas, en dedans et en haut; la pupille reste dilatée et immobile. H est beaucoup plus rare que la paralysie ne porte que sur le filet nerveux du releveur et n^intéresse que le fonctionnement du muscle. Elle est déterminée, dans ce cas, par une section traumatique de ce nerf (introduction de corps vulnërant, etc.), par sa compression mécaniqne (tumeur syphilitique, périostite de la voûte orbitaire), ou bien par des causes plus difficiles à définir.
Homer a décrit récemment une forme particulière de blépharoptose modérée av€c rétrécissement concomitant de la pupille et turgescence manifeste des capillaires dans la moitié de la face correspondante. Il attribue, avec raison, ces symptômes à la paralysie de la portion cervicale du grand sympathique.
Diagnostic. 11 est très-important de porter un diagnostic étiologique pré-
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cis; le pronostic et le traitement en dépendent. Certaines causes sont assez iaciles à reconnaître : les sections profondes de la paupière supérieure* Tintrod action d*un corps vulnérant dans 1 orbite, laissent des cicatrices appréciables du côté des paupières. La paralysie concomitante des muscles de rœil montre que le tronc de Toculo-moteur est en cause. Puis, dans ces formes paralytiques, li paupière a consenré sa consistance et sa souplesse normales. On peut sam difficulté avec les doigts relever la paupière supérieure et découvrir Tceil. U n*cn est plus de même quand le ptosis tient à une dégéuéresoence du tissu pilpébral ; il est facile alors de constater son induratioUt Texistence d'une tumeur ou les contractions de Torbiculaire, qui ne font que s'exagérer quand on chefcbe à écarter les paupières ; le ptosis spasmodique, du reste, n*est presque jamais continu et permanent.
Hais il est bien des cas oîi la cause sera difficile à préciser et il faudra Umjours interroger avec soin les antécédents du malade, pour savoir si raDÎMtion n*est pas congénitale ou si elle ne tient pas à une afTection générale ; on defn toujours songer à la syphilis.
Pronostic et traitement. Comme nous Tavons déjà dit, ils dépendent absolument de la cause. La blépliaroptose due à Tinfiltratiou oedémateuse et inflammatoire des paupières disparaît avec la maladie dont elle n*est qu'un symptôme. L*ablation des tumeurs, faciles à extirper, doit être tentée le plus tdt possible; cette opération guérit le ptosis en enlevant le poids qui surchage la paupière et qui paralyse Taction du releveur. Nous avons étudié, avec le blépharospasme. le traitement du ptosis spasmodiquc.
Le traitement du ptosis proprement dit, qui est le plus souvent paralytique, est bien autrement diflûcile, surtout quand il est dorigine congénitale; il réclame le plus souvent Tintervention chirurgicale. Hais, avant d*en arriver à une opération. Ton devra toujours tenter une série de moyens qui, s*ils soot le plus souvent peu efficaces, nWfrent, du moins, aucun danger : traitement interne anlis)|)hilitiquc, révulsifs appliqués sur la paupière et au pourtour de Torbite et surtout usage de courants continus ou intermittents.
Quand tous ces moyens ont échoué, ou est forcé d*en arriver à une intervention chirurgicale. Vopération la plus simple, et qui est employée depui> longtemps, consiste dans Vexcision d'une portion de la peau de la paupière inerte. On saisit, entre les mors d*une pince spéciale, un pli transversai (ail à U peau de la paupière supérieure, et Ton s'assure, en faisant fermer TociL que U portion de })eau que Ton va sectionner offre bien les dimensions voulues. La section de ce pli cutané n'oflre aucune difficulté, non plus que sa réunion à Taide de quelques points de suture ; la cicatrice qui en résulte se cache dans les plis transversaux de la ])aupière. Cette opération, si simple en apparence, a pourtant été abandonnée par la plupart des chirurgiens, et n*est plus guère employée que dans le cas particulier où le ptosis est déterminé par le développement exagéré et atonique de la peau des paupières ; la raison en est qu'elle ne présente aucune rigueur et par suite aucune garantie de i^éussite. Le plus souvent elle est insuffisante, et, si Ton voulait suivre la pratique trop radicale de liant, on s'exposerait à déterminer une rétraction exagérée de la paupière supérieure et à priver Tooil de son organe protecteur. Haut, en effet, pratique rincision supérieure immédiatement au-dessous du sourcil» Tétend jusqu'aiu angles des paupières et fait descendre l'incision inférieure plus ou moius fthi^ bord libre; le lambeaxicuV^é «ônsi excisé prend des proportions considénU^
Paupières (patboloqib). 719
Las procédét de Bowman et de de Graefe n*ont pas eu plus de succès auprès des praticiens. Bowman, après avoir retourne la paupière, excise le bord supérieur du cartilage tarse avec les tissus enTÎronnants ; rëlévateur de la paupière supérieure, inséré au cartilage, est naturellement compris dans cette excision; les bords de la plaie sont ensuite réunis avec des lils très-fins. Bowman pense que le tendon du muscle releveur est ainsi raccourci et que sa force augmente.
Le procédé de de Graefe a pour but, en diminuant la puissance de l'orbiculaire, de rendre à Télévateur un peu de sa force musculaire. Il incise, à 5 millimètres de son bord libre, le tégument de la paupière supérieure dans toute sa longueur; en exerçant ensuite des tractions verticales sur les lèvres de la plaie, il le^ écarte fortement, puis dissèque légèrement, s'il le faut, le tissu sous^sutané. Gela fait, il saisit, avec des pinces à crochet, une portion du muscle orbiculaire, large de 8 à 10 millimètres, qu*il excise avec des ciseaux, en laissant l'aponévrose orbitaire intacte. Deux ou trois points de suture suffisent; ils doivent comprendre les bords de la plaie musculaire aussi bien que ceux de k plaie cutanée. Comme il est important d'apporter beaucoup d exactitude dans k coaptation des bouts du muscle sectionné, de Graefe commence par enfoncer Taiguille au-dessous de la lèvre inférieure de la plaie, en traversant simuUa* nément le muscle, puis il saisit les fibres musculaires de l'autre bout avec des pinces et les traverse, ainsi que la peau, en sens inverse, c'est«*à-dire de la profondeur vers la superficie.
Devant l'insuccès de ces méthodes opératoires, de nouvelles tentatives ont été faites dans ces dernières années et ont amené l'application de procédés à peine sanglants et plus efficaces. Ils sont tous basés sur cette conception physiologique très-juste : le releveur de la paupière supérieure venant à faire défaut, il faut faire remplacer son action par celle du frontal qui agit dans le même sens, et, pour ce faire, il sufSt, par de fines brides cicatricielles, de prolonger Tactioii de ce muscle jusque sur le tarse. La cicatrice agit à la façon d'un tendon artificiel et oblige la paupière à suivre les mouvements du frontal.
Le procédé de Haut avait déjà pour effet de mettre, par une large cicatrice, le bord ciliaire en rapport avec le sourcil et par suite avec les muscles qui le font mouvoir. Hais c'est à H. Dransart (de Louvain) que revient l'honneur d'avoir le premier régularisé cette méthode. Voici le pnx^é qu'il communiqua à la Société de médecine du Nord, en juin 1880, après l'avoir employé avec •accès sur un jeune garçon de quinze ans, atteint de blépharoptose ; cette infirmité était consécutive à une fièvre typhoïde et avait résisté aux moyens ordinaires. Procédé opératoire : 1* incision de la peau de la paupière supérieure, tout le long du bord supérieur du cartilage tarse; 2^ dissection de la peau JQsqne sous le muscle sourcilier, de façon à mettre à nu la portion supérieure du muscle orbiculaire; 5* sutures : une aiguille, armée d'un fil fin de catgut, traverse le bord supérieur du cartilage tarse à sa partie moyenne, de la face superficielle vers sa face profonde. Quand le cartilage est traversé dans presque tonte son épaisseur, l'aiguille est dirigée vers le muscle sourcilier, en voyageant sous une certaine épaisseur de fibres musculaires et de tissu cellulaire. Arrivée •oofl le sourcil, l'aiguille traverse le muscle et laisse le fil de catgut dans le trajet qu'elle vient de parcourir. On passe ainsi trois fils qu'on lie l'un à droite, Ttutre à gauche du fil médian, puis on en coupe les bouts à ras du nœud, et
7iO PAUPIÈRES (rATidLMiB).
on laisse retomlier k lambeaa de peaa disséqué, qw la r€ptg«>iig tool natareUeoieiit sa place. Cette opératioa a poer but de relier le carlilase tarse aa moâcle Croatai. Ces ûh laisseai cfaaciiii une traînée ckalncî^Ue soo»-<nitaiiée ipii remplace niténearenieiit i*actioo des fik, qpiand la plaie a di^ré ees derniers.
l'a an après la pabUcatimi de Dransart, Pageosteciier -de Wieafeadcn') Tint proposer, aa Caofrrè^ de Londres (aofttl88l), on procédé opératoire basé sorle ■éme principe, ou» qui a Tafastaf^ de ne pas néorssîter de dissectioB. Va ioa ifliportuice. nous pspradaisQiis cette eommniiîcalioo dans soo inlégrité : c 1 pe« prèi à la loaeamr d'an dsîgt an-dessiis du milieo de rorra» mperdtiar'u^ |îiitrâdiu& une UfpùUe Boaie d*BB fort fil qai « glissant sons la pean, rasort à pe« près au niliinà de h panpiere sopérienre, exactement aa bord ciliaire. Je âùs aè»rs on wmaà qae je serre modévnnent et qai, progressÎTemait res«né hai^tm ioiir« finit pv enoper b peau. Les phénomènes de réactioo sont relatinHHnt trè^-àiUiESw la difibcmilé prodnite par la cicatrioe est mînim» et se tmcwe hnynMt compensée, pv la disparition da ptosis.
Dam^ les can «lè j*at «péré josqn a présent, nne scnle sntnre a toojoors snlli. Ceiltt^A était dirâàtt nn pen obliqnament en hant et en deliors. Il peut aussi :M nmoiouRr dns cas dans Ifsqnfb il sera indiqué de placer deux sotores à dii^iaLii maduréft Tom* de fanÈce; d'antres fais, il ne sera pas nécessaire de cuoduim la isuture josipie snr le bord eiikûre, et il randra mieux la faire res- $i»rur AU 3i&jitfu Je la paupùèR sapérienre.
Punr oiîs cfe» «ie pbJi^ iacumpieC je préiëccrais cette méthode opératoire à U>a<H» Im» ;mtsT!s«. BKifi> en svî^Kanl an peacéié la pea modifié; comme ici ua if^Mii» ciiruMa cucatrciei i'ane aclam pniwante a*est pats nécessaire, je conseille d*«tlabâir tutti «ncaCrke sous-cstanée de b taçon aaivante : on se sert d*UD fil wiujj i'iXK ijjTix lf> à chaque boQt: Tcie^ (!st conduite à la distaocc de i à i ui.a:j:iil'Lrt!s. LanL«îienïr:nt fA ^r''^ du ii:f.û biliaire, soas la peau de la paawèn* $a.p*;rHani- Au point mhut où l'an iàû". ressortir celle aiguille, on la fait j«ij«?t:-vr de cou^^ao \fO*iT b #Jiri;.'<îr«:n hacl; \t tirs? dépassé, on ressort ensuile, i i\*u pi-Oà à U lofuu'rur rj'ij/j iJoi;;l, au-deé^-i> dj milieu de Varcm superci- '.ifjLrtf, Al^r» 1 autre mnuiWtt t:%l introduite pr ce peint d'entrée de la première» et oa lïzi donne autti une «lirurlion en haut, de lacxi à ressortir précisément au [viul de sortie de rai^iiille (iriniitivement employée c'e<t-à-dire au-dessus du sourcil). Les deux exlréniitéii du iï\ hont alors modéremeat attirées et nouées. De cette manière, on olilient mm «utiire susceptible de séjourner plus ou moins longti-mps et l'on |K;ut, darih len ca» extrêmes, la laisser com|ilélement couper, en produisant au^ihi un cordon cicatriciel permanent destiné à transmettre constamment l'action du muscle frontal à la paupière supérieure. 11 est difficile de discerner dans quelles circonstances il faut recourir à la première méthode ou à la seconde; c'est là, chez Topéraleur, une affaire de tact; il en est de même pour juger combien de temps la suture sous-cutanée doit demeurer en place et si Ton doit la laisser séjourner jusqu'à complète coupure. »
C'est, en définitive, à ce dernier procédé qu'il faut donner la préférence, dans
tous les cas où le ptosis ne s'accompagne pas d'une hypertrophie trop considérable
de la peau. On pourra relier ainsi le tarse au frontal par deux ou trois anses
de fil suivant le degré du ptosis. C'est avec celle méthode que M. Dransart
a obtenu un beau succès {Annales d'oculislique, septembre et
PAUPIÈRES (bibliografhib). 7Si
M. de Wecker, dans un récent travail sur le traitement du plosis (Annales (Voeulistiqucj juillet et août 1882), loue beaucoup la méthode de M. Pagenstecher, mais voudrait la modifier en lui associant l'excision de de Graefe. Nous croyons que la combinaison de ces deux procédés fait perdre à la première tous ses avantages, qui sont surtout de n*entraîner ni incision ni dissection, et d*èlre à la portée de tous les praticiens ; la modification de de Wecker doit être réservée seulement aux cas particuliers où Tablalion de la peau hypertrophiée est indispensable (voy, Blépharoplastie). Charvot.
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FAUTE (la) (Eau MINÉRALE de). Yoy. La Faute. A. \\.
PAUTRIER (Jean-Jacques). Mëdecin français, né à Barcelonnette en 1807, était le fils d'un praticien estimé, chargé lionorifiquement du service de l'hôpiul de cette ville.
PAVET DE COURTEILLE. 7-:5
Pautrier fit ses études à Paris depuis 1828; il entendit là Orfila, Dupuytren, Pelletan, Lisfranc, Yelpeau, Broussais, Bouillaud, Chomel, Andral, etc. U passa ensuite quelque temps à Lyon^ où il se lia avec Gensoul. Enfin, ii alla soutenir sa thèse à Paris, en 1854, sur un sujet que lui avait inspiré Gensoul (Essai sur les lipomes, Paris, 1854, in-4''). Ce travail a fait autorité dans la science.
Pautrier s'établit d*abord à Lyon, puis à Rive-de-Gier, où il devint médecin de THôtel-Dieu. Mais, malgré son mérite incontestable, il ne réussit pas au gré de ses désirs, et revint à Barcelonnette exercer à côté de son père. Après la mort de celui-ci^ il vint en 1851 à YalbenoUe à côté de Saint-Etienne. Là le succès vint enfin couronner ses efforts. Lorsque sa commune fut réunie à Saint-Étienne, il fut nommé conseiller municipal et dans cette situation fit beaucoup pour Thygiène de la cité.
Il fut l'un des fondateurs de la Société de médecine de Saint-Étienne. Doué d*un esprit éclectique, il n'a jamais été d'aucune école ; il ne suivit ni Broussais, ni Bouillaud, prenant pour unique guide l'observation des faits. Il a peu écrit; on trouve cependant quelques articles de lui dans les Archives générales de médecine, la Presse médicale^ etc. Pautrier mourut à Saint-Étienne en juin 1865, d'une affection thoracique aiguë. L. Hn.
PAUnnVEES (Les). Peuple de TAmérique du Nord (voy Amérique, p. 618).
D. PAVAGE. Voy. Ville.
PAVALA POOLA. Nom tamoul du Phyllanthus rhamnoides Retz., de la famille des Euphorbiacées. Pl.
PAVANA, PAVANE. Nom du Croton tiglium Li, dans la Floride. Pl.
PAVEL. Nom donné aux Indes Orientales au Momordica Charantia L., de la famille des Cucurbitacées. Pl.
FA VET DE COURTEILLE (Charles). Médecin français, né en 1788 au Mans, et non au village de Courteille (Sarthe), comme le ferait croire son nom. U fit ses études à Paris, fut élève de l'École pratique et eut entre autres pour maître le chirurgien Récamier. Après avoir soutenu sa thèse inaugurale, en 1813, il se fixa dans la capitale et devint médecin du bureau de bienfaisance, du quatrième dispensaire de la Société philanthropique, médecin du Collège royal de Saint-Louis, par la protection de son maître Ilallé, médecin du bureau d'admission aux hôpitimx, et il fut nommé en 1825, par ordonnance royale, à Tagrégation de chirurgie. II exerça avec réputation son art dans la capitale et se fit connaître par plusieurs publications. U est mort probablement vers 1844, car son nom ne figure plus sur Talmanach de 1845, et Lachaise, dont l'ouvrage sur Les médecins de Paris parut la même année, ne le mentionne pas davantage. Nous citerons de lui :
I. Observations sur l'emploi des immersions et des affluions froides dans diverses mala" dies. Thèse de Paris, 22 juillet 1813, in-4*. — II. Becherches et considérations sur la rivière de Bièvre et des Gobelins (en collab. avec Parent-Duchâtelet). Paris, 1822, in-8» — III. Hygiène des collèges et des maisons d'éducation, Paris et Montpellier, 1827, in-8». — lY. Paralysie survenue à la suite d'un accès de goutte. In Journal général de méd.^ t. LXXIY. V^AVï..
WAliWSTWA (L.). Genre de Riibiacé»Jiorées, qui, recomia par la phipari ^let aotean coanne très-Toisin des Ixora, en a été cependant coBsené SsùoA h caofe de son calice partagé en lobes pins on moins allongés; son style trèslonfoement essert, à eitrémité snpérienrele pins ordinairement fnsiiiMine; ses feoilles ordinairement membranenses et ses stipules d*assei grande taille. Mus tons ces caractères diflerentiels sont loin d'être constants et leur importance nous a paru illusoire. (Test pourquoi nous avons uni les ParetÊa aux Ixora à litre de simple section. Le P. indiea L. (P. alba Tabl. — P. Roikiama DC. — P. 9iUo$a Hbt!i. — P. Brummis Wkht), qui est VIxora Paweiia Rod. et 17. paniatlata Lahi» et qu'on croit être le Maliea moika de rinde* est un fcariâde très-recfaerché dans ce pa js contre l'érpipèle» la diarrhée, la djientene, les obstructions Tiscërales. On emploie surtout sa racine, qui passe anisi poar 4iurétiquey bydragogue, et s'applique topiquement sur les hémonlioides. A Serra Leone, le P. paroiflora Atzel, est aussi une plante médicinale. H. Bx.
BwjosBAPBB. — L., Gem,, n* 133. — Hoctt., Pf. Sgti., TII, 361, t. 4t {Cnmiim). - «jnmL, Fhiei.^ 1, 116, t. S5. — Hte. et m L., Diei, Mmi. méi.^ T, 22S. — > Roacrnu, %■. p/. dimphpr., 328. — au, PI. krii. E^lmâ,, III, 150. — H. 6s, HiU. de» pl.^ JE, S76, 407. .Ag 257-950. H. Bx.
PAVBCB9 (HtgiL^). Parmi les ouTriers paieurs, les uns sont paieurs proprement dits, les autres cantonniers, manoeuTres, poseurs de trottoirs, constructeurs d'aires bituminées, etc. La pose de pava se fait i l'aide d'un marteau pesant, qui présente d'un bout la forme d'une boue allongée et de Fautre une tête. Les pavés une fois posés sont aflermis et dressés au mojoi de la demoiselle, massue en bois ferrée du poids de 35 I 45 kilogrammes environ, que l'ouvrier soulève verticalement et avec laquelle il frappe successivement sur chacun d'eux.
Les inconvénients professionnels sont peu difîérenls ici de ceux que Ton constate chez les cantonniers. Les poussières minérales auxquelles ils sont exposés n'ont guère d'influence sur eux, à cause du milieu même où ils travaillent. En revanche, ils sont soumis à toutes les intempéries des saisons, et sujets aux rhumatismes et aux affections inflammatoires des organes tboraciques. Ils participent, à ce point de vue, aux prédispositions morbides propres aux ouvriers terrassiers en général.
Le mouvement professionnel provoque chez eux une attitude et une fatigue éminemment favorables au surmenage des organes respiratoires et circulatoires, et par suite à la r^ptivité morbide en général.
Pâtissier parle de paveurs asphyxiés en soulevant des pierres au-dessous desquelles se trouvait un sol livré à toute la fermentation des eaux croupissantes, et Shaun a constaté chez eux toutes les conséquences de l'eflbrt cardiaque.
A. Latbt.
PAVIA (PoiR., DicL encycL, V. 93). Genre aujourd'hui rapporté aux jEscvIus et qui le constitue, avec les Hippocaslanum de Toumefort {voy, Mar- Koiv!iiER d'Iude, sér. 2, V, 136). H. Bn.
""AWfE. Nom donné à une variété de la pèche, à chair ferme et tenant au B. Pl.
PAVILLON. Pavillon de l'oreille, de la trompe d'Eattadie, île la trompe
'le Fnllope {vûy. Ureille, p. 5 et 44, Ovaihb et Utérus). D.
PAVONIA (Cav,), Uenre de Halvacies, de la série des Urénccs, à fleurs pourvues d'un rcceplacle convexe, qui [wrte un calice valvaire, à 5 dents ou à b lobes. La corolle est malvaeée, tordue, gamopélale à la base oîi i-lle s'unit avec ia colonne andréocecme. Celle-ci est tronquée ou 5-dentéo an somrairt et porte plus bas et en dehors un grand nombre de filets libres, surmontas d'une anthère uniloculaire, réuirorrac, eitrorse, déhiscente suivant sa longueur. Le gjnécée «st formé d'ua ovaire à 5 loges, gënéralenieut allerni péta les. contenant chacune un ovule ascendant, à micropyle inférieur el extérieur. Le style est partagé eu iO branches, dont 5 superposées aux carpelles et 5 alternes; leur sommet stigraalifËreest capitellé. Le fruit est formé de 5 coques qui, à la maturité, se séparent d'une columelle centrale; elles portent des pointes, des saillies ou un réseau proéminent. Rarement elles se prolongent en 2 ailes membraneuses. Elles sont indéhiscentes ou rarement bivalves. Leurs graines sont solitaires dans chaque coque, ascemluiites. à albumen nul ou à peine existant, mucilagincux. Ce sont, au uombre d'environ 70, des arbustes, des sous-arbrisseaux ou des herbes des régions chaudes des deux mondes; souvent tomcnteux ou hispiilcs, riches en mucilage, à feuilles souvent anguleuses ou lobées; à fleurs pëdouculées ou réunies en grappes ou en capitules, avec 5-cc bractéolrs libres ou unies, lormanl calicule sous la fleur. Plusieurs sont employés dans la médecine des pays «hauds.
Lafavonia odorata W. est, d'après Ainslie {Mat. med. iml.. Il, 297), usité -daDs I'IdiIc eu [[ilusinii, dans les cas dcMvi'es et Je phlegmasîes. Le f*. tcijlanica C*v, sert aux mêmes usages à Ceylan. On emploie également sa nicine, ses feuilles et ses boulons. Le P. diurelica A.-S.-ll. se prescrit au Brilsil, nolamment dans la province de Minas-Geraës, en décoction miellée contiv la djsurie. Ses feuilles servent en cataplasmes, comme chez nous celles de la Guimauve. Le p. caeciaea Cav. s'emploie à Saint-Domingue comme mucilagineux ; ses propriétés, de m^me que celles de plusieurs autres espèces du genre, sont identiques à celles de nos Malva et Altkœa indigènes. H. Bn.
B.BLioc..i-niE. - Cï.. DhkW., rn, 132, t. *&-47, M. — U«. III.. t. 585. — Em.. lien., n. 5575. — PifER, Mahac. iihése fie. mÉil. Par.), 51; Orijanogr. comp. fi., 38, t. 7, — «£ii. et dbL., Dkt. Mal. w('j.,ï, ïiS, — Romstb., Si/ttùp: pi. diapker., 708. — II. Bu. in Payer fam. nal., ^\ -. ia Adaïuorna, 11. I76i llUt. dapl.AS. UT- H. Bu.
PAVOT [Papaverl.). g 1- ■otani^Mc. Cenre de plantes Dicotylédonesf)olypétales, qui a donné son nom à la famille des Papavénicées. Ses fleurs sont régulières et liermiiphi-odites. Leur rêcrplacle convexe porte un calice de 4leui oépales opposés, imbriqués ou tordus, caducs, et deux corolles de deux pétales chacune, dont deux alternes aux sépales et deux plus intérieurs, superf)Osés. Us sont également tordus ou imbriqués dans le bouton, corrugués dans leur portion supéiieure et caducs. L'androcée est représenté par un nombre indcfîni, ordinairement très -considérable, d'étamines hypogynes, libres, et dont le filet supporte une aolhcre basilixe, a deux loges latérales s'ouvrant chacune par une fente longitudinale, marginale ou bien légèrement eilrorse. Le gynécée est supporté par un pied court, immédiatement dilaté en une léle hémisphérique, convexe ou en forme de cône Iris-déprimr, coilîaut le sommet de l'ovaire
7S8 PAVOT (bOTAMQUfi).
et partage sur ses bords en autant de dents arrondies qu'il y a de placentas dans ToYaire. A chacune de ces dents répond un sillon rayonnant» tracé sur la face supérieure, et dont les lèvres sont tapissées de tissu stigmatique. Ces lignes répondent aussi aux placentas. Ceux-ci sont en nombre très-inconstant; ils proéminent dans Tintérieur de la loge jusqu'à une dislance Yariable, souvent peu considérable, du centre. Ils représentent donc autant de cloisons incomplètes dont les deux surfaces sont, en totalité ou en partie, chargées d'un grand nombre de petits ovules anatropes. Le fruit est sec, capsulaire ; il s*ou¥re ordinairement près du sommet, au-dessous de la base du style, |>ar un nombre variable de très-courts panneaux qui s'abaissent et qui répondent à rintcrvalle des placontas. Par ces faux pores s*échappent alors un grand nombre de petites graines, arquées, scrobiculées ou réticulées à la surface, renfermant sous leurs t^ments un albumen charnu et huileux très-abondant, qui, vers sa portion supérieure, entoure un petit embrpn droit ou arqué. Les petites valvules par lesquelles s'ouvre le fruit s'écartent moins de la paroi dans les Pavots dont on a proposé défaire le genre Calomecon. Leurs fleurs sont souvent dans nos jardins construites sur le type 3. Ce sont d'ailleurs, comme les autres Papaver^ desherbes annuelles ou vivaces, glabres et glauques ou hérissées de poils phis ou moins rudes, à suc laiteux blanc, rarement jaune, à feuilles alternes, sans stipules, presque toiyours lobées ou disséquées. Les fleurs sont presque toujours solitaires, supportées par un long pédoncule, terminal ou oppositifoUé, penché dans sa portion supérieure avant l'épanouissement de la fleur. Il y a une qmnsaine d'espèces de ce genre, la plupart originaires des régions tempérées ou sous-tropicales de l'Europe, de l'Afrique, de l'Asie et de TAmériqae du Nord. L'une d*elles habite l'Afrique australe; une autre, TAustralie tropicale.
Pavot somnifère. Le Papaver samniferum L. (P. horteme Hitssa) est une herbe annuelle, à racine pivotante, dure, blanche ou jaunâtre, plus ou moins ramifiée . La tige, dressée, ordinairement simple ou peu ramifiée, chargée d*une eftioresccncc glauque ; cylindrique, glabre ou parsemée de poils rudes horizontaux ; herbacée, laiteuse, est chargée de feuilles alternes, sans stipules ; les inférieures oblongues ou ovales-oblongues, élargies à la base, profondément pinnatiséquées, avec des segments aigus, plus ou moins profondément et irrégulièrement dentées ou serrées ; les supérieures de plus en plus larges, cordées à leur base, subamplexicaules, à sommet aigu ou légèremeut obtus, non piunaliséquées, mais irrégulièrement serrées-dentées, à dents garnies de pointes acuminécs, souvent calleuses et blancliâtius; toutes lisses, luisantes et d'un vert grisAtre, ou glauques, ou les inférieures portant des poils en nombre variable, penninerves, à côtes pâles, très-saillantes en dessous, concaves en dessus, à nervures pennées, sinueuses, inégales, ramifiées. Les fleurs sont terminales, solitaires ou géminées, ou en petit nombre, formant une cyme bi- ou i)auciflore terminale, longuement ])édonculée^. Les boutons sont ovoïdes, d'abord penchés, puis redressés, à sépales concaves, lisses, herbacés, fugaces. Les pétales sont suborbiculaires, brièvement obovales, un peu atténués en coin à la base et coupés droit en leur point d'insertion, subonguiculés, membraneux, délicats, éphémères, légèrement odorants, blancs, roses, rouges ou violacés, avec ou sans taclie purpurine ou noirâtre au-dessus de leur base ou une teinte basilaire d'un jaune verdatre, satinés, avec des traces des plis formés dans la préfloraison par lecliiffonncnient du limbe qui est chargé de Unes veines rapprocliées et radiantesflabellées. Les élamines ont un lilet long et grêle, blanc, qui va en s'élargissant
PAVOT (botanique). 729
lie la base au sommet, de façon à être étroilement et longuement subspatulé, et qui subitement se rétrécit, son commet acuminé s*insérant à la base de 1 anthère, linéaire, à deux lignes de déhiscence marginale, devenant plus tard d'un brun pâle et se tordant sur elle-même après la déhiscence. L'ovaire est globuleux ou un peu plus long que large, et le bouclier stylaire a de 8 à 20 rayons stigmatifôres, répondant à nombre égal de dents obtuses dont est découpé son pourtour. Le fruit est sphérique ou déprimé, plus large que haut, ou OToïde, ou beaucoup plus long que large, suivant les variétés. Les graines sont réniformes» réticulées, blanchâtres, grises, violacées, bleuâtres ou noirâtres. Toute la plante, sauf les graines, est riche en latex visqueux, blanc, et possède une odeur nauséeuse, opiacée (dimensions : racine, 1 à 2 décimètres de long, sur i à 2 centimètres de diamètre; tige, 50 centimètres de diamètre; feuilles^ iO à 50 centimètres de long, sur 5 à 8 centimètres de large; les feuilles bractéiformes du sommet peuvent être réduites de 5 à 5 centimètres de long; pédoncule, 2 centimètres environ ; calice, 5 à 4 centimètres ; pétales, 4 à 8 centimètres; étamines, 2 à 3 centimètres de long et de large; graines, 1 millimètre environ de long).
Cette espèce, cultivée depuis si longtemps dans les jardins et les champs, présente beaucoup de variétés et de formes, dont plusieurs ont souvent été élevées au rang d'espèces. Les principales, au point de vue médical notamment, sont pour nous au nombre de deux :
a. album (Papaver officinale Gmel. ; P. album Lob. ; P. somniferum L.). Fleurs ordinairement solitaires, grandes, à pétales blancs, souvent verdâtres ou jaunâtres à la base, plus rarement teintés en rose ou lilas pâle. Divisions du style au nombre de iO à 12 au plus, plus ou moins tôt redressées. Fruit variable de forme, ovoïde, subglobuleux ou parfois déprimé et plus large que long (P. album depressum Guib.), non déhiscent. Graines blanchâtres ou légèrement jaunâtres, translucides, rarement, dit-on, bleuâtres ou violacées.
Celte variété se présente sous deux formes secondaires : Tune totalement glabre, et Tautre sétigère, au moins sur certaines parties telles que le pédoncule iloral ; et nous avons vu celte variation se produire de semis dans les jardins, avec des graines d'une plante absolument glabre.
p. nigrum. Fleurs souvent géminées ou en petit nombre, ordinairement plus petites que dans la variété précédente, sauf dans les jardins, à pétales violacés, rouges ou pourpres, souvent tachés de noir au-dessus de la base. Fruit ordinairement plus petit que dans la variété précédente, souvent à peu près globuleux. Divisions du style souvent moins nombreuses (6-12), plus ou moins réfléchies sur Tovaire. Graines noires ou d'un gris plus ou moins foncé, opaques. Cette variété présente deux formes secondaires. Ou elle est entièrement glabre, à dents des feuilles peu dures et mutiques ; ou bien elle devient plus ou moins sétigère (P. seligerum DC.) sur les tiges, les pédoncules, même les calices, les nervures des feuilles, et l'extrémité des divisions de celles-ci est surmontée d*une soie raide plus ou moins prononcée. Cette forme se trouve spontanée en Grèce, â Chypre, aux îles d'Hyères, en Algérie, etc., et l'on croit, nous ne savons pourquoi, qu'elle représente le véritable type sauvage du P. somniferum,
La plupart des parties de ces plantes renferment des réservoirs pour le latex. Ce sont, fait relativement rare parmi les espèces dont la médecine emploie le suc propre, des vaisseaux laticiferes, formés de phytocysles unis bout à bout, et dont les cloisons de séparation se sont plus ou moins complètement résorbées;
730 PAVOT (bot\niq«e).
à leur niveau répond une sorte d*trticuUtion. Ces phytocjstes prâsentant des dispositions Tariées suivant les portions du Pavot dans lesquelles on les observe. Dans les organes de végétali<»» ils sont plaça dans le tissa soos4ibérîeii, et ik consistent en tubes parfaitement continus» assez rarement anasUNnosés (Trécol). Dans lovaire et le fruit, an contraire^ ils s'unissent en faisceaux ridiement anastomosés, formant les mailles d'un réseau très-compliqué dont les bnnciies rayonnent sous forme d*éioiles accompagnées de vaisseaux spirmnx et limitent par leur réunion des polygones inégaux et irréguliâv dans lesqœls demeorent comme encadrés les antres tissas de Torgane. Ceux-ci renfennent d'abord beaucoup de fécule.
Les Coquelicots sont aussi des Pavots et appartiennent à la aeetioo Jttoeas de ce gmre. Le véritable Coquelicot ou Pavot rouge sauvage est le Papoter Bhœat L., plante d'origine austro-orientale, probablement introdoite avec les céréales dans nos champs, où elle se comporte comme une espèce aimaelle. C'est une herbe haute de 30 à 80 centimètres, toute diargée de poils rodes, à feuilles alternes, étroites, profinidémeiit pinnatifides, à lobes aUoogés, inégaux, incisés- dentés, aigus; à fleurs terminales, solitaires. Les sépales, chargés de soies rudes, sont fugaces. Les quatre pétales sont obtus, à onglet eonit; kes extérieurs surtout, plus larges que longs, sont d'un ronge vif à Télat sauvage, avec souvent une tache plus ou moins foncée à la base. Les élamines sont d'un videt noirâtre et l'ovaire court est couronné d'un bouclier stylaire à un nombre variable de rayons stigmatiques pourprés. L'ovaire a un pied court et il est lui-même court, tronqué, lisse. Son fruit a la même forme, avec on nombre variable de panneaux de déhiscence, et les graines réniformes sont finement réticulées.
Les espèces voisines du P. AAomu, et qui sont communes dans nos champs, sont confondues avec lui sous le nom de Coquelicots ; ce sont : le P. dmbÎMm L., à capsule finalement longue et obconique; le P. hybridum L., dont la capsule est courte, mais hérissée de soies raiJes, et le P. Argemone L., où elle est non-seulement hérissée, mais encore étroite et allongée, à peu près comme celle du P. dubium. Ces plantes ont le latex blanc, mais il y a des espèces voisines (ou des variétés) dans lesquelles il est jaune. On emploie en médedne les pétales des Coquelicots comme mucilagineux, calmants, légèrement narcotiques; on croit qu'ils renferment de la Rhœadine (Hesse). Ils font ou devraient [aire partie de certains sirops pectoraux, adoucissants. En séchant, Lis perdent leur odeur et leur belle couleur rouge, deviennent d'une teinte terne, se chiffonnent plus ou moins et se détériorent bientôt. Aussi dans quelques pays, en Angleterre, par exemple, les pétales frais sont seuls officinaux.
Les P. orientale L. et Tracteatum L., espèces à verticilles souvent trimères et à pétales rouges, constituant la section Calomecon^ sont vivaces, ornementaux, et passent aussi pour avoir des propriétés narcotiques. Leurs valvules de déhiscence s'écartent peu de la paroi du fruit.
Les Pavot» cornus sont les Glaucium. H. Bn.
BiBuoGftAPHiB. — T., Inêt. Bei herb., 237, t. 419, 120. — L., Gen„ n. 648. — Abiks., Fa». des pi, II, 432. — Gmmth,: De fruct,, I, 288, t. 60. — Lami, Dia. enc., V, 110 ; Suppl., IT, 335; ///iif/r., t. 451. — DC, Prodr,, 1. 117. — Spach, SuiU à Buff., YIl, 10. — Bouni., in lÀnnœa, YIII, 462. — Exdl., Gen., n. 4823. — Pateb, Organogr., 218, t. 224. — Beiti. et HooK. p., Gen., I, 51, 965. — Gdib., Drog. iimpi., éd. 7, III, 706. — Hàhi. et FlOck., Phtr^ macogr., 37. — Bebg et Schm., Danl, off. Gew., t. 15, e, f. — Rosexth., Syn. pi, diaphor.^ 625. — 11. Bâillon, UUt. de* pi,, III, 107, 135, 140, fig. 113, 124; Tr. Bot. méd. pkM^r., 725. % 2306-2319. H.Bh.
l'AVOT (BMPioc médical).
l II. Emploi mi^di«Bl. Nous avoHs Irailô largement des pavuls à Q|iiLiiii il l'arliclc Oplub de ce Dictionnaire. Pîous dirons ici queli]ues mois de chacune (les variété:; de pavots somnifâres. Encore n'avons-nous pas à reveair sur le l'apaver Hhœas ou coquelicot dont il a été parlé à son rang al pbabé tique. Ajoutons seulement qu'une espèce voisine du P. Bhœas, le P. Vubijim, a Été expÉrimentée par Loiseleur-Desiongcltamps et n'a pas donné de résultats assez séricu:c pour profiter à la thérapeutique.
Les capsules du Paptjrer nigriim fournissent un suc qui. selon Dumas, PeU lelier et Caventou, serait plus riche en morphine que celui qui se trouve dans Topium du commerce. Elles ne sont pas néanmoins admises dans le Codex. C'e^t le pavot noir qui est euploilé pour la récolte d'huile d'œilletle, bien que le pavot blanc n'en soil pas dépourvu. On relire des semences par expression Si) pour 100 quand on opère à froid et 5l) pour 100, si on opère à chaud. Celte petite huile (olietlo) est fluide, de couleur jaunâtre, d'une densité de O.OlTi à 0,924, se congelant â — 18» centigrades. Elle est composée principalement, d'après Ûudemans, d'un corps gras résultant lui-même de la combinaison de la glycérine avec l'acide linoliqiie (trouvé dans de l'huile de Hn) ; elle n'est pus aussi alimentaire que l'huile d'olive et ne possède aucune propriété narcotique, bien qu'elle ait été interdite autrefois comme dangereuse.
Le /'. Album est le pavot oUicina! ; on en prépare un e-rlrait alcoolique en faisant agir l'alcool sur 1/S° de son poids de capsules concassées et débarrassées de leurs graines. Cet extrait, peu actif, de composition incertaine, est peu usité : la dose t'erait de 20 à 40 cenli^'rammes. Le sirop de pavot blanc du Codex se prépare avec cet extrait, dont il contient 20 centigrammes par 30 grammes. C'est donc un médicament faible et peu h\t, si il vaut mieti\ employer le firop d'opium ou Ihébaique, qui renferme, pour le même poids de sirop, 4 centigrammes à'exlrait d'opium, ou le firop Ùiacode du nouveau Codex, qui n'en renferme que 1 centigramme. Le Codex, dans son Index alpkabelicvs, appelle le premier de ces deuii sirops nirop il'opium fort et le second lirop d'opium faible. Or. il y a ici un danger d'erreur, celui de conl'ondre le sirop fort avec le sirop faible; sans doute un pliarmacieu prudent il qui l'on demandera simplement du sirop d'opium délivrera du plus faible, <jui est le sirop Diacode ', mais m al heureuse ment les praticiens sont exposés à s'égarer sur la composition de ce sirop, dont le nom Diacode était donné dans les anciens codex au sirop de pavot blanc; cette confusion est regrettable et excite des plaintes générales.
Chevallier a publié vers 1868 un mémoire sur les empoisonnements produits par les capsules du pavot blanc officinal et a signalé le danger du maniement de cette substance, tantât Irès-vireuse quand les capsules sont récollées trop longtemps avant la maturité des grains, tantôt à peu près inerte quand on en a trop retardé la cueillette. Il a constaté de plus, comme Bouligny, la diversité trèsgrande des dimensions et du poids des capsules du commerce, qui pèsent 3, i, is, 12 et même 15 grammes, et qui correspond à des variations de volume s'exerçant dans les limites de 2 h '2G centimètres de circonférence. Suivant Ueurcin (de Lille) les grosses capsules seraient proportionnellement plus riches mi opium que les capsules moyennes. Le Codex de 1866 fixait à 8 grammes le poids des capsules de pavot blanc séparées de leurs graines et récoltées avant maturité : mais qui ne comprend qu'un triage pareil, qui exigeait un trèsgrand soin et le sacrifice d'un bon nombre de capsules, est une garantie a.bwi-
73i PAYCO.
loment illusoire? Le Codex de i88i a h^té à Umte fixatioo de ee genre, ado|H tant ainsi implicitement le dosage des capsulei de pavot en pmds. Stanislas Martin a proposé, pour transiger avec les habitadei dâ berborisles e( des adietearSy de fixer la grosseur des tètes de pavot au volume d*un gras œuf de poule. ce qui correspond à environ 5 à 8 grammes {Bull, de Aérap.^ 1868, t. LSXV, p. 506)« Cette approximation est suffisante en effet pour écarter tout danger, en supposant (ce qui est, comme on vient de le voir, inexact) que Fadivîté d*nn même poids de capsule ne varie pas.
Des exemples nombreux d'empcisonnement ont démontré le danger des lavements de tête de pavot qui sont employées dans la médecine domestique comme moyen banal de traitement des diarrhées. Léeuyer-Viilermaj, Petit (de Corbeil), et d autres ont cité des laits de ce genre et nous en avons rencontré pour notre part L'usage d'une décoction de pavot pour combattre les tranchées des enfants est une pratique périlleuse* Chez Tadulte même, il faut en user avea prudence, et, en général, on devra préféra aux lavemoits de décoction de pavot les lavements au laudanum.
Cette décoction s'emploie souvent en lotions contre les inflammations douloureuses. On peut aussi l'administrer sous la forme balnéaire. Dans la radiialgîe, dans les névralgies des membres, un grand bain à l'eau de pavot apporte souvent beaucoup de sonlagement, surtout si le bain est en même temps l^èremenl sinapisé pour faciliter l'absorption cutanée. Une précaution à prandre, dans ce cas, est de placer sur la baignoire une couverture qui protège la face contre h vapeur de l'eau du bain. DacHAwaaE.
PAXDLLE (PaxilluM Fr.). Genre de Ouimpignons-IIyménomyoètes, do groupe des Agaricinées, dont les représentants sont caractérisés par le diapeaa mou, visqueux, à borJs toujours enroulés en dedans. Les lames, nombreuses et très-sinueuses, se laissent facilement détacher; elles présentent des ramifications interrompues, presque anastomosées. Les spores sont ovoïdes ou arrondies, couleur de rouille.
Ces Champignons se rencontrent, au printemps et à Tautomne, principalement dans les forêts d^arbres à aiguilles, sur les vieux troncs des pins. Tels sont les P. paneolus Fr., P. alro-tomenlogus Batsch. et P. pannoidet Fr. ; cette deniière espèce se développe également dans les maisons et les caves, sur les vieux bois ou les boiseries humides. Ed. Lep.
FAXT03K (James). Médecin anglais, a fait ses études médicales à Oxford, devint membre du Collège des chirurgiens de Loudres ; il est mort vers i 840. On connaît de lui :
I. CoMC of Scirrkouê Pyloruê, and Mortification of the Slomach. la Edinburg Med. and Surg, Joum.^ t. XV, p. 328, juillet 1819. — II. Spécimen of an Introduction to the Stndy of ttuman Anatomy. Oiford, 1850, in-8*. — III. An Introduction of the Sludy of Hwnan Anatomy. Oxford, 1831, in-8% 2« édit. Edimbourg, 1832-1834, 2 vol. iii-8*. RdlUon américaine avec additions par Winslow Lewis. Boston, 1832-1831, 2 vol. in-8*. — IV. Pylorut and Mortification of the Stomach, lu Edinburg Med. and Surg. Joum., t. XV, p. 328, 320, juillet 1819. K. D.
PATCO. D*après Monardès, on donne ce nom à une plante du Pérou, dout les feuilles ressemblent au plantain. Elles sont employées en poudre contre les maladies des reins el de la vessie. Pl.
PAYEN (Les). 753
PATEN (Les).
Fajen (CuARLEs). Médecin de Paris, qui a joui dans son temps d*ui]c rande réputation par son i»avoir, son habilité pratique et son caractère. Né ù Paris en 1713, il fut reçu docteur le 15 octobre 1736, occupa la chaire de professeur de chirurgie en langue française, fut chargé de la conservation des livres de la Faculté, devint médecin de TEIôtel-Dieu en 1755, et mourut le 14 juillet 1773, âgé de soixante ans. Le lendemain il était inhumé dans l'église de Saint- Paul.
Nil novi sub sole. Les docteurs de la Faculté qui sollicitaient la place de médecin de THôtel-Dieu faisaient des visites aux membres du bureau. Les archives de TAssislance publique ont conservé quelques billets que laissaient ces candidats chez ceux des administrateurs qu'ils ne rencontraient pas à leur domicile. On y trouva une lettre de Payen qui fait honneur à son caractère, et qui est adressée à un docteur Lowy, rue Jean-de-Beauvais, nous en reproduisons un passage : « Après dix-huit ans de doctorat, j'avouerai franchement que les démarches qu'il est d'usage de faire en pareil cas me coûteraient trop pour m'y conformer. Et c'est ce qui a toujours fuit mon éloignement pour cette place, trouvant de la témérité à espérer qu'on voulut bien m'en dispenser. » A. C.
Payen (Jean-François) . Médecin érudit de ce siècle, si connu par ses nombreux travaux sur Montaigne, par la collection unique qu'il a laissée des éditions des Essais^ et par sa remarquable bibliothèque sur les eaux minérales (709 n*»). Il naquit à Paris, presque avec le siècle, le 24 juillet 1800. Reçu docteur à Paris, le 23 juillet 1828, il devint chirurgien de la Société philanthropique (1851), médecin des bureaux de bienfaisance (1835), et est mort le 7 février 1870. Presque toute sa vie s'est passée à collectionner les nombreux ouvrages sur les eaux minérales, et à rendre à Montaigne le plus éclatant hommage que l'on puisse adresser à un grand homme : souvent au prix de grands sacrifices il avait rassemblé tout ce qu'il avait pu touchant le grand moraliste : autographes, livres, gravures, portraits, bustes ; il s'était rendu acquéreur d'une Li*entaine d'ouvrages portant des notes de la main de Montaigne, et sëlait procuré tous les ouvrages relatifs à l'auteur des Essais^ tous les fragments, les Journaux, les publications quelconques, dans lesquelles il était fait mention de Montaigne. Dieu merci! cette unique collection Va pas été disséminée sous le marteau du commissaire-priseur, et elle fait maintenant partie des richesses de la bibliothèque nationale de Paris, qui la achetée, en 1870, pour la somme de ZO 000 francs. Voici les titres de quelques-unes des publications de Payen :
I. Notice bibliographique tur Montaigne. Paris, 1837, in-8*. ^ IL Premier iupplément à 4a notice bibliographique iur Montaigne. Paris, 1837, in-8* — III. Deuxième tupplément... 1860, in-S*. — lY. Documents inédite ou peu connus tur Montaigne. Paris, 1847, in-8*. — V. Nouveaux documenta,,. Paris, 1850, in-8». — VI. Documente inéditg sur Montaigne : Éphéméridei, lettres et autres pièces autographes et inédites de Michel de Montaigne et de sa fille Éléonore. Paris, 1853, in-8». — VII. Recherches sur Montaigne. Paris, 1856, in-8». — VIII. Maison d'habitation de Montaigne à Bordeaux. Paris, 1855, in-8. — IX. De Christophe Kormarty et de son analyse des Essais de Montaigne. Paris, 1840, in-8*. — X. Note bibliographique sur Etienne de la Boitie, 1846. — XI. Notice bio^ibliographique sur la Boitte, l'ami de Montaigne. Paris, 1853, in-8». — XII. Mémoire sur la luxation de champ de la rotule. In Journ. de Malgaigne, 1847. — XIII. Plusieurs mémoires sur les eaux minérales. — XIV. Une thèse doctorale sur les eaux minérales de Louesche, 182», in-î». A. C.