‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 4)Chapitre 24 sur 51 · DICT. KM. 4* S. VII · texte numérisé non relu

DICT. KM. 4* S. VII

226 GÉLATINE (emploi).

des doses considérables» (missent par mourir avec tous les signes d*une inanition

complète.

c 4<* La chair musculaire, dans laquelle la gélatine, l'albumine et la fibrine sont réunies selon les lois de la nature organique et où elles sont associées à d'autres substances comme la graisse, les sels, etc., suffit, même en très-petite quantité à une nutrition complète et .prolongée.

« 5<^ Les os crus ont le même avantage, mais la dose consommée en yingtquatre heures doit être beaucoup plus forte que s'il s'agissait de la viande.

4 6^ Toute espèce de préparation, telles que la décoction dans l'eau, I'idtiou de Tacide chlorhydrique, et surtout la transformation en gélatine, dimi* nue les qualités nutritives des os et semble même dans certains cas les fkire presque entièrement disparaître.

c 7® Cependant la Commission n*a pas voulu se prononcer pour le moment sor remploi de la gélatine associée à d'autres aliments dans la nourriture de l'homme. Elle a compris que les expériences directes pouvaient seules réclairer à ce sujet d*une manière définitive. Elle s'en occupe activement, et les résultats seront exposés dans la seconde et dernière partie de ce llapport.

a 8<^ Le gluten, tel qu'on l'extrait de la farine de froment ou de maïs, satisfait à lui seul à une nutrition complète et prolongée.

« 9"^ Les corps gras, pris pour unique aliment, soutiennent la vie peo< dant quelque temps, mais ils donnent lieu à une nutrition imparfaite et dcsordonnée, où la graisse s*accumule dans tous les tissus, tantôt à Tétat d'oléine et de stéarine, tantôt à l'état de stéarine presque pure. •

Quelque temps après le dépôt de ce rapport, le Ministre de l'intérieur des Pays-Bas demanda à la date du 28 juin 1842 à l'Institut Néerlandais de résoudre la question suivante :

« La gélatine peut-elle être considérée comme un aliment utile et agréable pour rhomme? ».

Une commission fut nommée et présenta le 22 avril 1845 au ministre un rapport dans lequel j'ai noté les faits suivants :

La Commission en question pense que les savants français ont parfaitement démontré que seule la gélatine ne nourrit pas; mais elle croit que cette sobstance pourrait peut-être, lorsqueile est ajoutée à une ration alimentaire d'une autre nature, augmenter la valeur nutritive de cette deraière ration. Cette Commission se propose de résoudre ce problème.

La gélatine employée dans ces expériences a été extraite des os par le procédé de Papin, indiqué par d'Arcet.

i^ On donne à des chiens un même poids de pain (125 grammes par jour); quelques-uns de ces animaux reçoivent en outre de 187 à 250 grammes de gélatine. La perte en poids subie par chacun d'eux après huit jours de ce réi^iiQ'i est sensiblement la même pour tous. Cette expérience fournit les mêmes résul* tats quand on la fait durer un temps plus long. Du reste, tous les animaux soumis à ce régime subissaient visiblement Tinfluonce d'une alimentation insuffisante, car, lorsqu'on leur rendait pendant huit jours la pitance des chiens dn Jardin Zoologique (pain de cretons, son et pelures de pommes de terre cuites), ils gagnaient 1 kilogramme eu poids.

2° L'expérience du n<> 1, répétée en élevant la dose de gélatine à 575 et 500 grammes, a donné un résultat semblable; les chiens ont perdu 1 kilogramme en une semaine.

GÉLATINE (emploi). ii7

3* Lorsqu'oa donne à un chien une ration insuffisante de pain, Taddilion à son régime d*une quantité même considérable de gélatine n'apporte aucime modiûcatioa sensible à la marche de Tinanition lente qu*il subit. La plus faible quantité de viande produit de suite un mieux appréciable.

¥ L'addition de la gélatine à une ration alimentaire qui contient de la graisse De fournit pas de meilleurs résultats.

5* Deux chiens (de i 5 et 17 kilogrammes) reçoivent par jour un kilogramme de la pitance aux pains de cretons décrite plus haut. Leur poids reste le même pendant huit jours : cette ration est donc suffisante pour leur entretien. On la réduit de moitié» chaque chien ne recevant plus que 500 grammes par jour. En quinze jours, ils perdent i et 2 kilogrammes. On continue pendant dix-sept jours le régime de la demi-pitance, mais pour Tun des animaux (celui qui avait perdu un kilogramme quand il était à la demi-pitance seule) on y ajoute par jour un kilogramme de gélatine. Après ce temps, la perte en poids était de 2 kilogrammes pour chacun des chiens, celui qui mangeait de la gélatine ayant perdu autant que Tautre : en rendant à ces chiens la pitance ordinaire, ils regagnèrent rapidement leur poids normal.

Les membres de la Commission pensent que Teffet de la gélatiue dans les potages dits économiques doit être d*autaat plus négligeable, que non-seulement sa force nutritive est presque imperceptible, mais qu'en outre sa proportion est minime. De iOO kilo^^rammas d*os on extrait Teau gélatineuse nécessaire à la préparation de 4,800 portions de potage de un litre et un quart (soit 6,0i)0 litres de bouillon;. Or, la quantité de gélatine sèche qu*oa pôut extraire des os est environ un sixième. Les iOO kilogrammss d*os indiqués plus haut peuvent donc fournir 16 à 17 kilogrammes de gélatine sèche qui, répartie dans 6,000 litres de bouillon, fait ressortir la proportion de celui-ci en gélatine à 2 ou 3 grammes par litre. A Harlem, la proportion est la même. Les potages ne sont utiles qu*à eause du riz, des pois, des légumes et pommes de terre qu'ils contiennent, et cest en vain qu'on augmenterait la proportion de gélatine. Faut-il continuer à se servir de cette substance pour les soupes des pauvres? A coup sûr son emploi n entraîne aucun danger pour la santé : mais pourquoi continuer à l'extraire d'une manière dispendieuse à l'aide d'appareils compliqués et de combustible qui est onéreux? ne ferait-on pas mieux d'appliquer les sommes dépensées à Tacbat d'aliments ayant fait leurs preuves? Dans l'hôpital des Israélites allemande d'Amsterdam on a abandonné la gélatine ; on se sert de viande pour préparer les potages, et on trouve dans cet empioi l'avantage de donner un mets plus nourrissant pour les malades et moins coûteux pour l'hospice. Voici un autre document important sur la même question : A propos du projet d'emploi de la gélatine dans les hôpitaux de Toulouse, le Ministre de llnstruclion publique, à la date du 3 janvier 1850, demande à l'Académie de médecine de lui faire connaître son opinion au sujet de remploi de la platine comme aliment.

Le 22 janvier 1850, la Commission nommée par l'Académie et composée de KM. Chevallier, Gilbert et Bérard, rapporteur, déposa son rapport dont voici la substance :

La Commission se pose les questions suivantes :

« La gélatine préparée aux dépens des os, par l'un des procédas usités aujourd'hui dans les arts, peut-elle être employée avec quelque avantage dans I*alimentation de Thomme ?

2S8 GÉLATINE (emploi).

« Une certaine dose de gélatine peut-elle remplacer dans le bouillon les principes solubles qu'une quantité déterminée de viande aurait abandonnés â ce liquide?»

Ainsi qu on peut le voir, le problème commence à se définir nettement daos Tesprit des savants, et s'il est vrai qu'une question bien posée est à demi résdiue, on voit qu'un grand pas a été fait depuis l'époque où Cadet de Vaux lormuiait des aphorismes au lieu de faire des expériences.

Pour résoudre ces deux questions, les commissaires ont cru ne pas devoir entrer de nouveau dans la voie expérimentale. Ils ont pensé que les travaux de leurs devanciers suflisaient, et se sont bornés à en tirer les conclusions qui leur semblaient légitimes. Voici ces conclusions :

« 1® Les propriétés réparatrices du bouillon ne sont pas proportionnées à la quantité de gélatine qu'il contient ;

« 2® Ces propriétés sont dues, en grande partie, à d'autres principes que la viande abandonne à Teau dans laquelle on la fait bouillir ;

c 5® La dissolution de gélatine dite alimentaire ne contient pas ces principes ;

«I 4^ L'introduction de la gélatine dans le régime ne permet pas de diminuer sensiblement la quantité d'aliments dont on fait usage; à ce titre» elle noOre aucun avantage économique ;

€ 5® L'addition de cette substance aux aliments dérange les fonctions digestives chez un grand nombre d*individus; à ce titre, son emploi offrirait quelques inconvénients au point de vue de l'hygiène et de la diététique.

« 6® Il n'y a pas lieu d'encourager la construction d'appareils pour la préparation de cette substance dans les établissements destinés à l'assistance publique ».

Le lecteur peut, d'après ces faits, se former une opinion : il lui semblen probablement que des propriétés alimentaires si diflGciles à démontrer nettement sont bien douteuses; je lui demande la permission d'appeler seulement son attention sur deux points :

Le premier est relatif à la composition des substances qui sont incontestablement des aliments ; pendant longtemps on a cru que les corps organiques azotés étaient forcément des aliments capables de régénérer nos tissus, et de produire en s'oxydant la force ou la chaleur dont Tanimal a besoin. On mesure même encore aujourd'hui la valeur d'un aliment azoté à sa teneur en azote; c'est là sans doute une méthode dont l'expérience a montré l'exactitude, mais cependant il ne faudrait pas trop se fier à ce principe. Un corps peut être azoté et susceptible de dégager peu ou beaucoup de chaleur par suite de son oxydation, ou du travail intérieur qui résulte du nouvel arrangement de ses molécules pour revêtir une forme f»lus stable. Enfin, cette condition capitale de la force disponible que renferme tout véritable aliment ne suffît pas. L'économie est sans aucun doute un appareil d*oxydntion qui brûle en définitive les aliments, comme le ferait un fourneau, mais c*est un fourneau auquel il faut un genre de combustible trèsspécial. Il faut que l'aliment puisse être absorbé et porté dans le sang, il faut qu'il puisse s'y comburer (et c'est probablement là que gît la difliculté du problème) à une température de 57 degrés centigrades. Or, on sait que Talbumine d'œuf, le sucre de canne, la gélatine, injectés dans les veines, se retrouvent intégralement dans Turine. Ces substances peuvent sans doute

GÉLATINE (bhploi). iS9

produire de la chaleur, mais elles échappent à l'oxydation à basse température, et sont rejetées.

La digestion a pour but, non-seulement de rendre les aliments solubles autant que possible, mais encore de leur faire revêtir (toujours quand cela est possible) une forme qui permette Toxydation à froid. Pour le sucre de canne, il est transformé en glucose qui se brûle facilement, mais pour la gélatine une transformation analogue ne s*opère pas.

Le second point dont je veux dire un mot vise une expérience remarquable delà commission de la gélatine. Des os crus alimentent très-bien; si on les cuit, ils deviennent inertes. Voilà, je crois, une expérience saisissante et féconde en enseignements. 11 u*est pas douteux que par la cuisson les parties tendineuses de la viande soient tninsiormées en gélatine, et que par suite ses propriétés nalritives soient amoindries. Cette remarque s'applique surtout à la cuisson à outrance de la viande à bouillon dont on dénature sans doute les propriétés ilibiks K C*est probablement cette expérience mémorable qui lait penser encore en ce moment k des savants illustres que Tosséine préparée à froid est réellement nutritive *. Pendant Tannée 1870 de néfaste mémoire, trois usines installées à Paris en ont préparé de grandes quantités pour nourrir nos malheureux soldats. Sans aucun doute, des os râpés en poudre assez fine, et ajoutés à notre ration sans subir la cuisson, augmenteraient sa force alimentaire. Enfin, peutêtre la science trouvera-t-elle le moyend*imprimcrà la gélatine une modification inverse de celle que la cuisson fait subir à l'osséine, soit en la dénaturant, soit en lui adjoignant une substance qui permette à l'économie de Tutiliser. Cétait là probablement la pensée qui guidait Edwards et Balzac dans leurs travaux, et certainement îl n*y a rien là qui paraisse illogique. Pour le moment, il faut autant que possible ne pas transformer les parties tendineuses de la viande par une cuisson excessive.

ie ne saurais terminer cette notice sans rendre hommage à la mémoire de d'Arcet. • En préconisant l'usage de la gélatine alimentaire avec un zèle digne d'une meilleure cause, il a (dit Bérard) donné du moins l'exemple de ce qu'il J a de plus respectable au monde, le culte de la mémoire d'un père, et le désir ardent d'être utile à l'humanité ». Il ne lui a pas été donné de réussir dans le bien qu'il voulait faire ; cette noble récompense de longs travaux lui a échappé, nuis sa place n'en est pas moins marquée panni les savants qui honorent leur

La gélatine a été employée en médecine dans diverses préparations ; voici les principales :

Gtlées animales médicamerUeuses. La gélatine dissoute à chaud dans l'eau donne par le refroidissement une gelée plus ou moins consistante et semblable d'aspect aux gelées végétales dues à l'acide pectique. Ces gelées peuvent être données aux malades dont on veut tromper la faim. On peut également y introduire des médicaments, mais ce mode de préparation est justement abandonné. I4 gélatine disssoute dans la glycérine donne une gelée inaltérable et qui peut ^ ti'ès-résistante. Elle est employée dans les arts. J'ai vu une lentille bi-convexe de cette substance; son foyer changeait par la compression de son contour à l'aide d'une bague. Elle servait à démontrer l'accommodation du cristallin {ûoy» Gelées).

* Voy. les an ides Aume!(ts, Booilloït.

* « Si la cuisson des os a été faite à une chaleur trop grande, la gelée étant moins Torte <it aasii moiiis nourrissante. • Papin, lœ, eit.

S30 GÉLATINE (emploi).

Taffetas dit d'Angleterre, Son usage est tellement connu, 'qu*il suffit de le citer. On prépare de la baudruche à la gélatine, dont Temploi est fortcoramode; elle se moule mieux sur les parties à protéger.

Bains gélatineux, A la dose de 500 grammes par bain, qui agit comme émollient.

Capsulez médicamenteuses • On les prépare en plongeant une olive en fer tenue par un manche, dans un bain de gélatine, gomme, sucre et miel. Quand la gélatine a fait prise, on la détnche de Tolive qui lui a servi de moule, et on l'emplit du médicament convenable. On ferme Touverture avec une goutte du même mélange, et on dessèche au bain-marie.

On trome dans les pharmacies des capsules vides qui ont la forme d*un étui très-court. Le malade peut lui-même introduire dans cet étui le médicament qu'il désire prendre, et, aprèd avoir remis le couvercle, l'avaler sans sentir aucun goût désagréable.

Tisane gélatineuse. On a préparé des lavements émollients à la gélatine; il parait qu'en Amérique on l'utilise en solution comme tisane adoucissante. Les bouillons de veau, de poulet, de grenouilles, qu'on prescrit aux convalescents, sont en grande partie une véritable tisane à la gélatine, très-convenable pour rétablir progressivement les fonctions digestives.

Clarification à la gélatine. Cette opération repose sur la formation du précipité insoluble que forme la gélatine avec le tannin. Toutes les fois qu'une liqueur contient ce dernier corps, Taddition d'une solution de gélatine forme ce précipité, qui englobe tous les corps tenus en suspension, absolument comme li fibrine dans la saignée englobe les corpuscules sanguins. Le collage des vins n'est pas autre chose. C'est là un procédé qui ne présente aucun danger, et qu'on emploie en pharmacie dans quelques circonstances.

Gélatine et bichromate de potasse. Lorsqu'un pareil mélange est exposa à la lumière, la gélatine devient complètement insoluble dans l'eau qui ne U gonfle plus. C'est sur cette propriété que sont basés un grand nombre de procédés héliographiques. Cette action du bichromate pourrait être utilisée pour préparer des tissus susceptibles d'être employés en chirurgie. Voici comme exemple d*une application de ce genre la formule d*un liant pour feutre artificid :

Gélatine disMUte 100

Glycérine 25 à 50

Huile (le lin cuite ou autre tant que le mélange a lieu.

On ajoute encore après cette incorporation de la gélatine et environ 1 à 5 pour 100 de bichromate de potasse ou d'ammoniaque.

Cette formule est loin d'éii e scientifique à certains points de wie ; on y remarquera cependant : 1*^ l'addition de l'huile et surtout de la glycérine qui conservera à Tenduit toute sa souplesse, et 2<^ celle du bichromate de potasse qui le rendra insoluble même à chaud, et le privera de la propriété de se gonfler à froid et de perdre ainsi toute solidité. Coulier.

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GÉLATINE (flYGiiNB industrielle). 5^31

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g m. aysiéne Industrielle. Ce sujet a été déjà traité à l'article Colle. Nous croyoos néanmoins devoir y revenir en peu de mots, pour entrer dans quelques détails complémentaires et présenter quelques observations particulières.

A. Colle de peau. Dans la fabrication de la colle de peau, il faut considérer : 1* le chaulage des matières animales qui servent à la préparation de la colle; 2* la cuisson de ces matières ; 5® le moulage de la gelée; 4** la dessiccation de celle-ci.

Ces opérations diverses donnent lieu à deux sortes d'inconvénients: i® à des émanations produites par la décomposition des matières animales, par les buées qui s'échappent des appareils, par les eaux de macération et par les amas de résidus et de marcs de colle; 2® à un état constant d*humidité des ateliers.

Les parois, les parquets, le sol de l'usine, sont imprégnés de ces émanations ; îl en est de même des appareils en bois, baquets ou autres, dont on fait usage : de là des odeurs extrêmement désagtéables. Ces circonstances n'ont pas sur la santé des ouvriers l'influence il^cheuse qu'on pourrait supposer, nous le reconnaissons avec l'auteur de l'article Colle. Les affections de poitrine sont peu fréquentes, et la phtfaisie relativement assez rare chez les ouvriers. Dans quelques cîrconslances, cependant, on constate tous les signes d'une irritation chronique des brmiches. Elle est causée par l'action de vapeui*s acides auxquelles donnent naissance certaines préparations s|)éciales que subissent les matières premières ou les colles : ainsi, par exemple, quand on traite ou lave ces matières avec des solutions étendues d*acide sulfurique, d'acide chlorhydrique ou d'acide sulfureux. A cet égard, la préparation de la coUe liquide est l'opération la moins LDolTensive.

Cette colle est très-commode pour un grand nombre de petits travaux qui

S32 GÉLATINE (hygi&ke industrielle).

exigent une matière collante très-bonne, parce qu*elle est toujours immédiatement prête et se conserve indéGniment ; elle subit pour cela la préparation suivante : on traite une solution aqueuse de colle forte soit par du vinaigre fort, soit par de Tacide azotique, quelquelois aussi par un mélange d*acide chlo^ hydrique et de sulfate de zinc. Les vapeurs qui se dégagent alors sont plus oo moins nuisibles à la sauté, surtout quand on emploie l'acide azotique, qui donne lieu à un dégagement tumultueux de vapeurs nitreuses à la surface de la solution.

B. Colle de poisson ou ichthyocolle. Au point de vue de Thygiène industrielle nous signalerons seulement comme opération nuisible : le blanchiment des vessies par les vapeurs de soufre. Dans certains pays, entre autres dans les Provinces Danubiennes, on fait de la colle avec les viscères et la peau des poissons cartilagineux. Ici encore, on traite ces matières avec les acides sulfurique ou cblorhydrique, ce qui expose à Tinhalation de vapeurs irritantes.

C. Colle d'os. Tout le travail nécessaire à la fabrication de la colle d'os nécessite de nombreuses manipulations qui soumettent les ouvriers à de sérieux inconvénients. Les vapeurs acides qui se mêlent à l'air des ateliers mal ventilés exercent sur leur santé une influence fâcheuse. C'est ainsi que Ion peut conslater chez eux des accidents analogues à ceux que l'on observe chez les ounien employés à la fabrication de la soude artificielle, mais beaucoup moins pronouoés. Ce sont des irritations chroniques des bronches et des voies digestives, de Tangine et de la gingivite chroniques, et parfois une altération des dents caractéristique de l'action des acides.

Les altérations de la paume des mains : dermite papillaire, éruptions vésiculeuses, troubles de la sensibilité tactile (Romberg), sont fréquentes chez celte catégorie d'ouvriers.

Les inconvénients ne sont pas moins grands quand on emploie l'acide sulfareux.

Nous n'insisterons pas sur la préparation de la gélatine alimentaire par le procédé de Papin, c'est-à-dire par la vapeur d'eau à haute pression. Les appareils dont on se sert dans ce cas sont des marmites autoclaves qui étaient, il n'y a pas longtemps encore, fréquemment employées dans les hospices et les établissements publics. Cette opération ne donne lieu à aucune considération d'hygiine spéciale.

La plupart des inconvénients professionnels que nous avons signalés sont de nature à se faire sentir sur le voisinage {voy. Colle). Voilà pourquoi la fabrication de la colle forte est placée dans la première classe des établissements insalubres (Décrets de i8i0, i866 et 18?!2),et la fabrication de la gélatine alimenUire et de gélatines, provenant de peaux fraîches non tannées, dans la troisième classe seule* ment (Décrets del8i0,1866). Les fabriques décolle forte sont en général l'objet de très-vives oppositions. Les réclamations sont basées sur l'insalubrité des buées abondantes et des émanations infectes qui se répandent au loin, et sur l'altérttion des eaux environnantes par l'écoulement, au dehors des fabriques, de liquides chargés de produits putrescibles et nuisibles.

Les principales* prescriptions d'hygiène industrielle auxquelles ces soiles d'établissements donnent lieu ont été indiquées à l'article Colle. Nous n'y ajon* terons qu'une considération : c'est que, s'il s'agit d'autorisation pour la fabrication de la colle forte, il faudra interdire de fabriquer l'engrais dans l'usine même. C'est dans un établissement spécial que cette dernière fabrication devra se faire.

GELfiE. SS5

Il est cependant une industrie qui s*ajoute assez souvent à la fabrication de la colle forte : c'est la fonte dos graisses. On devra alors insister sur les prescriptions afTérentes à cette industrie insalubre (voy. art. Soif).

Pour ce qui regarde particulièrement la fabrication de la gélatine, Tensenible des mesures précédt'nles est plus que suffisant; leur sévérité sera en rapport avec rimportaoce fies opérations. Dans tous les cas, ce genre d*établissement, appar* tenant à la troisième classe, ne devra jamais être autorisé i fabriquer de la colle forte, encore moins à extraire les graisses des résidus.

Alexandre Latet.

QELfiE (mêtéorologib). Dans son acception la plus ordinaire le mot gelée indique le passage naturel de Teau de Tétat liquide à Tétat solide qui constitue la glace. Ce passage a lieu à un degré de température parfaitement déterminé, qu'on a choisi dcfiuis longtemps pour Tun des points fixes des thermomètres.

Ce phénomène, extrêmement simple, a pourtant donné lieu autrefois et pendant plus d*un siècle à de grandes difficultés et à d'interminables discussions. C*est que, dans certaines circonstances, il se complique d'un autre phénomène qu'on appelle la surfusion de Veau^ remarqué pour la première fois et compris par Fahrenheit en 1724. Dans un vase fermé et en repos, Teau soumise à un refroidissement lent ne se prend pas en glace au point où elle se congèle naturellemeut; on peut la refroidir ainsi jusqu'à i2ou 14 degrés au-dessms de léro sans qu'elle cesse d'être liquide ; mais une légère agitation sufiit pour y faire apparaître de grandes lames de glace en même temps que la température remonte instantanément à celle de la glace fondante. Ce repos, qui est la condition essentielle de la surfusiou de Teau dans un vase ordinaire, n'est plus nécessaire dans d'autres circonstances : ainsi, quand par une température atmosphérique de 6 à 8 degrés au-dessous de zéro on promène à l'air libre et à la maiu un Ibernioinètre recouvert d'un petit linge mouillé, de manière qu'une goutte d'eau f restr adhérente, mais mobile, on peut agiter un peu le thermomètre et faire courir la goutte d'un bout à l'autre du rései*voir sans qu'elle se congèle et quoique le tLermomètre soit au-dessous de zéro et même au-dessous de la température de l'air. Lorsqu'il a atteint la température due à l'évaporation, il remonte instantanément à zéro et s'y tient quelques minutes; puis il recommence à descendre, mais bien plus lentement qu'auparavant, pour atteindre un point stationnaire correspondant à l'humidité de l'air au moment de l'observation, après que l'eau a été congelée.

Dans les tubes capillaires l'eau reste liquide, dans les mêmes circonstances, iu<qu a un degré d'autant plus bas que le diamètre intérieur du tube est nioindre; il est probable que dans un tube infiniment petit elle resterait liquide jusqu'au voisinage de 80 dej^'rés au-dessous de zéro, chiffre qui correspond à la chaleur latente de fusion de la glace.

Le même phénomène se passe dans les nuages et les brouillards, où l'eau se Ifonve à l'état de globules pleins d'un diamètre de quelques centièmes de millimHre. L'tHude des cirrus, formés de neige, comme on sait, et l'observation de quelques brouillards d'hiver, a prouvé que l'eau peut y persister à l'état liquide jusqu'à 22 degrés au-dessous de zéro.

Les météorologistes du dix-septième siècle, ayant essayé de déterminer le point de congélation avec de l'eau en repos, ont trouvé des degrés variables, à cause de lastufnsiondu liquide; de plus, ils avaient remarqué que la terre et les flaques

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