GELÉE. S
le midi de la France, la coDgélation des rivières est un phénomène rare. En Russie, au contraire, dans le nord de TEurope et de TAsie, les fleuves restent glacés la moitié du temps. A Iakoutsk, où la température se mamtient pendant plusieurs mois à une moyenne de 40 degrés au-dessous de zéro, la Lena ne se gèle que sur une épaisseur de i°*,50 à 1^,80 ; au-dessous Teau du fleuve est à zéro, ui plus ni moins que celle de la Seine quand elle commence à se congeler, de sorte que les poissons et autres êtres organisés n*y sont pas soumis, malgré l'excessive rigueur du climat, à une température plus basse qu'aux environs de Paris. Pendant ce temps, la terre à peu de distance du fleuve est gelée sur une profondeur de plus de iOO mètres. Tout le nord de TAsie est dans cet état; le sol glacé y forme une sorte de lentille ou d*amande qui a son maximum d'épaisseur vers Iakoutsk. Pendant Tété le sol ne dégèle qu'à une profondeur qui égale répaisseur de la glace du fleuve en hiver, c'est-à-dire sur i°s50 à i'",80; les racines des arbres ne dépassent pas cette limite : c'est pour elles un sol imperm^Je comme un roc et elles s'y étalent comme sur une couche de marbre.
Aans nos climats le sol ne se laisse généralement pénétrer par la gelée que jusqu'à 50 centimètres de profondeur, encore faut-il que Thiver soit assez rigoureux; mais en 1789 le sol sans neige était gelé jusqu'à 80 centimètres. En décembre 1879, dans les mêmes circonstances, il a gelé aux environs de Paris jusqu'à 70 centimètres. Sous la neige la gelée n'avait guère pénétré qu'à 20 centimètres. C'est un effet très^eureux exercé par la neige, un des corps les moins conducteurs qui existent ; sans neige d'ailleurs les froids ne sont jamais bien rigoureux et limités, dans nos climats, à 11 degrés au-dessous de zéro environ; c'est ce qu'on a été à même de vérifier encore récemment eu janvier 1880.
Les végétaux originaires de contrées où il ne gèle jamais ne peuvent supporter le moiDdre froid; la gelée les tue instantanément; les autres supportent un degré de froid d'autant plus rigoureux que leur pays d'origine est sujet à des froids plus intenses. On a été longtemps sans comprendre cette propriété des T^étauxde résister à des froids considérables, mais la surfnsion de l'eau dans les tubes capillaires en rend parfaitement compte; il est probable que la limite du âY)id qu'un végétal puisse supporter serait comme pour les tubes capillaires 30 degrés au-dessous de zéro. Il est remarquable que les froids de la Sibérie n'atteignent jamais ce degré, quoiqu'ils en approchent beaucoup.
On n*a pas encore assez de données pour tracer sûrement les deux lignes géographiques qui limitent au nord et au sud de l'équateur les pays où il ne gèle jamais; elles sont naturellement très-sinueuses et la limite à laquelle il ne gèle jamais dans le voisinage des Açores s'étend plus au nord que dans l'intérieur de TAfrique ; mais on peut dire qu'en moyenne les tropiques forment à peu près la séparation des pays à gelée et de ceux qui en sont exempts.
n y a aussi des pays où il ne dégèle jamais : ceux-là sont encore plus difficiles ^ délimiter quant à présent ; ils n'existent que vers les pôles et au sommet de bautes montagnes, notamment de l'Himalaya. E. Renou.
CELÉE (Théophile). Ce médecin était de Dieppe. Il alla faire ses études à Moiit|)ellier, et fut reçu docteur sous la présidence de André Du Laurens, qui devait quelques années plus tard être attaché à Henri lY en qualité de premier médecin. 11 mourut en 1650. La littérature française est redevable à Gelée de la traduction de toutes les œuvres de Du Laurens (Paris, 1621, in-fol., remaniées par Sauvageon, 1646, in-fol.). Il a, de plus, publié :