GÉLINE
fois dans l'Océan Atlantique, dans la Méditerranée et dans le grand Océan Indien. On la trouve souvent mêlée à la mousse de Corse (Ahidium HelmirUhochorton Kuetz, Gigartinû HelminthochorUm Lamx, Helminthochorton officinale Link) et elle forme la plus grande partie du produit commercial appelé mousse de Chine. En la traitant, à froid, successivement par Tacide acétique chaud, Teau et Tammoniaque, puis en reprenant le résidu par Teau bouillante et en laissant refroidir, Payen a obtenu une substance gélatiniforme à laquelle il a donné le nom de Gélm (voy. ce mot). Dans plusieurs contrées de TAsie et sur les côtes orientales de i'Afriqiie, on en fait des gelées alimentaires très-estimées.
Le C. cartUagineum Gaill. {Fucus cartilagineus L.)» qui aussi bien que le G. comeum lluds. et le Plocaria lichenoïdes Grev. a été considéré pendant longtemps comme constituant la matière première des nids d* hirondelles, est placé parAgardh dans son genre Sphœrococcus. Très-abondante dans TOcéan Pacifique et dans les mers de la Chine, cette Algue constitue le Corallina Japonica des pbannacopées indiennes. Ed. Lefèvre.
GÈUN. Foy. Gélibium et Gélose.
CÉLINE. Nom donné par Gannal au principe immédiat fondamental du tissu lamineux {voy, Lamwbox, p. 233) et des tendons. Pour la préparer, il est avantageux de se servir de la membrane qui tapisse intérieurement la vessie natatoire de certaines espèces d'esturgeons, communs dans les grands fleuves de la Russie (Gannal) ; on peut encore utiliser le procédé de Rollet, qui consiste à découper les tendons en tranches très-minces et à les épuiser par de Teau froide ; on les met ensuite macérer pendant plusieurs jours dans de Teau de chaux ou de baryte, qui dissout la matière unissante, puis on lave successivement à l'eau pure, à Teau très-faiblement acidulée avec de l'acide acétique et derechef à l'eau pure. Le résidu obtenu est constitué en majeure partie par une matière fibrillaire qui n'est autre chose que la géline, mais cette substance est toujours mélangée d'un peu de tissu élastique.
La géUne est transparente, insoluble dans l'eau, qui la fait gonfler sans en altérer la composition ; elle se crispe un peu dans l'alcool et l'éther, comme l'osséine. Les acides et les alcalis très-étendus la font gonfler considéra blement et la transforraent à la longue en produits solubles. Le tannin la fait durcir.
Par l'action prolongée de l'eau bouillante, la géline se transforme d'abord en une substance à laquelle Gannal a donné le nom de géléine et qui, par le refroidissement, retient de l'eau et se fixe en une gelée tremblotante, sans cohérence el à goût iade ; la géléine à son tour se transforme en gélatine, si on continue à la faire bouillir. La coction à 120*» dans la marmite de Papin amène cette transformation en quelques heures. La géléine se transforme encore en gélatine çnand on la dessèche et la redissout plusieurs fois de suite.
La géline se dissoiil à la longue dans les acides étendus, même les plus faibles, et donne ainsi delà gélatine à froid. Cette transformation exige plusieurs tours avec de l'acide sulfurique au centième ou de l'acide acétique très-dilué. En oeulralisant la solution, on obtient de la gélatine mêlée de quelques sels el d'une )etile quantité desyntonine. Les alcalis étendus déterminent les mêmes modifi-
étions de la géline.
Avec les alcalis et l'acide sulfurique à chaud, la géline donne, de même que asséine, de la leueine et du glycocolle.