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. Du reste, la composition ëlëmentaire et les propriétés de la géline et de Tosséine sont les mêmes, et les travanx de Mulder, Scherer, Marchand, etc., ont démontré Tidentité de ces deux principes, que les auteurs allemands désignent collectivement sous le nom de coUaghie, à cause de leur propriété de se inmsformer en colle ou gélatine.
Bien différente de la géline et de l'osséine est la cariUagéine ou chondrogène^ principe immédiat fondamental du tissu cartilagineux et qui par une èbuUition prolongée se transforme en chondrme^ très-distincte de la gélatine. Du reste, la cartilagéine, traitée à chaud par les alcalis et Tacide sulfuriqoe, donne de la leucine sans glycocoUe. L. Hahh.
GELIIVOTTE. Les Gelinottes, dont le nom vient de l'ancien mot français géline (gaUina)^ qui signifiait potUe, sont des Gallinacés delà famille des Tétraonidés (voy. les mots Oiseaux, Galliuacés, et Tétras), qui difl%rent des Télns proprement dits par leur bec plus droit, moins recourbé vers la pointe, et pir leurs tarses plus largement dénudés dans leur portion inférieure. Après avoir été placés par Linné dans le même genre que les Coqs de bruyère, ces oiseaux constituent maintenant sous le nom de Bonasa (Steph.) ou mieux Bonasia (Bp.) un groupe particulier qui a été subdivisé par M. Gray en deux sou»-genres, Bonoiia et Tetrastes, quoiqu'il ne renferme pas plus de cinq ou six espèces : Bonasia eupido(L.)y B. hetiUina (Scop.), B. umbellus (L.) B. Sabinei (Dougl.). etc., Une seule de ces formes, le Bontuia betulinaj appartient à noire faune, les autres habitent le nord du continent américain ou l'Asie orientale.
Toutes ces Gelinottes ont le bec de longueur médiocre avec la mandibole supérieure faiblement recourbée à l'extrémité et couverte pai' les plumes dans toute sa moitié basilaire, de telle sorte que les narines sont complètement abritées, le sommet de la tête oiné d'une («tite huppe, les sourcils légèrement dénudes, les ailes courtes et obtuses, la queue arrondie, formée de seize reclrices, les tarses emplumés sur la moitié de leur longueur, les doigts nus, pectines sur les bords et terminés par des ongles robustes et creusés sur leur face inférieure. En outre, dans une des espèces américaines, le Bonasia cttp'ulo, ou remarque une particularité fort curieuse : il existe dans les deux sexes, mais surtout cbez k mâle, de chaque côté du cou une longue touffe de plumes érectiles. En se redressant lorsque l'animal est agité par la passion, ses plumes laissent à découvert une sorte de loupe ou de tumeur, de couleur jaune orange, qui n'est autre chos<^ qu'un sac aérien en communication avec les organes respiratoires. Ces sacs cutanés sont très-apparents pendant la saison des amours, et toujours plus développés chez les vieux individus que chez les jeunes. D'après les observations d'Audubon. ils doivent être considérés comme des organes de renforcement des sons plus ou moins analogues à ces poches qui occupent la partie antérieure du cou chez ks Singes hurleurs {voy. Sikges). Les mâles en effet font entendre au printemps des cris particuliers, tantôt forts et tantôt plus faibles, qui, en se succédant rapidement, produisent un bruit comparable au roulement de tambour, et rap[-areil en question joue évidemment un rôle dans la production de ces sons, puisque* avant de crier, l'oiseau a soin de gonfler ces réservoirs aériens, qui, pendant les intervalles de repos, sont complètement affaissés. C'est pour tenir compte, dans la classification, de cette paiticularité de structure, assurément fort remarquable, que certains naturalistes, suivant Texemple du feu M. Gray, partagent le gcor- Bonasia en deux sous-genres, dont le premier, Bonasia proprement dit, corn-
prend seulement le B. cupido ou Gelinotte des prairies, tandis que le second, Tetrastesj renferme les autres Gelinottes européennes ou américaines.
La Gelinotte des bois (B. sylvestris Brehm, Tetrao bonastah.), qu'on désigne aussi Yulgairement sous les noms de GcUinette et de Poule des coudriers, est à peu près de la taille d*une Poule. Le mâle, lorsqu'il est revêtu de son plumage de noces, a les parties supérieures du corps fortement teintées de roux et recoupées par des bandes transversales noires, le sommet de la tète d*un brun jaunâtre, tacheté de gris, la gorge noire, les côtés du cou ornés de sortes de moustaches blanches, qui partent de la mandibule supérieure, la poitrine et le ventre d'un roux mélangé de brun et de blanc, les grandes pennes alaiies d'un gris brunâtre ou roussâtre avec des taches brunes au bord des barbes externes, la queue grise avec des raies en zigzag, de couleur rousse, sur les pennes médianes, et une bande subterminale noire sur les pennes latérales, l'œil brun, le bec noir, la portion dénudée du tarse d'un brun de corne. La femelle, adulte, toujours un peu plus petite que le mâle, porte à peu près la même livrée, mais n*a point de noir sur la gorge; les jeunes, avant la première mue, offrent des teintes plus ternes et moins pures ; enûn les poussins, sortant de l'œuf, sont couverts d'un duvet jaunâtre, fortement nuancé de brun sur les parties inférieures du corps.
Cette espèce se trouve dans toute l'Europe septentrionale et centrale, depuis le cercle polaire jusqu'aux Alpes et aux Pyrénées, et depuis la Sibérie jusqu'en Scandinavie. Elle n'est pas très rare dans les Basses-Alpes, le Dauphiné, la Savoie, les Vosges, et se rencontre un peu plus communément encore dans certains cantons de la Suisse, en Autriche, en Bohème, en Bavière, en Silésie et en Suède. Elle recherche les grandes forêts de chênes^ de bouleaux, de pins, de Sipins, les taillis d'aunes et de coudriers alternant avec des clairières oîi croissent de) arbustes qui, à l'autonme, se chargent de baies succulentes. Ces baies en eftét, et particulièrement les framboises sauvages, les mûres, les myrtilles, les fruits de sorbier, constituent avec des graines de différentes espèces et des bourgeons de conifères la nourriture de la Gelinotte, et communiquent à sa cliair un goût exquis.
D'humeur farouche, les Poules des coudriers se tiennent d'ordinaire sous le couvert des bois ; c'est là qu'elles font leur nid sous un buisson, au milieu des fougères ou dans une touffe de bruyère. Ce nid, grossièrement construit, est garni intérieurement de brins d*herbe et de feuilles et renferme une douzaine d'œnfs d'un ton jaunâtre avec des taches brunes ou roussâlres. La femelle les couve avec ardeur pendant près de trois semaines, tandis que le mâle fait Je guet aux alentours; et quand les petits sont éclos, les deux époux s'occupent de concert de leur éducation, les conduisent dans les endroits exposés au solciLet leur apprennent à découvrir les insectes qui forment d'abord le fond de leur nourriture. Toute cette famille reste unie jusqu'à l'automne, et chaque mâle demeure pendant une grande partie de l'année fidèle à la compagne qui l'a choisi. Pour obtenir ses faveurs il fait valoir les teintes de son plumage en relevant les plumss de sa tète et de sa gorge, et lance dans les airs ses trilles les plus retentissants ; mais d'ordinaire il ne cherche pas à montrer son courage en provoquant ses rivaux en combat singulier, à la manière de la Gelinotte des prairies.
Par suite des progrès du déboisement et de la chasse active qui leur est faite
depuis des siècles, les Gelinottes sont devenues extrêmement rares dans certaines
contrées de l'Europe où elles étaient jadis fort abondantes, et, si l'on n*y prend
^arde, on sera bientôt réduit dans notre pays à déplorer la destruction totale
MCT. ne. 4* 8. Yil. 16
242 GELLEP.
de ce gibier que les connaisseurs placent au-dessus de la caille et du faisan.
La Gelinotte des prairies (Bonasia cupido ou Cupidonia cupido) tend aussi i disparaître des contrées où elle était naguère très répandue et ue se rencontre plus, à riieure actuelle, que dans louesl de TAmérique du Nord, dans le voisinage des Montagnes Rocheuses. On peut même dire qu'elle serait maintenant complètement anéantie, si depuis quelques années des lois spéciales n*avaieut été édictées en sa faveur par le gouvernement des États-Unis. Ces lois étaient d*aatant {)lus nécessaires que la Gelinotte des prairies a déjà, sans compter riiomme, une toule d'ennemis naturels, tels que les Loups, les Renards, les Putois, les Martes, les Faucons, les Hiboux, et que, plus que l'espèce européenne, elle se trouve exposée, par son genre de vie, à une foule de dangers. Contrairement à la Gelinotte de notre pays, la Gelinotte des prairies recherche, en effet, comme son nom même l'indique, les plaines déboisées, couvertes d*herbes et parsemées de rares buissons, et, dans le but de trouver de nouveaux pâturages, elle exécute, au moins dans certaines contrées, des migrations assez régulières à rapproche de la mauvaise saison. Autrefois elle était pourchassée sans pitié par les colons do Kentucky à cause des dégâts qu'elle causait dans les jardins et les vergers en hiver et dans les champs pendant l'été.
Plus lourde dans ses mouvements que la GeUnotte des bois, la Gelinotte des prairies rappelle un peu dans ses allures notre Poule domestique, mais court avec plus de rapidité et vole, dit-on, assez bien pour franchir d'un seul trait des distances de plusieurs kilomètres. Au printemps^ vers le mois de mai, les mâles se livrent en Thonneur des femelles de terribles combats, mais, aussitôt que la période d'incubation est terminée, ils abandonnent plus ou moins If urs compagnons et ne prennent aucune part à l'éducation des petits. Ceux-ci s'eu vont aux champs sous la conduite de la mère qui veille sur eux avec une grande sollicitude. Au mois d'août ils peuvent voleter et vers le milieu d'octobre ils sont adultes. Revêtus de leur livrée définitive, les Gelinottes des prairie^ ont les parties supérieures du corps variées de noir, de rouge pâle et de blanc, les plumes de la frai^e brunes et rousses, le ventre rayé de blanc et de brun cl.iir, les grandes pennes des ailes brunes, tachetées derougeâtre sur les barbes extt rne>, les rectrices brunes* lisérées de blanc jaunâtre à l'extrémité, l'œil brun, surmonté d'une bande ccarlate, le bec couleur de corne, les pattes et les plaques dénudées sur les côtés du cou d'un jaune orangé vif.
Dans les États de l'Ouest on chasse les Gelinottes des prairies au fusil, ou on les prend vivantes dans des filets. En captivité ces oiseaux 8*apprivoisent rapidement, mais jusqu'à présent ils n'ont pu être acclimatés en Europe. Leur obair t les mêmes qualités que celle de nos Gelinottes des bois. E. Odstalet.
BiBuoGRAPBiE. — Bbissok. Omithologûi, 1763, I, p. 191. — Biffoh. Planchée enltiminèei ^oiseaux, 1770-86, pi. 475. — Li>ké. SyUema naiurœ, 1766, t. 1, p. 275, et éd. GMu.ii<r. 1TN<. t. I, p^ 751 et «uiv. — Sbaw. Cener. ZpoL, 1819. — Ch. L. Boxapaste. B. Eur., 1S3>^. - Ketscbuiiq et BuàsiDS. Wirbelthiere Europa'i, 1840. — Wilsor. American Omiihology, 1*^. pis. 27, 49, etc. — Addobow. Omiih. ^l'o^r., 1831-39, et Americ, Orniih.^ Gouix. B. Enr^f* pi. 254. — G. B. Grat. Geiieraof Birdt, 1844-49, pi. 133. — 0. G. Eluot. Monograpk of (^ Telraonida, New-York, 1865. — Declakd et Gebbe. Ornithologie européenne, 2* cdii., 1^^ t. IL| p. 51 et suiv. £. 0.
GELLEB (Càrl-Gottfbibd). Né à Dantzig vers le commencement du dixhuitième siècle, était le fils de Johann-Nicolaus Geller, chirurgien de la vill^et nispectcur des lazarets. 11 étudia la médecine à Rostock, prit le bonnet de doc-
GÉLOSE (oRiGiKE botanique). 243
teur eD 1757, puis exerça Tai^t de guérir à Wittenberg jusqu'à sa mort, arrivée en janvier 1767. D est connu par plusieurs opuscules assez estimes de leur temps:
I. lH$i. inaug.de eoptodjuttumeii eirca enemata, Rostochii, 1737. — II. NacMehi 9on der PrelûrM^n Gesund-Quelle, In Mecklenb. Nachrichten, 1750, n<** 59 et 40. — 111. Pinanani maneSt sive dilucidatiotiei uberiores circa signa virginitatit aique perspicua hymenix illibali ieUimonia, Rostochii, 1763. — IV. Scruiinium phygico-medicum de itun epidemica infantum convuUiva anno 1757 tn ducalu Megapolitano furente, rarit plane et, tingularibuf observata symptamatibuê. Rost., 1763. ^ V. Geburtttagêgedidit auf Herzog Friedrich. Schwerin, 1762. L. lin.
ISELLEBT (Christlieb-Ehregott) . Célèbre chimiste allemand, frère de Gellert le fabuliste, naquit à Haynichen, près de Freiberg, le il août 1713, et mourut à Freiberg, le 18 mai 1795. Il fut inspecteur des machines, des fontes et des minéraux de la Saxe, administrateur en chef des fonderies et forges de Freyberg, et lorsque TAcadémie des mines fut établie dans cette ville en 1 765, il j fut chargé d'un cours de chimie métallurgique, qu*il continua jusqu'en
Gellert a été un grand chimiste, mais ses travaux ayant porté sur la métallurgie, la nature de ce Dictionnaire nous oblige à nous borner à ces quelques lignes. Il a publié :
I. Anfangigrûnde der metallurgischen Chymie, Leipzig, 1750, 1776, in-8*. — II. Anfang$grûnde der Probirkunet... Leipzig, 1755, 1772, in-8-. (Ces deux ouvrages ont été traduits en français par Holbach. Pr.ris, 1758. 2 vol. in-8».) — III. De tubis capillnribua prit^ matieii. In Comment. Acad. Petrop,, t. XII, 1750. — IV. l/e phœnomenis plumbi fusi in iuhii capUlaribus, Ibid., 1750. — V. De densilate mixlorum ex metallis et semi-metallie fadcrum. IJbid., t. XIII, 1751. — Yl. Vont Abstrichbleitreiben. In Kôhlers Uergmànn. Journal, 1789. — VII. Veber ein kûnetU rothes Kupfergla*. Ibid., 1790. — VIII. Von Verfertigung einer gtUen dauerhaften Farbe aus Galmey. Ibid., 1791. L. Hk.
GELUUitJfii (Ferdinand). Médecin allemand, né dans le canton de Schottnitff dans la principauté de Lippe, vers 1792, fit ses études à Wurtzbourg, fut 1^ docteur en 1817, puis en 1825 devint médecin de la Cour et du prince régnant de Lippe, à Detmold. 11 fut en outre médecin des bains de Meinberg. Gellbus mounit pendant un voyage en Italie, à Turin, en 1827. On a de lui :
I. Inauçwalabhandlung ûher den Nulzen der MHz. Wûrzburg, 1817, gr. in-8». — 11. Be^ fnerhtngen ûher die Mineralguellen zu Mainberg. LenDgo, 1820, in-8*. — II!. Inêtruction ^^ GaundheUsconseil au Parig ûber die Anfertigung ôffentlicher Abtriite. I^mgo, 1826, ia-4'. ->IV. Articles dans Hufeland's Journal der Heilkunde, L. li».
CÉLOSE. § L Origine botanique. Nom donné par Payen au principe gt'iutiueux des Algues, qui doit être signalé dans ce Dictionnaire, ne fût-ce que pour faire connaître un mode de falsification de certaines matières alimentaires. C'est le même principe qui a été nommé gétin, Agar-agar^ colle ou ickthyocolle du Japon, Japanese isinglass, et abréviativement singlass, et que M. Marchand propose avec raison d'appeler phycocolle. Au Japon, pays d'oii on la surtout retirée jusqu'à présent, cette gélatine végétale est nommée Tjintiaw €t Lo'thâ'Jio. C'est du Japon que les correspondants de Turner l'ont fait connaître d'abordy bien que le produit soit en usage aussi sur toutes les côles de la Chine. De temps immémorial les Chinois font en effet dessécher au soleil les âfgues de leurs côtes, et les conservent ainsi pendant quelques années, en les ^(^uant bien coniprimces. Quand ils ont besoin de se servir d'une partie de leur
344 GÉLOSE (chimie).
provision, ils en enlèvent au moyen d*un lavage les parties salines et d*autres impuretés, après quoi ils plongent la matière dans Teau chaude, où elle se dissout parfaitement pour se coaguler après le refroidissement en gelée parfaite. Cette gelée, une fois réchauffée, se liquéfie de nouveau et forme au besoin un ciment très-fort, utilisé dans divers buts industriels. Celui qui motive cet article, c*est Tapplication inventée par une fabrique de Paris à la composition d'une fausse confiture de groseille, dite gelée groseillée, dans laquelle Tacide est fourni par Tacide maliquc, le principe sucré par une variété de glucose, le principe colorant par les pétales de la rose trémière, et le principe pectique par la colle du Japon. Cette falsification a été découverte fort ingénieusement par M. Ch. Ménier. 11 a reconnu la nature de la matière colorante à la présence dans la confiture suspecte des gros grains de pollen des Malvacées, et rori;^ne de la gélatine à la présence d'une diatomée spéciale aux côtes du Japon, Y Arachnotdiscus orncUuSf qui accompagne toujours les algues de ce pays.
Le gélin renferme une grande quantité d'algues différentes, réunies sous la dénomination vulgaire de Mousse du Japon : algues qui ne sont pas encore toutes connues, et dont la constatation est due à la collaboration discrète que notre algologue le plus distingué, M. le docteur Ed. Bornet, a apportée aux travaux de M. Hénier et de M. Marchand. Les algues qui prédominent dans la colle du Japon sont des Gelidium (C comeum^ G. polycladum, etc.) ; mais il s'y trouve aussi beaucoup d'autres Floridées (Glœopeltis, Endocladia^ GracUarla^ Laurencia^ Ceramium, Scytosiphon lomentarius J. Âg., Sporacanthtis cristatus Kûix,^ Centrocertu clavulatum J. Ag., plusieurs Polysipkonia, etc.). Dans les îles de la Sonde, VAgar-agar, que Ton récolte en abondance à Singapour, et qui entre dans l'alimentation, est principalement constitué par des espèces du genre Encheuma^ notamment par YE. spinosum J. Ag.
La colle du Japon se présente sous deux aspects différents qui ont été bien indiqués par M. D. Hanbury; ce sont tantôt des baguettes comprimées irrégulièrement, demi-transparentes, d'un blanc jaunâtre; tantôt des bandes longues et ridées d'un huitième de pouce de diamètre, substance plus blanche que la précédente et plus facilement soluble. Il est probable que des applications nouvelles en seront proposées, du moins pour l'usage médical ; il serait bien facile de faire de la gelée alimentaire des Algues le véhicule de préparations iodées, puisque l'iode lui est combiné dans la nature, et même de préparations vermifuges ou sulfureuses ; et cela d'autant mieux que la récolte des algues commence à se faire pour l'industrie sur les côtes de France. Eug. Fourkibr.
BauMEAPBiE. — TuRxcR. HUtoHa Fueorum. — J. G. Aoardh. Âlgœ maris Adrialici, — Do mAmb. Species, gênera et ordineê Algarum, t. UI. — G. voi Mebtkss. Preusiiêehe Exp. naeh Ost-Asien : Die Tange, 1866. ^ Soringab. lllaUration de* etpècem et formée du genre d'algueê GhiopeUie, In Muêée boL de Leyde, vol. 1, 1871. — IlAnnT. Science paperg, chiefly pharmaceuiical and botanical, 1876. -^Zr. Mimu. FaUifieaiicm eU la gele'e de groêeilles du commerce découverte par let diatomées. Nantes, 1^79. — L* Naa- CBARO. Note sur la phycocolle ou gélatine végétale produite par Us algues. In Bull, Soc. bot. Fr», 1879, séances, p. 287 et suiv. — Latauris. 5iir un procédé de préparation du sulfura de carbone à Vêlai solide pour le traitement des vignes phylloxérées» In Comptes remims, séance du 13 décembre 1880. F.
g IL CThlmie. Le nom de gélose rappelle une propriété essentielle qui est de se dissoudre dans l'eau chaude et de se prendre en une gelée incolore et diaphane par le refroidissement. La gélose peut ainsi gélatiniser 500 fois son poids d'eau, c'est-à-dire dix fois plus que ne le ferait la meilleure gélatine animale.
GELOUS. S45
Pour retirer la gélose de Talgue de Java, on débarrasse celle-ci de plusieurs matières étrangères par des traitements à Tacide chlorhydrique faible ou à l'acide acétique, à Teau et à Tammoniaque faible, puis on épuise le résidu par Teau bouillante, qui en eitrait 58 pour 100 de gélose.
La gélose est une substance amorphe, insoluble dans les carbonates alcalins, la potasse, Tammoniaque, Talcool, l'eau froide et les acides étendus froids. Elle est soluble dans Teau bouillante et se prend, comme on Ta vu plus haut, eo gelée par le refroidissement.
Calcinée, la gélose répand une odeur de gomme bnllée et laisse 5,88 pour 1 00 de cendres (d'après M. Morin, et 5,5 d*après M. Porumbaru). Séchée à lair, eile perd encore 22,85 pour 100 d*eau à 100 degrés.
Quant à sa composition élémentaire, voici les résultats obtenus par Payen et par M. Porumbaru :
PATKR. PORUMBARU*.
Carbone 42,77 UM
Hydrogène 5,77 6,36
Oxygène 51.46 49,j0
Ces analyses conduisent à la formule C'H'^0^, qui est celle de l'amidon et de ses congénères; c'est à cette classe de composés que H. Porumbaru rattache la gélose, tandis que M. Morin l'assimile aux gommes.
L*eau renfermant de 1 a 10 grammes d'acide sulfurique par litre dissout la gélose à Tébullition et la solution ne se prend plus en geice par le refroidissement (Morin). L'eau seule, par une ébullition prolongée, produit le même effet. La solution obtenue réduit le tartrate cupro-potassique. L'action de l'eau à 150 degrés sous pression donne naissance à une matière ulmi(|ue et à une solution réductrice qui renferme un composé très-hygroscopique, lévogyre, non fermentescible et ayant pour composition C'IP'O'-hH'O; le pouvoir réducteur de ce composé est égal à celui de la glucose (Porumbaru).
La solution de gélose dans l'acide sulfurique au millième environ est d'abord lév(^yi*e et son pouvoir rotatoire, pour une solution au centième et pour une longueur de 0", 20, est égal à — 4M5'. Par une ébullition prolongée, le pouvoir rotatoire change peu à peu pour devenir dextrogyre et égal à 4-4^10'. La solution dextrogyre réduit la liqueur de Fehling, le bichlorure de mercure et le chlorure d'or. Quant à la solution lévogyre, l'alcool eu précipite la gélose, mais Incomplètement (Horin).
Traitée par Tacide azotique étendu de son poids d'eau et bouillant, la gélose fournit de l'acide mucique et de l'acide oxalique.
La gélose, désignée quelquefois dans le commerce sous le nom de Ta-ô et sous le nom impropre d'isinglass (colle de poisson), a trouvé deux applications assez inaportantes : elle sert à préparer des gelées alimentaires (voy. g I) et elle est employée comme apprêt pour certains tissus. Ed. Willh.
Bin.ioGRApBiE. — Patkit. Comptes rendus^ t. XLIX, p. 521. <— Morir. Ibid.^ t. XC, p. 1080.— PoRGHBABo. Ibtd., t. IC. p. lOM. Eo. W.
6BE.OII8 (SiGiSMO?iD). Médecin, poêle et mathématicien à Epéries, dans la ilongrie, naquit près de Torda, en Transylvanie. Il fut conseiller de la cour
* Déduction faite des cendres.
246 GEMMA (les).
impëriale et mourut à Presbourg le 14 mars 1569. Voici les titres de ses ouvrages d*après la biographie médicale :
l.Quœsdo : an honeata natura sint, an tero opinionef Ticini, 1549. — II. Historia Franâêci Spirœ Civitaiulani, qui ob fideisanioris abnegaiionem in summam inddit dapt* rationem. Basileee, 1550. — III. GaleoUMartii Namiemis commentariui de Matthiœ Comni Hungariœ Régis, egregie, gapienter^ jocoêe diciis et faciis. Yiennae, 1563. — lY. Traducdon latine de V0re9te d'Euripide (Bàle, 1550). L Hs.
GELSEiHiiJiii (Jussieu). Genre de plantes Dicotylédones dont les véritables
affinités ont été très-discutées. On les a regardées comme des Rubiacées à ovaire libre, des Scrofulariées, des Apocynées, des Gentianées, des Acanthacées. Finalement, M. A. de Candolle, dans le Prodromm^ et MM. Bentham et Hooker dans leur Gênera ^ les ont fait rentrer dans les Loganiacëes, oà elles sont devenues le type de la tribu des Gelsémiées.
Les caractères de ces plantes sontjes suivants : calice à 5 divisions; corolle obliquement infundibiluforme à 5 lobes imbriqués dans la préfloraison; 5 éUmines à anthères sagittées ; style long divisé en deux branches linéaires bifides. U fruit est une capsule aplatie, ellipsoïde, à deux loges, s*ouvrant en deux vaUes septicides et contenant dans chaque loge des graines suborbiculaires, entourées d*une aile large, et contenant un embryon droit dans un albumen charnu.
Les Gelsemium sont des arbrisseaux volubiles, à feuilles opposées, ovales oa lancéolées, entières sur les bords, à grandes fleurs jaunes odorantes rappelant celles du Jasmin, d*oîi leur nom de Gelsemium^ venu de l'italien GeUmm. C*est le faux jasmin ou Jasmin jaune des États-Unis.
L'espèce la plus connue est le Gelsemium sempervirens Ait. (Gelsemium nitidum Mich.), qu'on trouve dans les terrains riches et humides de la Viijj'inie et des États du Sud. C'est un arbuste grimpant, à feuilles luisantes courtement pétiolées, à cymes axillaires formées de trois à cinq grandes fleurs, pailois réduites à une seule.
On emploie depuis longtemps en Amérique le rhizome et la racine du Gdsemium contre les fièvres intermittentes et les affections inflammatoires chez les enfants. En France, elle a été étudiée par M. Dujardin-Beaumetz. Pl.
Bduogbaphii. — Jdssibu. Gênera, — EroucHER. Gênera, ^~ Bsrtham et Hooiu. Gfn^ plant. — De Caxdolle. Prodromui. — Asa Ghat. Manual of the Boiany of the Norlh Cnit. Statet, 2« édit., p. 206. Pu
CIEHEINER (Andreas-Theodor). Médecin allemand, né à Ratisbonne, le 1« avril 1764, mort à Kûrn le 5 janvier 1815. Il prit le grade de docteur à Erlangue en 1786 et devint ensuite médecin de la ville et de la garnison de Ratisbonne. Il s'occupa en outre d'astronomie et durant vingt ans observa el étudia la surface de la lune. On a de lui :
I. Disterl. de vera febrium putridantm notione. Erlangœ, 1786, in-4». — II. Beobacht. der am ^Âêten Jtmi 1797 Nachmitiagg eingetretenen Sonnenfinstemist und der dabey forgekomtnenen meikwûrdigen Ertcheinungen . Regensburg, 1798, in-8*. — III. Articles dans Bode'i Jakrbuch, 1802. L. Ux.
dEMilA. Nom porté par plusieurs médecins hollandais, parmi lesquels :
ficmma (Reimer). Né à Dockum en Frise, en 1508, d'où le surnom de Frisius, mourut le 25 mai 1555. Il fit ses premières études à Groningue, puis il
GEMPAR. 247
se rendit à Louvain où il étudia la médecine. Après avoir obtenu le litre de docteur en médecine, en 1541, il fut pourvu d*une chaire de médecine à T Académie de cette ville, et il accfuit une réputation assez notoire pour que Tempereur Charles-Quint le prît à diverses reprises comme médecin consultant. Il lui offrit même une place à sa cour, que Gemma refusa, préférant se livrer à des études sur Tastronomie et les mathématiques, sciences qu*il avait cultivées dès sa première jeunesse avec succès. Il a publié un certain nombre d'ouvrages d'astronomie et de géométrie et aussi quelques observations sur la goutte, insé« rées dans le Recueil d'Henri Garet, Francfort, 1591, in-8. A. D.
Bflfia (GoRNELis). Fils du précédent, né à Louvain le 28 février 1555, fit ses études sous la direction de son père, se livra comme lui à la profession médicale, sans négliger les mathématiques, obtint en 1569 la chaire laissée vacante par la mort de Nicolas Biesius, puis fut reçu docteur en 1570. Il s'occupa d'astronomie, de même que son père, et mourut à Louvain, de la peste, le 12 octobre 1577. Nous citerons de lui :
I. De €urte cyelognomica tomi très, philotophiam Hippocralit, Galeni, Platonis et AristO' leli» in unam methodi speciem referentes. Anvers, 1569, in-4*. — II. Cosmocritice. êeu de fiatarœ divinû characterismis, id est, raris et admirandU êpectaculis, causts, indiciis, proprUiatibus rerum in partibwt iingutis uniuerêi. Anvers, 1575, in-4*. A. D.
CIBVMATIOW. {Gemma^ bourgeon.) Reproduction par gemmation ou bourgeonnement. On appelle gemmiparitë (de parère, produire) la génération par des gemmes {voy. Génération). D.
CIBIHVIE. En botaniquey organes d'oi!i sortiront les pousses nouvelles, {voy. Bourgeon). Dans V industrie, on donne le nom de gemme à la térébenthine brute, celle qui est encore mêlée à des matières étrangères. En zoologie, les gemmes sont les renflements qui se développent sur les côtés de certains polypes en constituant un mode de reproduction (voy, GéNéRATiON). D.
«EsmiPARiTÉ. Mode de génération par gemmes en bourgeons {voy. Génération). D.
«BXPAK (Sougita). Célèbre médecin japonais, né dans la première moitié du dix-huitième siècle. Il était fils d'un savant distingué par ses vastes connaissances, et qui avait rempli les fonctions d'interprète pendant plusieurs années. Gempak étudia à Myako, où il avait déjà acquis une certaine réputation parmi ses confrères en pratiquant la médecine suivant la méthode japonaise, lorsqu'il apprit que les Hollandais, qui commerçaient alors avec le Japon, étaient trèshabiles dans l'art de traiter les maladies, par cela môme qu'ils étaient trèsversés dans l'anatomie du corps humain et qu'ils rejetaient toutes les doctrines superstitieuses et les vieux préjugés des Chinois. Il résolut donc de se rendre familière la langue hollandaise, ce qui lui coûta beaucoup de peine ; il parvint cependant à la lire couramment, gi*âce aux conseils et à quelques leçons que lui donnèrent plusieurs Hollandais que des circonstances particulières avaient amenés à Myako. Dès qu'il fut à même de comprendre des ouvrages scientifiques^ il s'efforça d'en acquérir une petite collection, à la factorerie hollandaise. Ayant obtenu par ce moyen un exemplaire de la traduction en hollandais des AnaUymische Tabellen du médecin silésien Adam Kulm {mit Anmerk. uni Kpf.^
248 GENCIVES (aratomie et physiologie).
Leipzig, 1759), il eu fit la traduction. La préface qu'il joignit à son travail est datée du 5" mois, en automne, dans la 2' année de Tère impériale An-yd (1775). Nous possédons, dit L. de Rosny-Fouque ville, un exemplaire de cette version orientale, qui parut sous le titre de Kaï-tei'Sin'Syo (Nouveau traité d^anatomiej, en 5 Yolumes grand in-S"", dont un de planches, qui, malgré rindulgetice que réclame le dessinateur japonais pour leur médiocre reproduction, n'en soot pas moins dessinées et gravées avec une exactitude et une beauté des plus remarquables. On voit également mentionné sur le catalogue du libraire japonais chez lequel se trouve le Kaï-teî-Sin-syo, annoncé comme publié par Sougita Gempak, le Kaï-teï-Yak-dzoUy tableaux abrégés d'anatomie, comprenant cinq pièces. A une solide connaissance du hollandais et à une grande habileté pour lire et rédiger le chinois Gempak joignait quelques notions importantes sur les sciences européennes, dont ou ajipréciera surtout la yaleur, si Ton fait attention au pays et au temps où il vivait. A ces mérites on doit ajouter encore celai d'avoir su, l'un des premiers, faire comprendre l'importance des découvertes et des progrès scientifiques des Occidentaux à ses compatriotes (Biogr. Didot).