‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 4)Chapitre 30 sur 51 · L. Hk · texte numérisé non relu

L. Hk

«EML^SAEtS ou CIESCHnSAL'S (IliEROMMUs). Médecin et philologue, nél Mulhouse, en Alsace, en 1505, mort à Bàle, le 29 janvier 1543. Il fit ses études à Bâle sous Glareanus, acquit une connaissance approfondie du grec et dolaiint en même temps qu'il étudia avec soin la physique et la médecine. L'Académie de Turin lui coniéra en 1535 le litre de docteur en médecine. Nommé professeur de physique à Bâle, il enseigna avec un grand succès la philosophie d'Aristote. A l'époque de sa mort prématurée, il était occupé à l'étude de la langue hébraïque. Le fameux imprimeur Cratander lui avait donné sa fille en mariage, et Geniusaeus dirigea plusieurs des éditions publiées dans son officine; nous mentionnerons spécialement Cille He Paul d'Egiiic (Bâle, 1538, iii-fol.)- ^ ^ l'auteur d'une préface et d'uue Vie de Galien mises en télé de l'édition des Œuvres du médecin grec, parue à Bâle en 1538 (5 vol. in-fol.). L. Hk.

«ENCI¥ES. § I. Anaton.ie et physiologie. On désigne SOUS le DOD

de gencives cette portion de la muqueuse buccale qui tapisse toute la partie libre de l'arcade alvéolaire des mâchoires. Elle fait donc partie intégrante de la muqueuse buccale et nous avons déjà indiqué à propos de cette dernière quelques-uns de ses caractères (voy. l'article Bouche [Anatcmie]^ i'^ série, t. S. p. 203).

Considérées au point de vue anatomique les gencives représentent une membrane qui recouvre exactement toute la partie saillante de rarc«')de aWcolaire. Ses limites artificielles sont d'une part Je fond du vestibule de la bouche, oi^ la gencive se confond avec la muqueuse buccale, et d'autre part le plancher de U Louche pour la région inférit ure et la muquc use palatine pour la r<^gion supérieure.

C'est ainsi que, partie du fond de la gouttière ve stibulaire, la muqueuse gingivale se piolonge sur la face antérieure ou convexe de Tarcade ah Polaire de^ mâchoires en y adliérant intimement. Airive'e au bord libre des alvéoles, elle rencontre le collet des dents. Là elle forme (n avant de chaïune d'elles ud repli semi-lunaire antérieur^ de chaque extrémité duquel se dëtaclie une petite languette de muqueuse qui traverse l'interstice dentaire pour se reu-

GENCIVES (anatohib et physiologie). 2i9

nir du côté oppose avec les extrémités d*un même repli, le repli semi-lunoire postérieur. Ces petites languettes forment comme des ponts que soutient le bord libre des cloisons osseuses interdentaircs. La réunion Tua à l'autre des deux replis semi^-lunaires forme autour de chaque collet dentaire an cercle ou amieau complet de muqueuse que laisse béant en son centre lablalion d*une dent. Au bord de ce cercle, très-adhérent à la dent, vient s*insérer le périoste alvéolaire. Cette mserlion se fait très-exactement au point où cesse le cément et où commence Témail: il n'est donc pas exact de dire que la racine des dents déborde de quelques millimètres le bord gingival ; ce fait n*a lieu qu'à l'état pathologique. La membrane alvéolo-dentaire ne représente nullement, comme l'ont prétendu les auleurs, une continuation de la muqueuse buccale. Elle est la représentation de la paroi du follicule, laquelle, traversée au moment de l'éruption dentaire par la couronne, se fixe au collet de la dent et aux replis semi-lunaires.

Après avoir franchi le bord libre alvéolaire au moyen des languettes interdentaires, la muqueuse gingivale reprend son trajet sur la face concave ou postérieure du maxillaire à laquelle elle adhère comme à la face antérieure; puisy arrivée à la base de ce bord, elle se continue sans aucune marque de d&limitation avec la muqueuse voisine de la cavité buccale proprement dite.

La gencive est remarquable par sa consistance, variable ceptiidant aux divers â^es de la vie, et par son adhérence aux plans osseux qu'elle recouvre. Mais à l'état pathologique elle perd ses caraclèies. Elle se ramollit et se décolle trèsfacilement des surfaces qu'elle recouvre. La plupart des affections inflammatoires dont elle peut être le siège ont pour première conséquence, outre le décollement de la muqueuse, la rupture des ponts qui occupent les interstices dentaires, de sorte que les lambeaux, devenus libres, flottent en avant ou en arrière de l'arcade dentaire, se détruisent et laissent à nu la partie correspondante du bord alvéolaire, qui peut devenir à son tour un siège d'ostéite superficielle et d'exfoliatioii insensible. C'est par la combinaison de ces deux phénomènes que souvent la réparation des parties devient impossible et que la dent, privée de ses principaux éléments de protection, la paroi alvéolaire et la gencive, s^ébranle et tombe.

Chez le fœtus, à partir de l'époque qui correspond au début de la formation

intra-foUiculaire des dents jusqu'à celle qui précède les premiers phénomènes

d^éniption, la muqueuse gmgivale présente une consistance considérable qui

lui permet de résister à toutes les pressions auxquelles elle reste exposée avant

l'apparition des dents de lait. Au niveau de la ligne qu'occuperont celles-ci,

eUe offre un épaississement gris blanchâtre, relevé en saillie ou crête tranchante,

et dont le bord libre présente, d'espace en espace, de petites dépressions ou

incisures qui lui donnent l'aspect un peu dentelé. C'est cette crête gingivale

qai a été désignée sous le nom de cartilage dentaire (cartilago dentalis) et

ooasidérée comme réellement constituée par du tissu cartilagineux. Elle n'est

cependant formée que par un tissu fibreux, recouvert d'une épaisse cx)uche

d'épithélium pavimenteux stratifié.

Plus tard, alors que l'éruption des dents est achevée, la gencive, cessant d'être directement exposée aux pressions ou aux frottements, perd beaucoup de sa consistance et se ramollit très-facilement sous l'influence des moindres irri-> tatîons. Mais il n'en est pas de même chez le vieillard, car, après la chute des deais et l'atrophie des alvéoles, elle revient en quelque sorte à son état primitif.

S50 GENCIVES (anatomib et phtsiologib).

Elle se distingue alors par Tuniformité de son épaisseur, répaississement et te durcissement de sa couche épithéiiale stratifiée, qui prend un aspect blanc ou grisâtre et devient en quelque sorte cornée, en tous points comparable aux callosités qui se produisent à l'épiderme cutané par suite de frottements répétés. Ce résultat est dû aux pressions incessantes qu'éprouvent les gencives daas les efforts de la mastication. C'est pour cette raison qu^on les trouve dépourvues de cette résistance et de cette densité lorsqu'un appareil de prothèse dentaire sert de protection aux bords alvéolaires.

Étudiée au point de vue histologique, la muqueuse gingivale doit être raogft dans la classe des membranes fîbro-muqueuses. Elle est formée d*une trame de tissu conjonctif serré, plus épais que sur tous les autres points de la muqueuse buccale, formant un feutrage compacte et envoyant par sa face profonde des prolongements nombreux qui vont se confondre avec les fibres propres du périoste osseux. Ainsi donc le périoste et le derme muqueux sont en continuité directe sans interposition de tissu sous -muqueux. Cette trame est constitu*^ par un réseau lamineux sans éléments élastiques. Sa surface libre est recouverte d'une couche épithéiiale pavimenteuse, épaisse et stratifiée et dont l'enlèvemeat par le raclage est en général facile. Cette couche épithéiiale revêt le chorioa de la gencive dans toutes ses saillies ou ondulations, lies saillies qui sont très-visibles même à l'œil nu, à la surface des gencives, interceptent des dépressions comparables aux pores de la peau, et qu'on croyait dues jadis à la présence de certaines glandes incluses dans l'épaisseur du tissu.

C'est là sans doute ce qui avait fait supposer à Serres lexistence des glandes tartariques; les gencives ne contiennent aucune glande, c'est leur caractère disr tinctif le plus remarquable. On aurait donc tort de continuer à admettre dans leur épaisseur des glandes dites mucipares, analogues à celles de la muqueuse intestinale, et de leur attribuer la praduction de ces enduits, considérés comine du mucus, qui se collectionnent sur le bord libre des gencives et dans les interstices dentaires, soit à l'état physiologique, soit surtout pendant le cours de certaines aflections telles que les pyrexies, les maladies du tube digestif, etc. Ces prétendues glandes n'existent pas et le seul liquide sécrété que l'on trouve dans la bouche, c'est la salive.

Les enduits sont formés par des débris alimentaires, des dépôts provenant des sels calcaires, et par des cellules épithéliales qui se détachent en assez grande abondance, lorsque le tissu gingival est enflammé, pour former une bandelette pultacée au bord libre des gencives. A toutes ces matières il faut ajouter divers microphytes et microzoaires, auxquels certaines théories attribuent un rôle pln^ ou moins actif dans la production de quelques maladies, soit de la muqueuse elle-même, soit des organes dentaires, la carie, par exemple. A ces divers éléments s'ajoute encore, mais surtout à l'état pathologique, un certain exsudai épithélial, liquide, plus ou moins séreux et clair, n*ayant rien d'analogue avec le mucus proprement dit.

Le système vasciilairc des gencives n'est pas tiès-riche, bien que le nombre des ramuscules qui s'y répandent soit considérable; en effet, les capillaires ont un petit diamètre, ce qui explique la rareté des hémorrhagies par les lésions traumatiques de la gencive, au moins à l'état normal. Les rameaux artériels viennent pour la gencive supérieure de la sous-orbitaire et de l'aivéolaire en avant, et en arrière de la sphéno-palatine et de la palatine supérieure. Pour U

GENCIVES (pathologie). S51

gencÎTî inférieure, les vaisseaux viennent de la dentaire inférieure, de la sousmentale el de la linguale.

L'ensemble du système sanguin n'est pas assez développé pour enlever au tissu sa densité et sa coloration pâle, mais à Tétat pathologique les apparences changent singulièrement : sous l'influence de Tinflammation, le tissu gingival prend une coloration rouge plus ou moins marquée, devient mou, fongueux, et saigne au moindre contact. C'est ce que nous verrons particulièrement dans une forme de gingivite dite fongueuse.

Le système nerveux et les lympathiques n'offrent rien de particulier, et sont en tout semblables à ceux du reste de la muqueuse buccale (voy. Bouche).

E. Màgitot.

g n. Fathoioi^ie. Les particularités anatomiques qui caractérisent la gencive sont de nature à donner aux lésions qui peuvent l'atteindre une physionomie spéciale qui les différencie de celles de la muqueuse buccale en général. Toutefois, en raison de la continuité de tissu entre ces deux portions d'une même membrane, quelques affections seront nécessairement simultanées» sinon communes. Nous aurons donc chemin faisant à établir à la fois les rapprochements et les différences qu'elles pourront présenter.

Nous diviserons les maladies des gencives en trois classes : i® les lésionstraumatiques ; 2^ les lésions inflammatoires; 3® les lésions organiques.

L Lènons iraamaiîqaes. Les lésions traumatiques des gencives consistent dans les contusions, les déchirures^ V arrachement.

Les CONTUSIONS résultent soit d*un choc venu du dehors, soit de l'application d'un instrument. Dans le premier cas, la gencive est rarement seule atteinte et les dents ainsi que les lèvres peuvent participer au traumatisme. La contusion présente dans ce cas tous les degrés connus : si elle est légère, elle donne lieu à un faible gonflement sans ecchymose toutefois, en raison de la faible vascularité du tissu, et qui se résorbe rapidement ; plus intense, elle peut être suivie du décollement et de la chute du revêtement épithélial, le derme est alors dénudé et, en l'absence d'ulcération, ce qui est rare après un traumatisme simple, il se répare ordinairement avec une grande rapidité. La contusion peut amener la mortification et la chute d'un lambeau plus ou moins étendu et qui comprend toute l'épaisseur de la muqueuse. Ce dernier accident est surtout fréquent dans la pratique de l'extraction des dents au moyen de l'instrument dit clef de Garengeot. Lq panneton de cet instrument s'appliquant en dedans ou en dehors sur la muqueuse gingivale, y produit des contusions de divers degrés suivant rintensité de la pression exercée; mais celle-ci est le plus souvent assez forte pour laisser des eschares parfois très-étendues et suivies souvent d'ulcérations on de déiiudations osseuses. Cet accident toutefois, en l'absence de fractures du bord alvéolaire, ne présente pas d'ordinaire une bien grande gra vite et tout se termine par une réparation plus ou moins rapide de la perte de substance.

Les DÉCHIRURES de la gencive ont une même origine que les contusions : elles coexistent même assez souvent sous la forme de plaies contuses. La physionomie de la lésion et aussi la conduite du chirurgien varieront cependant suivant qu'il y aura déchirure simple ou compliquée de contusion. Un lambeau simplement détaclié de la surface osseuse et ne présentant pas d'état sphacélé devra être aussitôt remis en place et affronté avec les parties de muqueuse restées adhé-

252 GENCIVES (pathologie).

rentes. Cette manœuvre sera faite soit par simple application» soit à Taide de quelques points de suture. Hais la précaution la plus importante est d'assurer le contact du lambeau avec la partie osseuse sous-jacente, afin d'éviter I*exfoliation de celle-ci. Dans tous les cas, si la gencive était préalablement saine el s'il y a simple déchirure, la réparation est la règle ordinaire. S'il s'agit d'une plaie contuse, les chances de réparation sont moindres et souvent on observe la chute du lambeau mortifié. Dans ce cas il y a encore probabilité de réparation, mais celle-ci sera lente, en raison du faible mouvement nutritif du tissu giogival, et elle sera souvent retardée par une nécrose superficielle de la paroi osseuse. Lorsque la lésion siégera au bord libre et au voisinage des dents, point où la muqueuse présente la moindre é( aisseur et la plus faible vascularité, la chute du lambeau sera encore plus à craindre et la réparation pourra manquer absoli|ment. La conséquence sera la résorption lente du feuillet osseux de l'alvéole et un déchaussement irréparable des dents correspondantes avec ébraalemcnt de celles-ci. Cet accident est encore de ceux qui suivent fréquemment certaines tentatives d'extraction par la clef ou tout autre instrument prenant son point d'appui s(ir le bord alvéolaire.

L'arrachement complet d'un lambeau alvéolaire, s'il s'est produit sans contusion simultanée, devra se traiter, si Ion est appelé en temps utile, par la réapplication immédiate avec points de suture. C*es>t là une greffe véritable qui présente d'une manière générale plus de chances de réussite sur une muqueuse que lorsqu'il s'agit d'un lambeau cutané. Ajoutons que les conditions particulières d'humidité et de température de la cavité buccale sont, comme on sait, particulièrement favorables à la rapide cicatrisation des plaies, même très-étendues. Dans un cas de ce genre un vaste lambeau de près de 3 centimètres de longueur avait été détaché de la muqueuse externe du bord alvéolaire supérieur et entraîné au dehors pendant l'avulsion d'une grosse molaire : bien que le blessé n'ait été observé qu'une demi-heure après l'accident, le lambeau fut détaché de la dent à laquelle il était resté adhérent, puis replacé et fixé au oioyen de deui points de suture simples, l'un en avant, l'autre en arrière. Au bout de ciuq jours la soudure était complète.

On devra donc, dans les divers traumatismes qui portent sur la gencive, procéder suivant des indications qui sont d'ailleurs de règle commune en matière de plaies soit des muqueuses, soit de la peau. Quant aux pansements, nous avons dit pourquoi ils nous paraissent ordinairement inutiles, la salive faisant oflice d'irrigation ou représentant un bain permanent éminemment favorable à ces réparations. Nous conseillons toutefois l'emploi du chlorate de potasse, médicament usuel et classique à l'égard des afi'ections gingivales. On l'appliquera tantôt sous forme de gargarisme, à dose faible au début, 5 pour 100 d'eau, pW$ tard ù l'état de saturation dans l'eau chaude, tiuitôt sous forme de compresses d'ouate imbibée des mêmes solutions.

II. LétîoBs inflammajoire». Les lésions inflammatoires des gencives comprennent les différentes formes de gingivites. Or l'histoire de cette maladie fait ordinairement partie des descriptions de la stomatite et comme telle est étudi« dans les traités de pathologie interne. C'est là une circonstance fâcheuse et qui n'a p as peu contribué à laisser dans l'ombre bien des états pathologiques absolument localisés aux gencives. Il est é\ident en effet qu'en dehors de quelques maladies générales graves (scorbut, anémie, fièvres éruptives, etc.), qui ont

GENCIVES (pathologie). S53

parmi leurs manifestaiioDS morbides certains états inflammatoires de la muqueuse buccale en général, le plus grand nombre des stomatites décrites par les auteurs sont toujours, soit primitivement, soit pendant toute leur durée, des giogifites proprement dites sans aucune extension au delà des limites des bords alvéolaires. Nous considérons donc comme très-importante et parfaitement justifiée la description nosographique de la gingivite et de ses formes variées, sous la réserve de mentionner, dans le cours de ces études, les cas dans lesquels il y généralisation inflammatoire à une région ou à la totalité de la muqueuse buccale, c'est-à-dire stomatite vraie.

Li littérature médicale, à peu près nulle sur la question de la gingivite proprement dite par les raisons que nous venons de donner, est en outre très-pauvre à l'égard de la stomatite. Ainsi dans le Compendium de médecine on trouve indiquées certaines formes de stomatites, érythémateuse, pseudchmemhraneuse^ ulcéretue, gangreneuse, mais elles sont regardées comme des affections secondaires (t. 1, p. 136). Lasègue et Grisolle reproduisent à peu près la même division (Lasègue, Traité des angines, 1868, p. 21. — Grisolle, Path. int., 1. 1, p. 250). Ce dernier auteur signale toutefois une forme de gingivite, celle du tartre.

Delestre, en 1861, décrivit un état particulier des gencives qu'il appelle ramollissement et qu'il distingue par sa couleur tantôt rouge, tantôt jaune.

Pour nous qui avons déjà décrit la gingivite sous les différents aspects qu'elle présente {Leçons sur la gingivite recueillies par le docteur David, in Gazette des hôpitaux, 1877-1879), nous allons résumer ici ces considérations qui ont d*ailleurs donné lieu à une thèse récente qui reproduit exactement nos idées (Bontems, thèse de Paris, 1880).

Dans les remarques anatomiques que nous avons tracées plus haut, nous avons cherché à établir que les gencives sont formés d'un tissu spécial différent dans sa constitution du reste de la muqueuse buccale, malgré la continuité absolue des deux parties. 11 ressort de là, au point de vue des phénomènes inflammatoires, qu'une stomatite généralisée épargnera très-rarement la gencive, puisqu'elle a presque toujours celle-ci comme point de départ, tandis que l'inflammation de cette dernière ou gingivite restera souvent isolée avec tous les caractères d'une maladie spéciale. C'est donc cette affection que nous voulons décrire dans toutes les variétés d'aspect et d'origine qu'elle présente.

La gingivite est caractérisée par l'inflammation du tissu gingival. Or cette membrane, représentant ce qu'on a désigné sous le nom de fibro-muqueuse, se compose essentiellement, ainsi qu'on l'a vu, d'une trame de tissu conjonctit avec divers éléments accessoires et d'un revêtement épithélial. Avec une telle constitution, on devra dans la gingivite observer toutes les formes d'inflammation des tissus analogues. Cette inflammation sera donc érythémateuse avec desquamation épithéliale, ou aphtheuse avec soulèvement par place de ce même revêtement, ou phlegmoneuse franche, ulcéreuse, pseudo-membraneuse, fongueuse^ hypertrophique, etc. Mais ces désignations ne s'adressent qu'aux formes mêmes que présentent ces variétés. 11 y a lieu cependant de tenir compte des causes multiples qui provoquent la maladie. C'est en tenant compte de ces deux points de vue que nous sonunes arrivé à la classification résumée dans le tableau suivant :

^54 GENCIVES (pathologie).

Atoc dépôts charboDDcui. .... G. des famean.

Traumatiques • . { Avec dépôts de tartre G. tartrique.

De certaines industries G. des onvrien nrriffi, etc.

Superficielle G. simple.

Superficielle iocalisi^e, érosion épi-

théliale (à. aphthaase.

|Es8iufTiBLLB8« . . { Profonde, suppurée du derme. . • G. plilegrooaeoae.

— arec fongosités G. fong^ucusc.

— arec masses bypertro- GINGIYITES / y pbiques G. hyperirophiqne.

iG. mercttrielle.

G. phosphonqne.

G. cjanique.

G. fuchsinique, etc.

(Ulcéreuse, épidémique G. ulcéro-membraneuse.

Liée au scorbut G. scorbutique.

— a certaines pyreues G. pangréaeui^o.

— à la grossesse G. des femmes enceintes.

PREMIER GROUPE. GINGIVITES TRAUMATIQUES. A. Gingivite chabbosheuse ou des fcmeubs. Elle est causée essentiellement par les dépôts de particules charbonneuses qui se localisent au niveau du bord libre des gencives, sur le collet même des dénis où ils produisent une irritation généralement légère Je ee bord même et des languettes interdentaires. C'est elle que Gubler a désignée sous le nom de Liséré charbonneux {voy. article Bouche [Séméiologié\t 1. 1, p. 251)'. Toutefois ce terme conviendrait tout au plus aux cas dans lesquels le dépôt de particules charbonneuses est si faible qu*il colore siaiplement d'une ligne noirâtre le collet des deuts sans causer d'inflammation gingivale. La gingivite commence à la rougeur et au décollement du bord festonné de la muqueu>e, et c*est alors que s accuse davantage le dépôt charbonneux dans rinlerslice devenu libre entre la gencive et les surfaces dentaires. L*intensité de rinflam' mation sera nécessairement proportionnelle à la quantité même de paiticules étrangères et aussi à Taction irritante directe des vapeurs et des produits de la combustion du tabac et du papier à cigarettes. Ceci explique le lieu d'élection de cette forme légère de gingivite, laquelle est ordinairement localisée aux régions antérieures des deux mâchoires, rarement ailleurs.

Ces couches charbonneuses doivent encore être distinguées des autres dépôts

^ Nous avons prononcé ici le nom de liséré charbonneux, bien que le terme soit paifaitement impropre en cette circonstance. U n*y a point ici en réaliié de liseré dans l'acceptioi ordinaire. Le liséré est une manifestation d'une action toxique qui appartient à l'ab^rpt < n de certains poisons métalliques. L'empoisonnement par le plomb donne lieu au liséré t.^f^ ou liséré saturnin, L'argyrie ou intox icalion argen tique produit un signe analogue. Ou * quelque peu disserté depuis quelques années sur le siège exact et sur la nature de a^ lisérés. Plusieurs dis^issions à la Société de chirurgie [Bulletin, 1878, p. 147) et à la ^K)cille de biologie {Comptes rendus et Mémoires, 1878, p. 381) ont montré le desaccord asseï profond qui sépare les observateurs. Pour MM. Cras (de Brest), Huet et Leloir, le liséi^ sK'gfiai' dans les coii[:hes superficielles du derme où il se produirait par passage des particule» métalliques au travers des parois vascula ires par une sorte de diapédèse. MM. Robin elCidira sembleraient disposés & se rallier h cette manière de voir. Pour nous, au contraire, nou* sommes conduit par nos recherches à considérer ces défiôts mélalliques comme ne dr'pafsant pas en profondeur la couche épi thëlia le, de sorte que W liséré serait le résultât JJi double phénomène de réfraction au travers des cellules épilhéliales et de réflexion sur li surface blanche des dents. Ce qui confirmerait celte manière de voir, c'est que le liséré » se produit jamais sur les points des gencives d«'>poui*vus de dents. Quant à la nature inèite du liséré saturnin, il nous a été impossible, malgré le concours obligeant ou |irof''<"^''r llerthelot, de discerner s'il est constitué par du suUure de plomb ou du plomb mêtalliqii« libre. Il n'existe pas de réactif différentiel pour éublir cette distinction, du moins dans l'atlèrjeur des tissus.

GENCIVES (pathologie). 255

si Tan& qui recouvrent la surface des dents; elles sont noires, faciles à détacher par k moindre grattage, et composées de grains amoi^phes insolubles dans tous les réactifs. Les auties dépôts dentaires sont d*une couleur fort différente: telles sont, par exemple, ces taches verdàtres si communes à la surface des dents humaines, et qui recouvrent la totalité des dents des herbivores. Ces dernières tacites sont formées de particules amorphes qui proviennent de la matière colorante des végétaux. Divers réactifs les dissolvent, les acides, par exemple. A ces dq.ots veidâtres nous devons ajouter encore les amas de mucosités et de débris ilimcBtaires mêlés à des parasites nombreux et qui forment sur les dents des couches piu4 ou moins épaisses, dont la consistance et l'étendue augmentent fréquemment dans le cours des maladies aiguës, alors que surviennent ïmaction de la bouche et la suppression de la sécrétion salivaire.

C'est à ces masses croûteuses que les auteurs en général, et Gubler en particulier, donnent le nom de mucus. Nous nous sommes plusieurs fois élevé coiiire cette interprétation. La bouche ne renferme, en effet, pas trace de mucus proprement dit. La muqueuse qui tapisse cette cavité ne contient pas de glandes nimjpares ; seules, les glandes et les glandules salivaires versent un produit liquide dans la cavité, et c*est le mélange de ce liquide avec les débris alimentaires Jes plaques épithéliales en desquamation, les bouquets de leptothrix, les bactéries et les vibrions, etc., qui constituent les dépôts de la surface et du collt't des dents, combinés ou non avec les amas de tartre.

leile est en deux mots la gingivite des fumeurs: irritation légère, exclusive ao ixTd libre, et dépôts charbonneux sous-jacents.

Nous n*avons rien de plus à dire au point de vue symptomatologique de cette (orme qui est, en définitive, l'une des plus superficielles des diverses variétés de gingivites.

B. Gi.NGiviTE TARTARiQUE. Ccttc fonue d*altération gingivale est essentiellement la conséquence de Tirritation causée au bord libre de la muqueuse par les dépots de tartre, parfois si abondants qu*ils recouvrent certaines régions de dents et Souvent même la presque totalité du bord alvéolaire.

Miiis il faut que nous disions tout d'abord un mot de la nature et de la composition du tartre.

Le tartre est une masse concrète, pierreuse, ordinairement jaunâtre, susceptible d'acquérir une grande dureté et qui se dépose à la surface des dents. Les points où on lobserve spécialement sont, par ordre de fréquence : la face postérieure des dents antéro inlérieures situées en regard de l'orifice des conduits excréteurs de> glandes sous-maxillaires et sublinguales; la face externe des molaires supérifiires, au voisinage de l'orifice du canal deSlénon, puis les molaires inférieures. 11 Hi dépose très-rarement à la face linguale des molaires des deux mâchoires, et ne se remontre jamais à la face postérieure des dents antéro-supérieures, qui nVst pas baignée par la salive. Ces dépôts de tartre qui, lorsqu'ils sont abondants, devieun* nt l'indice d'une réaction alcaline habituelle de la salive, peuvent ^e produire en extrême abondance, surtout lorsque, par une cause quelconque, Ic-s d( nts d'un côté ne prennent plus part à la mastication devenue exclusive au côié opposé.

^uus avons vu les dépôts de tartre si épais parfois, qu'ils entouraient de toute part une série de dents enfoncées ainsi au milieu de la masse. G est à ce phéno- Diêue que Ton doit rapporter les récils de Pline et d'autres auteurs anciens sur

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d^ébranlement et de déviation des deots» ce qui est dû à une propagation de l'inflammation au périoste alvéolo-dentaire. Hais à cet égard nous n'avons pas à nous étendre ici au sujet de la périostite elle-même^ qui ne représente, en définitive, qu*un épiphénomène et une conséquence de Tafiection primitive et qai trouvera ailleurs sa description.

En résumé, les caractères essentiels et distinctifs de la gingivite tartarique résultent de la présence même du tartre en dépôts plus ou moins étendus et eiclusivement localisés aux lieux d'élection de cette matière.

En ce qui concerne le traitement de cette forme particulière, sans vouloir ici préjuger sur les règles de thérapeutique que nous essayerons d'établir plus loin pour la gingivite en général, nous pouvons dire au préalable que l'application de ces moyens devra être précédée invariablement de l'ablation pure et simple de ces dépôts. On devra, eu outre, tenter la guérison des dL<spositions oa des lésions dentaires qui en ont causé la production et appliquer les moyens hygiéniques destinés à neutraliser chimiquement la production tartarique sur place ou à en empêcher le retour (voy. Dentaire [Hygiène]).

G. Gingivite des ouvriers de diverses industries. Parmi les gingiVites traumatiques se placent ici certaines iuflanunalions de la muqueuse gingivale, qui sont spéciales à quelques industries, sans préjudice d'ailleurs d'autres lésions du même ordre qui résultent de diverses intoxications et qui auront leur description dans les gingivites toxiques.

Parmi les gingivites auxquelles pourrait s'appliquer l'épithète d*indiutrielUi, se place en premier lieu celle qui a été décrite pour la première fois par Putégnat. Elle a été observée par lui dans les tailleries de cristal de Baccarat, où 95 ouvriers sur 100 en seraient atteints à différents degrés.

L'auteur auquel nous empruntons cette courte description émet cette première remarque, que les diverses conditions de température, de nourriture, de genre de travail, semblent n'exercer aucune influence sur la production de la maUdle, tandis que le simple séjour dans les tailleries parait être la raison essentielle de son apparition.

Les caractères qu'elle affecte sont : une tuméfaction du bord libre des gencives, avec bourrelet en festons au niveau du collet et des interstices dentaires; la muqueuse est rouge d'abord, puis passe bientôt à la couleur bleue noirâtre. C'est une sorte de liséré avec épaississement et nullement assimilable, suivant Putégnat, au liséré balurnin. Celte distinction sur laquelle l'auteur insiste soigneusement était nécessaire, car l'industrie des vernis vitrifiables pourrait, comme on pense, prêter à quelque assimilalion avec les accidents dus aux pr^* para tiens plombiques.

Du reste, il existe dans cette variété de gingivite une particularité locale Irè^importante à signaler, et qui en fournit, eu quelque sorte, la nature éliolu* gique : c'est que la maladie s'accompagne ou peut-être même est précédée de carie des collets des dents, caries qui arrivent rapidement à détruire la couronne, laquelle, sectionnée ainsi à ce niveau, se brise et tombe. Celte circoustance nous conduit tout d'abord à une conséquence particulière: c*est qu'oa ne saurait assimiler la gingivite des ouvriers verriers à la gingivite tartariq>ie. attendu que la présence du tartre et de la carie dentaire s'excluent d'ordin ai i e réciproquement.

La lésion décrite par Putégnat siège exclusivement au bord de la gencive, saiiâ présenter d'extension au reste de la muqueuse buccale ni au périoste déniai ri*.

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D snit de là qu'elle ne s'accompagne pas d'ébranlement, ni de chute des dents, conséquences assez fréquentes de plusieurs autres formes.

Dans la recherche des causes de cette afTection, Putégnat invoque, il est yrai. bien des circonstances, telles que l'humidité des ateliers, Tinsuflisance de l'aération et diverses autres causes banales. Mais dans sa pensée il est évident que la cause essentielle est la présence dans les tailleries de ces poussières fines de \erre qui en remplissent absolument l'atmosphère et se déposent au collet des dents, où leur présence amène la lésion traumatique dont il s'agit.

Sans pouvoir produire ici aucune appréciation personnelle, nous nous rattachons absolument à cette manière de voir, et, si nous avions, en outre, à expliquer ici l'intervention de ces mêmes poussières dans la production concomitante de la carie du collet, nous y arriverions aisément.

D'ailleurs, cette pathogénie de* la gingivite par les poussières de verre se rapproche de plusieurs autres explications analogues : ainsi, c'est un mécanisme du même genre qui produit l'ophthalmie des casseurs de pierres, des chaiiwnniers, et il convient encore de rappeler ici, à ce point de vue, que ces derniers, ainsi que les tailleurs de Raccarat, sont frappés d'une autre maladie bien plus grave et qui résulte encore de la présence de particules étrangères : nous voulons parler de ces dépôts qui se fixent dans les voies respiratoires et amènent une tuberculisation à marche rapide (Putégnat).

Quoi qu'il en soit, cette gingivite des ouvriers verriers n'est pas la seule qui rentre dans les lésions industrielles de cet ordre. On en signale encore un certain nombre.

Telles seraient les gingivites observées chez les ouvriers employés aux préparations arsenicales, les fabricants de papiers peints, par exemple (Imbert- Gourbeyre) ; celle des ouvriers des préparations iodiques, phosphorées (Lebert et Wyss), celle des mineurs d'Almaden (Roussel); mais ce sont là des formes qui entrent plutôt dans les gingivites toxiques et qui seront décrites plus loin. La gingivite des tailleurs de Baccarat est, il est vrai, la seule qui soit jusqu'à présent bien nettement et nosologiquement décrite. Mais il en est certainement bien d'autres de caractère essentiellement traumatique.

Les ouvriers zingueurs employés au décapage sont exposés à une gingivite analogue, due aux émanations de vapeurs d'acide chlorhydrique.

Dans une autre industrie, celle des ouvriers chromateurs, MM. Hillairet et Delpech ont signalé des lésions traumatiques de la muqueuse des fosses nasales, sous forme de véritables ulcérations résultant du dépôt de poussières irritantes de chromâtes. La gingivite toutefois n'a pas été observée par ces auteurs. Mais nous ne serions nullement surpris qu'elle fît partie des accidents de cet ordre. .Vayant toutefois à cet égard aucune expérience personnelle, nous nous bornons à présenter ces remarques, bien convaincu qu'il y a là au point de vue de l'hygiène professionnelle un champ d'études exploré jusqu'ici selon nous d'une manière insuffisante.

DEUXIÈME GROUPE. GINGIVITES ESSENTIELLES. Sous le terme de gingivites essentielles nous allons décrire les formes les plus simples et les plus franches de l'inQammation gingivale, celles oh le processus pathologique ne re^te empreint d'aucun caractère étiologique ni spécifique bien déBni. Toutefois, les variétés que nous faisons rentrer dans ce groupe ne constituent pas, à proprement parler, des maladies bien distinctes : elles représentent plutôt les

26U GENCIVES (pathologie).

diifërentes périodes, les divers degrés d'intensité du même processus inflammatoire. Il est même quelquefois possible d'observer la succession, sinon de toutes, du moins du quelques-unes d'entre elles. C*est ainsi que Ion peut constater le passage à Tétat fongueux, puis à la forme hypertrophique, d'une gingivite qui était primitivement simple.

On verra, en outre, par les considérations étiologiques que nous présenterons, que plusieurs formes de gingivites essentielles pourraient assez légitimement rentrer dans la division des traumatiques. Telle serait, par exemple, celle qui accompagne la sortie des dents, et en particulier de la dent de sagesse inférieure. La distinction repose ici sur ce fait, que les gingivites traumatiques, ou du moins celles que nous avons décrites sous ce nom, sont toujours nécessairement liées à la présence de leur cause toute spéciale, qui imprime un caractère particulier à leurs lésions anatomiques. Les essentielles, au contraire, ne sont pas fatalement amenées par les causes qui peuvent les produire et, en tout cas, ne présentent rien dans leurs symptômes qui les y rattache nécessairement.

Ces observations faites, nous passons à l'étude de chacune des gingivites essentielles dans l'ordre qui leur est assigné par le tableau d*ensemblc.

Â. Gingivite sihplb. Nous avons défini cette forme : une inflammation superficielle de la muqueuse caractérisée par un trouble circulatoire qu'accompagne une exhalation séreuse, et, par suite de celle-ci, la chute du revêtement épithélial.

Toutes ces causes qui amènent la stomatite erythémateuse peuvent produire la gingivite simple. Nous devons mentionner à cet égard les irritations locales directes, telle que l'introduction dans la bouche de corps trop chauds ou trop froids, de substances irritantes, l'usage d'aliments trop épicés, de certains crustacés, etc., etc.

A vrai dire ces causes produisent plutôt la stomatite généralisée que la gingivite proprement dite. Toutefois dans la plupart des cas l'inflammation qui s'est produite sous ces influences se localise à la gencive.

Mais d*autres causes portent plus particulièrement leur action irritante sur la muqueuse gingivale proprement dite.

Parmi elles, une des plus fréquentes est la carie dentaire. Celle-ci en effet, lorsqu'elle siège au voisinage de la gencive, peut par ses bords rugueux et invguliers, ou par la présence de matières alimentaires ou autres qui se logeut dans la cavité pathologique, déterminer sur la muqueuse en contact avec elle un état inflammatoire. Celui-ci, se propageant ensuite de proche en proche, peut atteindre toute l'étendue de lu gencive du côté de la mâchoire où elle a pris naissance.

L'absence de soins de propreté peut agir dans le même sens en laissant séjourner dans les interstices des dents certains dépôts qui exercent sur les languette» interdentaires leur influence soit mécanique, soit chimique, par suite de leur décomposition. C'est peut-être par un mécanisme analogue que les dents trop serrées ont été considérées comme cause de gingivite. M. Després a tout récemment insisté sur ce point de vue étiologique, au sujet duquel nous reviendrons plus longuement en traitant du diagnostic.

Les appareils de prothèse sont eux-mêmes une cause assez fréquente de la gingivite simple, soit qu'ils favorisent en certains endroits l'accumulation de débris alimentaires, soit qu'ils produisent ime irritation directe parleur conUot.

GENCIVES (pathologie). 261

Il en est de même chez les enfants soumis à un traitement de déviation dentaire par les appareils orthopédiques.

Le travail de la dentition, et nous entendons par là la sortie de la couronne dentaire hors de la gencive, est encore considéré par beaucoup d'auteurs comme cause d'inflammation de cette muqueuse. Celle-ci, au moment où elle est traversée par la dent, se trouverait soulevée et toujours plus ou moins irritée par la pression qu'elle subit sur sa face profonde. On a remarqué en outre que cet accident, qui accompagnerait fréquemment Téiniption des dents antérieures, est à peu près inconnu pour les dents postérieures, pour les molaires, par exemple, dont la sortie passe presque toujours inaperçue, à Texception toutefois de la dent de sagesse, dont les accidents sont spéciaux. La raison de cette différence doit être recherchée daus la structure du tissu gingival, qui n*est pas partout identique. En avant, la gencive est mince et représente une membrane dense et résistante par la compression de ses éléments anatomiques, en même temps que par sa pauvreté en tissu cellulaire. En arrière les caractères sont tout opposés.

Il résulterait de ces faits que la muqueuse gingivale oppose à la sortie des dents un obstacle plus grand en avant qu'en arrière.

Nous ne voulons pas toutefois traiter ici la question des accidents dits de dentition si diversement interprétés, exagérés par les uns, complètement niés par les autres.

Disons seulement que, dans le cas particulier qui nous occupe, c'est la lésion épronvée par la gencive au moment où elle est traversée par la couronne qui se* rait le point de départ d'une inflammation tantôt localisée, tantôt se propageant à toute la muqueuse gingivale, et même à toute la bouche.

II est cependant un mécanisme d'inilammation gingivale qui reste bien évi- <ient, c'est précisément celui qui peut survenir lors de l'éruption de la troisième gn)sse molaire inférieure ou dent de sagesse. Lorsque celle-ci effectue sa sortie hors de la mâchoire, la gencive qui la recouvre, soulevée et gonflée par le fait de l'irritation toute circonscrite que lui cause le contact de la couronne sousjacente, rencontre dans le rapprochement des mâchoires la dent supérieure correspondante qui la frappe et la triture incessamment daus les mouvements de la bouche.

Il s'ensuit une inflammation toujours assez vive, qui peut s'étendre rapideinent à la muqueuse adjacente et constituer ainsi ce que l'on peut appeler les accidenU muqueux de la dent de sagesse, accidents souvent isolés et simples, mais parfois suivis d'un ensemble de phénomènes plus ou moins graves, phlegmon de la (ace ou du cou, fistules, ostéite, nécrose des mâchoires, etc., dont nous n'avons pas à nous occuper ici.

Le siège de la gingivite simple, lorsqu'elle n'est pas généralisée, varie pour ainsi dire avec chaque genre de cause. Mais, alors même que toute l'étendue de la gencive est envahie, il y a encore â déterminer le siège initial de l'inflammalion qui est, la plupart du temps, le point précis où l'action irritante a porté son effet.

Cette détermination présente une grande importance, car il suffit souvent de porter le renaède sur le lieu où a commencé la maladie pour la faire disparaître, alors que tout traitement dirigé sur les points de propagation resterait insuffisant. Telle est précisément l'inflammation provoquée par l'éruption <le la dent de sagesse inférieure.

Dans la gingivite simple, les caractères anatomiques se confondent presque

ses GENCIVES (pathologie).

entièrement avec les symptômes objectifs qui sont de beaucoup les plus importants. Aussi croyons -nous devoir les rapprocher dans une description commune.

Au début de la maladie, la gencive devient le siège d'une sensation de chaleur, de cuisson, de picotement; elle est sèche, luisante, d*un rouge vif, et légèrement épaissie.

Peu de temps après, sa surface libre devient humide ; il s*y fait une exhalation. Celle-ci soulève Tépitliélium, qui forme une pellicule blanchâtre recoarrantpar place la muqueuse enflammée.

Sur le bord libre de la gencive et sur la partie voisine de la dent se rencontre ordinairement un amas de mucosités, de débris de cellules épilhéliales, mêlés à tous les produits que Ton peut trouver dans la bouche. Ce n*est qu'après la chute ou Tablation de cet enduit blanchâtre qui recouvre par place la surface de la gencive et qui masque entièrement son bord libre et le collet de la dent que Ton peut bien apprécier les symptômes objectifs de Tinflammation.

Par suite du trouble circulatoire dont ils sont le siège, les capillaires superBciels au derme, devenus turgescents, augmentent Tépaisseur de la geucive et particulièrement des languettes interdentaires. Celles-ci, atteintes dans toute leur épaisseur et sur leurs deux faces, sont décollées, soulevées en forme de petites tumeurs fongueuses très-saillantes, recouvrant une partie plus ou moins grande de la couronne. Par suite, le bord gingival présente une exagération des festons normaux qui le caractérisent, et il forme ainsi un relief assez cousidérabte sur le plan de l'arcade dentaire.

En même temps que ces changements de volume et de forme du bord gingival, surviennent des modifications dans la coloration.

Le bord libre de la gencive présente un liséré rouge vif, large de 2 ou 3 millimètres, qui est ordinairement d*une grande netteté sur les gencives qui n'ont reçu aucune application médicamenteuse. Ce liséré suit le bord festonné de la gencive, sans varier de hauteur ou de nuance.

Dans tout le reste de son étendue la muqueuse enflammée offre une coloration rouge, plus ou moins foncée suivant Tintensité de Tinflammation, mais partout uniforme.

Lorsque la phlegmasie est ainsi localisée depuis plusieurs jours, le derme peut être complètement mis à uu, et Ton peut voir les papilles, ainsi que le» anses des vaisseaux sanguins, fortement dilatés. La gencive saigne au moindre attouchement, soit des aliments, soit des doigts, de la langue ou des lentes- Dans la gingivite simple, après la période initiale marquée par de la sécheresse, il y a toujours une production plus ou moins abondante de sérosité, ï laquelle se joignent constamment quelques globules de pus. En même temp^ survient une hypersécrétion salivaire qui incommode fortement le malade. Alors Thaleine prend une odeur fétide assez accentuée.

Les phénomènes locaux de la gingivite, tels que nous venons de les décrire, peuvent s*uccompagner d'accidents de voisinage du côté des lymphatiques.

Ce retentissement n*a guère lieu que lorsque Tinflammation siège sur )<*> parties postérieures de Tarcade dentaire et avec une certaine intensité, noUui) ment dans les cas liés à révolution de la dent de sagesse.

Les phénomènes subjectifs de la gingivite sont très-variables« Au début, U douleur est quelquefois nulle ; souvent elle consiste en une simple sensation de sécheresse, de cuisson.

GENCIVES (pathologie). 263

Elle devient plus franche ensuite, s*exaspëre par le contact de Tair» des liquides» des mouvements de la langue, des lèvres.

Alors elle s'accompagne d'une espèce de gêne, d'embarras des mâchoires, que calme parfois leur rapprochement. Cela indique évidemment une légère propagation de l'inflammation au périoste alvéolo-dentaire, qui se trouve décongestionné par cette pression qu'exercent Tune sur l'autre les deux arcades dentaires.

L'inflammation simple de la gencive constitue presque toujours une affection purement locale. Ce n'est qu'exceptionnellement, dans les cas d'une intensité considérable, et chez des sujets d'ailleurs prédisposés, les enfants, les femmes très-impressionnables, qu'elle s'accompagne de phénomènes généraux.

Lorsqu'elle n'est pas entretenue par la persistance de sa cause; lorsqu'elle n'est pas le début d'une gingivite plus grave, elle a une durée en général asseï courte. Mais assez souvent elle se transforme en l'une des variétés que nous allons décrire, lesquelles peuvent être dès lors considérées comme représentant tantôt l'état chronique, tantôt les complications de la maladie primitive.

B. G121GIVITB APHTHEUSE. La formc que nous désignons sous ce nom est caractérisée anatomiquement par le développement d'aphthes sur la muqueuse gingivale.

Le terme d'aphthe n'a pas toujours eu la signification précise qu'il possède aujourd'hui. Les auteurs anciens (livres hippocratiques , Celse, etc.) l'employaient pour désigner indifféremment toutes les ulcérations de la muqueuse et la gangrène même de la bouche.

C'est Yan Swieten qui, le premier, en restreignit le sens, l'appliquant uniquement à de petites ulcérations qui surviendraient dans la bouche, au niveau des follicules muqueux.

Dans le Compendium dé médecine se retrouve la même confusion des écrivains anciens, car on applique le mot d'aphthe à toutes les affections inflammatoires de la muqpieuse buccale.

Les auteurs contemporains, Grisolle, Tardieu, etc., s'accordent généralement k ne considérer l'aphthe que comme une simple ulcération superficielle et limitée de la bouche ; Simonet, et après lui Hardy et Béhier, eut font un herpès des muqueuses.

Cependant Worms, qui a consacré à cette légère affection une étude plus minutieuse, revient à l'idée de Van Swieten et, localisant Taffection à l'orifice des follicules muqueux, l'appelle acné des muqueuses. Ce qui, selon cet auteur, caractériserait l'aphthe, c'est l'exsudat de nature comme sébacée qui proviendrait du follicule muqueux lui-même frappé d'inflammation.

Pour nous, nous regarderons l'aphthe, avec Hardy et Béhier, comme une simple ulcération superficielle de la muqueuse, et le terme d'herpès des muqueuses rendrait exactement notre pensée.

En effet, l'interprétation de Yan Swieten reprise par Worms repose sur une erreur anatomique, c'est-à-dire sur l'existence supposée dans la bouche de glan* <ies ou glandules mucipares.

Nous avons déjà insisté plus haut sur ce point : la muqueuse qiîi tapisse las

lèvres et les joues ne contient, en fait d'appareil glandulaire, que des follicules

isolés qui sécrètent non un mucus, mais de la salive proprement dite. Cette

salive est même différente suivant les régions : ainsi, visqueuse et épaisse an

plancher de la bouche et sur la pins grande partie de la muqueuse, elle est

364 GENCIVES (pathologie).

claire et limpide au voisinage de rorifice du canal de Stënon à la face interne des joues.

Quant à la gencive proprement dite, elle ne contient aucune glande, ni mueipare, ni salivaire. A peine y trouverait-on vers Tinsertion du repli labial des glandules de la nature de celles des régions voisines.

L*aphthe doit donc être regardé comme une lésion de la surface de la muqueuse, sans participation quelconque des glandes.

La plupart des auteurs classiques ont admis dans Téruption aphtheuseles variétés discrète et confluente : la première est celle que nous avons uniquement eu vue dans cette description.

La seconde appartient à Thistoire de la stomatite généralisée. Nous la retrouverons cependant plus tard à propos de la gingivite de la grossesse, qui prend quelquefois la forme aphtheuse.

Le siège de la gingivite aphlheuse varie suivant différentes circonstances : chez Tenfant, c^est au sommet de la crête gingivale qu*on la rencontrerait avant le début delà première dentition; c'était Topinion de Celse, reproduite aujourd'hui par divers auteurs; chez Tadulte, la face externe de la gencive parait être exclusivement atteinte. Cela se conçoit du reste par les considérations étiologiques dans lesquelles nous allons entrer.

L*éruption aphtheuse ordinaire, celle que nous observons tous les jours, nous parait être, en effet, une affection d*origine purement locale. Elle reconnaît pour ^use la présence ou Tintroduction dans la bouche de divers corps irritants. Ce qui le prouve, c'est que Taphthc se produit précisément sur la partie de la gencive la plus exposée à ces irritants divers, sur la face externe chez l'adulte (tabac, pipe, aliments épicés, etc.) ; sur la crête gingivale chez l'enfant, où les manœuvres de succion pendant l'allaitement portent surtout leur action et oîi se manifeste également l'irritation provenant de l'éruption des premières dents.

Les choses ne se passent pas d'ailleurs autrement sur le reste de la muqueuse buccale, où l'on reconnaît également l'influence des irritants directs. Tout récemment encore nous observions un jeune homme qui portait constamment depuis plusieurs années des aphthes à la face muqueuse de la lèvre inférieure. Consulté un jour à ce point de vue, nous constatâmes en regard du siège habituel de l'éruption, sur le collet des dents antéro-inférieures, une forte couche de tartre que nous n'hésitâmes pas à considérer comme la cause de l'aphthe. La production calcaire fut enlevée, et depuis lors aucune éruption ne s'est montrée sur la lèvre.

Dans certaines circonstances un aphthe ainsi produit par irritation locale peut siéger sur l'orifice d'un canal excréteur d'une glande salivaire, l'orifice du canal de Sténon, par exemple, ainsi qu'il en a été rapporté à la Société de chirurgie par M. Terrier un cas qui avait été le point de départ d'une oblitération de ce conduit et de la formation d'un calcul {Bulletin$ et Mémoires, 1880, p. 37! ). L'aphthe suit dans sa marche deux phases très-distinctes : la période d'exsudation sous-épithéliale et la période d'ulcération.

La première est caractérisée par une petite vésicule arrondie, faisant un relief le plus souvent trè&-appréciable. Celte vésicule, d'abord rougeâtre et luisante, devient rapidement claire et transparente. En très peu de temps elle se distend et se déchire, laissant sortir un liquide incolore et ^reux. La poche une fois vidée, sa paroi épithéliale tombe, et alors apparaît la petite perte de substance, c'està-dire Vulceration ou mieux Yérosion de la muqueuse.

GENCIVES (pathologie). 365

Si nous voulons apprécier de plus près cette perte de substance, il est facile de nous convaincre par les bords de l'ulcération que celle-ci n'est pas profonde et qu*elle intéresse seulement la couche épithéliale. En Tessuyant bien, on voit nettement le derme avec toutes ses saillies papillaires. On peut à cet égard comparer l'aphthe à la brûlure du second degré ou à la vésication, dans lesquelles, comme Ton sait» Tépiderme seul se trouve détruit et le derme complètement mis à nu.

L'aphthe, de forme généralement arrondie, présente à peu près les dimensions d*une lentille, rarement il les dépasse, bien que les auteurs en aient cependant rapporté des exemples. C'est dans ces derniers cas qu'il peut revêtir le caractère des ulcérations syphilitiques d'avec lesquelles il est quelquefois fort difficile de le distinguer. Le fond de l'ulcère est le plus souvent recouvert d'un enduit grisâtre qui parait être formé d'épithélium en voie de desquamation, mêlé à quelques globules de graisse. L'éruption aphtheuse est ordinairement entourée d'un petit cercle inQammatoire rouge qui n'a pas de tendance à s'étendre.

Les symptômes de l'aphthe sont bien en rapport avec les lésions anatomiques. Nuls ou à peu près avant l'ulcération, ils deviennent au contraire très-accentués avec celle-ci. Les papilles du derme mises à nu sont le siège de vives douleurs, surtout lorsqu'on y pratique le moindre attouchement avec les doigts, avec les aliments, soit même avec la langue. C'est à tel point que souvent les fonctions de la bouche deviennent impossibles.

Ces douleurs durent jusqu'à ce que la réparation se soit efTectuée, c'est-à-dire quatre ou cinq jours en moyenne, lui'squ'ou n'a modifié l'allure de l'ulcération par aucune application topique.

La perte de substance se comble par la formation d'une couche épithéliale nouvelle qui prend tous les caractères de l'épithélium normal voisin, de sorte que l'ulcération aphtheuse ne laisse absolument aucune trace.

II est curieux de voir la rapidité de cette formation, à la suite d'une légère cautérisation de la plaie. Tout le monde a pu vérifier ce fait qu'un aphte touché le soir par un caustique était le lendemain complètement cicatrisé et n'occasionnait plus aucun symptôme.

L'aphthe est une lésion très-superficielle et qui reste toujours localisée. Dans les cas habituels, il n'a aucun retentissement dans le système lymphatique, ce qui pourra servir pour le diagnostic ; il ne s'accompagne pas non plus de phénomènes généraux.

C. GiKGiviTE PHLEGHONEusE. Cette vai'iété d'inflammation de la muqueuse gingivale n'a pas encore été, que nous sachions, décrite nosographiquement» ce qui tient sans doute à ce que les auteurs ont toujours cherché à établir des types étiologiques plutôt que des formes anatomiques. Hâtons -nous de dire cependant qu'elle était loin d'être méconnue, car la description qui a été faite de certaines gingivites spéciales, la gingivite mcrcurielle en particulier, en donne une idée assez nette. La désignation nouvelle que nous proposons n'a d'antre but que d'exprimer un état pathologique des gencives toujours identique à lui-même, indépendamment des conditions diverses qui le provoquent.

La gingivite phlegmoneuse a pour caractère essentiel une inflaninuition de toute l'épaisseur de la muqueuse gingivale, c'est-à-dire une phlegmasie fibramuqueuse généralisée avec tous les caractères de l'état phlegmoneux jusqu'à la suppuration et la destruction des tissus.

Il est bien entendu que nous ne voulons parler ici que de l'inflammation

i6d GENCIVES (pathologie).

propre de la gencive, et non pas des abcès qui se produisent sur un point isolé et limité de cette membrane. Ces derniers appartiennent en eflet à la description de certaines lésions dentaires ou osseuses sous la dépendance desquelles ils surviennent à titre d*épiphénomënes. La gingivite phlegmoneuse a une étiologie assez complexe : dans certains cas, elle succède à Tinflammation superficielle ou érythémateuse déjà décrite lorsque celle-ci n*a été modifiée par aucune intervention thérapeutique. C*est en quelque sorte un degré plus avancé, une phase de développement d*une forme primitivement plus simple. Nous aurons donc à rappeler ici toutes les causes que nous avons reconnues à la gingivite simple, les irritants locaux, la carie dentaire, les corps étrangers, les traumatismes, réruption de certaines dents et encore celle de la dent de sagesse inférieure. D'autres fois, Tinflammation phlegmoneuse frappe d^emblée la muqueuse |:io- |[ivale sans cause appréciable.

Enfin, c'est précisément cette forme qu'on retrouve lorsque certaines intoxications (mercure, phosphore, etc.) amènent un état inflammatoire de la bouche. C'est elle également qui sert de début à la gingivite gangreneuse dont nous aurons à parler ultérieurement. Le siège et l'étendue de cette forme de gingivite varient nécessairement avec la nature des causes qui l'ont produite. Mus ils offrent cette particularité que toujours une région assez étendue, souvent même la totalité de la muqueuse est atteinte. Lorsque la cause apparente est un état général ou une influence qui, bien que localisée, frappe toute la muqueuse buccale, comme Télimination de certains poisons, la totalité de la gencive est envahie et la gingivite n'est souvent que le début d'une stomatite généralisée. L'affection peut être au contraire limitée à une partie, à un seul côté d'une mâchoire, lorsqu'elle résulte d'une irritation comme, par exemple, celle que déterminent si souvent les troubles de la dentition. Ajoutons toutefois que, dans le cas de gingivite par cause locale, l'affection peut ultérieurement revêtir parfois la forme généralisée, ce qui donne lieu, lorsqu'on n'a pas assisté à la période -Ae début, à des erreurs de diagnostic et à des hésitations dans le traitement. Nous verrons même plus loin que la forme phlegmoneuse est souvent celle que revêt de préférence la stomatite dite ulcéreuse ou épidémique, au sujet de laquelle il conviendra de dresser, du reste, une enquête toute particulière au point de vue de son étiologie et de son mécanisme.

La gingivite phlegmoneuse se présente avec les symptômes objectifs suivants: Ce que l'on constate tout d'abord au début, c'est une sécheresse marquée de la gencive. Pendant cette période initiale, Tépithélium devient comme transparent, brillant, mais bientôt, soulevé par une exhalation séreuse, il se détache et tombe pour mettre à nu le derme enflammé. Celui-ci apparaît alors fortement épaissi, gonflé, surtout au niveau des languettes interdentaires qui sont soulevées et détachées des dents. Sa surface est grenue, piquetée et d'un rouge vif; cependant le bord libre, ainsi que les dents, ne se trouvant plus balayés par les lèvres en raison de l'inaction relative de la bouche, se recouvrent d'un enduit sale formé de débris alimentaires et de tous les produits de sécrétion et d'excrétion buccales. Dans toute son étendue la muqueuse enflammée est baignée par un liquide sén^ purulent :*lorsqu'on la touche, elle paraît être molle, dépressible, et saigne très-facilement au moindre contact. Nous n'avons enfin qu'à ajouter à tous ces signes une salivation plus ou moins abondante et une fétidité extrême de 11uk leine, pour avoir au complet les symptômes objectifs qui constituent raffectioa dans les cas moyens.

GENCIVES (pathologie). 367

A UD plus haut degré d*inteQsitë, les dents, en même temps que douloureuses, deviennent comme allongées, légèrement chancelantes, ce qui indique une propagation inflammatoire au périoste alvéolo-dentaire, c'est-à-dire un certain degré de périostite. Dans les circonstances plus graves encore, alors que, consécutivement, toute la bouche est ou va être envahie, Ijes lésions gingivales deviennent plus considérables et leurs complications plus sérieuses. G*est alors qu'on peut voir des ulcérations et des plaques gangreneuses comprenant une partie ou la totalité de l'épaisseur du derme, la chute J*une ou plusieurs dents, l'ostéite et la nécrose des maxillaires, des adénites parfois suppurées, etc.

Comme phénomènes subjectifs voici ce que nous pouvons noter : la douleur de la gencive, très-vive au début après la desquamation épithéliale, semble devenir ensuite plus profonde et plus sourde. Une fois atteintes de périostite, les dents se déchaussent, deviennent très-douloureuses, spontanément et surtout pendant les mouvements des mâchoires, le rapprochement des deux arcades dentaires, et sous l'influence des liquides froids ou chauds. Les ganglions engorgés sont eux-mêmes une source nouvelle de souffrances, à tel point que le malade ne peut plus ni manger, ni dormir. A ce degré d'mtensité de l'affection surviennent des phénomènes généraux, la fièvre s'allume, accompagnée de son cortège habituel, et amène une rapide prostration.

Dans les cas de moyenne intensité, la gingivite phlegmoneuse se borne à une suppuration généralisée de la gencive accompagnée d'une légère propagation inflammatoire au périoste et aux ganglions voisins. Elle guérit très-bien, sans laisser aucune trace, dans l'espace de huit à quinze jours. C'est la marche et la durée habituelles de la gingivite mercurielle qu'on rencontre rarement aujourd'hui à cet état d'acuïté où on l'observait autrefois. Parfois cependant, à ce degré d'intensité, l'affection ne guérit pas. Elle passe alors à l'état chronique, revêtant souvent la forme fongueuse; elle peut ainsi subsister pendant plusieurs années et oppose alors une très-grande résistance aux agents thérapeutiques.

Dans des circonstances plus rares, les dents atteintes tombent; des parties de maxillaires se mortifient et s'éliminent ; la gencive est par places complètement détruite. On comprend facilement qu'alors la physionomie de la maladie soit différente; par l'étendue des lésions et l'intensité des phénomènes généraux, elle peut devenir très-grave. Lorsque la guérison s'effectue, elle n'a lieu qu'au bout d'un temps quelquefois très-long, nécessité par la réparation des lésions osseuses, et laisse toujours après elle la perte des dents, la destruction d'une partie d'une mâchoire, avec tous les désordres et les inconvénients qui s'ensuivent.

Il va sans dire que dans cette étude de la marche, de la durée et du pronostic de la maladie, il faut tenir grand compte de l'état du sujet, de la pei'sistance de la cause et de la part de l'intervention thérapeutique qui, ainsi que nous le verrons, modifie parfois d'une façon immédiate l'allure de la maladie.

D. GiKGiviTE FONGUEUSE. Sous cc titre nous allons décrire une forme d'inflammation qui se caractérise par le développement à la surface de la gencive de ces végétations charnues, molles, irrégulières et mamelonnées, connues sous le nom de fongosités, et qui donnent à la muqueuse un aspect tout à fait spécial. Les fongosités qui se produisent dans ces circonstances ne diffèrent en rien de celles que l'on rencontre accidentellement à la surface des muqueuses en général frappées d'inflammation ou sur les plaies bourgeonnantes. Elles ont la même physionomie et la même structure anatomique. On les trouve enfin constituées

268 GENCIVES (pathologie).

par une masse de tissu embryonnaire qui, plus tard, passe à i*état de tissu conjonctif et qui contient un grand nombre de vaisseaux flexueux et terminés en anse, de façon à former un réseau très-serré. On s'explique ainsi la rapide turgescence de ces productions, et les hémorriiagies fréquentes dont elles sont le siège.

Elles peuvent apparaître soit dans le cours, soit à la suite d*une gingi^te quelconque indépendamment de la nature et de la cause particulières de cellfrci, de telle sorte que Tétat fongueux représente une variété des complications de la maladie primitive plutôt qu'une espèce pathologique nosographiquement définie. Cependant, comme la forme fongueuse de la gingivite se trouve parfois intimement liée tantôt à certaines conditions locales, tantôt à diverses influences générales, nous avons cru devoir en tracer une description spéciale, poar n'omettre aucun des aspects multiples que peut offrir la gingivite et pour nous conformer au cadre que nous nous sommes imposé au début de ces études.

La gingivite prend donc la désignation de fongueuse^ toutes les fois qae 1 on voit apparaître la production spéciale, la fongosUé, Toutes les variations d'inflammation gingivale peuvent la présenter, les plus simples, les traumatiques, par exemple (tartarique, des fumeurs), aussi bien que les graves (pblegmoneuse, ulcéreuse, toxique, etc.).

Le passage à Fétat de végétations des languettes interdentaires décollées el soulevées constitue la première phase de l'état fongueux. Consécutivement, les replis semi-lunaires antérieurs et postérieurs sont atteints et une région plus ou moins étendue, ou la totalité môme de la gencive, se trouve bientôt couverte de productions de ce genre.

Hàtons-nous de faire toutefois une distinction entre cette forme fongueuse de la gingivite et la production si fré4|uente de végétations soit au pourtour des fistules gingivales ou des dents cariées (caries du collet), soit au niveau des dents affectées d'ostéo-périostite alvéolo-dentaire. Dans ces circonstances en effet les fongosilés représentent des épiphénomènes ou des complications isolées» limitées, d'une lésion spéciale dentaire ou alvéolaire, et n'appartiennent en aucune façon à l'histoire de la gingivite proprement dite.

Quoi qu'il en soit, la gingivite fongueuse, telle que nous la décrivons, ne doit pas être, par conséquent, considérée comme une forme de début. Le plus souvent, en efTet, elle succède à une autre forme. Cependant l'état fongueui des gencives peut se produire parfois si rapidement, qu'il semble être apparu d'emblée. Ce processus doit alors être attribué à l'influence d'un état général* à une diathcse qui détermine ainsi la physionomie spéciale de ces manifestations multiples, aussi bien de celles qui ont les gencives pour siège que de toutes les autres.

L'état fongueux peut se produire dans des circonstances diverses, dont quelques-unes sont nettement déterminées. Nous avons indiqué tout à l'heure les différentes variétés de gingivites primitives ou secondaires qui peuvent revêtir ce caractère. Ajoutons encore les phénomènes de la sortie difficile de U dent de sagesse, cause si commune d'accidents de ce genre, les lésions osseuses ou périostiques des maxillaires, la présence de corps étrangers, pièces de prothèse ou appareils de réduction des difformités, etc.

Hais il en existe une autre non moins fréquente, c'est le passage d'une gingivite à l'état chronique, soit par la persistance de sa cause, ou par Tabsence de toute tentative thérapeutique, soit encore par l'intervention de complications

GENCIVES (PATHOLOGiB). 269

diverses. Ici, Tétat fongueux est une conséquence de la chronicité même de la maladie.

Enfin* il faut ajouter certaines influences qui, quoique bien différentes de caractère, produisent les mêmes effets; tels sont pour les jeunes sujets : la chlorose, Tanémie. C*est ainsi que nous avons vu, chez quelques jeunes cblorotiques, des gingivites fongueuses très-marquées et très-rebelles.

Le siège de cette forme de gingivite varie nécessaii*ement avec (les diverses influences qui peuvent la produire. Hais toujours, alors même qu*elle est née d*one cause limitée, comme, par exemple, Téruption de la dent de sagesse inférieure, Taffection occupe une assez grande étendue de la muqueuse gingivale. Rarement cependant elle est entièrement généralisée. Même dans le cas où elle est liée à un état général, elle semble surtout se localiser aux parties antérieures de la bouche et principalement à la face labiale de la crête gingivale.

La gingivite fongueuse une fois constituée se présente avec les caractères suivants : la muqueuse est considérablement épaissie; son bord libre, les languettes interdentaires surtout, forment un relief très-accusé sur le plan de Farcade dentaire et quelquefois le cachent en partie. Sa coloration générale est d*un rouge sombre avec une bande d*une teinte plus vive sur le bord libre. La surface, dépourvue d*épilhélium, a perdu Taspect poli de Tétat normal et est devenue granuleuse, exactement semblable en cela â une plaie couverte de bourgeons charnus ; et de fait, lorsqu'on la] regarde attentivement, on y distingue parfaitement de petites végétations mamelonnées que baigne un suintement purulent.

Le bord gingival est remarquable par son festonnemcnt et ses échancrures quelquefois très-profondes, au niveau des dents. Les parties décilives de ces irrégularités se recouvrent tantôt de tartre, tantôt de divers enduits buccaux dont la présence est favorisée par Tinaction des parties atteintes et l'impossibilité des soins de propreté. Au toucher, la gencive est molle, dépressible, et saigne avec facilité au moindre contact. Enfin, on trouve une légère fétidité de llialeine et une hypersécrétion salivaire, d'ailleurs peu marquée.

Ajoutons à ces phénomènes une douleur spontanée peu intense, mais notablement exaspérée par le contact des corps à température basse ou élevée.

Tel est, en peu de mots, le tableau de la gingivite fongueuse. Mais assez souvent, dans les cas d*une certaine intensité, ou après une longue durée, on peut voir survenir quelques-unes des compUcations que nous avons signalées déjà dans la forme phlegmoneuse et en particulier la propagation inflammatoire au périoste alvéolo-dentaire. Dès lors les dents deviennent douloureuses, chancelantes, et se déchaussent au point d'avoir leurs racines en grande partie mises à nu par la résorption des procès alvéolaires. Ces complications, qui aggravent l'état pathologique de la bouche, ne s'accompagnent cependant, le plus ordinairement, ni de phénomènes généraux, ni d'engorgements ganglionnaires voisins, et cela sans doute en raison de la lenteur de leur marche.

C'est qu'en effet l'affection possède une allure tout à fait particulière ; une fois bien établie, elle ne progresse pas ; elle reste stationnaire. A la longue cependant, le processus inflammatoire finit par se modifier; le bourrelet constitué par la gencive, primitivement mou et dépressible, devient dur et fibroîde, se cicatrise en quelque sorte et semble rentrer dans la variété de gingivite que nous allons décrire sous le nom d'hypertrophique. L'état fongueux persiste seulement sur le bord gingival, sous forme de

270 GENCIVES (pathologib).

liséré. C'est ce que nous avons observé plusieurs fois et tout récemment encore, dans un cas où l'afTection, d*origine rhumatismale, datait de seize ans. Il s*était peu à peu formé un bourrelet arrondi et résistant à quelques millimètres du collet, sur une grande étendue des arcades dentaires, tandis que le bord libre restait rouge, saignant et fongueux.

La durée de la maladie est le plus souvent sous la dépendance de l'état général qui l'a produite ou qui l'entretient, de sorte qu'en outre de l'interventioa locale dont nous aurons à parler plus loin, il conviendra au point de vue do traitement de bien saisir l'indication relative aux phénomènes généraux ou diathésiques.

E. Gingivite htpertrophique. Ce qui caractérise anatomiquement cette gingivite, c'est l'épaississement plus ou moins considérable de la muqueuse, c'est-à-dire le développement exagéré des éléments du derme, et par suite li formation de masses ou de bourrelets irréguliers doués d'une dureté et d'une résistance considérables à surface lisse et polie, bien différents d'aspect, ainsi qu'on le voit, des productions qui se rencontrent dans la forme fongueuse que nous venons de décrire.

Cependant, nous devons encore appliquer tout d'abord à la gingivite hypertrophique les réflexions émises au commencement de la description précédente; nous voulons dire qu'il s'agit ici d'un mode d*état ou d'une terminaison d'une forme inflammatoire plutôt que d'une espèce particulière. L'hypertrophie gingivale est, en effet, le plus souvent secondaire, et jamais elle ne se produit avec rapidité au point d'apparaître d'emblée.

Quoi qu'il en soit, ce qui justifie la place que nous lui donnons dans le cadre des gingivites, c'est qu'elle occupe constamment une région déterminée du bord gingival, la moitié même d'une ou des deux mâchoires, et non un point limité, ce qui constituerait une tumeur, un fibrome.

Anatomiquement, toutefois, ces deux états sont identiques, mais, tandis que le fibrome localisé obéit à un processus commun d'ailleurs à la plupart des tumeurs, la gingivite hypertrophique succède constamment à une autre forme antérieure, tantôt les variétés ulcéreuse ou phlegmoneuse, mais surtout Tétat fongueux lui-môme.

Au point de vue de la structure histologique, l'état hypertrophique des gencives^ est représenté exactement par un simple phénomène d'hypergénèse de l'élément analomique fondamental, composant le tissu, c'est-à-dire de l'élément fibreux. C'est ainsi que l'on retrouve dans l'épaisseur de la muqueuse ces faisceaux de fibres très-sen'ées, qui s'entre-croisent bOus diverses directions dans une sorte de feutrage et qui contiennent dans leur trame des noyaux fibro-plastiques, de< corps fusiformes, ou, si Ton veut, les éléments qu'on désigne sous le nom de cellules plasmatiques, pourvues de prolongements com.ne dans le tissu conjonctif normal. On y voit çà et là, mais principalement à la face profonde, quelques vaisseaux petits et amincis par suite de leur compression.

Les filets nerveux sont rares, comme dans la muqueuse normale. Ils ne participent en rien à l'hypergénèsii générale des éléin-ints. Enfin, la surface|>Ale , nacrée, est recouverte d'un épithélium qui paraît être normal ou qui n'a subi en tout cas qu'une faible augmentation d'épaisseur.

L'éliologie de la gingivite hypertrophique est en réalité assez insaisissable. Disons toutefois qu'on peut invoquer à cet égard les conditions de chronicité et de perniauence d'un état antérieur. Ce serait ainsi un autre mode de termi-

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naison, une ptiase ultime du même processus, une sorte de cicatrisation avec hjpergénèse des éléments fibreux au sein de la trame muqueuse. Il faut encore mentionner Tinfluence de certains états généraux, la goutte et le rhumatisme, par exemple, et diverses autres circonstances générales.

Dans nos observations, nous avons fait cette autre remarque que les sujets présentant cette forme de gingivite avaient tous Tâge de trente-cinq à quarante ans ; en outre, elle serait plus fréquente chez la femme que chez Thomme.

A r^ard du siège, Thypertrophie occupe assez rarement, ainsi que nous Tavons dit, toute l'étendue de la muqueuse gingivale, mais toujours cependant une région assez étendue et tout au moins le voisinage de plusieurs dents.

Mous Favons rencontrée pins fréquemment à la mâchoire inférieure; il est vrai de dire que cette prédilection s'observe également pour toutes les autres formes de gingivites. Enfin, c'est vers le bord libre que l'hypertrophie est le plus accentuée, au niveau du collet des dents, oïl lorsque celles-ci manquent, sur le sommet de la crête gingivale.

Dans les rares cas où l'afTection est généralisée, le bord libre de la gencive forme un bourrelet continu, quelquefois entier, plus ou moins saillant sur le plan Testibulaire de l'arcade dentaire. Ce bourrelet est lisse, poli, blanchâtre, rénitent, d'une dureté comme cartilagineuse. Mais le plus souvent, il faut le dire, l'hypertrophie ne se présente pas avec cet aspect régulier ; elle est plus accentuée à certains points, moins en d'autres, de telle sorte que la muqueuse atteinte présente alors une surface bosselée avec tous les caractères de couleur, de résistance, que nous avons d'ailleurs indiqués plus haut. La présence, en ce cas, de masses plus ou moins volumineuses, peut arriver à cacher en grande partie les dents.

 regard de ses symptômes, la gingivite hypertrophique ne provoque d'ordinaire aucune souffrance.

Par sa marche lente et progressive, elle peut longtemps passer inaperçue et se trahir seulement plus tard par de la gêne dans les mouvements et dans les fonctions. Mais, lorsqu'elle est constituée par des bourrelets volumineux, les dents adjacentes se dévient, deviennent douloureuses, présentent, en un mot, à titre de complications, par suite de la déviation et des déplacements qu'elles subissent, certains symptômes de périostite proprement dite. Les rapports des deux mâchoires peuvent en outre être plus ou moins troublés. Ajoutons que, lorsque Thypertrophie siège en avant, elle peut constituer des difformités parfois très-grandes.

En ce qui concerne la marche de cette forme particulière, nous avons considéré la gingivite hypertrophique comme l'une des étapes et, si l'on veut, la dernière des phases suivies par le processus inflammatoire.

Aussi a-t-elle pour caractère de rester stationnaire ou de progresser indéfiniment, mais toujours avec une grande lenteur.

Le traitement de la gingivite hypertrophique, bien que se rattachant toujours au système que nous établissons plus loin, en méthode générale, c'est-à-dire l'emploi de l'acide chroraique, peut réclamer souvent l'intervention de moyens sinon plus efficaces, du moins plus prompts dans les résultats.

C'est ainsi que nous conseillerons dans la destruction des masses morbides soit les cautérisations ponctuées traversant les tissus et amenant leur mortification, soit l'ablation par le galvano ou le thermo-cautère, sauf à poursuivre les parties profondes avec l'agent habituel, l'acide chromique employé à dose éner-

27S GENCIVES (patholocib).

gique. Nous n'insisterons pas d'ailleu» sur ce point qui sera développé à propos du traitement.

TROISIÈME GROUPE. GINGIVITES TOXIQUES. Les gingivites toxiques constituent, au point de vue de la classification nosologique, un groupe trèsimportant et parfaitement homogène, en raison des conditions spéciales qui en amènent la production, c'est-à-dire de la communauté de leur origine, de leur marche, de leur durée. Et cependant on ne peut, à proprement parler, les considérer comme ime série de formes inflammatoires nouvelles, car elles affectent les différents aspects, les divers modes d*ctat qui nous ont été décriu dans les paragraphes précédents. C'e^t ainsi que chacune d'elles peut parcourir les mêmes phases que les inflammations traumatiques ou essentielles quelconques.

Le seul point qui les distingue, c'est qu*elles sont le résultat de l'introduction dans l'économie de certaines substances toxiques.

Elles présentent donc entre elles, au point de vue de leurs caractères, des ressemblances très-grandes, bien qu'il soit encore possible sinon de les distinguer de prime abord, du moins de saisir quelques nuances spéciales dépendant de telle ou telle variété d'intoxication.

Les substances que nous avons à signaler dans cet ordre de recherches, celles qui ont été mentionnées par les auteurs, sont le plus ordinairement certains poisons minéraux : le mercure, le phosphore, le nitrate d*argent, et quelques autres encore.

Nous allons les passer successivement en revue et faire l'histoire de leurs effets pathologiques sur la muqueuse gingivale, en insistant principalement toutefois sur les relations étiologiques spéciales, et sur les conditions de do^e qui se rattachent à chacune d'elles.

A. Gingivite mercdrielle. Cette gingivite étant souvent la seule et en tout cas la première des manifestations de l'intoxication mercurielle, elle a dèi longtemps attiré l'attention des observateurs. Toutefois ceux-ci ne l'ont réellement bien connue que dès Tépoque où le mercure fut introduit dans la tliétipeutique des affections syphilitiques. Au début même de .cette méthode, l'hydrargyrisme buccal était intentionnellement provoqué et devenait la mesure du tnitement. Aussi le poussait-on à ses dernières limites, à la stomatite généralisée et quelquefois jusqu'à la chute des dents.

De nos jours, les manifestations buccales du mercure ne sont plus reconnues nécessaires dans un traitement rationnel.

Mais il n'en reste pas moins vrai que l'apparition de la gingi\ite est, pour le clinicien, un indice, un critérium de l'intensité du traitement et même la première indication formelle de l'atténuer ou de le suspendre.

L'hydrargyrisme buccal se rencontre dans toutes les circonstances où une certaine quantité de mercure a été absorbée par quelque mode que ce soit. C est ainsi qu'on le trouve chez les ouvriers employés à l'extraction et aux manipulations du métal, les étameurs de glace, les doreurs au feu, les constructeurs de baromètres, de thermomètres, les appréteurs de peau, les chapeliers, etc., et chez les personnes qui, dans un but thérapeutique ou autre, font usage de mercuriaux.

Toutes les préparations contenant du mercure peuvent la produire. La plupart des auteurs ont avancé qu'entre toutes celles où le composé est à l'état insoluble sont à cet égard les plus actives. Tels seraient le calomel, l'onguent napoli-

GENCIVES (pathologie). S73

tâin, etc. Selon nous, la nature du composé importe peu; tout dépend de la quaolité du mercure absorbé. Si les préparations insolubles — et nous avons surtout eoTue ici les deux précédemment citées, — se trouvent le plus souvent en cause, c*est qu elles sont administrées beaucoup plus fréquemment et à plus forte dose qae toute autre.

Nous pensons même que les composés solubles sont beaucoup plus énergiques et beaucoup plus rapides dans leurs effets. Pour en avoir la preuve, il suffit de parcourir rfaïstoire des empoisonnements mercuriels.

Jkas nu cas suivi de mort au quatrième jour, par la prise de 8 grammes de sublimé, les gencives se sont montrées tuméfiées, manifestement enflammées quatre heures après Tingestion.

Dausunautre fait également suivi de mort, rapporté par Hénocque, 60 grammes de sublimé avaient été avalés, et le lendemain on constatait une gingivite gangréoeuse.

Vidal nous a laissé Thistoire d'un cas de mort survenu le neuvième jour, après de larges frictions faites sur la peau au nitrate acide de mercure. Dès le troisième jour, toute la muqueuse buccale était rouge et tuméfiée.

Des fumigations au cinabre ont déterminé de la gingivite au bout de trois heures.

Toutes les préparations mercurielles peuvent donc produire Thydrargyrisme buccal, pourvu qu'une certaine quantité de mercure soit absorbé.

Lecalomel administré à dose fractionnée suivant la méthode de Law produit de la gingivite vers le deuxième ou le troisième jour. Si on le donne à doses massives comme purgatif, son absorption est entravée par l'action purgative elle-ffléme et il reste sans effet sur la muqueuse buccale.

L'onguent mercuriel, souvent mal titré, employé sans beaucoup de méthode, estpeut^tre la préparation qu'il faut le plus incriminer; 2 ou 4 grammes en frictions sur une grande surface suffisent pour amener des phénomènes inilamniatoires sur les gencives, dès le lendemain ou le surlendemain.

Le protoiodure, à la dose de 10 à 15 centigrammes, agit dans le même sens au quatrième ou au cinquième jour.

Nous n'en finirions pas, si nous voulions poursuivre cette étude pour chaque préparation mercurielle.

Aussi nous bornerons-nous à répéter que d'une façon générale elles peuvent toutes produire l'hydrargyrisme buccal et qu'elles sont à cet égard d'autant plus actives qu'elles sont plus facilement absorbables.

Paiement, il convient de tenir grand compte de la susceptibilité individuelle qoi peut être extrêmement variable. Ainsi, on a vu une seule et légère friction d'oflguent gris déterminer la stomatite, tandis que chez d'autres sujets l'usage prolongé des mercuriaux, sous quelque forme qu'on les ait administrés, et à des àosesparlois élevées, n'a pas même provoqué la salivation.

Le mode d'action du mercure, dans ces circonstances, est encore assez mal déterminé. Puisque l'effet est produit aussi bien par une friction sur la peau que par une ingestion dans les voies digestives, il est évident à priori qu'il s'agit ici d'une action après absorption. On admet généralement que la substance toiique une fois introduite dans l'organisme est éliminée par les glandes en grappes et que c'est par son passage dans les glandes salivaires qu'elle déterniiae l'inflammation de la muqueuse buccale. Cette théorie est loin de nous satisfaire : le processus inflammatoire restant, en effet, la plupart du temps

ttCt. ESC. i" 8. VIL 18

374 GENGIYES (fatbologie).

locaKsé à la geociTe et en tout cas éâiutant oenstamment sur ce point, oommeiH expliquer la production de Tinflammation sur une membrMie qui, comme la gencive, est abschiment dépourvue de toute espèce de glandes? Loin de nous ridée de vouloir mettre un seul instant en doute l'action du mercure sur les glandes salivaires ; nous avons nous-raême bien souvent remorqué que Thypersëcrétion de la salive précède toute Msion appréciable de la maqueose. Seul(s ment, nous pensons que, lors de son élimination, le métal agit sur tonle h surface de la muqueuse, aussi bien sur les parties dépourvues de glandes que sur celles qui en renferment. Or, puisque la genoive est précisément la première et la seule atteinte, le ptyalisme surviendrait ainsi tout d*abord k titre d'excitation fonctionnelle ; puis ce serait Faction irritante directe de la salive chargée d'élëmeuts mercuriels qui déterminerait Tapparition de lésions anatonnques sar le bord gingival et par continuité aux autres parties de la muqueuse buccale. G*est ainsi que, dans les empoisonnements aigus produits surtout par ringestioB de préparations mercurielles solubles, les lésions inflammatoires apparaisseot, comme nous l'avons vu, après quelques heures sur les gencives, et se généralisent rapidement à toute la cavité buccale.

Mais ce n est pas là qu'il faut chercher le type de Thydrargyrisme bucoi ordinaire. Celui-ci se retrouve dans le cas d'administration médicamenteuse, à l'occasion de tout traitement raercuriel externe ou interne, dirigé contre la syphilis, les péritonites, les affections parasitaires.

Dans ces circonstances, il commence par une légère salivation aussitôt suivie de gingivite. Celle-ci débute ordinairement de chaque côté de la mâchoire inlérieure, se propage de là à la région antérieure, puis consécutivement atteint la mâchoire supérieure. La phlegmasie ne reste pas toujours bornée à la gencive. Suivant le de^ré d*intoxication, selon, en un mot, la dose absorbée, elle gagne par propagation les parois de la cavité buccale et jusqu'au pharynx. Dans ces caftf U langue peut devenir volumineuse au point de ne pouvoir plus être contenue dans la bouche et de faire saillie au delà des arcades dentaires.

En même temps un gonflement considérable envahit les glandes salivaires, les ganglions lymphatiques sous-maxillaires et la face entière qui pi^cnd dès lors une physionomie caractéri^tique. Mais hâtons-nous de dire que cette généralisation est fort rare. Aujourd'hui, surtout avec la réserve que l'on apporte dans \t traitement mercuriel, on n'observe le plus souvent qu'une gingivite peu étendoe, Mjant pour siège de prédilection les parties antérieures et les côtés de> deux mâchoires. Tel est l'hydrargyrisme buccal ordinaire.

Cette physionomie du mode de début et de propagation de la gingivite mercurielle est d'ailleurs commune à toutes les formes, et nous avons déjà insisté sur ce fait que la plupart des stomatites décrites par les auteurs ne sont que de^ inflammations gingivales.

La gingivite prend ici d*emblée les caractères de la forme phlegmoi!eu?e aigué que nous avons déjà décrite. Ajoutons cependant que, plus que dans nulle autre variété, les gencives peuvent se tuméfier et acquérir un voUime considérable, au point de cacher entièrement par leur saillie l'arcade dentaire.

Comme la gingivite essentielle l'inflammation mercurielle, par le fait d'une intoxication plus grande, ou à cause de certaines dispositions individuelles qui eo modifient b marche, peut quelquefois devenir promptemeut ulcéreuse ei mente gangreneuse. C*est alors que Ton voit survenir d'autres complications du côte' tdes mâchoires et des dents des pertes de substance du bord gingival, des déno*

6ENGIY£S (pathologie). 975

datioDSOAseases» la périostite du maxillaire, mais surtout l'inHammation du périoste ahëolo-deotaire qui donne Texplication des déviations, de i*ébranlement et de la choie des dents. Ces désordres, auxquels il faut joindre les engorgemeols ganglionnaires considérables et un retentissement profond sur l'état général , phénomènes rares aujourd'hui, avons-nous dit. ont provoqué autrefois la mort de beaucoup de malades, ou ont laissé chez ceux qui survivaient des cicatrices Ticieuses qui dé£guraient la face, gênaient ou entravaient les fonctions buccales. BeUliTemeot à ses symptômes, la gingivite mercuriellenous présente quelques caractères particuliers qui ne sont pas sans importance au point de vue du diagnostic. Telle est d'abord la saveur métallique perçue par le malade au début de raiïectioo. Plus tard, l'haleine exhale une odeur fétide spéciale pathoguomonique que l'on reconnaît aisément et qui ne se rencontre à ce degré dans nulle autre inflammation essentielle de la bouche.

L'bjpersëaétion salivaire enfin atteint ici son plus haut degré. Le malade a beanœup de peine à ne pas laisser écouler hors de la bouclie sa salive qui e^t fluide, d'une odeur fade, et dont la quantité peut s'élever à plusieurs litres dans Jes viiigt-qoatre heures.

La gingivite mercurielle ordinaire se termine habituellement par la guérison. Abandonnés à eux-mêmes en dehors de toute intervention thérapeutique, après la cessation du traitement provocateur, tous les accidents disparaissent au bout (le cinq ou six jours. Dans les cas de moyenne intensité, ils ont une durée de quinze ï vingt jours. 11 n'est pas rare cependant de voir la salivation pcrsister encore quelque temps après la guérison des altérations gingivales. Dans quelques cas, Taflection se termine autrement; elle passe à l'état chronique, revêtant alors la forme fongueuse et la physionomie particulière que nous allons voir dans l'intoxication lente ou professionnelle. C'est ainsi que nous avons ni parfois des gingivites fort rebelles aux traitements les plus actifs, datant de plusieurs années et ne reconnaissant d'autre cause que quelques frictions d'onguent mercyriel.

Cbez les ouvriers employés à l'extraction du métal ou à la manipulation des composés mercuriels, la maladie débute par un état subaigu si peu accentué qu il passe souvent inaperçu. Elle apparaît alors aux lieux d'élection déjà indiqués, n'occupant qu'une partie de la hauteur de la gencive à partir du bord libre où on la trouve toujours à son maximum d'intensité. Elle prend la forme phle^oneuse simple compliquée de quelques fongosités et subsiste ainsi indéfiniment, subordonnée quant à sa durée à la continuation du même genre de ^vaiJ de la part du malade.

Le traitement n'a rien de particulier; il est d'usage dans la pratique journalière, après avoir supprimé le meroure, de soumettre le malade au chlorate de potasse. Nous ne pensons pas que cet agent soit ici d'une efficacité thérapeutique spéciale. Nous serions plutôt tenté de partager l'avis de M. Lasègue et de quelques autres auteurs, d'après lesquels le chlorate de potasse ne serait uti)e contre les inflammations de la bouche d'origine mercurielle que donné concurreaament avec les mercuriaux dont il diminuerait considérablement l'action. «Nous d<mneroQ8 d'ailleurs plus loin quelques preuves de son insuffisance dans une autre variété de l'inflammation gingivale due aux agents toxiques.

Le mode de traitement que nous préconisons d'une façon générale pour toutes les gingivites, c'est-à-dire l'emploi de l'acide chromique, est, ici surtout, le meilleur et le plus inoffensif. Nous y reviendrons à l'article Traitemem, mais disons

S76 GENGIYES (pathologie).

de suite que nous proscnYons d'une façon absolue les préparations aluninées et divers acides minéraux qui sont encore (surtout Tacide chlorhydrique) journellement employés et recommandés dans la plupart des ouvrages classiques. L*un de leurs plus sérieux inconvénients est qu'ils produisent des effets désastreux sur le système dentaire. On verra que Tacide chromique préparé chimiquement pur, ainsi que nous le dirons, et employé d'une certaine manière, ne présente aucun de ces dangers que nous nous bornons à signaler en ce moment.

B. GuvGiviTE PHOSPuoRiQUE. Nous appliquous le terme de gingivite phosphorique à un état inflammatoire de la muqueuse gingivale que peut produire l'usage, interne des préparations phosphoréeâ.

Introduit dans la thérapeutique par Kimckel en 1721, le phosphore a été bien souvent depuis employé tantôt avec succès, tantôt sans résultat, contre un grand nombre d'affections.

On sait qu'il n'est plus guère prescrit aujourd'hui que dans certaines maladies du système nerveux, notamment les paralysies et l'ataxie locomotrice*

En France, dans ces derniers temps, quelques médecins l'ont beaucoup étudié à ce point de vue. Tels sont Tavignot, Delpech, Galavardin, Dujardin-Baumetz, Ranvier, Lécorché, Lasègue. Il fait en outre l'objet d'un certain nombre de thèses parmi lesquelles nous citerons celles de MH. Chaumier (1859), Chapuxot (186G, Mauquier (1868), Moris 1868), Landrieux (1868), Serée (1868), Reulos (1868), Poirot (1869, Leboucher (1872), Bordenave (1873), Lemaire (1875).

Mais la plupart de ces auteurs ne mentionnent nullement l'influence nocive da phosphore sur la muqueuse buccale.

Quelques-uns cependant nous paraissent ne pas l'avoir tout à fait méconnue, bien que leurs écrits soient peu explicites à cet égard.

C'est ainsi que Delpech, au dire de H. Reulos qui a recueilli dans le service de ce dernier les observations de sa thèse inaugurale, avait depuis longtemps fait cette remarque qu'à la suite d'une administration un peu prolongée, ou sous l'influence de doses élevées, le phosphore détermine certaines lésions buccales et surtout l'ébranlement et le déchaussement des dents, et même, comparant les effets de cet agent thérapeutique à ceux du mercure, il considère cet ébranlement des dents comme le signe révélateur de l'intensité du traitement phosphore, de même que l'apparition de la gingivite règle d'ordinaire le ooun d'un traitement, hydrargyrique. Au reste, daus l'observation de quelques-uns de ses malades traités par le phosphore, M. Reulos signale, en outre de l'ébranlement des dents, un état fongueux, saignant quelquefois, ulcéreux, des genaves. Nous sommes porté à croire que, si son attention eût été plus souvent dirigée sur ce point, la gingivite lui eût paru sinon constante, du moins très4réquente.

De leur côté, MH. Lebert et Wyss (de Breslau) font figurer au nombre d^ symptômes de l'empoisonnement aigu par le phosphore la rougeur et l'injection de la gorge, la douleur, la tuméfaction des gencives, la fétidité de l'haleine, état, disent-ils, qui rappelle le scorbut.

Dans ses commentaires thérapeutiques du Codex, Gubler signale à différentes reprises les lésions que le phosphore peut déterminer sur la muqueuse gingivale. S'appuyant sur certaines observations de H. Voisin, il dit que de petites doses (i à 10 milligrammes au plus) peuvent provoquer après absorption une légère gingivite avec déchaussement, surtout au niveau des incisives. Ailleurs, il invoque l'état fongueux des gencives comme une preuve de la friabilité et du ramollissement que le phosphore imprime aux tissus.

GENCIVES (pathologie). 277

D'autre part, on sait que c'est aux travaux de MM. Curie et Vigier qu'est due j'iotrodoction dans la thérapeutique du composé phosphore le plus ordinairement employé aujourd'hui, le phospkure de zinc» Mais, chose surprenante, ces deox autears,qui ont fait de cet agent une longue étude physiologique et expérimentale, ne mentionnent pas au nombre des phénomènes observés les lésions gingivales qui avaient frappé l'attention des auteurs précédents et que nous avons noos-méme observées d'une façon si nette. C'est pourquoi, désirant nous renseigner plus complètement à cet égard, nous avons consulté H. Vigier. Celui-ci, dans une note qu'il a bien voulu nous remettre, nous a répondu qu*il considère comme un fait très-extraordinaire l'accident buccal que nous avons vu se produire sous l'influence du phosphure de zinc, et il ajoute que personnellement il n'a jamais rien constaté d'analogue, ni dans des expériences physiologiques, ni sur les nombreux malades qu'il a vu traiter par ce médicament.

Nous ne pouvons cependant mettre en doute la réalité de l'existence d'une gingivite phosphorique. L'exemple que nous avons observé, joint à l'opinion de Delpecb, aux faits publiés par M. Reulos et aux assertions de Lebert et Wyss, de Gubler, etc., l'établit, ce nous semble, d'une façon irrécusable.

11 est bien entendu que nous ne voulons parler ici que des effets produits après l'absorption du poison. L'irritation de la muqueuse buccale par le contact direct des préparations phosphorées, et cet autre accident spécial, la nécrose des màéoiresy dite phosphorée, qui reconnaissent pour cause l'une et l'autre un certain mode d'action du phosphore, ne rentrent pas dans notre cadre.

Le mécanisme de production de ces phénomènes gingivaux est encore bien peu conna ; nous 'pensons toutefois qu'il ne doit pas différer de celui que nous avons indiqué à propos de la gingivite mercurielle et qui paraît être d'ailleurs common à toutes les gingivites toxiques.

En ce qui regarde la symptomatologie de cette forme, nous nous bornerons à dire qu'elle est en tous points comparable à la gingivite mercurielle. Une obser- ^tion très-détaillée que nous en avons publiée (Gazette des hôpitaux^ 1878, P* 8i4) en trace les caractères, la marche et la guérison par les applications d adde chromique, après insuccès complet de chlorate de potasse à haute dose ^des astringents divers. C'est avec la gingirite mercurielle le type de la forme phlegmoneuse. Elle représente donc un accident dont le médecin devra toujours tenir compte dans l'emploi thérapeutique des préparations phosphorées.

C* GoTGfviTES TOXIQUES DIVERSES. Nous vcuons de voir les effets que produisent sur la muqueuse buccale le mercure et le phosphore. D'autres substances peuvent encore figurer à côté de ces dernières, et compléter le cadre des gingivites toxiques. Tels sont, parmi les agents minéraux, l'argent, le cuivre, l'arsemc, l'iode et quelques autres encore ; et parmi les substances végétales la hdtsine, le jahorandi, etc., etc.

C'est â peine si les auteurs ont signalé les manifestations gingivales dont nous parlons. Elles nous ont paru dignes d'être notées et nous allons donner brièvement an aperçu des principales :

Delà gingivite argyrique. Les préparations argentiques sont connues depuis longtemps pour produire, à la suite d'une administration longtemps prolongée, une coloration spéciale jaune olivâtre sur certaines parties du corps. C'est évidemment là on phénomène qui accompagne l'élimination de la substance. I^'après les recherches récentes de M. Huet, ce phénomène serait dû au dépôt de granulations de métal pur, par suite de la réduction des composés adminis-

278 GENCIYES (patiologie).

très. Au poiat de vue de leur situation anatomique, ces particules métalliques seraient distribuées à la périphérie des capillaires sanguins i comme si elles en étaient sorties par une esfhce de diapédèse.,. disséminées à Télat de corps étnnger dans la trame du tissu, et particulièrement dans les interstices des fibres lamineuses >. L'auteur de ce travail auquel nous empruntons cette citation, poursuivant ses investigations au point de vue du siège précis de ces dépôts, se serait assuré que ceux-ci sont tout à fait indépendants de la couche épithéliale. Les granulations seraient pour ainsi dire incrustées dans le derme. C'est prabiblement à cause de ce fait que rien ne peut enlever la coloration argentique, ni la cyanure de potassium, ni même les vésicatoires.

Il ne faut voir dans cette coloration que le premier terme des effets de Targent introduit dans Téconomie ; car le métal peut produire en outre de véritables phlegmasies des tissus. Celles-ci ont le plus souvent pour siège la peau (érythèrae papuleux, Bail et Charcot) et plus exceptionnellement la gencive ; elles se mon tient sous la forme d*une inflammation simple de cette membrane. Toutefois cette gingivite ne se trouve point signalée dans les divers travaux qui ont été publiés sur la médication ai^gyrique. Et même dans une récente étude des lisérés gingivaux d*origine métallique, M. Chaillou a pris soin de noter qu*il a toujours rencontré indemne de toute inflammation la gendre colorée par l'argent.

Nous ne connaissons encore, dans cette variété étiologique d'altérations gingi vales, que deux faits observés par M. Guipon (de Laon).

L'un est celui d'une femme hémiplégique qui en soixante jours prit, sous la forme pilulaire, 4>',i6 d'azotate d'argent. Ce traitement dut être suspendu à l'apparition d'une inflammation de la muqueuse buccale caractérisée i par la tuméfaction des gencives d'un rouge sombre avec liséré violet près des dents, el une très-grande sensibilité de la bouche, surtout à la chaleur; par l'odeur métallique non fétide de l'haleine sans salivation, avec teinte ardoisée des incisives supérieures, depuis quelque temps », la peau cependant ne présentait encore aucune coloration anormale.

L'autre cas est également relatif à une femme soumise depuis longtemps aux mêmes préparations et chez laquelle M. Guipon observa encore les phénomènes d'irritation buccale que nous venons de rapporter.

Dans l'un comme dans l'autre, la suppression temporaire dn traitement et l'emploi de simples collutoires borates et gommeux avaient suffi à enrayer l'aflection buccale.

D'après les deux citations de H. Guipon on voit déjii que cette variété de gingivite parait avoir une parenté très-grande avec les deux dernières que nous avons précédemment étudiées. Nous voulons dire qu'elle représente, comme celle-ci, un phénomène consécutif à l'absorption des composés d'argent et i leur passage dans le torrent circulatoire.

Quant à la dose d'argent qu'il faudrait atteindre pour produire ces accident» buccaux, nous ne saurions la fixer. Ce qui nous parait d'ailleurs avoir le plus d'importance sur ce point, c'est la durée du traitement. Or, pour réaliser cette condition, il faut, comme on le pense bien, que les doses soient très-faiUes, afin qu'elles soient tolérées par le tube intestinal.

Ici encore, comme nous l'avons fait à propos du mercure, il convient d'apprécier les composés administrés par la quantité de métal réduit qu'ils peuvent laisser dans l'économie. C'est qu'en effet, d'après les recherches de H. Huet et

GENCIVES (pathologie). S79

de la plupart des anteurs qui Toat précédé dans cette étude, les phénomènes de rargTrie soDt dus au dépôt de particules de métal pur ; mais le mode de réductioB de Tardent n*est pas encore dans ce cas parfaitement établi.

Nous n'insisterons pas sur les symptômes ni sur les caractères de la gingivite argjriqne. Le fait dont nous avons rapporté plus haut les principaux traits nous tieadra liea de description. Ajoutons cependant que les détails qui accompagnent la relation de ce cas, Tabsence de salivation, Todeur métallique non fétide de rhaleioe, nous permettent, jusqu^à un certain point, de distinguer cette variété d'iuilammation gingivale des autres gingivites, et notamment de la mercurielle. Ed résumé donc, il faut admettre la réalité de l'existence d'une gingivite argyrique. et cette conclusion doit mettre en garde les médecins contre les acodeots qui peuvent résulter de l'administration intérieure trop longtemps prolongée des préparations d'argent.

De la gingivite cufnique. Plus fréquemment que l'argent, le cuivre produirait une inflammation des gencives, mais ce n'est plus, comme da ns les cas précédfflts, à la suite de l'administration médicamenteuse du métal ou de ses composés que cette forme d'inflammation gingivale a été observée. H. Galippe ne Ta jaoïais constatée dans ses nombreuses expériences.

Les cinsonstances qui seraient de nature à la produire sont celles qui résultent des diverses manipulations du métal ; ce serait une aOection industrielle. C'est ea effet chez les ouvriers brunisseurs, polisseurs, tourneurs de cuivre, que Corrigan et M. Bailly l'ont renconb*ée et décrite.

Seulement, en raison même de cette particularité d'origine, quelqu es auteurs la considèrent comme une lésion purement mécanique provoquée par ce dépôt de poussières métalliques venant de l'extérieur. Telle est, en particulier , TopinioQ exprimée par M. Bucquoj devant la Société médicale des hôpitaux, dans la. (iiscussion qui suivit sa lecture du mémoire de H. Bailly.

C«nrigaa, Martin-Solon et M. Bailly soutiennent au contraire que Tinflamma flttlioa gingivale est bien le résultat du cuivre absorbé, entraîné dans l'organisme et déposé par voie de retour dans les parties enflammées. La coexistence ^ Mquente du liséré et de la phlegmasie cupriques viendrait à l'appui de cette dtfnière idée. Ces deux ordres de lésions doivent évidemment se rattacher à la iBtee canse, au même mécanisme de production. Or il semble aujourd'hui ^l>Ui qne les colorations métalliques des gencives sont dues à des dépôts de S^Miations entraînées par le torrent circulatoire et laissées dans la trame des tissas» au-dessous des couches épithéliales. Nous sommes tenté d'admettre avec ks denûers auteurs cités que la gingivite eupriqne est d'origine interne; elle ^'^pe ainsi légitimement la place que nous lui avons donnée dans la classe <ia gingivites toxiques.

On doit rencontrer assez fréquemment cette variété d'inflammation gingivale, poûque, selon M. Bailly, neuf ouvriers sur dix la présentent parmi ceux qui ^t occupés aux diverses manipulations du cuivre.

EUe aiïecte toute retendue de la gencive; cependant elle se montre plus intense sur le bord libre, par suite probablement du manque de soins de propreté. Gonune dans tous les états chroniques, elle prend les caractères anato- 'H^Ks de la forme dite fongueuse. Chez les vieux cuivreux, les dents se ^l^usaent progressivement et finissent par tomber. Tel serait l'aspect de la gingivite cuprique. D'autres agents minéraux, avons-nous dit, sont susceptibles de produire aussi

280 GENCIVES (pathologib).

la gingivite : l'iode, Tarsenic, le cyanure de potassium. Les effets de ces diverses substances sont depuis longtemps signalés sur les muqueuses buccale, pharyngienne et nasale, où ils se traduisent par des phénomènes d'irritation qui ont été surtout remarqués à la suite du traitement par les préparations iodiques. Il n'est donc pas surprenant que les phénomènes se propagent dans certains cas par contiguïté à la muqueuse buccale et cela au même titre et par le même mécanisme que le mercure, l'argent, le phosphore et le cuivre.

Parmi les substances organiques, nous avons indiqué la fuchsine et le jaborandi.

Pour la fuchsine, il résulterait des expériences de M. Fellz et Ritter (de Nancy) que cette substance produirait au bout de quelques jours chez l'homme un état prurigineux, puis une légère tuméfaction des gencives.

MM. Bergeron et Glouet sont, de leur côté, arrivés à des résultats différents. L*un d'eux a pris 8 grammes de fuchsine en seize jours et il n'a éprouvé ni tuméfaction des gencives ni la moindre hypersécrétion salivaire. Us pensent qae la fuchsine pure est inoffensive et que les effets constatés par les expérimentateurs de Nancy ne sont dus qu'à des impuretés de la substance administrée.

Nous ne prolongerons pas cette enquête sur les substances ou les médicaments qui peuvent accidentellement ou habituellement entraîner la production d'une phlegmasie gingivale. La liste serait longue sans doute, mais sans intérêt en dehors des formes précédentes. Signalons cependant en terminant le jaborandi, ce précieux médicament sialagogue que l'on a accusé, lui aussi, de produire un certain degré de gingivite proportionnel à la dose employée.

Cependant la plupart des auteurs qui l'ont préconisé n'ont pas signalé cet inconvénient qui ne saurait résulter vraisemblablement que de doses trop élevées, et de l'excitation excessive des glandes salivaires avec propagation à la muqueuse buccale.

QUATRIÈME GROUPE. GINGIVITES SPÉCIFIQUES. Dans cette dernière division des gingivites, nous classerons les variétés d'inflaounation gingivale survenues sous la dépendance d'un état général ou d'une diathèse qui en domine particulièrement l'expression morbide. La gingivite deviendrait alors l'un des signes carte^ téristiques de la maladie générale. C'est là un fait démontré en ce qui concerne la gingivite scorbutique, mais il est moins bien établi pour les autres formes que nous allons mentionner. On verra en effet les réserves que nous formulons au sujet de la gingivite ulcéro-membraneuse et de celle des femmes enceintes. Pour ces deux dernières, la spécificité est loin d'être prouvée, et ce n'est en définitive que pour nous conformer à la tradition que nous les avons conservées dans cette division.

A. Gingivite ulcéro-membraneuse. Cette forme de gingivite caractérisée par la présence d'une ulcération avec desquamation épithéliale formant des psead<H membranes n'a rien de commun avec la maladie dite stomatite diphthéritiqae, laquelle n'est pas à proprement parler une stomatite (voy. Diphtuérib).

La forme en question est celle qui a été décrite sous les noms de stomatiU ulcéreuse épidémiquey stomatite ulcéro-tnembraneuse des soldats.

La première mention qu'on en trouve dans les auteurs appartient à Desgenettes qui l'a observée au début de la campagne d'Italie, en 1793. Lan*ey, de son côté, l'a signalée vers la même époque dans l'armée des Alpes maritimes, puis Montgarin à l'armée d'Espagne, en 1810. Enfin Bretonneau la décrivit en 1818 en Vendée. 11 lui donna même le nom assez impropre de diphthérie buccale.

GENGIYES (pathologie). S81

C'est en effet chez les soldats qu'elle a été rencontrée, et dès le début de son apparidoo elle a été regardée à la fois comme spécifique, épidermique et contagieuse. Il est vrai qu'elle frappait simultanément un certain nombre de sujets dans an même régiment ou dans le même corps d'armée, et on lui attribua comme cause ordinaire l'encombrement, la fatigue et autres causes banales gosceptibles d'être invoquées dans les armées en campagne. M. Hippolyte Larrej signala même une autre cause, la gamelle commune à laquelle il attri* boait la contagion. Aussi réussit-il à en faire supprimer l'usage en i852. La maladie se reproduisit encore cependant en 1857 à l'hôpital militaire de Gand où elle fut décrite par Merchie et à Auxerre par M. Feumer.

Cependant CafTort en 1852 avait fait quelques remarque^ intéressantes. Il avait reconnu que la maladie n'affectait particulièrement que les jeunes recrues et non les vétérans; il ajoutait que la maladie était toujours bornée aux gencives et qu'elle se localisait le plus ordinairement au voisinage des dents de sagesse. D'autres descriptions insérées dans le Recueil de médecine militaire par KM. PajenetGourdon, Léonard, Malapert-, etc., donnent la relation de quelques épidémies toujours observées sur les troupes.

Il faut arriver «i M. J. Bergeron pour trouver une description vraiment magistrale de cette singulière maladie qui, de l'aveu des médecins militaires, aurait actnellement cessé de se produire sous la forme épidémique pour revêtir l'état sporadique ou accidentel.

M. Bergeron reproduit dans sa description très-minutieuse et très-complète toutes les considérations relatives à la spécificité, à la contagiosité et à la nature épidémique de la maladie.

Son mémoire, nous devons le dire, nous a cependant laissé quelques doutes sur les trois caractères qui seraient d'après lui essentiels et constants. Si l'épidémicité semble résulter des observations relevées par l'auteur dans un service d'hôpital militaire, la spécificité n'est pas, ce nous semble, suffisamment établie, puisque M. Bergeron continue à invoquer les causes banales déjà mentionnas par les auteurs antérieurs, c'est-à-dire l'encombrement, la fatigue, les mauvaises conditions d'hygiène, etc. Quant au caractère contagieux, il n'est pas davantage prouvé, H. Bergeron n'ayant pas réussi dans une tentative faite sur lui-même à reproduire la maladie par inoculation.

Quoi qu'il en soit, nous avons de notre côté depuis quelques années ouvert une enquête sur ee sujet et, n'ayant pu rencontrer dans un hôpital militaire ou dans un régiment une véritable épidémie, nous avons dû nous borner à observer des cas isolés, mais en assez grand nombre parmi ceux qui avaient reçu de la part des chefs de service le diagnostic précis de stomatite ulcéreuse des foldats. C'est ainsi que MM. Yillemin, Yallin et plusieurs médecins de régiments nous ont signalé des faits que nous avons pu analyser minutieusement. C'étaient toujours des cas isolés sans que nous ayons pu établir une relation de contagion. ^ plus, sur vingt cas de stomatite, nous avons reconnu quinze fois que l'accident se rattachait manifestement à l'évolution de la dernière molaire. C'était à proprement parler un accident muqueux avec ulcération de cette dernière période de la dentition. Les sijgets avaient en moyenne une vingtaine d'années, âge d'élection. Dans cinq autres cas la forme ulcéreuse était venue compliquer une gingivite tout à fait locale et résultant soit d'un traumatisme direct, soit de la présence du tartre.

La localisation ordinaire de la stomatite est d'ailleurs un fait mentionné par

sas GENCIVES (patholooie).

M* Bcrgeron lui-même, car il fait cette remarque que la maladie affecte de préférence le fond de la bouche, qu'elle est unilatérale, rarement généralisée, circonstance qu'avaient déjà signalée Feuvrier, Cafford, Léonard etdanscesdemien temps MM. Périer, Coliu et Laveran. Cafibrd était même allé plus loin et il avait entrevu le premier trèsnaetlement la possibilité d'attribuer à Tintervention de la dent de sagesse la production de la maladie. Cette opinion passa toutefois inaperçue des auteurs qui Tout suivi, car il faut arriver à ces dernières aanées pour trouver de nouveau cette étiologic formulée d'une façon abscrfue par on médecin de la marine, le docteur Catelan.

Dans un grand nombre de faits recueillis dans l'armée de mer, il a étépotâbla de rattacher la stomatite ulcéreuse à un accident de dent de sagesse. Ornons avons affirmé nous-même à plusieurs reprises la fréquence extrême de cei accidents dans la période de la vie qui s'étend de la diz4iuitième année à la vingt-cinquième année, dates extrêmes dfi cette éruption. Dans une statistique dressée chez les étudiants âgés de vingt ans en moyenne, nous avons pu recueillir sur cent observations soixanto-quinze cas d'accidents soit muqueux et superficiels, avec ou sans ulcérations, soit osseux et profonds. Ces proportions delà pratique civile doivent se retrouver dans l'armée où les soldats ont précisément pour le plus grand nombre l'âge d'élection.

Ce sont là des considérations qui nous engagent à ne considérer la stomatite ulcéro-membraneuse des soldats qu'à titre d'une gingivite ulcéreuse delaitgieo de la dent de sagesise, ou pour un plus petit nombre de cas de passage simple d'une gingivite ordinaire à l'état ulcéreux.

Les idées de M. Calelan ont été exposées par l'auteur devant la Société 4e médecine publique de Paris, où elles ont soulevé une discussion an cours de laquelle M. le professeur Léon Colin s'est rattaché dans une certaine mesure à cette opinion qu'il avait d'ailleurs indiquée en 1862 dans ses Éludes cUniqua de médecine militaire (p. 162). Il persiste toutefois à penser que dans l'armée soa apparition devenue fort rare se rattachait toujours à des conditions d'encombrement. Nous ne saurions nier systématiquement une semblable inQuence, etcepeodant nous restons fort surpris que cette maladie ne se soit pas reproduite dans les dernières campagnes de Crimée, d'Italie, du Mexique, et en 1870, où les conditions hygiéniques étaient loin d'être satisfaisantes. Nous nous demandons en outre comment cette affection n'a point été observée dans les armées étrangères, dont l'organisation est souvent bien défectueuse. Pour ces diverses raisons nous inclinons à penser que les épidémies de stomatite ulcéreuse étaient peut-être soit des coïncidences d'accidents muqueux et ulcéreux de la dentition, soit le passage à l'état ulcéreux de gingivites quelconques et sous l'influence de conditions générales dont nous ne songeons pas d'ailleurs à conleslei* TinflueDoe secondaire. Ajoutons en terminant sur ce point d'étiologie que l'assimilation qu'on a tenté d'établir entre la stomatite ulcéreuse des soldats et celle des enbnts ae nous a pas semblé mieux établie. Cette dernière même, d'après bien des obser* valions personnelles, semblerait aussi pouvoir se rattacher à ces désordres a fréquents de la dentition soit temporaire, soit de l'époque du resouvelienient, désordres qui consistent si fréquemment dans des gingivites plus ou moins étendues et qui cliez certains sijijets prédisposés peuvent prendre encore accîdentjRllument U forme ulcéreuse.

Quel que soit d'ailleurs le siège de la stomatite ulcéreuse des enfants oa des soldats, les caractères de l'ulcération ne diffèrent en rien de ceux des ukérations

GENCIVES (pathologie). 983

des muqueuses en général : c'est toujours le fond plat, saignant, grisâtre et tailla à pic, recouvert de lambeaux membranifonnes dus à la descpiamation épithéiiale.

B. Gingivite sgorbutiqus. Nous n*aurons que peu de mots à dire de cette fonne spécifique de gingivite qui a été longuement décrite ailleurs (voy. Scorbut, Dictimn» encyclopéd.^ S* série, t. VIII, p. 55, et plus particulièrement p. 158). Il nous faut cependant la mentionner à titre de première manifestation dans cette maladie générale.

Beaucoup d*auteurs ont d'ailleurs très-bien observé et décrit Tétat des gencires dans le scorbut : MM. Lasègue et Legroux, Bucquoy, Hayem, Leven, etc. Cet état est caractéristique, les geocives sont épaisses, fongueuses et comme spongieuses. La coloration est livide ; elles sont décollées des surfaces dentaires et tellement gonflées parfois qu'elles recouvrent en totalité les dents, et celles-ci impriment sur elles une empreinte profonde. Ces épaississements n'ont pas, comme on a paru le croire, pour cause mie hypergenèse épithéliale; c'est le derme moqueux lui-même qui est boursouflé, injecté, offrant en réalité une dilatation vascalaire générale. Nous n'avons pas reconnn la dégénérescence graisseuse des éléments de la gencive, circonstance qui ne se produirait que beaucoup plus lard dans les cas de gingivite chronique consécutive au scorbut. La meilleure idée qu'on pourrait se faire de cette gingivite, c'est de la considérer comme un état variqueux du tissu gingival, dilatation des capillaires, friabilité de leurs parois, et plus tard dégénérescence granuleuse des tuniques. Aussi les hémorrhagies sont-elles le phénomène le plus constant et souvent aussi TuD des plus graves. Les parties qui ont été le siège de ces hémorrliagies s'ulcèrent le plus ordinairement, et l'état fongueux se complique ainsi de la forme ulcéreuse.

Ajoutons toutefois que ces phénomènes ne sauraient à eux seuk caractériser une gingivite d'origine scorbutique, car certaines formes anciennes peuvent revêtir cet étal fongueux, ulcéreux et hémorrhagique à la fois. La gingivite scorbutique se diagnostique à l'aide de signes additionnels qui doivent être rappelés : d*aiwrd les geocives sont enflammées dans la totalité des bords alvéolaires et 000 sur des points isolés comme cela se présente pour le plus grand nomke des autres formes ; puis des plaques ecchymotiques se manifestent sur la mu- (pieuse buccale, la voûte palatine, le voile et la face interne des joues. Ces signes out la même origine que les ecchymoses de la peau et coexistent d'ailleurs constamment. En outre, la salivation est extrême, l'haleine est fétide à la manière des gingivites toxiques, de la gingivite mercurielle, par exemple, qui offre t^ec celle-ci plus d'an point de comparaison. L'ébranlement des dents prend les inémes caractères de généralisation et la même marche que dans cette dernière forme, et souvent, si la maladie se prolonge, il y a expulsion des dents par propagation de l'inflammation au périoste alvéolaire. Elles tombent toutefois sans présenter aucune antre lésion que celle de la périostite proprement dite, et leur chute n'arrête pas les progrès de la maladie dont on a signalé l'invasion chez da sujets préalablement privés de dents. 11 peut survenir alors une véritable déoadation du bord alvéolaire et une nécrose plus ou moins étendue de l'os. I^ une période aussi avancée l'état du malade est des plus graves, et c'est alors que la mort peut survenir à la suite d'une simple hémorrhagie gingivale, dies ui sujet d'ailleurs épuisé et cachectique. Tel est en quelques mots le tableau de la gingivite scorbutique. Nous verrons

984 GENCIVES (pathologie).

plus loin que son traitement, sans préjudice des moyens applicables à Tétat gingival, repose encore essentiellement sur le procédé de thérapeutique que nous exposerons plus loin, et plus particulièrement sur les applications topiques d'acide chromique qui ont sur elle un eflet très-rapide et très-remarquable.

G. Gii>i6iviTE GANGRENEUSE. Cette formc appartient encore à Thistoire d'une autre lésion décrite par les auteurs sous le nom de gangrène de la bmàe (Rilliet et Barthez, Taupiu, etc.). Elle est dès Ion une complication bien plus qu'une maladie particulière et isolée; son âge d'élection est de trois è six aos. Plus fréquente chez les petites filles que chez les garçons, elle est presque inconnue dans la classe aisée et succède constamment aux fièvres graves, scarlatine, rougeole, survenant chez des sujets préalablement affaiblis et athrepsiés.

Son début est déjà caractéristique de Tétat gangreneux : c'est une phlyctène qui apparaît d'ordinaire dans le fond du sillon vestibulaire et qui envahit rapidement le bord gingival. Au bout de quelques jours l'eschare se montre dans toute l'étendue du soulèvement épithélial ; une ulcération se produit à la limite de la portion mortifiée et s'étend souvent alors de proche en proche, augmentant ainsi la surface de la portion mortifiée. Le sujet exhale l'odeur propre de la gangrène, ce qui ne laisse aucun doute sur la nature du mal. Enfin la chute de Tescbare met à nu une {lortion plus ou moins grande de maxillaire qui se nécrose aussitôt après. Dans un état aussi grave, si la mort ne survient pas, ce qui est la terminaison la plus fréquente, c'est la chute de l'os qui en est la conséquence. Nous avons vu ainsi des séquestres enlevés chez des enfants et comprenant la totalité d'un maxillaire inférieur (Guéniot) ou l'un des maxillaires supérieurs. Ces séquestres entraînent inévitablement dans leur chute toutes les dents de première dentition et les follicules secondaires qui correspondent à la partie mortifiée, et le sujet, lorsqu'il survit, est nécessairement privé à jamais de ses dents. C'est même dans ces cas seulement qu'on a pu constater l'absence complète des dents chez les jeunes sujets.

Quant au mécanisme de cette gangrène, nous pensons avec les auteurs modernes qu'il convient ici de l'attribuer à un arrêt de circulation par obstruclioQ due à une thrombose ou une embolie, suivant l'opinion de Lancereaux, ou bien encore à uneartérite, ainsi que Hayem et LerebouUet l'ont reconnu dans le cours de certains états fébriles, dans la fièvre typhoïde par exemple.

D. Gingivite de la grossesse. C'est à HH. A. et D. Pinard qu'est due h première mention de cette forme de gingivite. Elle serait d'après ces auteurs l'une des expressions morbides qui surviennent dans l'organisme maternel par le fait même de la gestation. C'est à ce titre qu'elle mériterait d'être classée dans notre division des gingivites spécifiques. Disons de suite toutefois qu'elle n'oflre aucun rapport avec d'autres affections de la bouche et en particulier avec la production de la carie dont la présence, si fréquente dans le cours ou à la suite de la grossesse, obéit à des conditions tout autres {voy. Carie des dents, Dictionn. encyclop.^, i"^ série, t. XII, p. 450) . La gingivite apparaît donc sous cette influence tout à fait d'emblée, conmie un signe de trouble circulatoire et à titre de congestion passive ou active. La forme de cette affection n'est cependant paSt dans ces circonstances, caractéristique. 11 ne s'agit en effet le plus ordinairement que d'une gingivite simple, quelquefois accompagnée de la production plus ou moins abondante d'ulcérations superficielles ou aphthes^ telle qu'elle a été décrite plus haut, rarement phlegmoneuse, plus rarement encore ulcéreuse. Elle apparaît en général au début même de la grossesse et l'accompagne pendant toute sa

GENCIVES (pATHOLOGii). 285

durée sans changer notablement d'intensité. Elle n*ofIre pas de lieu d'élection particulier. Le siège le plus commun est toutefois la région antéro-inférieure et rantéro-supérieure des bords alvéolaires. Sansêtreconstante, elle a été observée par MM. Pinard 45 fois sur un total de 75 femmes enceintes : sur 43 multipares elle s'est rencontrée 31 fois. Sur 32 primipares 1 4 avaient les gencives malades^ et dans les services hospitaliers la maladie se produisait de préférence chez les femmes dont Tétat général éUiit plus ou moins afiaibli par des maladies préalables.

En résumé, la gingivite des femmes enceintes est une forme simple, sans granié, et qui cède d'ordinaire spontanément après la délivrance*

Âa point de vue du traitement, H. Pinard conseille avec le chlorate de potasse les applications extérieures d'hydrate de chloral soit pur, soit mélangé à quelques teintures astringentes. Sans rejeter en aucune façon ces moyens très-souvent suffisants pour modifier l'étatt gingival, nous avons encore obtenu d'excellents etfets des cautérisations superficielles d'acide chromique dont nous ne saurions trop recommander l'emploi aux médecins.

■mha et dîagnottîo de la gingivito en général. Après la description qui

précède des formes diverses de la gingivite, il ne nous restera que peu de chose a dire sur la marche de la maladie, car elle est presque toujours influencée par le caractère même qu'elle revêt. Toutefois, si nous cherchons à envisager ce processus dans sa physionomie la plus générale, nous pouvons présenter les quelques remarques suivantes :

Sans revenir ici sur ce que nous avons déjà dit plus haut, il est de toute évidence que tout début de gingivite est simple. Les formes les mieux caractérisées, les spécifiques même, ont une origine commune. D'autre part le point initial est tantôt la partie antérieure du bord alvéolaire, tantôt Tune des extrémités de l'arcade; ce dernier processus est de règle lorsque la gingivite a succédé à un inflammation d'une région voisine, amygdales, cavité pharyngienne, etc., ainsi quedivers auteurs l'ont reconnu. Un médecin militaire, M.Beltz, a même observé one forme ulcéreuse de gingivite ayant succédé à une angine.

Une fois le tissu gingival frappé d'inflammation, il est rare que la maladie s'étende à toute la muqueuse buccale et prenne ainsi la forme de la stomatite proprement dite ; cette extension toutefois s'observe dans plusieurs formes, les gingivites aphtheuse, ulcéreuse, diphthéritique ; mais dans ces circonstances l'affection locale est sous la dépendance d'un état général plus ou moins grave qui retentit le plus souvent non-seulement sur la muqueuse buccale, mais aussi sur d autres points du tube digestif.

Hais, si le début d'une gingivite est invai*iable dans sa physionomie, celle-ci se modifie rapidement suivant la forme définitive qu'affectera la maladie. Ici se placent l'intervention de la cause particulière, et en même temps Tétat constitutionnel du sujet affecté. C'est ainsi que, toutes conditions étant égales d'ailleurs, une gingivite variera d'intensité suivant l'énergie de la cause productrice. Cela est particulièrement évident pour les gingivites toxiques, et d'autre part un sujet affaibli par des maladies antérieures ou par de mauvaises conditions hygiéniques présentera une forme plus grave et plus rebelle qu'un individu bien portant. Ce rapport est surtout manifeste dans la production de la gingivite ulcéreuse ou dans la scorbutique. Ce sont encore ces conditions générales qui entraînent la durée extrême de certaines gingivites et leur passage à l'état chronique.

Quant au diagnostic delà gingivite, il est des plus simples, car il s'établit par

886 GENCIVES (pathologie).

le» seuls signes objectifs, auxquels s'ajoute un ensemble de symptômes d*iInpo^ tance variable suivant Tintensité même du degré inflammatoire. Il n existe d'ailleurs qu*UBe seule affection du bord alvéolaire qui pubse prêter à une erreur diagnostique. C'est Vostéo-périostite alvéolaire {vuy. ce mot). Ici la détermioalion dilféreutielle nous paraît être d*mie certaine importance, car quelques auteurs oot fait cette confusion en décrivant cette dernière maladie sous le nom de gingivite expulsive (Marchai de Calvi, Després). Nous nous sommes à plusieurs reprises élevé contre cette assimilation qui ne peut se soutenir en présence d'une élude parallèle des phénomènes. Ainsi, tandis que dans la gingivite il y s extension de la maladie soit à une région, soit à la totalité des deux arcades, l'ostéo-périostite est toujours iscdée au début. Eu outre Finflammation gingivale qui est essentielle et primitive dans la première est au contraire secondaire et tardive dans la seconde. L'ostéo-périostite se cartctérise par une déviation initiale d'une ou de plusieurs dents et par leur ébranlement, tandis qut ces phénomènes appartiennent à la fin d'une gingivite. La suppuration alvéolaire est dans le même cas. Enfin ce n'est que dans les cas graves et exceptionnels que la gingivite entraine la chute des dents, qui est la règle dans lostéo-périostite. Cette expulsion des dents n'est même à proprement parler jamais le fait dooe gingivite, laquelle est incapable à elle seule de la produire; il faut pour amener un semblable résultat l'intervention, à titre de complication toujours lointaine, d'ime résorption des parois alvéolaires et d'une périostite alvéolaire par propagation. Les deux processus comparés entre eux ont donc une direction invei^t et c'est pour avoir méconnu celte particularité que plusieurs auteurs ont assimilé à une gingivite Tostéo-périostite alvéolaire, qui n'est d'ailieui^ jamais e?seutielle, mais toujours symptomatique d'un état général variable, diabète, albuminurie, arthritisme, dont elle devient une simple manifestation*

Trahement de la gingivite. Le traitement de la gingivite est nécessairement double. Aussitôt que le diagnostic de la forme est posé d'une façon précise et que la cause particulière a été déterminée, il faut s'adresser à cette dernière et en éloigner ou en neutraliser l'influence .

Ces indications seront particulièrement impérieuses dans les gingivites de cause générale comme les formes toxiques dont il faudra éloigner l'agent spécial ou celles qui se rattachent à des dialhè^es comme le scoii)ut, l'anémie, ou les conditions qui amènent la gingivite ulcéro-membraneuse. Nous n'avons point à développer ici les questions de thérapeutique générale ou d'hygiène ; elles sool indiquées longuement dans les traités spéciaux.

Mais en dehors de ces influences il y a des conditions locales ou des états mieux définis qui nécessitent au point de vue du traitement une intervention directe : tels sont les corps étrangers qui produisent et entretiennent une gingivite dite traumatique, dépôts détartre et de particules charbonneuses, taches diverses dont l'ablation est de toute nécessité ; tels sont encore les troubles de la dentition qui amènent si souvent la gingivite simple ou phlegmoneuse. Parmi ces derniers se placent en première ligne les anomalies de l'éruption de la dent de sagesse. cause pour ainsi dire constante de gingivite ordinairement localisée au point correspondant, mais pouvant aussi s'étendre à tout un bord alvéolaire et même aux deux. Ici l'indication thérapeutique est urgente : il faut recourir aux moyens chirurgicaux qui consisteront soit à favoriser par des débridements on des excisions de muqueuse la sortie régulière de cette dent, soit, dans les cas

OENGIYE^ (fathologib). ^87

pins graves a^ec imminence d'abcès on la production d^tilcërations, dé rétractions musculaires etc., à pratiquer l'avulsion même de la dent de sagesse.

Les autres troubles de l'évolution dentaire qui amènent la gingivite sont les accidents qui accompagnent la sortie ou la chute des dâQts. La première dentition accusée de tant d'accidents divers amène assez rarement la gingivite, mais lorsqu'elle se produit elle est due à la distension de la muqueuse et nécessitera un débridement immédiat. La période d'éruption des dents permanentes et la chute concomitante des temporaires sont des conditions de production de gingivite plus communes que les précédentes ; tantôt encore ce sont les dents temporaires qoi étant profondément altérées par diverses maladies provoquent sur la région gingivale environnante des phlegmasies, des abcès, des ulcérations, c'est-à-dire des gingivites locales de formes diverses. Nous avons dit déjà que le plus souvent la forme dite ulcéro-membraneuse des enfants était due suivant nous à de troobles de ce genre survenant à la période infantile qui s'étend de la quatnème on cinquième année jusqu'à la douzième.

Ne pouvant, au point de vue thérapeutique de la gingivite, reproduire ici les règles qui nécessitent l'intervention chirurgicale dans les dernières circonstances qne nous venons de rappeler, nous dirons seulement qu*il est en général facile d'éloigner les causes particulières, toutes ces déviations dans l'éruption ou dans la chute des dents ayant leur traitement approprié.

Une ibis que le médecin aura réussi à éloigner la condition étiologique initiale d'une gingivite, il lui restera à entreprendre le traitement local de la maladie : c'est de lui que nous devons particulièrement nous occuper ici.

Or d'une manière générale le traitement d'une gingivite repose sur deui ordres de moyens : l'un en quelque sorte classique est l'emploi méthodique du chlorate de potasse; l'autre réside dans certaines applications topiques plus ou moins ^nerg:iqiies dans leur action.

Le mode d'emploi du chlorate de potasse comprend trois procédés qui sont : i' L'administration à l'intérieur en potion, au moment du repas, et à là dose <{uotidienne de S à 8 grammes. Les effets thérapeutiques de ce médicament ont été suffisamment établis par les auteurs, et en particulier par Isambert, pour qu'il nous paraisse inutile d'y insister. Nous pensons seulement qu'il convient aux cas >igi)s dans lesquels les applications topiques même les plus modelées seraient intolérables au début. Ces derniei*s cas sont même souvent de nature à justifier au préalable l'emploi des émollients et des opiacés qu'on administre à fintélieur ou à l'extérieur pendant les premiers jours. Toutefois nous devons dire que fort souvent dans nos observations personnelles l'emploi à l'intérieur du chlorate de potasse a été insuffisant ou nul dans ses effets. On peut en voir un cieniple frappant dans une observation déjà citée de gingivite toxique due à l'administralion interne du phosphore et qui malgré les doses élevées de chlorate ^^ pas même été améliorée, tandis qne certaines applications topiques l'ont rapidement modifiée (Gazette des hôpitaux^ 1878, p. 814).

Ce fait n'est pas isolé et nous en avons recueilli un certain nombre qui nous portent à penser que cet agent est dans bien des cas très-réellement infidèle, malgré les précautions prises pour en assurer l'absorption par l'emploi ^iréalable de purgatifs salins fort utiles d'ailleurs dans certaines formes de gingivite accompagnée de phénomènes généraux. C'est ainsi que dans notre pratique courante, tout en prescrivant suivant la tradition ce médicament aux doses ordinaires, nous lui accordons un rang secondaire dans les agents thérapeutiques pour

288 GENCIVES (pathologib).

lui préférer les topiques exteraes dont l'emploi exclusif dans certaines tofroNs graves a donné d'ailleurs des résultats complets.

2^ Le second mode d'emploi du chlorate de potasse est l'usage externe. Il est particulièrement indiqué lorsque, ce qui est fréquent, on rencontre chez les malades une intolérance de l'estomac. On l'applique alors sous forme de gargarismes prolongés, sortes de bains composés d'une solution saturée à diaud de chlorate : le médicament agit par son effet astringent. D'autres fois on forme avec une bande d'ouate ou de charpie une espèce de compresse imbibée dans la même solution saturée et qu'on applique, en les renouvelant toutes les deux oa trois heures, d'une façon permanente sur la région malade. Ces petites compresses placées dans le vestibule de la bouche s'y maintiennent aisément et produisent un eflet bien plus marqué que les gargarismes. Dans tous les cas, le procédé de de la compresse convient manifestement aux gingivites localisées, à celle de U dent de sagesse, aux gingivites traumatiques, à celle qui est due aux dépôts de tartre en particulier et dans laquelle le chlorate agit à la fois comme dissolTani de ces dépôts et comme modificateur de la muqueuse.

3^ Le troisième mode d'emploi du chlorate de potasse est la forme de pastilles. C'est celui auquel nous donnons constamment la préférence, par la raison qu'il résume les deux modes précédents, l'action topique par le séjour de la pastille au contact des parties malades, et Teflet par l'absorption et l'élimination salivaire. En formulant ces pastilles de manière à leur faire contenir 20 à 25 centigrammes de sel on peut avec 5 à 8 pastilles par jour administrer une dose moyenne de 1 à l''^,50 du médicament, dose qui est en général facilement supportée, même des estomacs les plus impressionnables. Nous estimons du reste que cette dose devient suffisante, à la condition d*en prolonger l'emploi pendant un certain temps. Nous l'avons administrée ainsi sans accident aucun pendant plusieurs mois dans quelques formes de gingivites chroniques. Ajoutons qne nous avons depuis longtemps repoussé de la composition de ces pastilles la présence du sucre, qui en augmente beaucoup le volume et qui peut être fort désagréable ou même nuisible chez certains malades, les diabétiques, par exemple* D*autres excipients comme la poudre de réglisse ou la gomme ont en outre l'avantage de donner à la pastille une plus grande résistance à l'action dissolvante de la salive et à en prolonger ainsi singulièrement les effets locaux sur la muqueuse.

Le deuxième ordre d'agents thérapeutiques de la gingivite comprend les astringents et les caustiques. Ces substances ont été indiquées d'ailleurs par tous les auteurs et souvent déjà préférées à l'emploi des moyens internes. Tels sont, p^r exemple, les applications d'alun si souvent conseillées en particulier par Yelpeau, puis le nitrate d'argent. De ces deux moyens le premier doit être absolument rejeté en raison de son effet nuisible sur les dents, même à l'état calciné, qui est le moins soluble {voy. pour les effets dangereux de l'alun l'article Caru i^^ DENTS de ce Dictionnaire, 1'* série, t. XII, p; 546). Le second, tout au plus utile dans quelques formes simples comme l'aphtbe, a cet inconvénient bien connu de produire des taches noires qui sont souvent fort difficiles à (aire disparaître d<; la surface des dents. La teinture d'iode conseillée par Delcstre et Marchai àc Calvi) peut-être un agent préférable et en tout cas suffisant dans les forne^ simples. Il agit d'ailleurs à la manière des teintures astringentes et avec une intensité un peu supérieure à celle des teintures ordinaires de cochléaria. i*cresson et autres. L'hydrate de chloral employé par Pinard , le borax con^eilî^

GENCIVES (pathologie). 989

par Gobler, soit eo poudre fine» soit allié à la glycérine, ont les mêmes effets que )e glycérolé de chlorate de potasse conseillé par J. Simon diuas les stomatites afoéreuses ches les enfants. Parlerons-nous enfin dans cette énumération des collutoires saturnins conseillés dans les stomatites par Ricord, ou des attouchements de sulfate de cuivre ou de zinc? Ces deux derniers peuvent être assurément utiles dans certains cas» mais à défaut d*autres moyens.

Enfin nous arrivons à Tacide chlorhydrique ou à ses analogues qui ont été si soavent préconisés, et contre Temploi desquels nous ne saurions trop énergique* ment protester comme agents néfastes sur les tissus dont se composent les dents.

Mais dans cette discussion de moyens employés par la plupart des auteurs, si nous rejetons successivement chacun d*eux, avons-nous à proposer à leur place une substance d*une efficacité comparable ou supérieure, jointe à une innocuité complète? Assurément oui, et cet agent dont il nous reste à parler est le modiùcBleor Je plus puissant qui puisse s'appliquer sur une muqueuse : nous avons nommé Yacide chromique.

Les considérations que nous pourrions présenter ici à Tégard de l'application particulière de lacide chromique à la thérapeutique de la gingivite seront singulièrement simplifiées par un article de ce dictiounaire (voy. Chronique [acûie], 1'^ série, t. XVlî, p. 167), et dans lequel la plupart des idées que nous avons exposées antérieurement ont été fort bien résumées. Nous ne nous arrêterons qu a la mention de quelques particularités d'application qui ont été introduites depuis plusieurs années dans notre pratique.

C'est ainsi qu*après avoir employé dans nos premières expériences Tacide cliro* mique sous la forme rouge et cristalline du commerce, nous avons dû nous apercevoir bientôt que ce produit était notablement impur et qu'il contenait entre autres éléments une proportion souvent très forte d'acide sulfurique qui persistait après les manœuvres de sa préparation. Cette proportion variable suiîant les échantillons atteint parfois 10, 20 et même 30 pour cent. Ce sont même les échantillons les mieux cristallisés qui en contiennent le plus. Or, il est inutile d'insister sur les inconvénients graves de la présence de cet acide appliqué avec bords alvéolaires, car si nous avons reconnu que l'acide chromique ne possède aucune action manifeste sur les tissus de la dent elle-même, il n'en est pas de même de l'acide sulfurique qui est éminemment dangereux.

La présence de l'acide sulfurique n'est pas la seule impureté que contient lacide chromique du commerce, et H. H. Rousseau (De lacide chromique^ thèse de Paris, 1878) y a rencontré une proportion d'arsenic assez notable pour que cet auteur ait pu admetti*e la possibilité d'un efiet toxique résultant d'applications prolongées dans la bouche.

D'autres produits sans importance ont été rencontrés encoi*e dans ces analyses : ce sont des sels de baryte et de potasse.

Ces diverses impuretés dont nous soupçonnons depuis longtemps l'existence dans l'acide chromique ordinaire et que H. Rousseau a exactement dosées, nous avaient depuis longtemps déterminé à ne plus employer dans notre pratique que l'acide chromique chimiquement pur. Ce dernier, qui est d'une préparation plus laborieuse, cristallise dilficilement; aussi l'appliquons-nous à l'état amorphe, sous forme de grains d'un rouge sombre et d'une déliquescence notablement moindre en raison de l'absence d'acide sulfurique. Il est très friable, susceptible de se pulvériser aisément, ce qui a son importance, car on verra que nous l'ap- MCT. E^c. 4* «.VU. i*)

£90 GENCIVES (pathologie).

pliquons à l*état solide et non à Tétat de dissolution quelconque. Voici le mi* nuel opératoire :

Une petite baguette de bois étant entourée à son extrémité aplatie oa effilée, suivant le cas, d'une légère couche d'ouate, est chargée d'une parcelle de l'acide écrasée sur une plaque de verre ou sur les parois du flacon qui le contient. La petite couche pulvérulente se trouve ainsi fixée à la surface du colon. Chai]gée de la sorte, la baguette de bois, est portée sur les surfaces à cautériser, et toal aussitôt l'acide qui rencontre une légère humidité, entre en dissolution et forme une bandelette rougeâtre dont on constate immédiatement l'action. On recouvre alors de suite la partie de gencive touchée d'une bande d'ouate destinée i isoler le caustique des régions voisines et à éviter les fusées du eôté du vestibule, précaution surtout ti^s utile à la mftchoire inférieure où dans certaines applications un peu trop énergiques nous avons remarqué souvent des traînées caustiques atteignant le fond du sillon gingivo-labial et la muqueuse même de h lèvre. On recommande ensuite au malade d'éviter d'avaler la salive tant que celle-ci reste colorée en brun ou en rouge et généralement au bout de quelques minutes l'effet est complet et l'on peut retirer la bande protectrice d'ouate. Ces précautions ont un autre but : celui d'éviter l'ingestion dans l'estomac d'une partie de l'acide dont l'effet serait de nature à provoquer quelques vomissements. Cet inconvénient est le seul d'ailleurs que nous ayons eu I constater dans une pratique active qui date déplus de douze années. Jamais nous n'avons obsei*vé aucun symptôme grave, bien que dans un grand nombre de cas nous ayons appliqué la substance sur des surfaces très-étendues et à doses parloi> considérables.

Préoccupé d'ailleurs des objections possibles dans cet ordre d'accidents, nous avons, il y a quelques années, entrepris une série de recherches dans le but de fixer la dose toxique de l'acide chromique. Des expériences répétées cbei le chien : ingestion dans les veines de solutions diverses, application de quantité très-fortes sous la peau, etc. , n'ont abouti qu'à des lésions locales et sans amener la mort. Les injections veineuses nous ont même montré dans l'acide chromique une action coagulante si rapide et si nette qu'on devrait considérer suivant nous cet agent comme l'un des meilleurs, sinon le meilleur hémostatique applicable aux surfaces saignantes, aux tumeurs érectiles et même probablement à la cure de certains anévrysmes.

Quant à l'action même de l'acide chromique sur une muqueuse comme U gencive, elle résulte, ainsi que nous l'avons dit ailleurs, deTelTet hygrométrique et des combinaisons avec les sels alcalins qu'il transforme en chromâtes. Cette action est identique à celle qui s'observe dans l'emploi de l'acide chromique sot les tissus cadavériques ; il les durcit en les désorganisant. C'est un mode particulier d'eschare.

Cette escliare présente un autre caractère très-important à considérer ici:c'e>t qu'elle ne dépasse jamais en dimension la surface touchée et qu'en même tenip> son épaisseur est rigoureusement proportionnelle à la quantité d'acide appliquée. En d'autres termes, elle ne présente aucune tendance à l'extension spontam^t mécanisme que possèdent, comme on sait, un grand nombre de caustique^ U cautérisation en outre n'est nullement douloureuse, au moins immédiatemeal. La première impression est celle d'une légère chaleur avec la sensation d'une surface inerte, la couche épithéliale étant immédiatement frappée de mortificatio». Pondant les jours qui suivent, la cuisson s'accuse davantage, mais sans pivodre

GENCIVES (patholocib). 291

la physionomie d'une véritable doulear. A côté de ce premier résultat se place, un signe qui consiste dans la suppression immédiate de la suppuration : toute sédition est donc immédiatement suspendue sur la surface touchée. C'est là un phénomène qui, outre son importance au point de vue de la suite du traitement, donne tout d'abord confiance aux malades et encourage en même temps le médecin.

L'élimination de l'escharese produit après un temps variable suivant son étendue, sa surface cl son épaisseur, mais sans dépasser trois ou quatra jours. A partir de ce moment, la réparation commence : le derme, lorsqu'il a été atteint assez profondément par la perte de substance, se cicatrise, l'épithélium se reforme et au bout d'un temps variable de quatre à huit jours il ne se retrouve aucune trace de l'action caustique.

Telle est, si Ton veut, l'action physiologique de l'acide chromique sur la muqueuse gingivale ; mais sur une surface affectée d'inflammation l'action modi- /fcatnce est souvent immédiate. Dans les formes simples^ une application peut suffire, et dans les formes graves la première cautérisation est ordinairement suivie d'une amélioration considérable. Nous avons fait maintes fois cette expérience, dans une gingivite siégeant aux deux mâchoires, d'appliquer l'acide chromique à l'un seulement des bords alvéolaires et, dès le lendemain, celui qui avait été cautérisé était profondément modifié, tandis que l'autre était dans le môme état. Les gingivites fongueuse, hypertrophique ; la gingivite du scorbut, les formes toxiques éprouvent constamment les mêmes effets, variables seulement suivant l'ancienneté ou l'intensité de l'état inflammatoire. Les formes aiguë, phlegmoneuse, ne constituent nullement une contre-indication à 'action caustique et nous avons l'habitude de les traiter ainsi dès le début. Mais le triomphe particulier de l'acide chromique réside pins manifestement dans l'état ulcéreux qu'une première application modifie sensiblement et que trois ou quatre cautérisations subséquentes arrivent ordinairement à guérir.

En résumé, l'acide chromique est, suivant nous, l'agpent par excellence sur lequel repose le traitement externe de la gingivite dans ses différentes formes et looces les fois qu'en présence d'une telle affection, l'intervention de la cause efficiente générale aura été éloignée ou neutralisée dans la mesure du possible, h manifestation gingivale pourra être rapidement et complètement guérie par cet agent. U est toutefois quelques formes plus spécialement rebelles; telles sont certaines gingivites liées à l'anémie, la chlorose, la variété hypertrophique : dans «elles^si les applications chromiques devront être nombreuses et plus fréquem- Bieot répétées, de manière à réaliser non plus l'action modificatrice superficielle qni suffit d'ordinaire aux formes moyennes, mais l'effet destructeur proprement dit, par£iitenient réalisable d'ailleurs comme ou sait, par ce caustique.

Ce dernier aspect de l'acide chromique comme agent destructeur profond ^adressant à des masses plus ou moins épaisses de tissus, nécessite parfois pour ^ produire un temps fort long et il est des circonstances dans lesquelles il y a inlérét, en vue de la rapidité du résultat, à s'adi*esser à un autre moyen, le seul d'ailleurs qui puisse entrer en parallèle avec lui : c'est le cautère actuel.

A ce titre, la cautérisation par le feu figure comme dernier terme de la série des agents thérapeutiques locaux dans la gingivite. Nous y avons très fréquemment recours dans les formes que nous avons indiquées plus haut et soit alternativement avec l'acide chromique, soit employé seul. Les cautérisations al- (eroéesy feu et acide, sont souvent d'un précieux effet dans les formes anciennes.

S9i GENCIVES (patholocib).

Nous n'avons point à décrire ici les procédés et nous nous bornerons à dire que nos préférences 8*adressent au gaWano-cautère bien plus qu*au thenDOcautère, à cause du grand rayonnement calorique de ce dernier. Lacaatérisatiou par la pile s'eflectue dans ces circonstances au moyen de petits cautères de tils de platine enroulés en spirale à 3 ou 3 tours au plus» de manière à pouvoir agir non-seulement sur les surfaces, mais encore pénétrer dans les interstices dentaires et y détruire ces languettes fongueuses parfois si tenaces et les végétations variqueuses qui accompagnent certaines formes.

Ainsi donc, pour nous résumer en quelques mots, le traitement de la gingivite consistera dans Temploi simultané du chlorate de potasse et des cautërisalioos à Tacide chromique pour les cas ordinaires ; pour les formes anciennes, chroniques, fongueuse ou hypertrophique, on pourra recourir à remploi dugalvioocautère seul, soit en ces applications alternées avec Tacide chromique.

111. Lètions organîqoei. L'étendue considérable donnée déjà à la descriplioD de certaines affections organiques du bord alvéolaire dans ce Dictionnaire (rojf. Maxillaires [Maladies des os], 2* série, t. V, p. 443 et suiv.) nous dispeuse nécessairement d'insister longuement sur certaines questions de cet ordre. Toutefois, quelques-unes de ces lésions n ayant point été envisagées au point de vue particulier de leurs rapports anatomiques avec la gencive, nous demanderons la permission d'y revenir, d'ailleurs brièvement.

Les affections organiques du tiacu gingival se manilestent sous la forme de tumeurs, lesquelles peuvent se diviser suivant leur composition anatomiqueen:

a. Tumeurs hypertrophiques ou hypertrophie simple, ce sont les fibromes des auteurs ;

b. Sarcomes de constitution histologique diverse :

A. TuMEOfis HYPERTROPHIQUES OU FIBROMES. Cette Variété de tumeurs esl caractérisée par une production dure tantôt isolée et limitée en une seule masï« parfois pédiculée (polypes de la gencive), tantôt au contraire étendue dans un« assez grande surface du bord alvéolaire, soit qu'elle conserve l'aspect de tumturs multiples, soit qu'elle forme une tumeur unique, volumineuse et mamelomKe. Dans tous les cas la tumeur est dure, rénitente, d'une teinte qui ne diil^re en rien de celle du tissu gingival normal, et recouverte de sa couche épithéy^ ordinaire. La surface est par conséquent lisse et luisante, sans trace de ramollissement ni d'ulcérations. Lorsqu'elle apparaît chez un sujet porteur de toutes ses dents, elle se développe autour de celles-ci qu'elle entoure et qu'elle sunnoot'* souvent au point que celles-ci disparaissent enfouies dans son intérieur. Daos d'autres cas, les dents subissent des déviations plus ou moins marquées et privent même être renversées et chassées de leurs alvéoles. Ces organes cependant n'éprouvent d'ordinaire aucune altération de leur substance propre et n Cot dans le développement de la tumeur qu'un rôle passif. Si la production pathologique débute dans un interstice dentaire, elle y produit ordinairement la déviation des dents contiguês, elle se loge entre elles et peut, en se dcveloppaot^ amener leur chute.

Au point de vue histologique, l'examen d'une de ces masses fait à un gniysissement suffisant montre qu'il s'agit d'une simple hypergenèse des éiémcnti normaux de la gencive, c'est-à-dire une masse composée essentiellenieot de tissu conjonctif à ses diverses périodes d'évolution.

Sous le rapport étiologique, l'hypertrophie gingivale peut être congénitale. U

GENCIVES (?«tboloiiik). 395

us esl très-rare et l'on n'en cannait guère que quatre exemple!) dus à Salter, Gn»s, Healli et Watermann. Celte singulière alTection progresse assez rapidemenl. et la tuméfaction occupe tantôt égaleraenl, laoïât inégalement les deux mâchoires, poDvint acquérir nn volume tel <|u'jl s'oppose à l'occtunoD de; mâchoires; elles ont ainsi laspect deicroissances multiples envahissant louie 11 bouche [voij. fig. 1),

Les canses de cette maladie sont inconnues. le malade de Salher était épileptiqtie ; celui de Mic GilIlTraj, mentionné par Ileotli, était scrofaleui. Le même auleur signale la coïncidence de Mlle hypertrophie congénitale des gencives avec on développement eiagéré des poils ou ii^rlnchose. C'est là une relation singulière et qae nous avons uous-mâme rencontrée dans le cis resté célèbre d'une certaine danseuse espa- i ?nolc citfe par Darwin, Julia Pastrana, qui avait """ '*''=""" "=*"' *' '^*''=''letorps twuvert de poils et les deux mUclioires

envahies de masses hypertrophiques {voy. Le» homma vehit, Gatette médicale •le Pari», 1873, 15 novembre).

Les tumeurs hfpertropliiques acquises n'ont pas toujours ce caracLèrc giaé~ niisé des précédentes, et le plus ordinairement elles sont isolées, parfois pédiculée$ daas un interstice dentdire comme un véritable polype, et tantôt saillantes en avant, tantôt se développant dans l'intervalle de deux dents tpi olles éloignent 1 une de l'autre pour se créer une place. Ces tumeurs localisées se développent IrequemineDt à la suite de la gingivite soit d'une forme simple et à litre de ^■DpbcatîoD, soit de la forme hypertropbique qui y predispose tout spécialelent. Quelquefois enfin elles se produisent spontanément et sur des gencives lolcrieurvment saines. Ue telles tumeurs sont d'ailleurs essentiellement bénignes tfeur ablation, suivie de la cautérisation du point d'implantation, suflit dans Du« les cas ik les guérir. Dans l'hypertrophie générale des gencives, toute la urface d'uu bord alvéolaire, et souvent des deux à la fois, est couverte de prfr-

394 GENCIVES (pathologie).

ductions mamelonBées, en tout semblables à celles qui eut été signalées plus haut dans Thypertrophie congénitale {voy. fig. i).

Dans tous les cas, la constitution de ces tumeurs est identique; c'est la proliférai ion simple des éléments anatomiques de la gencive normale; fibres de tissu conjonctif avec matière amorphe plus ou moins abondante suiraoth densité et la résistance de la masse morbide ; état vasculaire faible en général et d'autres fois présentant des dilatations variqueuses qui expliquent les faémorrbagies qui suivent la section avec Tinstrument tranchant. La surface des mamelons qui est lisse et polie est recouverte d'une couche épithéliale laquelle a subi aussi la prolifération qui a envahi les éléments profonds. Les symptômes sont en génénl nuls, car en dehors de la gêne qu'apporte un tel état aux fonctions de la bouche, il ne se produit aucune douleur. 11 n'y a non plus aucune tendance habituelle aux hémorrhagies spontanées.

La marche de Thypertrophie est généralement très-lente, parfois même tout à fait stationnaire à un certain degré de développement, de sorte que les malades gardent pendant de nombreuses années ou même pendant toute leur vie une masse indolente parfois très-considérable. Il faut ajouter toutefois qu elle oe rétrograde jamais et n'arrive pas, comme cela a lieu pour certaines tumeurst à ^ mortifier, et à se détacher.

B. Sarcomes de la gencive. Nous rangerons sous ce terme deux variétés de néoplasme du bord alvéolaire qui ont pour origine le tissu gingival : les productions fibrO'plastiques ou myxomes et les tumeurs à myeloplaxes auxquelles semble se rapporter la vieille désignation à*épulis. Ces deux variétés de productions ne sont assurément pas les seules qui apparaissent sur les mâchoires, mais nous n'avons point à décrire ici les tumeurs si diverses qui prennent naissance dans le tissu osseux lui-même. Leur histoire a été tracée ailleurs (voy. art. Maxillaire [pathologie], 2* série, t. V, p. 435).

Le myxome de la gencive est représenté par une production qui présente dan$ ce cas à la fois les caractères cliniques et la composition histologique des myxomes en général : tissu mou, vasculaire, sans ulcération ni retentissenieoi ganglionnaire. Elles sont composées d'éléments embryonnaires, noyaux libroplastiques inclus dans une masse de matière amorphe transparente, hyaline et comme muqueuse. La plupail des auteurs refusent aux tumeurs de cette corn* position une origine superficielle et les font dériver d'un point osseux profond. Si nous leur accordons pour point de début la gencive elle-même, c'est que nous en avons observé personnellement divers exemples qui ne dépassaient pas dans leur point d'implantation la couche profonde de la gencive, c'est-à-dire le périoste. Elles sont d'ailleurs sans gravité, tout à fait bénignes et ne récidivent jamais dès lors qu'elles ont été enlevées en totalité et que leur pédicule a été détruit.

Les myxomes n'ont pas tous d'ailleurs une constitution aussi caractérisée et parfois on trouve dans la masse, à côté des éléments prédominants du tis!^u conjonctif embryonnaire, des éléments fibreux, des fibres élastiques, des cellules adipeuses et parfois quelques éléments accessoires, des méduliocelles \^^ exemple, lesquelles dénotent en particulier l'origine périostique. Ces variétés oni donné lieu à d'autres désignations plus complexes de la part de quelques auteurs Aussi dans une leçon clinique M. Trélat a-t-il décrit une de ces tumeurs S(m> le nom d'épulis myxosarcomateuse (V origine périostogène.

Les tumeurs à myéloplaxes rentrent également, suivant les classification> modernes des tumeurs, dans la classe des sarcomes, ce sont les épulis sanv-

GENCIVES (pathologie). 295

mateu$e9» Leur description a déjà été tracée ici {voy. art. Maxillaire, loc. cit., p. 477), et il est vrai de dire que si cette variété de productions appartient souvent à la gencive, elle peut aussi débuter dans un point plus profond et devient alors un saicome central. On peut encore ajouter que tantôt Torigine gingival entraîne Teuvaliissement de la mâchoire, tantôt c*est le sarcome central qui aboutit à la suiface. Le début seul de la maladie indique leur point d*ori* gine et il n*est pas douteux que ce point soit souvent le tissu gingival et encore dans ce cas sa fac^ profonde ou périostique. Il est encore d*autres cas dans lesquels les tumeurs de cette constitution siègent réellement dans le tissu même du périoste intra-alvéolaire. Mais ce sont là des tumeurs du périoste dentaire que nous étudierons plus loin et dont la description appartient à Thistoire des maladies des dents (voy. Dent).

Quoi qu*il en soit, les tumeurs à myéloplaxes de la gencive présentent tous les caractères cliniques de ces productions en général. Masses molles, mamelonnées, vasculaires, de couleur rouge ou brune. A la coupe on i*ecounait cet aspect spécial du tissu composé de myéloplaxes, parcouru par des vaisseaux en nombre variable et quelquefois traversé par des aiguilles osseuses, lesquelles semblent alors indiquer une origine plus particulièrement profonde. Cette dernière variété est toutefois assez exceptionnelle et nous ne Tavons que très-rarement rencontrée dans un grand nombre de tumeurs à myéloplaxes de la gencive que nous avons pu observer dans notre pratique.

Au point de vue histologique, les productions sont composées par les éléments que nous n'avons pas à décrire ici, c'est-à-dire les plaques à noyaux multiples bien connus des cliniciens et des anatomistes.

Vétiologie des tumeurs gingivales, aussi bien que celle des productions bénignes du bord gingival en général, est foil obscure. Nous avons vu que souvent une tumeur hypertrophique simple pouvait compliquer une gingivite, soit de la variété hypertrophique, soit de toute autre, la forme fongueuse, par exemple. D'autres fois, on a signalé des traumatismes, des altérations dentaires, et spécialement la périostite. Des anomalies de siège ou de direction de certaines dents ont été aussi invoquées. Dans tous les cas, rafiection est toujours locale, sans retentissement dans l'économie, sans tuméfaction ganglionnaire. Leur volume, extrêmement variable, reste en général restreint et cependant nous avons observé certaines tumeurs à myéloplaxes ayant acquis le volume d une mandarine ou celui d'une orange. L'une de nos observations a été publiée dans un travail récent (voy, Gœury, Des néoplasmes du bord alvéolaire. Tbése de Paris, 1880, p. 44).

Cette tumeur, incomplètement enlevée uue première fois, s'était reproduite et avait envahi toute la partie antérieure du maxillaire inférieur entre les deux canines Un autre, dont la relation n'a pas encore été publiée, occupant toute retendue de la masse droite du maxillaire supérieur, avait occasionné la chnte de toutes les dents correspondantes et s'étendait jusqu'au plancher du sinus qu'elle n'avait pas toutefois pénétré.

Le diagnostic de ces tumeurs est toujours facile à établir par l'examen même des éléments dont elles se composent. On détache simplement avec des ciseaux nu petit fragment de la masse et on reconnaît sous le microscope sa composition anatomique. Nous avons toujours procédé de la sorte et avec un résultat complet. Cet examen n'est pas le seul élément de démonstration, quoiqu'il soit toujours aisé de le pratiquer. Les signes cliniques ont également leur impoitance.

296 GENCIVES (pathologie).

La consistance de ces tumeurs, bien que variable suivant qu*iis*agiid'un fibrome ou d*ua myxome, suffit déjà à les distinguer des cnchoudromes, des ostéomesou des kystes. Elle permettra aussi de les différencier des productions de mauvaise nature, comme Tépithélioma superficiel qui a toujours une surface végétante, ulcérée, saignante. Si quelque doute pouvait subsister d*ailleurs, on aurait aussitôt recours encore à l'examen histologique, lequel devrait être employé eo particulier lorsqu'il s'agirait de distinguer certaines tumeurs à myéloplaxes qui peuvent parfois s'ulcérer à la surface et prendre la physionomie végétante el hémorrhagique. Quant au carcinome central des mâchoires, il n'apparaît que trop tardivement à la surface de la gencive pour permettre une confusion.

Lepronoêtic des tumeurs gingivales que nous venons de décrire est ordinaire* ment bénin, car il sufQt d'enlever bien complètement toute la masse pour être assuré d*une guérison complète. Leur récidive n'est due qu'à leur destruction incomplète. Ce n'est donc pas à proprement parler une récidive, mais une continuation ou une reprise de leur développement. Toutefois, il est bon de noter que la guérison sera plus certaine s'il s'agit d'une tumeur hypertrophique que si l'on a affaire à un sarcome de Tune des deux variétés. Ces dernières demauderont, dans l'emploi des moyens chirurgicaux quelques précautions particulières; la pénétration de la masse morbide vers le tissu osseux et avec présence de quelques productions de cette nature ajouterait une certaine gravité relative au pronostic. On a cité aussi quelques faits de productions simultanées d'une tumeur à myéloplaxes de la mâchoire et d'une autre de même nature, sur un point éloigné du corps (A. Guérin et Terrillon). 11 semble qu'il s'était montré dans ce cas une sorte de diathèse ou de généralisation de la production myéloplaxe, mab ces faits sont rares. 11 en est d'autres dans lesquels une tumeur à mycoplaie a pu rétrograder. Lawrence en a rapporté un exemple.

Le traitement des tumeurs bénignes des gencives est celui de toutes les tumeurs en général, c'est-à-dire l'ablation. Cette méthode suflit parfaitement pour les tumeurs nettement limitées avec pédicule plus ou moins étendu, en ajoutant la précaution de cautériser fortement le point d'implantation. Mais il est des circonstances où la tumeur offre des prolongements dans différents sens qui rendent l'accès par le bistouri assez incertain. Il faut alors adopter un procédé mixte qui consiste d'abord dans l'extirpation au moyen de l'instrument tranchant et la poursuite des ramifications avec les caustiques. Ici nous avons encore à préconiser Tacide chromique : c'est en particulier dans le traitement du sarcome que cet agent sera le plus précieux. Dans plusieurs cas de tumeurs à tissu conjonctif embryonnaire, lesquelles avaient reparu après la simple ablation, l'emploi de l'acide chromique a permis une destruction définitive. Il en a été de même pour les tumeura myéloplaxes et en particuUer dans cette observation déjà mentionnée et qui avait également récidivé (voy. Goeui7, loc. cit.^ p. iij-

Le manuel opératoire que nous avons à peu près invariablement adopté dans le traitement des néoplasmes de la gencive comprendra donc deux parties: d'abord on devra procéder à l'ablation aussi large et aussi étendue que possible de la masse morbide au moyen du bistouri, des curettes ou des gouges, afin de pénétrer jusqu'au point d'implantation qui est souvent périostique, ain^i qu'on l'a vu. Si la tumeur est d'un petit volume, son pédicule pourra être suflisamment atteint par une application de galvanocautère. Mais nous avons rencontré certaines tumeurs, surtout celles à myéloplaxes, qui s'étendaient plus ou moins profondément et dans des directions multiples : c'est alors que nous avons avon^

GËNCIYES (biblioghaphie). 297

ea à recoaiir avec nn plein succès aux applications répétées diacide chromique toujours employé à TéLat solide et chimiquement pur. Nous avons fait connaître dans nue publication antérieure (Bull, de thérap.j 1869) une première série de résultats dans lesquels des fibromes simples ou multiples de la gencive ont été (iélruits par les seules cautérisations chromiques. Depuis lors, bien que nous D ayons rien perdu de notre confiance dans l'action destructive suffisante de cet agent, nous avons, dans le but d'atteindre plus rapidement la guérison, adopté la procédé mixte de Fablation et de la cautérisation. Il nous a donné les plus complets résultats dans de vastes tumeurs à myéloplaxes, dont plusieurs avaient antérieurement i^idivé après la simple ablation, incomplète d'ailleurs, aTec riostrument tranchant. Les applications d'acide chromique, tout à fait inoffensives, presque indolores et qui peuvent être fréquemment répétées sans aucun inconvénient, permettent de poursuivre le mal dans ses prolongements et den opérer la complète destruction. Ce n'est pas le lieu ici de parler de son emploi dans d'autres affections organiques du bord alvéolaire ou de la bouche, mais qu on nous permette de dire que cet agent est encore un très-précieux modificateur dans la période de début de Tépithélioma des mâchoires et de la langue, dans le psoriasis et en général dans toutes les productions susceptibles d'être influencées par un caustique énergique. Aussi n'hésitons-nous pas à le déclarer infiniment préférable à tous les caustiques connus jusqu'à ce jour dans les circonstances diverses que nous nous bornons à rappeler.

E. Magitot.

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Sur les lésions organiques des gerciyes : Oatre les traités de pathologie externe et les dictionnaires aux articles Maladies des gencives, on pourra consulter : Eug&ne ^èiaio^. Sur une nouvelle espèce de tumeurs bénignes ou tumeurs à myéloplaxes. Thèse de Paris, 1860. — SàiTU- Diseases of the Jaws. In Holme's System ofSurgery, t. lY. — Hcatb. Injurie» and Diseaus of theJaws. London, 1863. — Gross. System of Surgery, 2* édit., t. II, p. 535. — WAiERiii- Boston Med. and Surg. Journal, avril 1869. — Gœort. Tumeurs solides du bord alvéoUâxt Thèse de Paris, 1880.

Yoir aussi sur l'emploi de Tacide chromique dans les afTeclions gingivales : Magitoî. ^ V acide chromique el de son action thérapeutique dans quelques affections chirurgicale* de la bouche. In Bulletin de thérapeutique, 1869, p. 204. — U. Rousseau. De Vacide ehromiqsi' Thèse de Paris, 1879. E. V-

«ENDARUSSA (Gendarussa Rumph.). Genre de plantes dicotylédones de la famille des Acanthacées, dont Nées d'Esenbeck a fait le type d'une série ou tribu des Gendarussées, mais que Bentham et Hooker rattachent maintenant î titre de simple section, au genre Justicia L.

Les Gendarussa sont des arbustes ou des sous-arbrisseaux à feuilles simpb* opposées. Leurs fleurs, brièvement pédicellées, axillaires, sont fasciculées ou disposées en épis interrompus ; elles sont accompagnées chacune d'une bracU^' et de deux petites bractéoles foliacées. Lé calice est à cinq divisions presque égaies- La corolle bilabiée, avec la lèvre supérieure concave et la lèvre inférieure trilobée, présente un tube court, vers le milieu duquel sont insérées deux étamioes; celles-ci ont les deux loges des anthères insérées obliquement sur le ooonectif, l'inférieure se prolongeant en éperon. L ovaire, biloculaire, est surmouif d'un style simple que termine un stigmate subulé. Le fruit est une petite cap^iil<^

6ENDR0N (Les). !299

comprimée à sa base et renfermant quatre graines lenticulaires à rëtinacle crochu.

Ce genre compte environ vingt-cinq espèces qui habitent les contrées chaudes de l'Asie, le cap de Bonne-Espérance et les régions tropicales de rAmérique australe. Le G. vulgarà Nces {Justicia Gendarussa L.) qui en est le type, «st m arbuste des Indes orientales dont la tige articulée porte des feuilles glabres, étroites et lancéolées ; ses fleurs purpurines et jaunâtres sont disposées en épis terminaux. Cette espèce est le Gendarussa rosea de Rumphius et le Vada Kodi de Rheede. Ses feuilles, douées de propriétés émétiques, sont préconisées dans riode contre les rhumatismes chroniques et ses racines, astringentes, contre la diarrhée et Tatonie du tube digestif.

Une autre espèce, le G. sericea Kost, est fréquemment employée au Pérou^ dans le traitement des affections inflammatoires des poumons.

Ed. Lefèvre.

BiiuocMPBii. — RoMPHius. Herb. Amb., IV, p. 70, t. XXVUI, XXIX. — ItucEDE. Bort. mlak, IX, p. 79, t. XLÏI. — ?îem ab Esesd.. in Yallich. PlanU tuiat. rar., III, 102-103. — OC. Prodromus, XI, p. 410. — Erducher. Gen. plant., n» 4083. — Vestexat. Jard. Malm., tab. 51. ~ Catah. /coït., tab. 28.— Bextiax et Hookir. Gen, plant., II, p. 1100.— Rmeiitiial. Sifmpi. plant, diaphar., 485. Eo. L.

(Matsou-Woila). Naturaliste japonais, professeur d'histoire naturelle à Hyako, au commencement du dix-huitième siècle. 11 a publié plusieurs ou?rages sur la botanique; nous trouvons cités dans la biographie publiée par Didot :

1. Bai-bin (espèces dii genre Prunuê). Myako, 1760, 2 wl. iii-12. — II. 1 kan sai <hbin (monographie deâ variétés de Cerasus i petites fleurs). Myako, 1758, in-12. —III. i kan tai ran-bin (monographie des Orchidées et des Iridées). Myako, 1772, 2 vol. gr. in-8*. L. Hh.

<2BN»Kox (La pahille). a ne considérer que Thonorabilité absolue de la profession, cette famille n*a guère compté que des pseudo-médecins, des charlatans, à commencer par :

CicadroD (Pabbé François). Fils d*Ëloi Gendron et de Gillette Doussineau, ce personnage, né à Voves (Loir-et-Cher) le 18 avril 1618, fut vicaire dans celte paroisse à partir de Tannée 1639, puis curé en 1640. Il paraît que, engagé daos des missions lointaines, il alla au Mexique, aux Indes, aux lies Maloutnes, et y étudia les propriétés des simples qui y croissent natui*ellement. Aussi, dès ^n retour en France, dans sa petite ville de Voves, s*empressa-t-il de faire partout proclamer qu*il possédait un secret pour la guérison du ^cancer ; ce qui nempécha pas plusieurs malheureux accourus à Voves pour s'y faire soigner, de passer de vie à trépas dans la maison même de l'abbé; ce qui, par contre, ctmdiiisit Anne d'Autriche, atteinte d*un cancer au sein gauche, à faire venir noire Gendron à la cour, lequel promit à la royale malade « d'endurcir son sein ioe point de le rendre dur comme une pierre ». Aune d'Autriche fut emportée par son mal en 1666, en dépit de Gendron, en dépit d'AUiot, son successeur. Eq récompense des soins qu'il avait donnés, le curé de Voves fut bel et bien investi par le roi de la riche abbaye de Maizières en Bourgogne, dont il garda les bénéfices jusqu'à sa mort arrivée à Orléans, le 2 avril 1688. 11 fut enterré dans le grand cimetière, aujourd'hui halle aux blés de la ville. Requiescat in pace. Sa pierre tombale est devenue un dessus de secrétaire. H. Dureau, hodie

500 GÉNÉRATION (anatomie kt physiologib cojiparbbs).

bibliothécaire adjoint de l'Académie de médecine, Ta découverte à Orléans. Veut-on connaître maintenant la panacée du vicaire de Yoves : c^était loal simplement de la belladone et une calcination de pierres grises « qui se trouvent en Beaucc ». Mais, l'abbé François Gendron laissa un petit-neveu que nous présentons, qui se nommait Deshais et qui eut Tadresse d*accoler h sa personnalité le nom du médecin transitoire d*Anne d'Autriche, d'où :

DeahaiM-Cicnilron (Claudb). Celui-là, fils de Louis Deshais, roarcliandi Yoves, et d'EslIier Mulot, se fit oculiste. Il dit bien qu'il fut docteur de la faculté de Montpellier; mais nous n'avons pu vérifier le fait. 11 naquit vers l'année 1665; son premier champ d'opérations fut la ville d'Orléans; [m Paris lui-même sonna les trompettes de ses exploits. En 1700, Claude Desluis- Gendron, qui ne dédaignait pas de cumuler les fonctions de médecin-oculisle el celles de médecin des cancers, publia un livre qui fit grand bruit : Recherches sur le cancer; le traitement'qui y était recommandé, consistait dans l'emploi de l'or dinphorétiquc de Poterius, des remèdes de Mars des préparations de cloportes et de vers de terre, de la teinture d'antimoine de Valentin i». Ce qui donne quelque relief à cet affreux bouquin, c'est que son auteur y a relaté la maladie d'Anne d'Autriche (p. 124 et suiv.). Mais il parait que la clientèle cancéreuse ne satisfit pas le petit-neveu du curé de Yoves, car il abandonna complètement cette spécialité, pour se livrer à l'ophlbalmologie. Il y fit forluoe* Aimable, bien fait de sa personne, orné d'un certain di^gré de littérature, il sut s'attirer les regards de tous. 11 connut Boilcau dont il devint l'ami. A la mort du poète il acheta sa maison d'Auteuil, laquelle finit par devenir le lieu de pèlerinanre des Montesquieu, des Yoltaire, et le CiU du petit marchand de Vo\e» devint une célébrité, et eut les bonnes grâces du duc d'Orléans régent. 11 mourut à Auteuil le 5 septembre 1 750, ne laissant que deux ouvrages :

I. Recherchée sur la nature et la guériâon dei cancere, Paris, 1700, in-S*.— H. Leltnà M* * * iur un tiouveau bandage élastique, pour guérir Vkydropme du sac lacrymal^ in-S* (s.d/

Deshais-Cendron (Loois-Florentin) . Neveu du précédent. Celui-là a rachele la réputation surfaite des deux précédents. Il a été un oculiste vraiment distingué, chirurgien de rUôtel-Dieu de Paris, maître en chirurgie, professeur et démonstrateur royal pour les maladies des yeux aux écoles de chirurgie. 11 a laissé un ouvrage que l'on consulte encore aujourd'hui :

Traité des maladies des yeux, Paris, 1770, 2 vol. in-i2. A. C.

«ENEPI. Votj, Ge«ipi.

§ I. AntttQDile et physiologie comparéeo. ArPxKEIl DE LA GÉAÉBATIO^I DANS LA SÉRIE AKIHALG. Ou pCUt distinguer, cheZ IcS aOÎ-

maux, 'quatre modes de reproduction : 1^ la scissiparité, ou reproduction par fractionnement ; 2^ la gemmiparite, ou reproduction par bou^geonne^lent ; o*" U germiparilé, ou reproduction par germes ; 4** Yoviparité, ou reproduction par œufs. Dans les trois premiers cas, la leproductiou est dite agame ou asexuellt: elle est au contraire sexuelle dans le quatrième.

Scissiparité. La reproduction par scissiparité ne s'observe que chez les animaux inférieurs. Elle est précédée tt*un agrandissement général et régulier du

{ChiloiUnit.

GÉNÉRATION (i»t»hib it ratiioLociE coHr.iÉEt)- SOt

aofi. Celui-ci s'étrangle fera le milieu et doune naisïaoce à deui fragmoits qui se ilévetoppent, l'im el l'aulae, pour corislituer un aniiDal complet. La Kissinirilé est généralement tramvenale, mais elle peut être lontjittiéinaie ou taam diagonale.

Li icistiparilë est la réalisalioD naturelle do pbénomèues qui se produisent ucidenlcliement ou qu'on produit iToioQlé diez beaucoup d'animaux.

Ainsi, OA Ver de terre peut être diiise eo deux parties et cliacuite d'elles reproduit ce qui loi manque pour recouslituer l'tH^anisine complu. Chacun de ces nouveaux indilidus peut ilre di*isé à son tour et se onporle de même que les deux srgoKats. 11 n'est pas rare de rencontrer, sur les bords de la mer, des Astéries dont plusieurs rayons détruits «cJdentellement sont en train de se reconstituer.

Des pUënomènes analogues se passent i l'état normal. Certaines Hydres s'éti-an-

glflil Ters le milieu et donnent naissance à deux fragments se développant l'un

et l'aulre pour constituer un animal complet. La scissiparité l^'Ugitudinale a été

observée cbei les Vorticelles et quelques Zoanthnires.

Grviii'akité. Elle dimre de la scissiparité en ce ()ue l'augmentation du

corps n'est pas générale;

t'eit seulement une partie

cireoDscrile qui s'accroît, a-

natque la division ail lieu.

Les Hydres et les Yorticel-

les, qui viennent de nous

oiTrir des exemples de scissiparité, peuvent aussi se re-

prodnire par gemmiparité.

Chei rilydre d'eau douce,

le bourgeon consiste d'abord

dans un léger renflement qui

se fortoe sur la paroi et se

creu5e bientôt d'un canal

qui communique avec la

caiité gastrique. Des tentacules ne tardent pas il naître

aotour de l'exlrémité libre,

eu même temps que la base

d'implantalioD de la nou-

lelJe Hydre se transforme

«D un cvlindre plein et que

le mamelon leutaculilere se ^ ' (Voriicriia).

perfore. Alors la base du

nouvel être s'élnngle et celuiH:i se détaclie de la aouclie pour vivre d'une vie

indépendante.

Au lieu de se faire par des bouigeons cOitucs comme chtï l'Hydre, la gemmi-

503 CÉ.NÉflATION (i!<tTOiiiB bt riisiOLuuiii cuKPiiiiti).

pariU peut se produire par des bourgeons pernttants comme diet ie Conil U

se forme alors oe qu'on appelle une colonie ou un corme.

Le bourgeonnement, au lieu d'être latéral (Corail), peut £tre ojrial (Nai;, Syllis, Myrianide).

GERMiPARitâ. La reproduction par germes est caracl^risée par la praduction dans l'intérieur du corps de cellules germinatives ou spores, qui se tnniforment en autant d'individus nouveaui. Oiez quelques Prolozoaires, un individu tout entier se divise en cellules germînatives ; mais, le plus souvent, ce n'esl qu'une partie dëLerminée du corps qui est germipare (Trématodes).

La gerniipariié est nn mode de reproduction intermédiaire entre la gemmi[«rité et la reproduction aeiuelle.

Rbproddction sBXDELiE. La reproduction sexuelle ou ovipartié esl lewul mode <le reproduction des animaux supérieurs ; mais elle s'obserre aussi cbei tous les animaux inrérieurs à l'exception toutefois des Protoiaires, chei lesquels la sexualité est loin d'élre démontrée.

Elle consiste dans la production de cellules désignées sous le nom i'ovide». On appelle plus spécialement ceufim corps qui renferme, sous uneM'(^ loppe commune, un ornle el if pnrties accessoires destinées i l'é'Oiution d'un être futur. CependaoïM prend souvent ces exprcseions comiKt synonymes.

Chez quelquesanimauiiorériEUT!.

les ovules peuvent se tonner dto) presque toutes les parties du corp; mais en général c'est un oi^ne r^''' ticulier, Vovaire, qui est charge île les élaborer.

Dans des cas exceptionnels, lin^i

que nous le verrons dans un inslant,

Fig. 3. - BMrgMno.n>«t i.(ù»i »r une ''«"l'e comient lon» les maléfiiin

VortiRllc. nécessaires i la formation d'un noo-

vel être: mais, dans l'immense nu-

Jorité des cas, il faut qu'il soit féconde, c'est-à-dire i^u'il subisse l'inBoerM

d'une cellule particulière, le spermatozoïde, qui est produit par un organe

spécial, le testicule. L'ovaire el le testicule constituent les organes sexadt «i

génitaux.

Animaux monoiques. Animaux ditiiques. Les animaux ehet lesquels \'i>vaire et le testicule sont réunis sur un seul et même individu aonl dits nionoïques^ On appelle au contraire dioiquet ceux chei lesquels ces organes sonl répartis entre deux individus, division d'oîi résulte la distinction des sexes- Ih" ces deux individus dilfcreuts, celui qui est destiné à produire des œufs s rcru le nom de femelle; l'autre, chargé d'élaborer des spermatowïdes, est appelé mâle.

Cliex les animaui monoïques, deux cas se présentent : ou l'animal peut, 1 Isi

seul, donner naissance k un nouvel être et on dît qu'il est AerTn(i;^r0(Jtte(ituiire';

ou bien, ne se sutTisant pas à lui-môme, il a besoin du concours d'un dt '^t

semblables pour se reproduire, et on dit qu'il est androgyne (Colimaçon).

Organes sexuels. A l'état le plus simple, les produits Mxuels tombent d.!"-'

Kig- * -

GËNÉRATIO» («nitOHiK et fntiiologie coHPtHdss). S05

Il a.ntë géa^rsle ou dëboucheiit directemeat au dehors, après s'être détacliés

desoi^œs gëniUux. Hais, en général, des appendices accossoires et des voies <l'issue plus ou moins compliquées protègent les produits de la gënératioD et assurent leur rracontre.

1. Orgma mdle». Sur les coudulls vecteurs du spenne {canaux déféretUt), (I se fonne souvent un réserToir {vé$ieide téminaie) destiné à recueillir ce fluide. Des glandes particulières (proitate, etc.) s^rèlent un liquide qui se mèlc au sperme ou sert à l'entourer d'enveloppes protectrices [ipernuUophorei ) . Les canaux défereats aboutissent à un conduit musculommbnaeux [canal éjaculateur) ; enfin des orgaoes spéciaux {organet copulateurt) sont deslia^ i faciliter l'introduction du sperme dans l'appareil femelle.

h. Organes fem^e». Les complications de l'appareil femelle ne sont pas moins diverses que celles du nukle. Les conduits vecteurs des oiiiles (orôbctea) s'élargissent souvent sur UD point de leur parcsurs, de manière à iormet une chambre incubatrice (utérus ou mairice) pour le développement de l'œuf. Ues glandes annexes foumisscnt tantôt une ia substances de l'œuf, tantôt son enveloppe. Des organes accessoires iiitués ù la partie terminale des canaux vecteurs [récep- Uide téminal, vagin, poche copulalrice , etc. ) nfoivent la semence et assurent le succès de l'accouplement.

C'est de l'iiermaphrodisme que se déduit la séparation des sexes, par atrophie de l'un des appareils sexuels. Même cliez les Mammifères, l'individu présente, à on certain moment de son évolution, une conformation hermaphrodite. La ^ration sexuelle unfrfois accomplie, il se produit un dimorphisme de plus ea plus man|ué cliez les individus mile et femelle.

Piubénogrkèse. Ainsi que uous l'avons signalé plus haut \ titre d'exception, l'œuf n'a pas toujours besoin de subir l'inQuerice des spermatoioîdes pour donner naissance à un être. Cette anomalie a été désignée par Owen sous le nom de yarthàtogenèse (reproduction virginale].

Chei l'Abeille commune, les œufs de la reine donnent naissance il des miles, t'il) n'ont pas été fécondés, à des femelles, s'ils l'ont été.

Cbei les Pucerons, tous les individus sont aptères et femelles pendant le printemps et l'été. Dans cette période de temps, ils engendrent des peliu vivanU qui lievieanenlà leur tour des femelles fécondes aansl'approchedu mâle. Ces femelles 'iiipares sont pourvues d'organes gëaiUui [pteuAovairet) construit» sur le Ijpe des ovaires; mais elles manquent d'organes d'accouplement : on peut les considérer comme se reproduisant soit par germiparité. soit par oviparité partliénogenésique. C'est seulement à l 'arrière-saison qu'on voit naître des mâles et des (traelles à quati-e ailes, munis d'organes d'accouplement et de fécondation. Laccouplemenl a lieu aussitôt : les femelles ailées donnent ensuite des œufs

l'Ujdre d-nu àmee.

'. bourgtoni 1 diier» dugnSt (

rcspouJ au délacliem

— S, point

301 GÉNÉRATION (:in*tohiibt raYsiaLocis coartiica).

qui hiveraent et d'oU sortent, au printemps, des femelles aptères et vivipares. Chat le Phylloiéra, on ne trouve, au printemps, que des femelles tftàm. vivant sur les lacines et pondant des œufs sans le secours des miles. Au btul d'une huitaine de jours, on voit sortir de l'œuf une larve qui re»embl« i la mèie, devient adulte au bout d'une vin^inc de jours, après avoir subi trois mues, et pond une trentaine d'œiifs. Les i^hoses continuent linsi, jdih un un nombre d'a;ufs décroissant, pendant sept ou buit générations.

Certaines femelles aptères, celles qui trouvent une nourriture plus subsliatielle sur les radicelles, subissent deux mues de plus et, après avoir pasié pu l'état de nymphes, prennent quatre ailes. Ces femelles ailées, en août et en septembre, pundent dans le duvet des feuilles de deux â six œufs d'oii cortenl d» Insectes sexués, les uns mllei, les autres femelles, tous dépourvus d'ailes et de tube digestif. Ces sujets, incapihics do se nourrir, s'accoupleal.

puis la femelle poud un teul œuf (œuf d'hiver] qui pis* l'hiver au-dessus du sol el donne, au priulemps, uii« lemelle aptère analogue à celle (les racines et se reproduiuol sans mâle.

Si le fait de la prthéna:enèse est aujourd'hui bien demontre, il faut cependant remarquer que les êtres qui en proviennent sont de plus fo plus dégradés et qn'au bout d'un certain nombre de générations la puissance reproductive, après avoir considér»blement duninuë, fiait p>r s'éteindre. Pour que l'espèc* ne dispamissc pas, il est atprUûurg«™«dent. -fl, le^iiiLirtuiSg*. cessaire que, par le concours

des deux sexes, une nouvelle génération MxueUe redevienne la sou<^ed*uD nouveau cycle.

I. »r(ébr«H. La reproduction est toujours sexuelle et les sexes sont séparvs. à l'exception de quelques Poissons (Serrans) qui sont monoïques. Les ovaires et les testicules forment des glandes habituellement paires logées dans la ciiué viscérale ou ses dépendances. Ces organes sont généralement pourvus de caKiui excréteurs (oviducte, canal déférent] qui, chez quelques Vertébrés inférieurs, s'ouvrent dans le rectum avec les uretères pour constituer un doaque. U plu.> Muvent, ces canaux excréteurs se réunissent en un conduit commun qui débouche an dehors dans le voisinage de l'anus et du méat urinaîre. Chez la plupart des Poissons et des Italraciens, il n'y a pas d'accouplement.

Les HaoïmilSres seuls sont franchement vivipare», c'est-à-dire que l'a-ul

GËNÉftATION (iiiATOaiE r.r phtiiolocie gomi-**£es). SOS

tkeaU est reçu dans un réservoir {matrice oii Htérut) à la paroi duquel il s'at* liebe et d'où le jeune être, après avoir trouvé les matériaux nécessaires ii son déTeloppemenl, est expulsé sous sa forme propre, mais dans un tel état de faiblesse qu'il a besoin d'être nourri avec un fluide (fait) sécrété par des organes ipeciiui (mamelUi) de la mère. Les autres Vertébrés sont ovipares ou ovovii'iparet. Dans le premier cas, l'œuf n'écidt qu'après la ponte; dans le second, Céclmioa se fait dans les organes excréteurs de l'œuf, et le nouvel individu nait lom fonné.

A. ■uunilhrei. a. Afpareil vals. 11 Comprend le tetticule, Vepididyme, le eaïud déférent, la véticule séminaie, le conduit éjaculaleur, le pâti» avec le emul de l'urèthre, enfin des glande» accestoires.

U taticule est la glande qui produit le sperme. Il est toujours double et se détïloppe dons le voisinage des reins; mais il ne reste à' celle place que chez les Cétiaéi et les Honolrèmes. Il subit, au moment de la naissance, un déplacement et descend, en poussant devant lui le péritoine, dans un canal membraneux

Fi,. 6. — Appireil gfnilil mil*

Fig. 7. — Appareil g«niul femelle

de rOriiiOioijni|Uf.

de l'0.mlhory..que.

'.«Wtdii r«luni fendu,-- t, ouwrture du

a, spUineler du Tacluni ou.e.l. - b, orillce du

lixanm péuiiD f. — d, elo»que. — *, orifice

ia nul d« VurèUire duu 1* recUiiB. - g.ct.

ul de rurèthrc. — h, nnie urinuiro incisa

vranl dai» le cloaque d. - i, jnleslin. - k.k.

pur montrer le* papille) uriiulrM v. — t, pw

oiiductci. — p.p', uretères. — g,q\ rein». —

i«a4in.-i,'.te.liïul«.-K,fc",t<mduiU.lofé-

la .pisie (Herliii Sainl-Angp).

wln Mirr^ailM.— 1^, liianienli nsculaircs de

■•leuio (Mirtin Sainl-Ange|.

situé au pli de l'aine {canal inguinal) où il reste quelquefois (Rongeurs, Chameau, l'Outre). Le plus souvent, le testicule traverse le canal inguinal et vient se loger à l'exlérieur, dans un repli m usculo -cutané {scrotum). Quelquefois, après l'^o- •|ue du rut, il rentre dans la cavité abdominale. Le testicule se compose d'un grand nombre de tubes flexueux [canalicules Bici. uc i* s. Vil. 30

306 GÉNÉRATION (aratomie kt physiologie coMPARiEs).

séminifères), dont Tune des extrémités esl terminée en cul-de-sac, taudis que l*autre aboutit à un système de canaux excréteurs dont la réunion donne naissance à un long conduit {épididyme) replié sur lui-même un très-grand nombre de fois et se terminant par le conduit excréteur du testicule {canal déféreniu

Les deux canaux déférents, après avoir formé chacun un renflement vésiculaiie (vésicule séminale) qui n'existe pas toujours (Carnivores, Cétacés, Monotrèmes), prennent le nom de conduits éjactilateurs, et ceux-ci débouchent Tun à c6lé de Tautre dans Turèthre. Le canal de Turèthre conduit, à travers le pénis, l'urine et la liqueur spcrmatique.

Le pénis ou verge est Torgane de la copulation. Il est toujours externe, excepté chez les Monotrèmes, où il esl enfermé dans le cloaque. Il est composta d*une partie érectile (corps cavemexix^ corps spongieux de Vurèthré) et de deux enveloppes, dont Tune fibreuse et Tautre cutanée (fourreau de la vergé). 11 renferme quelquefois un axe cartilagineux ou osseux (os pénial^ Chien). Le corps spongieux de Turèthre présente, à la partie antérieure, un renflement (glaïul) entouré d'un repli cutané (prépuce) formé par le fourreau. Chez quelques Mammifères (Primates, Chéiroptères), la verge est pendante; chez les autre», elle est portée dans une gaine le long de l'abdomen. Le gland est exceptionnellement bifide chez les Marsupiaux et les Monotrèmes. Les glandes qui s'ouvrent à l'intérieur de Turèthre sont : la prostate, les glandes de Cowper et celles de Littre. On trouve aussi quelquefois des glandes spéciales annexées au pénis (glandes du castoréum, poche du musc),

b. Appareil femelle. Il comprend Vovaire, Voviducte, Vuténu ou matrice, le vagin, la vulve,

Vovaire est la glande qui produit l'ovule. Il est toujours double et intérieur.

Voviducte ou trompe utérine est un petit canal flexueux. Il présente à son extrémité libre, près de l'ovaire, une partie évasée (pavillon de la trompe] qui reçoit l'ovule à sa sortie.

Vutérus est un réservoir , le plus souvent impair, où séjourne l'œuf jusqu'à son entier développement. 11 présente un corps et un col qui fait plus ou moins saillie dans le vagin (museau de tanche). L'utérus est double et présente deux museaux de tanche chez les Implacentaires et quelqu$;s Rongeurs (Lapin); il est bifide, à museau de tanche simple, chez la plupart des Rongeurs; il est bicornf ou divisé seulement à sa partie supérieure, chez les Insectivores, les Carnivora. les Ongulés et les Cétacés ; enfin, il est simple chez les Primates.

Le vagin est un canal membraneux faisant suite à Tutérus. C'est lui qui reçoit le pénis pendant l'accouplement et livre passage au nouvel être. Chez les Monotrèmes, le vagin est remplacé par le cloaque.

La vulve est l'orifice du vagin. Elle présente deux replis cutanés (grandt-i lèvres) et, le plus souvent, deux petites lèvres ou nymphes, situées en dedan> des grandes lèvres. Chez les femelles vierges, il existe souvent, à l'entrée du vagin ou dans son intérieur, un repli de la muqueuse formant une valvule {hymen\.

La vulve présente encore un organe érectile (clitoris) qui est rhomologue du pénis du mâle. Le clitoris esl quelquefois traversé par l'urèthre (Lémuriens, Taupe, Rongeurs). Il existe un os clitoridien chez la Loutre.

Les glandes annexées à l'appareil génital femelle sont les glandes Tulvo-vagiuales, correspondant aux glandes de Cowper du mâle.

Mamelles. Elles constituent l'apanage exclusif de la classe des Mammifères et sont toujours munies d'un mamelon, excepté chez les Monotrèmes. Elles sont

GÉNÉRATION (anatomib bt pbtsiolocie comparées). 307

ordioaÎFeineDt plas ou moins gonflées de graisse cliez la Femme; mais, le plus souTent, chez les animaux, elles ne deviennent apparentes qu'à l'époque de l'allaitement.

La situation des mamelles est variable; elles peuvent être : pectorales (Pri* mates, Proboscidiens), aMominales (Carnivores, Rongeui*s) ou inguinales (RamiDantSy Jumentés). Quelques Mammifères portent à la fois ces trois sortes de mamelles.

Le nombre des tétines est ordinairement en rapport avec celui des petits de chaque portée.

Les mamelles sont toujours extérieures, excepté chez les Marsupiaux où elles sont situées au fond d'une poche profonde {poche marsupiale) placée sous le ventre. Chez ces derniers animaux, les petits, nés à Tétat embryonnaire, séjournent dans la bourse, entés sur les tétines de la mère jusqu'à leur complet développement.

REPRonucTioN. Les animaux parvenus à l'âge du développement normal des organes sexuels {puberUs) ont des époques (rut) où le mâle et la femelle s'unissent (accouplement ou copulation ou coït) pour accomplir la reproduction.

L'accouplement se fait grâce à un état de turgescence du pénis (érection) mené par l'accumulation du sang dans son tissu crectile. La verge s'introduit ^ 1 état d'érection dans le vagin ; les sensations voluptueuses qui accompagnent l'acte du coït amènent plus ou moins rapidement l'émission du sperme (éjacnlation).

La copulation ne féconde qu'une seule portée et cesse, en général, aussitôt après l'éjaculation. Chez les animaux sauvages, elle n'a lieu ordinairement qu'une fois par an, le plus souvent au printemps, quelquefois à la fin de l'été (Bumioants], ou même en hiver (Carnivores, Sanglier). Les animaux domestiques acquièrent la faculté de s'accoupler en toute saison. Quelques Mammifères, surtout les Carnivores, s'unissent par couple pour tout le temps que dure l'éducation des petits. Il en est môme (Clievreuil) qui ne se quittent point pendant toute la vie. Une seule femelle suffit en général à un mâle.

Le moment du rut, pour les femelles, coïncide avec celui de la maturité d'un on de plusieurs ovules dans l'ovaire, et, pour les mâles, avec la présence des spermatozoïdes dans le fluide séminal. A ce moment, les parties extérieures des organes sexuels présentent des phénomènes de congestion. Les muqueuses de l'appareil femelle sécrètent des mucosités sanguinolentes; ce suintement est l'analogue de la menstruation^ c'est-à-dire de l'hémorrhagie mensuelle qui, cbez la Femme« coïncide avec la chute de l'ovule dans le pavillon de la trompe utérine.

La fécondation résulte, on le sait, de la rencontre de l'ovule avec les spermatozoïdes. Cette rencontre a lieu, soit sur l'ovaire, soit au niveau du pavillon de la trompe.

Développsmeiit. Chez les Oiseaux et les Reptiles, les vaisseaux de l'allantoïde forment un réseau capillaire dont les ramuscules restent étalés dans l'épaisseur de cette membrane. 11 en est de môme chez les Marsupiaux et les Honotrèmes (Mammifères implacentaires), où il n'y a aucune union entre la mère et le produit. Chez tous les autres Mammifères (Mammifères placentaires) , le chorion se garnit de villosités (chorion villeux)^ et quand l'allantoïde développée arrive en contact avec le chorion, des houppes sanguines de celle-ci s'introduisent dans les villosités* Ces dernières grandissent et s'introduisent dans la muqueuse

308 GÉNÉRATION (ahâtomib it physiologie compikkbs).

utérine, où elles constituent un organe d*union {placenta) entre la mère et rembryon. L^amnios entoure d*une gaine les vaisseaux de Tallantoïde, et ainsi se constitue un cordon {cordon ombilical)^ qui sert d*interniédiaire entre le fœtus et le placenta.

Chez certains Mammifères {Décidués), le produit est uni très-intimement à la mère, et, à la naissance, une partie {caduque) de la muqueuse utérine se détaclie. Chez les autres Mammifères {Adécidués), rien de cela n*a lieu.

a MiMif iFÈRES ADÉciDoÉs. Chcz CCS auimaux, les villosités du cfaorion pénètrent dans des fossettes de la muqueuse utérine, qui se développent au mosieot de la gestation, et dont elles se détachent entièrement à Tépo^e de la pactoii* tion, sans qu'il y ait élimination d'aucune partie de la muqueus««

Ce groupe comprend deux divisions :

1° Placenta diffus. Les villosités du chorion occupent toute la surface de Tœuf ; elles sont simples et s'enfoncent dans des fossettes également simples de la muqueuse utérine (Lémuriens, Porcins, Jumentés, Camélidés, Tragulidés, Cétacés).

S^ Placenta cotylédonaire. Les villosités du chorion sont ramifiées et pénètrent profondément dans des dépressions de la muqueuse utérine, de façon à constituer un grand nombre de petits placentas {cotylédons) (Ruminants).

b Maiimifères DÉciDUÉs. Chez ces animaux les parties fœtales et maternelles sont unies si intimement en un placenta unique que, dans la parturition, la muqueu^ utériue est éliminée avec le produit, soit en partie, soit en totalité (Primates supérieurs).

Ce groupe comprend également deux divisions :

1<* Placenta zonaire. Les villosités du chorion, au lieu d*être disséminées sur toute la surface, sont limitées à une large ceinture qui entoure la région équatoriale de l'œuf, les pôles restant lisses (Carnivores, Proboscidiens, Uyraciens .

S<* Placenta discoïde. Les villosités du chorion n'occupent aussi qu'une partie de l'œuf, mais constituent un disque unique ou deux lobes discoïdes (Primates, Chéiroptères, Insectivores, Rongeurs, certains Édentés).

Gestatioh. C'est la période qui s'étend depuis la fécondation de l'œuf jusqu à son expulsion. Sa durée est généralement en rapport avec la taille de Tanimal : elle est de deux ans pour l'Eléphant ; de onze mois pour le Cheval ; de neuf mois pour la Femme et la Vache ; de neuf semaines pour le Chien ; de quatre semaines pour le Lièvre, etc.

Chez les Marsupiaux, les petits sont mis au monde prématurément, dans un tel état d'imperfection qu'ils périraient, s'ils n'étaient pas recueillis dans la poche marsupiale oix la gestation continue jusqu'à ce qu'ils aient acquis une taille suflîsante.

Parturition . C'est l'acte par lequel le fœtus, parvenu au terme de son accroissement, est expulsé de la matrice. Cette expulsion s'effectue à l'aide des contractions des Gbres musculaires de l'utérus et de celles des muscles abdominaux. Généralement, c'est la tète'du fœtus qui sort la première. Après l'expulsion du fœtu<, celle du placenta se produit {délivrance), La femelle dévore cet organe aussitôt qu'il est sorti, débarrassant ainsi le fœtus d'un appendice devenu incommode ^t inutile. C'est par uue aberration de cet instinct que certaines femelles, surtout chez les animaux domestiques, no s'arrêtent pas au placenta et mangent encore le jeune. En général, les Herbivores naissent assez forts et les Carnivores faible^. quelquefois même aveugles. Tous ont besoin d'être allaités. Le lait est uu

GÉNËDATION (iiiàToxi rt physiologii cOH?iii£isj. 309

alimeDl qui renferme tous les principes Ddcessaires à raccroîssemcnt du corps pendint Ja première période de la vie.

B, Oiuaui. a. ÂppABEib MALE. L'appareil génital mâle se compose de deux

testicules situés en avant des reins et de taille inégale, celui de gauche étant

toujours DO peu plus volumineux. Les conduits spermatiques forment, sur le

M iaterne du testicule, un épididyme se conlinuaut avec un canal déférent ({ui

longe l'orelère en dehors. Ces deux

euuux débouchent, chacun isolément,

sur h parai postérieure du cloaque. 1^

UDal déférent s'ouvre au sommet d'une

papille conique, située un peu au dehors et en h;is de l'orifice de l'uretère;

il présente souvent à sa partie inférieure

na renflcmeut ampulliforme {vémcule

tàmaie). Le cloaque est séparé du

rutum par un sphincter puissant qui

empêche les fËces de s'accumuler dans

le vestibule génito-urinaire, de telle

sorte que celles-ci ne traversent le cloaque qu'au moment de la défécation. Un cul-de-sac glandulaire {hourte de Falniciia), dont l'Iiomologie et les ';»ages ne sont pas encore bien déterminés, s'ouvre i la partie inféro-postërieure du cloaque. Enfin, le plus sou- 'ent, il n'existe pas d'organe copulateiir; quelques Oiseaux seulement ont, > la partie antérieure et médiane du cloaque, un petit mamelon pénien (Aulrucbe, Cigogne, Canard, etc.). Les femelles de ces animaux présentent lin clitoris correspondant.

b. Appaheil fevellb. U se distin- ^. guedecelui desaulres Vertébrés parce —

qu'en général, il ne se compose que d'un ovaire et d'an oviducte situés du calé gauclie. p-

Dans les premiers temps de la vie ^ ^^.^^ embrj'oanaire, ces deux organes eiis- àitimni lenl de chaque côlé, mais l'ovaire et ^' "^f

l'oviilucte droits disparaissent de bonne ursitrci d'ui le cioiquc. — f, mirBï de iinui heure ou plus rarement restent rudimentaires, ainsi que cela s'observe chei quelques Rapaces,

L'ovaire gauche, qun nous appellerons simplement l'ovaire, est situé à ta face antérieure du rein correspondant. 11 se compose du stroma et d'un double feuillet membraneux. Les œufs s'y trouvent développés d'une manière ■rès^inégale ; les uns sont très-petits; d'autres, plus volumineux, font saillie i la surface de l'ovaire et le tissu ovarien ne tarde pas à les envelopper

le clotqua d

310 GÉNÉRATION (âhitokii et riTMOLOciE C0HF«i£Ei|.

d'une espèce de coque ou capsule. Ces capsules soulèvent la tuuique mcnibn-

neuse de l'ovaire qui prend alors la forme d'une grappe à laquelle cbique itade

rattache par un pédoncule tnembraneui. Ces bourses ovigères péilonculé»

portent le nom de calicei.

L'oviducte gauche, que nous nommerons simplement Voviducte, est plu» h

moins fleiueux et s'étend depuis la face inférieure du poumon Jusqu aucloiqw. Il est revêtu, i l'intérieur, dira épilhdlium ciliaire, et k cnnpose de quatre parties qui sont :

1» le pavUlon; 9" la irornpe; 3* le conduit aibuminipan; 4»' Vutérut. Chei quelques (oiseaux, le Pigeon par eiemple.

l'oviducte reste unifomuinieiil cylindrique et les quatre pestions que nous venons de slgnilerne sont pas distinctes; mai>, en général, les clioses ne « passent pas ainsi. Nous prendrons comme type de deEcriplim l'oviducte de la Poule.

Le pavillon est un large entonnoir à parois minces, sutpendu par une bride périlonéale contenant des fibres élastiqn»- Les bords de l'entonnoir sunl d'ordinaire rapprochés, mais il$ peuvent s'écarter par le muy^ de fibres musculaires et cet <*gane s'applique sur l'ovaire, de manière h recueillir l'œuf qaî va s'en échapper. Celui-ci est. on le sait, renfermé dans un calice membraneux; mais, *" moment de la maturité, \f vaisseaux s'atrophient sur l'équateur du calice et il en rêsnlle une bande blanchâtre (tfti^ii.

Le sac se déchire le long «le cette ligne et l'œuf tombe iue la trompe. Ce dernier se compose alors du disque germinalif et du jautK contenus dans une membrane très-mince. Les éléments iv disque germinatil correspondent à l'ovule des Mammifères; ils comprennent: (> un uifeUtu contenant des granulations opaques suspendues dans im liqm<i' visqueux; i" un corps sphérique fortement réfringent (véticiile germinatirr^- 5* dans la cavité de celle-ci, un corpuscule {tache germmatioe). La tromi>''

n'exerce qu'une action mécanique sur l'ovule e( le transmet à la portion suivaatt' ou conduit aibuminipare.

GÉNÉRATION (aratomib et physiologie comparées). 31i

Celui-ci a des parois épaisses, offre des circonToIutions nombreuses et présente dans sa tuni(]ue muqueuse une grande quantité de glandes vésiculaires. Là Fovule se recouvre d'une épaisse couche d*albumine, au milieu de laquelle on voit deux cordons de la même substance contournés en hélice (chalazes) qui paraissent ne servir qu*à maintenir le jaune dans une position déterminée par rapport au grand axe de Tceuf.

I)aiis le passage étroit qui fait communiquer le conduit albuminipara avec lutérus, l'albumine se recouvre d*une membrane très-mince (membrane coquilitère). Cette dernière est composée de deux feuillets qui s*écartent au niveau de la grosse extrémité, une fois que l'œuf est pondu, et limitent ainsi un espace {chambre à air) dans lequel Tair pénètre.

L utéms est un réceptacle villeux occupant la partie inférieure de l'oviducte ; c'est là que se sécrète un liquide blanchâtre destiné à fournir les matériaux de la coquille. Celle-ci est formée par une substance organique dans laquelle se déposent des sels calcaires; elle présente des porosités qui permettront l'échange des gai entre l'air intérieur et l'air extérieur.

Au moment où l'œuf passe de l'ovaire dans l'oviducte, la vésicule et la tache germinative disparaissent. C*est seulement dans l'utérus que commence lephénoaièoe de la segmentation qui est déjà terminé lorsque l'œuf est pondu. Cette segmentation est partielle, mais le développement exige une tempéi*ature plus élevée, au moins égale à celle du sang, qui est fournie principalement par la chaleur du corps de la mère pendant l'incubation.

Fécondation. Elle est toujours intérieure et se fait par application des anus Tun contre l'autre. Le mâle monte sur le dos de la femelle et la maintient par leçon. Celle-ci s'accroupit (Poule), ou reste debout (Moineau) ; mais la durée de raccoBplement est ioujoui*s très-courte.

fiu général, la ponte n'a lieu qu'une fois par an, excepté chez les espèces domestiques. Le nombre d'œufs est habituellement plus considérable chez les Oiseaux de petite taille que chez les grands. Dès que la femelle commence à couver, elle cesse de pondre. Quelquefois le mâle se joint à la femelle pour assurer l'incubation (Pigeon, Cigogne). La chaleur ainsi déterminée est d'environ 40 degrés ; mais on peut amener le développement de l'embryon par l'incubation artificielle, en maintenant l'œuf à une température constante de 40 degrés, sans empêcher l'accès de l'air. La durée de l'incubation est variable ; elle est de trois ^maines chez la Poule, de six chez le Cygne, de deux semaines tout au plus chez beaucoup de Passereaux.

Tous les Oiseaux,* excepté les Gallinacés, sont monogames; presque tous construisent, avec beaucoup d'art, des nids dont la forme est des plus variables. Ordinairement, la femelle seule travaille au nid, et le mâle lui apporte les matériaux nécessaires à sa confection. Cependant, chez les Hirondelles, le mâle participe à la construction même de rédifice; d'autres fois il n'y prend aucune part (Gallinacés). Nous ne pouvons ici entrer dans aucun détail sur la forme, la coloration et le volume des œufs; ce sont là des éléments qui varient beaucoup, mais si fœuf a, comme celui de la Poule, un gros bout et un petit bout, celui-ci est, dans l'oviducte, toujours dirigé du côté du cloaque.

A répoque de la reproduction, qui est généralement le printemps dans les p»js tempérés, l'Oiseau, le mâle surtout, prend ce qu'on appelle une parure de noce. C'est plutôt par un changement du coloris que par un renouvellemOent partiel des plumes que s'opère l' embellissement du plumage d'hiver. Ce travail

513 GÉNÉRATION (anatomib kt putsiologie comparkes).

pignientaire est accompagné d'un changement dans la voix, qui devieol plm pure et plus douce. La véritable mue ou le changement de plumes (mue tT automne) n*a lieu qu*à la fin de Tété. Enfin le plumage est ordinairement fort diiSéreDl chez les mâles et les femelles, celles-ci se rapprochant davantage des jeuoe» sous ce rapport (Paon, Faisan, etc.).

C. RepUlet. Au point de vue de l'appareil reproducteur, on peut diviser la classe des Reptiles en deux sous-classes distinctes : i^ celle des Saurophidiau, embrassant les ordres des Sauriens et des Ophidiens; 2^* celle des Châonochampsienif comprenant les ordres ûes Chéloniens et des Crocodiliens. Ces deux sous-classes ont des caractères communs et des caractères dislinclifs. Les caractèi*es communs consistent, chez les femelles, dans la présence de deux ovaires et de deux oviducles à pavillon plus ou moins développé. Ces ovidudes se rapprochent, à leur partie terminale, pour déboucher dans le cloaque.

Chez les mâles, on trouve deux testicules munis chacun d*un épididyme el d*un canal déférent. Celui-ci se réunit le plus souvent à Turetère, près de » terminaison, et il y a, de chaque côté, un canal génito-iirinaire qui s'ouvre, dans le cloaque, au sommet d*une petite papille.

Chez tous les Reptiles, la fécondation des œufs se fait avant [la ponte ; il existe à ce sujet un appareil copulateur.

C'est par la considération de cet appareil copulateur, que nous commencerons Texamcn des caractères distinctifs entre les Saurophidiens et les ChéloiK^ champsiens. Il consiste, chez les Saurophidiens mâles, en deux organes creux et situés symétriquement de chaque côté de la fente cloacale qui est toujours tramversale. A Tétat de repos, ces organes sont repliés à l'intérieur du corps el affectent la forme de deux tubes terminés en cul-de-sac à leur extrémité libre qui est conique ou bifurquée. Ils s'ouvrent au dehors par deux orifices situés aux commissures de la fente anale et sont maintenus par deux muscles rétracteurs. Pendant l'érection, la contraction des muscles de l'anus détermine la sortie de ces culs-de-sac copulateurs qui font alors saillie au dehors après s'être déroulés par invagination, de façon à amener à l'extérieur leur cavité intérieure et réciproquement. Un sillon occupe la face antérieure de ce tube copulateur et est destiné h diriger la liqueur séminale dans les organes deU femelle.

Chez les Chélonochampsiens, l'organe copulateur est impair, médian et plein. Il est linguiforme et attaché à la paroi antérieure du cloaque, dont la fente e>t toujours longitudinale. Une gouttière directrice du sperme occupe sa ftice dorsale et, à l'état de repos, il est maintenu dans le cloaque par une paire de muscles rétracteurs.

On trouve, chez les femelles, des organes de copulation construits sur le mèmt type que ceux des mâles : un clitoris simple chez les Chélonochampsiens» un clitoris double chez les Ophidosauriens. Enfin il faut noter que, chez ces derniers, les ovaires sont constitués de telle sorte que les œufs mûrs tombent à leur intérieur et en sortent par rupture de la paroi, tandis que, chez les Chélonochampsiens, les œufs font, au contraire, saillie à la surface de rovaire qui prend alors plus ou moins la forme d'une grappe laissant échapper au dehors ie^ œufs qui la composent.

*Les œufs des Reptiles sont toujours pourvus d'une coque de consistinoe variable et souvent caFcaire; ils ne subissent pas la segmentation totale. L'embryoa

GÉNÉRATION (aratomie et physiologie coHPABéEs). ZiZ

possède an amnios et une vésicule allantoîde. Les œufs éclosent quelquefois dans Ja partie terminale de Toviducte qui devient alors un véritable utérus. C'est ainsi que les choses se passent chez quelques Lézards, TOrvet et la Vipère qui doit même son nom à cette particularité.

D. B«traoîent. Les Ovaires sont pairs et constituent deux glandes creuses à rintérieur desquelles les œufs tombent, comme chez les Saurophidiens, puis passent par déhiscence dans les oviductes. Coux-ci sont des tubes longs, repliés sur eui-mêmes et forment des circonvolutions intestinales plus ou moins nombreuses. Les oviductes se dilatent souvent (Grenouilles), de façon à constituer un réservoir désigné sous le nom d*ulérus, où les œufs séjournent pendant un temps plus ou moins long. Quoi qu*il en soit, ils débouchent toujours à la paroi dorsale du cJoaque par deux orifices percés chacun au sommet d*une paire de papilles.

L'appareil du mâle se compose de deux testicules simples ou lobés, et les canaux eiïérents vont tantôt déboucher dans Tiiretère après avoir traversé le rein, comme chez les Grenouilles, ou bien le canal déférent se rend directement au cloaque, comme chez le Crapaud accoucheur. Une disposition intermédiaire paraît exister chez les Tritons ; mais Tanatomie de ces animaux demande encore à ce point de vue de nouvelles recherches.

Chez quelques Batraciens, en particulier chez la Grenouille, on observe une paire de poches accessoires situées à la partie postérieure de Turetère; elles sont connues sous le nom de vésicules séminales. Enfln des glandes accessoires s'observent chez quelques Batraciens urodèles.

Li fécondation des Batraciens se fait généralement après la ponte ou au moment même de la ponte, sans (\\xï\ y ait copulation. Cependant, chez la Salamandre terrestre, la fécondation est intérieure et, chez les Céciliens, on trouve des organes copulateurs analogues à ceux des Sauriens.

Ordinairement les Batraciens abandonnent leurs œufs; mais certains d*cntre eux s en occupent d'une manière toute spéciale. Ainsi, le Pipa, après que la femelle a accouché, place les œufs pondus sur le dos de celle-ci. Une imtation delà peau ne tarde pas à les entourer, comme le font les bourgeons charnus autour d*un poîs à cautère. Le têtard se développe à Tintérieur de celte matrice adventice, et c'est à Tétat anoure que les petits sortent de Tœuf.

Le Crapaud accoucheur opère dilTéremmcnt. C'est le mâle qui se charge des œufs après que la femelle les a pondgs. Il les enroule autour de ses cuisses et les transporte jusqu'au moment de l'cclosion. A ce moment, il se plonge dans l'eau et les têtards sortent bientôt de l'œuf pour vivre de leur vie propre.

Les œufs des Batraciens sont relativement petits et subissent, après la îécon- <latlon, une segmentation totale. Il n'y a ni amnios ni allantoîde.

E. FoiMonfl. Chez ces animaux, la séparation des sexes est la règle générale. Cependant, chez les Serrans, on peut observer à la fois, sur le même sujet, des spermatozoïdes et des ovules, particularité qui se rencontre quelquefois accidentel- (emeat chez d'autres Poissons, tels que les Merlans, les Carpes, etc.

Chez l'Amphioxus, qui est le représentant le plus dégradé de l'embranchement des Vertébrés, on observe, de chaque côté de l'intestin, une vingtaine de petites ampoules contenant des ovules chez les femelles et des spermatozoïdes chez les fflâies. Ces petites poches n'ont pas de canal excréteur ; les produits sexuels s'échappent soit par la bouche, soit par le pore abdominal.

Chez Jes Cyclostomes, les testicules et les ovaires forment un sac impair. La

314 GËNÉRATION (amatoxib bt phtsiologib coxpar^bs).

cavité përitonéale sert de canal déférent et d*o?iducte ; les produits sexuels sont évacués par un pore génital situé derrière Tanus.

Chez la plupart des Poissons osseux, les glandes sexuelles se continuent iiTec un court canal vecteur qui va s*ouvrir en arrière de i*anus et en avant du canal de Turèthre. Mais il arrive quelquefois que les oviductes débouchent dans \f$ voies urinaires, ainsi que cela s'observe chez le Brochet: on trouve alors derrière Tanus un seul orifice ou pore génito-urinaire.

Chez les Anguilles et les Salmones femelles, les canaux vecteurs des produits génitaux manquent et ceux-ci, après être tombés dans la cavité abdominale, sortent par un pore génital situé derrière l'anus, comme chez les Cyclostomes. Les Salmones mâles ont des canaux déférents formant un conduit éjaculatoire qui s*ouvre entre l'anus et le méat urinaire.

Chez les Ganoïdes, Toviducle et le canal déférent vont se terminer dans les canaux urinaires.

Les Plagiostomes sont les Poissons où l'appareil génital atteint sa plus grande complexité. Les oviductes sont très-développés et se réunissent en avant des ovaires pour former une embouchure {pavillon) maintenue béante par des ligaments péritonéaux. A la partie postérieure, les oviductes se dilatent souvent pour constituer une cavité (utérus) destinée à fournir aux oeufs des enveloppes accessoires formées par la sécrétion de glandes contenues dans ses parois. Chez les mâles, le canal déférent offre des circonvolutions à sa partie antérieure (épididyme) ; i sa partie postérieure, il présente souvent un réservoir connu sous le nom de véhicule séminale. Les oviductes et les canaux 'déférents s'ouvrent dans le lube digestif et il se forme un cloaque. Il en est de même chez les Dipnoiens.

Les Plagiostomes mâles sont munis d'organes d'accouplement extéiieurs en forme de tenailles, dont les usages sont encore mal connus ; ils sont traversés par une gouttière et dépendent des nageoires ventrales.

Dans l'immense majorité des cas, les Poissons sont ovipares, mais il y en a quelques-uns qui sont ovovivipares, le développement de l'embryon ayant lieu dans l'intérieur des organes de reproduction, comme chez le Blennius viviparuf. les Cyprinodontes, ainsi que la plupart des Squales^. D'habitude, il ne s'établit aucune connexion entre l'embryon et la chambre incubatrice ; cependant, chez les Mustèles et quelques autres Squales, des appendices vasculaires de la tfi^ cule vitelline vont se fixer sur la muqueuse de l'utérus, de manière à y constituer une sorte de placenta. Il n'y a chez les Poissons ni amnios, ni allantoide. Les œufs des Poissons sont enveloppés d'une coque offrant le plus souvent on aspect ponctué dû à la présence d'un grand nombre de canalicules très-tins. Chez les Plagiostomes, cette coque se forme dans la partie glanduleuse de ro\iducte : elle est cornée et revêt souvent une forme bizarre. La segmentation de l'œuf des Poissons est partielle, excepté chez l'Ampbioxus et les Cycloslones. où il subit un fractionnement total. L'Ampbioxus et les Lamproies sodI lesseub Poissons qui subissent une sorte de métamorphose.

L'époque du frai est variable chez les Poissons, mais la r^roduction n*a lieu qu'une fois par an, habituellement au printemps. A ce moment, on oliserve quelquefois des changements remarquables dans la configuration et la couleur i^

* Une particularité di^e de remarque est ceUe qu'on clwerve chez les Syngnathes et lo^ Hippocampes. Les mftles présentent, en arrière de l'anus, une poche incubatrice dont on ue trouve aucune trace chez la femelle. Cette poche s'ouvre au dehors par une fente raiHii.Xi^ et les œuls y éclosent« sans que Ton sache encore comment ils y sont introduits.

GËNËRATION (anitomib it raTsioiasiE coni-àrées). 3)5

ojrps, ainsi qiie dans 1« génie de vie. Les individus des deux sexes se rassemblent el cherchent des fonds plats près du bord des fleuves ou de la mer. En général, il n'y a pas d'accouplement ; la femelle dépose ses œufs au fond de l'eau et le mile verse sur eux sa laitance. Dans quelques cas, celui-«i déploie un inslinct merveilleux. Ainsi, le Chabot mâle, à l'époque du frai, va chercher une fejnelle qu'il amène pondre dans un trou qu'il a choisi d'avance : il veille ensuite avec soin sur les œufs et les défend avec toun^, li quelque ennemi cherche à s'en approcher. L'Épinoche et rË))inDchette sont encore plus remarquables sous ce rapport, UT les mâles de ces Poissons construisent de Irritables nids d'herbes soit sur les fonds sablooaeui (Épinoche), soit nu milieu des planlet aquatiques (Ëpinochelte), puis ils vont chercher des femelles qui pondent à l'intérieur, leur abandonnant le soin des (enfs. Après l'ëclosion, les mâles retiennent le« jeunes au nid, jusqu'à ce qu'ils soient capables de pourvoir eux-mêmes à leur inbsislance.

Ou observe, chei quelques Poissons, des inditidos ttériU» qui diffèrent un peu des iixlividus sexués (Cyprinoïdes, Salmonidés) ; enfin quelques espèces (Carpes et Carassins) produisent des hybrides.

(1. MaiiaaqacM. La reproduction est toujours sexuelle. La segmentation de l'œuf esl partielle chez les Céphalopodes, totale <^ les autres Mollusques. Après l'éclo ^iao, les Mollusques brancliifères présentent un repli cutaoé antérieur {voile) bordé de foogs cils vibratiles et servant à la natation

A. CÉrBALOPODES. Tous sont dioïques (■hez les mâles, un des bras se modifie de nianière à servir d'organe copuluteur [hec-

a. Appareil mâle. Il se compose d'un testicule impair renfermé dans un sac membraneux où se répandent les spermato-

Wides devenus libres par la rupture des d,,p„„;i„pho„.,ft,,„be*j«uk

<»cnins de la glande. Ces corpuscules pas- - î. «n wifire (Hiii» Edwitdi).

Hnl de là dans un canal déférent oh ils

sont agglutinés en étuis complexes (spermatophores). Ceux-ci arrivent ensuite daas an vaste sac (bourte de Needham) suivi d'un tube éjaculateur qui débouche dans la chambre branchiale, à la base de l'entonnoir.

b. Appareil fanelU. L'ovaire est impair et renfermé dans un sac péritonéal oii tombeQt les œufs qui s'écluppent par rupture. Ce sac communique avec un oriducle simple ou double (Poulpe) qui va déboucher vers la base de l'enton-

). — App«rcil mtle ik

lie. - b, 91 luiiiqui ml dérérent. - d. v, - e. orisinc de la ton

318 GÉNÉRATION (iHtTOHiJi et pbteiologie coafikjm).

noir. A l'oviducle est anneiée une glande de l'albumine de Tonne glriwleusr et souvent l'on observe en outre (Nautile, Seiche, etc.) deux grosses masses gluduiaires {glanda nidamentatrei) qui sécrètent une substance visqueuse destinée à réunir les œufs. Ceux-ci sont enloirr^s de prolongemftita variés et Giés sur in corps étrangers ; les pêcheurs donnent i ces masses racSmeuses le noni de niitins de mer.

Les Céphalopodes s'accouplent en se tenant par les bras. Chet quelquesuib

{Tremocloput, PhilonexU, Argonauta), l'hectocotyle se détache përiodiqueni' ii et s'introduit par l'entonnoir dans la cavité pallëale de la femelle. Ce bras omitnue à vivre pendant un certain temps après sa séparation; il repousse aprè >j cbute. Chez les autres Céphalopodes l'hectocotyle ne se sépare jamais.

B. GiSTÉBOPODEs. L'appareil génital est asymétrique, excepté cbez Irs ihabrions (Cyclobntnclies). Les Gasiéropodes sont monoïques ou dioïiiues.

a. Gattéropode* dioïques. Deux cas sont à considérer suivant que l'aninii est muni d'un pénis ou au contraire dépourvu de cet organe.

GËNÉRATION (:

PHRiE*}.

1* Les fiisléropodes pourvus d'un pdois et copulateurs sont : leS Pulmonés operculés, la plupart des Pro!<^ni>cheB et les Uétéropodes. Le testicule et l'onire sont ordiDairement cachas dans la glande digestite; les orifices seiuels soiii situés latëralement dans le voisinige de l'anus. 11 existe aussi chez le mâle DD cuiai déférent, une vésicule séminale, un conduit éjaculaleur ; chez la femelle, un Diiducte, une glande de l'albumine, un vagin, une poche copulatrice. La TGTge n'est pas toujours tultulaire ; souvent elle ost creusée d'un simple sillon qui fiil suite au caaal déférent. Chez la Paludine vivipare et quelques espèces Tiiipans, une portion du canal génital de la femelle se dilate de façon à consli- Uer UD rëservair (utérut) à l'intérieur duquel les œufs subissent leur développemeul.

î' Chei les Gastéropodes dioïques sans pénis (Patelle, Haliotides,ete.J l'ovaire «1 le testicule occupent la même place que chez les précédents; les oriâcesgénilaui s« trouvent également situés dans le voisinage de l'anns. 11 ne semble pas qu'iJ f ail rapprochement seiuel chez ces animaux.

b. Gatléropode» monoiquet. A ce groupe appartiennent les Opiathobranches cl presque tous les Pulmonés. Ils sont caractérisés par l'union étroite (glande ^impkrodile) des deux glandes sexuelles et de leurs appareils vecteurs.

.Nous a 'examinerons ici que la disposition de l'appareil reproducteur du Colinuçon {Helûx pomatia],

U glande hermaphrodite présente un canal efTérent qui vient s'ouvrir dans Voviducte où il se continue avec une gouttière [gouttière déférente) translormée

ï)8 GËNËRATION (anitomii it pitsiologiii coHPiiiit).

en caual incomplet par deux reptU marginaux. CeU« gouttière conduit If sperme ; elle se continue avec le canal déférent et celui-ci n déboudier lu fml de la gaine du pénis. Les ovules parcourent l'ovidude auquel fait suite un n%u\ et les deux appareils s'ouvrent i l'extérieur par un oriGce génital coanniin.

Cet appareil a des annexes qui appartiennent soit à la partie mâle, soit il) partie femelle. Les premières sont : 1° un long prolongement de U gaine du fbà {fiagetban) dans lequel se forme un spermatophore désigné sous le Dom it capreoiuê ; 3* des glandes accessoires {prostate) ; 3° un muscle rétradtar du pénis. Les secondes sont: 1* h glande de l'albumine; S" la /lOcAecepKfalneeqn d^boucLe dans le vagin; 3* une paire de glandes multiples [vésKidet m»^àa) qui s'ouvrent dans le vagin ; 4° le sac du dard qui débouche également dins Ir vagin et dont la cavité en cul-de-sac renferme un petit stylet calcaire {dari\- Ce dernier est un organe excitateur qui n'existe guère que chei les ColimiçoDitt quelques Doris.

Les deux appareils sexuels, au lieu d'avoirun orifice génital commun, comiiK ofaez le Colimaçon, s'ouvrent quelquefois isolément au dehors (Linné, Pl>itori)es, etc.).

Les Gastéropodes monoïques s'accouplent et, le plus souvent, diacun des anjoints lonctiunne à la fois comme màle et comme femelle (Colimaçon). Cepeadul le coït peut être simple en ce sens que l'un des conjoints agît comme mile

Fig. 13, — Or(*ncj géniUui du Peclett glater. a,a, conduits eirréteanilu leslicule etdt l'oTiir». — *, orillte camiDun lul orgioM imt ii-a\tnr- t, oriSa ilr l'orK^np de ikijinu). — d. priiis UdU de glude femelle itoléi tu nilicu de la cii°-' ni»lr, — 0, o«ire. — ', le'licule (Lanie-Bulhier»).

seulement et l'autre comme femelle (Ancylej. Un autre cas est celui où im ««al et même individu est mile pour un deuxième et femelle pour un Iroisi^ie^ (Linné). Enfin, exceptionnellement, chaque animal peut se féconder' lut-roèni' et est alors hermaphrodite.

L'accouplement a été bien étudié chez les Colimaçons. Ceux-ci, après 5'ètr' excités réciproquement avec leur dard, déroulent leur pénis au dehors et !•■ spermatophore est porté dans la poche copnlatrice de la femelle.

G£\ÉftÂTIO>' (aRATOMIB et PHTSIOLOCIE GOMPARéBS). 319

C. Ptébopodbs. Tous sont mouoïques et pourvus d*uae glande hermaphrodite. Us présentent un pénis assez analogue à celui des Gastéropodes.

D. ScAPHOPODBS. Dioîques. Les produits sexuels sortent par une ouverture palléale située à Textrémité pointue de la coquille.

E. Lamellibranches. Presque tous sont dioîques. Ceux qui sont monoïques ont les glandes sexuelles séparées ou au contraire réunies en une seule glande hermaphrodite.

a. LameUibranches diciques. L'ovaire et le testicule sont des glandes en grappe situées sur les côtés du foie et pénétrant quelquefois dans le manteau (Houle). Les ouvertures génitales sont situées de chaque côté de la base du pied; elles sont confondues avec les orifices de Torgane de Bojanus (Moule) ou s'ouvrent dans cet organe (Peigne), ou bien enfin sont situées à côté de ces orifices [inodontej. Les œufs sont de couleur rougeâtre; le sperme est lactescent.

b. Lamellibranches monoïques, La situation de la glande hermaphrodite et la terminaison à Textérieur sont les mêmes que chez les précédents.

Les uns ont les glandes sexuelles distinctes et un (Peigne) ou deux (Pandore) orifices sexuels de chaque côté. Les autres (Huîti*e) ont une glande hermaphrodite où l'on peut trouver dans le même cœcum à la fois des ovules et des spermatozoïdes.

F. Brachiopodes. Ils sont dioîques. Les organes génitoux sont situés de chaque côté de la ligne médiane, dans l'épaisseur des lobes du manteau. Gomme chez les Lamellibranches, il n'y a jamais de rapprochement sexuel. Les spermatozoïdes sont transportés chez la femelle par le courant du liquide ambiant.

G. ToMciERs. Ils sont hermaphrodites. Chez les Ascidiens, les testicules et les ovaires constituent une masse glandulaire située de chaque côté du corps. bans chaque glande, l'ovaire est central et muni d'un oviducte, tandis que le testicule entoure l'ovaire et est pourvu de plusieurs canaux déférents. Tous ces conduits évacuateurs se rendent dans la cavité cloacale. La fécondation a lieu le plus souvent dans le cloaque ; les embryons sont expulsés par l'orifice du cloaque. Chez les Ascidies sociales et les Ascidies composées, la reproduction s'effectue non- seulement par oviparité, mais encore par gemmiparité. Les indi- Mdus nés ainsi par bourgeonnement forment des colonies qui restent étroitement unies pendant toute leur vie.

Chez quelques Ascidiens et chez les Salpicns on observe, outre l'oviparité, àes phénomènes dits de génération alternante sur lesquels nous devons nous arrêter un instant.

Gékératio» ALTERifANTE. Ou désigne sous ce nom ou sous ceux de métagen^e, généayenèse^ un mode de dévelopj)emcut caractérisé par l'alternance ré^lière, chez une espèce, d'une génération sexuelle avec une génération asexuelle. En d'autres termes, des animaux sexués engendrent des animaux asexués dont les descendants seuls reviendront au type primitif.

Le premier cas de génération alternante fut observé par Chamisso sur les Palpes ou Biphores. Ces animaux se présentent sous deux aspects fort différents : celui iVindividus isolés d'une grande taille (Salpes libres) et celui de longues chaînes (Salpes agrégées) dont chaque chaînon est formé par un individu de petite taille.

Mais ces deux sortes de Salpes ne difl%rent pas seulement par la taille. Les Salpes libres n'ont pas d'organes sexuels ; elles donnent à leur intérieur, par hourgeonnement, une chaîne d'individus qui naissent/ soudés entre eux et res-

GÉNÉRATION (aritobib et tau

.tUi).

tent toujours unis. Ces Saipes agrégées, filles des Salpes libres, sont bernuphrodites et non gemmipares; chacune d'elles produit des spermatoioïdes et ud a<\[ unique d'oii sort une Salpe libre, agumc et geramipare. Les deui formes alternent ainsi réguliârement, les iîlles ressemblant non à leur mère, mûi bien î leur grand 'mère.

Cliez des animaui TOÙios des Salpes et que leur forme en barrillet i fiil

désigner sous le nom de Ddiolum, la génération alternante est beaucoup pl«' compliquée, bien qu'ils soient toujours solitaires. Chez eux, trois ou quati^ générations de forme différente se succèdent avant que l'animal rctieimc au point de départ.

Développemekt. Le développement de l'ombryon offre, cfaei les Ascidies, ungrande ressemblance avec celui de l'Ampbioxus. Il se développe, dsot: I .ivi du corps, une notocorde par rapport à laquelle le tube digestif et ud vérilal-l-

GÉNËRATION (anatomib st pbtsiologie covparkes). 32t

tube médullaire prennent la même position que chez les Vertèbres. Pendant que s*iiïectaeot ces phénomènes embryologiques identiques à ceux de TAmphioius, un appendice caudal se développe et la larve qui sort de l'œuf a la forme d'un têtard de Grenouille ; mais ce têtard possède un système nerveux, des organes des sens et un appareil de locomotion qui le mettent au-dessus des Ascidies elles-mêmes. Bientôt la larve perd la faculté de se mouvoir et se fixe, la tête en bas, au moyen de trois ventouses. Alors la queue, désormais sans usage, subit la dégénérescence graisseuse ; elle est résorbée avec la notocorde tout entière et la plus grande partie du tube médullaire. A ce moment, le têtard transformé n'est autre chose qu'une jeune Ascidie où le tube médullaire de la larve est devenu un simple ganglion et où les organes des sens ont complètement disparu.

Chez certains Ascidiens (Molgules, Pyrosomes), une larve anoure sort de l'œuf; mais cela tient simplement à un développement plus rapide. Les Salpes ont également des embryons dépourvus de queue.

III. Arthropodes. Les sexes sont séparée, excepté chez les Tardigrades et les Cirripèdes ; les produits sexuels sont sécrétés par des organes généralement symétriques. La reproduction se fait quelquefois par parthénogenèse. La plupart des Arthropodes sont ovipares; cependant quelques-uns sont ovovivipares. A part quelques exceptions (Cyclopides, Linguatulides, Acariens), le développement de l'embryon débute par la formation d'une bandelette primitive ventrale d*où dérive la chaîne ganglionnaire. Le développement est en général suivi d'une métamorphose, le plus souvent progressive, quelquefois aussi régressive.

A. Iksbctes. Les sexes sont toujours séparés. Chez quelques Insectes (Abeilles, Fourmis, Termites), on rencontre des individus stériles (Ti^u/res) dont les organes sexuels restent toujours rudimentaires. Les mâles et les femelles se distinguent par des différences extérieures plus ou moins accusées; habituellement les mâles sont plus petits, ont des couleurs plus vives, des antennes et des mandibules plus développées. Quand l'un seulement des sexes est muni d'ailes (Lampyre), c'est toujours le mâle qui les possède; souvent aussi ce dernier jouit seul de la faculté de produire des sons (Cigale). Les organes sexuels existent à Tétat rudimentaire chez la larve ; mais ils n'atteignent généralement leur complet développement que chez l'Insecte parfait. L'accouplement a lieu pendant le repos, rarement pendant le vol [Abeille).

a. Appareil mâle. 11 se compose de deux testicules symétriques, de conduits déférent»^ d'un canal éjaculaleur, d'un pénis et d'une armure copulatrice.

Chez quelques Papillons, les deux testicules sont rapprochés l'un de l'autre de façon à donner l'apparence d'un organe unique ; au contraire, chez quelques Coléoptères (Hanneton, etc ) ils sont divisés en uu nombre plus ou moins considérable de lobes sphériques. Chaque testicule se continue avec un canal déférent sinueux dont l'extrémité inférieure est souvent renflée en vésicule séminale. Les deux conduits déférents débouchent |dans un canal éjaculateur musculeux dont la porlion terminale {pénis) est suceptible de rentrer en elle-même ou de se dérouler au dehors. Une armure cornée, de conformation extrêmement variable {armure copulairice), sert à protéger le pénis et à le retenir, pendant l'accouplement, dans l'intérieur du corps de la femelle.

Au poiut de jonction des conduits déférents et du canal éjaculateur, il existe souvent une ou deux paires de glandes muqueuses déversant une sécrétion

DICT. ENC 4* s. Vil 21

322 GÉNÉRATION (anatomib et phtsiologik coMPABiBs).

coagulable qui fonne une enveloppe autour d*un faisceau de spermatoioîiles (spermatophores).

b. Appareil femelle. Il se compose des ovaires^ des trompes^ de YoviàucU, du vagin et des parties 8ea:uelle8 externes. A Toviducte ou au vagin sont souvent annexés : un réceptacle séminal et une poche copulatrice.

Les ovaires sont symétriques et formés chacun d*un nombre variable de tube» ovigènes. Ceux-ci sont larges à la base et deviennent plus ou moins filiformes au sommet, oh ils se terminent en cul-de-sac. Les œufs sont rangés les uns à li suite des autres dans les tubes ovigènes et figurent ainsi une espèce de chapelet. En sortant de leurs gaines, les œufs passent dans un tube (trompe) qui sr réunit avec celui du côté opposé pour former un oviductc impair dont Texlrémité inférieure constitue le vagin. A l'oviducte se trouve généralement annexée une poche pédiculée (réceptacle séminal) qui emmagasine, eu quelque sorte, la semence. Au-dessous de cet organe existe souvent une poche dite copulatrice, qui s*ouvre dans le vagin et reçoit le pénis pendant l'accouplement. Après cet acte, la semence passe de la poche copulatrice dans le réceptacle séminal.

11 faut aussi noter que les derniers anneaux, de Tabdomen sont fréquemment transformés en oviscapte^ tarière, aiguillon, etc., pour conduire les œufs, percer ou couper les substances dans lesquelles ils doivent être déposés. Enfin on observe quelquefois des glandes accessoires destinées à sécréter des matières visqueuses qui leur font contracter adhérence entre eux et sur les corps oii h sont déposes.

Chez un assez grand nombre d'Insectes on a observé des cas de parthénogenèse soit accidentelle (Papillon du Ver à soie), soit régulière. Dans ce dernier cas les générations partliénogénétiques peuvent renfermer : des mâles seulement (Abeille), des femelles seulement (Cynips) ou indifféremment des mâles et des femelles (Chermès).Chez le Phylloxéra on observe trois sortes de générations *. aptère, ailée, sexuée. Enfin quelques Diptères peuvent se reproduire à Tétat de larves et d*autres Insectes de ce groupe (Mouches à viande, €tc.) sont vivipares.

Métamorphoses. A l'exception des Anoploures et des Thysanoures, tous le< Insectes subissent des métamorphoses. Ou dit que la métamorphose est comfik\^' quand la larve (chenille chez les Lépidoptères) n'a aucune ressemblance roani feste avec ses parents et doit passer par une phase d'immobilité et de jeÙDe (pupe ou nymphe) avant de revêtir la forme de VInsecte parfait ou imago (Coléoptères, Hyménoptères, Lépidoptères). La métamorphose est incompltU quand la larve éclôt avec les principaux caractères de l'adulte, n'en dillérarji guère que par les organes reproducteurs et alaires qui ne sont pas encore développés. A Tétat de nymphe, les^ ailes se montrent sous forme de moignons emmaillotlés. Mais cette nymphe est active comme la larve et l'adulte (OrUK)[vtères. Hémiptères, etc.).

B. Myriapodes. Les sexes sont séparés. Les organes sexuels ont leurs orifices situés tantôt près de lanus (Chilopodes, Péripatides), tantôt loin de Taiius. dans la région antérieure du coi^s (Chilognathes). Dans ce dernier cas, il eii>te souvent des organes d'accouplement. Les femelles pondent le plus souvent leur< œufs dans la terre. Les jeunes subissent des métamorphoses, excepté chez le^ Péripatides, et prennent à chaque mue un plus grand nombre de pattes.

C Arachnides. A l'exception des Tardigrades, tous les Arachnides ont les sexes séparés. Comme chez les Chilognathes, les ouvertures génitales ne sont p^s terminales. En général les mâles se distinguent à l'extérieur par une laill(*

GÉNÉRATION (akatomie et phtsiologir cosiPARéRs).

moindre, une couleur plus vive ou la transformation de certains membres. Les testicules sont ordinairement tubulaires, pairs, et les canaux déférents sont en rapport avec des glandes accessoires. Les ovaires sont également des glandes paires, le plus souvent en grappes. Les conduits vecteurs des œufs communiquent habituellement avec un réceptacle séminal et des glandes accessoires. Chez les Aranéides, le palpe du mâle est transformé en organe copulateur ; son article (erminal présente une petite cavité que l'animal remplit de sperme et applique sur Torifice sexuel de la femelle. Quelques Arachnides seulement sont OTOvivipares (Scorpions, quelques Acaiiens) ; les autres pondent des œufs doù sortent des jeunes ayant généralement la forme des adultes. Les Acariens et les LÎDgualulides subissent seuls des métamorphoses.

D. CausTAcés. Les sexes sont séparés, excepté chez les Girripèdes qui, pour il plupart, sont monoïques. Les organes sexuels sont pairs et s'ouvrent ordinairement sur le dernier anneau du thorax ou sur le premier anneau de Tabdomen. Les femelles sont plus grosses que les mâles et portent habituellement les œufs dans des poches spéciales ou dans des chambres incubatrices ; rarement ils sont déposés sur des plantes aquatiques. Quelques Crustacés {ùaphnies) présentent le phénomène de la parthénogenèse.

Au moment de Téclosion, les jeunes ont rarement la forme des parents ; c*est cependant ce qui arrive chez rÉcrevisse. Habituellement les Crustacés inférieurs offient comme point de départ du développement une forme dite Naitplhu, munie de trois paires de membres ; chez les Crustacés supérieurs, la larve nait sous une forme plus avancée appelée Zoé et munie de sept paires de membres.

Fif. 15. — AppweU géniUl de Ui Sangiue. Pig. 16.— Orgines femelles de la Sangsue (grossis).

e, canal déférent. — «, épididymc. — C, vésicule g, glande albuminipare. — ov, ovaires. — od, ovipiriforme. — o. onirea. — g, gianda albumini- ductc commun. — «, utérus,

para. ~ M, utérua.

IV. ¥er0. La reproduction est sexuelle ou asexuelle {gemmipariU\ scissiparité); les sexes sont séparés ou réunis. Fréquemment des métamorphoses

et des migrations.

A. Ahhélidcs. Les Poljchètes sont ordinairement dioîques ainsi que les Gépbfriens ; les Oligochètes sont monoïques et il en est de même de la plupart

^24 GÉNÉRATION (ahatoiiie et physiologie coiiPARiBs .

des Hiradioées. Nous ne nous occuperons ici que de la disposition de l'apparefl génital chez les Sangsues.

Les Sangsues sont androgynes, c*est4-dire qu'elles ne peuvent se reproduire que par accouplement réciproque.

Les organes mâles uonsistent en neuf paires de testicules situés au-dessous du tube digestif et unis de chaque c6té par un canal déférent. Celui-ci, après s'être enroulé à la façon d*un épididyme à son extrémité antérieure, donne naissance à un canal éjaculateur qui débouche dans une yésicule piriforme dont le canal excréteur, mince et protractile, constitue le pénis. L*orifice de ce dernier est situé sur la ligne médiane de la face ventrale, entre le Yingt^^uatrième et le Yingt-cinquième anneau.

L'appareil femelle se compose de deux ovaires pourvus chacun d'un ovidude. Un canal commun réunit les deux oviductes et se termine par un renflement (utérus) dont la partie antérieure (vagin) s'ouvre en arrière de l'orifice mâle entre le vingt-neuvième et le trentième anneau.

La vésicule piriforme de l'appareil mâle est recouverte d'un organe glanduleux dont la sécrétion entoure les spermatozoïdes d'une enveloppe commune (spemo' tophoré). De même, l'utérus de l'appareil femelle est en rapport avec une glande qui produit une grande quantité d'albumine.

La copulation des Sangsues [se fait ventre à ventre et dure plusieurs heures. Le spermatophore est introduit dans les organes femelles et c'est à l'intérieur de ceux-ci qu'a lieu la fécondation.

La ponte s'effectue hors de l'eau» dans la terre humide, un mois après l'accouplement. À ce moment, la région où se trouvent les orifices sexuels se gonfle en une sorte de ceinture. Celle-ci renferme un grand nombre de glandes qui sécrètent une substance visqueuse devenant bientôt une capsule membraneuse en forme de tonneau. La Sangsue sort à reculons de cet anneau, après y avoir pondu un certain nombre d'œufs entourés d'albumine. Aussitôt les deux ouvertures de la capsule se rétrécissent et celle-ci devient en se desséchant semblable à un cocon. Les cocons de la Sangsue sont donc des réceptacles d'œufs; ils peuvent en contenir de trois à vingt et protègent les embryons, en même temps que l'albumine qu'ils renferment sert de nourriture aux jeunes.

L'éclosion a lieu un mois après la ponte. Quand les jeunes Sangsues sortent du cocon, elles sont filiformes, transparentes et longues d'environ 2 centimètres.

B. Nématelminthes. Ils sont le plus souvent dioîques. Le mâle est habituellement plus petit que la femelle; son appareil génital se compose généralement d'un t^ticule impair muni d'un canal vecteur débouchant dans le cloaque. Celui-ci renferme ordinairement, à sa partie postérieure» deux pièces chitinease& (spicules) qui servent à fixer la femelle pendant l'accouplement. Celle-ci possède un ou plusieurs tubes ovariens pairs, filiformes, aboutissante un vagin commun qui débouche le plus souvent vers le milieu de la face ventrale. Ils sont ovipares ou ovovivipares; la plupart présentent un développement accompagné de mëtamorphoses et de migrations.

C. Plattelmimthes. Presque tous sont monoïques; les glandes femelles sont généralement formées d'un germigène ou ovaire^ dans lequel se forme l'ovuki d'un vUellogène qui produit le jaune et d'une glande coquillière qui sécrète une substance destinée à former une coque à l'œuf, après la fécondation.

a. Turbellariés. Dioîques (Némertiens) ou monoïques (la plupart des Plana* riens). Reproduction rarement scissipare.

GÉHÉRATlOn (AViroKii ii raTstoLooii coHPitdii). 3S5

h. Tmmitode». Ils sont monoïques, arec doux orilicea g^sitaux situas sur Il bce Tentrale près de la ligne médiane. Lea testicules sont au nombre de deux et la einiut déférents aboutissent à une Tésicule séminale qui communique iiec un péni». Un vagin sinueux servant en même temps d'utérus est suivi d'un oriducle qui reçoit les produits du germigène et du vitellogène. (In rjceptacle iémiiial esL souvent annexé à l'oviducte.

FÎT- 11. — I . OrfiDHilîon d'une Pluuin (Torbeliinj d'sndrwèlt). — a. boucba. — Kp

* i. 1__.__ . nmiflcïUoai. — C, syrtémeneriBOi. — s

*■ '" "~" ' pocbc copnlalric*. —

f. (pïcnlt copi

•Meule liminiJB.

0, bouche. — ph, pbltjni. -

Chen les Polystomiens, le développement est en générai direct, ChuK Itst f)istoinieos.i sa aortiedel'œur.l'embryonpénitre habituellement dans un Uollusque aquatique. Li il se transforme en un sac ou un boyau appelé rédie quand il posiéde un tube digestif et tporocyite quand il n'en a pas. Ces sacs produisent, par gemmation interne, des êtres (cercaires) pourvus d'un appendice caudal. Les cercaires ne di£(%rent guère des Distomes adultes que par la présence de In queue et l'absence des organes génitaux ; elles quittent le sac qui les renferme, ainsi que l'tlàle de celui-ci, nagent pendant quelque temps et pénètrent dans le corps d'un nouvel animal aquatique (Mollusque, larve d'Insecte, Cruslacë,elc.). Là elles perdent leiir queue et s'enkystent; toutefois les organes génitaux ne se développeront que lorsque le deuxième hôte sera dévoré par un Vertébré. Délivrées de iear kyste dans l'eslomac de ce dernier, elles se transportent dans un organe déterminé oii elles adièvent leur développement : il y a donc trois hôtes différents logeant trois formes différentes des Distomes.

3!6 GËNÉRiTION (tMitoMiB et fhtuologii coHPiiiii].

G. CesUâdet. Ils sont monoïques. L'embryon {proacoUx oa hextuaatke) et muni de sii crochets et ne peut achevei* son développement daas le miliea où il est né ; il doit passer dans le corps d'un hôte provisoire oii il s'enkjste et pndail un orpane de fixation [ictAex ou lélé], en même temps qu'il devient vésiculeni [hydalide). Quand l'hôte provisoire est devenu la proie de l'hôte délinilir, l'enveloppe du kyste est digérée et la tête se fixe aux prois du tube digestif. Csllftd

mlodii; I. Inaeau da Téoii (fitnni •chémttiriUM, d e. — c, bulbe (EMphigien. -

nligêne). — q, (crmidncl

mal. - I, péaii

c, cbdbI dériruil. - e. poche du c — M, OTsire (gïrmigène). — h ipparcil .«erreur. — », lépuaen

produit alors à son extrémité postérieure, par un bourgeonnement axial ooaliiuk un long ruban [utrobUe] d'articles (proglûllii) qui sont autant d'iiidividui aeiuà monoïques produisant des œufs par milliers.

L'appareil mMe est composé de nombreux testicules dont lescanauz déférmls se déversent dans un canal excréteur commun. L'extrémité de ce canal (ctrrt) est enlourée d'une poche musculeuse {poche du cirre). L'appareil fonieUe «t formé d'un ovaire, d'un vitMlogène, d'une glande coquiUiére, d'im lûént, d'un réceptacle témiaal, d'un oviducU, enfin d'un vagin qui délwuL'he ordinairement en arritre dti cine.

GÉNÉRATION (anatohib ^t physiologie coHPiRéis). 3S7

Le développement de Tappareil génital est d*autant plus avance tpie les uoeaux soot situés plus loin de la tête.

Quand ces derniers sont arrivés à maturité, ils se détachent du strobile, et on leur donne alors quelquefois le nom de cucurbitains. Ceux-ci renferment Tutérus rempli d œufs et ayant acquis tout son développement, tandis que les testicules, J'oraire et les glandes albuminipares ont plus ou moins complètement disparu. Les cucurbitains des Téniadés, au moment de leur sortie du tube digestif de J'hôte qui les loge, contiennent des milliers d*œufs renfermant chacun un embryon; ils vivent pendant un certain temps et, quand ils se décomposeut, leurs œufs deviennent libres. Ceux-ci ont une coque dure qui leur permet de résister pendant longtemps à toutes les causes de décomposition ; Tembryon qu*ils renferment présente trois paires de crochets dont Tune est dirigée en avant, tandis que les deux autres sont placées latéralement. Lorsque les œufs, après un temps plus on moins long, parviennent dans Testomac d*un animal herbivore ou omni- Tore, la coque de l'œuf est détruite par le suc gastrique et Tembryon devient libre. Celui-ci traverse la paroi de l'intestin en se servant de ses deux crochets antérieurs pour perforer et des deux latéraux pour se pousser. Quand il a trouvé son lieu d'élection, il s'enkyste, perd ses crochets et prend la forme d'une vésicule (hydatide).

L'hydatide peut être stérile ou fertile. Dans le premier cas, elle se compose uniquement d'une série de vésicules emboîtées les unes dans les autres et on la désigne sous le nom tïacéphalocyste. Dans le second cas, il existe à la surface de la vésicule une {cysticerque) ou plusieurs {cœnuré) dépressions formées par une invagination de la paroi et au fond desquelles se développe,- un mamelon saillant, qui est l'origine de la tête du futur Ténia. Enfin il peut arriver que l'hydatide produise par gemmation des vésicules secondaires et que les têtes des Téniadés prennent naissance à l'intérieur de ces capsules secondaires; on a alors ce qu'on appelle un éckinocoque. Celui-ci contient un nombre de têtes considérable et peut acquérir un volume énorme.

i stérilet Acipahloeyite»

HYDATIDES. | i un seal bourgeon CytOcerque.

I '«rlil^s ••'lit V f primaires C»nure.

♦ Plwieuw bourgeons . .| primaires et secondaires Êchinocoque.

Chez les Bothriocéplialidés, lesproglotlis ne se détachent pas isolément, comme ceux du Ténia ; ils sont rejelés par séries rubanées, et avant leur expulsion les œafs deviennent libres par rupture des parois proglottidiennes. Ceux-ci sont elliptiques et présentent un opercule en forme de calotte à l'un des pôles.

L'œuf se développe dans l'eau et l'embryon s'en échappe revêtu, sur toute sa surface de longs cils vibratiles au moyen desquels il se meut librement pendant un certain temps, au bout duquel il subit une mue et se débarrasse de son revêtement ciliaire. Cet embryon est alors constitué comme l'hexacanthe du Ténia et présente six crochets mobiles. Ici s'arrête l'histoire du Bothriocépliale ; on ne sait pas encore quel est l'hôte de son hexacanthe ; mais ce qu'on sait, c'est que, contrairenient à l'opinion vulgaire, on ne peut se donner le Bothriocéphale en mangeant du poisson. (Pow* plus de détails surlesCESToloEs, voy. ce mot.)

D. Bryozoaires. Une loge de Bryozoaire est tapissée intérieurement par une oouche cellulaire vivante. Or, l'animal qui habite cette loge n'a qu'une durée éphémère et ne tarde pas à se transformer en un corps brun plus ou moins sphé-

3S8 . GË>ÉltAT10N («hatohie et puysiolduib coariiiEs). rique. Pendant ce temps, un bourgeon se forme sur la paroi de lu loge, gnndil, prend la place de celui qui vient de disparDilrc, et ainsi de suite (Joliel). In Bryozoaire se compose donc de deux individus dont l'un (nourricier) est emballé dans l'autre (reproducteur). Muisia reproduction ne s'elTectue pas seulemenl pir bourgeonnement ; elle est aussi sexuelle et, même dans ce cas, c'est eni:ore dans la loge ou ses dépendances que se développent les organes mâles et femelles. Ceux-ci sont ordinairement réunis sur le môrae indiviiiu; r;iremeut on les observe sur des individus différents. Les larves sont ciliées et présentent tes formes les plus variées. Leur étude permet de considérer les Bryozoïires coaune 61s des Botifères et frères des Brachiopodes (Barrois).

gm

Fig. IB. — BTdroMei.

1. Colonie de Ctrdylopliora laoïitru montTBnl les individn) DDurrkicrs «t Itiioditidut ivpmdutirur Dim run lia raui-ei, 'ti jcun« lirtt) iplanuUij ont lequis leur complet dévcloppencnt M *'<cb>ppenl. — i, S. Plinuki i dm tuls de canl:ictl<iD dilKrenti.

E. RoTATEons. Les nn5les sont plus petits et plus rares que les femelles: leurs organes sexuels sont repi'ésentés par un cœcum rempli de spermatozoïdes dont le canal excréteur s'ouvre Mapailie antérieure du corps.

Les organes femelles se composent d'un court oviducle qui débouche dam le cloaque et renferme souvent, pendant l'été, des embrjons en voie de développe-

ment. Il existe deui sorti>s d'œufs : ks uns {ceufg d'éW) ont un développement par* tbéoogenëtîqae, les autres {œufs d'hiver) sont pondus en automne et fécondes.

V. £eblB*dermes. A l'exception des Spaptes, les EcliEnodermes sontdioïques. Il est quelqiierois difGcile de distinguer les testicules des ovaires nutr». ment que par l'examen microscopique; cependant, au moment de la fécondation, les premiers ont une couleur blanclie, tandis que les seconds prennent une teinte jiune brun ou rougr'iirc. Cliei les Oursins et les Étoiles de mer, les oignes génitaux sont situés d,ins les espaces iotorradiaux et débouchent par des pores dorsaux percés dans des plaques squeletliques spéciales (plaques génitaiet). Chei les HolotliurJes, les organes sexuels sont représentés par une seule glande ramifiée. D.ins l'imineiisc majorité des cas, la fécondation se fait dans ^l'eaudemerpar la rencontre des éléments sexuels; cependant quelquefois la récondation est intérieure (Amphînres vivipares).

>ig. 10. — UfcIroEilat.

I. — C^oisd* SoiipaJanJJia raïuu porUoi des MMnioIdea d^Tcloiipéei dus Ici r<f Ion oA wde-

Klopptnt <^l«ncoi ili!! Poljpn. ~ a, Poljpci nDurncicrj. — b, iDdiTidiu Kiufa (Xédiuoldci) 1

iiTtn itili it iirtinpfumtal |gi^>ui 10 rai*). S. — MMiuf <U Bsuçainrillia ramata dennue Ulira {laênM groultHinenl).

Les Ëchinodermes présentent des métamorphoses très compliquées. L'embryon ut toujours cilié et passe par des états larvaires dont la forme bilatérale est

330 GÉNÉRATION (ahatomib et phtsiologie cohpabCes).

caractéristique ; c*est aux dépens de la totalité ou d'une portion restreinte du corps de ces larves que se forme rÉchinoderme rayonné où Ton peut d'ailleurs toujours retrouver la symétrie bilatérale.

YI. Gœlentéréa. Nous examinerons sous ce chef les Cténophores, les Hydroméduses, les Coralliaires, les Spongiaires.

A* Cténophores. Us sont monoïques et se développent directement sans passer par une phase agame. Les produits sexuels naissent de chaque coté des rayons costaux, dans des diverticula spéciaux, les ovules d*un côté, les spennatôzoïdes deTautre.

B. Htdroméduses. Hs doivent leur nom à la particularité qu'ils présentent d'avoir deux formes, l'une cylindrique {forme kydraire ou polypcnde)^ l'antre campanulée (forme médusaire).

La forme hydraire est agame. Elle représente un cylindre creux fixé à l'une de ses extrémités et offrant à l'autre une ouverture plus ou moins large, remplissant à la fois les fonctions de bouche et d'anus. Cette ouverture est entourée d'un cercle de tentacules creux communiquant avec la cavité du corps ou cavité digestife.

La forme médusaire est sexuée. Elle représente une sorte d'ombrelle ou de cloche gélatineuse creusée à son intérieur de canaux rayonnants. Du fond de cette cloche sort un pédicule creux entouré de tentacules portant une boache à son extrémité libre. La Méduse est libre et nage au moyen des contractions de son disque.

a. Discophores. De l'œuf fécondé de la Méduse sort une larve ciliée {planula). Celle-ci, après avoir nagé pendant un certain temps, se fixe, perd ses cils vibratiles et prend la forme d'une coupe {scyphistome) dont les bords se garnissent de tentacules. Le scyphistome se divise ensuite, de haut en bas, en un certain nombre de tronçons transversaux et lobés empilés les uns sur les autres (strobUe), Ceux-ci se séparent bientôt, par rupture dfi l'axe central qui les relie, et donnent des individus libres qui se développent en autant de Méduses diolques. Celles-ci sont grosses; le bord de leur ombrelle n'offre pas d'ouriet contractile et seft corpuscules marginaux sont recouverts par un repli membraneiu. Les organes reproducteurs sont habituellement situés au fond de quatre pocha périgastriques spéciales et les produits sexuels s'échappent par la boudie. Exceptionnellement, chez les Pélagies, la planule ne se fixe pas et se transforme directement en Méduse. Enfin, les Lucernaires constituent des Méduses qui, au lieu d*être libres comme les autres Discophores, sont fixées par le sommet de l'ombrelle, celle-ci étant divisée en huit lobes terminés par des groupes de tentacules courts.

b. Hydroldes. De l'œui fécondé de la Méduse sort une planula qui, après s'être fixée, constitue un petit polype hydroïde d'où nait, par gemmation, une colonie plus ou moins nombreuse composée d'individus nourriciers à hanàft entourée d'un cercle de tentacules tubuleux et d'individus reproducteurs. Ceux-ci sont des sporosacs^ des médusoides^ ou enfin des Méduses.

Le sporosac est un bourgeon qui contient une colonne creuse centrale {gpadiee\ autour de laquelle se développent les produits sexuels.

La médusoUde est un sporosac dont la périphérie devient une coupe munie de prolongements gastro-vasculaires et dont le spadice est libre, ouvert oa fermé à son extrémité. Les éléments sexuels se développent dans la paroi du spadice.

Enfin la Méduse est une médusoïde qui se détache et dont les produits

GÉNÉRATION (m^Toii!

„„„^ „.. ^ , Tlt0t.O6IE COMMUiBs). 531

«déreloppenl soit dans los parois du manubrium, soit dans celles 6a oDiiii du disque. — Us Méduses liydi-oides sont dësisnées sous le n*"» ^^ gfmt^alme», parce que leurs corpuscules marginaux sont \ nu sur le bord de

Fi(.î1. - lUproducUon d« Bjdroldo,. -o, .poroMC. - 6, mWuwldc, - c, ll«lt.«. roolireUe, ou sons celui de crasptdote», parcequ'elles possèdent un repli muscu-

c, pcUli Wotaciile» mirginiui 1 - Cmp* Terticila d'une Porp Mirila. — *, indiildos iiftoi\

lo-meiobmieux (vdam) percé i sou cenlre d'une ouverture par laquelle peut wrtir le Runabrium.

53S GÉNÉRATION («katomis et phibiologie coHrtiiBs).

Selon que l'on considère les appareils reproducteurs de la colonie comoe des individus disliricts ou, au contraire, comme des orgnncs d'un même udividu, il y a ou il n'y a pas aitfimance de génération chez les Hydromel uses.

c. Siphonophores. Ce sont, en icalilc, des colonies polymorphes d'HjdrDulu renfermant comme ceux-ci des individus reproducteurs et des individus Dooniciers auxquels s'ajoutent des filaments préhensiles des cloches nalatnres, eic.

Les individus reproducteurs sont des médusoïdes qui se détachent qoelquefois des colonies, mais se transforment rarement en Méduses libres. L> larve sortie de l'œui développe la colonie pur bourgeonnement.

C. CoHALLiAiREs. Ils ont la même forme que tes polypes des Hydromédus». mais leur organisation est plus compliquée. Non seulement ils ont une tiille beaucoup plus considérable, mais encore la bouche s'ouvre dans un lube [tubt itomacal) suspendu au milieu du cylindre qui représente le corps de l'animal.

Les trois modes de reproduction par scissiparité, gemmiparité et oviparîté.» rencontrent sur les Coralliaires ; les deux derniers sont les plus fi-équenis, nui)

(ig. 13. — ËpDDga ulaira

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