GÉNITAUX (ORGANES
plantes appelés tantôt vulnéraires ou thés suisses, qui servent, comme Tindique leur nom, de boissons contre les chutes : Fall, chute, et Iranky boisson.
On conçoit que le Genipi blanc , constitué par des espèces du genre Artemisia, puisse être excitant, emménagogue, stomachique, fébrifuge, toutes propriétés attribuées avec juste raison aux plantes de ce groupe, particulièrement à Tabsinthe et à Tarmoise. Mais personne n'admettra qu'il puisse être un vulnéraire efficace dans un cas de traumatisme.
Pas davantage je ne saurais croii-e aux bons effets d'une infusion de Genipi contre les affections dites de refroidissement, la pleurésie ou la pleuropneumonie particulièrement. C'est pourquoi l'étonnement de J.-J. Rousseau, en présence d'un échec absolu de ce médicament dans un cas d'affection pulmonaire contractée par un de ses amis, le botaniste Anet, nous fait volontiers sourire aujourd'hui. Voici le récit du grand écrivain rapporté dans le livre V des Confeisions :
4 Dans une course qu'Anet avait faite au haut des montagnes pour aller chercher du Genipi, plante rare qui ne croit que sur les Alpes, et dont M. Grossi avait besoin, ce pauvre garçon s'échauffa tellement qu'il gagna une pleurésie (ioiit le Genipi ne put le sauver, quoiqu'il y soit, dit-on, spéciûque... » (Roques, Tr. des plantes usuelleSy 1838, t. II).
Is Genipi noir^ souvent la millefeuille noire, Achillea atrata L., passe pour tonique, stimulant, sudorifique. D'où son usage contre les débilités, les affections catarrhales des voies respiratoires, la dyspepsie atonique, la diarrhée et même la dysenterie.
Je ne conteste pas que les Genipis puissent être d'une certaine importance secondaire dans les maladies que je viens d'énumérer, mais ils ont pour moi le grave défaut de jouir d'une réputation surfaite qui trompe les malades et leur donne une fausse sécurité. Cette croyance ilicheuse à des vertus thérapeutiques puissantes conduit les malheureux malades à perdre souvent un temps précieux; ^\s attendent des effets salutaires impossibles, quand une médication plus puissante est indiquée formellement, qui eût pu les tirer d'affaire.
En définitive, la médecine populaire fera donc bien de laisser de côté les Genipis, simples d'une action insuffisante dans les affections souvent sérieuses contre lesquelles un empirisme vulgaire les a préconisés.
On les administre généralement en infusion, quelquefois en décoction, pour le pansement des plaies. Ernest Labbée.
CENISTA. Voy. Gbket.
«E^I8TEE.IJB. Voy. Gekestrolle.
CEiviSTROLLE. Voy. Genestrolle.
6Ë!iiiTAl}X (Organes). La disposition générale des organes génitaux dans la série animale est décrite au moi GÈnihATiofi {Organes de la), La génération t'ilomême, la fonction génératrice, est étudiée à ce même mot, auquel il faut joindre les mots Fécondation et Œuf. Pour le détail, on voudra bien recourir aux articles spéciaux indiqués ci-après :
i^ Pour ï homme : Crémaster, Dartos, Péris, Prostate, Scrotum, Sperma- TiQUEs (Voies) j Sperme, Testicule, Urèthre;
"1" Pour la femme : Ovaire, Utérus, Vagin, Vulve. D.
51S GÉNOPLASTIE.
(Nerf). Voy. Lombaire (Pleaiis),
€iEl%NETÉ ou GK^TÉ (Gladde-Léopold). Physicien français que ses lrauu\ sur Taérage ci la ventilation des maisons, des hôpitaux et des navires» nous luut un devoir de mentionner dans ce Dictionnaire. 11 naquit à Eulmont, près dt Nancy, le 5 janvier 1706. Grâce à la bienveillance de Jameray Duval, il put lir^ les meilleurs livres scientifiques deTépoque; il apprit seul la géométrie eldi'S Tâge de vingt-cinq ans devint Taide du professeur de physique de rActdémi>' établie à Luncville pour Tinstruction des cadets gentilshommes. Quand François Etienne, duc de Lorraine, devint empereur d'Allemagne, il appela Genneté à 5«t cour, à Vienne, et le nomma directeur de son cabinet de physique. Par ordrt de ce prince, il visita les principales mines de Tempire, afin de rechercher It^ moyens d'eu perfectionner lexploitatiou. Enfin, fatigué de cette vie laborieux, il se retira à Nancy, s'honorant du titre de premier physicien de feu Sa Majeitr impériale, et mourut dans cette ville le 21 avril 1782. Nous citerons <le lui:
1. Construction (nouvelle) de chemin/es qui garantit du feu et de la fumée... Paris, TOO. 3* édit., 1764, in-i!2 (Mémoire approuvé par l'Acad. des Se. et imprimé pour la premier ' fois sur son ordre en 17W). — II. Expér. sur le cours des fleuves. 1760, in-8'. — lll. *'"»«' des laboureurs, etc. Nancy, 1764, in-12. — IV. Purification de Voir croupissant dan^i'^ hôpitaux, les prisons et les vaisseaux de mer, par le moyen continuel d'air pur et fra''^- Nancy, 1767, in-8*, fig. (avec le précédent). — V. Connaissance des veines de houille et Iw exploitation, etc. Nancy, 1774, in-8% fig. (ouvrage fort loué par le naturaliste <]uettard.
«É^OPLASTIE (de gêna, joue, en latin, et de TrX-âadeiv, former, resiaim, en grec). Opération par laquelle on répare les pertes de substance qu*éprouT<:B! les joues, ou les difformités congénitales ou acquises de cette même région.
L'étendue même que présentent les joues en surface et en épaisseur, la diversité et la multiplicité des tissus qui entrent dans leur composition, lesexpo^^ni à des imperfections de développement ainsi qu*à des destructions quehiati"'^ très-profondes, telles que nous en avons vu par les brûlures, par la pu<'u!^ maligne, l'anthrax et d'autres affections gangreneuses, d'où résulte nou-seukment une difformité extrêmement choquante, mais encore le défaut de cl'^tïn-^ de la Ciwilé buccale et par suite Tècoulement continuel de la salive, l'impNbilité d'une mastication, d'une insalivation et d'une déglutition régulières. en!:: le resserrement ou la constriction permanente des mâchoires, ou des désiatioiis des inclinaisons en divers sens des lèvres, du canal de Stenon, de la langue, d*^ piliers du voile du palais, et de toute la lace que nous avons vue inclinée ^^ le cou et détournée d'un côté par des cicatrices profondes, quelquefois mênirp^^' des cicatrices simplement cutanées comme par une rétraction mnsculaiit. ^^' véritable torticolis.
La destruction de la joue par une altération organique est rindicalioul' plus fréquente de la génoplastie.
La destruction de la joue entraîne une destruction plus ou moins proi^n<ir des lèvres, de la commissure, et la plupart des mêmes accidents qui sontcau>«'^ par la destniction de l'une ou de l'autre lèvre ou de leur commissure. Au^$l ^ génoplastie produit-elle, dans ce cas, simultanément le redressement de \* lèvre et la restauration de l'orifice buccal, ou s*associe-t-elle à une cheilopia>iH
Elle fait d'autre fois sentir son influence jusque sur la paupière infériourt qu'elle dévie partiellement ou en totalité, jusqu'à découvrir la partie iflleriti''^
GÉNOPLASTIE. 519
du globe oculaire et à donaer lieu aux graTes accidents que produirait un Téritable ectropîon. Pour faire cesser ce tiraillement qui, transmis de proche en proche jusqu*à la paupière inférieure, produit des effets si désastreux, la génoplastie, en même temps qu'elle répare la joue, procure au malade le bénéfice plus précieux encore de la réparation de Torifice palpébral et s'associe à la blépharoplastie soit comme opération préliminaire, soit comme opération équivalente.
Aussi a-t-on dû se préoccuper de la possibilité de réparer les difformités et les pertes de substance de la région génienne et rechercher les moyens, sinon de restituer à la joue sa forme et ses dimensions naturelles, au moins de lui rendre la possibilité d'accomplir ses fonctions.
Il est rare que la destniction de la joue ne comprenne pas en même temps la destruction d'une partie des lèvres ; suivant que ces destructions coexistent ou qu'elles se présentent séparément, les moyens de réparation diffèrent beaucoup. C'est en effet un point très-important que d'avoir le contour de la bouche conservé, comme le contour des narines et celui des paupières. C'est aussi un point important, tout en ayant une perte de substance au milieu de la joue, de rencontrer tout autour de cette perte de substance des tissus souples, épais, qui peuvent fournir des lambeaux bien nourris et susceptibles d'adhérer l'un à l'autre du premier coup, sans donner naissance à des rétractions vicieuses.
Les procédés autoplastiques des joues différeront donc suivant que la destruction de la joue sera accompagnée ou non accompagnée de celle d'une partie des lèvres, des narines, des paupières, suivant que la perte de substance dés joues sera environnée de tissus parfaitement sains, ou, au contraire, de tissu inodulaire rétractile, ajoutant sa propre difformité à celle de la destruction partielle, plus ou moins grande, de la joue.
Un point particulier à la région et auquel il faut porter toujours une attention spéciale, c'est la conservation du canal de Stenon, qui déverse dans la bouche la salive parotidienneet qui s'ouvre vis-à-vis de la seconde petite molaire au sommet d'une papille muqueuse. On est quelquefois tenu de déjeter ce canal, généralement vers le haut plutôt que vers le bas. D'autres fois, on doit en recorîstituer l'ouverture dans la bouche et fermer sur la joue une fistule salivaire communiquant avec ce canal et donnant heu, par intermittence, à un écoulement de salive plus ou moins abondant. Quand on a assuré par divers moyens la libei-té de Torifice du canal de Stenon sur la muqueuse buccale, on obtient facilement l'oblitération de la fistule en en rafraîchissant les bords et les tenant af- I rentes par une ou deux épingles autour desquelles on entre-croise le fil, de manière à faire un ou deux points de suture entortillée.
Lorsque la destruction de la joue existe chez une jeune fille, à la nécessité (Je compléter la cavité buccale s'ajoute assurément celle de réparer un pareil désordre, au point de vue esthétique, car l'aspect du visage dans de pareilles conditions est véritablement hideux. C'est ce qui explique les eifoits auxquels les chirurgiens se sont livrés, de nos jours, depuis Delpech et Lallemand (Ari'hives générales de médecine y t. IV, p. 242), pour réparer à tout prix de pareilles difformités.
Ce qui en fait la difficulté, c'est que la joue est entourée d'orifices cutanés à peau fine, délicate, les orifices des organes des sens, qu'on ne dénature, qu'on ne déforme que trop aisément, lorsqu'on fait des tentatives de réparation de la îovie. On risque d'abaisser la paupière inférieure, de produire un ectropion et
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de causer un écoulement continu des larmes et une exposition permanPBle k la cornée à Tair extérieur; ou d'attirer à soi une narine, d*en faire perdre le jeu-, de Taplatir, etc., ou bien d'élever ou d'abaisser la commissure des lèvres et de l'attirer vers la région malaire, ou parotidienne on sous-maiillaire.
C'est pour éviter toutes ces conséquences des opérations pratiquées surl^ joue que l'on doit avant tout, outre les règles générales de l'autopiasiie. créer un certain nombre de règles fixes, particulières à la génopîastie, comme de ne réparer les joues qu'avec des lambeaux cutanés qu'on puisse doubler de moqueuse ; de ne jamais réunir des lambeaux entre eux de manière à prodaire m cicatrice qui s'étende de la partie moyenne de la joue à la paupière inférieure. surtout en un point trop limité, ou à la commissure buccale, à une des lèvres, etc. ; de disposer les lambeaux de manière que les cicatrices inévitables >^ trouvent être parallèles aux orifices sensoriels (lèvres, narines, paupières , aii lieu de leur être perpendiculaires, ou de former, par rapport à ces oriâces^d^^ cordes au lieu de flèches, seul moyen de les soustraire aux tiraillements h tissu inodulaire; d'avoir soin, lorsqu'on a fait concourir plusieurs lambeaux^ la réparation de la joue, de les disposer de telles façons que leurs tractions eo sens inverse se compensent ou se neutralisent, par exemple, que, si la coonû^ sure buccale est déviée en haut par un de ces lambeaux, elle soit déviée en ba^ par un autre et que l'effet de l'un neutralise l'effet de l'autre. Sans doute «1^ demande beaucoup d'habitude et de sagacité; il faut pouvoir comprendre davance l'effet que produira l'application d'un procédé autoplaslique associai un autre; il est même bon de s'exercer sur le cadavre avant de pratiquer I *>pération sur le malade et de tenir compte des effets de la rétraction cicatricielle qui s'ajoutera sur le vivant aux autres causes de déformation.
On a eu recours dans maintes circonstances à l'emploi de la méthode fr^ çaise^ c'est-à-dire au simple glissement des lambeaux, facilité par les diTe^ moyens mis en usage en pareil cas, tels que le décollement par la dissection. les incisions libératrices, etc.
C'est ainsi que Franco avait déjà de son temps compris et pratiqué la géo»plastie. Il est le premier qui ait restauré une joue presque entièrement perdue (( Un Jacques Janot, dit-il, eut une défluxion qui lui descendit en la jooe t\ tomba la dite joue ou la plus grande partie d'icelle, et pareillement (i^ mandibules dont il perdit plusieurs dents et demeura un pertuis par lequel ui œuf d'oie eust pu passer. Pour venir à la cure, je prins un petit rasoir elcopp^ le bord ou cuir tout à l'environ. Après je fendoys la peau contre l'oreilk <! vers l'œil et vers la mandibule inférieure; puis je coppay au dedans en Iod- ''^ à travers pour allonger les labis, me gardant toutefois de venir jusque '" dehors, car il ne falloit pas copper le cuir. J'appliquai incontinent sept aipi'»^'" enfilées, desquelles, au bout de quatre ou cinq jours, en tombèrent trois M fallut en remettre d'autres. Bref, il fut guéri dedans quatorze jours. > An»^ Franco disséqua les téguments de tous côtés jusqu'à ce qu'il put en affror'' les bords. Sa description permet de présumer qu'il avait taillé plusieurs \^ beaux et qu'il les avait mobilisés par la dissection, de manière à pouvoir l^ faire cheminer l'un vers l'autre par glissement, comme dans les procéder "•^' à tiroir de la méthode française.
C'est dans la mise en pratique de ces procédés et de cette méthode que 1*^' peut avoir à pratiquer des incisions libératrices semi-lunaires ou angulaire à une certaine distance d'un ou plusieurs lambeaux, pour en faciliter le glissemen >
GÉNOPLASTÏE rr2i
soit que la hxité du tissu cellulaire sous-jacent suffise à ce glissement, soit qu OD ait sëparë tout à fait la face profonde du lambeau des tissus sous-jacents, ne le laissant adhérer que par les bords, s'il faut obtenir un rapprochement entre lambeaux éloignés, à Taide d'un glissement beaucoup plus étendu.
Roux [Revue médicale^ d828, t. I, p. 50) eut à traiter un malade atteint d'un cancer qui avait détruit la joue gauche et une partie des lèvres, formant un ulcère de deux pouces de haut en bas et de un pouce et demi transversalement. Deux incisions semi-lunaires, allant des lèvres au massëter, effectuèrent Texcision de Tnlcère cancéreux et y substituèrent une plaie fraîche , elliptique, un peu plus large que haute. Toute la lèvre inférieure, ayant été disséquée jusques auprès des masséters et au-dessous du menton, put être élevée jusqu'à la rencontre du bord supérieur de la solution de continuité avec lequel on l'affronta à l'aide de la suture entortillée, des bandelettes agglutinatives et du bandage conlentif : la guérison fut rapide.
Dans un autre cas, Roux parvint encore à faire une génoplastie, mais il ne lui fallut pas moins de sept opérations successives et d'une année de durée. Velpeau {Médecine opératoire, t. I, p. 676), qui raconte le fait dont il a été témoin, admire autant l'habileté du chirurgien que la patience de la malade, jeune fille de vingt ans, dont l'aile du nez, la moitié de la lèvre supérieure et rie la joue, avaient été détruites par la gangrène. Une portion du (naxillaire supérieur nécrosé faisait communiquer la plaie avec les losses nasales et le sinus maxillaire et laissait sortir continuellement la langue de la bouche. Roux commença par isoler le côté gauche de la lèvre inférieure, le déplaça en le portant en haut cl s*en servit pour refaire la portion détruite de la lèvre supérieure; l'ouverture buccale se trouva dès lors complètement séparée de la plaie, réduite elle-même à un large ulcère de forme arrondie, et qu'où ne parvint à fermer, après plusieurs tentatives infructueuses, qu'aux dépens du lambeau qui avait déjà servi à refaire la lèvre supérieure. Il ne resta à la malade d'autre trace de son ancienne difformité qu'une certaine étroitesse de la bouche et quelques traces cicatricielles sur la joue, comme à la suite d'une brûlure.
Chez une femme d'environ cinquante ans, qui avait eu la joue gauche gangrenée à l'âge de neuf ans et qui présentait au coté gauche de la joue une énorme perte de substance laissant à découvert une grande partie des mâchoires, les deux dents incisives latérales, les deux canines et les trois premières molaires de ce côté, le tout fortement dévié en dehori, et la mâchoire inférieure ankylosée, Gensoul {Journal des hôpitaux de Lyon^ t. 1, p. 16), après avoir séparé des os et avivé la circonférence de Tulcère, détacha le reste de la joue jusqu'au cou d*une part et sur le masséter de l'autre, après avoir enlevé, à l'aide de la gouge et du maillet, la partie saillante de la mâchoire, ainsi que les dents proéminentes (fui s'y trouvaient implantées, put ensuite rapprocher les deux bords de la plaie et en pratiquer la suture. Une petite fistule salivaire à peine visible est tout ce qui resta à cette femme d'un aussi vaste délabrement, dont la cure fut duo à une génoplastie opérée, comme l'on voit, par simple décollement et glissement ou par la méthode française.
Presque toutes les autres tentatives de génoplastie ont été faites de même par tlécoilement, par la méthode française. Plusieurs malades que nous avons vu opérer par Serre (Compte rendu de la clinique de Montpellier, 1857], ou que nous avons opérés nous-mêmes par cette ^méthode, ont parfaitement guéri.
DiefTenbach, qui a joint souvent les incisions à distance ou libératrices de
bn
GÈN0PI.AST1K.
Tiiéveniu itux décollements du Franc», a obtenu aussi plusieurs succès. Velp-jj on cite plusieurs obtenus par lui-même, a l'aide de la même mélbode. luniri les manières de pratiquer la géiioplaslie. comme la cheiloplaslie, li bli:|ili3'(plaslie et généralement toutes les réparations, ayant été imaginées pour jvM de cas particuliers et dissemblables, il serait superflu de les comparer pou 'u faire ressortir les dilTéreuces : aussi est-on obligé de rapporter au moio* k ^mr maire de chaque observation, si l'on veut que les succès oblenus par h> devanciers puissent servir, par l'imitation, à faire obtenir de pirtiU slwc^ par DOS contemporains ou par nos successeurs.
C'est pourquoi je rnpportiirai encore les plus saillantes de ces observatioib. sauf à donner comme conclusions les règles générales dont les prbci|iik« ni été exposées au commeucement de cet article. Pour le moment, je me coateal< r.j d'ajouter que la méthode italieune, essayée une fois par Roux, qui tfiiij ir réparer la joue au moyen da téguments de la paume de la nuiu, n'est pbiblement pas d'une application lieureuse. Mais, si le glissement, le décolkumi. les incisions libératrices de la méthode française, sont insuflisaots pwi ^ géno|jl:islic, on trouvera dans la métbode indienne par t'eujambementdiiltiDbju. la torsion du pédicule, ajouk's aux décollements et aux glissemeols dea tc;^menls voisins, des ressources précieuses qu'il ne faut pas négliger, aui4Uc:l'> Lallemand et Dupuytren ont dû des succès, dont plusieurs sont trèt-rrnijt- . quable>, et auxquels je puis en ajouter quelques autres, oblenus dansmapnlii{3r etdans celle deplu^ieurs autres diirurgiens, par des opérations dont j'éaumùïiii. chemin faisant, les principales circonstances.
Voici d'abord comment Lallemand s'y prit pour pratiquer c«lle opératum O'
griioplaslie, dont il consigna les résullats dans les Archives générales d' m^'
cine. t. IV, p. 242 : t Une jeune tii>^
^.. V de dix ansavait aubasdela joue^J''>'K
^^^Ê^r^ ^k uns plaie, suite de gangrène. irrûi>'i--
J^^^^F^ ytf^^ ^^A rement circulaire, large de deux ^'^'^
^^^^B '/SSs' ^3^L ^'' ^"^^ ^^"^* comprenant il peu prèMi:i
^^^^H ^^^ft demi-pouce de la lèvre iofïricurt i
^H^^H *4^^^B quelques lignes seulement de li lî'^
^^^^^ „^— ~^~^^B supérieure. Pour combler ce vide. Ui-
^BJJl^ y^flu^flÉ^^^F mand commença par en aviver touii 1'
^A Oi^Bi^^B^^l circonférence en lui donnant la ^ktok
^^^'^^^^^ * d'une ellipse un peu plus courbejar-
haut que par le bas, et dont l'eitnQ"''
eileme du grand diamètre allait U°^-
ber entre le masséler et le muscle lriA>-
ulaire des lèvres, tandis que l'inifn*
venait se rendre au-dessus et eu My*"-
de la houppe du menton. 11 alb Uii^'
Pig. 1. - G.<i>o[d3'«c |iar 11 méthode indienne, ensuite, sur le côté du COU, au-dwà'ii""'
l'rowJé de ijiienii.id. l'angle maxillaire inférieur et a" ''f
vaut du muscle s le rno -mastoïdien, u^i lambeau de même forme, mais d'un bon tiers plus large, t^ lambeau, nblii'^' de haut en bas et d'ariière en avant, ne tenant plus aux parties vitaoKs 4'^ par une es|icce de racine, un pédicule, large d'environ un pouc£, dont leUi' supérieur faisait d'ailleurs partie de la plaie, fut conduit peu â peu et i'^
GÉNOPLASTIE. 525
torsion, par an mouTemeni de totalité de bas en haut, dans cette dernière (plaie) oii l'opérateur le fixa par plusieurs points de suture entrecoupée, des bandelettes cm plastiques, des gâteaux de charpie et quelques tours de bande. La forme elliptique fut préférée dans le but de faciliter la réunion de la plaie du cou, et la torsion évitée de crainte que la gangrène s*emparât du lambeau, comme il était arrivé à Delpech. Cette opération ne réussit qu'après divers accidents. La plaie se déchira plusieurs fois, par suite des cris, de Tindocilité de Tenfant, plus encore peut-être par la présence d'une dent canine déviée en dehors et ({ii'îl fallut arracher. La guérison néanmoins finit par se compléter. »
Quelque temps après, Dupuytren (Journal hebdomadaire y t. V, p. 110) fit une tentative du même genre, dans un cas plus compliqué, sur un enfant de neuf ans, dont il fallait réparer à la fois la joue et la moitié gauche de la lèvre i[iférieure détruites par la gangrène. Le lambeau, pris au devant du stemo-mastoïdien, tordu à son pédicule, fut fine aux bords rafraîchis de la solution de conlinuité par cinq points de suture entortillée, adhéra par sa partie supérieure et se mortifia à la partie inférieure, où Ton s'eÙorça, mais en vain, de combler le vide par une opération analogue à celle d*un bec-de-lièvre simple.
Il n*en résulte pas moins de ces deux faits la preuve qu'on peut aller chercher au cou les téguments nécessaires pour réparer la joue, qu'on peut les iléplacer par enjambement, d'après la méthode indienne^ et même sans redouter d'une manière absolue la torsion du pédicule.
Dans ces deux premiers exemples de génoplastie par la méthode indienne, il s'agissait de réparation de joues détruites par des lésions organiques. Or les ^énoplasties peuvent être indiquées par des difformités congénitales et par des lilTormités acquises.
Les difformités congénitales ou les vices de conformation des joues consistent uniquement en des fissures congénitales : tel est le bec-de-lièvre qu'on appelle commissural, telle est la division congénitale des parties latérales des joues, habilueileroent d'une seule joue, s'étendant depuis la lèvre jusqu'au milieu de la joue, quelquefois jusqu'à loreille, par suite du défaut d'adhérence de deux des bourgeons primitifs voisins dont l'union en convergeant vers l'orifice buccal donne à cet oriGcc la forme et les dimensions qui lui sont propres.
Ce bec-de-lièvre génienon commissural est une anomalie rare, que l'on pour^ rait ranger au nombre des maladies des joues, bien étudiée par Debout [Sur un coji des formes les plus rares du bec-de-lièvre, in Bulletin de thérapeutique, \ 862) et Pelvet (Mémoires sur les fissures congénitales des joues, in Mémoires de la Société de biologie, 3* série, t. V, p. 184), et qui offre deux variétés distinctes ; dans l'une l'anomalie est uniquement constituée par l'exagération du diamètre transversal de l'orifice buccal dont la commissure est portée en an^ière, parfois à une distance telle que la bouche se trouve formée par une large fente étendue d'une oreille à l'autre; dans l'autre, la fissure congénitale des joues partant de la commissure labiale se dirige obliquement en dehors et en haut vers la région temporale ou vers l'angle externe de l'œil en décrivant une courbe à concavité supérieure. La fissure génienne peut être plus ou moins longue, plus ou moins profonde, comprenant l'épaisseur entière de la joue ou réduite à un sillon superficiel, le canal de Slenon s'ouvrant parfois, au voisinage de la lèvre supérieure, ce qui donne lieu alors à un écoulement incessant de salive, nouvelle indication de génoplastie. Dans ces cas une simple réunion par la suture entortillée suffit pour la génoplastie. Malheureusement ces fissures géniennes coïncident
524 GÉNOPLASTIE.
souvent avec d'autres divisions et font partie d*un bec-de-lièvre complexe, H leur traitement rentre dans le traitement même du bec-de-lièvre plutôt qur dans la génoplastie.
Les difformités acquises sont la suite de plaies, de brûlures, de gangrène, comiir dans les cas dont j*ai parle, et dans ces cas de mortification étendue de la roiqueuse buccale connue sous le nom de noma. Ces difTormités consistent cn/^eric^i de substance d'une part, plus ou moins étendues, portant inégalement sur la pta et la muqueuse : d'autre part en adhérences anormales de la joue et des lèfres i\«. les gencives ou avec des parties plus éloignées des maxillaires, d'où résulte u difficulté et même l'impossibilité d'écarter les mâchoires et d'ouvrir la boucht On peut également observer des cicatrices extérieures^ avec ou sans perte mk substance, souvent compliquées d'adhérences avec les gencives et par coaséqud.: aussi de resserrement permanent des mâchoires.
Que l'on ait à extirper quelque production morbide de la joue, "ûu que 1'^'se trouve en présence de pertes de substance de la joue â bords cicatrieiek inextensibles, rétractiles, adhérents, empêchant le malade de retenir la saline. immobilisant les mâchoires et créant de sérieuses difficultés pour mauger rt pour boire ainsi que pour parler, ou bien enfin qu'on ait affaire à unecicalnct vicieuse ôtant à la joue toute extensibilité et aux mâchoires toute faculté d^ s'écarter l'une de l'autre, il faut, dans tous ces cas, pratiquer la génoplasiie ei souvent combiner la génoplastie avec la cheiloplastie. La formalioa du lartrdentaire et l'odeur infecte de la bouche dans ces cas ajoutent aux souflbuc^? des malades et forment une indication de plus à l'urgence de l'opération. teii> la plupart des cas l'ankylose cicatricielle des mâchoires, qui menace de se pri^ duire, à lu suite de suppuration de la plaie, si elle n'existe déjà, est le {v4u délicat, difficile du traitement.
Dans les opérations génoplastiques, il faut considérer avant tout qu'une joik sans muqueuse offre peu d'avantages aux malades, parée qu'elle entraine 1 anL) lose cicatricielle. Le plan de l'opération doit donc être conçu de telle sorte qo^ si la muqueuse correspondante à la peau de la joue vient à manquer, l'on poi<9« utiliser la muqueuse environnante des parties latérales. Si les lèvres sont eoc ^ abondamment pourvues de peau et de muqueuse, le moyen le plus simple '^ remédier aux difformités en question consiste à décoller la muqueuse des \t\\^ et à faire glisser ou à transplanter, par enjambement, la partie décollée ducî't' de la joue. On a soin de faire la suture de la muqueuse à la peau pour t\M qu'elle se recroqueville et que le lambeau ne double pas exactement le tt-^tment qu'elle est destinée à recouvrir dans la bouche. On est souvent obligé ii<^i' lever plusieurs dents molaires, surtout si elles ne peuvent plus fonctionner libt^ ment par suite de la diminution d'écartement des mâchoires; du reste«oQ»<' peut rien préjuger, et c'est seulement pendant l'opération qu'on peut décider h qu'on fera.
Dans un cas caractérisé par une grande perte de substance et où roalgn* i^^ décollements, les glissements, on ne pouvait amener au contact les bords di* 1^ solution de continuité, Mûtter, cité par Roser (Manuel de chirurgie anatomûj^f ^'^ édition, traduction française, p. i45, Paris, 1870), pratiqua une opént^'t' autoplastique ingénieuse, à l'aide des incisions courbes indiquées sur la fii^'^ ci-contre. En inclinant les quatre lambeaux, deux â deux, les uns vers ^ autres, ceux de la partie inférieure vers ceux de la partie supérieure, on obtt:ii un agrandissement assez considérable des téguments de cette région pourretur^
GÉNOPLikSTlE.
l'éelleineDt la joue. Il resta eo haut et en bas une surbce dénudée triangulaire
i|iii 5e couvrit plus tard d'une cicatrice; la malade guérit. Roser donne en même temps le dessin d'une génoplastie nécessitée par
leiisience d'une cicatrice large et dure, consécutive à une gangrène mercnrielle de la joue,
lisant les deux mâchoires l'une contre l'autre.