G£NOU
t 4^ Le tassement de k tubérosilé interne du tibia ;
€ 5<» L'ëlasticitédu £ânur et du tibia est encore un élément de redressement; cette élasticité est prenoncée jusqu'à dix ans. »
Les quelques autopsies qui ont été faites depuis par Delore (Lyon médiad^ 1874-1879) et celle de Ménard (Revue de chirurgie, 1881, p. 738) justifient les premières conclusions de Delore. Ces nécropsies ont en effet confirmé le décollement de l'épiphyse et celui du périoste. Les surfaces décollées étaient séparées par une substance molle sanguinolente. Enfin les expériences cadavériques de Saurel, Barbier, Ménard et autres, ont montré qu'il se produit une rupture habituelle soit de l'extrémité épiphysaire du fémur, soit de celle du tibia, quelquefois du péroné ; un décollement presque constant du périoste audessus de son insertion épiphysaire, quelquefois une déchirure du ligament latéral externe, lorsque le redressement était fuit avec la main ; cet accident n*a pas eu lieu lorsqu'on a employé la machine CoUin que nous décrirons plus loin.
La rupture du cartilage, d'après Barbier et 01 lier, se fait toujours du c6té de la diaphyse; le cartilage de conjugaison resle attaché à l'épiphyse. Le décollement est donc diaphysairc et non épiphysaire. .
Ce décollement est un accident qui pouvait faire craindre que l'accroissement de l'os en longueur n'eût à en souffrir. Hais les recherches d*Oiiier ont démontré qu*il est facile de se placer dans des conditions convenables oîi il n'y ait rien à craindre.
€ L'expérimentation, dit*il, nous démontre que les décollements du cartilage de conjugaison influent d'une manière variable sur le développement du membre. L'arrêt d'accroissement paraît nul, si la réduction a été faite immédiatement et si rinflummation a été soigneusement évitée.
f On peut admettre comme un fait général l'observation de Foucher et de Goyraud sur le parfait accroissement des membi*es dont les épiphyses ont été disjointes.
« La plaie se cicatrise comme une plaie osseuse et non comme une plaie cartilagineuse, la séparation se faisant au niveau de la couche chondroîde et non au niveau du cartilage lui-môme. Le tissu intéressé n'est déjà plus du tissu cartilagineux. »
On a encoreobservé quelques autres accidents à la suite du redressement forcé. Lannelongue a mentionné une arthrite consécutive. Reuss cite une observation recueillie dans le service de Bœckel et dans laquelle il se produisit une périostite phlegmoneuse diffuse de toute la diaphyse fémorale avec abcès multiples. On fut contraint d'établir de nombreux drainages. Le fémur se dénuda sans pourtant qu'il y eût élimination de séquestre ; à un moment donné, la mort paraissait certaine, et ce n'est qu'au bout de quatre mois que l'on obtint la guérison de ces accidents consécutifs (Peyre, loc. cit., p. 74).
L'hydarthrose du genou est un accident très* fréquent à la suite de l'opération. En généi*al elle se dissipe d'elle-même.
Machine Collin. Nous donnons la description et le dessin d'une machine construite par H. Collin pour redresser le genu valgum. Elle est très -facile à manier et d'une puissance supérieure à celle qui est nécessaire pour redresser les genoux les plus résistants.
« Cet appareil se compose de trois pièces principales, à savoii* ' '^'^"'' '^Amigouttières s'appliquant l'une à la partie moyenne de la cuissf
infifrieur de la Jambe, et formant les deux extrémilës d'un porte 1 bai dooi la branche agissante est supportée par un levier.
Ce» demi-gouttières sont supportées par deui tiges en fer glisual k ceoluse sur une branche d'acier, afin de pouvoir l'adapter à toutes les tailles.
Dne partie mobile, mobilitic pr une longue lige Taisant leritr. »■ tire le genou en debon, ftalat qne les deux gouttières indiqate ci-dessus maintiennent le inanki.
Pour empêcher les roniioude la jambe, on maintient la rotait ail moyen d'une pelotte coocin q« peut s'abaisser i volonté entre dôu montants.
Tout rapp.ireil est taoali M une planche qui le rend trèMolide- Peyrot a fait avec cette madùc une expérience k l'iode pntiqiv pour redresser le genii ralgim sur le cadavre d'un enfant de qnalwx ans et demi, biea coofonoé. D i présenté les pièces 1 la Société <lt chîniiigie (décembre 1879).
( Des deux cdiés, l'épiphnc t morale inférieure est déooUée. 1/ cirtilage est resté adhérent k l'éfi' physe. L'articulation n'est pu «verte. Les ligaments sont itaoloment intacts. Elleaeprésenleaiicn mouvement de latéralité. L'nfémité inférieure de la diapbne d libre dans sa gaine périosliqnc, !W une hauteur très-faiUe en dediK.
très-grande en dehors et en arnèrt (0-,10).
Du cdté droit, la jambe a àmplenient été portée en dedans m rotation bteme, du fait de l'>ppareil ; le périoste est dMU i deliors et en arrière, dam IraO la bifurcation externe de la lin" âpre, sur une hauteur de O",!© environ. Ce décollement est accompagné d flongation et d'éraillures, le mouvement possible était plutôt de la Deiicnt aii>érieure que de l'adduction, ce qui s'explique )>ar la prddi>minance du diamhn transverse des surfaces décollées sur le diamètre antérieur.
Du c5té gauche, à l'action de l'appareil qui avait porté la jambe en dedm on avait ajouté des violences manuelles pour la porter ensuite en àd«rs- 1' périoste était un peu plus décollé du côté interne. Du côté droit, les mkboire fémorales avaient été appliquées juste sur les condyles, bien placées pour ^
terminer rarrachement des ligaments plutôt que le décollement qui s*est produit néanmoins. A gauche, les mâchoires fémorales embrassaient et fixaient l'extrémité de la diaphyse. De chaque côté, le péroné avait supporté une forte pression latérale, non sans fléchir, mais sans se rompre.
Le décollement épiphysaire a été produit par une traction uniformément progressive, pratiqués avec un moufle, sans la moindre secousse et sans qu'aucun assistant ait perçu le moindre craquement. Le cadavre était resté gelé pendant une semaine et avait été dégelé complètement le matin même de Texpérience. »
Hénard est arrivé au même résultat. Dans toutes ses recherches cadavérique» faites avec i'ostéoclaste Tarliculalion du genou a toijgours été trouvée intacte. Deux fois au contraire les ligaments ont été arrachés pendant les redressements faits avec la main (Revue de chirurg., n? 9, 1881).
L*année dernière nous avons, de Saint-Germain et moi, essayé cet appareil sur des enfants de diflerents âges et aflectés de genu valgum. Au-dessous de 10 ans le redressement s'est fait avec la plus grande facilité; il n'y a eu ni résistance ni craquement. Chez les adolescents de 15 à 15 ans la résistance était très-notable, mais le membre restait redressé, tandis que chez les enfants il reprenait sa position déviée aussitôt qu'on l'abandonnait à lui-même.
c Ostéotomie. Cette opération est pratiquée en Allemagne et surtout en Angleterre oii elle a pris une extension considérable. Heyer l*a faite le premier en 1852, puis viennent Lister et Annandale en 1875-1876, Bœckel (de Strasbourg), Ogston, Keeves, Hacwen. Le procédé d'Ogston, qui paraît de plus en plus abandonné, a été très- répandu. Voici comment le Journal d^ Edimbourg, 1877, décrit l'opération laite par ce chirurgien sur un jeune homme de dix-huit ans, dont le genu valgum avait débuté à l'âge de sept ans après une fièvre typhoïde pour s'exagérer ensuite de plus en plus :
« Le patient étant chloroformé, son genou gauche fut fléchi autant que possible la cuisse tournée en dehors. Un long et fort ténotome d'Adams fut introduit sous la peau â trois pouces et demi au-dessus du condyle interne et assez profondément pour qu'on pût sentir la ligne de bifurcation interne de la ligne âpre du fémur. La lame fut ensuite dirigée en avant et en bas sur la face antérieure du fémur, le bord tranchant étant tourné du côté de l'os. Loi*squ'il put sentir la pointe sous la peau, au niveau de la gouttière verticale intercondylienne dans laquelle se loge la rotule pendant Textension de la jambe, H. Ogston pressa le ténotome sur l'os, puis divisa ainsi les parties molles et le périoste en retirant lentement son bistouri. La plaie cutanée avait moins de 1 centimètre de large, elle formait l'orifice d'un canal sons-cutané, dirigé obliquement sur la face antérieure du fémur et aboutissant à la cavité articulaire.
Le chirurgien prit alors la scie dont se sert Adams pour la division souscutanée du col du fémur et, l'introduisant dans ce canal, il scia le condyle en allant d'avant en arrière. Dès que l'on pensa que la scie était arrivée au voisinage du creux poplilé, on la retira, le condyle ne tenant plus que par un pont osseux très-mince. La jambe fut ensuite placée dans l'extension, et l'opérateur redressa le genou en portant fortement en dedans la jambe du malade; il suffit pour cela d'une force modérée ; on entendit un petit craquement, et le membre redevint absolument di*oit comme à l'état normal. Toute l'opération fut faite aous la vapeur phéniquée et pour le par* ' "uivit exactement la méthode .de Lister. La réaction fut à peu prè« -^ ^n, dabord pleine de sang,
ne. devint ni. chaude, Jii tend'*' -'• "u (louvait retirer le
pansement et commencer les mouTements. Le 6 juin, Tautre genoo fat opéré de la même manière, avec le même résultat, et c'est le 2i juin qu*oa «ideri le pansement. Les mouvements étaient complètement rétablis, des deux o6lé^. le 9 juillet, et moins de sept semaines et demie aprfes ropëratioo do genoo gauche, cinq semaines après celle du genou droit, le malade put se lever et marcher. Lorsqu*il partit le SI juillet, il marchait parfaitement, i
Reeves, au lien de la scie, emploie, pour diviser le condyle interne, le âsen et le maillet, afin d*éviter que la sciure d'os laissée dans la plaie oeœiooik nne inflammation. Cette opération n'en reste pas moins très-grave. Mais la méthode antiseptique de Lister absout toules les audaces chirurgicales.
L*ostéotomie cunéiforme de la partie interne du condyle fémoral a été failen 1877 par Hacwen et Chiene, dont les procédés sont asseï voisins Tuodr l'autre. Macwcn fit, sur le condyle interne du fémur une incision dont le ceoin; correspondait à la partie supérieure du condyle, dans le but d'arriver aussi prv que possible de Tarticulation sans 1 ouvrir. Une portion en V de la partie inlerm de Textrémité condylienne fut enlevée avec le ciseau, le reste de l'os fut bn». le membre fut ramené à la rectitude (the Lancet^ 1878).
Chiene pratiqua une incision verticale à partir du tubercule sur lequel s1> sère le long adducteur et qui comprenait la peau et l'aponévrose ; il écarti ie« fibres obliques du vaste interne et arriva sur le périoste, puis, à l'aide Hc ciseau et du maillet, il sectionna une portion osseuse en forme de coin et l'eo leva. Le membre fut alors redressé (Briliih médical Journal^ i 877, t. II).
Malgré les bons résultats que donnèrent ces opérations, Macwen, modifiant son procédé, fit la section transversale de Textrémilé inférieure du ffmnrdjm les deux tiers de son étendue et le brisement consécutif. Voici, du reste, 1^ résumé de son procédé opératoire (Peyre, hc. cit.) : « Le malade étant étenda. on choisit un point situé au-dessous du bord supérieur de la rotule d on trace une ligne circulaire correspondant à la direction que devra avoir b section osseuse. On fait une incision longitudinale au devant du teodoo t grand adducteur, le centre de l'incision correspondant à la ligne draibift La longueur de Tincision est un peu plus considérable que la plus gruide br gcur de la cisaille à employer.
« La division des parties molles se fait d'un seul coup, et le bistouri doitalk: jusqu'à l'os. On introduit alors la cisaille, à l'aide de laquelle on pnijupt b section transversiile de l'os en retirant l'instrument le moins possible. Il ii^ que celte section porte au moins sur les deux tiers de l'épaisseur de Tos, sin» on s'expose, au moment où Ton pratiquera le brisement, à produire la séftt^ tion du condyle interne et à n'avoir en réalité que ro|)ération de Reeres et d'Ogftton modifiée.
« Lorsque les deux tiers de l'os sont ainsi sectionnés, on opère le redresaeoMBt. qui amène la fracture du reste du iémur. »
Au dire de son auteur, ajoute Feyre, les avantages de cette méthode sont ^ suivants :
« La cisaille même, par le fait de son épaisseur, produit à la partie iaterte une perle de substance osseuse en forme de V dans le genre de celle que i <* obtient dans l'ostéotomie cunéiforme, mais cette perte de substance est hk» moins considérable; et, en outre, lorsque le redressement est opéré, la perte de substance se répartit entre le côté interne et le côté extecne; elleeftde|»* d'étendue sur l'un et l'aqtre eôt^, et. la guônson eu bian plut fmmf^
GENOU (bibliographii). 705
que dans rostéotomie cunéiforme la perte de substance est telle qu*il existe un vide difficile à combler.
€ Tandis que dans Topération d*Ogston et de Reeves l'articulation est presque toujours ouverte, elle reste dans ce cas complètement indépendante de la section, qui se trouve à peu près à égale distance entre la surface articulaire et le cartilage épiphysaire; c'est en réalité en préseoce d'une fracture compliquée que l'on se trouve, et, avec les moyens actuels de pansement, on peut envisager avec moins de crainte qu'autrefois une telle éventualité.
« Le périoste est le plus souvent conservé à la partie externe, et la réparation en est d'autant plus complète » (Macwen, the Lancet^ 50 mars, 28 décembre 1878, 26 avril 1879).
Ainsi, en Angleterre, les uns, comme Hacwen, opèrent avec le ciseau (section supra-condylienne du fémur;, les autres font l'ostéotomie sous-cutanée avec une petite scie cultellaire. Mais le ciseau paraît avoir la préférence : on opère à ciel ouvert, on a une plaie plus nette et on ne craint pas d'y laisser de poussière osseuse.
En Allemagne, on pratique aussi l'ostéotomie pour redresser le genu valgum Billroth, Scheede, Volkmann, von Heine, Nussbaum, sont les chirurgiens dont le nom revient le plus souvent dans la presse allemande.
Les suites de l'opération sont ordinairement assez simples : la cicatrisation se fait, en général, en un mois. Mais on a constaté des accidents très-graves : tumeur blanche, ankylose, perte d'un membre, issue funeste. Barker (British médical Journal^ 1878. — Peyre, loc. cil.^ p. 90) rapporte un cas de.mort survenu sous ses yeux, 48 heures après Topération. a A l'autopsie, on trouva, dit-il, que la cause de la mort était une pneumonie septique avec infarctus hémorrhagiques dans le lobe inférieur du poumon droit. L articulation était absolument saine, la plaie suppurait légèrement. On trouva dans le corps de dilTérents muscles de la parlie antérieure de la cuisse du pus n'ayant aucune communication avec l'articulation. On trouva neuf foyers purulents dans les muscles de la cuisse; toutes les veines étaient absolument normales. La section de l'os était telle qu'elle le devait. Les ligaments cruciaux étaient inUicis. L'intérêt de cette communication, dit H. Barker, réside tout entier dans le développement rapide de la septicémie, malgré l'emploi le plus rigoureux des précautions antiseptiques pendant et après l'opération, i
La division suscondylienne du fémur jouit aujourd'hui, en Angleterre, d'une grande vogue. Le 28 avril 1881, Macwen avait opéré 522 genu valgum par ce procédé, et sa première opération daterait, d'après Pcyre Hoc, cit.), de la fm de 1877. Ainsi que nous l'avons dit, lu méthode opératoire dOgston est de plus en plus abandonnée. Ollier en a cependant vu un beau résultat chez un enfant : le membre était droit et l'articulation très-mobile.
En résumé, malgré tous les cas heureux que mentionnent les statistiques, rostéotomie dans le genu valgum est une opération qui peut avoir des consé* quences beaucoup plus graves que le redressement forcé. Aussi pensons-nous qu'il est rationnel de réserver la division suscondylienne pour les cas où la soudure des épiphyses rend impossible tout autre mode de redressement {voy. Attitude et Déformation). Pierre Bodla?id.
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CE^'OUILLIËRE. Li genouillière, de même que la guêtre (foy. ce motu doit être considérée comme une partie retranchée d*un bas compresseur, ei. de même que celui-ci, peut être élastique ou simplement lacée.
La genouillière élastique peut consister en un manchon de caoutchouc ^iilciabc, plus ou moins mince suivant le degré de contention cpi*on veut obtenir. U fS( bon en général, avant de rappliquer, de recouvrir le genou d'un morceau ou intt bande de toile, le caoutchouc appliqué directement sur la peau y produisant b* cilement de rirrilalion ; mais celte irritation même peut être utile en certains cin Même avec la précaution que nous venons d'indiquer, ce manchon n*est(>as loojours bien supporté, à cause de la grande chaleur locale qu*il occasionue, surtout 8*il existe de Tarthrite. Dans la grande miijoritë des cas, il vaut mieux it st'rrtr •de la genouillière de tissu élastique, composé, comme on sait, d*one titin^ ^ fils de caoutchouc vulcanisé tissés avec des fils de chanvre, de colon ou de sot^- Nous renvoyons sur ce point à ce oui sera dit des bas élastiques au mot \i»^
6ENSEL. 705
Les genouillères lacées sont faites avec du coutil ou avec de la peau de chieu ou de chamois. Elles se lacent à la manière d*un corset, sur un côté du genou, ordinairement le côté externe. Leur avantage est de permettre de varier à volonté le degré de compression ; mais elles s*adaptent difUcilement à tous les accidents de forme de la région, surtout au creux poplilé.
On fabrique quelquefois des genouillères destinées à agir moins par constriction que par la chaleur qu'elles entretiennent dans la partie. Telles sont les genouillères de tricot ou celles de peau de chat ou de lièvre non tannée, et dont le côté velu forme la surface interne du manclion. D.
«EMOUILLET. Nom donné quelquefois au Sceau deSalomon (Polygonatum vulgareL,), Pl.
OEWRE (Genus), En zoologie, réunion d*e$pèces qui présentent un ou plusieurs, caractères communs plus ou moins remarquables. Dans Tespèce, les caractères communs sont fondamentaux, essentiels, fixes, et cette ûxité s*accuse par la reproduction indéûnie. Un cheval ne donne et n*a jamais donné naissance qu'à un cheval, un chien qu*à un chien, un aigle qu*à un aigle. Dans le genre, les caractères communs sont extérieurs, superficiels et ne se transmettent pas nécessairement par génération, ou no. se transmettent que dans un nombre de générations très-limité. Exemple : le mulet. Cette intransmissibilité des caractères du genre à des descendants n*empèclie pas le genre lui-même d*èlrc iuiinuabledans le temps. Le mulet d'aujourd'hui est le mulet d'il y a mille ans.
La question se présente à peu près sous le même aspect eu botanique où le métissage donne sensiblement les mêmes résultats.
On sait que la réalité des genres et des espèc/CS, tels qu'ils sont ici définis et tels que les admettent d'illustres zoologues ou botanistes, a été toujours contestée et Test surtout aujourd'hui. Suivant une doctrine très en faveur, il n'y aurait sur la terre que des individus. 'C'est au mot Espèce que cette grande question sera étudiée avec toute l'atlcution qu'elle mérite. D.
(ToMMASo). Médecin italien, pratiquait son art à Saluzzes, dans le Piémont, dans le premier tiers du dix-neuvième siècle. Il s'est beaucoup occupé de variole et de vaccine, et a fuit des efforts pour la propagation de la vaccination. La plupart de ses publications sont relatives à ce sujet. Nous connaissons de lui:
L Del vajuolo vaccinOf memoria atorico-critico, Cuneo, 1809, in-S". — II. Hiflesaioni sopra i vantaqgi délia vaccina e sopra il vajuolo pecorino dell Volt. Francesco Bruni. Firenzc, 1809. — • III. boUrina vaccinica, in dialoghit conipilata -e puhlicala pcr ordine del prcfcUo délia Slura. G<ineo, 1^12. in-8*. — lY. Une traiuct. A. Matiius. Del morbo mercuriale, elc- 31ilano, 1819, Irad. de l'angl. — Y. Sloria di una nuova paralisi. In Giorn. délia Soc. med.chir. diParma, t. VU, p. 103. — VI. Sul nala%%o eqninoziale nuove considerazione. Ibid , p. 161. — VU. Ctmsiderm. inloriio ad un nuov) perfeiionamenlo délia vaccinazione e de^crizione del vajuolo mitigatn. In Annali unio, di medicina, t. XII, p. 107, 1N19. — YIII. Cenni inlorno alla gastro-i lerotomia. Ibid., t. XIV, p. 52, 1820. — IX. Sperienze MulV u$o délia china biclorala. Ibid., t. XXXV, p. 388, 1825. L. Ux.
«E.VSEL (Johann-Ad.vm). Médecin hongrois, né à Œdenburg le 26 octobre 1677, mort le 31 aoilt 1720. Il éludia à Icn:* * Mpgie, mais sa santé
délicate ne lui permit pas d'embrassr 'e. Il s'appliqua en
PILT. £IC. i* f. Vil. 45
GKNSOUL.
ONMéqMDce à la médecine, et fut reçu docteur, sous la présideDce de Vedd, es iCM. Il se rendit ensuit» en Italie et visita Bologne, Florence, Rome et pasa deox ans à Padoue, où il fut nommé chevalier de Saint-Marc par le doge de Venise, et en \ 705 se fît agréer docteur en philosopliie et en médecine.
A son retour, Gensel exerça son art successivemeutàEiseoburg etàŒdenbQr;, pais fut nommé médecin pensionné du comte d'Ëisenburg et enûu médecin «ia . prinee d'Ëslerliazi. En 171^, il devint membre de TAcadémie des curieux de li natnre, dont il fut nommé vico-président deux ans après. Il était en outre membic de la Société royale de Berlin. 11 légua par testament une forte somme à rAcadémie des curieux de la nature et ce legs fut employé, en 1752, à agrandir et à enricbir la BiUioCbèque de la Société, qui avait été fondée par J.-J. Baier eu 17il. Les ouvrages de Geusel ne présentent rien de bien remarquable; ils se boroeolî quelques dissertations académiques et à des observations publiées dans iet Épkémérides des Curieux de la nature. Nous citerons cependant :
T. Dùi, med, œQTwn uchuria lahoranlem exhibenë. lene, iOf^O, iD-4*. — H. Tknn pàUoê.-med, S. Heg. MaJ. Jotepho l dicatœ pro tuprema in philotnphia et wtediànû Inr^ comÊtguenéa, imptonerUe eam Bemardino Rama^zini, Ticini, 1703, in-lol. — III. Ik f^f^dentia uleri Mali guoad fundum cumfebre maligna. In Ephem SalurœCHrioêontm , Caitir. I et II, obs. 193 (l'éimpr. dans Acta Erudil. Lip*., 1716). — lY. ÏÏe procidentia ocuii ^« ioêum. Ibid., obs. 194. -^S. ùe pica virili, teu inordinato appetitu rerum viîiùtanmd' nmtura kumana alienarum ac inedibilium. Ibid., obs. 193. — VI. Dr febri maligne tutpwt periculoêa^etiam guaiii desperata^ ingua re Bilov emicuil Bippocraiicum Ibid., Ontur Ili et lY, obs. 48 — VII. De conceptione in tommo. Ibid., obs. 49. — VIII. De h^dropkf*^c. Ibid., obs. 50. — \X. De /lœmorrhagia pénis. Ibid., obs. 51. — X. De pilontm tffv^'i totitu towparit, Ibid., obs. 154. — XI. De caruncula urelhrœ in lue venerea, Ibid.. Ontur. VI, obs. 84. — XII. Analomica de aubmerto. Ibid., obs. 85. — XIII. Conttitulio rpidemica inferiorie Hungariœ. an, 1711, 1712, 1713, cum hiêioricii et meieorologicit oterwtionibus. In Append. Ephem. Nui. Cur. Centur. VII et VII, p. 1. — XIV. ElogiumUei. hvi CaroH Maygeri.Acad. Uopoidina-Caes. Nal, Cur. ColUgae et Practici PoeotUemit. Und, p. 193 (réimpr. dans Bibt. scriptor. med, Mangeti, 1. 11, part. 2, p. 37). — XY. 7he* Bwjsriea epugue cultura. In Kundmann, Harior. nat.et art., sect. II, art. 18. L. Hi.
aSÊÊ-SÊSKQ. Voy. Gin-Se.\g. Pl.
€BIV901JL (Joseph). Célèbre chirurgien des hôpitaux de Lyon, où il naquitiSoa père, Joseph-Ferdinand Gensoul, était un savant modeste, mais qui a reodo à. riadustrie de la soie de grands services par Tapplication de la vapear lai appareil» pour la filature. Sa mère était une demoiselle Marie-Joséphine hka^u Ea 1814, le jeune Gensoul terminait ses études classiques, et il entrait à rilôtei- Dieu de Lyon, guidé par Bouchet et Janson. Son choix est bientôt Tait : il veut se consacrer exclusivement à la chirurgie, et obtient le premier rang ao concours du mnjoral. Quels concurrents, pourtant : Serres, Battigne, Clerion, Boltex! A la fin de 1822, riche d'espérances, Gensoul se rend à Paris et s'attacbe particulièrement à Lisi'ranc.
Promu au doctorat en 1824, il est, contre son attente, rappelé à Lyon, ^ se place sous la tutelle de Janson, alors chirurgien en chef de rbôpital principal de la ville. Deux ans après il le remplace dans ces hautes fonctions, c'Hà-dire qu'il est appelé à diri|jer un service de plus de 400 malades. A peiw otait-il installé, qu'il débute par une de ces opérations qui font époque daiisl^ science, en désartic niant, en enlevant la mâchoire inférieure d'un roalheureai atteint d'une aflrction cancéreuse de cet os. L'amputation réussit; depuis cttle éporjue la chirurgie est armée d'un moyen nouveau, très-fréquemment mis depuis lors en usage du us de semblables altérations pathologiques.
GENSOUL. 707
D*autre8 opëmtions hardies n'ont fait que grandir la réputation de l'audacieux chirurgien. 11 sulfit de citer Textirpation en totalité des tumeurs cancéreuses de la parotide» celles de certaines afleclions du sinus maxillaire, de fongus sarcomateux, suivies d'un heureux résultat. Il ne faut pas oublier que Gensoul a apporté dans la science de véritables créations chirurgicales, décelant la fécondité de son esprit ; que ses travaux relatifs h la guérison de la fistule lacrymale ont eu du retentissement; qu*il a eu, le premier, recours au caustique pour la guérison des veines variqueuses ; qu*il a érigé la cautérisation de la cornée en méthode thérapeutique; qu'il a conseillé l'étranglement des polypes pédicules de l'utérus, sans arrachement ni section; qu'il a simplifié le traitement des fractures ; que pour l'ablation de certains lipomes, pour l'extirpation de quelques tumeurs enkystées, il a imaginé le procédé opératoire dit par embroche^' menty etc. , enfin qu'il a relevé le journalisme médical de Lyon, en fondant en 1 830, de concert avec Alphonse Dupasquier, la Clinique des hôpitaux de Lyon, recueil mensuel, auquel il a collaboré activement pendant deux ans.
Cette vie sans repos épuisait les forces de Gensoul ; en 1 845, les premières atteintes du mal auquel il devait succomber le contraignirent de passer l'hiver en Italie. Il a même laissé écrite de sa main une relation d'un autre voyage qu'il avait fait en Allemagne, en 1858, consignant jour par jour ses remar- «jues, ses observations sur les habitudes, sur les mœurs des contrées, sur l'état de l'agriculture, sur l'industrie, etc., relatant les curieuses expériences physiologiques auxquelles le professeur MûUer s'est livré en sa présence, et dans lesquelles il dilatait sa pupille à volonté, suspendait devant lui les battements de son cœur, et faisait mouvoir isolément les muscles des cartilages de l'oreille.
Joseph Gensoul a succombé à la peine le 5 novembre 1858. Il avait atteint sa soixante et unième année. Homme d'action plutôt que de plume, il n'a pas eu le temps d'écrire beaucoup. Cependant on lui doit les publications suivantes :
I. Tumeur earcinomaieu$e trèt-volumineuêe iiiuée à la iêle, enlevée avec tuccèt par la ligature. In Arch. gin, de méd., t. XXI, 1829, p. 597-598. — II. Cancer de la langue, liga" iure piniielle de cet organe, suivie de guérison. In Arch. gin, de méd., t. XXî, 1831), p. 500-601. — m. Lettre chirurgicale sur quelques maladies graves du sinus maxillaire et de Vos maxillaire inférieur. Lyon, 1833, in-8*, et atlas, gd. in>foI. — lY. Motjen à employer pour arrêter la propagation du choléra épidémique. In Moniteur des hôpitaux, |g34. — V. Nouveau procédé pour opérer lei polypes de la matrice, Lyon, 1851, iii-8*. — YI. Sur le mécanisme de la vision. Réponse à II. Serre (d'Uzès). Paris, m-8*. In Gat, de$ hôpitaux, 1851, p. 497. — YII. Prophylaxie du choléra. In Moniteur des hôpitaux, 1854, p. 817. — Yill. Mémoire sur V abstinence des boissons afin de diminuer la formation du sérum dans le sang, et de laisser la fibrine dans une plus grande proportion relative (nous n'avons pas vu ce travail).
Dans le tourna/ clinique des hôpitaux de ÏAfon fondé par Gensoul et Alph. Dupasquier • IX. Exposé de quelques altérations pratiquées dans le but de corriger certaines dif/ontntéi de la face, t. I, 1830, p. 16-30, planche. — X. Inflammation des muscles de la région supérieure du cou. 1. 1, 1830. p. 121.— XI. Hôte sur une hémorrhagie épidémique.i. 1, 1KÛ0, p. 290. — XII. Nouveau procédé pour extraire les corps étrangers volumineux introduits dans Vœsophage, t. I, 1850, p. 217-224. — XIII. Observations et réflexions sur les anothc/tements compliqués par la présence de tumeurs développées dans les parties molles de V appareil génital de la femme, t. I, 1830, p. 30tl-313. — XI Y. Quelques considérations sur la manière de corriger les difformités qui résultent des adhérences vicieuses, t. I, 1830, p. 485-498.— XY. Tumeur fibreuse de la dure-mère, t. I, 1830, p. 153.— XYl. Observation d'une tumeur cancéreuse énorme s'élevant de la partie supérieure de Vhumérus, et entourant Vépaule gauche, t. II. 1850, p. 98-117, planche. — XVII. Rapport sur les travaux présenté» par M. le docteur Gensoul, à Vappui de sa candidature au titre de membre correspondant de la Société de clàrurgie de Paris, In GazeUê des hôpitaux, 1851, p. 430. A. C
708 GENTIANE (botamiqob).
OE^SSANE (De). Naturaliste français, né dans la première 'moitié du dixhuitième siècle, fut directeur des mines du Languedoc, concessionnaire de celles de Franche-Comté, membre de la Société des sciences de Montpellier, membre coirespondant de TAcadémie des sciences de Paris. Il mourut en 1780, laissant divers ouvrages, surtout relatifs à Texploilation des mines. Nous nous borncroos à citer de lui :
I. Observation 8ur un météore igné en forme de comète^ 1738. — II. Traité àt Ufo<^ deg mines par le feu du charlton de terre, l'aris, 1770-1776, 2 toI. in-4*. — tU. huintn naturelle de la province de Languedoc, etc. Montpellier, 17761 779, 5 vol. in-8*. — 1\. tifcherche» pour constater l'origine du plomb métallique trouvé dans ie département d< VArdèclie, ]n Journ, des mines, t. IT, 1796, etc., etc. L Ib.
GENTIAIVB. Geniiana Tournefort. § f. BntABlqae. Genre de plantes Dicotylédones, formant le type de la famille des Gentianées. Les espèces de ce groupe sont de belles plantes, remarquables par leurs Heurs d*un vif éclat; elb sont caractérisées de la manière suivante : calice à quatre ou six lobes, ou eo forme de spallie membraneuse; corolle marcescente, infundibulil'orme, cain(Mnulée ou rolacée, à gorge nue ou appendiculce, à limbe divisé en quatre à ^ii lobes; étamiues en nombi^e égal aux divisions de la corolle; ovaire uniionilaire, surmonté d*un style partagé en deux xlivisions stigmatiques. Le fruit e$i une capsule oblonguc, acumiuée, bifide à sa partie supérieure, uniloculaire et bivalve , contenant de nombreuses semences, entourées d*im reboni membnneux, portées sur le bord rentrant des valves.
Toutes les Gentianées ont une saveur amère et pourraient être employée) comme toniques. Nous ne citerons que les principales :
{^ La Gentiane jaune ou Grande Gentiane^ Gentiana luiea L., qui est cliei nous l'espèce parliculièi^ement officinale.
C'est une grande plante herbacée, dont la tige, haute de 1 mètre environ. porte de grandes feuilles opposées, sessiles, connées à la base, ovales, larje>. plissées dans leur longueur, glabres. Les fleurs sont jaunes, groupées en faisceaux dans laisselle des feuilles supérieures : le calice est membraneux, fends. denté au sommet; la corolle est rotacée, à cinq ou six divisions lanccolcej aiguës.
La plante habite les régions sous-alpines dans les principales monbgnes de l'Europe : Alpes, Pyrénées, Cévennes, Vosges, Jura, etc. On emploie principlement la racine pour Tusage médicinal.
2** La Gentiane pourprée^ Gentiana purfmrea L., à tige de 20 à 40 cenlimètres, garnie de feuilles elliptiques ou lancéolées, de couleur rouge brttn,i une racine encore plus amère que celle de la Gentiane jaune et qui est eoiployée en Allemagne et dans le nord de 1* Europe.
3<^ Il en est de mcme de la Gentiane ponctuée^ Gentiana punctata L.,qni nppelle beaucoup la précédente pur sou port; les fleurs sont d'un jaune pâ-^* ponctués de pourpre noirâtre.
Les Gentianes à fleurs bleues, qui ornent de leurs corolles brillantes les pâturages des Alpes, sont moins employées que les précéJeiiles, quoiqu'elles aient ausâi nue grande amcitume. Nous en mentijuneroiis seulement quelqiies-iine$ :
A*' La Geyitiane grandiflore^ Gentiana ticaulis h, y liès-répauduc dans les pr« subalpins.
5* La Gentiane d' Allemagne , Gentiana germanicaVfiUL (Gefitiana amorelia L.), plunle qu'on emploie comme un léger tonique. C*est la Genliandin^
GENTIANE (emploi médical). 709
dispensaires. En Russie, on Ta préconisée comme préservatif de la rage. La tige, de 15 à 20 centimètres, porte des feuilles ovales lancéolées et des fleurs d'un bleu violet, à corolle tubuleuse, appendiculée à la gorge, à cinq lobes ovales lancéolés.
6"" La Gentiane champêtre, Gentiana camjiestris L., très-rapprochée de la précédente, dont elle diOere par sa corolle étroite à quatre lobes, a élé employée aux mêmes usages. On Ta employée aussi comme vermifuge.
7** La Gentiane croisette, Gentiana cruciata L., à feuilles nombreupes, opposées en croix, peu amère; elle a élé donnée comme tonique et fébrifuge.
8"* La Gentiane Pneumonantke, Gentiana Pneumonanthe L., à feuilles toutes caulinaires, étroiles, à fleurs étroitement campanulées, vient dans les marécages; aussi Tappelle-t-on Gentiane des marais. En Russie, on a donné son infusion dans du lait contre les convulsions des enfants (Pallas. Voyages^ t. LUI). Pl.
BiBLioGRAPiiiB. — TouRKEFORT. /ftt^, p. 80, t. 40. — Lavi. Speciei, 529. — Ekdlicbcr. Gênera. — De Candollb. Flore fi ançaise, III, 050. — GaEivia et Gudroïi. Flore de France* 11,488. — GuifiODHT. Drogues êimplesi 2* édit., p. 551. — Mérat et de Leks. Diciionnaire mat. médicale, ILI, 360. Pl.
g II. Emploi médical. La famille des Gentianées, singulièrement déchue aujourd'hui, n*en garde pas moins des parchemins illustres. La petite centaurée {Erythrea centauriupi) fait remonter ses titres de noblesse à Cbiron, l'éducateur d'Achille, qui mêlait, au profit du héros grec, les leçons de tir à l'arc à la botanique des simples; et la gentiane réclame ses origines de Gentius, roi d'illyrie, qui malheureusement pour sa renommée, ne puisa pas dans son goût pour la reclierdie des herbes salutaires une grande douceur de mœurs fit, comme on sait, périr son frère de mort violente pour se substituer à lui sur le trône, eut la malheureuse idée de s*ullier à Persée, roi de Macédoine, et traîné à Rome en 168 par le général romain Ânicius qui l'avait vaincu, alla y fmir sa vie et apporta peut-être aux Romains la notion des vertus de la gentiane à laquelle il avait donné son nom.
Quoi qu'il en soit de l'histoire et de 1 etymologie, la gentiane (ou plutôt les gentianes, car il en est plusieurs de composition et de propriétés très-analogues à celles de la gentiane jaune ou gentiane officinale) entra dans les habitudes des médecins grecs et romains et il n'est guère d*antidoteSj c'est-à-dire de préparations empiriques formées d'un grand nombre de substances, dans lesquelles la gentiane n'eût sa place.
Si riiihtoirc de Gentius est vraie, et elle ne repose bien entendu c|ue sur une tradition confirmée, il est vrai, par les témoignages importants de Dioscoride et de Pline, on s'explique qu'flippocrate n'ait pas mentionné ce médicament, mais on s'explique moins qu'il ait passé inaperçu pour Galien. Les recherches que j'ai faites à ce propos dans les œuvres du médecin de Pergame, si je pouvais les donner comme complètes, tendraient à faire croire qu'il ne Ta pas connu ou , qu'il l'a dédaigné. Aélius qui exerçait la médecine à Alexandrie au cinquième siècle, c est-à-dire deux siècles et demi après Galien, indique de la manière suivante les propriétés que l'on allribuail, de son temps, à la gentiane : Gentianœ radix efficax est ubi opus est attenuare et depurgare, extergereque et ah obstrtLctionibus liberare (Âetii 0|)era, De simplicibus pharmacisexplantis. Tetr. I, sermo I). C'est la répétition textuelle de ce qu'en avait dit un siècle auparavant le compilateur Oribuse qui avait porté témoignage de ^' '^entiaue
comme substance amère et qui faisait dériver touter ''«Ite
710 GENTIANE (emploi HéoiCAL).
propriété : t Amara estenim vehementer » (Oribasii Medkinaliwn ecOedonm liber decimus quintus).
La fortune de la gentiane a singulièrement grandi plus tard et elle a pris place en thérapeutique, à titre de fébrifuge et d'antigoutteux, jusqu'au moDCDl oii le quinquina, qui a été funeste aux amers indigènes, est venu les supplanter. Nous verrons bientôt si la gentiane n'aurait pas dû conserver, non pas à côu mais au-dessous de Técorce du Pérou, la place honorable que loi mëriteat ses propriétés fébrifuges.
Je disais tout à Theure qu'il y avait un bon nombre de gentianes, rapprocbé6 les unes des autres par une grande unifoimité de propriétés médicales et (k composition chimique. Toutes les espèces du genre Gen^ana sont en effet amèrb et peuvent être employées aux mêmes usages. Les pharmacies en réunisseot do reste habituellement un certain nombre, et les racines de la gentiane jaane officinales (Gentiana lutea) s'y mélangent presque toujours des fragments de nâob A'amarelle (Gentiana amarella), de Gentiana Burseri, etc., dont elles se distinguent par des particularités de structure et par leur grosseur.
La gentiane jaune croit en abondance dans les contrées montagneuses de liarope, et en particulier dans les Alpes, les Vosges, les Pyrénées, en AoTerpe; on en récolte aussi des quantités assez considérables dans le département de b Côte-d*Or. Les morceaux de cette racine, ou plutôt de cette tige soutemioe. sont d*une grosseur qui varie depuis celle du pouce jusqu'à celle du poignet; à sont cylindriques, rugueux à leur surface, comme annelés, d'une couleur brun foncé ou fauve, d'un parenchyme spongieux, hygrométrique, de couleur jaott Tougeâtre; la gentiane a une odeur forte, un peu vireuse; sa saveur est trbamère, persistante. La couleur jaune de la racine de gentiane ne se déreloppe que par lu dessiccation, le suc propre qui la constitue est en effet incolore pendant la vie de la pbnte. H. Planchon, qui a étudié avec tant de soin la teitiiR microscopique des médicaments végétaux pour en tirer des caractères de diignose, a placé la gentiane parmi les racines anomales dépourvues de gianies et de vaisseaux laticifères, à zone ligneuse non amylacée, à rayons médullaires larges, striant le tissu ligneux bien visible. H. J. Ville, à qui nous devons ud( très-bonne étude sur la gentiane (J. Ville, Rech.pour servira V histoire dini((9e de la racine de gentiane. Thèse de l'École de pharmacie de Montpellier, i8TT). a reconnu, à la surface de section de la racine de gentiane (c'est la Gentiau Burseri des Pyrénées Orientales qui a servi à ses études) trois zones concentriques: Tune périphérique ou corticale formée de plusieurs couches de cellules dont L configuration varie suivant qu'elles sont plus ou moins rapprochées de lép derme; la seconde constituée par un anneau cambial,' formant un cercle jionfttre; la troisième centrale constituée par des vaisseaux que séparent les njitf médullaires. En opposition avec l'opinion de Pockhington, il ne croit pas <]« les cellules de la racine de gentiane contiennent d'amidon.
La racine de gentiane a été accidentellement mélangée quelquefois des racine vénéneuses d'une aconit, le Thora valdensis Raû ou Aconiium parlianckes <k Gesner qui se distingue aisément de la i-acine de gentiane par sa couleur blancb; et l'absence d'amertume. Au dire de Lewis, des empoisonnements mortels aoraio' été quel(]ucfois en Angleterre la conséquence de cette confusion qui, du t^^ est bien facile à éviter (Lewis, Connaissance pratique des médicaments les fài salutaires. Paris, MDCCLXXV, 1. 1, p. 50i).
L'histoire chimique de la gentiane est très-intéressante et elle a été ïobi^^
Gentiane (emploi médical). 711
recherches nombreuses auxquelles se rattachent les noms de Planche, Ueary ei Caventou, Guiliemin, Jacquemior Ch. Leconte, et que i. Ville a récenunatti complétées en démontrant la présence dans la racine de gentiane d'un taiima particulier.
Jusqu'au travail de ce dernier chimiste» on admettait que la composition de la racine de gentiane pouvait être représentée par les éléments suivants : i^ lui principe colorant, incristallisable et insipide, le gentianin ou gentùin (voy, ce mot) ; 2* un principe très-amer, incolore, crislallisable, le gentiopicrin (voy. «e mot); 5® du sucre incristallisable; 4<* un principe odorant dû à une essence; 5* de la pectine, de la gomme, de la cire, du caoutchouc, etc. M. Ville a constate que la macération de la racine de gentiane se comporte, eu é;j[anl aux xéactift des tannins (sels de fer, albumine, gélatine, etc.), comme toutes les Mhstances tanniferes. Restait à déterminer quel était, entre les principes décelés par les précédentes analyses, celui qui contenait le tannin de la gentiane. Gonslaiaai que la macération de gentiane perdait par le charbon animal sa couleur et sa saveur et en même temps ne décelait plus de traces de tannin, il vit anisi ses recherches limitées à deux termes. Isolant successivement le principe cslocaiit ou gentisin et le principe amer ou gentiopicrin ^ il constata que le réstàa it la première analyse conservait seul les réactions du tannin. M. Ville a appelé œ tannin de la gentiane acté/e geniiotannique. Ainsi se trouve augmentée d*aii terne la série des tannins fournis par la noix de galle, le café, le cachou, le boîsîauMw le chêne, le quinquina (acides gallotannique, cafétannique, morintanniqvc^ dm recherches intéressantes laissent une lacune à remplir, à savoir : la nckMW tannique proportionnelle de la gentiane, mais elles justifient, dès à prêtait» le déplacement de la gentiane du groupe thérapeutique des amers purs pour oebâ des amers astringents,
L*odeur de la racine de gentiane est due à la présence d'une huile essimtifinir, signalée en 1813 par Planche, qui complétait à ce propos les observatâest <db Haller et de Buchncr. Planche ayant préparé ime eau distillée de racine de tiane, à odeur vireuse, eh prit une cuillerée à bouche et éprouva pendant heure des nausées et une sorte d*ivresse. La dessiccation dégageant ce priaeîpe T(rfatil, ce qui explique Todeur fugace de la gentiane, on ne saurait faiic jouer aucun rôle à cette essence dans les propriétés thérapeutiques de la racine eàehe.
Les quantités de lévulose ou sucre incristallisable que contient la racine de gentiane expliquent Tusage économique que Ton en fait dans certains pafs fmat la préparation d*un alcool, d*un goût médiocre sans doute, mais dont les paysans des Alpes ne font pas fi. Ce n*est pas seulement la gentiane officinale qoi est employée à cet usage, mais on distille, à cet effet, le suc retiré des fraîches de la plupart des autres gentianes. En Suisse la fabrication de 1* vie de gentiane {Entzianwasser) se fait sur une assez grande échelle; elle le prépare par fermentation d'une macération de rondelles de racines de gentûne; au bout de quinze jours on distille ; le premier produit est amer et rappeUe ie goût de la gentiane; on distille de nouveau sur de Thysope ou de Tabsinthe pour enlever, ou plutôt masquer, Toileur assez désagréable de cet alcool qui eift aussi en grand usage en Poméranie et en Lithuanie.
On a songé à isoler le principe actif de la gentiane. Le gentianin de fienfy était un produit complexe formé par le mélange d'un principe cristallin j sans amertume et d'un principe amer {voy. Gemtisi*
Hais ces recherches n'ont guère qu'un intérêt sp i^
7iS GENTIANE (bmploi médical).
renrermccn eflet tous les principes actifs de la racine de gentiane dégagés de leur gangue inerte et il n*y a pas grand avantage à obtenir un principe plos énergique, d'autant plus que le geniianin n*cst pas un alcaloïde et que, par saite,li fixité de sa composition ne peut pas inspirer une grande confiance.
La gentiane, comme les autres amers indigènes, n*a pas d*ac(ioa physioW gique immédiatement appréciable; elle excite rap]iétit et exerce sur restomy une action tonique; Murray croit qu'elle stimule la sécrétion biliaire, mai^ cette assertion aurait besoin d*ètre prouvée, bien que Barbier d*Amiens (TraûV e/em. de matière médicale^^* édit., 1824, t. I, p. 208) Tait reproduite et ai! cherché à démontrer que la gentiane est très-utile dans les cas où la sécrétion biliaire languit, où le foie est diminué de volume ou a subi une dégénéreseeoce. Le fait n*est pas suffisamment démontré sans doute, mais comme findication ik donner des amers aux cirrhotiques est liabitucllement posée, il y aunitlieo,daii< le doute, de donner la préférence à la gentiane.
La gentiane est susceptible de toutes les applications des amers parmi iesquds elle occupe sans contredit le premier rang, comme le fait remarquer Mum). Prœstantisgima inter amara^ dit-il, à propos delà gentiane. 11 ne voit guère qu(f le quassia qui puisse lui être comparé (Murray, Appamtus medicammumjé:., vol. Il, p. 17). La constatation du tannin au nombre des principes chimiques «i^ la gentiane la rapproche remarquablement du quinquina avec lequel d*&illeur^ ses applications se confondent. Et je ne saumis, à ce propos, trop faire ressortir l'abus routini?r que nous faisons du vin de quinquina comme apéritif, alors <\\v nous pourrions lui substituer du vin de gentiane qui est, à oe point de \vt, autrement actif et qui a l'avantage de ne pas coûter cher. 11 y a longtemps qu«dans la médecine des gens qui sont obligés de compter avec leurs ressoorceN j'ai renoncé à l'habitude de prescrire du vin de quinquina et que j*ai remplx^ celui-ci par le vin de gentiane que les malades préparent eux-mêmes et qui lti>r épargne une dépense très-superflue. Si la gentiane ne jiistiGc pas, à tous 1^ points de vue, le nom de quinquina des pauvres (que Ton a attribué avec uni moindre raison à l'arnica), sa substitution au quinquina est parlaiteineat lintr pour l'usage apéritif que l'on fait de res deux médicaments.
Ce serait oublier gratuitement ce que l'analyse clinique a eu tant de peine i démêler dans l'étude des maladies de l'estomac que de répéter avec Uurray, Df^ bois (de Kochefort), Barbier (d'Amiens), etc., que la gentiane est très-utile dam l<^ pyrosis, l'anorexie, les digestions lentes et imparfaites, les coliques, les pu* matoses, les nausées, etc. Chacune de ces étiquettes contient trop de citosos poar qu'on puisse la transpoitcr sur un médicament; tout ce que Ton en peut <]!-''' aujourd'hui, c*est que l'atonie digestive (Fanorexie, la lenteur des digestions «îi la pncumatose en [relèvent directement) indique Tusage de la gentiane. P^u^' être, suivant la judicieuse remarque qui en a été faite, faut-il rapporter i c^^^' action de la gentiane les éloges qui lui ont été prodigués jadis comme mojen àe traitement de la goutte, qui s'accompagne toujours commç on le sait de o mélange de dyspepsie atonique et de (latulence que les Anglais décrivcut sous knom de gouting-indigestion? a C est surtout, dit Martin* Solon, quand la digeïiJ^'' et la circulation sont languissantes que la gentiane peut-être employée ^^ avantage. Nous avons, dans plusieurs circonstimces, fait usage de ses préptnli<»Q' avec avantage, lorsque dans les convalescences difficiles les malades conservaient un teint blafard, de la dyspepsie sans soif vive, de la lenteur dans la digesU^^n* une fiiiblesse notable dans le pouls et une disposition à l'œdématie des meinbn^
GENTIANE (emploi MéoiCAL). 7i3
inférieurs. Je Tai vue, dans un cas de convalescence difficile qui suivit une bëpatite et un ictère trôs-intf uses, ramener rapidement Téconomie à un état satisfaisant. » (Martin-Solon, fiic^ deméd. et de chirurg. prat., 1855, t. IX, p. 493). Les indications de la gentiane dans les maludies du tube digestif peuvent, encore aujourd'hui, être circonscrites dans le cercle que leur a tracé cet excellent tliërapeu liste.
Avant rintronisation du quinquina, la gentiane était le meilleur et le plus sûr de nos fébrifuges ; on y recourait comme on recourt aujourd'hui au quinquina et à la quinine. C'était le médicament classique des fièvres intermittentes. Gesner employait le suc de cette racine ; d'autres Tadministraicnt en poudre ; mais le plus habituellement elle figurait dans des fébrifuges complexes. C'est ainsi qu'on l'associait à la noix vomique (il y aurait lieu peut-être de restaurer ce mode d'emploi), à l'écorce de frêne, au tan de chêne, etc. Murray considérait le mélange de racine de gentiane et de quinquina comme parliculièremeut utile dans les cas où l'estomac ne pouvait supporter le quinquina seul et où il existait un engorgement des organes abdominaux {Quum viscera obstrtictionibus laborant). Cette dernière indication nous ramène à l'idée d'Aétius formulée dans le texte que nous avons cité au commencement de cet article. M. Chabasseu a expérimenté, en iSGO, à la Guyane, les propriétés fébrifuges de la gentiane et il lui a reconnu une action sensiblement analogues à celle du quinquina. 11 Ta vue prévenir les accès, les arrêter quand ils s'étaient produits, et réussir également très-bien pour affranchir les maladies qui sévissent dans les pays palustres de l'élément intermittent ou rémittent qui vient si habituellement les compliquer. (Union meVi., janvier, i860). 11 est impossible, quand on se reporte à tous les témoignages qui ont été produits en faveur de la réalité des propriétés fébrifuges de la gentiane; à sa notoriété, à ce titre, avant que le quinquina fût venu faire abusivement oublier tous les fébrifuges indigènes; à l'analogie de composition de l'écorce du Pérou et de la gentiane, de se soustraire à la pensée que l'oubli dans lequel est tombé ce médicament n'est pas justifié et qu'il y a lieu de lui restituer sa place parmi les fébrifuges. Sans doute, là où la perniciosité peut apparaître, la quinine n'a pas de rivaux et n'en aura probablement jamais ; mais, dans les formes ordinaires du paludisme, il est parfaitement loisible de recourir à la gentiane; et même quand on a cru devoir préférer le quinquina, on peut soutenir utilement et économiquement l'actiou de celui-ci par l'emploi prolongé de la gentiane. Le paludisme ne recrute pas sa clientèle exclusivement dans les classes riches et quand on songe qu'une dose de quinine représente la valeur d'une journée de travail d'un paysan ou d'un ouvrier, on se tourne volontiers vers les fébrifuges indigènes, plus dédaignés aujourd'hui qu'il ne convient. C'est ce que je ne man(|ue pas de faire poir mon compte.
La gentiane a joué dans le traitement de la goutte un rôle aussi important que celui qui lui a été attribué dans le truilcmeut des fièvres d'accès. Boerhaave n'était pas loin d'en fiiire le médicament de la goutte. Son commentateur van Swieten a confirme les éloges de BoPihaavo et il a reproduit la formule de la fameuse potulre antiarthritique du duc de Porlland, composée comme chacun sait, de racine d'aristoloche, de gentiane, de chamœdrys, et de petite centaurée. Que lord Bentinck en ait retiré des avantages pour rétablir ses fonctions digcstives délabrées par la goutte, il n'y a là rien qui doive surprendre; mais que la gentiane ait, au mémo titre que le colchique, vertu d*éradication de la dialhèse goutteuse, c'est ce qui n'est pas chose démontrée (Gérard vau^ ^-
7t4 GENTIANE (emploi médical).
taria in BemianniBoerhaave Aphorismos de cognoscendUetcurandUmor^. Parisiis, HDCC, LXXIII, tomus quiutus, p. 820). Il est i-emarqutble queUgotiane se rapproche encore, à ce point de vue, des applications duquinquioi qui. sous le nom de remède de Held a joui en Angleterre d*uiie très-gruide réputation comme antiarthrilique et s*est présenté chez nous, au même titre, soos le patronage d*Alphonse Leroy. Au reste, la parenté nosologique de la goutte et du rhumatisme contre lequel la quinine a une incontestable efficacité est noe présomption directe, en faveur du quinquina, et indirecte en faveur de la gatiaot L'emploi de ce dernier médicament à titre de vermifoge, très-répaDdu jadii. a disparu devant les moyens plus sûrs dont nous disposons aujourd'hui; mais ii ne répugne en rien, de penser que cette propriété, attachée assez génénleaMtt aux amers, appartient réellement à la gentiane, mais surtout à la gentiane fnkk qui, par l'adjonction d*un principe aromatique avec un principe amer, offre noe réelle analogie avec labsinthe. Quant aux propriétés aatiscrofulettses de la gentiane, qui étaient jadis très-convenablement reconnues, elles n'étaient saos doute qu'indirectes et dérivaient de son action tonique qui intervient certaioeoeat d'une manière utile dans la scrofule où le système tout entier présente tois les signes d'une atonie profonde; mais de là à croire qu'il y ait dans la geDtiaae vertu de médicament de la scrofule^ de médicament antidiathésique, au màtt titre que l'iode, l'or, le baryum, le noyer, etc., il y a une distance que les laits observés ne permettent pas de franchir.
Rappelons enfin que la racine de gentiane a la propriété comme sobstiaee hygrométrique, de se gonfler au contact de l'humidité, et qu'elle a étéemplofée au même titre que le sont aujourd'hui l'éponge préparée et la laminaire, poor dilater des canaux rétrécis ou des trajets fistuleux. On s*en est servi quelipiefois comme pois à cautères, mais les pois d'iris remplissent mieux le but
Ce qui reste en somme de ce médicament déchu, c'est une valeur très^Ue à titre d'hyperarexique ou de stimulant de l'appétit, de stomachique ou de stimulant des aptitudes digestives, et de fébrifuge. 11 tenait le premier rang amie quinquina ; il mérite aujourd'hui le second, et son peu de cherté le leoommaD^ singulièrement à la médecine des pauvres.
La gentiane s'emploie en poudre aux doses de i à 4 grammes à l'intérieor. On pouri-ait aussi s'en servir sous cette forme, associée au camphre ou au charbon, ou à l'une et l'autre de ces deux substances comme traitement local des olcèrcs de mauvaise nature, blafards, avec œdème périphérique, tendant au spbacèki à la pourriture d'hôpital ou à la dégénérescence diphthérique. Cette applicatioQ àc la gentiane à laquelle Desbois (de^ Rochefort) donne les plus grands éloges {ÙimenU de matière médicale, édit. LuUier-Winslow. Paris, 1817, t. Il, p. ^09 mériterait sans doute d'être retirée de l'oubli et constituerait un moyen antiseptique utile.
La tisane de gentiane se prépare par macération ou infusion aux doses ik 5 grammes par iOOO grammes d'eau que l'on édulcore avec 50 graounes ai sirop d'écorces d oranges amères.
La bière de gentiane usitée en Angleterre, se prépare par macération a^ 1 5 grammes de gentiane concassée, 1 0 grammes de zest frais de citron et i gramiiK de cannelle par 1000 grammes de bière.
La teinture alcoolique de gentiane du Codex est au 5*.- Elle se prépare par une macération de dix jours de 100 grammes de racine de gentiane dans 500 gnunmea d'alcool è 60 degrés. Dose de i à 10 grammes.
GENTIL (Les deux). 715
La teinture de gentiane composée ou elixir amer de Peyrilhe se prépare avec racine de gentiane 100 gramme^; carbonate de soude 50 grammes; alcool à 60 degrés 3000 grammes. On lait macérer pendant dix jours; on passe a?ec expression, on filtre.
Le vin de gentiane du Codex se prépare en faisant macérer pendant vingtquatre heures 30 grammes de racine de gentiane incisée dans 60 grammes d*alcool à 60 degrés, ajoutant 1000 grammes de vin rouge, laissant macérer pendant dix jours et filtrant.
J'emploie habituellement un vin de gentiane compose contenant pour 1000 gr. de vin rouge, 15 grammes de poudre de quinquina rouge concassé, 10 grammes de racine de gentiane incisée et 5 grammes d*écorces d'oranges amères. li se prépare comme le vin du Codex.
L'extrait aqueux de gentiane du Codex se donne aux doses de 1 à 2 grammes.
La gentiane entre dans une foule de médicaments complexes. La plus célèbre de ces compositions est la poudre antiarthritique du duc de Portland^ formée de parties égales de gentiane, d'aristoloche, de diamsdryset de petite centaurée.
FonSSAGRIVES.
CiENTlAlVÉES. Famille de plantes dicotylédones appartenant au groupe des Honopélales à ovaire libre, aux Corolliflores de De Candolle.
Ce sont des plantes herbacées, quelquefois ligneuses, ordinairement glabres, dont les feuilles sont le plus souvent opposées et entières ; rarement elles sont alternes ou verticiilées. Les (leurs sont hermaphrodites, régulières. Elles ont un calice persistant à 4, 5, 6 ou 8 lobes, plus ou moins cohérents; une corolle gamopétale, infundibuliforme, hypocratériforme ou presque rotacée, nue à la gorge ou garnie d*un anneau frangé, à 4, 5, 6 ou 8 lobes, à préfloraison tordue ou valvaire induplicative. Les étamines sont en même nombre que les divisions de la corolle. L'ovaire est uniloculaire, ou biloculaire, portant des ovules nombreux, anatropes, horizontaux. Le fruit est une capsule qui s'ouvre en deux valves, portant d'ordinaire les placentas sur les bords. Les graines sont menues, albuminées, contenant un très petit embryon droit, k radicule rapprochée du hile.
Les Gentianées se divisent très naturellement en deux sous-familles :
1^ Les Gentiane'es vraies 9 caractérisées parleurs feuilles opposées, leur corolle à préfloraison tordue. Ce sont des plantes terrestres, toutes amères et dont les usages en médecine dérivent de cette amertume. Elles sont en effet employées comme toniques et fébrifuges. Les genres principaux sont : Gentiane, Erythrée ou Petite Centaurée, Chironée et Chlore;
2^ Les Ményanthées^ plantes aquatiques, à feuilles alternes ; la corolle est â préfloraisou induplicative. Les genres principaux sont les Menyanthes et les Ft7larsia. Ces plantes, qui sont également amères, ont des propriétés toniques et antiscorbutiques. Pl.
Bibliographie. — Jusstbu. Gênera. •— Db Gakdollb. Prodromttê. — Lsmaout et Decaishb. Traité général de botanique, 180. — Guibodrt. Droguée t impies, ?• édit., II, 550.
«EKTIANELLE. Nom officinal de la gentiane d'Allemagne ou Gentiana germanica Wild. {voy. Gentiane). Le même nom a encore été donné à d'autres espèces de gentianes et à des espèces du genre Cicendia Adans. {Exacum DC).
(Aeide). Voy. Gemtisui.
CUBNTIL (Les deux).
7i6 GENTIL (paul).
CientU (Andre-Antoiiib-Pieiire}. Chimiste et agroDome français, ooonn p^ des travaux remarquables sur la fermentation et que pour celte nisonnon^ croyons devoir nommer ici, naquit à Pesmes, en Franche-Comté, ea l'ti. selon les uns, en i73l, selon les autres. Dès Tàge de div-huit ausil eolnii4i.N Tordre de Saint-Bernard et fit profession à Clairvaux. Plus tard il fut nomoi' prieur de Fontenai dans TAuxerrois. Lorsqu*éclata la Révolution, il se retiN 'f Paris où il mourut pauvre et ignoré en 1800.
Les travaux de Gentil ont ctc couronnés par plusieurs académies; Bii.):i parle de ce savant avec la plus sincère admiration. « Ce respectable reli^eui. dit-il, ensevelit dans Tombre du cloître des talents dignes du plus gnodjour. Souvent créateur, toujours heureux dans ses opérations chimiques, parce qu'il est infatigable dans ses recherches, il ne voit rien dans la nature qui nepubx tourner par ses soins au profit de Fespèce humaine : il ferait sortir le chypred le malaga d*une tonne remplie de vin corrompu. Lisez son ouvrage sur la l'crnidi tation et ses dissertations sur divers objets d*utilité première. Mais je daù respecter le voile modesle dont il veut couvrir sa vie, son nom et ses œuvre»... Passionné pour les sciences, il n*en cultive pas avec moins de grâce et de gaùHj littérature qui les embellit. Sa conversation e&t ingénieuse et piquante, ^oo idiome est pittoresque et u*appartient qu*à lui seul. OrgaaisalioQ vive, >aiilé frêle, âme ardente, voilà le portrait du prieur. Une lame de cette trempe ust violemment son fourreau » .
Citons de ce chimiste distingué :
L Premier enai d'agronomie, ou dUtitique générale des végilauz et appUeatkn àt U chimie à V agriculture, Dijon, 1777, in-^*. — 11. Uitnerl. turle café et êur let moffent jjroprf* à prévenir les effets qui résultent de sa préparation communément vicieuse, et en rtsàr» la boision plus agréable ei plus talutaire, Pari^, 1787, in-8*. — IlL Manière de fairt dt très-bon vinaigre avec du petit-lait. Dijon, 1787. in-8». — lY. Méui, sur la question propt^ft «n 1779 par la Soriété des sciences de Montpellier : « Déterminer par un moyen aie, timplt et à la portée de tout cultivateur, le moment auquel le vin, en fermentation dnM la car/ aura acquis toute la force et toute la qualité dont il est susceptible, > Paris, 180f, u-^-
Gentil (Paul). Médecin français de mérite, né à Versailles vers 1'^^commença ses études dans sa ville natale sous la direction de Voisin, cliirurjien en chef de l'hospice civil et militaire, puis les acheva à Piiris, où il se Gt recevoir docteur le i 7 août 4815. 11 soutint à cette occasion une thèse, qui fut reoiarquée, sur la chaleur animale; Deyeiix en publia un extrait dans les Annah'l^ chimie (t. XCVI, p. 43,1815), extrait qui fut reproduit ensuite dans Me^L(*^ DeuUches Archiv fur Phîj8iologie(liand[[], HeftS, p. 458, i817|. Celte .Ii>h^talion a été en outre analysée dans le Journal de médecine de Len^n (t. XXXIV, no 4, p. 435, 1815).
Une fois admis au grade de docteur, Gentil alla se fixer à Dreux, où il *-^^^'^ la médecine avec réputation; il se montra aussi bon praticien que bon ol^sfi^^ teur; nous en citerons comme preuve lopuscule intitule: Notice sur la ct^^i''^^ luche qui s'est montrée d'une manière épidémique à Dreux et dam ses r/»r/'^'"'* pendant le mois de juin, juillet et août 1847 (Dreux, 4817, in-8»). Iniiui cultiva en outre la littérature et la poésie, témoin VOde à Messieurs ParUd- Bally, François, Maiet, dédiée à Mme Pariset (Paris, 4822, in S^). « P^*™' touchant, dit Tauleiir du Parnasse médical français^ en Tlionneur de t»^ illuslres médecins qui étaient alors à Barcelone, prodiguant aux malbcurt«2i atteints de la fièvre jaune les Irésois de leur savoir et de leur dévoucoicnl ' li
GEMILE D\ FOLIGNO. 717
de ces quatre héros était mort : Ma/ct avait succombé sur la brèche! Ce fut une douleur indescriptible pour Pariset, qui écrivit alors à sa femme en lui apprenant la mort de son mari : J'aurais voulu mourir. » F. linr.
DA FOLIGNO. En latin Gentilh Fulginus ou Fulgineus^ a joui d'une grande célébrité dans la première moitié du quatorzième siècle. Il était né vers la fm du treizième siècle à Fuligno, dans TOmbrie. Son père (1230-1310) était médecin à Bologne. Sa vie n'est pas bien connue : on sait cependant qu'il étudia la médecine sous Taddeo, qu'il fut professeur à Bologne, puis à Pérouse, qu'enGn il fut appelé à Padoue, auprès d*Ubcrtino de Carrare, gouverneur de cette ville, qui le prit pour médecin et où il enseigna la médecine de 1337 à 1345. Comme, parait-il, le besoin de médecins instruits se faisait sentir en Italie à cette époque, Genlilis conseilla à Ubertino d'envoyer à Paris douze jeunes gens pour y faire leurs éludes.
Gentilis passe encore pour avoir été médecin du pape Jean XXH (1316*1334), mais cela ne paraît pas certain (Mariai, Archiatri pontif.y I, 56) (1 mourut le 1 8 juin 1318 à Pérouse, des atteintes de la terrible peste qui régnait alors, et son corps fut rapporté à Foligno, dans Téglise des Ermites. 11 succomba, dit son disciple Francesco da Foligno, aux fatigues de sa profession {ex nimia infimiorum requisitione) ; on ne sait pas au juste Tâge qu'il avait alors. Alidosi pense qu*il avait quatre-vingts ans, mais il ne doime pas la date de sa naissance.
On raconte de Gentilis qu'il éprouvait une si profonde vénération pour Pierre d'Albano qu'en entrant dans l'amphithéâtre oîi professait ce savant maître il fléchit les genoux et s'écria : Ave tnnplum sanctum!
Gentilis da Foligno n*a-t-il pas été confondu par certains auteurs avec un certain Gentilis de Florence.
tlst-ce ce dernier que l'on aurait appelé l'àme d'Avicenne (anima Avicennœ) ? Linden et Sarti parlent de ce Gentilis de Florence qui aurait été également disciple de Taddeo à Bologne et le nomment Gentilis de Cingulo (de Gingoli dans la marche d'Ancône) ; il était en 1295 docteur en logique à Bologne. Est-ce à lui qu*il faut attribuer une exposition sur un traité de chirurgie d'Avicenne? Ce Gentilis de Cingoli, à coup sûr philosophe, était-il môme médecin? Tout cela, dit Ilenschel, est fort douteux, et nous ajouterons fort peu important. Disons seulement que Puccinotti (t. II, p. cxxxin) a prouvé qu'il est l'auteur d un ouvrage intitulé : De generatione animœ.
Gentile de Foligno s'était beaucoup occupé de botanique et de Tart de préparer les médicaments et de les combiner ensemble avec une certaine indépendance à l'égard des anciens encore bien rare à cette époque (Renzi). Il paraît aussi avoir possédé quelques connaissances anatomiqucs, du moins ciierche-t-il à éclairer les questions physiologiques à l'aide de l'anatomie. Dans ses noml)reux écrits, il se montre partisan de la médecine des Arabes; toute sa pathologie repose sur la qualité et la quantité des humeurs, sur les altérai ions des esprits animaux car, par une sorte de syncrétisme, il môle la doctrine humorale au pneumutisme. Les maladies sont décrites, suivant l'usage ancien encore adopté aujourd'hui par beaucoup d'auteurs, à capite ad calcem. A Texomple de Hondini, il appelle animatrici les organes contenus dans la léle, spiritvali ceux de la poitrine, et nutrilivi ceux de l'abdomen. Dans Tcxamen des moyens hygiéniques qu*il oppose aux maladies, il se montre très-judicieux et vi<-Wn"iAni supérieur à ses contemporains, et il met en avant quelques faits
718 GENTIOPICRIN.
qui ne sont pas sans valeur. Ses remarques sur les maladies du oeneau, sor Tapoplexie» méritent d*être signalées. Notre auteur regardait la peste Gomme résultant d*une corruption du sang dans le cœur et les poumons, oe qui, m total, valait bien Tinfluence des astres admise par ses contemporains.
On peut regarder Gentile de Foligno comme devant être compté parmi 1^ chirurgiens de ce siècle, car il a écrit quelques ouvrages particuliers sur la chh rargie, sur les hernies, des commentaires sur les fractures et les luxalioos d'après Avicenne. C'est cet ouvrage qui a été attribué à Gentile de Florenee, a que Henschel et Renzi rapportent à celui de Foligno, pensant qu'il y eut erreur <le la part des imprimeurs dans le titre de louvrage.
Voici ce qui nous reste de Gdntile de Foligno :
I. ExpotUione» cum texiu Avieennœ, Venetiis, 1484, in-fol; ibid., 1486, io^olio; M., 1492, in-fol., ibîd., 1520, in-fol., etc. — II. Comilia peregregia ad quœvU morhmmt»' iiuê corporiê gênera ; ejusdem Iractaiu» de hemia, etc. Paru d'abord s. 1. et a. in-(ol., pw« Papie, 1492, in-fol. ; Venet., 1503, ia-fol. ^111. De febribuê. In CollecL Venet., 1526, iD-fol — IV. De lepra traetatus (cum Oini de Garbo chirurgia). Venet., 1556, in-fol. —V. îrteiatuM de Balneiê. Imprimé par Jean de Rcno; 1475, in-4*. — VI. De proporiionUm» mediôM' rum ei de modo invettigandi, etc. Patavii, 155G, in-8« ; ibid.. 1519, in-4*.-» VII. QuettuM et traetaiiiM extravagante» noviter eum summo labore coliecti, Venet.. 1520, io-fn). " VIII. Expotitio cum commento ^gidii, Honaehi Benedictini, litniDe judiciUuriMenmé libri De puhibus. Lib. I. Venet., Iî94, in-4v Lugduni, 1505. in-8-. — IX, Sur un oavnfi? inédit de Gentile, De corde, voy. Puccinotti, II, p. cxxivrn. — Voy. encore Gros. Gnou». Sopra Geniiie da Foligno, medieo ilustredel Secolo XIV, Napoli, 1844, in-8*. L. Hi.
OENTILB (Francesco). Docteur en médecine et en philosophie, suaessjre ment médecin de Tambassade prussienne à Constantinople, puis de l'arma française à Nice, se fixa finalement à Naples et y devint médecin ea cbef ei directeur du service sanitaire à Thôpital militaire ddla Cristalliera et premief médecin de Tliôpital général de la Trinité, il vivait encore vers 1845. Noos •connaissons de lui :
I. Dcêcription êuccincte historique^ physique et pratique de la cure de quelques peaUfifà, Kice (1800) in-8*. — II. Sul cotera asiatico curato uello spedale mUilare delta CriMtelhm di Napoli, memoria, Napoli, 1837, in-8*. L. Hi.
GEiVTiocÉivnv. Voy. Gbntiopicrin.
«entiopicruv. Principe amet de la racine de gentiane, désigné p Hérat et Delens sous le nom degentianéinCf c'est l'Ënstanfritter des auteurs alJ^ mands. Il a été obtenu pour la première fois à Tétatde pureté par Kromayerel Ludwig (Kromayer, Die BiUersloffe. Erlangen, 186i , et in Arch. der Pharm^.i Reihe, Bd. CX, p. 27. — Ludwig u. Kromayer, in Chemisehes CentraUÀ,^ iif^< p. 13). C'est un glycoside ayant pour composition C^IPO^*.
Préparation, Pour le préparer on épuise la racine fraîclie de gentiane ptf l'alcool, puis on délaye Textrait dans trois parties d'eau et on traite le roéiaoie par du noir animal granulé, qui absorbe le gentiopiorin. Ou épuise eosoite \t charbon au moyen de l'alcool à 80 degrés, on filtre, on évapore et on reprend \t résidu par de l'eau. La solution est décolorée par l'acétate de plomb, l'excèàde plomb est enlevé par Thydrogène sulfuré, puis la liqueur filtrée est évapoiée s consistance sirupeuse ; ou agite avec de l'éther ; la masse abandonnée a elle-même se prend en cristaux, qu'on décolore par cristallisations lépétées dans r»B et en les traitant par le noir animal. Un kilogramme de racines donne enTiroa 4 à 1,2 de geiiliopicrin.
GEiNTISINfcHiiiiB). 719
Propriétés. Le principe amer de la gentiane se présente uns forme de cri»tani incolores, exlrâmcment amers, neutres aux réactifs, trës-solubles dans l'eau et dans l'alcool faible, insolubles dans l'éther, efDorescents à l'air et perdant une molécule el demie d'eaa à 100 degrëa. L'acide sulfurique hydraté colore le gentiopicrin en carmin ; il se dissout dans la potasse et la souile ainsi que dans l'ammoniaque chaude avec défeloppemcnt d'une coloration jaune; en le chauffant, il se décompose. Le gentiopicrin réduit la solution ammoniacale d'argent, mais laisse la solution alcaline de cuivre intacte. La leviïre de bière est sans action sur lui.
En chauffant le gentiopicrin avec les acides sulfurique et chlor^iydrique étendus ou en le traitant par l'acide oxalique ou l'acide acétique, il se dédouble en gmtiogénin et en glycose fermenlescible :
GenUapictia. Gaalioginia. GlfcoM.
Le gentiogénin constitue une poudre amorphe, jaune bran, inaltérable à l'air, neutre aux réactifs, peu soluble dans l'eau froide, très-goluble dans l'alcool et l'élher skooUsé ; avec l'eau bouillante, il forme une masse i-ésinoide. Le gentiogbtin réduit aisément la solution ammoniacale d'argent. En le chauffant avec du zinc en poudre, on obtient non de l'anthracène, mais divers autres hydrocarbures de la série aromatique.
Introduit dans l'organisme, le gentiopicrin est éliminé par les sécrétions urinaire el sudorale ; il communique sa saveur amère aux liquides organiques (Amemann). Pour son emploi thérapeutique, voy. Gektisir. L. Un.
eBNTI*TANNIQVE (AuDs). ¥oy. Gentiake.
OBMTisiM. g I. Chiniie. Substance crisUllisabIc, retirée de la racine de gentiane pour la pi'emière fois par Henry et Gaventou {JouTfi. de pharm., t. VII, p. 173), qui lui donnèrenl le nom de gentianin. Le produit obtenu par ces chimistes présentait une saveur amère, parce qu'il n'était pas pur; c'était probablement un mélange de gentiopicrin et de genlisin, qui renfermait peutêtre même en petite quantité le principe tannique particulier de la gentiane, l'acide getitiotanni<iue [voy. Geniune), que Ville a découvert dans la racine de gentiane; l'acide gentiotanni que n'était pas connu de Fehiing quand il rédigeait l'article Gentunii de la dernière édition de son Dictionnaire de chimie (1879).
Le gentisin pur, obtenu par Trommsdorr(Anni]/. d. Chim.u. Pharm., Bd. .XXI, p. 134) et par Leconte (ibid,, Bd. XXV, p. 200), constitue simplement une matière colorante, dépourvue de toute amertume. Baumert (Annal, d. Chem. u. Pharm., Bd. LXII,p. 106, et iourn. de pharm. t. XXIV, p. 638) a (ait voir .jnB le gentisin est un acide faible répondant à la formule CM'"')', et lui a dunné le nom d'actrfe^enfiant^ue sous lequel on le désigne quelquefois ainsi que sous celui d'acide gentisique, qui n'a pas prévalu, lllasiwetz et Hjbcrmaiin ont récemment repris l'étude de ce corps [Annal, d. Chem. u. Pharm., Itd. CLXXV, p. 6S; Bd. CLXXX, p. 343, 347) et lui ont assigné pour formuk- rationnelle ;
Préparation. On pulvérise la racine de gentiane dcs^^t'cliée et on la traite par de l'eau froide pour lui enlSTcr le principe amer ; ijuand rauliQD'" "
720 GENTISIN (chimie).
est terminée, on sèche de nouveau la racine, puis on 1 épuise par 1 alcool fort On distille et on traite par l*eau Textrait alcoolique obtenu sous une misse amorphe; il se sépare des flocons brun clair de geutisin. On le puriûe en le faisant cristalliser à plusieurs reprises dans Talcool, jusqu'à ce qu*il ailpeniu toulc saveur anière.
Trommsdorf épuise la poudre desséchée par Téther, concentre par évapontioD et traite le résidu par de Tulcool fort; on distille et on obtient des crisUuxde gentisin impur, qn*on lave avec de Tétlier et de Talcool ; puis on fait cristalliser ' dans Talcool bouillant. Par ce procédé, 1 à 2 kilogrammes de racine de geoliaoe fournissent environ 1 gramme de gcnlisin. Ajoutons que les petites espèces alpines, le Gentiana acaulis entre autres, renferment plus de gentisin et de gentiopicrin que le Gentiana lutea, dont on les extrait habituellement. • Propriétés. Le gentisiu cristallise en aiguilles unes, jaune clair, sausoJeur et sans saveur, inaltérables à Tair. Il est trcs-peu soluble dans Teau; ! {nrtie de gentisiu exige environ 5000 parties d*eau froide et 5850 parties d'eau duude pour se dissoudre. L'éther le dissout un peu mieui (i/2000); l'alcool fruid le dissout encore assez difficilement (1/500); c'est dans l'alcool bouillant qu'il est le plus sojuble (1/62). Eu revanche, le gentisin se dissout aisément dans les alcalis étendus: les acides le précipitent de nouveau à l'état ciistalliu.
Les cristaux de gentisin peuvent être chauffés jusque vers 250 degré» .«ans se décomposer, mais entre 500 et 540 degrés une portion se volatilise et cribUi* lise en aiguiUes jaunes par la condensation, tandis que la plus grande pitrtiede la masse se charbonne et se décompose eu répandant une odeur particulière.
Les acides chlorhydrique, acétique et sulfurique n'attaquent pas le gcnÛMn; l'acide sulfuiîque étendu ne l'altère même pas à l'ébullition ; ce même acilc concentré le dissout à froid sans altération en prenant une couleur jaune, h faisant agir sur le gentisin à la fois du cliromate de potasse et de l'acide sulfurique étendu, h chaud, on obtient de l'acide carbonique et de l'acide formique. Il réduit les sels d'argent.
Le geutisin se dissout dans l'acide nitrique d'une densité de i,i5, exempt if vapeurs nitreuses; en traitant par l'eau la solution vert foncû obtenue, m poudre verte cristalline se dépose et le liquide qui surnage devient jaune. Bau* mert considère cette poudre comme un acide nitré, l'acide nitrogentianiqut it dinitrogentisin^ C"H*{AzO')*0'.H*0, qui perd à 100 degrés son eau de cri>ullisation et au contact de Tammoniaque et des alcalis prend une coloration rou;e cerise; dans cet état, il se dissout aisément dans Teau à laquelle il communique sa coloration. Lorsqu'on fait dissoudre du gentisin dans l'acide nitrique fumaut. on obtient du trinitrogentiain, C"ir(AzO-)"0\ qui, par addition d'eau, foiweuu dépôt jaune pulvérulent et cristallin. On le purifie par des lavages à l'eau buuil lante.
La dissolution alcoolique de genlisin, soumise à un courant de clibre, e>i décomposée avec formation de produits chlores flococoimeux jaune clair.
En piéscnce de Tamalganid de soJium, la solution de gentisin est colorée t«>ut d'abord en jaune rouge, puis en vert et en brun rouge et Gnalenicnt se dci^l^<<^* en traiUmt par i'ucide sulAirique étendu, il se précipite un corps rouge .imor}*tH; ayant pour composition C^'IP^O*, soluble dans l'alcool, soluble d.ius rAmuu^ niaquc qu'il colore en rouge; les acides le précipitent de ces solutions.
Lorsqu'on fait cliaufler le gentisin avec du chlorure d'acélyle, ou obtient bu produit de substitution, le gentisin diacétylé, C*^H*(C*HH))H)\ Ce cuqift, fvndu «^
GENTISIN (emploi médical); 731
de la potasse, donne de la phloroglucîne, de l'acide acétique et un acide, G^HK)^, auquel Hlasiwetz et Habermann donnèrent d'abord le nom d*acide gentisique^ mais qu'ils reconnurent bientôt comme identique à Vacide oxysalycilique. Par la chaleur cet acide se décompose en acide carbonique et en acide pyrogen^ iUiquey C*HH)*, identique à Yhydrùquinme,
Le gentisin est neutre, mais susceptible néanmoins de s'unir aux bases pour former des combinaisons incristallisabies, dont la composition n'est pas constante et qui sont plus solubles dans l'eau que le gentisin lui-même. Citons entre autres le solde potasse : C^^IPCK -f-H'O, cristallisé en aiguilles dorées groupées en étoile et ne perdant leur eau de cristallisation que de 180 à 200 degrés. Le sel de soude C*^H*0*.Na + H'O, se comporte d'une façon analogue. On prépare ces deux sels en mélangeant une solution alcoolique de gentisin avec une solution aqueuse de carbonate de potasse ou de soude; on évapore à siccité et on reprend par l'alcool à 90 degrés ; d'après Baumert il se forme en outre des sels acides, tels que: C»ni»U».K-|-C'41**0*-|-HH) et C*WO».Na-|-C**H»*0»-+-HH), etc. Le sel de buryté se prépare d'une manière analogue et a pour formule : G'^H'O'^.Ba + 11*0; le sel de plomb, C^^H"^0*.Pb + rbO, s'obtient en ajoutant à la solution alcoolique de gentisin du sucre de Saturne et un |>eu d'ammoniaque; il est en flocons jaune rougeâtre. Enfin la solution alcoolique de gentisin donne avec les sels de 1er un précipité brun rouge, avec les sels de cuivre un précipité vert.
g II. Eniplol nédleal. Les essais qui ont été tentés jusqu'à présent n'ont guère porté que sur le produit impur désigné sous le nom de gentianin.
Ce dernier a été jadis expérimenté par Magendie, qui i*a employé en injections veineuses sur les chiens, à la dose de plusieurs grains. 11 ne lui a reconnu aucune propriété toxique. En ayant pris lui-même deux grains dissous dans de l'alcool, il n'a éprouvé qu'une amertume extrême et un léger sentiment de chaleur dans l'estomac (F. Magendie, Formulaire pour la préparation et Vemploi de plusieurs nouveaux médicaments. Paris, 1822, p. 80). Cette sensation de chaleur épigastrique dépendait sans doute plutôt de l'alcool que du gentianin et cet essai n'avait Tien de significatif.
Le même auteur a employé la solution alcoolique de gentianin (1/96) et le sirop de gentianin (1/500) dans la scrofule et les dyspepsies; mais il y aurait lieu d'attribuer au gentiopicrin plutôt qu'au gentisin, qui est une simple matière colorante, les effets obtenus dans ces affections. La même remarque s'applique à la plupart des faits que nous allons éouméi*er.
Bardsley (Hospital Facts and Observations, Londoo, 1829) préconisait ses pilules de gentianin contre les dyspepsies accompagnées d'irritabilité de l'estomac. De Koniiig (Letierhode, 1836) le premier employa le gentianin, préparé comme celui de Magendie, à litre d'antipériodique et crut y avoir trouvé un succédané du quinquina. Mais peu après, de Pool {De gentianino, Ti*ajecti ad Rhenum, 1837) obtint, dans le traitement des fièvres intermittentes par cet agent thérapeutique, des résultats absolument négatifs; le prodoit qu'il employait était du gentiopicrin presque pur. Lange (Deutsche Klinik, 1851, n"" 36) fit de nouvelles expériences, mais sans grand succès ; ce n'est que dans des cas trèsrares qu'il réussit à couper les accès de fièvre avec des doses de 2 grammes de gentianin. Enfin, vers la même époque, Kûchenmeistcr (Versuche mit Gentianinum impurum et non crystallisatum^ in Archivfûr physiol. Heilkun^^ ^^ ^ p. 106, 1851) publiâtes résultats suivants : l'' le gentianin agit sur
aicT, BNC r 9. Y!!.
m GÉORDELLË.
effioacament, sinoa pliu, que la quinine ; 2^ son action est aussi rapide que ctllt de la quinine, contrairement aux assertions de Piorry. 11 suffirait de ladmiuiy iror à la dose de i à ^ gi'ammes deux fois par jour. Ainsi le gentianin se trouvait, élevé au rang des succédanés les plus précieux de la quinine!
Cazin adopta les idées de Kûehenmeister; voici ce qu'il dit à ce sujet dans m Traité des plantes médicinales ^ 4^ édit., p. 477 : « L'addition de tanuin au gentianin^ dans la proportion de 1 partie pour 2 parties de ce deruier, Goo>lilae un mélange plus actif et qui m*a réussi tout récemment dans un cas de fiè\rv intermittente quotidienoe datant de deux mois avec engorgement de la rate chci un sujet, qui précédemment avait été atteint de fièvre tierce coupée avec k sulfate de. quinine,, dont on avait trop tôt cessé Tusage. Le mélange de i gruame de. gmtiauin et de 50 centigrammes de tannin» donné deux fois dans rintenallt des accès,, a suffi pour les faire disparaîti*e dans lespace de quatre jours. L*usj^^ da ce fébrifuge a été continué à la même dose, deux fois par semaine, peudaoi un mois, pour prévenir la rechute. »
Malheureusement Aug. et Théod. Uusemaun (Pflanzenstoffe^ 1^71, p. ^75 nous apprennent que, depuis la publication de son mémoire, Kiicheumeister t^ revenu de ses idées sur Tcfficacité du gentianin comme antipyrétique et en a pnh clamé rinexactitude. Nous sommes en effet disposé à croire que le gentianin. )>a> plus'qu'une foule d'autres substances amères prânées comme tels, ne coD>litDc uo succédané sérieux et efficace du quinquina. Le gentiopicrin agit simplemeoi comme aoier, et le geniisin est dépourvu de propriétés physiologiques; « dernier, administré, par Baumert même à la dose de plusieurs grammest est rasfcé absolument inerte ; ces faits ont été confirmés ultérieurement par Lecoote. Ou reste, ces produits fussent^ils actifs, que leur prix de revient élevé senit enoore un obstacle à leur emploi.
Nous pensons dès lorsqu'il faut se borner à employer le gentianin ou plolôlk gentiopicrin dans les mêmes cas que la gentiane, c J'ai souvent administré, dit Gazia, dans ma pratique urbaine, le sirop de gentianin contre l'iielaiintlii^^ chez les enfanta et comme tonique chez les sujets lymphatiques, pour oombaure la tendance scrofuleuse. »
La dose de gentianin est généralement de 10 à 20 centigrammes en pilules oc dans un véhicule approprié. On peiit donner en potion 2 à 8 grammes de tfiDtiuve'(.l sur iOO d*alcool à 24 degrés), ou 50 à 60 grammes de sirop (1 sur oCKli seul. ou. en potion. Cependant, d'après' Théod. Uusemann (Handb. der geummt, Arzneimiitellehre,\Slb, fid. 11), le principe actif de la gentiane, pris à des do^ 4rop élevées, peut occasionner des troubles de la digestion et, chez les personnes 4 sensibles )>,.d6s phénomènes cougestifs et de la céphalalgie. L. H*-
UiLB. Sous le nom de GeobdelUiy de Blainville a décrit, eo 18:îi. un g^nre d'Anuélides que, dix ans auparavant, Dutrochet avait appelé Trûcketis. Ge genre appartient à la sous-classe des Hirudinées et à la faoïiiie de» Gnalhobdellides. Il a pour type le Trochetia subviridisduir. (GeobdeUa Troehft ide Biainv.), petite sangsue qu'on tix>uve en France et en Algérie, dans les lieu {humides et dans les canaux souterrains, doù elle soit, la nuit, pour faire U chasse aux Lombrics; elle est figurée dans Gervais et van Beneden {Zcûtof^ JSÊédic.^ U H, p. 188, fig. 144 à 147). Le corps, formé d'un nombre coofid^
GÉOGORISËS. 723
rable d'articles peu distincts, est subcylindrique en ayant, un peu déprimé et ëlargi en arrière; il est de couleur verte en dessus, jaunâtre en dessous. Sa partie antérieure présente une ouverture transverse assez grande, bordée par deux lèvres, dont la supérieure, obtuse, déborde de beaucoup Tinférieure; mais il n'y a pas à proprement parler de ventouse. La bouche, située au fond de cette ouverture, est pourvue de trois mâchoires très-petites, très-comprimées, tranchâmes et sans denlicules. Les yeux sont au nombre de huit. L'extrémité postérieure du corps se termine par une petite ventouse placée obliquement et par un anus très-grand et semi-lunaire. L'espace où s'ouvrent les orifices de l'appareil de la génération forme un anneau circulaire assez prononcé. Ed. L.
«iÉOCÉBlKE. C'^H^'O'. Matière cireuse, neutre, isomère avec l'acide g éocérinique, retirée par Brûckner de la lignite de Gerstewitz,prèsdeWeissenfelSy en Saxe, en même temps que ce dernier. La géocérine est fusible à 80^ et se dépose en gelée par le refroidissement de sa solution alcoolique. L. Hn.
«lÉOCÉRilvlQUE (Acide). CH*"0'. Substance blanche, lamclleusc,soluble dans l'alcool bouillant, d*où elle se dépose par le refroidissement à l'état d'une masse gélatineuse, fusible à 82"* (Brûckner, Joum. fur prakL Chemie^ Bd. LYII, p. i, et Jourh, de pharm., S*" sér., t. XXIII, p. 39i).
L'acide géocérinique est Thomologue supérieur de l'acide cérotique, C'H^O*. On l'extrait de la lignite, eu traitant la décoction alcoolique de cette dernière substance par la potasse ; on précipite ensuite la combinaison alcaline de l'acide géocérinique par du chlorure de baryum et l'on décompose le sel barytiquo par l'acide acétique.
On peut encore le préparer en traitant à l'ébullition, par une solution alcoolique bouillante d'acétate de plomb, la liqueur alcoolique d'où s'est déposée la géomyricine; on lave le précipité à l'alcool bouillant et à l'éther, puis on décompose par l'acide acétique. Les eaux mères du précipité plombique renferment aussi de la géocérine. L. Um.
fiÉOCÉRiNONE. C"H^'^. L'un des produits solides de la distillation sèche de la lignite. L'alcool bouillant la dissout et la laisse déposer par refroidissement en une masse cristalline, constituée par des tables hexagonales minoscopiques, fusibles à 50*>, inattaquables par la potasse. Brûckner considère la géocériuone comme l'acétone de l'acide géocérinique. L. Hn.
CSÊOCORISES. Pris dans leur ensemble, les Insectes-Hémiptères désignée sous le nom de Géocorises constituent la plus importante des deux sections établies par Tillustre Latreille dans le groupe des Hétéroplères. Cette section, qui comprend les Rhinostomes et les Zoadelges de Dnméril, et correspond aux Heteroptera gymnocerata de Fieber, est caractérisée ainsi qu'il suit : antennes libres, saillantes, de grandeur moyeime, formées de 4 ou de a articles et inséi*ées entre les yeux près de leur bord interne; rostre le plus souvent allongé; tarses de 3 articles.
Ainsi que leur nom l'indique, les Géocorises sont les Punaises terrestres; quelques-unes cependant marchent et courent sur l'eau avec une grande rapidité. Beaucoup répandent une odeur infecte ^^ ' ' Sien connue sous le nom à' odeur de punaise, due à la sécrétir ulière située soit
724 GÉOCORISES.
dans le mésothorax, soit dans le métathorax, et qui, dans certains cas, s'ouTre entre les pattes postérieures. On en connaît un nombre assez considènble d'espèces reparties dans une quinzaine de familles, dont voici les prinopiles :
l^ Pemtatomides. Les Géocorises qui composent cette famille sont celles auxquelles s'applique plus particulièrement la dénomination de Punaises ia bois. Toutes^sont phytophages et se renconti*ent sur les végétaux, souvent réunies en grand nombre ; les femelles déposent ordinairement leurs œufs par plaques sur les feuilles. Ces punaises se reconnaissent facilement à leur corps lu^k, ovale ou arrondi, pourvu d'un écusson énorme. Les bords de la tête, aigus et tranchants, cachent Tinsertion des antennes ; celles-ci sont formées de 5 articles. On distingue dans cette famille deux types principaux : les ScuteUérites, éei lesquels l'écusson, de forme oblongue, recouvre presque entièrement rabdomeo. et les Pentatomite$9 chez lesquels l'écusson, triangulaire, ne recouvre quaœ partie de Tabdomen, mais s'étend toujours au delà du milieu de cet organe.
Les SctUellériteSf répandus surtout dans les régions chaudes de rancira monde, sont souvent parés des couleurs métalliques les plus éclatantes. Us ne soo: représentés en Europe que par un petit nombre d'espèces qui habitent priocipilement les régions méridionales. Tels sont notamment les Piacasta exanAanûtica Scop., Eurygaster maura L., Eurygasler hottentota Fab., Odontosedù fvliginosa L., Graphosoma semipunctatum L. et Graphosoma lineatum L.; ce^ deux dernières espèces sont d'un beau rouge sanguin avec des lignes longiliidinales noires.
Les Pentatomitesi beaucoup plus nombreux en Europe que les Scutellérites. se divisent en deux groupes : 1* les Cydniens (Genres : Corimelœna \i\\\l. Cydnus Fab. , Brachypelta Am. Serv., Sehirus Am. Senr., OchOoàkeba Fieb.,etc.), vivant à terre dans les terrains sablonneux et sur les plages maiilimes, où ils se cachent pendant le jour au pied des plantes ou dans les débrii de matières animales, et remarquables par leurs tibias épineux, dont les antérieui; sont comprimés ou plus ou moins élargis à Textrémité : 2* les Pentatmmt (Genres : Sciocom Fall., Doryderes Spin., i£/îaFab., Eysarcoris Eihû. Pai»mena Muls., Peribalus Muls., Holcostethiis Fieb., Carpocoris Koleo., Padstoma Oliv., Piezodorus Fieb., Tropicoris Hahn, Strachia Hahn, Cyphoilethtit Fieb., Zicrona Am. Serv., etc.), qui ont les tibias inermes et qui vivent sur )e> végétaux. Leur vol est assez rapide et de courte durée. Quand ils sont au repos. leurs antennes sont presque constamment en mouvement. Comme types priDâpaux, il convient de mentionner surtout : YJElia acuminata L., très-common en été sur les Graminées; le Palomena viridissima Pod., ou Punaise verte ée Geoffroy; le Carpocoris baccarum L., remarquable par son protborax à aiL;!ei latéraux aigus, relevés et débordant les élyti*es; le Pentatoma juniperm\*^ espèce cutièremcnt d'un vert tendre avec la pointe de l'écusson d'un btaoclinde; le Tropicoris rufipes L., qui vit sur divers arbres et arbustes; le RkapkifU^ griseusFab, (Pentatoma grisea Latr.) ou Punaise grise; le Zicrona eœndea L.. au corps ovalaire, peu convexe, entièrement d'un bleu verdâtre luisant; eofinia> Strachia omataL,, ei Str. oleracea L., très-communs sur différentes Crocifèi*es, et qui, par leur apparition en grand nombre sur les jeunes plants de cboai. commettent, dans les potagers, des dégâts parfois considérables.
2 CoEÉiDEs. Essentiellement phytophages, les Coréides se recomuisseot i leurs antennes insérées au-devant des yeux et formées de 4 articles, dont le le deniier est cylindrique'[et rétréci en pointe à son extrémité. Le firoot est
GÉOGORISES. 725
toujours pourvu d'ocelles, l'écusson ne dépasse par le milieu de l'abdomen, et les côtés latéraux de ce dernier organe sont plus ou moins relevés et élargis sur la moitié de leur longueur.
Cette famille a pour types priucipaux en Europe : le Syromasier marginatus L.; ÏEnophps scapha Fab. ou Punaise à aUerom de Geoffroy; le Yerlusia rhombea L., dont la larve est hérissée de poils; le Coreus hirticomis Fab. ; le Cenirocarenus spiniger Fab., espèce exclusivement méridionale, dont la tête est armée de deux rangées d'épines relevées ; le Micrelytra fossularum Rossi ; le Camptopus lateralù Germ. , aux cuisses postérieures renflées et munies en dessous de plusieurs épines; le Stenocephalus agilis Scop., commun sur différentes espèces d'Euphorbes ; le Ccrizus parumpunctaius Schill. ; le Therapha hyoscyami L., qui vit sur la jusquiame, et que Geoffroy a dénommé la Punaise rouge à croix de chevalier; enGn le Phyllomorpha laciniata WilL, espèce des contrées méridionales, nettement caractérisée par le corps d*un brmi clair, hérissé en dessus et en dessous d'épines blanchâtres, par le prothorax dilaté de chaque côté en un lobe épineux relevé, et par les côtés latéraux de l'abdomen foliacés, membraneux, largement dilatés et profondément divisés en lobes épineux.
3^ LvGiEiDBs. Comme les Coréides, les Lygœides sont phytophages; ils se tiennent habituellement sur les plantes en groupes plus ou moins nombreux et serrés les uns contre les autres. Leurs corps, ovalaire, plus ou moins allongé, est de eonsistance coriace. La tête, triangulaire, peu saillante et sans i-ebord en avant des yeux, porte des antennes quadriarticulées, filiformes ou très*légèrement épaissies au sommet; le front est rarement dépourvu d'ocelles. Le prothorax est le plus ordinairement divisé en deux lobes par un sillon transversal ; l'écusson est petit et triangulaire, et les ongles des tarses sont souvent accompagnés de deux pelotes.
Assez nombreux en Europe, les Lygœides se répartissent dans une soixantaine de genres, dont les trois principaux sont : Lyganis Fabr., Geocoris Fall., et Pyrrhocoris Fall. Dans le premier, qui a pour types les Lygœus venuslus Bœb., Lmcquestris L., L. mililaris Fab. et L. sazatilis Scop., la partie membraneuse des élytres est parcourue seulement par 4 ou 5 nervures longitudinales ; le corps est de couleur noire ou rouge avec des espaces d'un rouge vif rehaussés de taches ou de points noirs. Les Geocoris^ au contraire (6. grylloides L., G. ater Fab., etc.) ont la tête grande, les yeux très-saillants et la partie membraneuse des élytres dépourvue de nervures. Enfin, dans les Pyrrhocoris^ les ocelles manquent et la membrane des élytres offre 2 cellules et environ 8 nervures longitudinales. L'espèce type, P. apterus L. (Astemma aptera Latr.), au corps noir varié de rouge, est très-commun en Europe ; il vit en sociétés nombreuses au pied des arbres et dans les fentes des mui*s exposés au soleil ; c'est la Punaise rouge des jardins de Geoffroy.
4^ Ti5GiTiDES. Les Géocorises qui composent cette famille sont toutes de trèspetite taille. Elles ont le corps déprimé, la tête souvent épineuse, le plus ordinairement dépourvue d'ocelles, et les antennes quadriarticulées. Le rostre, triarticulé, est logé dans un sillon profond, limité par des lames réticulées ; enfin les élytres, (le consistance homogène, sont très-souvent pourvues, ainsi que le bord antérieur du prothorax, d'expansions membraneuses réticulées plus ou •"--— '— -<^; les tarses sont formés de 2 articles. Cette famille se divise ei? *»«
PiesmideSf qui ont l'écusson découvert et le front [K>ui
72G GÉOGORISES.
Tingitides vraiSf chez lesquels les ocelles manquent et dont récusson est oché par un prolongement du prothorax. Ces dernières se repartissent principalemeot dans les trois genres : Tingis Fab., Eurycera Lap. et Monanthia Am. Sen.
Les Tingitides sont surtout répandus dans les régions tempérées. L*Eiirope en possède un assez grand nombre d'espèces qui, toutes, vivent exclusivement sur les végétaux. Quelques-unes deviennent parfois très-nuisibles dans les localités oft elles se multiplient beaucoup. Tel est notamment le Tingiâ piri Fab., que Geofiroy a nommée la Pitnaise à fraise antique^ et qui cause souvent de grand» préjudices dans les vergers en criblant les feuilles des poiriers d*une roultitud'* de petits trous. D'autres espèces, ni\iaimmeni VEnrycera clavicomis L, déterminent, par leurs piqûres, des sortes de galles sur les feuilles des végétaux.
5® Càpsides. De même que les Tingitides, les Capsides sont toutes de petiUtaille et appartiennent pour la plupart à la zone tempérée. Elles sont essentiellement phytophages. Leur corps est allongé, mou, avec la tête petite, triangulaire et dépourvue d'ocelles. Les antennes, généralement sétiformes, sont form^ de 4 articles. Les élvtres orésenten mférieurement un appendice icuneus) «i^ forme vanaotc, e leur portion membraneuse est pourvue ae deux cellules ^ grandeur inégale. Les tarses sont triarticulés.
Les espèces européennes, très-nombreuses, se répartissent principalemeot dans les genres : Jftm Fab. ; Megalocerœa Fieb. ; Phytocoris Fall. ; Calocoris Fieb.; Lygus Fieb.; Capsus Fab.; Rhopalotoma Fieb.; Orthocephalus Fieb.; lÀocoris Fieb. ; Globiceps Lat. ; Orthotylus Fieb. ; Psallus Fieb. ; Plagiogndhnf Fieb., etc. Les Miris lœvigatus L. , Megalocerœa erratica L., Calocoris mar^nella Fab., Lygus Kalmii L., Rhopalotomus ater L. , Globiceps flawmùbîv Boh. , et Qrthotylus nassatus Fab., sont particulièrement communs en France sur diverses espèces de plantes.
6* Anthocorides. Les représentants de cette famille ont le corps étroit et aplati, les antennes quadriarticulées, généralement épaissies vers l'extréfflitt. et le thorax pourvu d'un sillon dans lequel s'applique le rostre; celui<i e<t formé seulement de deux articles. La partie membraneuse des élytres piésentr des nervm-es ; les ailes manquent souvent ; les tarses sont biarticulés et dépoiirîu> de pelotes.
C'est à cette famille qu'appartient le genre Acanthia Fabr. (Cimex des ancieti> auteurs), qui, outre VA. lectidaria L. ou Punaise des lits (iwy. Pos.usi), renferme VA. ciliata Ëvers., espèce de la Russie orientale dont la piqûre est plus douloureuse que celle de VA. lectularia; VA. pipistrellœ Kolen qu'on rencontre en Suisse et en Allemagne; VA. rolundata Sign., observé à l'île Bourbon; eoiio les A. hirundinis Jen., et A. columharia Jen., espèces européennes qui Tireol, k première dans les nids d'hirondelles, la seconde dans les pigeonniers.
> Réduvides. Beaucoup moins répandus en Europe que dans les régions chaudes du globe, les représentants de cette famille sont caractérisés ainsi qui! suit : corps oblong, ou ovale oblong; tète libre, saillante, rétrécie inférieurement en une sorte de cou ; front le plus souvent pourvu d'ocelles ; antennes fiiiforoK?^ très-longues et quadriarticulé^, à dernier article sétacé; rostre court, arqoé et conique, formé de 3 articles; écusson petit, triangulaire; membnne ^ élytres avec 2 ou 3 cellules basâtes, émettant un plus ou moins grand oooitr? de nervures longitudinales; pattes robustes, assez allongées, terminées par àe> tarses courts, à 3 articles.
Les Réduvides se nourrissent d'insectes et d'arachnides. Dans quelques espece5
GÉOCORISES. Wï
les pattes anténeures sont ravissensds. La plupart, à Tétai de hnrve et-de nymphe, se recouvrent de poussière et d*ordiires de toutes sortes afin de dislriitiuler 'leur présence et de pouvoir ainsi s'approcher facilement des insectes dont ils tmleot s'emparer. Plusieurs, quand on les saisit, font entendre une stridulation «sies forte produite par le frottement du cou contre la paroi interne du prolherax. Tous piquent fortement, et leur piqûre est extrêmement doUinureuse. Us se divisent en quatre groupes principaux : l'aies Nahidei {NabhluHverttrk'^àh.f N. fems L., iV. rugosus L., etc.), caractérisés par le rostre prolongé au delà del'exlrémité du prosternum, par les cuisses antérieures fortes, parfois renflées, dirigées en avant, et par les tibias armés d'épines; ^ les Rmhmiâm 'prop^mment dits (Genres : Reduvius Fab., Coranns Curt., Htwpaetor Lap., Ptratu Am. Serv., etc.), qui ont le rostre plus icoort qne le prosternum (voy. Rioiiv»); 5<^ les Pygolampxdesy chez lesquels le prosternum est armé, à cliacun dfrJBts angles antérieurs, d'une fprte dent dirigée en avant, etqoi ont poiir»espàce Ajpe^ie Pygolampùs bidentata Fourc., ou punaise porte^pine de 'Geofliro;; '4* dus ÊmésideSy remarquables par leurs pattes antérieures ravisseuses dont >l0B cuinnin sont munies, en dessous, d'une ou de plusieurs épines. Ilsrappellont un peu, ipnr leur configuration, les Orthoptères connus sous le nom de Mwxtes et^ eux, tiennent constamment leurs pattes antérieures relevées, afin d'être prêts à saisir les Mouches, les Cousins et autres Diptères dont ils fsnt leur proie. Le Ploiaria vagabunda L., qui en est le type, se rencontre 4aiis les àms, ks greniers et quelquefois dans Tintérieiir des habitations; c'est -la Punaàse aUàxi^ forme de Geoffroy. Au repos, il vacille sur ses longues pattes en se inlançant à la manière des Tipules ; sa démarche est lente, mais il s'envole facilemeni.
8^ Hydrométrides. La caractéristique des représentants deeette&railles'étaUlt de la manière suivante : corps plus ou moins allongé, oblong ou linéaire, etsicrt en dessous d'une pubescence soyeuse, argentée, très^enseet bydrofuge; awlasiwfr quadriarticulées ; rostre formé de trois ou de quatre articles; tarses In <oa triarticulés ; ongles généralement insérés avant Textrémité du dernier jvtide des tarses.
Essentiellement carnassiers, ces Hémiptères vivent pour la plupart à la suriiice de l'eau, où ils marchent et courent avec rapidité; à teri-e, ils ne |iMi¥eiftt exécuter que des sauts irréguliers et désordonnés. Quelques-nns, comme l'flyi»bates sericeus Esch. vivent à la surface de la mer dans les négiims équaioriaies» Les espèces européennes, peu nombreuses' d'ailleurs, se répartisseatt pt încipaàn— irtl. dans les genres Hydrometra Latr. (Limnobaées Burm.), VeUa Latr. et Herris Fabr. {Hydrometra Fabr.), qui constituent les types d'autant de grou^ distincts.
VHydrometra stagnorum L., ou Punaise aigmUede Geofiroy, seole espèee>da genre, se rencontre communément sur le Iberd des maras et des étangs. Bas pattes, plutôt propres à la naarche que pour la nage^ ont «des tasses à 3 articles dont le dernier est muni d'ongles apicanx; la tâte, tràs*allangée, horizontale, subcylindrique, renflée en avant, povte, vers le nilien-de sarfamgnanc; deux yeux globuleux très-éloignés du bord antérieur du protiiorax.
Dans les Velia^ au contraire, la tâte est courte, inclinée, «ubkia&gufadre, ks yeux touchent le bord antérieur du prothorax, le rostre est triarticulés at'laa pattes postérieures sont un peu plus longues que les antérieures.
Quant aux Gerris^ ils ont également la tète cour''* "* — >^>M<ingukire, Doaîa^ leur rostre est formé de 4 articles et les pattes in' ^émvmêp
728 GEOFFRÉE.
grêles, très-loiigues et impropres à la marche, sont insérées sur les ckb dn corps à une grande distance des pattes antérieures. Les G. pabidwm Fab., G. naja9 de Geer, et G. laautrû L., sont très-^ooununs sur les rimres, les canaux, les mares et les étangs'; ils courent sur Teau avec agilité au mojea de leurs pattes postérieures qui font l'ofiice de rames. On les appelle indbtiiictement Araignées d'eati ou Arpenteurs aquatiques; leurs élytres. opaques, de consistance homogène, sont pourvues de fortes nenrures longitudinales.
Ed. Lktkvik.
«B9IVBÉB (Geoffrœa L.). Geoffroya DC. Genre de piaules de la fimilk des Légumineuses, et du groupe des Papiiionacées-Dalbergi^, qui a la plupart des caractères des Andira (voyez ce mot) et qui se distiugue par un calice a dents presque égales, ou les deux supérieures unies dans une plus grande étendue que les autres ; dix étamines diadelphes, la vexillaii^ seule libre; un gynéc^ sessile ou brièvement stipité, avec des ovules peu nombreux et descendant» dans l'ovaire ; un fruit drupacé et monosperme, analogue à celui des initra, ovoïde, globuleux ou obovoïde. Les Geoffrées sont des arbres ou des arbustes de TÀmérique tropicale, à feuilles imparipennées, avec des folioles alternes ou sabopposées, des stipelles rarement bien développées, des stipules aiguës oa acominées, et des grappes simples ou fasciculées, axillaires ou terminales, doot les bractées sont caduques et dont les bractéoles sont très-petites ou même manquent totalement. Leurs corolles sont ordinairement jaunâtres et souvent fétides.
Beaucoup A' Andira ont été désignés dans la pratique sous le nom de Geoflrées. Le Geoffroya retusa Lamk est V Andira retusa H. B. K. Le G- januucenm Hoan. ou G. inermis Wright est 1*^4. inertnis H. B. K. (Voy. Akdira). LcC spinosa L. est VUmari des Brésiliens, dont la graine est vermifuge, astringente et se prescrit contre les contusions, les ruptures, de même que contre les aÛ<Ktions de l'estomac. Dans les mêmes contrées, le G. superba H. B., vulgairement nommé AlmendrOf et le G. Bredemeyeri H. B., dont le nom indigène est Pa^ de Rio-NegrOf donnent un bois d'ébénisterie estimé. Le Bois Palmiste des Antilles est, d'après Guibourt (Drog. «iwp/.,éd. 7,111, 352), le WildCahhage-tree des Anglais et donne Técorce de GeofTrée de la Jamaïque. C'est donc le G- j^ maicensis de Murray. Celui-ci distingue deux écorces de Geoffrées de ce par» • l'une pâle, dangereuse, produisant des nausées, des tranchées, de la diarrii^'' l'autre, employée par les médecins des îles de l'Amérique, plus foncée, gn.^ ou rougeâtre à l'intérieur, à saveur mucilagineuse et insipide, à odeur désagréable et nauséuse. Pour Guibourt, l'écorce de Geoffrée de Surinam rient de Y Andira inermis; sa saveur est légèrement amère et astringente. Bfeaucoupde fausses écorces de Geoffrée se trouvaient autrefois dans le commerce ; elles viiA aujourd'hui inusitées ; de sorte que les travaux de Guibourt sur ce sujet deoieareut actuellement lettre morte au point de vue de la pratique médicale. U ^ probable que les propriétés des Geoffrées sont analogues à celles des ADgelia«*- Leurs écorces sont surtout appliquées par les médecins anglo-américains '^ traitement des helminthes intestinaux ; elles sont toniques et fébrifuges. U Geoffrœa racemosa Poir. est l'Angelin à grappes {Andira racemosa LAfif ^ même que le G. Pisonia R£oscu.). H. Bfl.
BiBLioGnAPHiE. — L. Gen,, n. 878. — Habcgk., Bra9., 121. (Umari), — EsBt., C*»- "*• 5725. — DC, Prodr,, II, 476.— B. H., Gen., I» 551. — Rosei^th., Stjn. pL di^P^"^' 1086, 115». — H. Baillojï. HiêL de» pi., II, 225, 32f. 581.
GEOFFROY (Les). 739
dEOFFBON (Jacques). Hëdecin français, né en 1661 à Saulieu, mort le 12 février 1716 à Blaisy-le-Haut, village situé non loin d*Auxerre. Ce fut, paraîtril, un praticien distingué, et le duc d'Orléans le choisit pour sou médecin* Papillon cite deux ouvrages de sa façon ; en voici les titres :
]. DoelrinapuUuum. Genevae, 1706, iii-8*. — II. Traiié de Vapopiexie, D^on, 1716» in-12.