L. Hk
fiBOFFBOT (Les). Famille justement célèbre pour s*étre distinguée dans les sciences pharmaco-chimiques et dans Tétude de plusieurs branches de l'histoire naturelle; elle a occupé une haute position dans cette bourgoisie parisienne si vivace, si intelligente et si travailleuse des dix-3eptième et dix-huitième siècles.
«SeolTroy (Mathieu-François). Il fut maître apolliicaire de Paris, marguillier de sa paroisse (Saint-Paul), échevin de la grande cité. Né en 1664, d'un père qui tenait également boutique d'apothicairerie, et qui eut sa place dans Téche» ▼inage de la ville, il mourut le 26 octobre 1708. Il avait épousé Louise Devaux, fdle du fameux chirurgien de ce nom. H.-F. Geoffroy n'était pas un de ces pharmaciens, comme on en voit tant de nos jours, qui font de leur profession un métier, qui ne sont que des marchands, des vendeurs de drogues : il avait la passion de la science : il aimait à s'entourer de savants, et tenait chez lui une espèce d'Académie où Cassius apportait ses planisphères, le père Sébastien ses machines, Joblot ses pierres d'aimant, où Duvemey faisait ses dissections et Homberg ses opérations de chimie, où enfin d'autres savants fameux se rendaient accompagnés de jeunes gens avides de s'approprier les nouvelles acquisitions scientifiques. Ce fut à la fructueuse école paternelle que les deux fils de Mathieu-François Geofiroy firent leurs premières armes.
fieolTroy (Étie2i ne-François) . Fils aîné du précédent. Il naquit sur la paroisse de Saint-Paul, le 13 février 1672. La chimie, la botanique, furent les sciences qu'il cultiva surtout avec prédilection : il y joignit aussi l'étude de l'anatomie, et durant ses moments de loisir il s'exerçait dans les travaux de la mécanique, tournait et travaillait des verres de lunettes, ou exécutait des machines en petit. Son père l'envoya en 1692 à Montpellier, où il s'empressa de suivre les cours des plus célèbres professeurs. Avant de revenir à Paris il parcourut les parties méridionales et occidentales de la France, et il se trouva enfermé à Saint-Malo, à l'époque du bombardement de ce port par les Anglais. Nous le trouvons ensuite (1698) en Angleterre, attaché, en qualité de médecin et surtout d'ami, au comte de Tallard, ambassadeur; puis visitant la Hollande, l'Italie (1700) en compagnie de l'abbé de Louvois ; enfin, revenant en France et se mettant sur les bancs de la Faculté de médecine de Paris, où, après avoir parcouru brillamment sa licence, il fut reçu docteur le 26 août 170i. Depuis longtemps déjà l'Académie des sciences se Tétait attaché comme élève-chimiste (4 février 1699), comme associé (18 décembre 1699); elle lui conféra le titre de pensionnaire, le 8 janvier 1716. Etienne-François Geoffroy fut aussi professeur de chimie au Jardin du roi (1707), professeur de médecine et de pharmacie au Collège royal,
où il remplaça Tourneforl, et doyen deux fois, en 1726 et 11^^ " ' ' '^ h
Barbe-Angélique Lézier, et mourut le 6 janvier i75i. On i?' son acte d'inhumation dans l'église de Saint-Paul, à Pari?
T30 GEOFFROY (Les).
Paroisse SaitU-Paul, Le 6 janvier i 731» est décédé en sa maison rue des Singes, M** Btienne GeofTroy, docteur régent, ancien doyen et censeur de la Faculté de médecine de Paris, professeur au Collège royal, professeur en chimie au Jardin royal des plantes, de l'Académie royale des sciences et de la Société royale de Londres, âgé de cinquante-neuf ans, daquel le corps a été inhumé le sept du même mois dans l'église de Saint>Paul sa paroisse. Par nous curé soussigné, docteur en théologie de la Maison et Société de Sorbonne, en présence de Claude-Joseph'Geoffroy, M** apothicaire, frère, et de meoibrarAcadémie royale des sciences et delà Société royale de Londres, et de Jean LeBastier, H^ orfèvre joaillier, beau-frère, qui ont signé.
Geofpbot, Le Bastier, N. P. Guehkt, curé de Saint-Paul.
Les ouvrages laissés par Etienne-François Geoffroy soni les suivants :
I. An medicus phiUsophus mechanicO'Chymieus f (oui). Thèse quodlibétaire, i703, sous la présidence de Faj?on. — II. An omnis morbus à coagulatwnef (oui). Thèse quodlibétaire» 1703, sous la présidence de Denis Dodart. — III. An omnis primordia, vfrmisf (oui). Thèse quodlibétaire, 1704, candidat : Cl. du Cerf. Cette thèse a été traduite en français, 1706, in-13. — IV. An aqua, sœvienie peste, vpofvXooivutév exinUumf (oui). Thèse quodlibétaire, 1708, candidat : J. G. A. Uelvetius. — V. Tractatus de materià medicà sine demedieamentorum simplicium historié^ virtute, deledu ei usu. Parïs, 1741, 5 vol. in -8*; trad. en français par Antoine Bergier, Paris, 1741-1743, 7 vol, in-lS; en allemand par C. E. Ludvig, Leipiig, 1760-1705, 8 vol. in-8»; en anglais par Douglas, Londres» 1730, iurSv^VL Dans les Mémoires de f Académie des sciences de Paris ux\ grand nombre d'articles : Année 1700, Hist. 50; p. 110, H. 53 ; p. 134, H. 69 ; année 1701, H. 16 ;U. 17 ; année 1702, H. 16, 20, 45; année 1704, p. 278, H. 37 ; année 1705, p. 83, H. 68 ; p. 362, R. 64 ; année 1706, p. 507, H. 40; année 1706, p. 509 ; année 1707, p. 176, H. 43; année 170», p. 102; p. 376, H. 61; année 1709, p. 162, U. 36; année 1710, H. 56; année 1713, U. 27; p. 168, H. 35; année 1716, H. 8; année 1717, p. 226, H. 34; année 1718, p. 202, H. 35 ; année 1719, p. 71, H. 47; année 1720. p. 20, U. 32; année 1722, H. 20;p.6!, U. 37; année 1723, H. 27; annèe1724, H. 63; année 1725, p. 153, if. 33; p. 220, U. 33 ; année 1728, H. 50; année 1731. H. 39.
Geoffroy (Claude-Joseph). Deuxième fils du pharmacien Mathieu-François Geoffroy, et de Louise Devaux, et par conséquent frère cadet du précédent. 11 fut baptisé dans Téglise Saint-Paul, à Paris, le 9 août 1685, et embrassa la profession de pharmacien. Tournefort fut le maître auquel il s*altacha, et le zèle qu*il témoignait pour Tétude lui mérita Testinie et Famitié de ce grand homme. Au retour d'vin voyage qu'il fil, en 1704 et i705, dans les provinces méridionales de la Franoe, et dont il rapporta une foule d*objcts curieux, TAcadémiedes sciences Tadmil successivement comme élève-chimiste (2 avril 1707j» associé (8 janvier 1716), pensionnaire (26 avril 1723). 11 fut marié deux fois : d'abord à Marie -Elisabeth Ruelle (1711), puis en 1727, à Marie Denis, fille de François Denis, seigneur de Suisnes. 11 mourut le 9 mars 1752, laissant un grand nombre de mémoires qui ont été insérés dans les Recueils de V Académie des sciences.
Année 1707, p. 517, U. 37 ; année 1708, p. 228 ; année 1700, p. 309, U. 15 ; année 1^10. p. 235 ; année 1711, p. 23, H. 40; p. 207, U. 51 ; année 1712, H. 50 ; année 1715, U. "^9; p. 51 ; année 1714, p. 121; année 1715, H. 14; p. 236; année 1717. H. 8; année 1718» p. 37, H. 33; année 1719, H. 40; année 1720, p. 180, II. 46; année 1721, p. 147, fl.^i année 1722, p. 155, H. 5 ; année 1723, p. 210, H. 58; année 1724, p. 103, H. 50; p. 520; p. 380, H. 40 ; année 1725, p. 57 ; année 1726, p. 95, H. 28; année 1727, p. 114,fl. 27î année 1728, p. 301, H. 34; p. 48. H. 31 ; année 1729, H. 12 J p. 68, H. 16; année 1750. p. 217, H. 45; année 1732, p. 17, H. 45; p. 598, H. 52; année 1734, p. 417. H. 52; annfe 1735, p. 54; p. 311 ; année 1736, p. 414, H. 16 ; année 1737, H. 63; p, 183 ; année 1738, H. 36; p. 103, H. 49; p. 193; année 1759, H. 3 ; H. 24 ; p. 275, H. 21 ; p. 441, U. 21 ; année 1740, p. 96; p. 361 ; année 1741, p. 11, M. 78 ; H. 21 ; W. 25; année 1742, p. 55, H- «i année 1743, p. 33 ; année 1756, p. 53. A. C.
cscoffroy (Étieniie-Lodis). Fils de Elienne^François Geoffroy, et par coo-
GEOFFROY (Lbs). 731
séquent neveu du précédent. C'est certainement le plus illustre de la famille. Né à Pari?, le 9 décembre 1725, il montra, dès son jeune âge, la plus grande ardeur pour Tëtude des sciences naturelles, et fut reçu docteur à la Faculté ds médecine de Paris, le 5 septembre i748. La clientèle ne tarda pas à venir audevant de lui, et on le signale comme un des praticiens les plus occupés de la capitale. Néanmoins cela ne Fempécha pas de continuer les investigations qui firent le charme de sa vie, et Tentomologie, la conchyliologie, lui doivent des travaux qui le placent au premier rang. É.-L. Geoffroy a eu, en effet, en ce qui regarde les animaux articulés, un éclair de génie qui lui a fait découvrir une classification des plus remarquables : je veux parler de sa division des coléoptères en quatre groupes établis sur le nombre des articles qui composent les tarses de ces petits êtres : pentamères, tétramères, triomères, hëtéromères. Linné n'a pas mieux fait, quant aux plantes, dans sa classification sexuelle. É.-L. Geoffroy fut aussi un poète latin fort distingué, son Hygieine restera comme un modèle dans le genre. Le savant auteur de choses si utiles et si bonnes est mort dans la petite commune de Chartreuse, près de Soissons, oîi il s'était retiré pendant la tourmente révolutionnaire, dans le mois d'août 1810. Il avait épousé d'abord Geneviève Brion, puis Jeanne-Félicité Bolle, fille de Hem'yBoUe, contrôleur général des finances du comté de Bourgogne. Ouvrages laissés par Étienne-Louis Geoffroy :
I. Ânpro divertie a coneepiu temporibus, varia nulritioniê fœtusJ (oui].Tbèse quodlibétaire, 1746, sous la présidence de E. Pourfour Du Petit. — II. An parcior obesit, guam macileniis ganguinis misêioJ (oui), 1748, sous la présidence de G. Persoïk. — HI. An in vulneribiu profunde eantutis, inciêioneê euUro ehirurgico profunde instiiuia, necê99ariam prasparent aut promoveant guppuràtionemi (oui), 1748, sous la présidence de De La Saône. — IV. An aer prœcipuum digestionis instrumenium ? (oui), 1748, candidat : L. J. B. Cosnier. — Y. Hygieine, siue art taniiatem conêervandi, poema, Paris, 1770, in-8*; trad. en français par Delaunay, Paris, 1774, in-8* ; trad. en vers français par Lisquenne-Gousin. Paris et Cambrai, 1839, in-8". — VI. Hittoire abrégée des insecUs qui $e trouvent aux environ» de Paris, dan» laquelie ce» aninuiux 8ont rangés suivant un ordre méthodique, Paris, 1762, 2 vol. in-4«, ibid., 1764, 2 vol. in-4». — Vil. Traité sommaire de» coquille», tant fluviale» que terrestre», qui se trouvent aux environ» de Pari», Paris, 1767, in-12. — YIII. Dissertation sur l'organe de Vouîe de l'homme, des reptiles et des poissons, Amsterdam et Paris, 1778, in-4*. A. C.
Geottwoj de ¥ill«iieave (Rene-Claude). Fils du précédent, né à Paris le 24 mars 1767, étudia la médecine à Texemple de son père et de ses aïeux. Reçu docteur à Paris le 19 thermidor, an X (1802), il se fixa dans la capitale et fut nommé peu après médecin suppléant à THôtel-Dieu, et par la suite médecin titulaire au même établissement. En 1820, lors de la création de TAcadétnie de médecine par le roi Louis XVIII, Geoffroy en devint membre dans la section de médecine.
Avant d*entrer dans la carrière médicale, il se livra à des recherches dliistoire naturelle; il séjourna pendant deux ans au Sénégal en qualité d*adjudant du gouverneur de cette colonie, le chevalier Bouffler, et plus tard servit dans la médecine militaire à Saint-Domingue. Ce n'est qu'à son retour des colonies qu'il se fit recevoir docteur. Nous n'avons pas pu du reste nous procurer de renseignements bien concluants et bien authentî^^** *"»• cette phase de la vie de ce savant médecin.
Geoffroy était chevalier de 1 mit à Nauroy, près de
Soissons, le 26 juillet 1831. C *icles dans le Diction-
naire des sciences médicales, laturelle médicale et
73S GEOFFROY SiINT-U!LAIRE (Les oeui).
à la pathologie, tels que : ÀHâiiE, Amémone, Aphtob, Ahtichaot, Arch» Béubcii, Choléra, Chorée, etc. , etc. ; il a publié des articles assez iroportants dans VEncyclopédie méthodique.
Sa dissertation inaugurale a pour titre : Diss. sur l'emploi des exutoir et dans les maladies des poumons. Paris, an X (1802), in-8<». L. Hb.
«BOFFBOT 8AINT-HILAIKE (LbS DEUx).
CieoiAroy Salnt-Hllairc (Étibnne). L*un des plus grands natunlistcs de ce siècle. Il naquit à Étampes, le 15 avril 1772. Destiné par ses parents à Tétat ecclésiastique, déjà même pourvu d'un canonicat, il comprit bien vite que là n*était pas sa carrière et qu'il était fait pour Tétude des sciences exactes. Envoyé au collège de Navarre pour y faire ses études philosophiques, il se sentit entndné sympathiquement vers Brisson, qui j professait alors la physique expérimentale. Cette circonstance, jointe au mouvement révolutionnaire qui était, en quelque sorte, dans l'air, qui devait bientôt se transformer en une terribk tourmente, et qui annonçait que Tavenirde la science était en dehors de l'enclos étroit d'un séminaire, décida de la vocation du jeune Geoffroy. Aussi, dès qu'il eut fini sa philosophie au collège de Navarre, se mit-il à suivre les cours de Daubenton au Collège de France. Quelle diflerence entre le maître et l'âève! Daubenton s'attachant particulièrement, ou presque exclusivement aux faits, aux délicates et sévères observations, ennemi des théories, des systèmes ; Geoflroj se sentant déjà entraîné vers Fesprit de généralisation et de déduction, ne pouvant se contenter du simple enregistrement de faits, envisageant les grandes lignes de la science. Les événements du 10 août furent la cause d'une vive amitié qui lia Daubenton et Geoffroy. En effet, Haûy, le savant minéralogiste, ayant été arrêté comme prêtre réfractaire, Geoffroy ne voulut se donner ni paix ni trêve qu*il ne fût parvenu à délivrer de prison son excellent maître. Il s'adressa donc, et tout d*abord, à Daubenton ; l'énergie de ses supplications fut grande, et Dasbenton ému fit agir l'Académie des sciences ; enfin, tant furent pressantes les instances du jeune protecteur, que Haûy fut, presque en un seul jour, incarcéré, réclamé au nom de l'Institut, et remis en liberté comme utile aux intérêts de la science. Cet épisode eut une influence marquée sur la vie de Geoflroj ; car. encore inconnu à la science, il devint connu de la plupart des savants. HaûT avait écrit à Daubenton : « En retour de tous les services que je vous ai rendus, aimez, aidez, adoptez mon jeune libérateur, b Et le 13 mars 1795, Daubentoo le fit nommer démonstrateur au cabinet d'histoire naturelle, à la place de Lacépède qui s'était démis de ses fonctions. Quelques mois après, (ieoflfroy occupait au Jardin une chaire de professeur de zoologie des vertébrés ; il était à peine âgé de vingt et un ans ! Ce fut à cette époque qu*un jeune naturaliste incoonu, qui s'occupait sur les côtes de la Normandie de faire des recherches sur U structure anatomique des mollusques, envoya quelques travaux manuscrits i l'inspection de Geoffroy, dejh puissant dans la science; et celui-ci lui répondit aussitôt : c Venez vite à Paris, venez remplir parmi nous le rôle d'un nouveau Linné, d'un nouveau restaurateur des sciences naturelles. > Et il recueillit chez lui cet enfant perdu de la science; deux années (1795*1796) ils vécurent ensemble h la même table, dans les mêmes collections publiques, qu'ils étudiaient ensemble, dans les mêmes travaux qu'ils signaient ensemble. Dans une monographie manuscrite d'un jeune homme inconnu, placé presque par hasard sous ses yeux, Geoffroy-Saint-Hilaire avait reconnu Cuvier, et il fit tous ses eflorts
GEOFFROY SALXT-HILAIRE (Les abux). 735
pour produire au grand jour ce ti ésor alors perdu pour la science ; il en est qui l'eussent enfoui. En 1798, Geoffroy, désigné pour faire partie de Texpédition d*Égypte, concourut à la fondation de l'Institut des sciences et des arts au Caire. De retour en France il fut, le 14 septembre 1807, nommé membre de l'Institut et, le 20 juillet 1800, professeur de zoologie à la Faculté des sciences ; en 1815 les électeurs d*£tampes l'envoyèrent siéger à la Chambre des représentants ; mais il ne prit aucune part à des discussions publiques complètement étrangères aux études scientifiques que jusque-là il avait exclusivement poursuivies. Étienne-Geoflroy Saint-Uilaire frappé, dès l'année 1840, de cécité, à laquelle vint se joindre la paralysie, mourut le 19 juin 1844, à l'âge de soixante-douze ans. Dantzell a gravt^ une très-belle médaille en son honneur, dont le revers porte ces mots : né a ëtampes. 15 avril 1772 — auteur de la philosophie anato-