CHRISTIAN
(ement séro-purulent, croûtes, ulcères, hypertrophie ou destruction des tissus, cicatrices difformes, sont utilement soignées par la médication reconstituante des eaux de Saint-Christau en boisson, et par leur application extérieure combinée, c'est-à-dire, en bains, en douches en jet ou pulvérisées, en lotions ou en fomentations avec cette eau surchauffée, ou à la température native des sources. L'eau de Saint-Christau, à l'intérieur principalement, est tonique et analeptique dans l'anémie et la chlorose des jeunes sujets et dans la convalescence de toutes les affections longues et ayant profondément déprimé les forces des malades. Enfin cette eau pulvérisée, dirigée sur le globe oculaire ou sur les paupières, donne de bons résultats dans les ophthalmies et les blépharites.
La durée de la cure est de vingt-cinq à trente jours le plus souvent.
On exporte peu les eaux des sources de Saint-Christau. À. Roturkac.
BnuoGRArms. — De Courthillesi Mémoire» sur les précieuses propriétés des eaux miné" nies de Saint-Chrislau de Lurbe. Oloron. 1835. — A strié ^ Gustave]. De la médication thermale sulfureuse appliquée au traitement des maladies chroniques, etc. 1852, in-4°. — Fostas (d'Isaourt, Amédée). Bechercfies sur les eaux minérales des Pyrénées, de* l'Allemagne, de la Belgique, de la Suisse et de la Savoie, Paris, 1853, in-8°, tabl. n° 5. — Filhol. Analyse chimique des eaux de Saint-Christau, Basses-Pyrénées, 1865. — Tillot (Emile). De fiction des eaux ferro-cuivreuses de Saint-Christau [Basses-Pyrénées], dans quelques effectuons de la peau et des yeux, 2« édit. Paris, 1867, in-8% 77 pages. A. R.
CUMSTIAN (Wolfgang). Médecin peu connu et sur lequel on a fort peu de renseignements. Il lit ses études à Bâle et y fut reçu docteur en 1702, puis il alla se fixer à Berne où il était né et y devint médecin pensionné. Il a publié :
I. DisserUtio de natura humana in dispositionibus heredilariis . Bâle, 1701, in-4*. — II. Dissertatio de principio vitali t jusque cura in déclinante senectule. Jbid., 1702, in-4-, — III. Thésaurus Ludotdcianus, sive compendium maieriœ medicœ selectum ex B. Ludovici fkarmacia moderno sœculo applicandum. lbid., 1707, in-12 ; Nuremberg et Altorf, 1720, îd-12. — Y. Einladungsbrief zur Erforschung aller insonderheit aber der National- Krankfctfe» des Schweizer landes. Sans date, ni lieu d'impression, in- 4°. — VI Substanzlicher BtridU von dem hinter Weissenburg Berner-Gcbiets gelegenen heilsamen Trunk- und Badewssser. Berne, 1725, in-4». H. Mb.
CHRISTIAN (Thomas). Né à Schalkcndorf (Ukraine) le 17 décembre 1735, mort à Vienne (Autriche) le 9 mai 1800. 11 se destina d'abord à la théologie, puis il étudia la jurisprudence. Enfin, à Fàge de trente-trois ans, il se décida à étudier la médecine. C'était l'époque où l'école de Vienne était dans toute sa splendeur: les professeurs s'appelaient de Haën, Van Swieten, Jacquin, etc. ; Christian se distingua pendant ses études et, à peine reçu docteur en 1 771 , il fut nommé médecin de l'hôpital de Raab, en Hongrie. Le climat de cette ville étant contraire à sa santé, il retourna bientôt à Vienne (1775) où il exerça la médecine jusqu'à sa mort. On a de lui :
I. Dissertatio chimico-medica, hisloriam acidi sislens. Vienne, 1771, in-8*. — H. Obsermttonum medicarum volumen primum. Ibid., 1771, in-8°. — III. Beitrâge zur Geschichte mut Behandlung der natùr lichen Pocken, nach der Vernunfl und Erfahrung. Ibid., 1781, lvol. in-8*. — IV. Kurze Geschichte und pathologische Schilderung der neuen Epidémie. ILid., 1782, in-8». — V. Nàhere Beleuchtung der neuen Epidémie und ihren Folgen. Ibid., 178$, in-8-. — VI. Fortsetzung der nâheren Beleuchtung der neuen Epidémie und ihren TMoen un Sommer. Ibid., 1782, in-8». — VII. Physikalisch-polilisches Tagebuch ûber die **rkwûrdigcn Vmstânde und Folgen des Eisstoffes. und des durch ihn verursachten Ueber- •tkmemmungen im Jahr 1784. Ibid., 1784, in-8*. — VIII. Ueber dos Verhalten in Absicht nfdie Gesundheit der Truppen in den flachen, besonders sud lichen Gegenden in l'ngarn. Wd., 1788, in-8*. H. Mb.
CUistuni (André). Ce médecin danois naquit en 1551, à %\çe&, àaxv*
102 CHRISTOPHORUS DE ONESTIS.
le Jutland, et mourut à Sora, le 26 novembre 4606: Son père était Severin Christiani. On le dit maître es art de Wittemberg, docteur de Bâle (1583), professeur de médecine à Copenhague, directeur du collège de Sora (1603). On raconte encore de lui une chose bien méritante, à savoir qu'il aurait introduit, le premier, l'anatomie du corps humain à Copenhague, événement si prodigieui à cette époque, que la plupart des habitants refusèrent dès lors d'avoir aucune relation avec un homme assez osé pour enfreindre un préjugé enraciné dans le pays.
On a de Christiani :
I. Enchiridion medicum de cognoscendi* curandisque externis et internis humemi corporis morbis, ex Vict. Trincavellii Prœlectionibus de compositione medicameniarum atçm morbiê particularibus confectum. Basilese, 1583, in-8°. — II. De comate swe cataphara. Accessit quœstio sitne pestis morbus conlagiosus. Basil., 1583, in-4*. — 111. Dissertalio et êQnitate. Copenhague, 1590, in-44. A. C.
CBKISTOPHE-EX-BpiOIWAIS (SAINT-) (EàU MINÉRALE De), athtrmak,
amétallite, ferrugineuse faible, carbonique forte. Dans le département de Saônc-ct-Loirc, dans l'arrondissement et à 24 kilomètres de Charolles, dans la commune dont elle porte le nom, émerge une source qui a été découverte en 1851 . Son eau limpide et transparente laisse déposer une couche de rouille sur les parois de sa fontaine et du ruisseau par lequel elle s'écoule. Elle n'a pas une autre odeur que celle du gaz acide carbonique, dont les bulles grosses et nombreuses la traversent sans cesse ; son goût est piquant et manifestement ferrugineux, sa température est de 13*,5 centigrade. M. Henry (Ossian) a fait sod analyse chimique, dès l'aunéc où elle à été trouvée; 1,000 grammes de son eau renferment les principes suivants :
Carbonate et crénate de fer 0,070
Bicarbonate de chaux 0,040
— . maghôsie )
' - manganèse J lracw«
Sulfate de chaut 0,020
Chlorure de sodium 0,022
Silice et alumine 0,011
Matière organique et principe arsenical reconnu dans le dépôt traces.
Total des matières fîtes 0,185
Gai acide carbonique. ... 1/2 du volume d'eau.
L'eau de Saint-Christophc-en-Brionnais est surtout employée en boisson à une dose qui n'a rien de fixe et qui varie suivant le caprice des malades. Beaucoup de personnes en coupent leur vin aux repas ; il a été môme un temps où pour la rendre plus pétillante, on introduisait dans les bouteilles qui la contenaient un excès de gaz acide carbonique. On utilise aussi les eaux de cette station en bains généraux, dont on coupe l'eau minérale avec une proportion convenable d'eau ordinaire chauffée. On a soin de ne jamais élever trop la température de ces bains, afin d'en augmenter reflet excitant et tonique qu'ils doivent aux sels <k fer, et surtout a la quantité de gaz que renferme cette eau. L'anémie, la chlorose, et les troubles qu'elles occasionnent, tels que les dyspepsies, les gastralgies, les dysménorrhées, les leucorrhées, les aménorrhées, etc., sont les affections qui sont le plus souvent traitées parles eaux intits et extra de la source <k Saint-Christophc-en-Brionnais. A. R.
CBBIttTOPHORl K DE OXESTIS, YoiJ. O NE SUS.
CHROMATES (chimie). 105
CHROMATES, g I. Chimie. Gomme il est nécessaire de rapprocher les divers chromâtes au point de vue de l'hygiène industrielle, dont il sera traité plus loin, nous les réunissons également dans la partie chimique de cet article. Les chromâtes neutres sont tous insolubles, sauf les chromâtes alcalins. Les chromâtes acides sont Ions solubles.
Chauffes avec de l'acide chlorhydrique alcoolisé, ou bien traités par un courant de gaz acide sulfureux, les chromâtes dissous verdissent, car leur :hrome est ramené à l'état de sesq ni oxyde ou.de sesquichlomre.
Tous les chromâtes dégagent une vapeur rutilante lorsqu'on les chauffe après es avoir mêlés avec du sel marin fondu et un peu d'acide sulfurique concentré. Traités par l'acide chlorhydrique, à la température de l'ébullition, ils dégagent tous du chlore.
Les chromâtes neutres sont généralement jaunes, les chromâtes acides sont d'un rouge orangé.
CkronuUe neutre de potasse, KOCrO5. On prépare ce sel en ajoutant à une dissolution d'une quantité donnée de chromate acide de potasse autant de cette base, sous la forme de carbonate, qu'elle contient déjà; ensuite on fait cristalliser.
Le chromate neutre de potasse est en prismes droits rhomboïdaux, isomorphes avec le sulfate de potasse, d'une belle couleur jaune citron» d'une saveur fraîche, amère, désagréable et persistante. Quand on le chauffe, il devient rouge, mais le refroidissement lui rend sa couleur jaune. 11 est soluble dans deux fois son poids d'eau, à 15°, et il est presque insoluble dans l'alcool. Sa dissolution a la réaction alcaline. Ce sel a une faculté colorante si grande qu'il peut communiquer à 40,000 fois son poids d'eau une teinte jaune très-sensible.
Le chromate de potasse exerce une action toxique sur l'économie animale. 11 est employé à la préparation des chromâtes ; il sert aux indienneurs pour teindre les tissus en jaune à l'aide de l'acétate de plomb. • •
Chromate acide de potasse. Bichromate de potasse. KO, 2Cr0s. On se procure ce sel, en chauffant pendant plusieurs heures deux parties de fer chromé réduit en poudre avec une partie de salpêtre. On reprend la masse par l'eau, on sature la dissolution par l'acide sulfurique étendu, qui précipite la silice et l'alumine : on obtient ainsi un liquide qui donne, par l'évaporation, de beaux cristaux qu'on purifie par des cristallisations successives.
Le chromate acide de potasse se présente sous la forme de larges tables rectangulaires d'un rouge intense et dont la densité est égale à \ ,98. Sa poussière est orange, sa saveur est fraîche, amère et métallique. Il se dissout dans dix parties d'eau à 19°. H est fusible à une basse température, mais à la chaleur blanche il se décompose en chromate neutre, en oxygène et en sesquioxyde de chrome. Chauffé avec de l'acide sulfurique, il dégage de l'oxygène et passe à l'état d'alun de chrome (sulfate d'oxyde de chrome et de potasse).
Lorsqu'on verse dix parties d'acide sulfurique sur neuf parties d'un mélange de 10 parties de sel marin et de i 7 parties de bichromate de potasse préalablement fondu, il se dégage une vapeur rutilante qui, condensée dans un récipient entouré de glace, constitue Y acide chlorochromique (CrO',Cl).
On attribue au bichromate de potasse des propriétés antisyphilitiques. On a observé que les ouvriers qui travaillent à sa fabrication sont exposés à des accidents particuliers, notamment à la destruction de la membrane muqueuse du nez voy. plus bas).
tU CHOMATES taina-i nftaicAL).
Ckrrmmte wewtrt de trnde. XaÙ.Cft*. Même prorédV de préparation que pour b» *ei correspondant à bas* de poUse. Les creUtn 4e ce sel. obtenus à la température de (T iiafcitit dix moléciile* d'eau et Mat isomorplies avec le nmbnt* et sonde. t> ebnnafte est déliquescent, fond par la chaleur cie b main, et à -Vr il fch— donnf des cristaux anhydres.
CkromMt meîâe de smde. BiekrtmÊmU de umde. \*K*ùi?- Sel extrême sent «olubie et cristallisant par évaporation mv b forme de prismes hexapo- ■aux. unanrés d'un ronce bvarinthe.
Ckrotmaie neutre dmmmmmeue. AaWftXK)*. «ni répare ce sel en saturant l'aride ebirwiique par l'ajunaouiaque. Le cnrounte neutre d 'ammoniaque cristallise sous la (orme d'aâfuille» jamn>eitron à réaction akaline et très-soltibles.
CkromaU acide d'ammamiamme. BitknmmÈt fmmmammfme. AiHH), 2CrO». On obtient ce composé en divisant en déni parties égales une quantité quelconque d'acide chromique en dissolution. Iprès en avoir saturé une avec de l'ammoniaque, on ajoute l'autre et on oVssccne à b températnre ordinaire. Il se formera dV gros cristaux d'un rouge grenat, inaltérables à l'air. Si on les chauffe de inaniere à les allumer en un point, ils continuent à brûler en donnant un oxyde vert de chrome très-volumineux i Bottier. Malaccti.
\ II. BaanJof ■aéaneal. Les chromâtes, à cause de leurs propriétés colorantes, sont plus employés dans les arts, surtout dans b peinture, que dans la médecine. Tous doivent à leur acide, et parfois à leur base, des propriétés toxiques dont il faut se défier: celui qui mérite le plus d'être signalé sous ce double rapport est le ckromtate de nloauV tu son emploi fréquent dans b peinture et pr suite l'application imprudente qu'en ont faite quelques confiseurs à b coloration de leurs produits : Chevallier a signalé ce méfait et observé des colique* saturnines cliei des individus qui avaient mangé des bonbons colorés par ce sd (rot/, plus basi.
Le bichromate de potasse est le seul chromate employé en médecine.
Pharmacologie. Le bichromate de potasse est employé à l'extérieur; plus rarement à l'intérieur.
In cristal de ce sel peut servir, comme ceux de sulbte de cuivre, pour toucher îles végétations, des granubtions. notamment celles des paupières.
Pulvérisé, il agit comme caustique, à b surface des plaies, sur les végétations, tumeurs, excroissances, etc.
Son emploi le plus ordinaire est en solution.
SOJ.ITM» M UClftMLkTt M fOTlSSE.
rami. roar.
Ka« «tiuiUM tu» IU)
Vu-ftirMMl* 4« foUn» * •
l,u Milutiou faible s'emploie contre les végétations et pour hâter b cicatrisation d<»« ulcère* ; b solution forte contre les condyfomes i Réveil).
On (tout concentrer b solution de bichromate de potasse jusqu'à 10 pour 100. limite ilo la dissolution de ce sel dans l'eau froide, pour obtenir une action causliqm< |ilim |Mii**antu. Pour n'obtenir que des effets irritants substitutifs, onatté- Hiiiij-u la Milutiou faible.
TuiHt/H* nmtrt les verrues. Bichromate de potasse, 10 centigrammes ; flimiMK, IN Nittinnio* (HUschkok
Munis h* bichromate de potasse. Bichromate de potasse, 1; eau distillée,
CHROMATES (emploi médical). 105
16. — Imprégnez du papier Joseph avec cette dissolution, faites sécher et roulez en cylindre. Ce papier brûle sans insufflation et à une douce chaleur. Ces moxas ont été proposés par Jacobson ; ils n'ont, dit Gubler, aucun avantage sur ceux qui doivent leur combustibilité au nitrate de potasse. Ils pourraient bien, en revanche, avoir l'inconvénient de produire une eschare profonde.
Pour l'usage interne, comme altérant, on donne 1 centigramme de bichromate de potasse journellement, sous la forme d'une pilule faite avec l'extrait de gentiane, et Ton arrive graduellement à cinq ou six pilules par jour. Comme vomitif, Ja dose est de 3 centigrammes (Guibert).
Yicente le prescrit, comme antisyphilitique, de 5 à 10 centigrammes, et recommande de l'administrer plutôt en solution qu'en pilules. Le premier' de ces deux modes d'administration paraît, en effet, plus rationnel ; d'une part, on Évite mieux l'action irritante de ce sel ; d'autre part, les extraits ou les autres [ratières organiques employés comme excipient, intermède, correctif, peuvent le décomposer. La solution pour l'usage interne, comme pour l'usage externe, devrait donc être faite purement et simplement avec de l'eau distillée.
La progression de doses indiquée par Dorvault (Officine), i à 20 centigrammes, est trop forte. Il faut user atfec une extrême prudence de ce sel dangereux.
Action physiologique. Localement le bichromate de potasse est un irritant ou un caustique selon son état de concentration. Il ne coagule point l'albumine comme l'acide chromique, ce qui peut faire craindre que son action caustique aille trop loin en profondeur ; on en a un exemple dans l'action perforante de ce sel observée sur les ouvriers employés à sa fabrication à Glascow (Duncan, Baer, Ducatel).
Administré à l'intérieur, à faible dose, en dissolution étendue, son action irritante sur l'estomac peut être évitée ; sinon elle se traduit par de la chaleur, de la douleur épigastrique, des vomissements ; parfois aussi il survient des coliques et de la diarrhée. Tous les observateurs signalent son action émétique, qui peut se manifester même sans irritation appréciable de l'estomac; à plus forte raisoD lorsque la dose est forcée et irrite sensiblement la muqueuse gastrique.* Les doses médicales doivent donc être fractionnées, à moins que Ton veuille produire un effet vomitif; et encore avec cette précaution, elles provoquent souvent des nausées.
Le bichromate de potasse, comme le mercure, peut aussi occasionner la salivation.
Les doses médicales de ce sel sont mal déterminées, car tandis que Jacobson et Yicente, par exemple, les élèvent jusqu'à 10 centigrammes, d'autres conseillent de ne pas dépasser 5 centigrammes par jour. Cumin et Orfilalui reconnaissent, même à petites doses, une puissante action toxique.
Nous voyons là, en somme, pour l'usage interne, un médicament dont la posologie exige beaucoup de circonspection, et qui malgré cela offre des dangers. Nous mentionnerons donc sous toutes réserves les applications de ce genre qui eo ont été faites, en accordant plus d'importance et moins d'inconvénients à son emploi extérieur.
Actjoa thérapeutique. C'est particulièrement contre la syphilis que le bichromate de potasse, à titre d'altérant, a été essayé à l'intérieur. La première idée en est venue à Robin, et il a eu pour imitateurs Heyfelder, Yicente, Arrastia y Crespo, Leroux, Bonnefoux, Trullet. Ces observateurs, ainsi que quelques autres, témoignent en laveur de l'influence curative que le chrome exercerait sur les
jtfs.ident* secondaires de la svphilis : mai:* ils n'ont ptos prouvé que ce métal eût de* avantage* supérieur* ni même égaux à ceux du mercure. Booncfoui avoue même l'infériorité du bichromate de potasse. Ce composé, à réserver tout an plu* (tour l*s cas d'impuissance du mercure, n'a donc pas de chance de remplacer <hw la pratique ordinaire le* sels mercuricls, qui ont fait leurs preuTes et sont beaucoup tt*Àa& irritant*.
J*r/rfoon a proposé le bichromate de potasse à la dose de 5 à 10 centigrammes tsrfttfftfi éméùpie ; cette proposition doit paraître d'autant plus suspecte, qu'une tU**' moindre de re *d suffirait pour produire le vomissement. Ce médecin l'indiq>*e à dose encore plus périlleuse, de 25 milligrammes à 5 centigrammes, rlplt/** à deux ou trois heures d'intervalle, contre les maladies de poitrine et conlre quelque» accidents spasmodiqiies. Lorsqu'il y a en pareils cas tant d'agents rnoffoisif* a înfoquer, on ne voit pas de raison plausible de recourir à de pareils etpérimerjt*.
fcn défini ti*e, b crainte que l'énergie des préparations de chrome, comme médicaments internes, a longtemps inspirée aux praticiens, reste encore fondée, et elle n'eut point atténuée par les observations insuffisantes et trop peu nombreuse* qui prétendent démontrer leur utilité. Le désir d'innover ne doit pas d'ailleurs pousser les thérapeu listes jusqu'à rechercher des moyens susceptibles île faire plus de mal que de bien.
L'usage externe du bichromate de potasse, comme caustique, cathérétique ou irritant selon le degré de ses dissolutions, présente des avantages mieux constatés, quoiqu'il tende moins à se généraliser que celui de l'acide chromique. Ce bichromate est applicable dans les mêmes conditions que celles dont nous reparlerons à propos de sou acide. D'un autre côté, nous avons déjà indiqué (voir plus haut, Pharmacologie) certaines particularités de son emploi. Nous ajouterons que la solution saturée de ce sel a été recommandée par Cumin, contre les excroissances eu général, et s|*écialcment par Bonneau, par Puche, pour toucher les plaques muqueuses et les végétations syphilitiques ; sous l'influence de cet agent, les première* s'affaissent avec rapidité, les Secondes se flétrissent et tombent. Ces effets, toutefois, ne se produisent pas sans quelque douleur. Le bichromate de potasse a aussi été proposé pour raviver les ulcères scrofuleux.
Le chroinate et le. bichromate de potasse ont la propriété, signalée par Jacobson, de eonserver les substances animales et végétales, de les préserver de la fermentât ion et de la putréfaction, de détruire l'odeur infecte des substances putride*. Le bichromate J'em|>ortc sur le chroma le neutre comme agent conservateur et désinfectant. La dose de sel h cet effet est de 1 pour 250 d'eau. Les substances
animales no sont nullement ultérées dans cette solution, à l'exception des parties nerveuses.
Le bichromate de (Mitasse sert à préparer une liqueur d'épreuve dont les chimi*te* se servent |w>ur reconnaître la présence de l'alcool et des substances ternaire*, et dont Lutton, de Iteims, a fait la première application à l'analyse clinique de* urines. Dette liqueur se compose de bichromate .de potasse et d'acide «ulfurique, et laisse déposer de 1 acide chromique d'un beau rouge. Elle est de couleur jaune topaie, et lorsqu'on l'ajoute à une solution contenant du sucre ou toute autre matière hydrocarl>oncV, elle devient d'un vert émeraude. On croit ttéiiéitileittent mie l'aride «ulfurique n'a d'autre office que de mettre l'acide chromique eu lilierté ; mais celui-ci ne subit pas le changement indiqué, lorsqu'il f.*t mi* tant seul en présence d'une matière oxydable ; et Derlon pense, avec rai-
CHROMATES (emploi médical). 107
son, que, l'acide sulfurique étant indispensable à la production du phénomène, il faut admettre la formation du sulfate de sesquioxyde de chrome. Cette réaction permet de constater l'alcool dans l'urine et les diverses sérosités chez les sujets atteints d'alcoolisme aigu (Gubler)»
Toxicologie. Orfila, dans ses expériences sur les animaux, est arrivé, avec d'assez petites doses de bichromate de potasse, à déterminer la mort. Ducatel, professeur de chimie à l'Université de Maryland, cite une observation du docteur Baer, d'après laquelle un ouvrier voulant retirer d'un vase, à l'aide d'un s>phon, une petite quantité de bichromate dissous, aspira trop fortement et revut dans la bouche un peu de la liqueur. Il la cracha aussitôt, et néanmoins le peu qui en pénétra dans les voies digestives suffit à produire un empoisonnement qui amena la mort au bout de cinq heures.
Taylor rapporte trois cas d'empoisonnements par les sels de chrome. Dans l'un, deux drachmes de bichromate de potasse ayant été ingérés, la mort survint au bout de quatre heures.
Les symptômes de cet empoisonnement sont : une vive chaleur dans le gosier, l'œsophage, l'estomac, suivie de douleurs encore plus violentes ; des vomissements, avec rejet de matières d'un jaune intense, souvent mêlées de sang; de la diarrhée; abaissement progressif du pouls, réfrigération, coma, hyposthénie profonde, précédée parfois de quelques convulsions.
Le bichromate de potasse paralyse le cœur, d'après Christison et Orfila ; il exerce, d'après Gmelin, une action paralysante sur le système nerveux. Cumin suppose qu'il tue en frappant de mort les globules sanguins.
Les lésions anatomiques sont analogues à celles causées par les autres poisons corrosifs.
Ducatel conseille comme contre-poison des bichromates de potasse et de soude, une solution de carbonate de potasse, et mieux de soude, afin de neutraliser l'excès d'acide auquel on doit attribuer principalement les accidents. Ce moyen illusoire, en transformant le bichromate en chromatre neutre, peut-être un peu moins irritant, mais également absorbable et vénéneux, ne conjurerait pas cet empoisonnement, dont le traitement rationnel nous parait devoir être le même que celui qui sera indiqué pour l'acide chromique.
t. — Grau* (Ch.-G.). Versuche ùber die Wirkungen des Baryts, Strontian's, Ckroms, etc., ouf den thierischen Organisants. Tubingen, 1825, analysé in Bull, des te. méd. de Ferussac. L VII, p. 112, et in Arch. g en. de méd., 1" série, t. XVIII, p. 208, 1828.
— Jicomn. Propriétés du chromate de potasse. In Arch. génér. de médec, 2* série, t. III, p. 301, 1835, et in Bull, gén.dethér., t. VI, p. 218, 183i. — Ddcatbl (C.-J.). De Vempoir xnwement par les préparations de chrome. In Journal de chim. méd., t. X, et in Arch. gin. de méd., 2» sér., t. VI, 1831. — Wilson (G.). Empoisonnement par le bichromate dépotasse. \n Lmdon médical Gazette, mars 1841, et Arch. gin. de méd., 4* série, t. VI, p. 240, 1844*
— Pvcit. Emploi du bichromate de potasse contre les plaques muqueuses et les végétation* syphilitique*. In Bull, génér. de thérap., t. XXXIV, p. 179, 1850. — Vicsrti. Sur raction antistfphititique du bichromate de potasse. In Ann. de thérap. de Bouchabdat, 1855. — imsTU t Crbspo (Juan). Etude sur le pouvoir antisyphilitique du bichromate de potasse. Thèse de Paris, 1856. — Piuch. De V usage externe du bichromate de potasse pour le traite- *tnt de quelques tumeurs osseuses du cheval. In Journ. de chim. méd., 5* sér., t. II, p. 88, 1860. — Bomrovx (L. de). Du bichromate de potasse comme antisyphilitique. Thèse de tais, 1866. — Oluvier et Bergebon. Article Chrome du Nouv. Die t. de méd. et chir. prat., t Vil, 1867.— Guibkrt (Victor). Bis t. nat. et méd. des nouv. médicaments. Bruxelles, 1860. -Phhea. Matière médicale. Londres, 1854, 4* éd.— Gubler. Comment, thér. du Codex. — Omu. Traité de toxicologie. D. de S.
I DL WjsflèsÊ* UidnstrieUe. La fabrication en grand des chrotnata* e&V \site
108 CHROMATES (hygiène industrielle).
industrie nouvelle, aussi la connaissance des accidents qu'elle produit cliez Je* ouvriers qui y sont employés a-t-elle une date toute récente.
C'est aux Etats-Unis qu'ils furent signalés pour la première fois par Ducatel, professeur de chimie à l'université de Maryland. Mais cet observateur, à l'occasion de ses recherches sur l'action toxique des chromâtes, se contenta de noter brièvement les éruptions qui se montrent sur les mains, et les ulcères perforants des os des pieds qui surviennent chez les ouvriers qui les fabriquent. Il les attribua à l'action caustique de l'acide chromique, et il n'alla pas plus loin dans leur étude.
En 1851, M. Chevallier, qui a attaché son nom à tant de questions relatives à l'hygiène et en particulier à l'hygiène industrielle, présenta à l'Institut une note où il signalait les maladies des ouvriers en chromâtes.
Depuis, le docteur Heathcote, dans le journal anglais TheLancet, année 1854, publia une observation intéressante d'ulcères chroniques de la gorge, que l'on avait pris pendant longtemps pour des ulcères syphilitiques. L'ouvrier qui en était atteint était employé à la fabrication des chromâtes neutre et acide de potasse.
Heathcote les considéra comme une affection professionnelle. Il signala chez quelques autres ouvriers l'existence de lésions identiques. D'ailleurs, le père de son malade y avait succombé.
Aussi, lorsqu'on 1861, je commençai mes recherches sur l'influence des chromâtes considérés au point de vue de l'hygiène industrielle, cette influence n'avait pas été examinée dans ses détails, bien qu'elle eût été indiquée. Mais en 1863, MM. Bécourt et Chevallier publièrent dans les Annales d'hygiène un très-bon mémoire, véritable enquête dont les éléments leur avaient été adressés par MM. Clouet, directeur de l'usine de Graville, Zuber et Erhmann, de Rixbeim,et Isaac Thyson de Baltimore.
A la fin de la même année, je lisais à l'Académie de médecine un mémoire sur le même sujet, et, à quelques jours de distance, M. Hillairet faisait une semblable communication.
Réunissant nos deux séries de recherches nous avons publié ensemble, dans les Annales d'hygiène publique et de médecine légale, la première partie d'un mémoire dont la suite paraîtra dans un des prochains .fascicules. Telle est l'historique rapide des études auxquelles a donné lieu la fabrication des chromâtes au point de vue de l'hygiène industrielle. Pour bien faire comprendre les causes et la nature des accidents qu'elle détermine, il est important de savoir en quoi consiste cette fabrication, et quelles sont les opérations qu'elle nécessite.
Étude de la fabrication des chromâtes. * Les seuls chromâtes dont il y ait lieu de s'occuper ici sont : le chromate neutre et le bichromate de potasse. Il en est d'autres, le chromate de plomb, par exemple, qui pourraient donner lieu à des accidents complexes dans lesquels l'intoxication saturnine jouerait peut-être un rôle, mais aucun travail n'a été publié sur ce point. Il y a là un desideratum qui pourra être comblé à l'occasion des affections plombiques, avec d'autant pins d'intérêt que, par une fraude coupable, la puissance colorante du chromate de plomb est mise en œuvre pour donner au beurre trop pâle la couleur plus foncée recherchée par les consommateurs, et pour colorer les bonbons. Il est imposable qu'une semblable opération n'exerce pas sur la sauté publique une influence qui, tôt ou tard, sera mise en lumière.
On comprend, d'ailleurs, parfaitement que ce qui concerne les chromâtes, en générai, n'ait été connu que depuis peu de temps. Découverts en 1797 par Vau-
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quelin, ils n'ont pas de suite été appliqués en grand dans l'industrie ni produits en quantités considérables. Ce n'est que progressivement qu'ils ont été utilisés dans la teinturerie, dans l'impression sur étoffes, dans la confection des papiers peints et dans quelques autres industries. Les pays dans lesquels le fer chromé existait en gisements plus ou moins riches, et où la fabrication des chromâtes était, par suite, plus facile et plus avantageuse, ont été ceux dans lesquels les premières usines ont été créées. La Sibérie, la Suède, l'Amérique, la France, l'Angleterre, en ont été dotées les premières.
C'est donc le fer chromé qui sert à la fabrication des chromâtes. On le retire des terrains primitifs où il existe parfois disséminé dans diverses roches, telles que les serpentines, les micaschistes, comme à Baltimore dans le Maryland, à Chestercourt en Pensylvanie, à Bastide la Carrade dans le département du Var. On le trouve encore à Saint-Domingue sous forme de sables, en Styrie, en Silésie, en Sibérie, dans les monts Ourals, localisé en amas isolés.
D'une manière générale on peut considérer ce minerai, d'après Pelouze et Frémy, comme une combinaison de sesquioxyde de fer et de protoxyde de chrome mélangés à du peroxyde de fer, de l'alumine, de la magnésie et de la silice.
Il se présente le plus souvent sous forme de masses noirâtres irrégulières d'une grande dureté. Dans cet état, il serait difficilement attaquable par tous les agents chimiques.
On doit donc commencer par le pulvériser à l'aide de pilons mus par la vapeur qui le brisent et l'écrasent dans des mortiers de fer, de meules verticales ou horizontales qui le broient et le réduisent en poudre fine. Le tamisage sépare les grains qui persistent et qui sont soumis à un nouvel écrasement.
La poudre ainsi obtenue est soumise à des traitements variés. Celui qui parait le plus répandu consiste à introduire dans un four oxydant deux parties de minerai de chrome et une partie d'azotate de potasse. Le mélange est porté à une température de 1200 degrés Wedgwood; arrivé au rouge blanc, il est brassé plusieurs fois avec des ringards de fer.
Dans cette opération, l'acide azotique du sel de nitre se décompose en deuloxyde d'azote qui s'échappe par les cheminées des usines et en oxygène qui fait passer l'oxyde de chrome à l'état d'acide chromique. Ce dernier s'empare aussitôt de la potasse devenue libre pour former du chromate de potasse qui se trouve mélangé à du silicate et à de l'aluminite de la même base. Le fer suroxydé reste à l'état insoluble dans la masse ou calcine produit de l'opération.
Celle-ci est extraite des fours, et éteinte par un arrosage d'eau froide, après lequel on voit apparaître à sa surface de nombreux points jaunes de chromate neutre de potasse se détachant sur le fond noir de la masse refroidie.
Une grande partie de l'eau projetée sur la calcine encore rouge est réduite en vapeurs abondantes qui prennent une coloration jaunâtre, indice de la présence du sel qu'elles entraînent mécaniquement avec elles. Dans quelques usines, le sel de nitre est remplacé par le carbonate de potasse. L'acide carbonique est chassé par l'élévation de la température et se dégage ; en présence de la potasse, l'oxyde de chrome s'empare de l'oxygène de l'air, et, passant à l'état d'acide chromique, se combine avec cette base.
On mélange encore le fer chromé avec du sulfate de potasse et du carbonate de chaux. Dans ce procédé, l'acide carbonique est éliminé, la chaux se combine à l'acide sulfurique du sulfate de potasse, dont la base s'unit à l'acide chromique, produit de la suroxydation de l'oxyde de chrome.
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Dans ce dernier procédé, on utilise le sulfate de potasse qui résulte de la fabrication du bichromate.
Quelle que soit la méthode suivie, on épuise par des lessivages à l'eau bouillante la calcine de tout le chromate quelle peut abandonner.
Pour obtenir le bichromate, on introduit la dissolution dans de vastes chaudières où elle est portée à l'ébullition et saturée par l'acide sulfurique qui s'empare d'un équivalent de potasse, et fait passer à l'état de bichromate le chromate neutre.
Au moment où l'acide est versé en grande abondance dans les chaudières où bout la dissolution de chromate neutre, la liqueur colorée en jaune passe rapidement au rouge ; l'ébullition devient plus vive et produit de larges remous, b température s'élève fortement, et d'abondantes vapeurs se répandent dans l'atelier. Ces vapeurs entraînent avec elles une assez grande quantité de bichromate qui retombe à l'état de poussière d'une extrême ténuité.
Ces vapeurs s'échappent encore avec abondance des seaux dans lesquels le liquide bouillant est porté à cristalliser dans des cuves doublées de plomk
Les cristaux qui s'y déposent sont d'un beau rouge. Après avoir fait écouler les eaux-mères, on les laisse sécher, puis on les détache des parois, et on les enfuie. Pour obtenir l'introduction dans les tonneaux de la plus grande quantité possible de bichromate, on les tasse en frappant les parois à coups de maillet et en faisant ainsi disparaître les vides sans casser les cristaux.
La série des opérations qui précèdent exerce sur les ouvriers une influence qu'il est nécessaire d'examiner aux différentes périodes de la fabrication.
L'atelier dans lequel se pratiquent la pulvérisation et le tamisage est rempli d'une poussière si épaisse qu'elle obscurcit la lumière. Cette poussière très-fine et d'une grande densité se dépose rapidement. On en est bientôt couvert, et les ouvriers en sont absolument pénétrés. Leurs habits, leurs cheveux, la peau du visage et des mains, les cils, les sourcils semblent poudrés d'une rouille brunâtre. Elle s'introduit entre les lèvres, et lorsqu'on y est un moment exposé, on perçoit un goût analogue à celui de la limaille de fer réduite en poudre très-fine. Les narines en sont bientôt assez remplies pour que les mucosités nasales en entraînent une forte proportion.
Aux fours, comme on l'a vu précédemment, il se dégage, suivant le procédé de fabrication employé, des vapeurs nitreuses, ou de l'acide carbonique qui entraînent mécaniquement un peu de chromate neutre. La puissance du tirage emporte dans les cheminées la plus grande partie de ces matières dont une petite proportion peut cependant ]>énétrer dans les ateliers.
A l'extinction par l'eau froide de la calcine encore rouge, l'eau se vaporise en grandes masses. Les vapeurs sont colorées en jaune par du chromate de potasse neutre qu'elles entraînent, et qui, se mêlant aux poussières qui proviennent de la calcine elle-même, lorsqu'on la brasse et qu'on la porte à la pelle au lessivage, couvre de chromate jaune pulvérulent, et en couches épaisses, les poutres des ateliers, et les moindres saillies de la maçonnerie, de la charpente et des appareils. Ce chromate est encorte impur et mêlé aux autres matières de U calcine. Toutefois, celles-ci plus denses y sont en moindres proportions.
Au lessivage, les mains des ouvriers, leurs vêtements, toutes les parties découvertes de leur corps sont exposées au contact ou aux éclaboussurcs des eauxmères ou de la calcine mouillée.
La calcine, épuisée autant que possible par l'eau, contient cependant encore
CHROMATES (hygiène industrielle). fff
du chromale neutre mêlé à du sulfate de chaux, à l'oxyde de fer insoluble, à de l'alumine, de la magnésie et de la silice.
Comme on le voit, jusqu'à cette période de la fabrication, le chromate neutre est seul en cause, et les accidents observés lui appartiennent d'une manière absolue. *•
L'action du bichromate n'apparaît qu'au moment où l'acide sulfurique est versé dans la solution et où se produisent les vapeurs qui en sont chargées. Ces vapeurs dans un rayon de soleil prennent une coloration rouge assez prononcée et la poussière qui retombe offre aussi cette couleur. Les vêtements des hommes qui brassent la liqueur et qui surveillent les chaudières en sont pénétrés. Lorsqu'on a séjourné pendant quelque temps dans cette partie des ateliers, les lèvres, les moustaches s'en imprègnent et la langue, lorsqu'elle les touche, perçoit la saveur styptique du bichromate de potasse.
Une question devait se présenter à mon esprit. Ces vapeurs contiennent-elles outre le bichromate de l'acide chromique libre? La puissance escharrotique de ce corps s'ajouterait-eile à celle du bichromate pour produire certaines destructions rapides des tissus?
Le fait était chimiquement possible. L'action de l'acide sur le chromate neutre est tellement violente que la décomposition de ce corps sur certains points de ta chaudière où l'acide sulfurique versé dans la dissolution se trouve momentanément en excès peut être portée trop loin. L'acide peut s'emparer de toute la base et isoler une certaine quantité d'acide chromique qui serait entraîné par les vapeurs. Cette appréciation doit être laissée à de nouvelles recherches. Toutefois je dois dire que j'ai étendu au-dessus des chaudières en ébullition des feuilles de papier à filtre mouillées et que je n'ai point constaté d'altération qu'on pût rapporter à la présence de ce corps.
Dans tous les cas, c'est au bichromate, mêlé ou non à une petite proportion d'acide chromique, qu'il faut attribuer les accidents observés à cette période de la fabrication, le chromate neutre ayant disparu.
11 agit donc seul sur les ouvriers qui prennent dans les chaudières, au moyen de seaux, la solution, résultat définitif des opérations qui viennent d'être exposées, pour la porter dans les cristallisoirs. À l'état de cristaux mouillés ou secs il agit encore seul. Les eaux-mères exercent sur les tissus vivants la même action que la solution. C'est aux parcelles cristallines qui s'échappent en poussière que l'on doit rapporter les accidents observés chez les hommes qui, exclusivement employés à l'enfûtage, frappent avec des maillets de bois les parois des tonneaux qui contiennent les cristaux.
Dans cet exposé, je ne me suis pas encore occupé des résidus de la fabrication qui, dans toute opération industrielle, doivent attirer de très-près l'attention de l'hygiéniste.
Ils sont constitués dans la fabrication des chromâtes par la calcine épuisée autant que faire se peut par les lavages de tout le chromate neutre qu'elle contient. Les eaux-mères, en effet, ne sont jamais abandonnées ; elles sont toujours reprises et servent à de nouvelles opérations.
La calcine, comme on l'a vu, est un résidu noirâtre constitué par l'oxyde de fer *t la gangue argilo- siliceuse du fer chromé mêlés surtout de chaux; mais quelque bien lessivée qu'elle ait pu être, la calcine retient toujours une certaine quantité de chromate neutre, origine d'accidents que nous aurons à examiner. Après avoir bien établi le milieu hygiénique industriel constitué car U fatotv-
HO CHROMATES (hygiène industrielle).
Dans ce dernier procédé, on utilise le sulfate de potasse qui résulte de la ùh cation du bichromate.
Quelle que soit la méthode suivie, on épuise par des lessivages à l'eau bon lante la calcine de tout lechromate qu'elle peut abandonner.
Pour obtenir le bichromate, on introduit la dissolution dans de vastes cfa dières où elle est portée à l'ébullition et saturée par l'acide sulfurique qui s\ pare d'un équivalent de jiotassc, et l'ail passer à l'état de bichromate le chrom neutre.
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Aux fours, comme on l'a vu précédemment, il se dégage, suivant le pvsl de fabrication employé, des vapeurs nitreuses, ou de l'acide carbonique^ entraînent mécaniquement un peu de chromate neutre. La puissance du til emporte dans les cheminées la plus grande partie de ces matières dont unefl proportion peut ce|>endaiit ]>éuétrer dans les ateliers. ^
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112 CHROMATES~(hygièke industrielle)
cation des chromâtes, éludions l'action de ce milieu sur ceux qui y sont plongés.
Personne n'ignore la puissance escharotique de l'acide chromique et des chromâtes. Leur action toxique a été bien étudiée dans le mémoire de Gmelin traduit par Robert et publié eu 1823. Depuis, Ducatel de Philadelphie, et Jaillard, dans une excellente thèse de Paris, ont complété cette étude.
Mais cette action toxique tient la seconde place dans les accidents développés chez les ouvriers cliromateurs qui subissent, au contraire, l'influence irritante et escharotique de la manière la plus cruelle.
Elle ne se manifeste pas, on le comprend, à toutes les périodes de la fabrication, et l'atelier du pilage et du tamisage en est absolument exempt. La poussière de fer chromé est presque complètement inattaquable par les agents les plus puissants et elle ne pourrait agir qu'à la facondes poussières minérales les plus inertes.
Toutefois l'examen le plus attentif ne m'a fait découvrir chez les ouvriers aucun des accidents signalés par A. Chevallier, Turner, Thackrah, Peacock, Desayvre (de Châtellerault), chez les ouvriers aiguiseurs ou tailleurs de pierres meulières, chez les mineurs en charbon de terre par Gibson, chez les mouleurs en cuivre par Guérard, Payen, Chevallier, Escoffier et Bouillaud, À. Tardieu, etc.
Cependant l'atelier est rempli d'une épaisse poussière minérale qui, en raison de son poids, se dépose rapidement sur la peau et sur les vêtements. Elle pénètre dans le nez, dont les mucosités s'en imprègnent, et dans la bouche, qui perçoit bientôt la saveur ferrugineuse, ainsi que je l'ai dit plus haut.
Toutefois , on n'éprouve pas, dans l'atelier, cette gène de la respiration que Tardieu a constatée. dans les ateliers des mouleurs en bronze, et les ouvriers en chromate ne se plaignent ni de toux ni d'oppression. L'auscultation ne fait reconnaître chez eux aucune trace d'altération pulmonaire. Plusieurs séjournent depuis de longues années dans ce milieu et paraissent n'en avoir ressenti aucune fâcheuse influence.
Des autopsies [Kmrraient seules établir si le fer chromé pénètre jusque dans la profondeur des organes respiratoires et s'il s'y fixe comme quelques autres corps pulvérulents.
Peut-être, en raison de sa densité, la poussière chromée se dépose-t-elle dans les fosses nasales, dans la bouche et dans l'arrière-gor^e, sans pénétrer jusque dan* les terminaisons bronchiques.
L'innocuité de la fabrication des chromâtes se prolonge pendant le cours de la seconde opération qui consiste dans le mélange du fer chromé pulvérisé avec les corps qui le transformeront en chromate de potasse.
Mais dès que l'influence de la température élevée des fours a déterminé la réaction de ces corps mis en présence, les accidents commencent à apparaître chez les ouvriers qui brassent avec des ringards de fer le mélange de minerai et de nitrate de potasse porté au rouge-blanc.
Des poussières de chromate de potasse déjà formé sont probablement entraînées dans l'air , elles se déposent dans les narines, seul point qui paraisse affecté chez les hommes exclusivement employés aux fours.
Après le défournement de la calcine les accidents deviennent constants. 11 n'y* pas lieu de s'occuper des brûlures qui se reproduisent fréquemment, et qui n'out rien de spécial d'ailleurs, lorsque, sous l'influence de la vaporisation de l'eau froide jetée sur la masse rougie pour l'éteindre, des parcelles incandescentes sont
CHROMATES (hygiène industrielle). 415
rojetées au loin. Mais lorsque la calcine est refroidie, il se produit d'abondantes mssières lorsqu'on la remue avec des pelles et qu'on la transporte aux cuves de ssivage.
Là encore, les altérations cutanées sont rares, elles deviennent au contraire ^queutes chez les hommes employés aux cuves elles-mêmes ; elles le sont plus acore chez ceux qui transportent la solution aux chaudières où elle est transmuée en bichromate et dans le transport aux cristallisoirs. Leur fréquence dilinue là oh les cristaux secs agissent seuls.
Après cette étude du milieu industriel créé par les opérations qui viennent être décrites, passons à la description des altérations qui s'y manifestent chez homme et chez les animaux.
Ces altérations sont :
I* Des ulcérations de nature spéciale des mains, des pieds', de la ceinture et en Suerai de toutes les parties du tégument cutané qui sont en contact plus ou toîns direct avec les chromâtes ;
S9 Des perforations, plus ou moins étendues, de la portion cartilagineuse de cloison des fosses nasales ; 3" Des bronchites et des attaques de suffocation ; 4? Une céphalalgie fréquente accompagnée de dépérissement ; SP Des ulcérations de l'arrière-gorge pouvant simuler des ulcères syphiliuraes.
i* Ulcérations de la peau. Les mains et les pieds sont le siège le plus tabituel de ces lésions que l'on rencontre aussi vers la ceinture et d'ailleurs lans tous les points du corps que les poussières de chromate, les solutions et les apeurs qui les entraînent peuvent atteindre.
Une condition presque nécessaire est toutefois que la peau ait été précédemnent excoriée, ne fût-ce que légèrement.
Dans la note si intéressante communiquée à MM. Bécourt et Chevallier par X. Clouet, on voit que, lorsque les mains sont intactes et sans écorchure, les ouvriers peuvent sans inconvénient les tremper momentanément dans les cuves et les conserver colorées par les dissolutions pendant assez longtemps, sans qu'il en résulte aucun accident. Mais la moindre plaie, la moindre éraillure, une simple piqûre d'épingle suffisent pour permettre la pénétration jusqu'à la surface du derme d'une parcelle de poussière ou d'une petite quantité de solution de chromate, et dès lors le travail escharotique commence.
Une douleur vive, persistante et dont l'intensité s'accroît rapidement, fc manifeste au point où le contact s'est produit. Plus cruelle pendant le froid de Thiver, elle arrache des cris à l'ouvrier atteint et lui enlève le sommeil.
Déjà une petite excoriation s'est développée. Dès le lendemain, son pourtour «épaissit et se boursoufle en prenant une coloration rouge. Sous l'influence de l'immersion des mains dans les cuves, des introductions de parcelles de chromâtes pulvérulents, la tuméfaction grandit, s'étale et s'indure. Dans son centre primitivement atteint, on voit apparaître une eschare toute spéciale d'un brun roogeitre ou grisâtre, d'aspect spongieux, de consistance molle, qui s'isole peu à Peu des parties voisines enflammées.
Si des parcelles nouvelles de chromate ne s'introduisent pas dans la plaie, ïeschare ne tend pas à gagner en largeur. Elle progresse en profondeur sans, «'arrêter et marche ainsi jusqu'au périoste. Si l'on en croit Duncan, elle çeu!
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CHROMATES (hygiène industrielle). \\h
vésicules eczémateuses. Je les ai en particulier observées à la peau du prépuce que les ouvriers touchent au moment de la mixtion avec leurs mains teintes par le bichromate.
Ainsi que l'avait fait observer déjà M. Clouet, les animaux participent aux mêmes lésions que l'homme. Les chiens, les chats, les rats, qui pénètrent dans les ateliers, ou qui marchent sur les tas de calcine lessivée, accumulés dans les cours, présentent aux pattes des ulcérations plus ou moins graves.
C'est en général à l'extrémité plantaire, et dans les interstices interdigitaux en particnlier, qu'elles se montrent chez les chiens, chez les chats et chez les animaux, qui ne sont pas comme les solipèdes préservés dans ces points par une conformation particulière.
Une excavation, d'abord peu étendue, puis entourée d'une tuméfaction plus ou moins considérable, chaude, douloureuse au toucher, marque le début des accidents. Bientôt une ulcération grisâtre, envahissante en profondeur, à bords calleux se développe et suit la même marche que chez l'homme ; elle peut aller jusqu'aux os, qu'elle dénude.
Un rat, observé par M. Clouet, marchait sur les os complètement dépouillés des parties molles. Chez les chiens, le ventre, les parties génitales, sont le siège d'ulcérations qui suivent dans leur évolution, comme dans leur cicatrisation, la marche précédemment décrite, mais en général avec plus de lenteur. Dans les cas les plus légers une éruption superficielle de forme eczémateuse amène la chute des poils sur une plus ou moins grande étendue.
On éloigne avec soin les chiens des ateliers, mais toutes les fois que les chiens de garde -s'échappent de leur chaîne, surtout en temps de pluie, leurs pattes deviennent malades, si on ne les lave pas avec le sous-acétate de plomb. Il se ferme des ulcérations qui occupent surtout les espaces interdigitaux qu'elles peuvent complètement traverser.
Quelques chiens ont paru présenter un certain degré d'inflammation des parties voisines de l'orifice des narines. Chez tous, l'état général a été fortement' influencé; de la fièvre, de l'abattement, accompagnaient le développement des altérations locales. On a pu quelquefois attribuer les vomissements, la diarrhée dont ils étaient atteints à ce qu'ils se désaltéraient dans les ruisseaux, dont l'eau entraînait quelques quantités de chromâtes.
Chez les chevaux, l'ulcération commence en général à la couronne, où elle détruit les parties molles voisines de la corne et du paturon. Elle devient de plus en plus profonde et arrive jusqu'à l'os. Plus rarement la peau et le tissu cellulaire s'enflamment de proche en proche, des suppurations profondes, diffuses, s'établissent, et la mort a pu en être la conséquence.
C'est en marchant sur les tas de calcine que les animaux deviennent malades, surtout lorsque ces résidus sont mouillés par les pluies abondantes. Les chevaux en urinant en font rejaillir les éclaboussures sur leurs jambes. Lorsque les liquides, ainsi projetés, contiennent peu de chromate, il ne se produit qu'une vésication superficielle, qui peut dépouiller les membres jusqu'à leur racine et même les parties génitales. Les chevaux sont alors dans un état terrible de souffrance.
On ne les préserve, me disait le charretier de l'usine de Graville, de ces cruels accidents qu'en les lavant à grande eau et à la brosse plusieurs fois par jour.
Avant de passer à la description des autres accidents développés par les chromâtes, il reste, à propos du tégument cutané, une question à élucider. Peut-il si*
tt* CHROMATES (nciàsE issustsiilli).
produire sous l'influence d'une espèce d'empoisonnement des éruptions généraehez les ouvriers chromateurs? Je ne le crois pas. Les usiniers, et M. Clouet Fa affirmé lui-même, ont tu des hommes qui présentaient des ulcérations si ibreuses et si généralisées, qu'ils ont dû abandonner leur travail. U n'y avait ft* suivant moi, cependant que le résultat très-multiplié de l'action escbarotique fatale des chromâtes.
Les ouvriers ainsi frappés étaient certainement atteints d'affections eczémateuses ou pustuleuses de la peau qui avaient favorisé la pénétration de parcelles pulvérulentes ou de solutions, dont l'influence s'était à la fois montrée sur un grand nombre de points.
Je n'ai pas observé de faits de ce genre, mais j'ai vu plusieurs ouvriers qui présentaient sur des points de la peau, couverts par les vêtements, des ulcérations spéciale* ou des cicatrices caractéristiques, qu'on aurait pu être tenté de rapporter a une intoxication généralisée. Elles siégeaient en particulier aux lombes, audessus et au niveau de la ceinture. Mais j'ai remarqué que les hommes, qui les portaient, travaillaient en chemise, Je cou et la poitrine découverts. Les poussières, pénétrant largement par cette ouverture, descendaient vers les parues déclive* et s'orrêtuient au niveau de la ceinture, où elles étaient froissées contre la peau, qu'elle» excoriaient comme les cristaux d'émétique, qui se séparent de la pommade d'Autenrietli appliquée sur la face antérieure de la poitrine et qui, •ni rnlnés par leur poids viennent développer des pustules stibiéesau pli de l'aine oh ils s'accumulent.
Ainsi, point d'intoxication chromatée générale produisant des éruptions cutanées, mais action directe plus ou moins étendue et élective en raison de circonstances physiques, physiologiques ou morbides faciles à apprécier, telle est la conclusion qui me parait devoir être formulée.
Ou la trouvera d'autant plus justifiée, si Ton considère que l'on peut constamment arrêter le développement des accidents cutanés, si l'on détruit chimiquement, dès l'origine, la parcelle de chromate, qui s'est introduite dans l'épaisseur de la |M*au et qui les produit.
II. niiiNONfcaosii, Rhinite pkrforahte. Perforation de la portion cartilagineuse de la cloison des fosses nasales.
Cette singulière ulcération avait été, dès l'origine des travaux publies sur l'industrie des chromâtes, signalée par tous les observateurs. Tous les fabricants de chromâtes la connaissaient et plusieurs l'avaient subie. Elle est très-complètement indiquée dans le mémoire de IIM. Bécourt et Chevallier, mais son mode de production, l'ëtude clinique de son développement n'avaient pas été suffisamment mis eu lumière a>ant les recherches dejlillairet et les miennes.
La perforation de la cloison nasale s'observe dans diverses conditions pathologiques. Je l'ai vue dernièrement se produire à la suite d'une fièvre continue, i forme héniorrhngiquc.
Kft hygiène, la fabrication des chromâtes est la seule condition où elle ait été ■IjMisIée jusqu'à ce jour.
M!*» |MMit se produire a toutes les périodes des opérations industrielles que «*H«> iudu'tric néccMitc, la pulvérisation du fer chromé exceptée. Je l'ai observée tfllt fours, h IVtlitictinti de la calcine, au travail des cristallisotrs et même à Ii'HiIhh illiujc ou pitfntAjtr- des cristaux, mais c'est a la production du bichromate *»l •utliMil ehe* le* ouvrier* employés aux chaudières, qu'elle se développe aver 1$ phi* ir*»i|p intensité.
CHROMATES (hygiène industrielle). 117
kl se rappelle qu'au moment où l'acide sulfurique est versé dans la solu- 1 bouillante de chromate neutre des vapeurs abondantes colorées en rouge «hissent l'atelier et se déposent en poussière sur toutes les parties voies. Les ouvriers qui sont employés à ce travail sont atteints rapidement, en yenne après cinq ou six jours, quelquefois plus tard, d'un coryza intense avec ihalalgie, éternuments très-pénibles, chaleur, sentiment de cuisson dans la cai des fosses nasales, tuméfaction légère des parties molles extérieures et de iverture des narines, impossibilité du passage de l'air, picotement et larmoieit des yeux.
In écoulement nasal le plus ordinairement abondant, quelquefois cependant considérable, un besoin constant de se moucher, l'issue au milieu de mucoi plus ou moins liquides de lambeaux membraniformes, rougeâtres ou gries qui ne sont autre chose que des portions nécrosées de la muqueuse et des is sous-jacents accompagnent bientôt les premiers symptômes, ss accidents durent en moyenne de six à huit jours, quelquefois plus longps, rarement plus de quinze jours. Pendant leur cours, on peut constater sur •oison nasale une ulcération profonde, sphacélique, analogue à celles que j'ai ites sur la peau et une excoriation de même forme, mais plus superficielle à aroi externe correspondante des fosses nasales, es tissus ulcérés qui les constituent semblent réduits en bouillie, a muqueuse nasale est, dans toute son étendue, d'un rouge intense, j'élimination des parties réduites à l'état d'eschare se fait assez rapidement, lorsqu'elle s'est produite, les symptômes inflammatoires diminuent promptent et s'éteignent. Le plus ordinairement, l'ouvrier, qui a continué à travailler, it, s'il n'est pas éclairé par ses camarades plus expérimentés, n'avoir éprouvé un violent rhume de cerveau.
« l'on examine alors l'intérieur des fosses nasales, on constate que la perforante la cloison est complète -et définitive, ainsi que les premiers observateurs lient signalé, mais il est important d'en décrire les caractères. )ans toute l'étendue du point primitivement ulcéré, la cloison a disparu et s ouverture plus ou moins large fait communiquer les deux cavités olfactives, te ouverture commence en général inférieurement de 5 à 8 millimètres au- «us du bord inférieur du cartilage de la cloison, dont une bande toujours iservée persiste inférieurement et maintient la forme extérieure et la longueur do aussi bien que la régularité de l'orifice inférieur des fosses nasales. L'exmité antérieure de son grand diamètre horizontal se trouve un peu en ar- •e d'une ligne verticale, passant par la commissure postérieure des narines et bord inférieur est séparé par une distance d'un centimètre et demi environ bord cutané de la sous-cloison.
/étendue et la forme de la perforation sont variables dans des limites assez ;es. Quelquefois elle est circulaire, parfaitement régulière et comme enlevée à îporte-pièce. Elle est alors d'un petit diamètre en général, et ne mesure guère 8 à 10 millimètres en tous sens.
•ans d'autres cas, elle est oblongue irrégulièrement, ellipsoïde avec un grand mètre antéro-postérieur, qui peut aller jusqu'à un centimètre et demi, et ne deux centimètres, tandis que le diamètre vertical mesure un centimètre •lus.
tons cette forme, les bords de la perforation présentent encore une assez nde régularité, roai5 ils sout parfois un peu sinueux. Toutefois^ \e» waxYsfe*
.tu il. liai"* ni. uc m»m( pu* abruptes mais adoucies comme en général daus toute* le pl»m eu Million* ilt? continuité profondes déterminées par les chromâtes.
1 .1 u:}>*u*UioM de ce* Lords *e lait avec une assez grande rapidité; d'abord ^n^uo, \\^ *tml p*u à peu recouverts par une cicatrice de la muqueuse dont les ttt u\ laïue» viennent s'accoler au bout d'un certain temps, et, chez la plupart des s,m^, \U tijjil bordés par une muqueuse d'apparence normale. On y voit cependant reparaître pailois des ulcératioiLs superficielles, des érosions d'aspect grisâtre, même eu l'absence sur la paroi externe de toute influence industrielle spéciale. A ih.' très-rares exceptions près, la perforation nasale une fois produite, les ouvrier* semblent avoir une fois pour toutes payé leur tribut et ne plus être aptes à subir la même influence. Chez eux, le coryza spécial ne se reproduit plus. Je n'en ai observé qu'un seul qui se plaignit d'être eiichiffrené chaque fois qu'il fie remettait au travail des chaudières, mais il était d'une saleté sordide, barbouillé de bichromate, il portait à sa figure ses mains qui en étaient couvertes et il appliquait directement sur la muqueuse nasale des parcelles irritantes. Hais il n'y a rien de commun entre cette gêne si peu prononcée et le coryza suraigu dont cet ouvrier avait été lui-même atteint à son entrée dans la fabrique.
Une des conséquences de la perforation consiste dans la production chez quelques ouvriers de douleurs nasales très-vives pendant les froids de l'hiver.
Chez la plupart de ceux dont la perforation est un peu étendue, il persiste une sécrétion spéciale assez remarquable ; tous les trois ou quatre jours, sous l'influence de quelques efforts pour se moucher, l'ouvrier expulse une espèce de bouchon constitué par du mucus épaissi d'un gris brunâtre assez dur et qui a occupé la place du cartilage absent. L'expulsion se fait facilement lorsqu'une narine étant fermée par l'application de la paroi externe sur la cloison, un effort expirateur un peu fort pousse l'air dans les fosses nasales. Le courant d'air établi citasse le bouchon au dehors par la narine restée libre.
Pendant la durée du travail ulcératif, l'ouvrier perçoit des odeurs fétides qui lui sont fort pénibles et que l'observateur ne perçoit pas au même degré. L'air qui s'échappe des fosses nasales présente quelquefois cependant l'odeur de la suppuration de mauvaise nature, mais jamais il ne contracte cette fétidité spéciale qui caractérise l'ozone.
Il est toutefois imjM)i1ant de remarquer encore que beaucoup d'ouvriers ignorent l'existence de la perforation du cartilage de la cloison dont ils sont atteints, «H qu'on peut en tirer cette conclusion que les accidents dont sa production s'est accompagnée n'ont pas présenté une intensité assez grande pour attirer leur air tvution d'une manière bien particulière.
L'immunité que j'ai constatée plus haut pour le coryza par action deschn>mntes, chez les ouvriers qui ont traversé toutes les phases de la rhinite perforante, * étend aussi au coryza simple auquel les ouvriers ne sont plus exposés. Je donnerai plus loin une explication qui me semble exacte de ce fait singulier an premier abord.
L» perforation de I» cloison du nez n'entraîne en général aucune altération de» facultés olfactives. M. Clouet pense même qu'elles peuvent être plus développer chef ceux qui l'ont subie. Mes observations m'ont permis d'établir que le plus ordinairement, elles n'ont éprouvé aucune diminution. J'ai constaté dans deuica* cependant, pour le premier une diminution, pour le second une abolition complète de l'olfaction.
On a vu que, pendant la durée de la rhinite ulcéreuse, il se manifeste, comme
CHROMATES (hygièk* ikdustmelli). 119
> les coryzas simples des éiernuments et du larmoiement des yeux. Ce dersymptôme pourrait, au premier abord, être attribué à l'action directe des va- -sou des poussières chromatées, mais il n'en est point ainsi. L'augmentation a sécrétion des larmes ne se produit que sous l'influence de l' irritation de la pieuse nasale, et ce qui le prouve, c'est que, cette irritation une fois éteinte, irmoiement disparaît. C'est que la muqueuse oculaire n'est jamais isolément animée, si ce n'est d'une façon tout à fait accidentelle. On verra plus loin bien rarement d'ailleurs les muqueuses buccale pharyngée , laryngée , Qonaire s'enflamment sous l' influence du travail industriel des chromâtes. n peut expliquer cette observation par le fait dune sécrétion constante de ides, qui ne présentent pas, comme le mucus nasal, la propriété de coller les sières, mais qui lavent au contraire les muqueuses et ne permettent pas une « suffisamment prolongée des particules irritantes.
îant au mécanisme de la perforation du cartilage de la cloison, il est indisable, pour le bien faire comprendre, d'entrer dans quelques détails. n'est personne qui n'ait examiné sur soi-même les diverses périodes d'un ta simple mais un peu intense.
î premier degré de cette petite affection, quelquefois fort pénible, et après le iment de la chaleur et de la sécheresse initiales, la muqueuse nasale se tumée* il se produit une occlusion de l'une des fosses nasales, quelquefois des l9 par l'accotement des muqueuses de la paroi externe et de la paroi interne, ela au niveau du cornet inférieur au point même d'élection de la perforation ouvriers chromateurs.
(ans le coryza simple, au déclin de l'état inflammatoire, le retrait des muuses rétablit la perméabilité du conduit, mais si, entre ces lames muqueuses oentanément accolées, un caustique eût été enfermé, il eût produit des Hé- 1res en rapport avec ses propriétés spéciales ; c'est ce qui arrive pour le coryza unique.
les parcelles de ebromateou de bichromate de potasse pénètrent dans les fosses îles avec l'air inspiré et se déposent sur la membrane pitui taire où elles t fixées parle mucus et qu'elles irritent rapidement. Le gonflement qui se prot alors accole sur le point où elles sont le plus rapprochées, c'est-à-dire au eau du cornet inférieur, les deux parois muqueuses qui emprisonnent entre rs laces continués les parcelles de poussière chromatée, origine de l'inflammai. Dès lors, celles-ci exercent leur action escharo tique avec la puissance de létntion qui est une de leurs pi us remarquables propriétés et elles ne s'arrêl que lorsqu'elles ont traversé toute l'épaisseur de la cloison nasale. <orsque, par une circonstance quelconque, raccollemenl des deux muqueuses rendu impossible, la perforation ne se produit pas.
insî que lavait signalé H. Clouet, les ouvriers qui prisent abondamment du te en sont en général préservés. La poudre de tabac me paraît agir surtout une un corps étranger qui empêche la juxtaposition des deux feuillets muai. Toutefois, il est possible qu'en exagérant d'une manière habituelle la selon du mucus, en le rendant plus fluide, en rendant aussi plus fréquent le >in de se moucher, il s'oppose à l'arrêt suffisamment prolongé des poussières erotiques. Peut-être aussi la muqueuse constamment irritée est-elle moins liWe à l'action des corps irritants, mais, je le répète, le tabac me paraît agir tout par son interposition et comme corps étranger. Ce qui prouve qu'il en ainsi, c'est que les ouvriers, dès que la perforation a rendu \e cowtacX te*
130 CHROMATES (hygiène ihdustiiells).
muqueuses impossible, sont à tout jamais préservés de toute inflammation par les chromâtes des cavités olfactives et qu'ils sont de plus exempte, sinon du coryza, du moins de la sensation d'occlusion qui en est le symptôme le plus frappant.
La membrane pituitaire rentre dès lors chez eux, en effet, dans les conditions de la muqueuse de la bouche et de celle du pharynx sur lesquelles les poussières chromatées ne se fixent pas.
G est ici le lieu d'ajouter à cette explication une preuve tirée d'une autre industrie.
On avait décrit à plusieurs reprises chez les ouvriers qui travaillent le vert de Schweinfurt, outre les affections pustulo-ulcéreuses de la peau, des ulcérationsde l'intérieur des fosses nasales. Hillairet est le premier qui ait signalé chez eux la perforation de la cloison. J'en ai observé moi-même un exemple que j'ai étudié en détail. Nous avons visité ensemble, grâce à l'obligeance de M. de Pietra- Santa, dans la prison des Madelonnettes, les ouvriers dont il a si bien décrit les maladies et nous avons constaté les faits suivants.
Sous l'influence des poussières de vert de Schweinfurt, outre les ulcérations pustuleuses des mains, des parties génitales, du front, du cuir chevelu, il se développe dans les fosses nasales des ulcérations analogues. Elles siègent à la fois sur la cloison et sur la paroi externe. Elles se manifestent surtout au niveau àa cornet inférieur et du point où le bord postérieur du cartilage de l'aile du nef rétrécit la cavité nasale en se portant en dedans. Sur le repli qui en résulte, os constate une ulcération qui correspond exactement par sa forme et par sa position à celle qui occupe la cloison.
Ces deux lésions sont placées exactement aux points précis oîi se rencontrent les ulcérations produites par les chromâtes. Elles sont d'un aspect grisâtre, négales, déchiquetées à leur surface, comme sphacéliques. La muqueuse semble réduite en bouillie dans une partie de son épaisseur. Mais le plus ordinairement il ne se produit pas de perforation de la cloison, si ce n'est dans des cas exceptionnels, comme celui qui a été observé par Hillairet et, comme celui dont j'ai recueilli l'observation, et qui est assez intéressant pour que je le résume rapidement.
11 s'agit d'un ouvrier eu papiers peints, âgé de 17 ans, qui entra, le 20 octobre 1864, au n° 25 de la salie Saint-Ferdinand, à l'hôpital Necker. Il était employé depuis deux mois seulement dans la fabrique, et il travaillait à enlever le papier coloré par le vert de Schweinfurt, des cordes sur lesquelles il était étendu pour sécher, à le rouler et à égaliser les rouleaux. Dans ces opérations, B se dégage beaucoup de poussière arsenicale.
Dès la première semaine de son entrée, il fut pris d'éternuments presque constants, de larmoiement et d'un écoulement nasal très-abondant. Cet écoulement était constitué par du mucus très-épais contenant des morceaux de chair et du sang.
Les accidents se prolongèrent huit jours environ, après lesquels le jeune ouvrier n'éprouva plus d'autre inconvénient que celui de rendre, tous les trois ou quatre jours en se mouchant le matin, une espèce de bouchon gros comme le bout <h doigt, dit-il, d'un gris verdâtre et s'écrasant sous la pression.
L'odorat, depuis cette époque, est fortement amoindri.
Ce jeune homme présente sur différents points du corps (mains, parties génitaies, face, etc.) des ulcérations ou des pustules qu'il n'y a pas lieu de décrire
CHROMATES (hygiène industrielle). 4SI
mus on constate à un centimètre environ au-dessus du niveau du bord inféde la sous-cloison une perforation du cartilage de la cloison nasale placée su d'élection des perforations chromiques et d'une étendue d'un centimètre mi horizontalement sur plus de deux centimètres obliquement de haut en et d'arrière en avant. Elle se prolonge environ jusqu'à la lame perpendicude l'ethmoïde et affecte une forme elliptique irrégulière. Les bords sont recouen avant par une muqueuse qui garde une teinte grisâtre ; en arrière, ils cris et couverts d'un enduit plus épais ; quelques croûtes s'observent sur la i conservée de la cloison.
r La paroi externe de la cavité des fosses nasales, on constate l'existence i ulcération grisâtre correspondant exactement à la perforation dont elle sente la forme, du moins dans sa partie antéro-inférieure. ne constate aucune altération de l'arrière-gorge ; les amygdales, le pharynx, le du palais ne présentent ni ulcération, ni rougeur. La santé générale est lisante.
ïst difficile de rencontrer un fait qui démontre mieux l'action élective des ières escharotiques pour le cartilage de la cloison du nez et l'identité d'acpour en produire la perforation, du vert de Schweinfurt et des chromâtes. On t toutefois se demander si le vert de Schweinfurt, employé dans la fabrique mrillait le jeune ouvrier dout on vient de lire l'observation, n'était pasaddié de chromâtes. 11 m'a affirmé que le vert arsenical était employé sans
nsiste sur la présence de l'ulcération de la paroi externe chez les ouvriers art de Schweinfurt, comme chez les ouvriers en chromâtes, icz les premiers, j'ai pu constater un fait qui ajoute sa démonstration à celle 'ai donnée de la genèse des perforations chromiques, et que la rapidité de i-ci ne permet pas de constater. Les hommes chez lesquels la cloison du nez Mtement déviée, de telle sorte que l'une des narines soit d'une largeur exceplelle, et que l'accotement des deux muqueuses ne puisse se faire sous l'inice de l'inflammation, ne présentent pas d'ulcération de ce côté. mr compléter, d'ailleurs, la démonstration de ce fait, que l'action caustique :te, et non pas une intoxication généralisée, détermine la rhinite perforante, fis remarquer qu'elle se développe, non pas chez des hommes déjà imprégnés va long séjour dans les ateliers, mais chez ceux qui viennent d'y entrer et i lesquels il ne se produit plus ensuite aucune altération des fosses nasales. I. Accidents observés du côté de l'appareil respiratoire. Bkonchites et accès pression. Ces accidents n'ont pas trouvé place dans la note si bien rédigée M. Ckmet, et publiée par Chevallier et Bécourt. Je ne les ai point rencontrés \ l'usine de Gravi lie.
t ont été observés par Hillairet dans l'usine d'Argenteuil. Us consistent i une oppression qui se manifeste chez les ouvriers, et quelquefois dès qu'ils vrentà la fabrication des chromâtes; cette oppression poussée parfois jusqu'à hopnée plus ou moins persistante, plus intense la nuit que le jour, disparaît r reparaître à diverses reprises. Elle s'accompagne de toux et d'expectoration Ducosités quelquefois durcies, ainsi que de douleur siégeant sur les parties raies du thorax. Dans un cas, on constate l'existence de râles muqueux et ires.
es désordres étaient, en général, très-éphémères; à l'exception d'un seul rier qui n'a plus reparu à l'usine, tous ceux qui les présentèrent. çxnroiV cou.
122 CHROMATES (hygiène industrielle).
limier leurs travaux après quelques jours de repos, toutes les fois qu'iU en subirent une attaque.
Chez un des malades l'oppression était habituelle et il ne se produisit point d'accès plus vifs. Elle ne présenta, d'ailleurs, aucune gravité.
Dans onze observations, Hillairet observa cinq fois ces symptômes, qui débutèrent dès les premiers jours de l'entrée des ouvriers dans l'usine. Deux d'entre eux étaient employés aux fours, et l'un des deux faisait en même temps le lessivage, un troisième était attaché au lessivage et aux cuves ; les deux derniers an brovage du minerai.
Telle est la description donnée par Hillairet; ainsi qu'il le fait remarquer, il y a plutôt là une indication qui réclame des recherches nouvelles, qu'un fait définitivement acquis. Ducatel avait attribué à l'acide chromique libre la propriété de faire naître des accidents analogues, mais leur développement au broyage du minerai, que j'ai vu si innocent chez un grand nombre d'ouvriers, me lait me demander si, dans les observations d'Hillairct, il n'y a pas une simple et bizarre coïncidence résultant de la réunion de quelques hommes emphysémateux ou asthmatiques chez lesquels des accès se manifestaient sous l'influence d'une atmosphère chargée de poussières irritantes, sans qu'on en puisse accuser plus.particulièrement les chromâtes.
IV. Une céphalalgie fréquente accompagnée de dépérissement. Je mécontenterai de signaler cette forme de l'action des chromâtes par ce qu'elle a été signalée, et par Gmelin en particulier. Elle serait constituée par une céphalalgie revenant avec fréquence, s'accompagnant d'une fièvre lente et d'un amaigrissement progressif. Je n'ai jamais rien observé de semblable ; jamais il ne s'est produit sous mes yeux un fait que je pusse rapporter à une intoxication générale.
V. Ulcérations de l'arrière-gorge pouvant simuler des ulcères siphiutiques. Nous n'avons observé, ni Hillairet ni moi, cette forme d'accidents signalés dans l'observation de Ileathcotc, publiée dans la Lancette anglaise en 1854, sous le titre de : Cas montrant les effets toxiques du bichromate ii potasse.
Le malade qui en est le sujet était atteint, depuis plus de trois mois, de l'affection de la gorge, et il était tombé dans un état extrême d'émaciation et d'épuisement.
Les tonsilles et l'arrière-gorge étaient recouvertes d'ulcérations enduites d'une matière pultacée cendrée, la membrane muqueuse environnante était brune, livide et tuméfiée. Le pouls était à 120, petit et serré, la soif vive, la langue sèche et rouge, l'insomnie constante.
Heathcote, malgré les dénégations du malade, crut à un ulcère syphilitique, mais l'iodure de potassium fut sans effet. Il apprit alors du malade qu'il avait été employé à la fabrication du bichromate de potasse. Suivant lui, beaucoup d'ouvriers étaient atteints de la même maladie, et son père y avait succombé. Le bichlorure de mercure à l'intérieur, et des cautérisations avec une solution de nitrate d'argent amenèrent la guéri son.
Heathcote affirme avoir eu l'occasion depuis lors de traiter de la même façon, et avec succès, plusieurs cas semblables.
En l'absence d'autres faits analogues, l'observation d'Heathcote ne peut être considérée comme concluante. Elle présente beaucoup d'obscurités et appelle de nouvelles recherches.
Etiologie. Ce que j'ai dit plus haut dans l'étude du milieu industriel me
CHROMATES (hygiène isdustriblli). 423
spensera de donner de longs développements à l'étude des causes des accidents :ve!oppés par les chromâtes. Innocuité de la pulvérisation du minerai, accidents «nmençaiit aux fours, se développant à l'extinction de la calcine et au lessivage 1 chromate neutre, prenant une intensité beaucoup plus grande aux chaudières 1 ce corps est transformé en bichromate et où peut-cire l'acide chromique itervieut-il pour les produire, persistant aux cuves de cristallisation, et jusque aa* l'enfutage des cristaux, telle est la série résumée des faits au point de vue p l'étiologie. Insistons sur cette observation que, même les ouvriers non emloyés à la fabrication, mais attachés dans l'usine à d'autres emplois; subissent iction des chromâtes.
Les plombiers qui redressent au maillet de bois et soudent les cristal lisoirs
ans les angles desquels sont attachés des fragments de cristaux qui volent en
mssière, présentent des ulcérations aux mains et sont atteints de perforation de
cloison, sans préjudice des accidents saturnins et du liséré gingival qui résul-
nt de leurs occupations spéciales.
Les surveillants qui passent leur temps près des chaudières sont frappés de rite dernière lésion.
Les mécaniciens employés aux machines à vapeur, mais qui traversent conamment les ateliers sont dam le même cas. Ainsi tous les individus exposés aux poussières et aux vapeurs qui remplissent es ateliers où se fabriquent les chromâtes sont soumis aux mêmes accidents.
Malgré des affirmations contraires, je crois avoir démontré, par l'observation les ouvriers et celle des animaux, que le chromate neutre, évidemment moins actif me le bichromate, détermine cependant des lésions identiques.
Dans l'étude des causes des accidents chromiques, il est un point qui n'est pas sans intérêt. Les lésions cutanées doivent-elles toujours être précédées d'une érosion de la peau? Le fait est incontestable pour les poussières et les fragments de cristaux, à moins qu'ils ne soient longtemps maintenus en contact et frottés contre le tégument cutané mouillé de sueur, comme cela arrive daus la production des ulcérations delà ceinture, mais il me parait probable, malgré les observations de M. Glouet et de beaucoup d'ouvriers intelligents, que les solutions concentrées de bichromate, imbibant les plis de la peau des mains et s'y déposant constamment, doivent arriver à les enflammer et à commencer directement le travail ulcéreux. Les ulcérations qui se montrent à la verge, aux bourses, paraissent n'avoir pas été précédées d'écorchures. Peut-être suffit-il de l'ouverture d'un follicule pour recevoir la petite quantité de chromate qui développera une ulcération.
Disons toutefois qu'il est difficile d'affirmer que chez des hommes livrés à des travaux pénibles, il n'existe pas des écorchures imperceptibles capables de recevoir un fragment escharotique.
La peau de la paume de la main, celle de la plante des pieds résistent mieux à faction ulcérante que celle de la face dorsale de la main et du pied. Elles ne sont atteintes qu'exceptionnellement.
Existe-t-il quelques conditions particulières qui puissent modifier l'influence des chromâtes chez les ouvriers?
On croit généralement dans les fabriques que les individus qui ont un mainmû long, une constitution faible ou épuisée sont plus facilement atteints que les autres.
L'influence du sexe n'a pu être observée dans des ateliers où les hommes seul*
12* CMOMATES (hycièsk i5»ustiibllk).
tétfêveui enfermé* dans des cour» spéciales et en dehors du passage des chevaux et 4t* animaux domestiques.
Traitement de* accidents. Il faut bien le reconnaître, ces mesures préventîte* beroiil toujours, pour une partie du moins, inefficaces, en raison de l'activité des vapeurs et des poussières chromiques, et de leur pénétration puissante à lY'tat impalpable dans toutes les parties des ateliers. Les ulcérations des mains et la rhinoiiécrosie se produiront, quoi qu'on fasse, par suite de l'imprudence si générale et si incurable des populations industrielles. Il est donc important de signaler les moyens de combattre les accidents à leur origiue, pour leur enlever leur gravité et même pour les faire disparaître dès le principe et avant qu'il se soit produit des désordres importants.
Dès qu'une parcelle de bichromate et même de chromate neutre a pénétré dans une éraillure de la peau, il se développe des douleurs qui indiquent suffisamment la destructiou commençante des tissus par l'action caustique. Il faut se hâter de laver largement le point malade, soit avec de l'eau pure, soit avec de l'eau chargée de carbonate de potasse. Si la douleur persiste en raison de l'inflammation produite, on la modère au moyeu de cataplasmes émollieats et ou lave la plaie avec une dissolution de sous-acétate de plomb (extrait de Saturne), étendue de moitié son poids d'eau. On peut utilement encore maintenir sur la plaie une compresse imbibée de la même solution. 11 se produit aux dépens du sel chromique un chromate de plomb insoluble et sans action caustique. Mais il arrive que ce sel, une fois formé, s'oppose à la transformation des parcelles de chromâtes de potasse, qui ont déjà pénétré plus profondément. De plus, le tousacétate de plomb étant lui-même toxique, il n'est pas sans inconvénient cha quelques individus plus impressionnables que d'autres à son action de le tenir longtemps en contact avec des surfaces dénudées de leur épidémie ; ces deux inconvénients sont d'une importance très-secondaire et ne peuvent être mis en comparaison avec l'utilité des applications plombiques.
M. IsaacThyson emploie la solution de nitrate d'argent pour obtenir les mènes résultats et il paraît s'en louer beaucoup. H se forme alors un chromate d'argeat insoluble et iuoffensif, mais la solution doit être employée à un assez haut degré de concentration et ne peut manquer de déterminer d'assez vives douleurs.
D'autre part, à l'occasion de l'empoisonnement dont avait été victime un professeur de l'Université de Gharcow, M. Nuse a proposé d'employer à l'iutériear pour neutraliser les chromâtes des sels solubles non vénéneux et à oxyde forcément réducteur, tels que les sels ferreux et notamment ceux qui sont consulta par des acides organiques. De ce nombre seraient l'acétate de protoxvde k fer, le lactate de fer, etc. Peut-être les solutions de ces sels pourraient-elles en utiles, même pour les lavages extérieurs.
En ce qui concerne les ulcérations qui préludent à la perforation de la ekiMt nasale, elles pourraient être combattues par les mêmes applications. Des iaj«etions abondantes d'eau pure, poussées avec force, devraient d'abord laver kl * muqueuses malades, sur lesquelles on porterait ensuite, au moyen d'un pince* la solution plombique ou les sels de fer.
On obtiendrait l'isolement des surfaces malades, en faisant priser aux ouvris* * de la poudre de quinquina, du sous-nitrate de bismuth, de la poudre deglh ?
mauve.
Lorsque la perforation vient de se produire, des lavages avec la décoctmél J guimauve d'abord, puis avec la décoction de quinquina rouge, des prises et 1
CHROMATES (bibliographie). 137
poudre de Ta même écorce favorisent la guérison des plaies ulcéreuses et grisâtres, qui persistent sur les bords de l'ulcération ou sur les parties voisines.
Les accès d'oppression ont été utilement combattus par le docteur Robert (d'Argenteuil), au moyen des vomitifs.
Toutes les médications employées utilement contre les accès d'asthme seraient évidemment avantageuses.
En résumé, les ouvriers qui fabriquent le chromate et le bichromate de potasse et surtout ce dernier sel, sont atteints d'accidents qui résultent directement de l'action caustique et escharotique de ces composés. Ces accidents consistent dans des ulcérations spéciales, qui se développent dans tous les points où séjournent au contact de la peau excoriée et peut-être même de la peau saine dans ses parties les plus délicates, des parcelles de poussière chromique ou des solutions concentrées.
Cette action escharotique se manifeste d'une manière toute spéciale par une perforation particulière de la cloison du nez qui est presque constante chez les ouvriers en chromâtes.
Enfin, quelques observateurs ont décrit chez eux des accès d'oppression analogues aux accès d'asthme et des ulcères graves de l'arrière-gorge simulant des ulcères syphilitiques.
Mais, bien que ce fait semble assez difficile à expliquer en raison de la puissance d'action du bichromate de potasse en particulier et des accidents qu'il détermine lorsqu'il est introduit dans l'organisme , je n'ai pas observé chez les ouvriers qui le manipulent et le fabriquent des symptômes d'intoxication générale. On ne peut qualifier ainsi en effet quelques phénomènes réactionnels, dus à fa multiplicité des ulcérations de la peau, ou à l'intensité de la rhinite perforante. Les vomissements violents que l'ingestion de ce corps, à faible dose, dans l'estomac détermine toujours, ne se produisent même pas dans les conditions industrielles, bien que la -saveur du bichromate soit perçue dans la bouche et qu'il en pénètre par. conséquent une certaine proportion dans les voies digestives. Je peux donc conclure que l'action des chromâtes, examinée au point de vue de la santé des ouvriers, s'est montrée, du moins dans mes observations, une action toute locale et qui dérive uniquement de leurs propriétés irritantes et caustiques.
A. Delpech.
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i*8 CflROMATOPSEUDOPSIE.
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Voy. DiorniQuc.
(de £/>*»:**, couleur, $i»faç faux, et *»^ vision, KeHaml). Synonymie : Daltonisme. Chromamaurose. Dyschromatopsie. Ackro- WÊOiopsie. Ckromatodysopie. Chromatoniétablepsie. Aryanopsie. Anérythropsie. Ckrupsic (français) ; Colour-blmdness. Acritochromacy (anglais) ; Mangel af Fmrbensimn. FarbenblmdheU (allemand) ; Cromatopseudopsia (italien).
L Dén3itio5. 4. Tous les hommes ne possèdent pas à un égal degré la faculté de percevoir les couleurs. Ainsi, tandis que les uns distinguent arec la plus parfaite netteté toutes les parties du spectre solaire, leurs tous et jusqu'à leurs moindres nuances, d'autres méconnaissent ou confondent entre elles plusieurs des couleurs dans lesquelles le prisme décompose la lumière blanche ; d'autres enfin n'ont que la perception du blanc, du noir, et des teintes grises qui leur sont intermédiaires. L'anomalie visuelle dont ils sont atteints s'appelle Chromatopseudopsie. Elle est compatible avec une vision excellente d'ailleurs.
La cécité pour les couleurs a été signalée pour la première fois, vers la fin du siècle dernier, par Dalton, savant anglais, qui en était lui-même affecté, d'où le nom de « daltonisme » qu'on lui a d'abord donné. Ce nom devrait disparaître du langage scientifique^ d'une part, parce que les Anglais le répudient, ne voulant pas que la mémoire d'un de leurs savants les plus illustres soit rappelée aux générations futures par un défaut physique; de l'autre, parce qu'il prête a une confusion regrettable. Dalton était affecté d'une des variétés de la chromato|>!MMido|>sit\ la cécité pour le rouge, que les Français appellent anerythropsie, lu* Allemand* liothblindheit, et qui ne figure, dans notre nomenclature, que eoiiime une de* sous-divisions de la Colourblindness en général. Il v a, en «tftVt, à ooté d'elle, la cécité pour le vert, la cécité pour le violet, etc., et accepter |(i mot « dftltoniiHiMi * serait s'exposera faire prendre la partie pour le tout.
Mou» non* arrêterons doue, pour désigner l'anomalie visuelle dont nous nIImii» «voir a iioiim occti|M»r, au mot « chromatopseudopsie » qui, s'il est peu tMipliomque, a du inoin» le mérite d'être scientifiquement et étymologiquemeot
Iftlt'IliK'l'1"'
||. (iiJMvihlHATioM l'héiiMMAiRE*. I. 2. 11 existe de la lumière de durées
li'fi^illiilion variable*, ne distinguant par la longueur d'onde et la refrain
g gibilité : les parties de la lumière
dont la durée d'oscillation est différente se caractérisent physiologique»
p w^ ment par la sensation des couleur*» '" >* ^K^GF différente aussi, qu'elles provoques! , ' p dans l'œil. Toutes les sources lumi-
neuses connues émettent en mis* temps de la lumière de différente* durées d'oscillation, lumière simple, t dont la réunion constitue la lumière
r'« ■ dite composée. Supposons une source
filhun ii*r< h ffltf l| HivMtrtiil * travers un prisme P de la lumière Ueue simple.
mi.
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