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Ainsi, pour une personne aflectée de cécité pour le rouge, toutes les tcinle qu'elle est susceptible de percevoir et qui sont dues à des mélanges d'autre couleurs, y compris le blanc et le gris, peuvent se former à l'aide du violet a du vert. De même, un sujet, privé de la fibre verte, ne pourra voir que les cou binés du violet et du rouge ; de la fibre violette, que les dérivés du rouge et à vert. Cette donnée, qui a suggéré à M. Woinow (de Moscou) l'idée d'un apparei destiné à la détermination de l'espèce de la chromatopseudopsie, doul nous pu lerons plus loin, servira de base à notre nomenclature.
Ou a vu plus haut (9) que toute sensation de couleur perçue est la résul tante de la perception des trois couleurs fondamentales ; qu'ainsi, par exempk les fibres plus particulièrement impressionnées par les rayons rouges le sont e même temps, mais plus faiblement, par les rayons verts et les rayons violet* La notion de la couleur blanche se produit par une irritation également inteos des trois espèces de fibres admises, et celle de la couleur noire par l'absence di toute irritation. H résulte de ces notions que :
« Lorsque la perceptivité d'une couleur est anéantie, celle des autres doit êtn modifiée par V absence de la première. »
13. Nous diviserons, en conséquence de ce qui précède, les aveugles pour les couleurs en quatre classes, et nous appellerons :
a. Âchromopsie (de a privatif, xpupa, couleur etw^tç, vision), la cécité /Mr toutes les couleurs.
b. Anérythropsie (de a priv. et covfyov, rouge) la cécité pour le rouge.
c. Âchloropsie (de « priv. et x>©pov, vert) la cécité pour le vert.
d. Ânianthinopsie (de a priv. et tavOtvoç, violet) la cécité pour \c violet. 44. Lu dénomination d'achromopsie appartient à la variété de cliromatopm-
dopsie dans laquelle les sujets qui eu sont atteints n'ont la notion d'aucune 4* couleurs du spectre solaire. Pour eux, le chaud coloris des peintures de Ruka ou des tableaux de Wiertz ne diflere en rien de la teinte uniforme des séww grisailles de Kaulbach. C'est toujours l'image sèche fournie par les reproductif) photographiques. Les fruits sur les arbres, les fleurs au milieu de leurs toute de feuillage, ne se distinguent du cadre qui les entoure que par la différence fc la forme. Le teint d'un frais visage et l'azur d'un ciel pur n'en disent pas (battage à leurs yeux.
If. Huddart rapporte le cas d'un certain Harris, cordonnier à Maryport, 4* le Cumberland, qui ne distinguait que le noir et le blanc, et s'était aperçai l'âge de quatre ans, de cette défectuosité visuelle. Ayant trouvé dans lames bas d'enfant, il le porta à une maison voisine, pour s'informer à qui il appât** nait; il remarqua que les autres l'appelaient un bas rouge, tandis que lui at comprenait pas pourquoi on lui donnait cette dénomination, trouvant l'objet suffisamment indiqué par le mot ta*. Cette circonstance resta gravée danssaarfmoire. 11 remarqua plus tard que les autres enfants distinguaient des cerise* qw se trouvaient sur un arbre par une prétendue différence de couleur, tandis f* lui ne les reconnaissait d'avec les feuilles qu'à leur dimension et à leur fa» (Philosophical Transactions, vol. LYH, p. 260. London, 4777.)
Kosicr (Observations sur la Physiologie et l Histoire naturelle. Vol. IB. p. 87, i779j cite un autre cas analogue. Il s'agit d'un M. Collardeau, passion^ pour le dessin, où il réussissait très-bien aussi longtemps qu'il ne s'agi**1 que des traits, des contours ou des formes, mais qui, du moment où il wndii* les enluminer, ne faisait que défigurer son ouvrage. Il ue voyait dans se*
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bleaux qu'un mélange bien proportionné de clair et d'obscur, des gradations bien coordonnées d'une même nuance, là où des yeux bien organisés n'aperceraient qu'un rapprochement bizarre et sans goût de différentes couleurs.
Un troisième cas a été rapporté par M. d'Hombres-Firmas (Comptes rendus de f Académie des sciences, 1849, 2e partie). « Cet homme, dit l'historien, peignait passablement et il avait peint dans sa chambre des panneaux sur lesquels les terrains, les arbres, les maisons et les personnages étaient peints en bleu, i Enfin, M. Galezowski (Diagnostic des maladies des yeux par la chromatoscopie rétinienne, 1868, p. 145) cite un quatrième fait du même genre, celui d'un homme de lettres qui lui aurait déclaré que, depuis son enfance, il était privé de la notion des couleurs, et que tous les objets lui paraissaient noirs, gris ou blancs.
Portée à un semblable degré, cette anomalie est extrêmement rare, puisqu'on n'en connaît guère que les cas que nous venons de citer et dont le troisième et le quatrième ne sont rien moins que probants. Chez les sujets ainsi affectés, c'est aux bâtonnets seuls que serait dévolue la fonction visuelle tout entière. Conclusion peut-être hasardée, si l'on veut bien songer que, dans l'état actuel de la science, les cônes ne seraient chargés que de la perception de la lumière colorée, tandis que les bâtonnets recevraient l'impression de la lumière générale! Comment, en effet, concilier semblable assertion avec l'absence complète de bâtonnets dans la fovea centralis, qui, de la sorte, serait inapte à percevoir la lumière générale ? On dira sans doute que, la lumière composée pouvant être le résultat de l'impression uniforme des trois sortes de fibres des cônes, ceuxci s'y suppléent aux bâtonnets. Hais alors les bâtonnets n'ont donc pas seuls la propriété de recevoir l'impression de la lumière générale? Quoi qu'il en soit, une autopsie de sujet affecté d'achromopsie, qu'il faudra vraisemblablement attendre longtemps, vu la rareté des cas, ferait avancer la question, eu montrant, ù l'hypothèse actuelle est valide, une rétine absolument dépourvue de cônes. -
15. Les sujets atteints de l'une des trois autres classes de la chromatopseudopsie (anérythropsie, achloropsie, anianthinopsie) offrent ceci de particulier que toutes les couleurs, toutes les teintes qu'ils sont susceptibles de percevoir, s'obtiennent par la combinaison des deux teintes qui ne leur manquent pas. Ainsi, le sujet atteint de cécité pour le rouge ne verra que les composés de vert et de violet, et ainsi pour ceux affectés de cécité respectivement pour le vert ou le violet Celte loi serait mathématiquement exacte, si les fibres affectées à la perception d'une couleur étaient exclusivement chargées de cette perception : mais on sait qu'il n'en est rien et nous avons vu plus haut, par exemple (9), que le rouge simple excite fortement les fibres sensibles au rouge et faiblement les deux autres espèces. Cela suflit seul à démontrer que l'anérythropsie, r achloropsie et l'anianthinopsie pures ne sont, dans la nature, que des mythes introuvables. Tout, en effet, s'y résout par des approximations.
Voyous ce qui se passe, à cet égard, chez les aveugles pour le rouge (Daltonisme des Français. Anérythropsie, id. Rathblindheit des Allemands), c'est-àdire chez les sujets affectés d'absence ou de paralysie des nerfs sensibles an rouge. « Les individus, dit Helmholtz. (Optique physiologique, édit. française, p. 388, édit. allemande, p. 394), chez lesquels cet état est complètement développé ne voient dans le spectre que deux couleurs, qu'ils désignent ordinaireffleut sous les noms de bleu et de jaune. A cette dernière, ils rapportent tout le rouge, l'orangé, le jaune et le vert. Ils appellent gris les tons bleu Nerà&Vtfc *
ft* CMOIATOPSEGDOreiE.
iMmutteut bleu tout le reste- Quand le rouge extrême est faible, ils ne le voient pat du tout. II* ne le voient que lorsqu'il est intense. Cest pour ce motif qu'ils indiquent oïdinaireinent comme limite du spectre une partie où les yeux norfluuii toieut encore distinctement un rouge faible. Parmi les couleurs des corps, il* widoudeut le rouge (c'est-à-dire le cinabre et l'orangé rougeâtre) avec le brun et le *ert. il* ne distinguent pas le jaune d'or du jaune, ni le rote du bleu. Cependant toutes les couleurs résultantes, qui paraissent semblables ï Toril normal, paraissent de même malgré Taiiérythropsie. J. Herschell avait déjà émis, pour le cas de Dalton, l'opinion que toutes les couleurs qu'il distinguait pou % aient être considérées comme composées de deux couleurs fondamentale* au lieu de trois. Cette opinion a été confirmée récemment par Maxwell, à l'aide de ses disques rotatifs. Pour l'anérythropsie, il ne faut que àtui couleurs, telles que ie jaune çt le bleu, outre le noir et le blanc, pour établir sur le disque l'équivalence de toute autre couleur. Tous les tons que peut percevoir un œil qui confond le rouge avec le vert peuvent s'obtenir au moyeu du mélange de deux couleurs, le jaune et le bleu. Enfin, si le rouge et le vert paraissent identiques, comme les mélanges de couleurs de même aspect donnent des couleurs de même aspect, il faut, de plus, que les mélanges d'une quantité déterminée de jaune, avec une même quantité quelconque d'une des couleurs composées de rouge et de vert, qui sont équivalentes entre elles pour l'œil atteint d'anérythropsie, forment des couleurs résultantes présentant toutes le même aspect pour cet œil. Mais, comme on peut composer avec le jaune et le bleu, pour l'œil normal, une des couleurs composées de rouge et de vert, ce mélange peut être substitué, pour l'œil affecté d'anérythropsie, à toutes les couleurs composées de rouge et de vert. 11 suit de là que, pour un œil de ce genre, on peut former avec le jaune et le bleu toutes les couleurs provenant du jaune, du rouge et du vert. On peut démontrer pareillement qu'il eu est de même pour tous les mélanges de bleu, rouge et vert. Gomme enfin le rouge, le jaune, le vert et le bleu permettent de composer tous les tons perceptibles par un œil normal, dans l'anérythropsie, il suffit du jaune et du bleu. »
Nous avons vu plus haut (6) que, pour un œil normal, la reconstitution de la lumière blanche (couleur grise) peut s'opérer par la rotation rapide de disques revêtus, suivant des étendues proportionnées, de secteurs occupés par les trois couleur» fondamentales, et nous avons donné des équations représentant ces proportions. Pour des yeux insensibles au rouge, ou n'étant doués pour cette couleur que d'une très-faible sensibilité, ce qui est le cas habituel pour l'anénthropsie, qui n'est jamais absolue et ne saurait l'être, la quantité de rouge nécessaire pour leur équation doit notablement augmenter. Voici, comme exemple, une équation d'après Holmgrem :