‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. Dechambre (volume 5)Chapitre 37 sur 68 · L :* <>ioii moyenne de ce> \,ii*»..i · texte numérisé non relu

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Mile el on la voit se gonfler ou se dégonfler suivant que la pression sanguine iiigmente ou diminue. On comprend que l'air contenu dans le manchon de terre est comprimé dans le premier cas et dilaté dans le second. Le manchon st mis, par le moyen du tube t, en communication avec un tambour à levier dont les indications s'enregistrent sur une feuille de papier.

Dans ces dernières années, Fick a construit, pour enregistrer les variations de la pression sanguine, un appareil qu'il appelle kymographion à ressort. Cet instrument est construit sur le principe du manomètre de Bourdon. Le sang arrive par un tuyau dans le tube manométrique. Celui-ci, fixé par une de ses extrémités, subit, sous l'influence des changements de la pression artérielle, des mouvements alternatifs de redressement et de retour à sa courbure. Ces mouvements se traduisent par les déplacements de l'extrémité libre du tube et se transmettent, au moyen de tiges très-légères articulées entre elles, jusqu'à une pointe écrivante qui les enregistre par les procédés ordinaires.

I). Vitesse du sang dams les artères. 11 faut bien se garder de confondre la vitesse du courant sanguin avec celle de l'onde qui détermine le phénomène du pouls. Cette dernière vitesse, que Webcr a trouvée être en moyenne de 9 mètres par seconde, est de beaucoup la plus grande.

On peut prévoir que le sang ne se mouvra pas, avec la même vitesse, dans les différents vaisseaux. Considérons, en effet, deux sections transversales de l'appareil circulatoire. Il est clair que la même quantité de sang doit, dans le même temps, traverser deux sections quelconques du système vasculaire. Sans cela, il y aurait un point de ce système qui recevrait plus de sang qu'il n'en pourrait laisser passer, et il se formerait, en ce point, une dilatation, un renflement. Il suit de là que les points où la section aura la moindre surface devront laisser passer, dans le même temps, chaque molécule avec une vitesse plus grande. Autrement dit, les vitesses du courant sanguin dans les différente* sections du uptème vasculaire seront en raison inverse des surfaces de section. D'autre part, il est prouvé que, dans une ramification, la section du tronc est plus petite que la somme des sections des rameaux. L'aire de la coupe transversale du système vasculaire augmente donc à mesure qu'on s'éloigne du cœur, et l'on

* eu raison de comparer l'arbre artériel à un cône dont le sommet serait au cœur et la base à la périphérie du corps. De là résulte que l'aire de l'aorte ou de l'arère pulmonaire est minima par rapport à celle du système capillaire correstondant qui est maxima. Donc finalement, le maximum de vitesse du sang se tmve à l'origine des gros vaisseaux et le minimum a lieu dans les capillaires.

* vitesse du sang diminue, dans les artères, à mesure qu'on s'éloigne du cœur. Ile reste à peu près constante dans le système capillaire et elle augmente, dans îs veines, à mesure qu'on se rapproche du cœur.

Ce serait une erreur que de croire la vitesse du sang subordonnée uniquement la surface de section des vaisseaux qu'il parcourt. Elle est encore soumise à

influence de plusieurs causes telles que l'action de la pesanteur, la direction

elative des vaisseaux, etc.

Ou connaît les effets de la pesanteur sur les circulations locales et tous les

wcT. ne. XY11. Sï

Fig. 14.

Sphygmoscope de ChauTcau

et Marey.

jours, en médecine, ou utilise ces influences pour augmenter ou dimim rivée du sang dans les parties malades.

La vitesse du courant sanguin est aussi soumise à cette loi d'bji mique, à savoir, que la vitesse d'une molécule d'un liquide en mouveme nue quand cette molécule s'écarte de la direction parallèle à celle du on initial. Plus cet écart est considérable, plus la diminution de vitesse est Il est à remarquer que les artères s'écartent d'autant moins de la dira troue qui leur donne naissance, que la force du courant sanguin dirait même. •

Enfin la vitesse du sang n'est pas la même dans les différents poinl section d'un vaisseau. Elle est d'autant plus petite qu'on se rapproeb tage de la paroi, le long de laquelle se trouve une couche liquide adbé immobile.

La vitesse du courant sanguin variant dans les divers départements de reil circulatoire, on a cherché à la déterminer respectivement dans les;

i rhémorlromelre'; rf, orifice A. «HM les entrain ■ frottement >ur lu pfca

les capillaires et les veines. L'examen des divers procédés uxpi'rimcnUuid s'est servi pour mesurer cette vitesse dans les artères va mai u tenant nous 00 Haies crut pouvoir déduire la vitesse du sang artériel de la hauteur à 1* le sang s'élevait dans un manomètre, mais il obtint ainsi une valeur ba trop grande, car il ue tenait pas compte des résistances que le sang ren

es vaisseaux. En effet, si l'on ouvre *une artère, il y a accélération du sang, ulement dans l'artère qu'on a ouverte mais encore dans celles qui se nt à une grande distance.

tmann est le premier physiologiste qui ait entrepris sur ce sujet des ches expérimentales sérieuses. Il employa un appareil fort ingénieux, xlromomèire à l'aide duquel il put mesurer la vitesse moyenne dans les aisseaux. Son appareil consiste essentiellement en un tube de verre courbé il muni d'une échelle graduée. Ce tube est rempli d'eau et ses extrémités, ;s chacune d'un robinet, sont adaptées aux deux bouts d'une artère secte, de manière à constituer un circuit de dérivation latérale. Si l'on ouvre cuit au moyen des robinets, le sang pénètre dans le tube en U et chasse devant lui en la poussant du côté des capillaires. La vitesse du courant in se détermine en mesurant l'espace parcouru, pendant une seconde, i ligne de séparation du sang et de l'eau. Ce procédé donne, pour l'évan de la vitesse, des résultats trop faibles, car l'interposition de l'appareil trajet d'un vaisseau augmente la somme des résistances. Volkmann a ainsi à que, dans la carotide du chien, la vitesse était d'environ 5 décimètres Mxmde* taudis que, dans celle du cheval, elle n'était que de 2 décimètres ni.

ut récemment, Ludwig vient d'employer un appareil qui, en diminuant les ances, permet d'arriver à des résultats plus précis. C'est un siphon de verre : en ampoule à ses deux extrémités. Chacune d'elles est mise en rapport un des bouts d'une artère sectionnée. L'ampoule située du côté du cœur eut de l'huile d'olive et l'autre du sang défibriné qui sera poussé du côté apillaires ; ce liquide trouve dans les petits vaisseaux moins de résistance 'eau qu'employait Volkmaun. Le courant sanguin traverse l'appareil en çant l'huile qui chasse le sérum devant elle. La capacité des ampoules étant îe, il est facile, d'après le temps .que met l'ampoule d'huile à se vider dans •e, de calculer la quantité de sang qui traverse l'artère pendant l'unité de s. Du reste, un système de robinet qu'on tourne permet de changer le du courant dans l'appareil et de faire une série d'expériences successives mesurer avec plus de certitude la vitesse du sang.

e série de recherches sur les variations de la vitesse du sang furent entre- > par Dogiel, un des élèves de Ludwig. U résulte de ces recherches que : l'état de repos apparent, la vitesse du courant sanguin varie à chaque ît. 2° Ces variations de vitesse sont indépendantes du nombre des puisaet de la pression moyenne du sang dans le système artériel. 3° On ne il établir de relations entre les variations de la vitesse dans les diffés artères. 4° Ces variations de la vitesse dépendent de l'augmentation des ances que le sang éprouve dans certaines artères ou de la diminution des ances qu'il rencontre dans certaines autres. C'est ainsi que l'afflux consi- »le de sang dans les artères de l'intestin peut ralentir la vitesse de ce de dans la carotide.

»rordt chercha les modifications qu éprouve la vitesse du sang par suite des rements du cœur. L'instrument dont il se servit porte le nom d'hémotachoe (*lua, sang; t^oç, vitesse). C'est une petite caisse en verre à deux lures qu'on adapte aux deux bouts de l'artère divisée. Cette caisse contient endule que le courant sanguin met en mouvement et qui indique, par sa ition sur un cadran situé au dehors, la force du courant. Pour avoir l'iu-

les variations de la vitesse à chaque instant, Yieron on instrument enregistreur. Il n'eut, pour cela, qu'ai

sur un cvlindre tourn vement dont était anii gement de la tige du dehors de la boite. On par une expérience vitesse nécessaire pou rant de liquide pnxk telle déviation du pend a trouvé, par son pw vitesse du sang dans In de 0m,264 par seconde

Après Vierordt, Cftfc sant sur le même pi struisit un appareil- b parfait auquel il a € iïhémodromomètre.

Que Ton imagine i

Flf> 16. — Hémodromomètre de Chauveau. * . '

l> «. tube métallique; c, membrane de caoutchouc M Paro1* U,,C fenêtre tMtafftut le tube; d, partie libre de l'aiguille; e, ou- une membrane de caoi *«**«<* maiiométrique ; S, coupe de l'aiguille perpendi- • mi I . - *tterv à l»aie du tube; 3. fenêtre du tube ; 4, fente du a,guiue Plale el ™' umiiim de caoutchouc qui ferme la fenêtre. cette membrane, fais;

l'intérieur du tube où dan* lo courant sanguin. La partie libre de cette aiguille parcou U'un cadran divisé accusant des déviations en sens inverse du coi

ttit appliquant un appareil enregistreur à. son hémodromomèti obtint Vhéinodromographe. C'est l'appareil primitif, dans lequi tfxtôriotire de l'aiguille est terminée par une plume qui écrit sur u papier entraînée par un mouvement d'horlogerie.

Ku ajoutant à rhémodromographe le sphygmoscope de Chauvea Ltirtet n pu enregistrer simultanément la vitesse et la pression du s

La ligure 17 fournit à la fois l'indication de la vitesse du sang V lu pression IN dans la carotide du cheval.

(lu voit, à la seule inspection de la figure, que les deux tra< Iwiiiooup et qu'il ne faut pas confondre, ainsi que nous lavons déjà cl du miug avec celle de l'onde sanguine. La descente du tracé V au-d litfii<w>o signale une vitesse rétrograde. Cette descente est suivie d qui indique une onde en retour, et c'est précisément celle-ci qui < In Miillio «lu dierotisme, dans le tracé du pouls de la carotide; ce < continuation de la théorie de Marcy sur le pouls dicrote.

Lu lecture des l races de la figure 17 montre encore que :

I" Le courant artériel atteint son maximum de vitesse dans les pr ment* de la systole veutriculaire, un instant avant que la pulsation ail lion; S" le. minimum de vitesse arrive au moment de l'occlusion* MgiunYdeM âpre* la pulsation de l'artère ; 3° après la fermeture t mutiquort, une ligne de niveau tend à s'établir j>our indiquer la viti -^ ftlltlit oollo-ci m* reste pus constante et il se fait de légères oscillatiot

les «anguilles de différents ordres qui se manifestent pendant la période de m* du cœur.

Enfin Lorti't a trouvé que : 1" La vitesse du courant sanguin est plus grande niant l'expiration que pendant l'inspiration ; 2" la ligature de l'une des caroas augmente la vitesse du sang dans l'autre ; 3° un rétrécissement aorlique

iminuc la vitesse dans la carotide et une insuffisance valvulaire aor tique l'augeole; 4° la section de lu moelle épinière à la région occipito-atloïdieune proiil une augmentation de la vitesse pendant la systole et une diminution dan» alervallc de deux systoles ; 5* la section des pneumogastriques augmente la esse du courant sanguin.

E. Dilatation et locomotion des artères. On conçoit que les artères étant Sliques et l'impulsion du cœur intermittente, il doit se produire, à chaque tôle, une dilatation de ces artères. C'est en effet ce qui a lieu, mais ce phé~ nène est d'observation difficile, et si l'on peut quelquefois constater à l'œil dilatation de gros troncs artériels, le mouvement d'expansion des artères 'vernies est au contraire imperceptible. Pour prouver l'existence de ce mou veut, Floururis entoura d'un anneau brisé élastique une artère d'un animal vivant, dilatation du vaisseau fut alors révélée par l'écart des deux extrémités de ineau à chaque fois que l'artère recevait une ondée nouvelle. Hais l'anneau iduisail un léger rétrécissement a son point d'application sur le vaisseau et a pouvait objecter que la dilatation observée était simplement due à l'artère i reprenait ses dimensions normales.

Poiseuille mit hors de doute le fait de la dilatation artérielle au moyen de tpérienec suivante. Il construisit une boîte percée de deux échancrures dont «une était convertie en trou par le couvercle de la boîte. Ces trous se corpondaieut et on y faisait passer la carotide d'un animal vivant. La boite il pleine d'eau et surmontée d'un tube capillaire dans lequel le liquide ntait ou descendait suivant que l'artère augmentait ou diminuait de volume, feuille trouva ainsi qu'au moment de la dilatation, sur le chien comme sur ebeval, l'artère carotide augmente en moyenne de la vingt-deuxième partie ton diamètre, ii même temps que l'artère se dilate et se resserre sous l'influence de l'ondée

sanguine, elle éprouve une élongation et un raccourcissement alternatifs. Flourens, en mettant à nu la carotide, a fait voir qu'un trait coloré tracé à sa surfait avançait et reculait successivement.

On a distingué deux formes de locomotion artérielle : Tune qu'on pourrait appeler locomotion dans le sens longitudinal, et l'autre, locomotion par ûi/kiin latérale des vaisseaux.

La première s'observe sur un vaisseau qui offre un obstacle brusque au u«rant sanguin. Ainsi, au niveau d'une bifurcation artérielle, l'éperon, faisant obstacle à Fondée sanguine, est poussé en avant à chaque pulsation du cœur rt le vaisseau est allongé, pour revenir ensuite sur lui-même en ramenant lYptn* en arrière. Dans la ligature d'une artère sur le moignon d'un amputé, le mm phénomène se passe, et il est encore plus frappant, parce que l'obstacle est pi* absolu. On voit, à chaque battement du cœur, l'artère liée sortir des partit* molles et se porter en avant. Dans ce cas, l'artère sort beaucoup plus du moigwi après la ligature qu'avant.

La seconde forme de locomotion ou locomotion par inflexion latérale, a & aussi appelée quelquefois, mais à tort, locomotion par redressement des carbures. De même que la précédente, elle résulte de l'allongement du tube artériel. Si un vaisseau est rectiligne et que ses deux extrémités ne puissent se déplacer pour donner lieu au premier mode de locomotion, on verra alors se former des courbures par suite de l'allongement. Si le vaisseau est courbé, îl lr deviendra davantage dans le cas où ses deux extrémités sont fixes.

F. Bruits artériels. 11 a déjà été traité des bruits artériels au mot Arantatio.n. Mais, dans un article d'un caractère tout clinique, leur théorie n'a di être que légèrement traitée. Nous devons ici y insister plus longuement, rai h bruits artériels et leurs variations sont liés aux conditions de la circulation.

Si l'on applique le stéthoscope sur le trajet de l'aorte, des carotides ou <to sous-clavières, on perçoit, le plus souvent, deux bruits dont l'un accompagntb diastole artérielle, tandis que l'autre coïncide avec la systole des vaisseam. U premier de ces bruits est sourd et parait tenir à la propagation jusqu'à l'oreille du premier bruit du cœur; le second est clair et n'est autre que le second bmil du cœur produit par le claquement des valvules sigmoïdes. Ces bruits ne pas formés dans les vaisseaux, mais il y en a d'autres qui sont réellement va** laires, et c'est de ceux-ci que nous allons maintenant nous occuper. Us «e pffsentent sous deux formes principales. Les uns sont secs, forts et courts, de tatr nière a produire ce qu'on appelle un bruit de choc. Les autres, quand ils** doux et prolonges se nomment bruits de souffle; et quand ils sont rudes, br& de scie, de râpe. Ces derniers s'accompagnent souvent d'un frémissement sensible au toucher, et reçoivent alors le nom de thrill, frémissement cataire, rtf-

Le bruit de choc est celui que l'on entend dans les grosses artères toute* k* fois que le pouls présente une expansion brusque et puissante. Ce bruit peut entendre quelquefois jusque sur l'artère radiale, et il est produit manifestent* parla tension soudaine des artères ; il est analogue à celui que l'on obtient f* l'insufflation brusque d'une poche membraneuse.

Quelle est la cause qui produit les bruits de sou f fie ? Dans quelles cooditw* les rencontre-t-on chez l'homme? Telles sont les deux questions : l'une uW rique, l'autre pratique, qu'il s'agit de résoudre.

La cause physique des bruits de souille est encore aujourd'hui le sujet de"1* discussions entre les physiologistes. Une opinion presque généralement afau*

lait que les bruits de souille tenaient au frottement du sang contre la paroi des lisseaux dans lçs points rétrécis. Les travaux de Poiseuille établissent nettement ne de pareils frottements ne sauraient exister. De plus, Chauveau a démontré irertenient, par l'expérience, que les rugosités qui peuvent exister à l'intérieur un tube ne sauraient produire un bruit de souille.

Pour qu'un bruit de souffle se produise dans les expériences physiques, il faut ne le liquide forme au point exploré un courant rapide, ce qui exige toujours ne le liquide, poussé par une pression forte, rencontre devant lui une pression lus faible.

Voyons comment ces conditions se trouvent réalisées dans les cas où des bruits e souille se produisent dans les artères.

Lorsqu'on applique le stéthoscope sur un gros tronc artériel, sur la fémorale, ir exemple, de manière à l'oblitérer entièrement, si, au bout d'un instant, on iminue la compression, de façon à livrei un étroit passage au sang, un bruit de Hiffle des plus intenses se produit aussitôt et va en diminuant d'intensité pour isparaitre bientôt. Ce bruit, d'abord continu avec renforcements, devient vers la

0 intermittent, et ne se produit plus qu'au moment des pulsations artérielles. Ce phénomène peut s'observer sur un sujet quelconque ; il n'exige aucune des

Itérations du sang qu'on rencontre chez les chlorotiques ou les anémiques. Si,

1 lieu du stéthoscope, on se sert du doigt pour comprimer l'artère, on sent le juide s'échapper en frémissant sous le doigt, quand on diminue la pression. uis ceux qui ont pratiqué la compression des artères, dans les opérations chirgicales, ont senti ce frémissement qui se produit lorsque le vaisseau n'est is exactement oblitéré. Dans ce cas, le doigt, perçoit, sous forme de frémissent, ce que tout à l'heure l'oreille entendait comme bruit de souille.

Voici ce qui s'est passé. Pendant que l'artère était complètement oblitérée, la ssion a baisse; considérablement au-dessous du point comprimé ; le sang, tenu dans celte partie du vaisseau, s'est en grande partie écoulé à travers capillaires. Au moment où l'on ouvre un étroit passage au sang retenu ausus de l'obstacle, il se précipite avec rapidité dans la partie du vaisseau où rouve une pression très faible, et, par conséquent, peu de résistance ; de là jlte la vibration sonore ou bruit de souille. Hais, par suite de cette arrivée du g dans le vaisseau qui était presque vide, la pression augmente à son intéir, de sorte que le bruit ne se produit plus que dans les moments où la sys- ; du ventricule élève considérablement la pression au-dessus de l'obstacle, it-à-dire au moment du pouls artériel. Alors seulement l'inégalité dépression amont et en aval de l'obstacle est suffisante pour produire le bruit. Enfin, itôt on n'entend plus le bruit, même au moment du pouls artériel, parce

la pression s'est élevée assez haut» dans la partie inférieure du vaisseau, r qu il n'y ait plus jamais l'inégalité nécessaire à la production du bruit, i Ton applique le stéthoscope sur la carotide, on peut obtenir les mêmes iltats ; mais cela est moins facile sur les sujets sains. Il faut, pour que les its se produisent aisément, que certaines circonstances donnent à la circulai capillaire une rapidité très-grande, c'est-à-dire maintiennent la pression à degré peu élevé en aval du point rétréci. larey a pu produire, sur le ti-ajet d'un vaisseau artériel, tous les types powu-

de bruit de souille, depuis le bruit léger et intermittent jusqu'au sotittV ose et continu présentant des renforcements. C'est donc à tort que plimùwt wrs ont admis que le bruit continu ne saurait exister dans les artèrt*».

rjr* •pnînfTmenf* •ni*' produit la systole ventriculaire |>euveut avoir hi\- T*mt~* u~* *">* îil!erents: tantôt ils sont simples, tantôt ils sont redoublés, - -*«— — fin3- ni "i= présentent à ranscultation les mêmes caractères que le poiil* .(T.-- ••■ luij». Le *>u£EKe double correspond au pouls dicrote; il coïncide at* s i -* *r*u i a iiërne cause.

iir.-» e* liffi-Mite'* théories émises relativement à la cause des bruits ik -*n&* i jum fort difficile d'expliquer pourquoi, chez les anémiques, il se proent in rtiiuTIr i l'.>nfi«:e aortique au moment de la systole ventriculaire. for- -*iw* iiiifïirc. parti nt de celte idée que c'est le frottement du liquide contre l'oriiee ir*er!et nu produit le bruit de souffle, ont supposé que, dans la chlunw -*. .neaue. .1 existerait une sorte de pléthore aqueuse, c'est-à-dire que si If -nitfrr* uà lin billes est diminué, cette diminution serait compensée par une au.nefiiiitiun ni -térun. et qu*, en définitive, la niasse du sang chez les anénumes -*mi oÎjis ^nmlequ'à l'état normal. Dès lors, les ondées sanguines Ijik txt -vu" e -enrrreufe seraient plus volumineuses qu'à l'état normal, et conséquemnroi ." irrite kjmine. bissant passer le sang en plus grande abondance, serait t -sejs n? Tnitiamac* *xijérés qui donneraient naissance au bruit de souffl»-. \>œ- snva^ at\n s* ri"«B doit penser de la réalité de ces frottements, mais ut* diitnTiiA n us» jttc *"i5*T-e contre cette théorie.

n n-ir rinxnns2i2!*- à la rigueur, que la masse du sang, après une lieWre. -* ^»jàu-* m îjWîi de l'absorption des boissons, et qu'elle puisse dépaver «su îuniiii. : tuli> vt\i ne peut arriver qu'au bout d'un certain temps <\ ' m— icuti ce Kèssoos copieuses. Si l'on saigne un animal, et si, aussitôt, «a ni aiçmfrt * àruîtde souffle, on ne saurait admettre que ce bruit tienne

l;* a.irii&aicaaea: c* Lt masse du sang. Or, c'est ce qui arrive. Dès qu'un auin*. * j*cot nt: itexerha^ie une grande quantité de sang, on peut cou>Uter% ai nxuumxsn- ça* ii ;-fession artérielle s'est fort abaissée, et en même tenif* ua jrm et siOiS: içoariit. si l'on ausculte le cœur. Ce n'est donc pas la pléuW ituensc. ikh± !a iinunution absolue de la masse du sang qui a produit ce bruit.

3u numeu1: vi il est bien démontré que l'état de la pression, dans les |xmil< iu -TXeme irvriel situés au-dessous du rétrécissement, joue un grand rôle «bus !a jpjuuetioii les bruits de souffle, il n'est plus nécessaire de recourir à do 'rninniièses: 'oiut va s'expliquer naturellement.

L mite lortique du ventricule gauche présente un rétrécissement à traw t*juci une veiue fluide peut se former pour pénétrer dans l'aorte. A IVw juruai. la pression artérielle est trop forte pour que ce courant de liquident :a • i cesse >unïsante pour vibrer. Mais si, par le fait de l'hémoniiagic. la |>n>- -ujii baisse ■*""* les artères, il arrivera un moment où le sang se précipitera a>« tx*£ Je vuesse i travers l'orifice aortique, pour que le bruit de souffle >e |** iui^e. Cet abaisseinent de la pression auquel Marey attribue le rôle de eoiidith* ur.ucipaJe du bruit de souffle n'est point hypothétique; il est démontre" pir toutes les expériences mauométriques faites depuis Haies jusqu'aux physiologie BwJerues. tutiu, rinfluence de l'abaissement de la pression sur la rapidité aw Uiuelle l'ondée ventriculaire est lancée dans l'aorte, est également mise euéu- Jeoc* ivir tous les faits relatifs au pouls artériel et aux changement* qu'il écrive suivant l'état de la pression dans les vaisseaux. * Si l hétuorrlia«'ie produit un bruit de souffle au cœur par le seul lait de lab«s- »*«*iit Je la pression, toute autre cause qui fera baisser cette pressiou de*n Mvùuire un bruit de souffle semblable ; c'est ce qui arrive en effet.

La fièvre, pendant laquelle les vaisseaux relâchés amènent un abaissement de pression artérielle, produit souvent des bruits de souille. L'exercice muscuv violent, qui, nous le verrons, fait aussi baisser la pression artérielle, produit ?lquefois des bruits de souffle au cœur chez des sujets qui n'en présentent pas temps ordinaire, et, en tout cas, augmente l'intensité des souffles s'il en exist auparavant.

De tout ce qui précède, il résulte que les bruits de. souffle produits par demie, la chlorose et la fièvre, au niveau de l'orifice aortique, sont dus à baissement de la pression artérielle et à la vitesse plus grande avec laquelle ccomplit la systole du ventricule.

Enfin, ces divers états pathologiques ne produisent pas, ainsi qu'on Ta répété il vent, des bruits de souffle artériels, mais ils en rendent la production plus :ile, lorsque le stéthoscope est appuyé sur la carotide, par exemple. En effet, icoulement facile du sang à travers les capillaires fait que la pression artérielle abaisse rapidement au-dessous du point comprimé, ce qui constitue une contion favorable à la production du bruit.

Nous n'examinerons pas les bruits de souffle qui résultent de la présence un anévrysme sur le trajet d'un vaisseau, non plus que ceux qui proiennent de la lésion des orifices valvulaires du cœur ou de la communication normale de ses cavités entre elles ; ces phénomènes trouveront leur place dans s articles relatifs à la pathologie du cœur.

Circulation capillaire. Nous n'avons pas à revenir ici sur les dispositions iiatomiques du système capillaire, qui ont été étudiées avec beaucoup de soin au not Capillaires (vaisseaux). Nous passons donc, tout de suite, à ce qui concerne i circulation.

Dans tous les vaisseaux capillaires se produisent des phénomènes semblables : m conflit plus intime du sang avec les tissus, un filtrage lent et régulier du iquide sanguin.

L'emploi du microscope permet d'observer avec une facilité extrême, les rincipaux phénomènes de la circulation capillaire. Il suffit de placer sous objectif de l'instrument une membrane transparente et vasculaire d'un aninal vivant, et l'on a sous les yeux le spectacle du mouvement du sang avec outes les variations que lui impriment les influences physiques ou la contracilitë des parois artérielles ou veineuses. Cependant, les premiers observateurs fui ont étudié, à l'aide du microscope, le cours du sang dans les petits vaiseaux se sont fait une idée très-faussc des influences qui président à ce mouement. Presque tous, partant d'idées préconçues, croyaient voir dans la marihedes globules l'expression des forces spéciales qu'on avait autrefois admises iratuilement. 11 n'existe en réalité qu'une seule force qui fasse * progresser lo ang dans les capillaires, c'est la pression du sang ; de môme il n'y a qu'une eule influence qui modifie l'effet de cette action impulsive, c'est l'état de conraction plus ou moins prononcé des petits vaisseaux.

Deux sortes de phénomènes devront être étudiés dans la circulation capillire : d'abord les phénomènes qui sont indépendants de la contractilité vasculire; ensuite ceux qui dépendent de cette contractilité.

A. Phénomènes de la circulation capillaire indépendants de la contractilité iscolairb. L'anatomie nous enseigne que la capacité de l'arbre artériel va nijours en croissant du cœur à la périphérie, de telle sorte que les petites 1ères, dans leur ensemble, offrent un diamètre bien supérieur à celui de

Les renforcements que produit la systole ventriculaire peuvent mi mêmes des types différents; tantôt ils sont simples, tantôt ils sont reA c'est-à-dire qu'ils présentent à l'auscultation les mômes caractères que k offre au doigt. Le souffle double correspond au pouls dicrote ; il coïncic lui et tient à la môme cause.

Dans les différentes théories émises relativement à la cause» des br souffle, il était fort difficile d'expliquer pourquoi, chez les anémiques, il duit un souffle à l'orifice aortique au moment de la systole ventriculair lains auteurs, partant de cette idée que c'est le frottement du liquide conti fice artériel qui produit le bruit de souffle, ont supposé que, dans la c et l'anémie, il existerait une sorte de pléthore aqueuse, c'est-à-dire qi chiffre des globules est diminué, cette diminution serait compensée par u mentation du sérum, et que, en définitive, la masse du sang chez les ques serait plus grande qu'à l'état normal. Dès lors, les ondées sanguin céespar le ventricule seraient plus volumineuses qu'à l'état normal, et cous ment l'orifice aortique, laissant passer le sang en plus grande abondano le siège de frottements exagérés qui donneraient naissance au bruit de Nous savons déjà ce qu'on doit penser de la réalité de ces frottements, n objection plus grave s'élève contre cette théorie.

On peut comprendre, à la rigueur, que la masse du sang, après une rhagie, se répare au moyen de l'absorption des boissons, et qu'elle puisse < son état normal ; mais cela ne peut arriver qu'au bout d'un certain ti après l'ingestion de boissons copieuses. Si l'on saigne un animal, et si, a on voit apparaître le bruit de souffle, on ne saurait admettre que ce brui à un accroissement de la masse du sang. Or, c'est ce qui arrive. Dès qu* mal a perdu par hémorrhagie une grande quantité de sang, on peut oo au manomètre, que la pression artérielle s'est fort abaissée, et en môme te bruit de souffle apparaît, si l'on ausculte le cœur. Ce n'est donc pas la | aqueuse, mais la diminution absolue de la masse du sang qui a produit (

Du moment qu'il est bien démontré que l'état de la pression, dans le du système artériel situés au-dessous du rétrécissement, joue un grand r la production des bruits de souffle, il n'est plus nécessaire de recour hypothèses ; tout va s'expliquer naturellement.

L'orifice aortique du ventricule gauche présente un rétrécissement i lequel une veine fluide peut se former pour pénétrer dans l'aorte, normal, la pression artérielle est trop forte pour que ce courant deli) la vitesse suffisante pour vibrer. Hais si, par le fait de l'hémorrhagie, sion baisse dans les artères, il arrivera un moment où le sang se précipit assez de vitesse à travers l'orifice aortique, pour que le bruit de souffle duise. Cet abaissement de la pression auquel Marey attribue le rôle ôê c principale du bruit de souffle n'est point hypothétique; il est dém toutes les expériences manométriques faites depuis Haies jusqu'aux phjri modernes. Enfin, l'influence de l'abaissement de la pression sur la nfU laquelle l'ondée ventriculaire est lancée dans l'aorte, est également dence par tous les faits relatifs au pouls artériel et ans

l'aorte; les capillaires, si Ton additionnait leurs calibres, donneraient une section bien plus grande encore. On pourrait donc supposer à priori que le sang qui s éloigne du cœur va rencontrer des résistances de plus en plus faibles, vu cet élargissement des voies circulatoires ; mais la physique nous apprend qu'il doit en être autrement, à cause de l'immense accroissement des résistances qu'un liquide éprouve lorsqu'il traverse des tubes de très-petit calibre. Du reste, la preuve de ces résistances considérables résulte directement de la haute pression que présente le sang dans les artères ; on en trouve encore une preuve dans la difficulté qu'on éprouve à pousser à travers les capillaires une injection même très-fluide.

Poiseuille s'est attaché à démontrer la nature exacte de l'obstacle que le sang rencontre dans les capillaires. Il a prouvé que ce ne sont pas des frottements du liquide contre les parois des vaisseaux qui retardent le mouvement du sang, mais que ce retard est l'effet de la cohésion du liquide et de l'adhérente de sa couche extérieure aux parois vasculaires. Une expérience très-saisissante, due à Poiseuille, démontre clairement la nature de ce phénomène.

Si l'on examine au microscope un vaisseau de petit calibre, on voit à sa partie centrale, un courant rapide dans lequel sont entraînés les globules sanguins. Sur les bords de ce courant est une couche transparente formée par da sérum immobile. Les globules ne peuvent s'engager dans cette couche extérieure, parce qu'ils sont entraînés par le courant rapide qui se produit près àt l'axe du vaisseau. Mais aussitôt que l'on comprime le vaisseau et qu'on arrête le cours du sang, les globules s'épanchent dans la couche transparente du sérum qui disparaît aussitôt.

Le microscope démontre encore une autre sorte de résistance que présentent les capillaires du plus petit calibre. Leeuwenhoeck, Spallanzani, etc.. ont tu que dans ces vaisseaux, les globules se déforment et s'allongent, preuve évidente de la difficulté qu'ils éprouvent à traverser ces étroites filières.

Les résistances se répartissent sur toute la longueur du système capillaire ; elles éteignent graduellement la force impulsive que le sang avait reçue du ventricule. C'est sous cette influence que la pression qui vient du cœur décroit sans cesse des artères aux veines, et que, dans ces derniers vaisseaux, elle se trouve réduite à une impulsion extrêmement faible.

Voici comment se (ait cette décroissance de pression des artères aux veines, et comment elle est modifiée par les changements de calibre des vaisseaux.

Bernouilli a indiqué la manière dont la pression décroît dans un tube quelconque sous l'influence d'une charge constante à l'orifice d'entrée ; pour cela, il branchait sur le tube principal d'autres petits conduits verticaux qu'il nommait piézomètres et dans lesquels le niveau du liquide indiquait le degré de la pression. Cette méthode permet d'étudier dans un tube les changements d* pression qui résultent des différences de calibre qu'il présente. ' On peut représenter graphiquement les variations de la hauteur des piéxoroe^ tres et construire ainsi la courbe des modifications de la pression dans le *?*tème vasculaire.

Soit un tube A, C, V, dans lequel on observe trois diamètres différents correspondant aux artères, aux capillaires et aux veines. Le courant se faisant fc A en V, et la partie capillaire C offrant le maximum d'étroitesse, la près**» sera très-grande dans la partie du tube qui correspond aux artères; dès lof*. les niveaux piézométriques des points correspondants se tiendront sur la ligne T.

Les résistances très-considérables qui existent dans la partie capillaire C y font décroître fortement la pression, comme l'indique en ce point la brusque descente de la ligne des niveaux piézométriques. Enfin l'intensité des résistances qui existent dans cette partie capillaire réduit la pression veineuse à une très-faible hauteur, comme on peut le voir en suivant toujours la ligne T, au niveau du

Fig. 18.

tube V. Telle est la répartition de la pression dans l'appareil circulatoire ; cette pression est forte dans les artères, elle décroit rapidement dans les capillaires et devient très-faible dans les veines.

B. Phénomènes de la circulation capillaire qui dépendent de la contractilité vasculairb. De même que le cœur, les artères et les veines sont soumises à l'influence nerveuse. L'appareil qui préside aux changements de diamètre des vaisseaux, se compose du tissu don tract i le vasculaire et de nerfs dits vasomoteurs (voff. ce mot) qui émanent pour la plupart du grand sympathique. On les voit ramper, sous forme de riches plexus, sur toutes les artères de l'économie, et il nous suffit de savoir ici que, par leur intermédiaire, le système vasculaire peut se relâcher ou se contracter. Nous faisons abstraction du système capillaire proprement dit qui, on le sait, est dépourvu de fibres contractiles. Weber a pu exciter directement des capillaires et il n'a jamais vu survenir de changement de diamètre.

Par suite de l'influence que l'état des vaisseaux exerce sur la rapidité du cours du sang à leur intérieur, il se produit, du côté des tissus dans lesquels «mpent ces vaisseaux, des modifications qui, à elles seules, peuvent faire connaître l'état de la circulation. La couleur, le volume et la température des organes varient suivant l'état de leurs vaisseaux.

Plus les vaisseaux d'une région sont dilatés, plus cette région est rouge, tuméfiée et cliaude. Réciproquement, la contraction des vaisseaux se traduit pur la pâleur, la diminution de volume et l'abaissement de la température de cette région. Quelques détails sont nécessaires pour bien établir la valeur de ces caractères, afin qu'ils puissent servir de critérium de l'état de la circulation dans un grand nombre de circonstances.

La coloration des tissus est plus ou moins rouge, suivant que le sang qu'ils renferment est plus ou moins abondant ; c'est un fait tellement connu qu'il n'y a pas lieu d'insister longuement sur ce point. Rappelons seulement que la nuance rouge des tissus gorgés de sang n'est pas toujours la même, et que, suivant qu'elle est rutilante ou bleuâtre, elle indique que le sang renfermé dans les tissus y circule rapidement ou qu'il y est retenu par quelque obstacle situé du côté des veines.

Le volume des organes doit nécessairement varier avec l'état de leurs vaisseaux. En effet, l'élément vasculaire entre presque toujours pour une trèsgrande part dans leur structure ; il ne faut donc pas s'étonner si la dilatation ou le resserrement d'un grand nombre de vaisseaux produit le gonflement oo l'amaigrissement de l'organe qui les renferme. Ces changements de volume peuVent donc renseigner utilement sur l'état d'anémie ou d'hypéréniie d'un organe. La plupart des changements qui surviennent d'une manière brusque dans le volume d'un organe sont dus à des changements dans l'état de ses vaisseaux. Les infiltrations liquides ou gazeuses qui peuvent produire des tuméfactions rapides se reconnaissent à des caractères particuliers; aussi peut-on considérer les changements de volume des organes comme l'expression la plus fidèle des changements qui se produisent dans le calibre de leurs vaisseaux.

La température renseigne aussi très-utilement sur l'état de la circulation capillaire. La chaleur d'une partie s'élève en raison de la rapidité de sa circulation, toutes les fois que cette partie est habituellement soumise à une cause de refroidissement qui lui donne une température normale inférieure à celle que présente le sang dans le cœur.

Marey a fait des expériences au sujet de l'action du traumatisme sur les téguments; la coloration, le volume et la température des organes sur lesquels on expérimente servant a apprécier l'état de la circulation capillaire.

Si l'on opère sur le dos de la main, par exemple, et qu'on frotte un corp> mousse sur la peau en traçant une ligne, au bout de vingt ou trente secondes d'ordinaire, apparaît une raie pâle sur le trajet de l'instrument. Cette ligne est due à la contraction des vaisseaux touchés qui, moins perméables au sang, rendent la coloration des téguments plus pâle ; elle persiste pendant un certain temps. Le retard de l'apparition de ce phénomène, sa persistance après que l'excitation a cessé, le rattachent aux effets de la contractilité vasculaire que nous avons étudiés à propos de la contractilité artérielle.

Dans les mêmes conditions que tout à l'heure, si l'instrument contondant a été appuyé avec plus de force, au lieu d'une ligne pâle, apparaît une ligne rou jt qui semble due à la paralysie des vaisseaux. Ceux-ci, ayant été trop excités, se laissent distendre par la pression sanguine. Sur les côtés de la ligne rouge se voient deux lisérés blancs correspondant aux parties qui, situées en dehors do maximum d'action de l'instrument, n'ont été excitées que juste assez pour qu'elles puissent réagir. Ces faits semblent démontrer l'épuisement de la contractilité des vaisseaux par une sorte de fatigue des muscles vasculaires.

Tout muscle habitué à un travail considérable acquiert une énergie plus grande. L'analogie conduit donc à supposer que, pour les vaisseaux aussi, I* force contractile s'accroîtra si elle est souvent mise en jeu. Par conséquent, ce tissu contractile, devenu plus puissant, résistera davantage aux excitant» et s'épuisera moins vite. On peut s'en convaincre en répétant les expériences précédentes comparativement sur deux tissus, dont l'un est soumis d'une manière habituelle aux agents traumatiques, et dont l'autre est abrité contre ce* agents.

Si l'on opère comparativement sur deux points des téguments, dont l'on (comme l'épigastre) est abrité par les vêtements contre les contacts extérieurs et l'autre (comme la maiu) y est souvent exposé, on voit qu'en frottant dam les deux cas avec la même force, on obtient à l'épigastre la ligne rouge, signe d'épuisement de la contractilité, et à la main la ligne pâle, c'est-è-dire b

contraction mise en jeu. Ce dernier fait prouve l'existence de V accoutumance aux excitations traumatiques.

A cette interprétation se rattache celle de beaucoup d'autres faits du même genre. Ainsi, Ton peut expliquer par une grande puissance de la contractilité rasculaire pourquoi le pied s'habitue aux marches forcées, la main au maniement de durs outils, etc., tandis que ces organes, aux premières marches ou aux premiers travaux, se gonflent, rougissent et deviennent brûlants, signes évidents l'une circulation rapide liée au relâchement de leurs vaisseaux.

Le froid fait contracter les vaisseaux, la chaleur les relâche ; de là résultent les changements dans la rapidité de la circulation de ces tissus : le froid la ralentit, la chaleur l'accélère.

Les faits qui prouvent cette action des changements de température sur la contractilité des vaisseaux sont trop connus pour que nous ayons besoin de les -numércr. Signalons toutefois que chacun des effets produits sur les vaisseaux »st suivi, en général, d'un effet inverse qu'on appelle réaction. Après la contraction que le froid a produite, il est naturel d'expliquer, par l'épuisement de la contractilité, le relâchement consécutif; mais lorsque la chaleur a provoqué un relâchement, comment se produit-il une contraction vasculaire plus forte que de coutume ? Ne peut-on pas supposer que le tissu contractile des vaisseaux, ayant cessé d'agir pendant un certain temps, a acquis par le repos une force plus grande, force qui se traduit par une contraction plus énergique dès que la cause du relâchement a cessé? C'est là une hypothèse sur laquelle nous n'insistons pas. Du reste, la contraction secondaire qui est consécutive à l'action de la chaleur, est bien moins marquée que le relâchement secondaire qui se produit après l'action du froid.

Le froid et le chaud n'agissent pas seulement lorsqu'ils sont appliqués à l'extérieur des tissus, mais si la température du sang qui circule dans un vaisseau s'élève ou s'abaisse, elle fait varier aussitôt l'état des parois et par conséquent le diamètre du vaisseau.

Si l'on place dans le champ d'une forte loupe la membrane de l'aile d'une chauve-souris, on y voit une riche arborisation vasculaire. Si Ton applique un peu de glace sur un tronc artériel (reconuaissable à la direction centrifuge du courant sanguin qui le traverse), on voit que ce vaisseau se resserre, et de plus que les branches qui en émanent diminuent notablement de diamètre. Le sang a été refroidi en traversant le vaisseau qui était entouré de glace, et l'abaissement de la température de ce sang a provoqué la contraction des vaisseaux qu'il a traversés. L'application de la chaleur sur un tronc artériel produit des effets inverses : eu échauffant le sang de ce vaisseau, elle produit le relâchement des branches qui en émanent.

On peut encore démontrer l'influence des changements de la température du sang sur la contractilité vasculaire en injectant dans les veines d'un animal une certaine quantité d'eau chaude ou froide. Une injection d'eau froide élève la pression artérielle, ce qui prouve qu'elle produit la contraction des petits vaisseaux. Une injection d'eau chaude fait baisser ta pression artérielle, preuve qu'elle a produit le relâchement des petits vaisseaux.

Les influences de la pesanteur viennent à chaque instant augmenter ou diminuer la pression sanguine à l'intérieur des vaisseaux. Dès qu'un membre est placé dans la déclivité, il s'ajoute à la pression du sang de ses vaisseaux une surcharge qui, pour les parties les plus déclives, est égale au poids d'une colonne

sanguine très-haute quelquefois. Les vaisseaux que cette surcharge dilate livrent au sang un passage plus facile, de sorte qu'on peut dire, avec Rameaux, que la déclivité est favorable à la rapidité du cours du sang, bien qu'au premier abord il semble que l'action de la pesanteur, favorable au cours du sang artériel et défavorable à celui du sang veineux, s'annule elle-même comme dans les branches d'un siphon. Quand un membre est soumis à une déclivité prolongée, les choses se passent autrement, les vaisseaux que la pression du sang dilate résistent par leur contractilité propre à cet effort excentrique. Or, dans cette lutte prolongée, ils acquièrent, par une accoutumance spéciale, mie plus grande force contractile. Inversement, lorsqu'une région est placée dans l'élévation prolongée, elle perd une partie de la force contractile de ses vaisseaux, de sorte que, si elle est placée ensuite dans la déclivité, elle se laisse plus que de coutume gonfler, rougir et échauffer par une circulation plus rapide. Quelques exemples suffiront pour prouver la réalité de cette influence des changements de la pression intérieure.

Lorsque, après une nuit passée dans la position horizontale au lit, on se lève pour reprendre l'attitude verticale, on peut constater, au bout d'un instant, que la face est plus pâle qu'à tout autre moment de la journée, et que les pieds sont au contraire gonflés, de façon qu'ils entrent avec assez de peine dans les chaussures. 11 suffit de quelques heures au plus pour que l'équilibre de la circulation se rétablisse, que les pieds soient moins gonflés et la face moins pâle. Les vaisseaux ont donc acquis, sous l'influence des changements surveims dans la pression intérieure du sang, une force contractile différente qui s'adapte à cette pression intérieure augmentée ou diminuée, de telle sorte que l'état circulatoire se fait bientôt dans des conditions normales. Ces faits prouvent encore qu'il suffit d'un temps très-court pour que la force contractile des vaisseaux augmente ou diminue d'une manière notable, suivant qu'elle agit ou n'agit pas ; en effet, quelques heures sont suffisantes pour produire des effets notables.

lorsqu'une attitude a été gardée pendant un temps très-long, les changements survenus du côté de la contractilité vasculaire sont beaucoup plus profonds. Ainsi, lorsqu'un malade a été longtemps retenu au lit, pour une fracture par exemple, la première fois qu'il se lève, il est fort exposé à la syncope, c'est-àdire à l'anémie du cerveau, et, d'autre part, il présente toujours un degré d'enflure des jambes très-prononcé. Dans ces phénomènes, on ne saurait voir autre chose qu'une exagération des effets physiologiques que nous signalions tout à l'heure.

Dans les cas où l'on traite les phlegmons par l'élévation, on a pu voir maintes fois, que le membre ramené dans la position horizontale, reprenait bien vite tn volume, une coloration et une température exagérés, par l'effet du relâchement atonique de ses vaisseaux.

Lorsqu'une pression graduelle et égale est appliquée sur mie certaine étendue des tissus., elle agit dans le même sens que la contraction vasculaire : elle chasse le sang de ces tissus, les fait pâlir et les refroidit. La tunique contractile des vaisseaux se trouve donc soulagée d'autant dans sa lutte contre la pression sanguine intérieure; aussi subit-elle, à des degrés variables suivant l'intensité et b durée de la pression extérieure, les mêmes modifications que nous avons signalées pour le cas où un membre est placé dans une attitude élevée.

Si l'on plonge la main dans une cuve à mercure et qu'on l'y tienne pendasi quelques minutes, aussitôt qu'on la retire, la main est extrêmement pâle, mai»

et le gonfler d'une manière très-évidente. Marej a i

ziné un appareil qui permet de soumettre certaines parties isolément, la main )u le pied par exemple, à l'action de l'air comprimé. C'est l'effet inverse de celui de la ventouse de Junod. Au moyen de cet appareil, lorsqu'on soumet l'une de ses mains à une pression de 15 à 20 centimètres de mercure prolongée pendant une dizaine de minutes, on voit que, pendant la compression, la main est pâle ■ et amaigrie d'une maniera étoimante, tandis que, dès que la pression a cessé, elle prend subitement, pour quelques instants, une coloration, une chaleur et un volume bien supérieurs à ceux de la main qui n'a pas été comprimée. Il nous semble que l'explication la plus naturelle de ces faits est d'admettre que la contractilité des vaisseaux, réduite pendant un certain temps à l'inaction complète, s'est affaiblie temporairement.

On pourrait montrer que la plupart des agents qui influent sur la contractilité vasculaire se comportent d'une manière analogue à celle des autres agents dont nous avons parlé ; mais nous ne pouvons nous étendre plus longuement sur ce point de la physiologie circulatoire, quelque digne d'intérêt qu'il nous paraisse.

C. Vitesse dd sang dans les vaisseaux capillaires. Chez les animaux, la vitesse du courant sanguin, dans les capillaires, se mesure directement par l'observation microscopique du trajet que parcourt un globule de sang dans un temps donné. Chez l'homme, on peut mesurer cette vitesse en rendant visibles les mouvements des globules sanguins dans les vaisseaux de la rétine. Au moyen de la lumière fournie par un globe de lampe convenablement disposé, on peut facilement obtenir la perception des globules de sa propre rétine par l'ombre qu'ils projettent sur la couche des bâtonnets. Vierordt a ainsi trouvé, chez lui-même, que la vitesse des globules du sang de la rétine était de 0mai,6 à 0min,9 par seconde.

Circulation veineuse. Le système veineux forme le dernier segment de l'appareil circulatoire. Il est la terminaison du cercle que parcourt le fluide sanguin, parti du cœur pour revenir à son point de départ.

Nous avons vu le sang artériel recevoir sa force vive de l'appareil cardiaque, et perdre une partie de cette force pendant qu'il gagne des voies dont chacune est de plus eu plus étroite, mai» dont l'ensemble forme une aire de plus en plus large. La plus grande partie de la force de progression du sang se perd donc dans les capillaires. A la sortie de ces vaisseaux le sang parcourt les veines, c'est-à-dire des vaisseaux de plus en plus larges ; mais la surface de section du système'veineux va en diminuant avec le nombre de ramifications. La vitesse du sang, dans ce système, ira donc en augmentant depuis les capillaires jusqu'au cœur, et elle sera d'autant plus considérable, que les forces dont nous allons nous occuper agiront elles-mêmes plus énergiquemeut.

A. Forces motrices du sang dans le système veineux. Les principales sont : l'action du cœur, la contractilité des veines, la contraction musculaire et l'aspiration thoracique.

1° Action du cœur. Bicliat considérait le sang veineux comme n'étant pas soumis à l'influence du cœur, et il attribuait son mouvement à la contraction du système capillaire qu'il regardait comme une espèce de cœur périphérique. Aous savons déjà que c'est là une hypothèse dénuée de fondement. Le cœur a une action réelle sur la circulation veineuse; mais pour bien comprendre son rôle, il faut l'examiner successivement dans ses deux états de systole et de diastole.

a. Systole. Mageudie est le premier qui ait établi expérimentalement l'ao-

ixKA CIRCULATION.

ui>ii yt»Udique ilu cœur sur la circulation des veines. Ce physiologiste mita no l mlèu* crurale d'un chien et appliqua autour du membre une ligature qui ne icftpwtait que cette artère. Dans ces conditions, le sang continuait à arriver iUm» la patte de l'animal, mais il n'en pouvait plus sortir, et les veines seg»lltteut ci» amont de la ligature. Si alors on piquait la veine crurale, le $arç t'échappait, suivant un jet continu. On comprimait ensuite l'artère entre ta doigt» de façon à arrêter le cours du sang, et l'on voyait le jet diminuer d'abord d'amplitude, puis s'arrêter tout à fait. A ce moment, l'artère ne contenait plus de, sang, mais la veine en était encore remplie. Si on cessait alors de comprimer l'artère, ou voyait aussitôt le jet veineux se rétablir. Enfin Magendie coupa l'artère et poussa de l'eau dans sou intérieur. Il vit alors la sortie du sang recommencer, puis bientôt ce fut de l'eau qui s'écoula et plus ce liquide était pousse avec force dans l'artère, plus l'amplitude du jet sorti delà veine était considérable.

11 arrive quelquefois que l'impulsion cardiaque se transmet au système *oneux avec ses intermittences, et alors l'influence du cœur sur la circulât»! veineuse est encore plus mauifeste. Dans les cas de ce genre, les pulsations des artères ne sont pas éteintes par l'élasticité de ces vaisseaux et elles se propagent à travers les capillaires, jusqu'au système veineux. C'est là un état anormal et la circulation veineuse qu'il est facile de réaliser, ainsi que l'a montré uk ex|»érieuce de Cl. Bernard. Ce physiologiste mit à découvert les veines de h glande sous-maxillaire et fit contracter les artérioles de cette glande en gahaasaut les filets du grand sympathique qui s'y rendent. Il fit alors une petite ouverture aux veines de la glande et vit le sang s'écouler lentement eu nappe 4 d'une manière uniforme. En galvanisant, au contraire, le filet de la corde è tympan qui fait relâcher les artérioles de la glande, il obtint un jet de sang veineux saccadé comme celui d'une artère.

Chez l'homme, à l'état normal, on peut observer des pulsations veineuse! quand la circulation est un peu activée. Il est facile de rendre ces puisât»* manifestes en les faisant transmettre à un levier qui les amplifie. C'est ce qui fait King en opérant sûr les veines sous-cutanées de la main et du front.

A l'état pathologique, les pulsations veineuses sont fréquentes. On les obser* lorsque le passage du sang artériel s'effectue facilement à travers les capillaire*

Il arrive quelquefois que, dans l'opération de la saignée, on voit le sang sortir de la veine, suivant un jet saccadé et rutilant. On a cru, pendant longtemps que les saccades du jet sanguin tenaient aux battements de l'artère sous-jacesto: mais alors comment expliquer la couleur rutilante du sang? Ces deux pbr*mèues sont dus à la transmission de l'impulsion artérielle au système veinée* travers les vaisseaux capillaires. Il est d'ailleurs facile de s'en convaicre par h retard qu'éprouvent les saccades de la veine sur les pulsations de l'artère.

b. Diastole. Le cœur produit-il, par lui-même, un appel du sang veineu a son intérieur? Kn d'autres termes, le cœur que nous savons être unepotf foulante, est -il aussi une pompe aspirante? L'expérience semble permettre fc ré|H>ndrv à cotte question par l'affirmative. Le cœur, en effet, pourrait fc*» t tonner u la manière d'une ampoule de caoutchouc remplie de liquide. Q«J on In comprime dans la main, on en chasse le contenu. Quand on cesse de k eomprimer, elle reprend *a forme en vertu de sa propre élasticité et elleeflêd* niiim, à sou intérieur, un vide aspirateur.

liait* le nrur, le resserrement de l'organe est produit par les muscles de * panua. tien parois *o rapprochent, au moment de la systole, de manière a» I*

- presque par tous leurs points, ne laissant aucun espace vide entre elles et le lide qu'elles sont chargées d'expulser. Quand l'organe se relâche, les muscardiaques ne jouent qu'un rôle passif. L'anatomie a parfaitement démontré iiicun de ces muscles n'était dilatateur, et, si l'on comprime à la main le îr d'un cadavre, on le voit revenir à son volume primitif dès qu'on cesse impression. Enfin une expérience facile à faire consiste à prendre le cœur d animal vivant et à le plonger dans l'eau. Tant que le cœur continue à Ire, on le voit aspirer de l'eau pendant la diastole et en rejeter au contraire îdant la svstole.

Il est clair que la force aspiratricc du cœur ne s'exerce pas avec la même iusité dans les différentes cavités de l'organe.

Les oreillettes, avec leurs parois flasques et minces, ne reviennent pas.sur as comme les ventricules, et leur force aspiratricc est à peu près nulle. Ceîdant nous savons que Chauveau et Marey, cherchant la valeur de la pression jative dans les différentes cavités du cœur, l'ont trouvée maximum dans itillette. Mais il faut ici distinguer l'aspiration cardiaque de l'aspiration thoitjue, tenant à la rétractililé pulmonaire. De ces deux aspirations, la dernière de beaucoup la plus considérable, et c'est elle qui produit les variations de ssion à l'intérieur des oreillettes.

2° Élasticité et contractilité des veines. Les veines ont des parois plus uces que les artères et elles se prêtent avec une grande facilité à l'accumulaj du sang dans leur intérieur. Cette dilatabilité avait conduit Hunier à regarles veines comme des vaisseaux passifs. Elles sont cependant contractiles, et istologic a parfaitement démontré la présence de fibres musculaires dans la lique moyenne des parois veineuses. Cette tunique contient eu outre des élénts élastiques comme celle des artères.

Quand on applique une bande autour du bras, on observe le gonflement des nés de la main et de l'avaul-bras; mais ces veines se dégorgent aussitôt que 11 enlève la ligature. Ou voit souvent, chez la femme, des varices se dévelop-

* pendant les derniers mois de la grossesse. Ces varices sont dues à la eomssion qu'exerce l'utérus gravide sur les troncs veineux iliaques, et elles dis- "«àisscut, avec une grande rapidité, après l'accouchement.

Tous ces phénomènes s'expliquent par l'action simultanée de l'élasticité de la contractilité des parois veineuses. Si l'on veut mettre isolément en évince cette dernière propriété, on pourra recourir à l'excitation électrique ainsi e Tout fait Nysteu, Kôllikcr, Frerichs et beaucoup d'autres. Un mode de dé- Mistration plus simple, est celui qu'a proposé Ciubler. Quand les veines du

* de la main sont légèrement gonflées, il su lht de les frapper un peu viveeut pour voir presque aussitôt ces vaisseaux se rétrécir au point percuté. :tte contraction ne dure pas longtemps et les veines reprennent bientôt leurs meiisions premières.

L'élasticité et la contractilité veineuses ont des limites qui ne peuvent être passées impunément, car les veines dilatées outre mesure ne reviennent plus leur calibre primitif. Il peut se faire aussi que cet effet se produise, sans que la ni te soit atteinte, comme cela se présente quand la compression d'un tronc i lieux a été longtemps prolongée. Ainsi s'expliquent les varices des extrémités férieures sous l'influence du poids de la colonne sanguine, de même que la la lai ion permanente des veines si commune chez les vieillards. Toutes les veines ne sont pas également élastiques ou coutractiles. Une veine

dict. esc. XVII. 28

45ii

ï.ius ces mouvements de flux et de reflux du saii£ veineux, dans le \oisiu;o* du ceur. sont singulièrement facilités par une disposition auatoiiiique sLiultr. j-'.ir !» pi entière lois, par Itérant, (le physiologiste a m ou lit* que loul<> !.. *..:: * • ■ ti-.-. nur> dans la sphère d'attraction de la poitrine sont adhérente*, kir !- .> ;û: i>. > »it à des os, soit à des aponévroses, de sorte qu'elles iv>inri :i i . .> ( k>.piYiii les incise, contrairement à ce qui passe dans le* miln-* . . -. Ou i>*!iipreiid alors pourquoi les troncs veineux iiitra-tlioraeimn* m- > > :> vkui [vi- .m moment de l'inspiration, comme cela se produit dan* !ï\jk- :• .:«v -iiivjuLe. Sur le canon d'une seringue on lie un tube nieiuhr.nirii\ j :.»•».- tl.tsqu'> et rempli île liquide. Cela fait, on aspire le liquide eu tiisu' j-i.:«T le piston et l'on voit aussitôt le tube s'aplatir et cesser d'être |ieriiu:.iMr j i hq-ihle qui ne peut plus alors pénétrer dans la seringue.

La Ivancc continuelle des veines intra-thoraciques permet de se rendre crnupi-» d'au phénomène décrit depuis longtemps sous le nom {Ventrée de Voir dum ta (v:.'*.\«.

Il arrive trop souvent que, pendant des opérations pratiquées au viihiii.i.,0 de la poitrine, le malade meurt Mihitemeut sans qu'on puisse attribuer Ij mort à l'abondance de riiémorrhagie. CYM qu'alors il est entré une cerLiii? quantité d'air dans les veines. Si l'on nui|ie, eu effet, mie \citic nmiiirK dans la /oue d'aspiration de la poitrine et disposée de manière à rester bnuil1' apivN la section, l'air se précipitera dans cette veine comme il le lirait pir l.t trachée, au moment de l'inspiration. Ce phénomène se produit aw ui hiuil de ijlomjhu ou une espèce de sifflement, et presque aussitôt la uni Minirnl.

Ou a lait de iioinbiviises hypothèses pour expliquer comment riiitiiNliirl«>c de Lan dans 1rs \eines pouvait amener la mort. Il parait parfaitement dém-mli- .tnjourd Iiiii. qu'il faut en chercher la cause (Lins l'arrêt de la ci reniai imi uj-il- Luie du poumon. Celle explication a été donnée, pour la première fois, pur M- roci , et il lesulle «les expériences de Poiseuille. (pie la pression dé\eli»p[Mv ju: l nnn e.l iie.ulïisaiile pour accomplir la petite circulation quand ilrs Iwll^ J ot «. uiliiuliiiNciil d, ois les capillaires du poiinioii. D'autre part, Jamiu ;uloionhe que, dois un tube capillaire dune longueur d'un mètre, un L'raud ii-miff d« huile, d ni mélangée* à de l'eau ne sont pas déplacées par une pre>Mt'ii ti'' hoi ilmo .plieie .

\- f ##//#!•-#•• «■ •/•■% mou vc m ru ta Je V abdomen. Ou peut dire, en iImVi-*i.,|, qo« iln iule Ihoi^eiqiie est un appareil d'aspiration, la cavité iiMhiw mh 01 toiih.uie, e.l un appareil de compression ou d'expulsion.

INndtol l m pn.ilion, lorsque le diaphragme se contracte, la |N>ilriiie >'.i^nrivl,i ion di |m ii d. I ihdouicu, et, par suite, il y a augmentation de pre»Mi Jji* , , il. d. loien i .mie

|S od oti I i tpu .iiion, le diaphragme reprend sa voussure, répond |-a: ^

XIi1m, JmI no\ el ilhh' du cote de la poitrine par le retrait du |t>>iiin ■■»-

\\ x , |io oih iliitiiiuil iimi de la pie«ion à l'intérieur de rabdomeu.

\,.i i li p>> i'u ",l1 « (bdoMuiiale auumenle pendant l' inspirai ion et ilimin* uodoii I • i|"» ,,,,,n * l' '"^ ''lN veines abdominales, coiuprimé |KaiicIaiil l,!r ^ii^iiinn lniil dum » i-i li tppi'i de t. l'hdoineu el s'échappe, eu ctlcl. du f'-lr'* vl \k\\*\\i l« »u"«» di i« i loue, e esi-à-tliiv \ ers la poitrine, au inuiuenl u^itf

k \ ,i.|i||.|ll m llioi ii iqtie

^«^UdoLnim, pendant l iu«pii\uuui, les mouvements de l'abdumeo tf»

ent comme ceux du Ihorax, pour faciliter le coure du sang veineux. Mais, penant l'expiration, les phénomènes sont plus complexes.

Si l'expiration est calme, les muscles de l'abdomen n'agissent pas, et la preson abdominale diminue, ce qui facilite le cours du sang veineux des membres ilérieurs vers l'abdomen. Mais, d'un autre côté, la pression thoracique augenle, ce qui ralentit le cours du sang de l'abdomen vers la poitrine. Suivant îe rime des deux influences, thoracique ou abdominale, sera prédominante, il aura donc accélération ou ralentissement du cours du sang veineux. Si l'expiration est laborieuse, les muscles des parois abdominales se contracta et la pression augmente à la fois dans le thorax et dans l'abdomen. Le cours 1 sang veineux se trouvera, par suite, ralenti.

6° Action de la pesanteur. Tout le monde sait qu'il suffit d'élever les bras >ur activer leur circulation veineuse, et de les laisser pendre pour rendre, au «traire, celte circulation plus difficile. Quant aux membres inférieurs, les rsoiutcs atteintes de varices connaissent la fâcheuse influence de la position rticale. 11 ne faut cependant pas croire que la pesanteur n'agisse que comme >stacle au cours du sang veineux, dans la station verticale. Le saug, en effet, r sa charge sur les artérioles, les capillaires et les veinules, amène la dilatation ; ces vaisseaux. Leur débit se trouve ainsi augmenté et, par suite, si la pesanur entrave la circulation dans la partie verticale du système veineux, elle la cil i te, au contraire, dans sa portion horizontale.

B. Pression du sang dans lk système veineux. Nous savons déjà que la presjii du sang est minima dans les veines, et la figure 18 est la représentation gralique de ce fait.

Si l'on remplace, dans l'appareil représenté par cette figure, le tube C par un lire moins étroit, ou voit aussitôt le niveau des piézomètres se disposer sur la $ue f, c'est-à-dire que la pression diminuera dans le tube artériel, à cause de la sistaucc moindre du conduit capillaire, et qu'au contraire, elle augmentera lus le tube veineux.

Tous ces phénomènes se passent dans l'économie. Le sang veineux, en effet, 5 rencontre pas de capillaires qui lui offrent une résistance en aval de son cours, n outre, les veines sont plus volumineuses (pic les artères, et il y a, presque tujours, deux veines satellites pour une artère correspondante. 11 résulte de là ne la capacité du système veineux est plus grande que celle du système artériel, . la différence peut encore être augmentée par suite de l'extensibilité des parois eiiieuscs qui est plus considérable que celle des parois artérielles. Celte extenibilité n'a pour limite que la résistance à la rupture; or il résulte des expériences de Haies et de Winlringham que celle résistance est plus grande pour les cines que pour les artères. On se rend facilement compte de l'excessive dilataililé du système veineux en voyant le volume énorme que peuvent prendre les eiiMîs de la base du cou sous l'influence d'un effort violent. On sait d'ailleurs ne les veines n'ont pas seulement pour but de rameuer le s»ang au cœur, mais u'elles doivent encore servir de réservoir à ce liquide quand sa masse augmente, •mme cela arrive, par exemple, après l'absorption des boissons ou des produits iquides de la digestion. 11 est clair aussi que la perméabilité plus ou moins (rande du système capillaire augmentera ou diminuera la pression veineuse, la cession artérielle variant eu sens inverse. Cela explique comment, dans certains îtats congestifs, des tendances à riiémorrhagie capillaire ou veineuse peuvent se traduire, quoique la pression artérielle soit plus faible que de coutume.

S'il existe un obstacle au cours du sang veineux, il se produit alors un.» >tagnatiou générale sous l'influence de laquelle la pression s'élève partout et W-udi se niveler en vertu du principe d'égalité de pression dans les liquides communiquants et immobiles. C'est pour cela qu'après la ligature des veines la pre>*ioo s'élève dans ces vaisseaux à un degré qui pourra être celui de la pression artérielle, si le courant veineux est complètement arrêté. Ce nivellement de la j»rvssion cesse aussitôt que l'obstacle est levé et que le sang entre en mouvement, car, dès lors, il retrouve dans les petits vaisseaux des résistances qui augmentent avec sa vitesse.

Les premières tentatives de mensuration de la pression veineuse ont & faites par Haies ; mais ce physiologiste trouva une valeur trop grande, car. pmir la déterminer, il arrêtait le cours du sang dans la jugulaire. Mogk, Yolkin.mii, Ludwig, ont trouvé, avec riiémodynainomètre, des résultats très-diffémilslfe uns des autres, mais montrant du moins que la pression dans les veim>«t beaucoup moins considérable que dans les artères et qu'elle diminue au fur et à mesure qu'on se rapproche du cœur. Ce dernier résultat pouvait au>*i ète prévu. Nous savons, en effet, que c'est surtout à la résistance des capillaire qu'est due la pression du sang dans les artères. Or, dans les veines, non-aiikment il n'y a pas de capillaires en aval du courant sanguin, mais cni-oRte courant est plutôt attiré que repoussé, à son embouchure dans le cœur. Usai de là que la pression du sang dans les veines doit être maxima près des capillaires et ininima près du cœur. Mais entre ces deux points extrêmes on rencontre toutes les valeurs intermédiaires.

Yolkmanu a trouvé que la pression était de 44 millimètres dans les petite veines du cou du cheval, tandis qu'elle u'était que de 21™'°, 5 dans la jugubin Dans une autre expérience faite sur un veau, le même physiologiste a tnxiv une pression de "27""", 5 dans la veine métatarsienne, celle de la veine japifaûn n'étant que de 0 millimètres.

La valeur de la pression sanguine varie non-seulement dans des fW dilfcrentes, mais encore dans la même veine sous l'influence de dmffM «M*> Ainsi, les mouvements du cœur, d'après les expériences de Weyrich, W tndwsent par des oscillations qui correspondent aux deux états de systole et dedb*tole. Mais ces oscillations sont peu étendues ; elles ne dépassent pat qad<p millimètres de mercure.

On comprend facilement que les mouvements de la cage thorarique, ce p* (luisant dans certains points un reflux de sang veineux ou une staguatka ib* sou cours augmentent la pression de ce liquide contre les parois des vaisseau*- Mogk a parfaitement observé l'augmentation de la pression veineuse q«*,l« ranimai s'agitait.

La contraction musculaire agit encore pour faire varier la pression du yn: dans les veines. Cl. Bernard cherchant à déterminer cette pression dans la j»£fr la ire d'un cheval, la vit augmenter de plus de UO millimètres quand l'aiiii»* relevait la tète, et de 50 quand il exécutait des mouvements de mastication.

Il est clair aussi que tout obstacle rétrécissant ou obturant une veine amena1 dan< celle-ci une augmentation de pression, ou même un arrêt compkl *• liquide sanguin à son intérieur; mais néanmoins le retour du sang u'im* au cœur aura lieu presque aussi facilement qu'auparavant, grâce aux an*^ nuises «les \eines entre elles. Ces voies de communication sont extrèuirtn*1 répandues dans l'économie. Elles existent non-seulement entre les veiues ff

frmlcs et les veines superficielles, niais encore enlrc les troncs des deux wiiiw cives, entre h veine porte et le système veineux général, etc. Que, par Hinijile, la veine eave inférieure vienne à s'oblitérer, aussitôt la veine azygos, les vrine* rachidicuncs et les veines sou s-enta nées du thorax et de l'abdomen vont grossir rapidement et conduire le sang des parties inférieures du corps dans la rarw cave supérieure.

C. Vitesse du sang dans les veines. Nous ne dirons que peu de chose sur «sujet. La vitesse du sang dans les veines est très-variable, et il est, pour ainsi dire, impassible d'en donner une mesure exacte.

Volt ntanil a trouvé que, sur le cl li en, la vitesse du sang dans la jugulaire était, ki moyenne, de 225 millimètres par seconde. II est clair que cette vitesse augmente avec l'inspiration et diminue avec l'expiration.

Tout récemment, Itosapelly a cherché à déterminer expérimentalement la vitesse du sang dans la veine porte. Il l'a trouvée de 35 millimètres par seconde dans le Irone de cette veine. A l'embouchure des veines sus-hépatiques, e'est-a- Htv:.\\n sortie du foie, cette vitesse ne serait plus que de 16 millimètres. Enfin, dm» l'épaisseur du foie, elle serait encore moins considérable cl égale seulement i 5 millimètres par seconde.

D. Poils veineux. Il ne faut pas confondre le pouls veineux avec la propagation du pouls artériel au système veineux à travers les capillaires. On donne le nom de poult veineux au reflux qui se produit dans les veines pendant la systole Im cavités cardiaques droites.

D'après l'olain, ce mouvement de reflux est surtout visible au niveau du sinus e la jugulaire. Les lignes I, 11, III et IV de la figure 19 correspondent respective-

■ml aux pulsations de la veine jugulaire, de la radiale, de la carotide et de al ■Isaliou cardiaque. A indique la replet ion progressive de la veine, Best uusoumm-iil produit par la systole de l'oreillette, et C, un autre soulèvement dû à la stole du ventricule qui transmet sou impulsion par le choc eu retour de la vaille Irleuspide. Les deux abaissements D et E s'expliquent par les diastoles sucs«ives de l'oreillette et du ventricule

E. Bruits veineux. Ces bruits (bruits de souffle, bruits musicaux) se produi- Ot dans les mêmes conditions physiques que les bruits artériels, et nous n'auu que peu de chose a en dire ici, après les développements dans lesquels nous

S'il existe un obstacle au cours du sang veineux, il se produit alors une stagnation générale sous l'influence de laquelle la pression s'élève partout et temli se niveler en vertu du principe d'égalité de pression dans les liquides communiquants et immobiles. C'est pour cela qu'après la ligature des veines la pre^kn s'élève dans ces vaisseaux à un degré qui pourra être celui de la pression artérielle, si le courant veineux est complètement arrêté. Ce nivellement de la pression cesse aussitôt que l'obstacle est levé et que le sang entre en mouvement, car, des lors, il retrouve dans les petits vaisseaux des résistances qui augmentent avec sa vitesse.

Les premières tentatives de mensuration de la pression veineuse ont été faites par Haies ; mais ce physiologiste trouva une valeur trop grande, car, pov la déterminer, il arrêtait le cours du sang dans la jugulaire. Mogk, Yolkniaoï. Ludwig, ont trouvé, avec l'bémodynamomètre, des résultats très-différent* k uns des autres, mais montrant du moins que la pression dans les veine* eJ beaucoup moins considérable que dans les artères et qu'elle diminue au fur et i mesure qu'on se rapproche du cœur. Ce dernier résultat pouvait aussi Un prévu. Nous savons, en effet, que c'est surtout à la résistance des capillaire qu'est due la pression du sang dans les artères. Or, dans les veines, nou-seukment il n'y a pas de capillaires en aval du courant sanguin, mais encore « courant est plutôt attiré que repoussé à son embouchure dans le cœur. Il «il de là que la pression du sang dans les veines doit être maxima près des capillaires et miiiima près du cœur. Mais entre ces deux points extrêmes on rencontre toutes les valeurs intermédiaires.

Volkmann a trouvé que la pression était de 44 millimètres dans les petite veines du cou du cheval, tandis qu'elle n'était que de 2iœa,,5 dans la jugulais Dans une autre expérience faite sur un veau, le même physiologiste a trwn une pression de 27°"", 5 dans la veine métatarsienne, celle de la veine JÊgaiw n'étant que de 9 millimètres.

La valeur de la pression sanguine varie non-seulement dans des vriMÉ tft~ rentes, mais encore dans la même veine sous l'influence de divM#«v^ Ainsi, les mouvements du cœur, d'après les expériences de Wejnol^lÉW,H sent par des oscillations qui correspondent aux deux états de systole Wli tutoie. Mais ces oscillations sont peu étendues ; elles ne dépassent j|p$rif*millimètres de mercure. '*?

On comprend facilement que les mouvements de la cage thoracsftilf •p" (luisant dans certains points un reflux de sang veineux ou une stapÉtisl^* son cours augmentent la pression de ce liquide contre les parois désista*81- Mogk a parfaitement observé l'augmentation de la pression veineuse q^ ranimai s'agitait.

La contraction musculaire agit encore pour faire varier la pression tin **■"' dans les veines. Cl. Bernard cherchant à déterminer cette pression dans hj**' la ire d'un cheval, la vit augmenter de plus de 110 millimètres quand laww relevait la tête, et de î>0 quand il exécutait des mouvements de mastication

11 est clair aussi que tout obstacle rétrécissant ou obturant une veiucafflto^ dans celle-ci une augmentation de pression, ou même un arrêt compkt *■ liquide sanguin à son intérieur; mais néanmoins le retour du sang *«** au cœur aura lieu presque aussi facilement qu'auparavant, grâce aux au*4*" moses des veines entre elles. Ces voies de communication sont extrême**1, répandues dans l'économie. Elles existent non-seulement entre les uliln*|*,,

îlsion du cœur transmise par les capillaires ; mais, de plus, le tronc de la veine trtepeut être considéré comme un agent d'impulsion. Il est, en effet, pour\u une couclie musculaire qui offre une épaisseur assez considérable et que l'excition électrique fait manifestement contracter. Kôlliker et Yirchow ont pu obtcr, plus de deux heures après la mort, des contractions sur des lambeaux de ine porte détachés du cadavre d'un supplicié. Malgré la structure musculaire 1 tronc de la veine porte, celui-ci est loin de pouvoir être comparé à un cœur, usi qu'on l'a dit quelquefois. C'est ailleurs qu'il faut chercher la cause princile de la circulation dans la veine porte, et nous allons trouver dans l'aspiration oraciquc, un agent bien autrement puissant.

Si on cherche à déterminer, par le procédé de Chauvcau^t Marey, la pression i sang dans les veiues sus-hépatiques, et que l'on enregistre en même temps les ornements du thorax avec le pnéographe de Marey, on voit très-clairement pression à l'intérieur des veines sus-hépatiques s'abaisser pendant l'inspiration s'élever pendant l'expiration. La pression minima correspond à la fin de l'iniration et la pression maxima à la fin de l'expiration.

Ces résultats ont été obtenus sur le chien par Hosapelly, mais ils étaient admis puis longtemps. Bérard avait parfaitement montré que la veine cave inférieure L lixée par des attaches fibreuses, à l'ouverture aponévrotique que lui offre le iphragmc. Or c'est précisément en ce point que déboucheut dans la veine ve inférieure les veines sus-hépatiques, et ou sait que celles-ci sont constamment béantes, par suite de leur adhérence au tissu du foie. Il en résulte que les Mivements d'inspiration et d'expiration doivent faire sentir leur influence sque dans les veiues sus-hépatiques, et c'est aussi ce qui arrive, ainsi que nous nons de le voir.

Hosapelly a ensuite étudié les variations de la pression dans la veine porte, ec une sonde introduite par une des branches de la veine splénique, et il a séné l'augmentation de pression pendant l'inspiration et la diminution peunt l'expiration. 11 en est de même quand la digestion s'accomplit, avec cette Bféreiice, toutefois, que la pression est plus forte.

Si l'on compare la pression de la veine porte avec celle de la veine cave inféîure, on trouve que la première l'emporte sur la seconde. Ce résultat est du la résistance qu'éprouve le sang de la veine porte dans le système capillaire pa tique.

Ou peut déduire de ce qui précède les variations de la vitesse du cours du ug, car elles sont déterminées par la différence qui existe entre la pression de veine porte et celle des veines sus-hépatiques. Or, à chaque inspiration, il y a ux causes d'accélération du cours du sang dans la veine porte : l'augmentam de pression dans cette veine et la diminution dans les veiues sus-hépatiques, versement, le cours du sang sera ralenti, à chaque expiration, car il y a, à la is augmentation de pression dans les veiues sus-hépatiques et diminution dans veine porte. 11 existe donc une espèce de mouvement systolique et diaslolique ' la veine porte. Le premier correspond à l'inspiration, et le second, au conûre, à l'expiration. La cause principale de ces deux sortes de mouvements «dedans le diaphragme, qui agit en même temps comme dilatateur de la cavité oracique et comme compresseur de la cavité abdominale. Beau a considéré la rate comme pouvant être un agent d'impulsion pour le ûg qui va de cet organe au foie. Enfui, Cl. Bernard, en présence des fibres Jsculaires longitudinales dont sont pourvues les veines sus-hépatiques, admet

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endu par les oreilles, il y a eu appel du liquide céphalo-rachidien dans la oite crânienne ; chez l'autre, au contraire, il s'est produit un reflux de ce linido dans la cavité rachidienne.

Un sait depuis longtemps, que, lorsqu'un animal meurt d'hémorrhagie, les îisseaux encéphaliques restent pleins de sang. Kellie a expliqué ce phénomène 11 montrant que la pression à l'intérieur de la cavité crânienne était inférieure la pression atmosphérique. Eu faisant un trou aux parois du crâne, il permit entrée de l'air à l'intérieur et vil le sang s'écouler des vaisseaux.

5° Cours du sang dans les appareils érectiles. Les appareils érectiles sont onstitués par une trame fihreuse aréolaire (tissu spongieux ou caverneux) faiint l'office de vaisseaux capillaires énormes, interposés entre les artères et les eines. A ce compte, dans l'espèce humaine, les organes génitaux externes coneunent seuls des appareils érectiles. Les artères afférentes, avant de s'ouvrir ans les aréoles, se divisent en hranches très-ténues et contournées en hélice irtères hélicines de J. Millier). Elles sont munies d'une tunique musculeuse "une grande épaisseur. Les veines efférentes, supérieures en volume aux artères (Téftiitcs, sont pourvues de valvules empêchant le reflux du sang vers les ryolcs.

On est assez d'accord maintenant pour considérer l'érection comme provenant 'un apport exagéré de sang artériel; mais comment se fait cet apport? Est-ce ar suite d'une paralysie vasculaire, comme le veut Ch. Robin? L'expérience 'est pas favorable à cette manière de voir. La section du nerf dorsal de la verge tir le cheval et le chien a, en effet, rendu l'érection impossible. En présence de es expériences, Legros se refuse à admettre la dilatation paralytique des vaiseaux comme cause de l'érection. Ayant jeté une ligature très-peu serrée sur eneii dorsal du pénis, il obtint l'érection, et il attribue ce phénomène aune lilatatiou active des vaisseaux artériels.

Quoi qu'il en soit, c'est surtout au point de vue de la circulation veineuse [ue nous devons ici nous occuper des organes érectiles. L'afflux de sang artéiel n'amène que la turgescence ; c'est l'obstacle au retour du sang veineux qui nroduit la rigidité.

On a pendant longtemps admis Ja compression des veines du tissu éreelile &r les muscles striés environnants; mais il est clair que la contraction de icux-ci ne peut être soutenue assez longtemps pour déterminer une érection ant soit jhîu prolongée ; ils ne peuvent donc contribuer qu'à la compléter et à a renforcer. Ou s'est alors adressé aux muscles lisses, soit à des muscles spéciaux, tels que le muscle péripénien décrit par Sappey sous la peau de la verge, »oit aux muscles des testicules qui, suivant P. Bérard, fermeraient les oiificcs fcs veines émergentes. Bœckel, enfin, a décrit dans les corps caverneux un méxnitme autoclave indépendant de la contractilité, et qui ferme les veines afférentes au moment d'un afflux subit de liquide. Les veines caverneuses traver- «nt obliquement l'albuginéc, et ce trajet oblique, d'après Bœckel, formerait ilvule quand le sang aiïluc dans les corps caverneux. Cette pseudo-valvule fesserait de fonctionner au moment où la tension du pénis diminue, et le sang jourrait alors reprendre son cours habituel. Nous renvoyons le lecteur au mot tacnoK, pour de plus amples détails.

Résumé. Cycle circulatoire. Après avoir suivi pas à pas la marche de la vtulation, il nous reste à l'embrasser dans son ensemble, et a montrer, dans v irai coup d'œil, comment s'accomplit le mouvement circulatoire du sang.

Pour mettre en évidence ce mouvement circulaire, dans l'un des appareils la grande ou de la petite circulation, Weber se servait d'un schéma auquel li a laissé son nom et qui est représenté par la figure 20. Cet appareil cousi>te m

rF^-

Fi g. 20. — Schéma de Weber.'

un tube élastique, recourbé sur lui-même «de manière à former un circuit complet, qu'on peut remplir de liquide au moyen de l'entonnoir e. Une partie C \\t ce tube, limitée par deux soupapes B et g qui s'ouvrent dans le même *•»>, correspond au cœur. Dans le point diamétralement opposé, en <\ est placé un tube de verre dans lequel une éponge est enfoncée avec force. C'est un obstacle opposé au trajet du liquide, devant lequel il exerce une résistance qui repiréuti1 celle que les vaisseaux capillaires opposent au cours du sang. Quand l'apparn! est rempli de liquide, si Ton exerce des pressions intermittentes sur la partie C qui représente le cœur, on chasse le liquide qui y est contenu et on le fait j»*ser en aa\ c'est-à-dire dans la portion du tube où le jeu des soupa|xs lui permet de s'introduire. Sous l'influence d'impulsions fréquemment n?|*teVs cette portion se distend et on voit le liquide y acquérir une pression con>i«l,;rable analogue à celle que nous avons étudiée dans les artères. Peu à peu 1cpouge c laisse passer le liquide de la partie artérielle aa! dans la partie u'iueu*' vv'. Ce passage se fait d'une manière continue, malgré l'intermittence des impulsions qu'où donne au liquide, et il y a analogie complète avec la régularité du cours du sang que nous avons constatée dans les petits vaisseaux. Dans I" deux cas, en effet, ce résultat est obtenu par l'effet de l'élasticité des conduis dans lesquels le liquide a circulé. Pendant le fonctionnement de l'appareil, h portion artérielle et la portion veineuse se trouveut inégalement remplies; » partie artérielle se distendant toujours aux dépens de la partie veineuse tjui * désemplit. C'est ainsi que les choses se passent sur l'animal vivant, la répk* liou du système artériel se lait aux dépens du contenu des veines. Eulin. <* peut constater que chaque impulsion donnée au liquide, par la conipressiou J« tube, eu C, communique a toute la colonne artérielle une pulsation aiiah^nte » celle que présentent les artères d'un animal vivant, et que cette impulsion *<• teint à l'extrémité de la partie artérielle, de sorte qu'elle manque entièreimol dans la portion veineuse. C'est là la reproduction du phénomène du/xw/i*

Dans le schéma de Weber, le cœur est réduit à une cavité contractile irf* tricule) munie de deux soupapes s'ouvrant dans la même direction. LW'Ilette, eu cilet, n'a qu'un rôle accessoire dans la fonction du cœur. Chameau* fait voir que, sur un cheval dont le cœur a été mis à nu, on peut, en irrita l'oreillette, épuiser pour un certain temps sa contractilité : elle reste ik> inerte, et cependant le ventricule continue à agir et a entretenir la circulai**1*

Malgré les preuves tirées de l'anatomie des animaux inférieurs chei le*qu«k l'oreillette manque quelquefois, et malgré l'ex|>érieuce de Chauveau, on ues** rail, en physiologie humaine, faire abstraction de l'ampoule auriculaire. C**

et une cavité contractile qui olîrc, comme lu ventricule, des mouve- . de resserrement ou de systole suivis d'un relâchement des fibres musis appelé diastole, et, ù chacun de ces temps cônes pondent des pheno- < tirs -importants ù considérer, aussi bien eu physiologie nu en pathologie, ■ry a (-Diistruit un schéma de la circulation plus complet que celui de -. Le cœur y est composé d'un veutricule et d'une oreillette; il reproduit luvenients de l'organe avec le jeu de ses valvules et les hruils i|ui l'accom- ' nt.

ci la description de cet appareil. Le cœur est unique et, comme il n'y a pas filiation pulmonaire, il est constitué par la réunion de l'oreillette droite au cule gauche (fig. 21). Une ampoule de caoutchouc 0 {l'oreillette) reçoit du le par nu tube Y.C qui représente les ■ caves. Celte ampoule communique iuivmeul par un tube Y. M avec une autre ule de caoutchouc V (le ventricule). Le V.M correspond à l'orifice auriculoculaire et est muni d'une valvule aile autant tpie possible la disposition valvule mitrale. Elle est formée par lit sac de taffetas gommé collé, par le ses laces, à la paroi intérieure du le verre. L'ouverture de ce sac est dîrii bas dans le tube V.M, de telle sorte ■[ le courant va de l'oreillette au vene, le sac s'alfaisse et laisse l'ouverture be presque entièrement libre. Mais si iirant est inverse, le sac se déploie, le au tube V.M par toute sa circonfé- , et le reflux du liquide vent lieu la ire ut avoir lieu dans l'oreillette. In autre A émane du ventricule et communique in gros conduit élastique, ramifié qui l'aorte et ses artères. Ce tube contient une valvule semblable à celle du .H, mais disposée en sens inverse. Elle joue donc le rôle des valvule» arté- : ou siginoidos, et empêche le retour du sang de l'aorte dans le ventricule. ir faire fonctionner cet appareil et imiter les systoles veulriculaires, Harey ■■ l'ampoule V dans un ballon de verre v v muni d'une tubulure latérale /> ipielte ou foule de l'air au moyen d'une poire de caoutchouc que l'on eom- ;i la main (vog. lig. 22j. Chaque l'ois que l'on serre la poire It, l'air est dans le ludion et produit une systole du ventricule qui fait fermer la e V.M, fait ouvrir la valvule Y. A et envoie une ondée daus les artères. te l'on cesse de comprimer ht poire, celle-ci reprend son volume et l'air 'laits le ballon en ressort. Eu même temps, le ventricule V se remplit de e par l'ouverture de la valvule V.M, et la valvule V.A ferme l'orifice arlé- Cu appliquant l'oreille sur ce schéma, ou entend des bruits identiques à lu cœur, ce qui confirme l'exactitude de la théorie qui assigne pour cuu-e fruits les clôtures alternatives des valvules du cœur, figure 21 représente une vue d'ensemble du schéma de Mare;. Ou y voit letle, le ventricule et les principaux trottes artériels. Les vaisseaux capil-

4M CIRCl'UTIOÏ.

laire* mhiI représentés par deslubcs effilés à l'extrémité des artères. A nupémtire de la figure, deux de tes tubes versent leur liquide dans ui noir K. l/cxtrémité des autres artères a élé lin.1, les deux litbes dont not du parler étant dès lors la seule voie par laquelle le liquide s'échappe de ou a donné à leur orifice d'éci un diamètre suffisant pour ipi 1ère* puissent se vider sansacqi tension trop forte.

Enfin, comme le système v pour principal rôle de ramener le sang qui a traversé les vaissca laires, le même résultat a élé a plaçant au-dessus de l'oreillell tounuir E muni d'un Inbe qui dans l'oreillette le liquide versorifices d'écoulement des artère L'appareil que nous venons il représente donc un circuit coui lequel le liquide se meut sans l'oreillette ou ventricule, de cel artères, des artères aux veine veines au cœur.

Vitesse générale de la cir Maintenant que nous connai cycle cardiaco-vasculaire et la dont s'y accomplit la progre sang, il Tant nous demander u la durée de la révolution cin Plusieurs procédés ont élé pour résoudre ce problème, e çoit, a priori, que la solution scr beaucoup à désirer. On sait combien d'influences diverses agir tant sur le cœur que sur vaisseaux, et il est clair que ce

v „ ,,"', "l j.»,„. ces reagiront sur la vitesse di

Vu* ilfamihU du «W«t cl» ■•iy; . . °

sanguin .

N«u* ne meHliomwu* que pour mémoire I» méthode qui consiste la vtlew inconnue d'une équation oit les données sont la quanlilê d rirenlatton, le débit du ventricule gauche, et la fréquence des balle etrar. tV sont la de» iacleurs trop variables pour qu'on puisse attache portanw aux dédnetion> qu'il* permeltetit de tirer.

le pi\«vdc de ll.riiu; c-l beaucoup plus précis. Pour délenuiner emploie |mi une uitdo ni. de viiu pour revenir à s<hi point de départ smIiy£i>iv * iniiWnii. >b»s la veine jugulaire d'un cheval, un liquide (du lemw» aiiure de pot*>»iuni dotil il r—mut apprécier l'arrivée dau lauv An «»>*v «ffm*r. t\**deuv \jiv*f*u\ itaii-al d'atarel ouverts: puis U wtutMM JWv« l un J'ev.\. ri ,«u iwxvail le îau; de l'autre dans des < i e»u»ye*U de uwq Mvvudc* eu ciaq «««des. Un essna

le ferro-cyauurc de chaque verre avec un sel de fer qui décelait la présence du liquide employé. Hering trouva ainsi que le sang met de vingt à trente secondes pour parcourir le cycle circulatoire.

Vierordt reprit les expériences de Hering en y apportant quelques perfectionnements, et il obtint les mêmes résultats que lui, chez le cheval. Sur le chien, la durée de la révolution circulatoire fut trouvée égale à quinze secondes ; sur le lapin, elle n'était plus que de dix secondes; enfin, Vierordt apprécie 4jue, chez l'homme, elle doit être d'environ vingt-trois secondes. Or le cœur de l'homme bat, m moyenne, vingt-sept fois eu vingt-trois secondes ; donc la durée d'une révolution sanguine est égale au temps pendant lequel le cœur accomplit vingtsept battements.

Si, au lieu d'opérer sur la veine jugulaire, on agit sur la veine crurale, on trouve qu'une molécule de sang met un peu plus de temps pour revenir à son point de départ. Dans le premier cas, la molécule considérée parcourt le cercle delà petite circulation, plus le trajet circulatoire de la tète ; dans le second cas, au même cercle de la petite circulation, s'ajoute le trajet vasculaire des membres inférieurs, qui est plus long que celui de la tète. Il résulte des expériences de Hering et de celles de Vierordt que la durée de la circulation augmente avec la longueur du trajet, mais qu'on ne peut néanmoins pas établir de rapport proportionnel entre ces deux quantités. Ces observateurs ont, de plus, trouvé qu'en général, la durée moyenne de la circulation était d'autant plus courte que le uombre des battements du cœur était plus fréquent.

Burdach, puis Matteucci, ont signalé une cause d'erreur à laquelle n'avaient pris garde ni Hering ni Vierordt. Ceux-ci ont introduit dans le sang une solution de ferro-cyauure de potassium ; mais ces deux liquides peuvent se mélanger, et il y aura nécessairement diffusion entre eux. Eu vertu de cette diffusion, le ferro-cyanure ne se comportera donc pas comme le ferait une molécule solide, de même densité que le sang, et qui l'accompagnerait dans sou parcours.

Longe t fait remarquer que la vitesse fournie par les expériences précédentes n'est pas la vitesse de toute la masse du sang et qu'elle n'en représente même pas la moyenne. En effet, une molécule qui part du cœur gauche peut prendre un grand nombre de voies différentes pour revenir au cœur droit, et le sang qui arrive le premier, chargé de ferro-cyauure de potassium, est évidemment celui quia parcouru le plus court chemin. C'est donc la vitesse générale maximum qu'ont trouvée Hering et Vierordt.

Blake s'est basé sur le temps qu'une substance toxique introduite dans le san£ met à se rendre du point où on la dépose au point où elle doit agir. H a pu évaluer ainsi la durée de la circulation dans plusieurs segments de l'appareil circulatoire; mais sa méthode est inférieure, a celles que nous venons de décrire et est passible d'objections plus sérieuses.

Klsation aiitkrielle ou Pouls. Il semble, au premier abord, que l'étude du pouls aurait du être rattachée à celle de la circulation artérielle. Mais si l'on *cul bien remarquer (pie le pouls peut être modifié, à plusieurs égards, par l'état de la circulation capillaire et de la circulation veineuse, ou comprendra qu'il ^t plus régulier, plus favorable à l'intelligence du sujet, de ne s'en occuper qu'après avoir parcouru la totalité du cercle circulatoire.

La pulsation artérielle considérée au point de vue clinique, dans l'état de sauté et dans l'état de maladie, avec les différences de fréquence, de force, de rhythme, luivaiit les âges, le sexe, etc., sera l'objet d'un article spécial (voy. Pools).

Mai* la tliéoric fin pouU, l'explication do son mécanisme, relève directemro de l'histoire de l;i circulation, le pouN étant, à vmi dire, une particularité de 1 circulation elle-même cl l'une des [dus importantes, aussi bien à l'état nurnu qu'à l'état pathologique. Il importe iioii-seulcinent de connaître la manière d<« le jkhjIh m- produit, m lis encore de savoir sous t[iielles influences le pool chaude de fréquence, de force, de caractère. Alors seulement le battement d'un artère poinra révéler l'état delà circulation vasculaire, de même que l'ausculb lion du comr, aidée d'une connaissance physiologique parfaite de ses motif* ment* et de ses bruits, révèle l'action de cet organe caché dans la poitrine.

Le poulx es! la sensation de soulèvement brusque que le doigt éprouve lorsqu palpe mie artère. Cette sensation est le résultat immédiat des changements qi mii \irnnriil dans la pression artérielle. Le vaisseau qui se laissait déprimer de\iei Kuhitcmcnt dur a chaque fois qu'une ondée est poussée par le ventricule dans système artériel.

Pour percevoir ces changements dans la dureté du vaisseau, autrement di ces changements de la tension artérielle, il faut que la pression du doigi substitue a la force élastique de la paroi de l'artère en la déprimant. Il est adm aujourd'hui que si le pouls est facile à percevoir à l'artère radiale, c'est unM[U' ment parée que cette artère repose sur un plan osseux résistant qui permet ; doigt de la déprimer aisément.

Si l'artère n'est pas dans le voisinage d'un plan osseux, nous ne pouvons p y percevoir la pulsation. Tous les chirurgiens professent que, dans la ligatn d'une artère au milieu des parties molles, il ne faut pas espérer que le jhh: révélera la position du vaisseau ; ou peut, dans ces conditions, le toucher si le reconnaître.

I1. Ilérard a formulé très-nettement cette manière de comprendre la produ lion du pouls; il a montré que la plupart des auteurs avaient mal saisi nature de ce phénomène, puisqu'ils le rattachaient, soit à un déplacement \ aisseau sous le doigt, soit au choc du sang contre les parois, soit enfin à dilatation de Tarière.

Les alternat i\ es de soulèvement et d'affaissement de la paroi artérielle sou? doigt qui la presse sont directement liées aux changements de la pression dan> vaisseau. Il \ aura donc un synchronisme parfait entre la sensation du poub le* mouvements d'ascension de la colonne d'un manomètre qui serait adaptt l'artère. On peut »'as<iuer de ce fait non-seulement en expérimentant sur animal \i\aul» inaisaus>i eu opérant sur l'appareil circulatoire artificiel refu mmiIo par la ligiuvjl. Il est donc éxtdcut que chaque fois que le doigt est soûl* par li pulsation, ce mouvement exprime qu'une systole du cœur lance uneoml sanguine dans le M^tème artériel, tandis que. dans le moment où le \aissv >'albixM\ le xcnhùulcot au rvjms et le sang contenu dans les artères $'éc<x |vu ,\ jvn «Lmx|cM\>tome \eiuenv.

|cn «luiwement^ philologiques qui peuvent survenir clans l'état de la eir» LiHon v*ni les v*ul> qui nous o*\ uporoni ici. Parmi les différents caractères • ponlv \\ s\\ «M phiMcurx. n.i iV^jnciKv. >u forme, sa régularité, qui jieuw ,ixx, > t „'ilem.-nt i'Iiv tvn^ïati-H |v.o le Joui. L'u^ise de la montre à secuiwJ pcutwl %\%\a \u\ M\i\ une o.uul cv^ïî1.j«K' \a fréquence du pouls ; c'est nwB \\s iou« v,v , .*).*« s? iw ,<s|,u q,i« e*î le plu> ûiiîe à observer. Mais les be*w %L% I* l< in.)ni ïov\h*jih* ne >e Km-.î» -ïï ai* à ta connaissance de ces pivmifl « >t^u\\^ Au )\mJv. low> h> p:«tK^v.> àimclUMit. eu outre, certaiucs uuawi

délicates de U pulsation, nuances qui sont plus difficiles à percevoir et qu'on a décrites sous des noms très-variés. Comment alors exprimer par des mots ces sensations que le doigt éprouve ? Comment s'assurer que deux observateurs différents perçoivent exactement la même impression ? Eu présence de toutes ces difficultés, les médecins ont senti depuis longtemps le besoin d'une mesure eiarle des différentes formes du pouls.

Étudions maintenant les différents caractères du pouls, tels qu'ils ont été mis ta évidence parles instruments de précision. On trouvera ces instruments décrits au mol Sphighoghaphe; nous exposerons seulement ici les résultats de leurs applications. Ou devra aussi consulter les articles cardiographe et lœur.

Phénomènes que I'Bêsbhte le pouls dans les différentes artères. Le sphygmographe de Marey est spécialement destiné à s'appliquer sur l'artère radiale. Ou petit, toutefois, l'appliquer à d'autres vaisseaux superficiels, comme l'artère pédieuse; mais si l'on veut explorer des artères profondes, l'aorte par exemple, il fiul recourir à d'autres procédés.

a. Pouls aortique. En introduisant dans l'aorte une sonde munie d'une impoule, taudis qu'une autre sonde est dans le ventricule gauche ivoy. caiidjouiphe), on obtieut simultanément les deux tracés représentés par la figure 23,

Le tracé supérieur, dans sa première partie, est celui du ventricule gauche. U tracé inférieur, dans toute son étendue, représente le pouls de l'aorte. H «ffil de retirer, à un moment donné, h sonde du ventricule pour que l'ampoule de cette sonde passe dans l'aortcet donne le pouls de ce vaisseau ; c'est ce qui

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lu Tf ntriculr gmeha et du pool* aortique recueilli*

* été fait (Gg. '25) au point a. Les deux ampoules se trouvent alors dans l'aorte 0 fournissent simultanément deui tracés parfaitement semblables.

U comparaison des deux moitiés du tracé n° 1 éclaire beaucoup la nature du pools aortique. Si l'on reconstruit, a partir de la deuxième portion du tracé, h courbe que donnerait l'appareil, en admettant que la sonde fut restée dans rfe Matricule, ou obtient le dessin qui est formé par une ligne ponctuée. On remarfjue alors que celte courbe et celle du pouls aortique présentent une partie coi» mci. ne. XVII. 23

mune bc% ce qui prouve qu'à cet instant le ventricule et l'aorte sont le lié d'une pressiou semblable.

A ce moment, en effet, les valvules sigmoïdes de l'aorte sont soulevées, < sorte qu'il y a communication complète entre le cœur et le système artériel. I là résulte cette similitude dans l'état des pressions cardiaque et aortique.

Cette communication ne saurait se produire qu'au moment où la valvule m traie fermée f jurnit un point d'appui à la pressiou du sang du ventricule poi ouvrir les valvules sig.hoïdes de l'aorte. De plus*, elle doit cesser au moment les valvules sigmoïdes se ferment, car alors le cœur et l'aorte forment dei cavités complètement indépendantes. On va voir que les choses se passent aio en réalité : I l'interprétation des deux petites ondulations b et c va nous en doom la preuve.

Examinons comparativement les tracés 1 et 2, afin déjuger du synchronise des différents phénomènes qui se passent dans k cœur et dans l'aorte. On w que la première systole du ventricule gauche a lieu au moment même où produit la petite ondulation b' (ligue 2), qui est elle-même identique it< l'ondulation b (ligne i) dont nous parlions tout à l'heure.

La systole vcntriculaire dure donc un certain temps avant d'acquérir le dej; d'énergie suffisant pour soulever les valvules sigmoïdes de l'aorte ; elle n'y pe arriver qu'après la clôture de la valvule mitrale, clôture qui se produit au point (ligne 1). Le soulèvement bf, qu'on observe dans le tracé de la pulsation, n'< donc que l'eflet d'un ébranlement imprimé aux valvules sigmoïdes de l'aorte, moment où la valvule mitrale se ferme. L'ouverture des val \u les aortique* i lieu que plus tard. Ou voit par là qu'il y a un retard entre le début de la co traction du ventricule et la pénétration du sang dans l'aorte. Ce retard, qui • sensiblement égal à uu dixième de seconde, est employé par le Teotriculi atteindre le degré de pression intérieure suffisant pour vaincre la pression sang de l'aorte.

La comparaison des deux tracés superposés nous montre aussi que le point (ligne 2), homologue du pointe (ligne I), est exactement synchrone avec point v' du tracé vcntriculaire. Or ce dernier est produit par la clôture de» * vules sigmoïdes de l'aorte. C'est donc au moment de cette clôture que se pi duit, dans le tracé du pouls aortique, le soulèvement c qui répond au mon* où le ventricule et l'aorte cessent de communiquer ensemble.

Les parties dissemblables, dans le tracé du ventricule et dans celui dupoi aortique, ne sont pas moins faciles à expliquer que la partie commune lit» entre les points b et c (ligne 1).

Dans le tracé de la pulsation, immédiatement après l'ondulation qui corn pond à la clôture des valvules sigmoïdes, la courbe s'abaisse lentement, ce c indique que le sang artériel emprisonné dans les vaisseaux ne s'écoule qu'a' lenteur à travers les voies capillaires. Pour le ventricule, au contraire, la coui tombe brusquement, car celle cavité, complètement relâchée, n'a plus à* intérieur qu'une pressiou très-basse ordinairement inférieure à «aéro.

Lorsqu'on veut comparer la hauteur à laquelle s'élève la pressiou dans l'aoi à celle qu'atteint la pression du sang dans le ventricule peudant sa coutradk la graduation du cardiographe fournit la solution de ce problème. Les mesm prises sur un grand nombre de chevaux mollirent que la pressiou maximum un peu plus faible pour l'aorte que pour le ventricule.

b. Pouls de la carotide et des différentes artères. Le pouls carutidi

peut s'obtenir, comme celui Je l'aorte, au moyen de la sonde cardiaque ; il lulGl de prendre une ampoule de petit volume el de ne l'enfoncer que jusqu'au point de la carotide dont on veut explorer les battements. Mais, pour les artères d'un petit volume, on est obligé d'employer un moyeu différent, car le calibre de ces vaisseaux ne se prête plus à l'introduction d'une ampoule. Voici le procédé auquel Chauvcau et Marcy ont eu recours.

Au lieu de plonger une ampoule élastique dans un vaisseau, ils ont l'ait arriver le sang du vaisseau à l'intérieur de cette ampoule, de sorte que ce sera son gonflement qui déplacera un certain volume d'air et fera mouvoir le levier du cardiographe. Cet instrument est celui que nous avons décrit plus baul sous te miuksiiliytjniusrofie (fig. 14).

Lorsqu'on app ique le sphygmoscope à la carotide d'un cheval et qu'on prend le tracé du pouls de ce vaisseau, on obtient une ligure identique avec celle que donne la sonde munie d'ampoule, introduite dans la carotide. Ce fait démontre que l'emploi du sphygmoscupe ne déforme en rien le tracé du pouls du vaisseau auquel il est appliqué, et que l'on peut, sans crainte d'erreur, comparer les indications que nous fournira cet instrument à celles déjà obtenues par d'autres procédés.

Maintenant que nous possédons un moyen d'enregistrer sur le cardiographe le pouls de dillércnles artères à la fois, il est important de connaître comment W transmet le mouvement du cœu r à la périphérie. Pour cela, on a pris simultanément les tracés : 1° de la contraction du ventricule gauche. '2° du pouls wrtique, el 7r du pouls de l'artère fémorale. La ligure 24 représente ces trois

Iww superposés de telle sorte qu'on puisse voir les rapports de succession du chacun de ces mouvements.

L'analyse d'un tracé de la pulsation aortique recueilli en même temps que le tracé du ventricule gauche, a déjà été faite ; nous n'avons pas à y revenir. Ce qu'il est important de signaler ici, c'est que la lorme du pouls, dans la fémorale, diflère totalement de celle du pouls aortique. De plus, [il y a un retard du [■nids de la fémorale sur celui de l'aorte.

45i CIRCULATION.

On a tu que le retard du pouls de l'aorte sur le début de la systole du Tenir cule gauche est du à ce que la systole ventriculaire n'acquiert pas, dès sou débu l'énergie suffisante pour soulever les valvules sigmoïdrs de l'aorte. Pour la féoii raie, le retard tient à une tout autre cause : il résulte de ce que la transmissio du mouvement des liquides dans les tubes élastiques met un certain temps s'accomplir. Quant au changement de forme que subit la pulsation, il tient ce que le sang, poussé dans les artères avec une certaine vitesse, exécute dau ces vaisseaux des oscillations multiples dout nous parlerons à propos du phéne mène du dicrotisme. Ici se produit, en raison de la densité du liquide, un elle identique avec celui que nous avons signalé dans l'emploi des manomètres, c'est à-diie des oscillations provenant de la vitesse acquise /lu liquide. C'est à ce oscillations que sont dues les ondulations nombreuses que présente le trac* d'une pulsation unique.

3° Fréquence du pouls. Pour compléter ce' qui est relatif à ce sujet, k lecteur se reportera à l'article Cœcr, où il est traité de la fréquence des batte ments du cœur. Ce sont là deux phénomènes qui s'accompagnent toujours, e les causes qui font varier le nombre des battemeuts du cœur agisseul inunédia tement sur la fréquence du pouls. Nous ne donnerons ici que les détails qii nous semblent indispensables.

Marcy a formulé ainsi la loi qui pr 'side à la fréquence du pouls : TouU choses égales du côté de l innervation du cozury la fréquence du pouls est t raison inverse de la pression artérielle»

Il y a un grand nombre de moyens de faire varier la pression artérielle, soi en pratiquant une saignée, soit eu faisaut varier l'attitude, de manière quel pesanteur facilite ou entrave le cours du sang dans les artères. On peut ausi comprimer des artères volumineuses et élever ainsi la pression artérielle e raisou des obstacles, ou encore agir sur les petits vaisseaux, de façon à les fair contracter ou à les relâcher dans une grande étendue de corps. Tous ces moyen permettent d'instituer des expériences qui démontrent la loi énoucée ci-dessus et ces expériences sont d'autant plus concluantes que, dans chacune d'elles, 1< cœur n'est pas influencé primitivement.

a. Influence de la saignée. Lorsque Haies appliqua le manomètre aux ar tères d'un cheval, il constata que la pression du sang daus ces vaisseaux décroi graduellement à mesure qu'on lait perdre du sang à l'animal, el il vit aussi que sous la même influence, le pouls s'accélère.

Depuis Haies, tous les physiologistes ont constaté le même fait» et les cliniciens l'ont observé sur l'homme comme résultat d'hémorrhagies considérables ou de saignées trop copieuses. Il faut toutefois observer qu'à la suite de l'hémorrhagie, on voit, daus certains cas, uu effet tout contraire se produire et k pouls perdre de sa fréquence. Cela se voit daus les cas ou il survient uu éul

Fig. 25.

nauséeux et une tendance à la syncope. 11 se produit alors, comme Ta si bien décrit J. limiter, une contraction des petits vaisseaux, qui retient le sang da* le système artériel et y relève la pression.

Marey a répété l'expérience de Ha'e? et est arrivé à des résultats semblables. Les deux tracés des ligures 25 et 26 donnent la forme et la fréquence du pouls avant et après la saignée. Pour la même longueur du tracé, il y a un plus grand nombre de pulsation dans la figure 26.

Fig. 26.

b. Influence de l'attitude. C'est un fait reconnu depuis longtemps par les physiologistes et les médecins, que la fréquence du pouls va toujours en augmentant à mesure que le sujet qu'on examine, en quittant la position horizontale, se rapproche davantage de l'altitude verticale.

Les influences de l'attitude sur la fréquence du pouls se rattachent à la loi dynamique que nous étudions. En effet, la pesanteur intervient dans le mouvement du sang et le modifie, tantôt en secondant Faction du cœur, tantôt en la contre-balançant. Quand une partie du corps est déclive, la pesanteur y accélère le courant artériel ; quand une partie est élevée, la pesanteur gène ce courant. Il ne faudrait pas croire que les effets de la pesanteur sur la circulation veineuse neutralisent exactement ceux qu'elle produit du côté des artères. Les veines, en effet, grâce à leurs valvules et à la contraction des muscles qui les environnent, trouvent une source particulière d'impulsion pour le retour centripète de leur sang; ainsi, elles ne subissent pas entièrement les influences défavorables de la pesanteur.

Le cœur étant situé environ à la réunion du tiers supérieur du corps avec les deux tiers inférieurs, il s'ensuit que la plus grande partie des vaisseaux artériels out, par rapport à lui, une direction descendante, lorsque nous sommes dans la station verticale. Ajoutons à cela que la direction descendante des membres thoraciques favorise le cours du sang à leur intérieur, eu les plaçant près- que tout entiers au-dessous du niveau du cœur. Dans toutes les autres attitudes, fe pesanteur agit moins favorablement pour la progression du sang dans les artères, de sorte que la pression artérielle générale devra être plus élevée.

On comprend doue facilement les rapports qui existent entre la fréquence du Pouls et l'attitude du sujet.

La position des bras qui peuvent être élevés ou abaissés sans que le corps se déplace produisent, en petit, un effet analogue à celui qu'amèneut les changements d'attitude de tout le corps. Sur plus de quarante expériences, Marey a trouvé une différence de deux à quatorze pulsations par minute, la plus grande fréquence s observant dans le cas où les bras étaient baissés.

La compression des troncs artériels volumineux, en augmentant la pression, diminue la fréquence des pulsations.

Si on applique le sphymographe sur la radiale d'un homme dont on fait comprimer les fémorales pendant la première moitié du tracé, cessant cette compression pendant la seconde moitié, on voit que la fréquence du pouls augmente dans ce dernier cas.

On connaît des agents qui ont pour action de resserrer les vaisseaux et d'autos qui les relâchent. Le froid appartient au premier groupe, la chaleur au second. Sous l'influence de ces deux agents, on doit donc voir la fréquence du

pouls varier : diminuer sous l'influence du froid, augmenter par l'action de la chaleur.

Qu'un sujet sain entre dans une étuve, la fréquence du pouls augmentera immédiatement. Fleury a étudié cette influence sur lui-même, et a vu qu'un séjour de trente-cinq minutes, dans une étuve chauffée à 48 degrés, avait porté son pouls à cent quarante-cinq pulsations par minute.

Ou trouve, dans les annales de la science, de nombreuses observations dans lesquelles la température supportée a été bien plus considérable ; ainsi des individus sont entrés dans des fours pendant que le pain y cuisait et ont pu y rester jusqu'à douze minutes. D'autres expérimentateurs out pu supporter, pendant assez longtemps, le séjour dans une étuve sèche chauffée à i 15 degrés et même plus. Dans ces cas, l'élévation du chilfre du pouls a été énorme ; presque toujours il dépassait deux cents pulsations par minute.

Les effets du froid sont tout inverses des précédents. Bence-Jones et Dickirwn ont étudié l'influence de la douche froide sur la fréquence du pouls; ils out vu que, par l'effet du refroidissement, le pouls peut tomber à cinquante pulsation* à la minute, pour se relever dès que le sujet reprend sa température normale.

Les variations de la température n'ont pas besoin d'être aussi intenses pour produire sur la fréquence du pouls des effets appréciables. Tout le monde a observé sur soi que la fréquence du pouls augmente en été, et qu'elle est plu* grande, même dans la saison froide, si nous nous tenons dans un appartement chauffé. Les voyageurs qui nous out donné les chiffres de la fréquence du pouls chez l'homme, sous différentes latitudes, nous apprennent tous que dans le pays chauds le pouls a uue grande fréquence; qu'il est, au contraire, plus rai? dans les pays froids.

La seule influence de vêtements plus ou moins chauds, quand on est plaer dans un milieu d'une température quelconque, produit dans la fréquence du pouls des variations assez considérables.

d. Influence du repos ou de l'activité musculaire. Quand on prend le tracé du pouls d'un sujet qui est calme, et qu'où le compare à celui qu'on obtient sur le même individu après qu'il a couru, monté un escalier, ou (ait quelque eiercice violent, on trouve dans la fréquence du pouls une différence notable, ainsi que dans sa force. Après l'exercice musculaire, la fréquence du pouls est IreV accrue; et, comme la circulation capillaire est tres-activée, que la chaleur de U peau est grande, on est porté à croire au premier abord que les forces qui président à la circulation «ont augmentées, c'est-à-dire que le coeur déploie pi* d'énergie que de coutume.

Pour Marey, le phénomène tient à une cause toute. différente. L'augmentatif de fréquence des battements du pouls est un effet de l'écoulement plus bàV du sang à travers les petits vaisseaux sous l'influence de la course.

Ou sait que lorsqu'un muscle agit, le sang le traverse avec plus de vitesse, soit qu'il y ait relâchement des vaisseaux, soit que l'action des muscles, fa»onsant le courant veineux, diminue les résistances au devant des capillaires. Quelle que soit la cause immédiate de celte accélération du mouvement du sang à Envers les vaisseaux, elle n'est pas contestable après les expériences qui ont eV faites sur ce point.

Ainsi donc, de deux choses l'une : ou bien la puissance du cœur s'est accn* primitivement sous l'influence de la course, et, grâce à cet accroissement, le saaç poussé avec force se fraye *on chemin avec plus de vitesse; ou bien les nissew

•lus perméables, offrant au sang un écoulement facile, laissent le cœur exéuter plus librement et plus précipitamment ses systoles. Les vivisections fourlis? en t un moyen certain pour trancher cette question ; ce moyen consiste à oesurer la tension artérielle à l'aide du manomètre dans ces deux étals opposes • le la circulation caractérisés l'un par la rareté, l'autre par la précipitation des battements du cœur.

En effet, dans la première hypothèse, c'est un excès d'impulsion qui fait ciru 1er le sang plus vite ; la tension doit donc être accrue. Dans la seconde, on ilevra trouver la tension diminuée par la plus grande facilité de l'écoulement, et c'est cette diminution même qui fait battre le cœur avec plus de vitesse. L'expérience a donné raison à la seconde hypothèse.

4° Force du pouls, La force du pouls consiste, à proprement parler, dans l'intensité de la sensation tactile que nous éprouvons en palpant une artère. Nous allons passer en revue successivement les différentes influences qui iont varier la force du pouls, et nous essayerons de faire ressortir le mode d'action de chacune d'elles, en nous basant toujours sur le contrôle expérimental qui seul permet de tirer des déductions rigoureuses. La condition qu'il nous sera le plus difficile de déterminer, c'est l'intensité de l'action du ventricule. Le jeu du cœur nous est, jusqu'ici, trop complètement caché chez l'homme vivant pour que nous puissions déterminer si les contractions sont fortes ou faibles ; l'intensité de la pulsation du cœur contre la poitrine n'est même pas un caractère auquel on puisse s'en rapporter pour apprécier l'énergie de sa systole. Nous laisserons donc de côté, toute In question qui est relative aux différences d'intensité de l'action du cœur, pour nous occuper exclusivement des influences qui ont leur point de départ dans la circulation artérielle et qui sont, comme on le Terra, les causes les plus fréquentes des variations dans la for< e du pouls.

a. Influence du volume de l'artère sur la force du pou h. Sur un grand nombre de sujets, il est facile de constater, en explorant le pouls compara* tivement aux deux artères radiales, que la pulsation a plus d'énergie d'un côté que de l'autre. Il est évident, tout d'abord, qu'on ne peut attribuer qu'à une influence locale cette différence dans l'énergie de battements artériels qui sont liés tous deux à une même action impulsive : la systole du ventricule gauche. En examinant ces sujets avec quelque soin, il est facile de voir que les deux radiales sont de volume inégal ; on sent d'ordinaire ces vaisseaux sons forme de cordons plus ou moins gros et plus ou moins durs roulant sous le doigt qui les palpe. Or, dans le cas d'inégalité du pouls aux deux artères radiales, ou peut constater que c'est l'artère la plus grosse qui fournit la pulsation la plus énergique. Certains cliniciens attachent une grande importance à l'exploration préalable du volume de l'artère avant de décider si le pouls est brt ou faible. Beau recommande particulièrement cette exploration et fait voir [lie, chez les chlorotiques, la faiblesse du pouls est très-souvent un effet de la wtitesse de l'artère radiale, qui est également étroite à droite et à gauche.

L'âge du sujet influe beaucoup sur le volume des artères : on sait que, chez es vieillards, elles sont ordinairement très-volumineuses. Cette artériectasie énile est liée aux changements anatomiques qui surviennent alors dans la tructure des artères. Chez les vieillards, ces vaisseaux perdent peu à peu leur lasticité; le cœur s'hypertrophie sous cette influence, pour des raisons que ious avons précédemment indiquées. Cette hypertrophie du ventricule semble, i son tour, être la cause de l'augmentation de la capacité du système artériel

qui, cédant à l'effort du sang poussé avec plus d'énergie, s'allonge et se dilate tout à la fois. Lorsque les vaisseaux ont subi cette dilatation sénile, le pools acquiert une force considérable; assurément l'hypertrophie du cœur doit entrer en ligne de compte pour la production de ces battements plus forts des artères, mais, ce que nous savons de l'influence du volume des vaisseaux sur la force du pouls nous montre que, dans ces cas, l'élargissement des artères doit agir pour une forte part dans la production de ce phénomène, Nous allons voir, en elfel, des cas plus simples dans lesquels le volume du vaisseau intervient seul pour modifier la force de la pulsation.

Outre l'état anatomique des artères qui peuvent être grosses ou petites dans tel ou tel point de l'économie, il existe pour chacune d'elles des variations de diamètre physiologiques, variations passagères cl qui tiennent à la présence d'une tunique contractile dans les parois de ces vaisseaux. On a déjà vu, à propos de la contractilité artérielle, que dans certaines conditions les vaisseaux se resserrent par la contraction active de leurs parois, tandis que, dans d'autres circonstances, ces parois se relâchent, de Sorte que les vaisseaux se laissent dilater par la pression du sang qu'ils contiennent. Ou peut, sous l'influence de simples changements dans la température, constater ces modifications du calibre des artères. La chaleur produit leur relâchement et augmente leur volume; le froid, au contraire, les resserre. Or l'intensité de la pulsation suit exactement les variations du volume des artères ; elle augmente et diminue avec lui.

Ces variations dans le volume des artères et les changements consécutifs dans la force du pouls peuvent être très-local isés. L'iuflamm ition d'un tissu s'accompagne, comme on le sait, d'un relâchement des vaisseaux ; cette atonie s'étend de proche en proche aux artères afférentes de la région malade ; ces artères, devenues plus larges, donnent des battements plus énergiques que de coutume. C'est ce qui arrive dans le panaris, lorsque les collatérales des doigts sont animées de pulsations violentes. C'est pour la même raison que l'artère faciale bat plus fortement que de coutume dans certaines affections dentaires, principalement dans la gingivite qui accompagne la pousse des dents de sagesse. Nous sentons alors le vaisseau du côté malade beaucoup plus volumineux que celui du côté sain. On pourrait multiplier à l'infini ces exemples, car les battements artériels s'exagèrent, en général, dans le voisinage de toute partie enflammée. Ces phénomènes ont été longtemps considérés comme le résultat d'une activité spéciale des vaisseaux dont les pulsations étaient plus fortes ; mais cette idée est erronée : les artères, en effet, ne battent que passivement et sous l'in* fluence de changements dans la pression du sang qu'elles contiennent.

Rien de plus facile que de démontrer la réalité de ces influences du volume du vaisseau sur la force du pouls, en reproduisant ces phénomènes au moyeu du schéma. Il suffit, en effet, de placer le spbygmographe sur deux tubes de volumes différents pour s'assurer que l'amplitude du tracé est d'autant plus considérable que le tube est plus volumineux, et cela, en conservant aux impulsions vcntriculaires des intensités parfaitement semblables. Le toucher tout seul permet également, dans ces conditions, de constater la différence de l'intensité des pulsations.

La raison physique de ces variations de la force du pouls suivant le volume du vaisseau est l'égale transmission de la pression dans les liquides. La fora avec laquelle un vaisseau soulève un corps qui le presse, est proportionnelle i l'étendue de la surface du vaisseau en contact avec ce corps. Plus le vaisseau

sera dilaté, plus cette surface sera grande et ce soulèvement puissant, b. Influence de la pression artériellesur la force du pouls. L'état de la pression artérielle toute seule suffit pour modifier la force du pouls, sans que, pour cela, le cœur ait besoin de modifier l'énergie de ses contractions. On sait que la pression artérielle est, en général, réglée par l'état de contraction ou de relâchement des vaisseaux capillaires ; que cette pression s'élève quand les petits vaisseaux sont contractés, et qu'elle s'abaisse quand les vaisseaux se relâchent. Or, c'est là que réside l'influence principale qui fait varier la force du pouls ; de sorte qu'on peut poser en principe que, dans la majorité des cas, la force du pouls nest point en rapport avee (énergie de la contraction ventriculaire, mais quelle est réglée par Vétat de la circulation dans les dernières ramifications du système artériel.

Les expériences faites sur les animaux, au moyen du manomètre, établissent le fait dont nous parlons ici ; il est même remarquable que cette relation de la force du pouls avec l'état de la pression artérielle ait été, pour ainsi dire, le premier fait constaté quand on appliqua un manomètre aux artères d'un animal, et qu'on n'en ait tiré aucune déduction relativement à la signification clinique de la force du pouls.

En 1774, Haies, appliquant son manomètre aux artères d'un cheval, remarqua que, sous l'influence de la saignée, en même temps que la colonne manomé trique s'abaisse et indique une pression moins élevée, l'amplitude des oscillations qui corre pondent au pouls augmente d'uue manière notable. La réciproque de cet effet a été signalée, de nos jours, par Cl. Bernard, qui, dans un grand nombre d'expériences faites sur les animaux au moyen de l'hémomètre de Magendie, fut frappé de voir que, si l'on élève la pression artérielle, on diminue Tiutensité de la pulsation. Marey, en opérant sur son schéma, a montré clairement que les changements de la pression artérielle se traduisent par des changements dans la force du pouls.

Supposons que, dans ce schéma, l'écoulement du liquide se fasse par des ajutages étroits, on sait déjà que la tension artérielle devra, dans ces conditions, être assez élevée. Donnons aux impulsions ventriculaires une force bien égale et des intervalles bien réguliers en les réglant sur les battements d'un métronome, puis, examinons les indications du manomètre compensateur appliqué à un vaisseau quelconque; nous voyons que la colonne des moyennes indique une pression élevée, ce qui résulte de l'étroitesse des voies d'écoulement. Quant à la colonne oscillante, elle indique des pulsations d'une médiocre amplitude : soit 3 centimètres de mercure. Remplaçons alors les ajutages d'écoulement par d'autres plus larges, et reprenons l'expérience en donnant aux impulsions ventriculaires la même force et le même rhythme que tout à l'heure. Si nous consultons alors le manomètre, nous voyous que la colonne des moyennes indique un abaissement considérable de la pression, abaissement d'autant plus grand que les ajutages d'écoulement ont un diamètre plus large. En même temps, la colonne oscillante indique des pulsations d'une plus grande intensité : elle oscille dans une longueur de 5 ou 6 centimètres, par exemple. Il est doue bien évident que les pulsations ont pris de l'énergie par suite du simple abaissement de la pression artérielle, puisque la force impulsive est restée la même dans les deux expériences.

Le doigt appliqué sur les tubes permet également de sentir la différence d'ineusité de la pulsation dans les deux cas ci-dessus énoncés ; enfin, le sphygmo-

graphe adapté à ces tubes donne des traces dont l'amplitude diffère notaUe ment.

La figure 27 représente, dans sa première moitié, le pouls sou» l'influent?

Fit. «■

de l;i tension élevée. La deuxième moitié représente le tracé du pools recueilli lorsque la tension était faible.

Si l'on veut bien se reporter aux tracés des figures 25 et 26, on verra, chnnn sujet auquel ou avait pratiqué une émission sanguine très-peu abondante, apf»raître un accroissement de l'intensilé du pouls après la saignée. Hais il nesiiffisail pas de constater ce fait ; Marey a cherché a déterminer la cause des àaagemenls d'irilensilé de la pulsation dans l'expérience précédente. L'emploie sphygmographu permettant de suivre à chaque instant ce qui se passe dam b pression artérielle, offre un mojen de saisir le mécanisme de ces changea»!' dans la -force du pouls.

Supposons d'abord le cas d'une pulsation unique. Le sptiygmograpbe est appliqué sur une des artères du schéma. L'appareil ne fonctionnant pas encore, b pression artérielle est nulle; le levier de l'instrument est à zéro. Qu'une impulsion veu tri eu la ire se produise brusquement, cette impulsion élève la preaû* artérielle, ce qui se traduit par,une ascension du levier ; puis, comme l'afflui cesse et que l'écoulement se produit seul, le levier redescend graduellement i zéro. Mais, dans celte dernire période de b pulsation, il peut arriver dm choses bien différentes, suivant que l'écoulement sera plus on moins facile. Si les voies d'écoulement sont larges, le levier retombera rapidement à zéro, cornu* dans la figure 28. Si au contraire l'écoulement est difficile, le levier ne retomber'

F.g. Si.

Fi(T. »

que d'une manière graduelle et lente, comme dans la ligure 29. Ces conditiov ne sauraient être réalisées que dans des expériences physiques ; elles correspeftdent au cas oii une pulsation unique se produit, de telle sorte que la terni* artérielle partant de zéro retombe à zéro sans être relevée par une imputai nouvelle. Mais, dans la circulation, les choses ne se passent pas ainsi; chaca* des pulsations n'a pas le temps de s'accomplir en entier avant l'arrivéed* h pulsation suivante; les pulsations sont pour ainsi dire sukintrnMe* .

Produisons donc une série de pulsations égales eu intensité et arrivant a i» intervalles égaux; puis examinons ce qui se passe si l'on a affaire, dans un cai,i une série de pulsations de l'espèce dont la figure 28 nous présente un type. *

l'autre cas, à une série de pulsations de la deuxième espèce, c'est-à-dire able à celte que représente la figure '29.

traces qu'on obtiendra dans l'un et l'autre cas seront bien différents, c on en peut juger par les deux figures 50 et 51 . Le tracé (fig. 29) est

par une succession de pulsations appartenant au premier type, c'est-à-dire ites sous l'influence d'un écoulement facile et dune faible tension. Le (fig. 31) est formé par des pulsations du deuxième type, c'est-à-dire dans

idilions de la forte tension et de l'écoulement difficile. On voit quelle jlec existe relativement à l'amplitude du pouls dans ces deux cas. 'on examine la ligne des marima, on voit qu'elle a peu varié, tandis que les minima s'est beaucoup abaissée. C'est là que réside la cause de l'auglion de l'amplitude du pouls. Est-il besoin d'expliquer comment s'est 1 cet abaissement? On voit tout de suite qu'il provient de la chute plus : du levier dans le cas d'écoulement facile.

jifluence de la durée de (intervalle qui précède vne pulsation sur la te celle-ci. Il arrive quelquefois que le pouls présente des irrégularités m rhythme, c'est-à-dire que tout à coup le cn?ur suspend ses battements it un instant. Dans ces cas, la pulsation qui suit immédiatement cette isionest beaucoup plus forte que toutes les autres. On e l porlé à admettre 'existence d'une contraction plus énergique, d'une sorte d'effort du coeur éparer le temps perdu. Mais il ne faut voir là qu'une conséquence natue l'abaissement de la lension artérielle pendant l'arrêt du cœur. La ligure ntre bien comment les choses se passent en réalilé.

Fif. 33.

racé est recueilli dans un cas d'intermittence nerveuse du pouls. On voit pouls était régulier de «en b; à ce moment, lecpur a suspendu ses bals pendant un temps plus bug que de coutume. En conséquence, l'écoudu sang ayant eu lieu pendant un temps plus long, la tension a baisse le pendant les autres intervalles et est descendue jusqu'en c. i\'cst-il pas dure) que la pulsation suivante, qui se trouve dans les conditions de la eiisiou artérielle que nous décrivions tout à l'heure, ail une intensité •nsidérable?

>eut s'assurer, à l'aide du schéma, que l'inégalité des intervalles

à elle toute seule, l'inégale intensité du pouls. 11 suffît, en faisant fonctionner l'instrument, de laisser, à un moment donné, un intervalle plus grand que I* autres. L'abaissement de la tension, pendant ce temps d'arrêt, donne une plus grande intensité à la pulsation suivante.

La figure 53 représente un tracé recueilli sur le schéma ; on y voit une intermittence après laquelle la pulsation est plus forte qu'auparavant.

Fig. 33.

d. Influence que la perméabilité du vaisseau, ou son obstruction au-dema du point observé, exercent sur la force du jxmls. Les changements de la pression artérielle peuvent être produits dune manière locale ; alors la force de la pulsation est modifiée seulement dans le vaisseau où se produisent ces changements de tension. Ainsi, lorsque le sphygmographe est appliqué sur l'artère radiale, et qu'on prend le tracé du pouls, si, au milieu de 1 expérience, on comprime l'artère radiale au-dessous de l'instrument, c'est-à-dire en aval du point observé par rapport au courant sanguin, on voit qu'immédiatement l'amplitude des pulsations est augmentée, et surtout que le niveau de la ligne d'ensemble s'est élevé. La figure 34 est produite dans ces circonstances.

Fig. 34.

La physique nous rend très-bien compte de ce qui s'est passé dans ce cas. On sait que, lorsqu'un courant liquide traverse un conduit, avec une certaiae vitesse, si un obstacle subit arrête l'écoulement, toute la force vive qui était acquise par cette vitesse se transforme immédiatement en pression latérale. Cerf sur ce principe qu'est basée la construction du bélier hydraulique. La mène chose arrive par rapport au mouvement du sang dans une artère : si l'on vient! empêcher le courant de se faire au-dessous du sphygmographe, la vitesse perdue par le liquide se transforme en pression latérale; or, comme le pouls est produit par cette pression même, il est augmenté dans sa force au toucher, et l'amplitude du tracé est augmentée également. Le même phénomène se produit à l'obstacle au cours du sang artériel se trouve dans les capillaires ou même datf les veines, comme il arrive quelquefois à l'état pathologique.

e. Influence de la nature du mouvement expanstf d'une artère sur rbtimà* de la sensation tactile fournie par le pouls. Lorsqu'au moyen du sphvgn* graphe on enregistre le pouls de certains sujets, on est étonné fort souvent de voir des pulsations que le doigt pouvait à peine sentir, se traduire par d» tracés d'une amplitude énorme, tandis que des pulsations que le toucher sentait assez nettement ont fourni des tracés d'une amplitude peu considérable.

Les deux figures 35 et 56 nous fournissent deux types de ces genres oppoifc de pulsations. La figure 35 représente le pouls d'un sujet chei lequel le doigt

sur Tarière ne percevait aucune pulsation. Ce trace est pris dans un cas ayant oblitéré l'artère humorale . le pouls se produisait alors par le sang dans le vaisseau à travers les anastomoses collatérales. La figure 36

Fig. 33.

Il lie dans un cas de péricardite aiguë ; bien que la pulsation eût peu ide, elle donnait au doigt la sensation d'un battement très-net. ne si différente de ces deux pulsations rend compte de l'illusion qui raitre si faible l'expansion de l'artère chez le premier malade. Nous e ce phénomène tient à une illusion du toucher, car il fallait bien que

Fig. 36.

lu premier malade eût 'une force réelle pour soulever aussi haut le

l'appareil. Ce genre d'illusion se retrouve, du reste, relativement à

e de sensations. On peut poser eu principe que tout changement d'in-

un phénomène quelconque est d'autant plus nettement perçu par nos

est plus brusque.

e avec laquelle le ressort du sphymographe presse sur le pouls influe sur l'amplitude de la pulsation.C'est pour cette raison que Marey a i ressort du sphymographe une vis de réglage, qui permet d'exercer re une pression plus ou moins forte. Lors donc qu'on enregistre le pouls :, il faut, par le tàtonnemant, chercher quelle est la pression qui doune son amplitude maximum. A égal volume du vaisseau, c'est l'état de la •térielle qui règle la pression qu'on devra donner au ressort. S'il faut de pression pour donner au pouls son amplitude maximum, c'est que t est forte ; s'il faut une faible pression, cela prouve que la tension artépeu élevée.

me du pouls. Le point du système artériel où l'on explore le pouls indifférent ; chaque artère a son poujs particulier. Il faut donc choisir la même artère. Or la meilleure semble être celle que de tout temps orée de préférence : l'artère radiale au poignet. mfications anciennes des formes du pouls ; leurs défectuosités. Quelle ce faut-il attacher à la classification adoptée par l'ancienne médecine? mt dire les désignations : pouls grand et petit, large et étroit, dur et \n et vide, vile et lent, serré, élevé, filiforme, formicanl, capricant ? etc. vitj et lent, qui paraissent correspondre daus les tracés au plus ou i rapidité de l'ascension du levier, out été confondus par quelques vec ceux de fréquent et rare. Les mots dur et mou ont été confondus t et vile. Sous ces désignations, certains médecins croient qu'on doit un état particulier de la pulsation elle-même ; d'autres pensent que ces apportent à l'apparence que le vaisseau présente sous le doigt qui l'ex-

462 tiiKCULATlOA.

plore : ce vaisseau, formant un cordon tantôt dur, tantôt mou, paraissant tantôt plein de sang, tantôt vide. Il y a dissidence complète. Mais ce n'est pas cela principalement qui doit Taire rejeter la méthode et les classifications anciennes daa> l'étude du pouls. En comparant entre eux des tracés recueillis sur des malade et sur des sujets sains, ou voit que la même forme de pouls peut se présentera l'état physiologique et dans certaines maladies. La conclusion est facile à tirer. C'est que dans l'un et dans l'autre cas, il y avait un état semblable de la circulation. L'ivresse et la fièvre typhoïde donnent au pouls le même caractère : c'est qu'il y a dans ces deux cas un trouble semblable de la fonction circulatoire ;c'e«t ce trouble qu'il faut déterminer. On est ainsi ramené à étudier les causes qui modifient la forme du pouls, non plus dans l'essence môme de la maladie, mù dans une iiilliiqncc toute locale agissant sur 1 appareil circulatoire. Ce serait tantôt un changement dans la manière dont le coeur se contracte ; tantôt une modification dans le diamètre et l'élasticité des artères; ailleurs un changement du» l'état des capillaires qui, relâches ou contractés, feraient varier la tension artérielle, et avec celle-ci la forme du pouls. Eu un mot, toutes les fois qu'un canoté re du pouls existe dans deux maladies différentes par leur essence, il existerait dans ces maladies une condition commune pour la circulation.

C'est donc la cause physique de chacune des formes du pouls qu'on dtm rechercher. Or, du moment que la forme du pouls se traduit par un tracé, la*uk manière d'analyser celte forme est de la soumettre à uue sorte d'étude géoo*- \ trique.

b. Différents éléments d'un tracé du pouls. Tout tracé sphygraographique * compose d'une série de courbes dont chacune correspond à un battemeut du pouls : ces courbes sont désignées sous le nom de pulsations. Chaque pulsation, à son tour, se compose de trois parties fondamentales : Y ascension, \v sommets \a descente. Chaque partie se trouve constituée : Tasceusiou par le début d*1 11* ilux du sang, le sommet par la durée de cet afflux, la descente par l'écoulemnil seul du sang qui sort du système artériel à travers les vaisseaux capillaires lw série de pulsations forme une ligure située sur uiw ligne sensiblement huriz'*tale. Kn elfel, comme on peut le voir en parcourant les spécimens du pouls. >i h" faisait passer une ligne par les sommets ou les bases de chacune des pulsation* cette ligne serait horizontale dans la | lupart des cas. On la désigne sous le im* de ligne d'ensemble des pulsations. Dans tous les ras, ou peut, sur un In*», prendre deux lignes d'ensemble, ceiLqui passerait parle sommet de cliaquc pulsation et celle qui passerait par sa base. C - qui frappe le plus lorsqu'on jet U b veux sur un tracé, c'est la ligne d'çiise ble, les a utres détails ne s'observent q« plus tard, cette ligne doit donc être étudiée avant tout.

i. Ligne d'ensemble du tracé des pu' salions. Lorsque la ligne d'eiisriuMt joint entre eux les sommets de toutes les pulsations d'un tracé, on conçoit qut *« •toutes ces pulsations sont égales, cette ligue sera parfaitement horizoutak, uu*^ qu'elle deviendra sinueuse, dès que les pulsations cesseront d'offrir une ptituk régularité.

Dans ces conditions, la ligue d'ensemble correspond aux maxima et h te»»* artérielle, niai > sa position ne saurait toutefois donner une idée de YéUlk la pression du sang. Kn effet, il faudrait avoir un point de repère auquel oo rapporterait le niveau de celle ligne; il faudrait avoir une ligne de zéro* afin d'apprécier L intervalle qui existe entre ce zéro et la pression existante. Mais si lesfAjf mographe ne peut pas donner une mesure absolue de la pression artérielle, il

ermet d'apprécier très-exactement Un variations que celle pression éprouve; il a donne, par conséquent, une mesure relative. Ainsi, quand l'instrument est fixé ur le poignet, s'il s'exerce une influence locale quelconque pour élever ou abaisser la pression du sang dans la radiale, la ligne d'ensemble s'élève ou s'abaisse

une manière correspondante.

Pour eu ciler un exemple, nous m eut ion lierons les effets de la pesanteur sur e cours du sang. On sait que si un membre est mis dans une position déclive, la pression du sang s'élève dans les artères de ce membre, et que si on le lient élevé, la pression baisse dans ces vaisseaux. Après avoir placé le sphygmograpbe sur la radiale cl commencé à enregistrer le pouls, tandis que le bras est placé horizontalement, si l'on élève subitement ce membre, on voit, dans la seconde partie du tracé, que la ligue d'ensemble s'est abaissée, indiquant parla une diminution de la pression sanguine, (Juand on abaisse le bras au-dessous de la posiliou horizontale, l'effet inverse se produit : daus ce cas, l'accroissement de la pression artérielle se tradui par une élévation du niveau de la ligiied'cusciulilc, Le trace suivant démontre ce fait d'une manière évidente. I.a figure T>7 cor-

respond à une expérience dans laquelle le bras, tenu horizon ta Iciueul d'abord te a en c, a été élevé pendant la seconde partie du tracé de b eu d. Si l'on expéïmente eu se servant du schéma, on peut reproduire le même phénomène. Sur a planche qui supporte l'appareil on articule un bras artificiel susceptible de 'rendre loules les attitudes ; ce bras loge dans nue gouttière les tubes qui corespondent à son système artériel ; le sphygmograplie est appliqué au point corespondan! à l'artère radiale. Si, pendant qu'où prend le tracé du pouls dans es conditions, ou l'ait varier l'attitude du bras, un voit se produire les effets que nus avons signalés tout à l'heure dans l'expérience faite suc le vivant. [I va daus a deux cas sim litude d'effet, comme il y avait similitude de cause.

On peut, de la même manière, s assurer des iuiluences que les différentes Uitudes du corps exercent sur la tension artérielle, eu laissant le bras i m mode et en donnant aux autres parties du corps toutes les positions possibles, insi, on voit que si l'on prend le pouls de la radiale gauche, la pression «ingénie quand ou élève le bras droil (lig. 3g). Une infinité d'autres expériences Eurent se faire pour prou ver que tout olwlarle au passage du sang dans un point

f.g. îs.

jelconque du système artériel élève la pression du sang daus toutes les autres tëres. Ainsi la compression des «trières fémorales élève le niveau de la ligne

d'en*emble du trac** de la radiale. Dans toutes les expériences de ce genre, il faut immobiliser avec grand soin le bras sur lequel on expérimente, car un déplacement du poignet serait une cause d'erreur.

Lorsque la ligne d'ensemble est obtenue eu joignant entre elles les parties inférieures de toutes les pulsations, elle correspond aux mininia de Ja tei)>ii>n artérielle. Ici encore on ne saurait avoir une idée de la valeur absolue de o* miuima, parce que le zéro de ta zraJualiou du tracé n'est pas connu, imi? toute variation qui survient à un m wneut donné dans les miuima de la pression se traduit par un abais^m-raî -Ae la ligue d'ensemble qui cesse d'être horizontale.

Un abaissement du am'Htam d'une pulsation indique que l'écoulement du sang à trader* le* captlitù** *V>t lait d'une manière plus complète; or, comme la perméabilité d~ irà«f iw change jamais d'une manière brusque, cet alui.sement de* mirûau ijitv* ^uère que dans le cas où la contraction du cœur* fait atten Ire f-l ^ jw^vmf r> que de coutume, et laisse à l'écoulement du «jw à trader* 1*> lap-lii--^ Ai< de temps pour s'accomplir. La figure 52 ivjuvseute au c**-i -'« ^iu*ï- ftius la plupart des cas les deux lignes subissent tlos

dé»iatijC*faMfc«^

\j2S raj-wms pias k«n de l'influence de la respiration.

S. pe.'j&* Âuonuio*. La période d'ascension du tracé correspond, comme

on'k si.:- 1 I'jAu ** *HN? dans le système artériel, sous l'influence de la >y*-

:.:■!- i: ':i^w- tile nom exprime, par sa l'orme, la manière dont le 5*11?!*-

L^.rf îli> j» ift-TV*, ce qui peut se faire d'une manière plus ou moins rapide.

Lir.-^ i* >"U Jau* '«s artères élève la pression dans ces vaisseaux ; fin?

et sia? * *« :^.»jotJ avec rapidité, plus la période d'ascension de Ja pulsation

«:*a :*•»*' ^e-uiome. Daus ces conditions, le tracé exprimera par une asewi-

au n»i--xuic ceiu* impulsion rapide des ondées sanguines. En effet, pendant le

:«fi?s ;r:*<t,Hirt que la tension artérielle mettra à atteindre son maximum.

le eiAiU'tucul de la plaque sur laquelle s'écrit la pulsation sera sensible-

S IV« tcv sanguine ne pénètre que lentement dans les artères, la pressa &jl sw^ »««* *vs ^«sseaux n'augmentera que d'une manière lente; l'a^aiw^ .-« svri *Kw Clique, car [vendant qu'elle s'effectuera, la plaque qui reçoit le traa * ck\uuiv«\i d'une certaine quautité. De la combinaison de ces deux mouvement* 1 tvttvudu uLures l'un à l'autre, résultera une ligne oblique. t

\a pivjcvtiou de cette asceusion sur la ligne des abscisses, autrement dit h I kt^ikMi *lm M* mesure sur cette ligne, à partir du début de l'ascension j:;- I «lit .tu p^'l »'»* ' * perpendiculaire abaissée du sommet de la pulsation, exprim r; ,hi ti«|»» Li *'"iv ' »'** rascensiou. Ou pourra donc comparer cette durée à u!!- SL* l\ ptilviliou tout entière ou de chacun de ses éléments.

l.< tciticalito et l'obliquité ne sont pas les deux seules formes qui appât li --a- \w*\\ \ la période d Wensnm de la pulsatiou ; on peut même dire que l'ijlili'pu-* nvl»li.;nv uV\i*te presque jamais; on rencontre, le plus souvent, une C"u:w *4\1 que Luc courbe est l'expression d'un mouvement varié; elle indique qu*k t,qk|vit »'»* '■* Mtc**o du iiiouveiuent du levier et de celui de la plaque duiiJ* A Juqn» notant. Toute espèce de mouvement peut donc s'analyser avec une ^i.uide luilile. et il est facile de comparer, daus différents cas, la nature A I \\\l\\ Au sm\£ daii< le* artères, aiitronient dit, le début de la systole des w* Ittvule*.

tension peut encore se faire d'une autre manière : elle peut être saccadée, dire brusque d'abord, puis lente. On prévoit déjà par quelle ligne se tran pareil mouvement ; ce sera une ligne d'abord verticale, puis oblique, ôt courbe, comme dans la figure 41. Cette forme du pouls ne s'observe t la radiale que dans les cas pathologiques.

ommet de la pulsation. On pourrait croire que le sommet delà puisait un point mathématique intermédiaire entre Y ascension et la descente, espoudaut à ce momeut très-court où l'afflux cesse de contre-balancer ?ment du sang. Il n'en est pas ainsi, et nous allons voir qu'il faut, dans s cas, assigner une étendue au sommet de la pulsation, la figure 39, on voit que l'ascension est suivie d'un temps d'arrêt dans

Fig. 39.

le levier reste fixe dès qu'il est arrivé au sommet de sa course. Il y a,

nsi dire, équilibre entre l'afflux et l'écoulement du sang. En effet, si

prédominait, le levier s'élèverait encore ; s'il s'arrêtait, comme l'écoulé-

travers les capillaires a toujours lieu, le levier commencerait à des-

à partir du sommet de l'ascension. Il faut donc, de toute nécessité, que,

it la partie horizontale, l'afflux du sang et son écoulement se compensent

manière parfaite, et qu'à chaque instant il entre dans les artères une

té de sang absolument égale à celle qui sort par les capillaires. Il est

ent évident que, dans'ce type du pouls, la durée de la période systoliaue

onge jusqu'à la fin de la ligne horizontale qui constitue le sommet.

ippeiie plateau cette forme du sommet de la pulsation. Ce plateau n'est

i général, séparé des périodes d'ascension et de descente par des angles

ifs que ceux qui sont représentés précédemment ; le plus souvent, il est

par des angles arrondis.

dateau peut n'être pas horizontal, cela arrive toutes les fois que l'afflux >ulemcut du sang artériel ne sont pas d'une égalité parfaite. Un plateau aut indique la prédominance de l'afflux sur l'écoulement; un plateau dant indique que c'est l'écoulement qui prédomine, «mimet peut être précédé d'une pointe très-aiguë (fig. 40) ; cette pointe

Fig. 40.

tnée par un mouvement très-brusque du levier, qui monte et descend en int presque dans le mémo trait ; ce mouvement est donc excessivement Il n'appartient pas toujours en propre à la pulsation, mais il peut être par la vitesse acquise du levier de l'appareil. Un pareil effet ne se proie dans le cas où le levier est soulevé avec une rapidité extrême ; aussi a-t-il tenu à conserver, dans son instrument, un certain poids au levier,

ikc. XVU. M

afin que cette projection puisse avoir lieu. En effet, c'est un excellent signe, très-précieux pour le diagnostic de certaines maladies du cœur. Si Ton damait trop de légèreté au levier, ce signe disparaîtrait, et Fou n'aurait plus dans l'ascension qu'une ligne verticale, ce qui s'observe dans un grand nombre de cas. La pointe que nous venons de décrire peut être le point culminant de la pulsation, mais aussi elle peut arriver avant le sommet, comme cela se voit dan*

Fig. 41.

le cas d'asceusion saccadée; elle occupe alors la fin de la partie verticale, et y forme un petit crochet, comme dans la figure 41.

$. Période de descente de la pulsation. Dès que l'ondée chassée par le ventricule a pénétré dans les artères, les valvules sigmoïdes de l'aorte se ferment derrière elle ; à partir de ce moment, jusqu'à la pulsatiou suivante, la pression baisse dans le système artériel. C'est cette période qui se traduit dans le traoé parla descente de la pulsation.

Plus la pression baissera vite, plus la ligne de descente sera oblique; oc conçoit donc que la direction de cette ligne doit fournir des renseignemeuts suu la facilité de l'écoulement du sang. Du reste, cette obliquité est intimeroen' liée à l'amplitude ainsi qu'à la fréquence du pouls, puisque en définitive la lign< de descente joint le sommet d'une pulsation à la base de la pulsation suivante Quant à la forme de cette ligne, elle fournira les renseignements les plus pré cieux. Cette forme est susceptible d'un nombre considérable de variation» tantôt c'est une ligne oblique pure, tantôt c'est une courbe analogue à celle qi* nous avons signalée pour l'ascension. D'autres fois, elle est formée d'ondulation multiples, comme si une série de petites pulsations artérielles se produisaient pendant le repos du cœur. C'est en effet ce qui a lieu et ce qui constitue k phénomène du dicrotisme, sur lequel nous aurons à nous expliquer. Ce pbeaf mène, qui n'est sensible au doigt que dans des cas très-rares, et seuleœeat quand il présente une extrême intensité, existe presque toujours à l'état ndimentaire. De plus, le nombre des pulsations secondaires, au lieu d'être bout à une ou deux, peut s'élever à quatre ou cinq dans certains cas, de telle sorte que le mot dicrotisme, pris dans le sens littéral, serait impropre, et qu'il y * rait avantage à lui substituer le mot rebondissement.

La période de descente présente à son début un rebondissement d'uoe natiR particulière qui tient immédiatement à la clôture des valvules sigmoïdes k l'aorte : ce phénomène, très-apparent dans le pouls de l'aorte et de la caroûfc, s'éteint peu à peu daus les artères qui sont plus éloignées du cœur. Cepeudatt dans certains cas, on l'observe jusque dans l'artère radiale. L'explication de * phénomène trouvera sa place, quand nous parlerons de la cause du reboodtf* ment ou dicrotisine du pouls.

c. Pouls relnmdissant ou dicrote. Ce type du pouls auquel les clinkSe* attachaient une grande importance, n'est point rare comme on le croyait, c'a* au contraire une forme à peu près constante de là pulsation artérielle pe»àW sa période de descente ; mais ce qui est rare, c'est que le rcbon&sfcmeut alto*

gne une intensité suffisante pour être perçu par le toucher; cela n'arrive que dans certaines maladies, particulièrement dans celles qui revêtent la forme dite typhoïde. En dehors de ces cas, le rebondissement est trop faible et échappe à notre toucher, comme cela arrive pour la plupart des autres caractères que nous avons déjà décrits à propos de la forme du pouls.

Une distinction importante que la palpation du pouls ne permet pas de faire, consiste à déterminer si le rebondissement a lieu dans la période de diastole du vaisseau .(ascension de la pulsation), ou bien dans sa période de systole (descente). Bouillaud enseigne avec raison que, dans certains cas d'insuffisance

Fig. 42.

aorlique, le pouls est dicrote; mais, dans cette affection, c'est à la période d'ascension (fig. 42) qu'appartient le rebondissement; ce phénomène est d'une tout autre nature que le rebondissement qui se produit dans la période de descente : c'est ce dernier qui constitue le dicrotisme proprement dit. Rien de

Fig. 43.

plus facile, au moyen du sphygmographe, que de déterminer à laquelle des deux périodes appartient le rebondissement. Les types des figures 42 et 43 montrent la différence qui existe entre ces deux espèces de rebondissement du pouls. On déterminera au mot pouls la valeur clinique du dicrotisme. Nous voulons seulement chercher ici comment le dicrotisme se produit (voy. Pools).

Il y a longtemps que l'auscultation a prouvé que le cœur ne se contracte qu'une fois pour produire les deux battements consécutifs du pouls dicrote. Ce fait démontré, les physiologistes s'ingénièrent à trouver en dehors du cœur la cause d'une impulsion nouvelle; ils crurent, un instant, la trouver dans une contraction des artères. La coutroctililé des artères est aujourd'hui bien démontrée : il était donc permis de supposer qu'une contraction de ces vaisseaux pouvait produire le phénomène du dicrotisme. Mais, d'abord, les contractions rhythmiqnea des artères n'ont jamais la fréquence des battements du cœur, elles ne sauraient donc produire, après chacun des battements de cet organe, une pulsation nouvelle. De plus, l'expérience suivante montre que le pouls dicrote se produit artificiellement sur un simple tube élastique, par conséquent hors de toute influence de la contractilité du vaisseau.

Qu'on adapte le sphygmographe sur le tube qui, dans le schéma de Harey, correspond à l'artère radiale, et qu'on fasse marcher la circulation avec une pression artérielle peu élevée, on obtient un très-beau spécimen de pouls dicrote. C'est qu'en effet le dicrotisme est un phénomène purement physique. 11 dépend d'une double cause : 1° de la vitesse acquise que prend la colonne liquide lancée dans les vaisseaux ; 2° de l'élasticité des vaisseaux qui fait osciller cette colonne liquide dans une direction alternativement centrifuge et centripète.

(tans le schéma, l'ondée lancée par le ventricule se porte vers la périf et, par suite de la vitesse acquise, abandonne les régions initiales de I pour distendre les extrémités du système artériel. Arrêtée en ce dernier par l'étroitesse des artères qui lui fait obstacle, elle reflue vers l'origu

l'aorte ; mais cette voie est fermée par les valvules sigmoïdes. Nouvel ob> nouveau reflux, et par suite nouvelle ondulation (ou rebo n disse mc-u t). l'est lations alternatives se produisent jusqu'à ce qu'une contraction du venir vienne y mellrc ftn en produisant une pulsation nouvelle.

Pour avoir une idée exacte de la manière dont se produit l'oscillation constitue le dicrolisme, il faut comparer la forme du pouls enregistré fois dans différentes artères. On a déjà vu que l'aorte fournit une puis d'une forme particulière dans laquelle le dicrolisme est ordinairement prononcé. La figure 24, qui renferme à la fois le pouls aortique (ligue 3l pouls de l'artère fémorale (ligne 3) montre que, dans la fémorale, le pouls sente un dicrolisme beaucoup plus prononce que dam l'aorte.

Si l'on compare (fig. 45; le pouls de l'aorte (ligne supérieure) à celui c faciale (ligne inférieure), on voit aussi que dans ce dernier vaisseau lu di tisme est beaucoup plus prononcé.

La conclusion qui ressort de ces deux faits est celle-ci ; le phénomène i cillation qui constitue lc^ dicrolisme se produit dans lus artères de la périaht

Ou comprend qu'il en suit ainsi , du moment où il est prouvé que le phénol» du dicrolisme est produit par l'oscillation de la colonne liquide logée dus artères. Cette oscillation, eu effet, exig<!, pour se produire, une impulsion pide du liquide cl une masse assez grande mise en mouvement. Or ces «M lions sont d'autant mieux réalisées qu'on a affaire à une artère plus long» plus volumineuse ; ou peut s'en assurer sur le schéma, eu adaptant à «lu des tubes de différentes longueurs : les tubes les plus longs août ceux dans ! quels le dicrolisme se produit au plus haut degré. Il est donc bien établi que la colonne sanguine oscille dans les artères,

que c'est à ces mouvements alternatifs qu'est due la production du pouls dicrote.

Ce que nous venons de dire fait déjà prévoir que les rebondissements seront d'autant plus forts que la pulsation primitive sera plus brève. Eu effet, puisque la colonne sanguine se porte à la périphérie par suite d'une vitesse acquise, il faut donc qu'elle soit sortie du cœur avec assez de rapidité, sans quoi elle n'aurait que peu de tendance à s'élancer vers la périphérie du corps. Or rien de plus facile que

Fig. 46.

de reconnaître, à l'inspection d'un tracé, si l'ondée sanguine a pénétré dans les artères d'une manière rapide ou lente; on sait déjà comment cela se déduit de la forme de l'ascencion du tracé. On peut donc prévoir, à l'avance, si une pulsation offre une ascension oblique, c'est-à-dire si l'arrivée du sang dans les artères ne se fait que d'une manière lente, qu'il n'y aura pas de dicrotisme (fig. 46) tandis que si cette ascension est brusque, le dicrotisme pourra être très-prononcé (fig. 47).

Fig. 47.

L'influence qu'exerce l'élasticité plus ou moins grande des artères sur le rebondissement du pouls est encore une de celles que la théorie pouvait faire prévoir. En effet, quand l'ondée sanguine animée d'une grande vitesse se porte dans les vaisseaux de la périphérie, si elle rencontre des parois dépourvues d'élasticité, sa force se détruit en grande partie contre cet obstacle, et il ne reste plus qu'une faible tendance au reflux, parce que les vaisseaux se sont peu laissé dilater. Hais, si les artères sont très-élastiques, elles cèdent à l'effort du sang, se laissent distendre par lui, puis, quand la vitesse acquise est épuisée, elles réagissent et produisent, le reflux. Cela peut se vérifier par les expériences sur le schéma. 11 suffit d'employer comparativement des tubes très-élastiques et d'autres qui le soient très-peu, et cela en donnant aux impulsions des intensités parfaitement semblables ; on voit alors que le dicrotisme est fort si les tubes sont très-élastiques et faible s'ils le sont peu.

La pathologie confirme ce principe en montrant que, chez les vieillards, où les vaisseaux ont perdu leur élasticité, le dicrotisme est toujours très-peu sensible, tandis qu'il est très-prononcé chez les jeunes sujets. Enfin on verra, à propos des formes pathologiques du pouls, que les maladies dans lesquelles le dicrotisme atteint son plus haut degré, la fièvre typhoïde par exemple, présentent une augmentation de l'élasticité artérielle, parce que la coutractilité des artères, presque entièrement supprimée dans ces maladies, ne vient plus îeutraliser, comme à l'état normal, une partie de l'élasticité de ces vaisseaux. Ou commit l'influence considérable que la pression artérielle exerce sur la uanière dont se produit la systole du ventricule et par conséquent sur la vitesse dus ou moins grande avec laquelle le sang" passe du cœur dans les artères. Nous

avons dit également que la vitesse avec laquelle le sang est lancé dans les est la cause première du dicrotisme. Il faut donc conclure que l'état de I sion artérielle exerce sur la forme du pouls une grande influence en doi la systole ventriculaire une rapidité plus ou moins grande. La faible f artérielle s'accompagnera d'un dicrotisme prononcé. La forte pression ai sera caractérisée par un faible dicrotisme.

En outre, comme le système artériel, à mesure qu'il est plus distendu, de moins en mpins extensible, rabaissement de la pression artérielle, augn l'élasticité des vaisseaux, sera encore, à ce nouveau point de vue» favori production du dicrotisme.

La saignée fait, comme on te sait, baisser la pression artérielle. Les fig et 26 représentent le pouls d'un homme qu'on avait jugé pléthorique et on pratiqua une saignée d'environ 400 grammes. Le tracé 25 est pris im tement avant l'émission sanguine ; le tracé 26 est obtenu immédia temer qu'on eut pratiqué la saignée.

Quoique la quantité de sang retirée au malade ait été peu considéra voyait déjà les effets de l'abaissement de la tension se produire chez cet ï Le pouls présentait un dicrotisme plus prononcé.

Beaucoup d'autres conditions font varier le dicrotisme ; mais nous ï vons ici nous étendre davantage sur ce sujet.

6° Influence de la respiration sur le pouls. Lorsque, sur un animal on introduit un manomètre dans une artère voisine du thorax, on voit colonne de mercure est animée de deux sortes de mouvements : les un

stitués par des oscillations petite quentes, correspondent aux batt du cœur; les autres, formés | oscillalious plus grandes et plu dépendent de la respiration.

F. tô Ludwig, qui imagina dem-

ies oscillations du manomètre, ol tracé dans lequel ces deux ordres d'oscillations sont représentés. La û$ fait bien comprendre comment se combinent les deux influences du cœt poumon sur le mouvement du sang.

L'explication que Ludwig donna de ce phénomène était la suivante : L vements respiratoires exercent sur le système artériel une influence ans celle qui a été signalée pour les veines ; de telle sorte que la pression ai baisse par l'appel du sang qui se fait vers le thorax à chaque inspiratu s'élève, au contraire, quand l'expiration tend à pousser le sang artériel vaisseaux de la périphérie.

En expérimentant, a l'aide de son sphymographc, Vierordt arriva à clusion inverse et admit que c'est dans l'inspiration que le sang est pou le plus de force vers la périphérie.

Heinbrodt, dans des expériences faites sur les animaux, trouva que mouvements respiratoires sont amples et prolongés, l'inspiration s'aoco d'abord d'un abaissement de la pression artérielle, puis d'une élévation pression, tandis que, dans l'expiration, la pression du sang monte d*i s'abaisse à la fin. On voit donc que les opinions émises, relativement à que la respiration exerce sur la circulation artérielle, se contredisent en d'une manière à peu près complète.

Marey, 2 son tour, essaya d'étudier l'influence qu'exerce la respiration sur le pouls, d'après les indications du sphygmographe. Ce sujet méritait d'autant plus l'attention que, dans un grand nombre de maladies où il existe de la dyspnée, le tracé du pouls présente des caractères tout particuliers qui prennent une grande valeur lorsqu'on en comprend bien le mode de production. Marey étudia successivement l'influence que les mouvements respiratoires exercent sur la ligne d'ensemble du tracé; les changements que les mouvements respiratoires «ercent sur la fréquence du pouls; enfin, les modifications que subit, sous ces influences, la forme des pulsations.

t. Influence des mouvement» respiratoires sur la ligne d'ensemble du trace'. Comme l'action aspirante et foulante que le thorax exerce sur le sang va toujours en «'éteignant à mesure qu'on observe des vaisseaux plus éloignés de la poitrine, il en résulte que la pression du sang dans l'artère radiale est presque entièrement soustraite aux influences respiratoires, quand celles-ci n'ont qu'une énergie modérée. On peut s'en convaincre en examinant les tracés du pouls que nous avons déjà représentés. Dans la plupart d'entre eux, la ligne d'ensemble est sensiblement horizontale, ce qui prouve que la tension moyenne de l'artère radiale n'a pas varié d'une manière appréciable. Hais si, au lieu de respirer normalement, on fait des mouvements d'inspiration et d'expiration d'une grande amplitude, ou bien si l'on fait obstacle au libre passage de l'air dini les voies respiratoires, immédiatement la ligne d'ensemble du tracé devient onduleuse, c'est-à-dire que la pression moyenne du sang dans la radiale s'élève et s'abaisse indépendamment des variations qui tiennent aux «ml racorni du cœur et qui constituent tes pulsations. Les ondulations qui se produisent •lors sont de marne nature que celles que la figure 48 représente et que Ludwig «signalées le premier.

Si l'on veut déterminer à quel moment la tension s'élève, et savoir si c'est pendant l'expiration ou pendant l'inspiration, la question devient plus complexe, car les choses se passent différemment suivant la manière dont ou respire. Lorsqu'on tient In bourbe fermée et qu'on ferme égale m eu I l'une des narines,

Fig. 19.

de façon que l'air pénètre difficilement dans les voies respiratoires et qu'il en sorte avec une égale difficulté, on voit la liyne d'ensemble s'abaisser dan* f tnspiration et s'élever dans l'erpiration (fig. 49).

Si l'on respire largement, la bouche ouverte, de façon que l'air passe et repasse librement à travers les voies respiratoires, on a l'etfet inverse : la ligne d'ensemble s'élève dans l'inspiration et s'abaisse dans l'expiration, comme cela se voit sur la figure 50.

Comment ces deux manières de respirer produisent-elles des effets totalement opposés? C'est ce que nous allons chercher à interpréter d'après les notions physiologiques que l'ou possède relativement au 'mécanisme de la respiration.

11 est évident que les changements qui se passent dans la tension des artères

pendant les mouvements respiratoires tiennent à des variations dans h pression qu 'éprouvent, à leur surface extérieure, l'aorte et les gros vaisseaux contenu* dans le thorax et dans l'abdomen. Quand l'aorte est comprimée, le sang quelle contient est refoulé dans les artères de la périphérie où il dlèvc la pression. Si

F ig. 50.

l'on doutait de la réalité de ce fait, on pourrait facilement s'en convaincre par l'expérience suivante :

Un individu étant couchéjsur le dos/on applique le sphygmographe à sandale et l'on prend le tracé du pouls. Pendant que l'instrument est en marche, si l'on comprime l'abdomen du sujet, aussitôt la ligne d'ensemble, du tracé s'élève : ce qui indique que le sang de l'aorte a été refoulé dans les vaisseaux de la périphérie. Si l'on cesse la compression, le sang reflue dans l'aorte, et la ligne de&semble du tracé s'abaisse.

La même chose doit donc se passer lorsque les mouvements respiratoires augmentent ou diminuent la pression autour de l'aorte, soit dans la poitrine, soit dans l'abdomen. Hais les effets que la respiration produit du côté du thorax sort exactement inverses de ceux qui se passent dans l'abdomen. Quand la poitrine est le siège d'une aspiration, il existe dans l'abdomen une compression, et foi va voir que, suivant que ce sont les influences thoraciques, ou bien que ce soûl les influences abdominales qui prédominent, les effets delà respiration surk pouls sont tout à fait inverses.

Dans le thorax, l'agrandissement delà cavité, au moment de l'inspiration, donne naissance à un vide que l'air extérieur vient aussitôt combler en se précipita dans les voies respiratoires, Si la pénétration de l'air est facile, l'aspiration e*t peu énergique, parce que le vide est comblé, pour ainsi dire, à mesure qu'il se forme. Mais si la rentrée de l'air ne se fait que difficilement, l'aspiration tborv cique devient beaucoup plus intense. C'est dans ces circonstances que l'on voit leespaces intercostaux s'affaisser, les creux sus-claviculaires se déprimer, attestant l'énergie de l'aspiration intérieure. Dans ces conditions, le sang des artères tleb périphérie reflue en partie dans l'aorte thoracique, qui est dilatée comme le «ml les vaisseaux au-dessous d'une ventouse. Aussi, devra-t-on voir la pression moyenne baisser dans les artères des membres ; c'est en effet ce qui a lieu. Dans l'expiration, l'inverse se produit. L'air ne peut s'échapper assez vite sous l'influence deU rétractilité du poumon ; les muscles expirateurs viennent seconder l'élasticité pulmonaire pour expulser l'air au dehors. Alors, l'aorte thoracique, au lieu d'èut dans un vide virtuel, comme cela arrive dans les conditions normales, se troute au contraire comprimée à sa surface et chasse du sang dans les artères périphériques.

En même temps que ces phénomènes se produisent dans le thorax, voyons ce qui a lieu dans l'abdomen. Lorsque, dans une inspiration, le diaphragme s'abattie et agrandit la cage thoracique, il vient au contraire rétrécir la cavité abdominale: il déprime les viscères, et ceux-ci tendent à repousser en tous sens les paroi* da ventre qui se durcissent et accusent une pression intérieure augmentée. Dm»

l'expiration, le diaphragme remonte et les parois abdominales cessent d'être «issi tendues. Pendant ces alternatives de pression augmentée et diminuée dans l'abdomen, l'aorte abdominale subit des pressions variables comme celles que mus venonsde signaler pour l'aorte thoracique; seulement les variations sont le sens inverse. Au moment de l'inspiration, l'aorte abdominale est comprimée :t la pression augmente dans les artères qui en émanent ; au moment de l'expiation, il se fait un reÛux du sang vers cette aorte qui est soumise à une pression □oindre.

Il n'est pas besoin d'insister plus longuement sur ce mécanisme pour faire vmarquer que, dans l'état normal, les influences de la respiration surlemouvcnenl du sang artériel sont faibles, et que, de plus, les influences thoraeiques et ibdominales agissant en sens inverse les unes des autres, doivent se neutraliser . u grande partie. Mais si nous sortons des conditions physiologiques de la respiation, nous pouvons faire prédominer l'une de ces actions sur l'autre; nous nouons, par exemple, augmenter les influences thoracique» toutes seules, ou bien es influences abdominales. Alors, les effets des mouvements respiratoires sur le »urs du sang artériel deviendront sensibles, même sur un v. isseau éloigné des entres comme l'artère radiale. Toute gène au passage de l'air à travers les voies espiratojres augmente les iiiQueuces thoraciques et produit, eu conséquence, 'ascension de la ligne d'ensemble du tracé pendant l'expiration, sa descente •autant Finspiration. Cet effet s'observe lorsqu'on respire par une seule narine, "ouïe gêne à l'amplialion de l'abdomen produira l'effet inverse : l'ascension de igné d'ensemble au moment de l'inspiration, sa descente pendant l'expiration. I suffit en général de tenir la bouche ouverte, et de faire des mouvements respiateires d'une grande ampleur, pour voir les inlluences abdominales devenir prélominanles.

La connaissance des influences de la respiration sur le pouls est féconde en appliquons pour le diagnostic clinique. Ainsi, par l'examen du tracé de l'instrument, aodis que la main, placée sur le thorax, explore le rhytbme de la respiration, «i peut reconnaître, dans un cas de dyspnée, quel est le siège de l'obstacle aux nniivemenls respiratoires, et distinguer les cas où In dyspnée tient a la difficulté

le l'introduction de l'air dans les bronches, de ceux ou elle est produite par 'impossibilité ou la gêne des mouvements du diaphragme.

La toux est une expiration brusque précédée d'un effort avec occlusion de la [lotte. Elle agit comme l'action respiratoire thoracique et fait brusquement mouer la pression artérielle (hg. 51).

Le hoquet est une inspiration convulsive ; il aspire dans la poitrine le sang rtériel et fait brusquement baisser la pression dans les artères périphériques Sg. 52».

b. Influence des mouvements respiratoires sur la fréquence du pouls. L'inliration et l'expiration font varier la fréquence des battements du cœur, sur- «i I lorsqu'il y a difficulté du passage del'air daus les voies respiratoires. On voit,

dans ces cas, la fréquence des battements du cœur augmenter dans l'expiration et diminuer dans l'inspiration. La figure 53 montre cet effet, que l'on rttrotnen plus prononcé dans la figure 54.

Marey pense qu'on doit expliquer ces variations de la fréquence des battcsaeaU du cœur par l'action alternativement favorable et défavorable que la pressioi intra-thoracique exerce sur les systoles du ventricule. Pendant l'expiration, b pression est augmentée dans le thorax, ou tout au moins le vide qui y existent

Fig. 52.

diminué ; dès lors le cœur a'plus de facilité à se contracter, puisqu'il est seconde par une pression extérieure. Pendant l'inspiration, le vide thoracique augmenté lutte plus ou moins énergiquement contre la systole vei triculaire. Or nous arc» montré comment le cœur règle le nombre de ses contractions sur les résistai»* qu'il doit surmonter. Il serait peu philosophique d'admettre que les pressions et les aspirations qui s'exercent sur la surface extérieure du cœur n'influencent pis l'action de cet organe, comme le font les variations de la pression du sang pi agissent sur sa surface intérieure. C'est comme si l'on disait que les mouvement! respiratoires qui sont entravés par les obstacles au libre passage de l'air dans les bronches, ne le sont pas également par des forces appliquées à l'extérieur de h cage thoracique, forces qui tendraient à comprimer la poitrine ou à la dilater.

S'il suffit de mouvements respiratoires un peu amples pour produire des «nations notables dans les caractères du pouls, ces variations seront encore bien pas accusées dans le cas d'effort d'inspiration ou d'expiration, c'est-à-dire lorsque* glotte fermée, empêchant absolument le passage de l'air, exagérera les aspirations et les compressions qui se produisent' dans le thorax. Nous allons étudier cet ordre d'influence de la respiration sur le pouls.

c. Influence de Y effort sur les caractères du pouls. L'effort, tel qu'on k comprend en physiologie, consiste en une tendance énergique à l'expiration, tandis que la glotte fermée empêche cette expiration de se produire» Dans ces cas* ditions, les parois de l'abdomen se tendent fortement etsoulèveut le diaphragme; en même temps, les muscles expirateurs thoracique» et abdominaux se contractent puissamment. Tout concourt donc, dans ces circonstances, à comprimer le cœur et les vaisseaux contenus dans les cavités splanchniques. Il en résulte &* modifications de la circulation veineuse et de la circulation artérielle; ce susl ces dernières seulement que nous avons à étudier.

Qu'on ferme la glotte et qu'on fasse un violent effort, on voit aiansjaèt le trace du sphygmographe s'élever (fig. 51) d'autant plus haut que l'effort eet|fchas considérable, puis s'abaisser au moment où l'effort est terminé, et ae relever ensuite graduellement.

Au lieu de fermer la glotte, on peut fermer les narines avec la main et adapter a la bouche un manomètre qui montre à quel degré s'élève la compression i* l'air contenu dans le poumon pendant l'effort, Dans cette expérience, on obtient parfois une pression de 12 à 14 centimètres de mercure à l'intérieur des voies aériennes.

m voit que les effets de l'effort ne sont, en définitive, que l'exagération de ceux produit une expiration lorsque l'issue de l'air à travers la glotte est gênée, i s'accorde parfaitement avec la théorie que nous avons donnée précédemment [ui montre que la compression de l'aorte élève la -pression moyenne (et par séquent la ligne d'ensemble du tracé) dans les artères périphériques, tandis , lorsque cette compression est supprimée, il se produit un reflux du sang i les cavités splauchniques et un abaissement de la pression artérielle.

Fig. 53.

Hais les influences de l'effort sur le pouls netse bornent pas à faire varier la ne d'ensemble, c'est-à-dire la pression moyenne du sang dans les artères ; elles it aussi changer la forme et la fréquence du pouls.

Le pouls, au moment où l'effort a élevé la pression de la radiale, devient fortemi dicrote ; plus on maintient longtemps l'effort, plus ce dlcrolisme devient ononcé. Cela doit s'expliquer d'abord par la moindre répléUou de l'aorte qui,

conséquence, devient plus élastique, et de plus, par le volume inoindre des dées lancées par le ventricule. Eu effet, pendant l'effort, la rentrée du sang us la poitrine est entravée par la pression considérable qui règne dans cette tilé. Dès lors, le sang veineux revient moins abondamment au cœur droit ; lui-ci eu envoie moins au poumon, et enfin il en revient moins du poumon au cor. De là doit nécessairement résulter un moindre volume des ondées veniculaires gauches et, par suite, ces ondées sont envoyées avec plus de vitesse,

qui est une condition favorable au dicrotisme.

Cette idée est confirmée encore par cet autre lait, que, lorsqu'on a cessé l'efrt, les pulsations continuent à être très-petites pendant les premiers instants ojf. fig. 54). En effet, pour que le ventricule reçoive du sang en abondance et lisse en envoyer des quantités considérables à chaque systole, il faut que le

■g veineux qui rentre abondamment dans la poitrine an moment où l'effort m, ait le temps de traverser le cœur droit, le poumon et les veines pulmoires, de revenir enfin au coeur gauche et d'y couler asseï abondamment pour

fournir des ondées volumineuses. Il faut, en général, 6 à 7 pulsations pour que le sang ait accompli ce parcours, mais alors il est versé au cœur gauche plis abondamment que de coutume, à cause de l'accumulation qui s'est faite dans le veines; aussi l'on voit les pulsations devenir plus fortes et leur |>criode systolkjut avoir plus de durée qu'à l'état normal.

Nous savons que, dans les circonstances ordinaires, la forte pression dans le artères correspond à un obstacle au cours du sang, et que, par suite, elle s'aoconpague de ralentissement des battements du cœur. Pendant l'effort d'expiratûa. la pression est augmentée dans la radiale, comme l'indique la hauteur du tracé. Pourquoi n'y a-t-il pas diminution de la fréquence du pouls ? Pourquoi cette fréquence est-elle, au contraire, augmentée? Nous allons voir que l'explicatif» est toute naturelle, et que cette exception apparente est une confirmation nouvelle de la loi que nous avons indiquée. Ici, l'augmentation de pression qui a lieu dba? les artères périphériques ne tient pas à ce que le sang éprouve un pins grand obstacle à son écoulement, mais elle provient d'une force nouvelle qui s'ajoute à la contraction cardiaque pour produire l'afflux dans les artères. Cette forte, c'est la compression que subit l'aorte dans le thorax et l'abdomen. Fourgon cette compression de l'aorte ne fait-elle pas obstacle à l'afflux du sang pou*' par le cœur? C'est que le cœur lui-même est situé dans le milieu comprinr; c'est qu'il est aidé dans sa contraction par la même pression qui agit sur I aorir. et que ces actions égales et contraires se neutralisent complètement, au point île vue de la force que le cœur doit dépenser.

d. Influence que V effort d'inspiration (la glotte étant fermée) exerce mit pouls. Ce qui vient d'être dit des effets de l'effort, c'est-à-dire de la tenduw à l'expiration lorsque la glotte est fermée, fait prévoir que le pouls doit être, dans les conditions inverses, influencé d'une manière tout opposée. On trou*, en effet, dans cette circonstance, des modifications opposées de la ligne d'rfr semble du tracé, de la fréquence du pouls et de sa forme.

Au moment de l'inspiration, si la glotte est fermée, le vide intra-pW devient plus grand que de coutume, car l'élasticité du poumon qui risid* • l'appel de la paroi costale n'est plus contre-balancée par une pression intérieur* suilisante. Ce vide appelle dans le thorax le sang du système artériel, et lal# sion baisse dans les artères périphériques. La lujne d'ensemble du tracé doit A* s'abaisser. C'est ce qui arrive en elfet.

Le cœur se trouvant dans un milieu raréfié, au lieu d'être secondé connut1 M à l'heure par une pression extérieure, devra, à chacune de ses contractions, ht" ter contre la force nouvelle qui le sollicite a se dilater ; ses battements, êpr* vant plus de résistance, seront nécessairement plus rares.

e. Arrêt des battements du cœur sous l'influence de la respiration, fo* les expériences qui précèdent, le rhythme des battements du cœur est pasà^ ment modifié suivant que la pression qui existe autour de cet organe est iu> ineutée ou diminuée par les mouvements respiratoires. On a cité des expérience dans lesquelles l'arrêt complet des battements du cœur pouvait être produit |* de violents étroits de respiration. Le cas du colonel Townsheud est connu «k tout le monde; il a été rattaché par les physiologistes à une influence iutu'U* qui agirait sur le cœur. Une pareille iuiluence est d'autant mieux admi»ibfc qu'on connaît aujourd'hui la singulière propriété du pneumogastrique tWB galvanisation produit l'arrêt du cœur. Chez certains sujets, une insp ration j& fonde produit un arrêt semblable.

ut porte à croire que la distension considérable du poumon dans cette cirance produit sur le pneumogastrique une excitation qui réagit sur le cœur t de mouvement réflexe.

icclation pulmonaire. Nous venons d'étudier, en détail, le mécanisme de mde circulation; nous allons maintenant nous occuper de celui de la petite lation, mais sans entrer, à ce sujet, dans de grands développements. L'ap- I de la circulation pulmonaire ne diffère, eu effet, que par ses dimensions petites, de celui que nous avons déjà décrit. C'est d abord un ventricule (le icule droit) qui communique avec un tronc artériel (l'artère pulmonaire).

01 îe lui-même ne tarde pas a se diviser, dans les poumons, en un réseau [aire d'où émanent des veines (les veines pulmonaires) qui déversent dans >reillelte (Y oreillette gauche) le sang qui a traversé les poumons.

Ton compare les organes de l'appareil circulatoire des poumons aux organes spondants du cycle de la grande circulation, on trouve entre eux des ana- > et des différences que nous allons signaler rapidement.

ventricule droit a des parois plus minces que le ventricule gauche, et nous is déjà que sa force n'est que le tiers de celle de son congénère. Ces diffés sont eu rapport avec les travaux qu'effectuent les deux ventricules. Celui oite est chargé d'envoyer le sang aux organes de l'hématose qui sont situés >rès de lui, tandis que celui de gauche doit faire parvenir ce fluide jusx extrémités inférieures du corps. De plus, la résistance qu'offrent les aux capillaires du poumon est moins considérable que celle des capillaires

circulation générale, car les premiers ont un calibre plus considérable es seconds.

ne faudrait pas conclure de la faiblesse relative du ventricule droit que la ►ité de sang lancée par ce ventricule, dans un temps donné, soit plus petite «Ile qui, dans le même temps, est projetée par le ventricule gauche. S'il ait ainsi , la grande circulation recevrait, à chaque instant, plus de sang le n'en laisserait passer, et alors surviendrait une stase sanguine qui augurait de plus en plus et ne tarderait pas à être incompatible avec la vie. peut déduire do là que la durée de la petite circulation est plus courte que de la grande ; en d'autres termes, qu'une molécule de sang met moins de ; pour aller du ventricule droit à l'oreillette gauche que pour se rendre du culc gauche à l'oreillette droite. En effet, puisque, d'une part, la même ité de sang doit, dans un temps donné, traverser les deux appareils circu- », et que, d'autre part, la masse du sang contenue dans les vaisseaux pulrcs est inférieure à celle des vaisseaux de la grande circulation, il s'enue, par compensation, le cours du sang doit être plus rapide dans les ?rs vaisseaux que dans les seconds, tut encore noter ici une particularité digne de remarque. L'anatomie a de-

2 que l'ensemble des veines pulmonaires offre un calibre moindre que le l'arbre artériel correspondant. De là découle cette conséquence que, îrcment à ce qui se passe dans le système aortique, la circulation veineuse dans le système pulmonaire, plus rapide que la circulation artérielle, trairemeut aussi à ce qui a lieu dans la grande circulation, les artères des ns charrient du sang rouge foncé, tandis que les veines correspondantes nent du sang rouge vif. C'est là, on le conçoit, une conséquence du rôle &ial de la petite circulation, et c'est là aussi une raison pour rejeter les iuatiods d'artères et de veines qu'on accorde aux vaisseaux d'après la na-

ture de leur contenu. Il n'y a d'artères que les vaisseaux qui sortent ment ou immédiatement des ventricules; il n'y a de veines que les vaisseaux qii se rendent médiatement ou immédiatement aux oreillettes. Toute autre définition doit être rejetée comme n'étant pas générale.

Nous venons de signaler les principales différences qui séparent les deux circulations l'une de l'autre, au point de vue physiologique ; les analogies natal aux yeux et résultent de dispositions anatomiques semblables. On pourra, pr exemple, déduire de la présence des valvules sigmoïdes de l'artère pulmonaire* de l'élasticité de ce vaisseau que le cours du sang doit être continu dans les» pillaires du poumon, malgré les afflux intermittents causés par les systoles successives du ventricule droit. C'est, en effet, ce que l'observation au microscope a permis de reconnaître. Nous laissons à la sagacité du lecteur le soin de poursuivre plus loin ces rapprochements, et nous terminerons ce que nous itoosî dire ici de la circulation pulmonaire en étudiant l'influence qu'exerce sur ék la fonction respiratoire. ^j

Aussitôt que la respiration s'arrête, les capillaires du poumon cessent d'être perméables, et il survient un engorgement de l'artère pulmonaire et des cant» droites du cœur. Cette stase du fluide sanguin dans les capillaires du poumœ. au moment de l'asphyxie, a souvent occupé l'attention des physiologistes. Halkr pensait que le retrait du poumon amenait la flexion anguleuse des vaisseau pulmonaires, et que ceux-ci, par suite, cessaient d'être perméables. Cetk théorie n'est plus admissible. Bichat a fait voir que si l'on ouvre largement k thorax, le sang continuait à circuler, pendant un certain temps, dans le poumon, et cependant celui-ci est complètement affaissé. Hagendie attribua la stase du sang à la compression des vaisseaux pulmonaires pendant la contraction do poumon ; mais Williams montra que cette stase persiste quand , en liant la trachée-artère, on empêche les poumons de revenir sur eux-mêmes. Àlison.pws Reid, attribuèrent l'arrêt du sang dans les capillaires du poumon à l'interruption des phénomènes chimiques de la respiration. Suivant ce dernier physiokr gis te, le sang veineux éprouverait plus de résistance que le sang artériel à traverser les capillaires. Enfin, Hilne-Ëdwards croit que les petits vaisseaux du poumon se dilatent sous l'influence des mouvements inspiratoires ; mais il aiwe que de nouvelles' recherches expérimentales sont nécessaires pour éclaircir ce sujet difficile.

Circulation chez le fœtus. Aux articles qui sont consacrés, dans ce dietiotnaire, à la formation et au développement de l'embryon (Voy. Embito*, m), 1 est traité en détail des organes circulatoires comme de tous les autres. En outre, aux noms de ces organes, au moins des principaux, leur développement (ait l*flfcj* d'un chapitre particulier (Voy. Artères, Cœur, Veines). Nous voulons sentant jeter un coup d'oeil sur Y ensemble des conditions de la circulation fœtale, chfl l'homme.

C'est vers le quinzième jour que s'établit cette circulation ; mais c'est d'afcnrf une circulation subordonnée à l'existence de la vésicule ombilicale, et qui •» pour cette raison, reçu le nom de circulation de la vésicule ombilkak.Vt* disparaît ensuite pour faire place à une deuxième circulation dite aUoajfoirfafatf ou placentaire. Enfin, celle-ci se transforme, après la naissance', en un irobièBt mode de circulation à laquelle le développement du poumon imprime un caractère particulier et définitif.

Premier* ctrculatio** Au moment où s'établit la première drculatioa et

fœtus, le cœur, qui n'était d'abord qu'un amas celluleux, compacte el homogène, l'est creusé d'une cavité et rempli d'un liquide. Cette transformation s'est opérée aux dépens des cellules internes de la masse cardiaque, qui deviennent des globules sanguins. D'abord rectiligne cl en forme de tube, le cœur ne tarde pas à s'incurver en S, el fournit, par sou extrémité supérieure, deux vaisseaux, qui sont les premiers arcs aortiques (A, fig. 55), tandis que son extrémité inférieure reçoit le tronc commun des deux veines omphalo-mésetttériques (o, fig. 55). Eu même temps qu'il s'incurve, le tube cardiaque se complique de trois dilatations que séparent deux étranglements. La dilatation supérieure forme le bulbe aortique, la moyenne, le ventricule encore simple, el l'inférieure, l'oreillette, offrant, comme le ventricule, une cavité unique.

Pendant que l'organe central de la circulation se développe, les artères, les reines et les capillaires se dessinent Sur plusieurs points, et le cœur offre déjà in battements, quand les vaisseaux viennent s'aboucher avec lui. On ne saurait donc admettre que les vaisseaux émanent du cœur par bourgeonnement, ni qu'ils sont formés, comme le disait Iteichcrt, par le trajet du sang qui se fraye ■n passage à travers la substance de l'embryon. Aussitôt que la jonction s'est opérée entre le cœur et les vaisseaux, la circulation s'établit. Les deux premiers «ci aortiques donnent naissance par leur réunion, à un tronc unique, l'aorte impaire [n, Gg. 55), laquelle se bifurque presque aussitôt eu deux branches qui Mot le* vertébrale! postérieures ou aortes primitives desquelles s'échappent latéralement les artères omphalo-mésentériques au nombre de quatre ou cinq de enaque côté. Sortant de l'embryon sans s'y distribuer, les artères ompbalo-mémtériques se dirigent du cdlé de l'aire germinative oii elles forment un réseau Mperfiael «erré avec les rameaux émanant des extrémités caudales des artères ' mtébralei postérieures. Ce réseau aboutit à un canal veineux f sinus termina/) oo- Dkpairt toute la partie de la circonférence de l'aire germinative qui ne correspond

pas à l'extrémité céphalique de l'embryon («t, fig. 55). Du siuus terminal part un réseau veineux à larges mailles aboutissant aux veines omphalo-oiésentériques pour se jeter dans la partie inférieure du cœur. Ainsi, le sang, chassé par les contractions du tube cardiaque, arrive dans les parois de la vésicule ombilicale où il se charge des produits nutritifs qu'elle contient et d'où il retourne finalement à l'embrvon.

Telle *jst la circulation dite de la vésicule ombilicale. À celle-ci succède la circulation allantoïdienne ou placentaire.

Deuxième circulation. Vers la cinquième semaine, le rôle de la vésicule ombilicale est terminé. Elle a presque entièrement disparu, et le canal de communication qui la réliait à l'intestin s'est oblitéré peu à peu pendant qu'apparaissait et se développait l'allantoïde. A un certain moment, les vésicules ombilicales et allantoïdiennes ont la même importance circulatoire. Elles reçoivent chacune dcui artères et deux veines. A la vésicule ombilicale appartiennent les vaisseaux omphalo-inéscntériques : sur l'allantoïde se développent les artères et les veines ombilicales ou mieux allantoïdiennes. Mais bientôt la scène change.

Pendant que la vésicule ombilicale diminue, l'allantoïde augmente et gagne la périphérie de l'œuf. En même temps, il se produit une dérivation sanguine dans l'appareil circulatoire. Les artères et les veines omphalo-méseutérHjues s'atrophient et disparaissent, tandis que les vaisseaux ombilicaux se dételoppent à mesure que s'accroît l'allantoïde. Us pénètrent dans les villosite* du chorion jusqu'alors invasculaires, puis se concentrent et se ramifient dans ua point limité des parois utérines pour contribuer à la formation du placenta. En même temps que s'établit la circulation placentaire, des modifications importantes se produisent dans le cœur et les vaisseaux déjà existants. Nous allons successivement et rapidement les passer en revue. Le cœur se cloisonne, se partage m deux ventricules (complètement distincts vers la huitième semaine), et eu deux oreillettes. Les orifices auriculo-ventriculaires se dessinent, et le tronc artériel forme, par cloisonnement, deux canaux qui donneront d'une part l'aorte, et d'autre part l'artère pulmonaire (Voy. Cœur). Avant cette division, l'un de* ventricules paraissait se continuer avec la cavité auriculaire, tandis que l'auto se terminait par le bulbe de l'aorte. Après le cloisonnement du tronc artériel, l'aorte et l'artère pulmonaires sont distinctes et se continuent chacune avec k ventricule qui lui correspond.

Les valvules sigiuoïdes de l'aorte et de l'artère pulmonaire sont déjà développées à la septième semaine ; mais ce n'est que plus tard que commence le cloisonnement de la cavité auriculaire. La veine cave s'ouvre dans l'oreillette unique vers le milieu de la partie postérieure. Elle offre, eu cet endroit , deux valvules saillantes et triangulaires , l'une gauche (valvuU du trou ovale) , et l'autre droite (valvule d'Eustaehe) , qui convergent toulr* deux vers un repli eu forme de croissant né de la paroi antérieure de b cavité auriculaire. La valvule gauche se développe sur la paroi postérieure de l'oreillette et devient, à son tour, un véritable croissant qui îéuni à celui qui est parti de la paroi antérieure , forme , au milieu de la cavité auriculaire, un diaphragme percé d'un trou qui fait communiquer largement le» deux oreillettes (trou ovale ou trot de Botal). Quant à la vajvule droite ùh valvule d'Eustacbe, elle conserve sa forme primitive et dirige vers le trou de Botal le sang qui sort de la veine cave intérieure. Celui qui débouche de h veine cave supérieure rencontre en arrière une saillie, le tubercule de La** j

i, pendu! li deuiifnx

le chasse en avant et l'empêche de contrarier le courant de la veine cave ïrieure.

l'oyons maintenant le système vascuiaire. Outre la première paire d'arcs aortî- -s, il s'en développe quatre autres, nées du bulbe et se déversant dans les deux s aortiques primitifs ; mais ces s ne coexistent jamais ensemble,

uns disparaissent quand les autres it en voie de formation. Les trois res d'arcs aortiques qui apparaisil eu dernier lieu, subsistent pen- ■t un certain temps, et c'est de ir ensemble que sortent les vaismi de celle région qui persistent n l'adulte. La paire antérieure une naissance, à droite, au troue achio-ccphaltque, à gauche, à la rolide et à bj sous-clavière de ce lé. La paire moyenne s'oblitère à vile et forme à gauche la crosse de lorte. La dernière paire ou paire intérieure donne d'abord les racines

., É , , ii. j< y. *■ "oriai a. p, ineir pulmonaire; b. I, mwhfln

roite et gauche de 1 aorte, doû se MfctMmS Ci, «in»*.™ ••tpà-ieire; o. «. »,

ilaeheul les deui artères pulmo- a"act t'irfculo-wnirfciiliire; 0. d, oreillette droite; ■ . , , .. , , I. il, trou de Botil; I. L. tubercule ds Louer; V,

«ires ; puis la racine droite ne larde strict!!*». (Viprii vierordt).

ut à disparaître entre l'aorte et le

uneiu pulmonaire. Alors la racine gauche de l'aorte se dilate pour constituer,

l'une part, l'artère pulmonaire, d'autre part, un large canal anastomotique

ntre cette artère et la crosse de l'aorte. Ce canal persiste jusqu'à la naissance

oui le nom de canal artériel ou canal de Botal.

Ainsi se développent les artères qui naissent des arcs aortiques. Le développaient des artères périphériques est moins compliqué. L'aorte descendante omble se former par la soudure des deux artères vertébrales postérieures ou ortes primitives. Les artères omphalo-mésentériques se réduisent d'abord à me paire, puis à une seule artère, la droite, qui s'atrophie taudis qu'une de es brandies gagne eu volume et devient l'artère mésciilérique supérieure. Du Oté de l'allantoide, les artères ombilicales perdent peu à peu leur importance

mesure que s'avance le terme de la gestation. Les artères iliaques, qui étaient i'abord à peine développées, s'accroissent pour devenir, à la place des artères omilicales, les deux branches terminales de l'aorte.

Eu même temps, les deux veines omphalo-mésentériques se réduisent à une Mie, et celle-ci reçoit la veine méseutérique provenant de l'intestin. Les veines ■bilicales se comportent alors vis-à-vis de la veine omphalo-mésentériquc usine les artères correspondantes, et bientôt s'aflirme la prépondérance du svstae veineux de l'allantoide sur celui de la vésicule ombilicale. Bien que l'une s» veines allanloïdes disparaisse, l'autre augmente de façon à devenir le troue ek veine omphalo-mésentériquc, au lieu d'en être la branche, comme cela 'ait lieu primitivement. C'est autour de cette veine ombilicale que se développe

foie, organe qui va, des sou apparition, imprimer un cachet particulier à la reulatiou fœtale. La veiue ombilicale, eu effet, s'y distribue et ses ramifications Dicr. ne. XVII. 51

UKCL'LATIO.V

sont de deux sortes, les unes afférentes, et les autres efférentes. Ces deuionlrt? de rameaux ne prennent pas naissance au même point de la veine ombilicale, et le segment de vaisseau intermédiaire prend le nom de canal veineux d'Amnu. On voit alors la veine oinphalo-méscntérique se jeter dans le tronc hépatique aflereut du coté droit, au lieu de s'ouvrir, comme auparavant dans la veine ombilicale. La veine ombilicale allant eu augmentant, taudis que la veine omplulomésentérique va en diminuant, celle-ci devient une branche dé celle-là, et c 'est la partie de la veine oinphalo-mésentérique comprise entre le tronc hépatkjur afférent du coté droit et la veine ombilicale, qui constitue la terminaison de la veine-porte.

Enfin, disons un mot du développement des veines dans le corps même <1l'embryon. Elles marchent d'abord parallèlement aux artères et forment les veUa cardinales. Ces veines qui existent déjà avant le développement de l'allantoide, sont au nombre de quatre, deux antérieures ou supérieures, et deu* poslérieura ou inférieures, et elles se réunissent de chaque côté pour former les canaux de Cuvier. Ceux-ci forment deux troues transversaux qui vont s'ouvrir dans l'oreillette encore unique par le tronc des veines omphalo-mésentériques où ils déversent le sang des veines cardinales. Bientôt, la veine omphalo-mésentérique disparaissant, c'est d'abord la veine ombilicale, puis la veine cave inférieure <jui reçoit les canaux de Cuvier. Mais l'oreillette, en se développant, absorbe k troue commun aux canaux de Cuvier et à la veine cave inférieure. On voit alur>

ces trois conduits veineux s'ouvrir séparément dans l'oreillette. A ce moment, le canal gauche et Cuvier disparaît, pendant que le droit va constituer la veine cave supérieure. En même temps, le veiues cardinales antérieures donnent naissance aux jugulaires externe et interne, et les cardinale» postérieures se transforment peu à peu pour donner les deux veines azygos.

Le fonctionnement de l'appareil circulatoire, i l'époque placentaire, est maintenant facile à apprendre. Le placenta étant à la fois un orgue 4c nutrition et de respiration, c'est lui qui doit présider au phénomène de l'hématose, et fournir au organes le sang artérialisé propre à entretenir leurs fonctions. Ce sang est conduit au foie par la veine ombilicale, et il suit deux cliemins pour * rendre dans la veine cave inférieure. L'un de ce» Schéma de u deuxième circulation, chemins est direct : c'est le canal veineux; l'autre (Ckvle:-) est indirect et constitué par les vaisseaux bépau-

a, a, aorte ascendante ; a, d, aorte ques afférents et cftérents. Dans ce dernier trajet

descendante; a, p, artère pu Imo- / , , â M \

naire ; c. c\ capillaire» dos eitr^mi- ,e sano venu (m placenta se melauge avec oclnj îf,Jî,^-cu?5 el .iDférieurês i c>a* qui provient de la veine porte. En arrivant dia>

canal artériel; c. t, veine cave infé- , • . r, . ^ «uiiui «v

rieure; c, $. veine cave prieure; ,a veine <*** intérieure, ce mélange rencontre le

* t»Tï d, £2î 'drêuU ™* veillcux "H"** ** exlrëmil* Mérkm* V. y, ventricule gauche. ' et toul ce sang arrive dans l'oreillette droite où la

valvule d'Eustache le dirige immédiatement «i>

le trou de Botal. Le sang de la veine cave inférieure passe doue presque w

entier dans l'oreillette gauche, et de là dans le ventricule gauche d'oè il

ir l'aorte pour se rendre dans deux directious différentes. Le courant al csl envoyé à l'extrémité céphalique de l'embryon par les carotides, le courant parcourt l'aorte descendante ou il se rencontre avec le sang venu illeltcdroite. Ce sang, en effet, trouve ù sa sortie de la veine cave supérieure renie Uc Lower qui le dédu courant sanguin de la ave inférieure, et il arrive resque intégralement dans riciilc droit. Celui-ci en

une partie insignifiante ;s poumons à peine pers et le reste passe, par le irtériel, dans l'aorte deste. Il se rend de là aux ilés inférieures de l'emel surtout au placenta où ■nt à sou point de dépari, t ainsi la courue qui repre- >n trajet circulatoire, igurc 57 représente un

très-simplifié de la seirculation. Les explications oropagueut cette figure, et ription qui précède nous ent d'enircr dans de plus étails à ce sujet. Nous ne nierons d'une manière que la circulation de l'oi droite. Les deux veines débouchent (c. i. etc. s., ; mais tandis que le coui la veine cave inférieure gé vers le trou de Botal ilvulcd'EusUche, celui de : cave supérieure est rejeté nt par le tubercule de Il y a donc, dans l'oreil- 'oitc, deux courants san- [ui se croisent. C'est cette ion croisée ou en huit de que nous avons voulu re- ;r dans le schéma de la 7. Elle peut d'ailleurs se rer expérimentalement, et >u la réaliser à l'aide d'indi versement colorées, aicatiou des oreillettes, absence de petite circulation, mélange du sang et du sang veineux, tels sont les principaux caractères de la deuxième

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