CIVETTE
Aurantiacées, in Thés. Facult. méd. Par., 1855); Histoire des plantes, IV, 400, U5, & %. iî>5-*59.
CIVETTE. Nom donné à une espèce du genre Allium, l'A. Schœnoprasm l. (voy. Ail).
CIVETTE. La civette ( Viverra civetta) est une espèce de Carnivore, propw aux régions les plus chaudes de l'Afrique, dont la taille approche de celle du nnard, mais qui a d'autres proportions et que ses caractères également différents font classer dans une famille distincte, comprenant indépendamment des mangoustes, le zibeth, les geuettes, les paradoxurcs et quelques autres genres moi» connus. Cette famille est celle des viverridés, que Ton partage en trois tribus, les viverrins, les mangustins et les euplérins.
Les espèces de la famille des viverridés sont toutes particulières à l'ancien continent et vivent principalement en Asie ainsi qu'en Afrique ; il y en a plusieurs à Madagascar.
Si nous commençons par les viverrins, objet spécial de cet article, nons constatons que l'Europe n'en nourrit qu'une seule espèce, la genêt te vulgaire (Viverra genetta de Linné) qu'on rencontre en Espagne et dans le sud-oue$tdt la France.
La civette proprement dite et le zibeth offrent un intérêt particulier à amt de la matière odorante qu'ils fournissent. La première de ces espèces a le corps marqué de bandes et de taches de couleur noire, répandues sur un fond grisâtrr ou blanc, en avant ou en dessous; sa queue est annelée et une partie des poils qui garnissent les parties supérieures de son corps forment une sorte de crinière susceptible de se hérisser au gré de l'animal. Son organe sécréteur est placé au périnée ; c'est une double poche rentrant dans le scrotum chez les mâles, et dont l'orifice unique s'ouvre en forme de fente sur la ligne médiane. Cette poche reoferme un amas de follicules sécréteurs ou acini, disposés par petites grappes ri qui versent leur produit dans son intérieur. La couche musculaire qui en enveloppe l'ensemble est formée de libres striées et leur sécrétion est onctueuse et très-odorante. Celle-ci a beaucoup d'analogie avec le musc et ellepeut être employée «n mêmes usages; c'est à la (ois un cosmétique et un antispasmodique. M. Boutros- Charlard, qui en a fait l'analyse, y a trouvé les substances suivantes : ammoniaque, élaïtic, stéarine, mucus, huile volatile et matière colorante jaune. Lis cellules épithéliales renfermées dans cette sécrétion odorante lui donnent sans doute son caractère particulier. Ce produit, du reste, est souvent falsifié. On ta fabrique même de toutes pièces avec le musc, l'assa fœtida, et le styrax, mêlés à du {beurre ou à de la graisse ranees.
Le produit de la civette, que j'ai nommé viverréum, parait avoir été cmum des anciens; on l'appelait autrefois zibéthum et la poche dans laquelle elle s'amasse était le vas zibethi.
L'archipel indien possède une espèce de viverra qui diflere à quelques égard* de la civette d'Afrique, mais qui produit aussi du viverréum au moyen d'un amas glanduleux également placé au périné et qui est d'une structure peu dinerente. C'est le zibeth ( Virerra zibetha l dont quelques auteurs séparent le Tanç* lunga, qui serait le zibeth de Sumatra et de quelques parties de l'Asie méridionale.
Les genettes ont l'appareil odorant moins développé que la civette et le
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et on a quelquefois décrit lour poche comme ne constituant qu'une simple fente longitudinale, ce qui au contraire est le cas pour les paradoxures. .
Il existe des genêt tes non-seulement en Europe mais aussi en Afrique et dans l'Inde, et, en 1734, La Peyronie a décrit nne espèce de ce genre comme étant la vraie civette.
Les paradoxures vivent également dans l'Inde qui est aussi le pays du Linsang, des Hémigales et des Gynogales. La Fossane est une espèce de genette propre à Madagascar, pt?ys qui possède aussi l'Euplère, unique espèce de la tribu des Euplériens; enfin le Nandinie habite l'Afrique équatoriale. r Les mangoustes diffèrent à quelques égards des vi venins. Elles n'ont pas de
r poche au péri né mais une plaque circum-anale formé de petits follicules sécré- > teurs; en outre, leurs poils sont annelés. Ces animaux constituent plusieurs genres dont les espèces sont les unes africaines, les autres asiatiques ou même * madécasses. Une espèce de ce groupe est signalée daus le midi de l'Espagne. Les mangoustes ne fournissent pas de viverréum. P. Gerv.
4 CIWIALE (Jean). Né à Salilhes, près Aurillac (Cantal) en 1792, mort à ^ Paris le 18 juin 1867. Après avoir fait des études universitaires fort incomplè-
* tes, Civiale vint à Paris étudier la médecine. Il était en 1817, externe libre dans le service de Dupuytren à l'IIôtel-Dieu, quand, h la suite d'une leçon de
z: ? Marjolin sur la pierre et sur les moyens de la briser dans la vessie à l'aide des r- instruments de Gruilhuisen, Civiale conçut de son côté l'idée de guérir les cal- ^ caleux en faisant fondre la pierre dans la vessie. Il abandonna bientôt cette ^ voie pour chercher le moyen soit de perforer la pierre, soit de la briser dans
* ** vessie. Presque en même temps Fournier de Lempdes, Amussat, Leroy (d'É- *fo/es, Heurteloup cherchèrent de leur côté la solution du même problème. Ce
^tfait le moment d'aborder la découverte de la lithotritie et de nous demander
* Civiale est bien réellement l'inventeur de cette nouvelle méthode opératoire ;
**i& la question a été traitée dans ce Dictionnaire même par une plume plus
l.torisée que la nôtre, et nous devons nous contenter de renvoyer le lecteur îi
***icle Lithotritie. Ce qui est bien certain, c'est que Civiale, le premier, a fait
** le vivant, l'opération du broyement de la pierre, le 13 janvier 1824, en ^^omic€ d'une commission de l'Académie des sciences et d'un assez grand
^i>re de chimrgiens de Paris. La même année, Percy et Chaussier, lurent ;i ^**-ïtut un rapport favorable sur le procédé mis en usage par le docteur *****£^~ L'Académie des sciences lui décerna en outre deux prix, l'un de °0 Francs en 1826, l'autre de 10,000 francs en 1827. Depuis cette époque ^l***à la fin de sa vie, Civiale s'occupa exclusivement à perfectionner les ^e^d^s opératoires et les instruments; l'administration des hôpitaux mit à sa
Position un certain nombre de lits à l'hôpital Necker, où il s'appliqua à faire ***i«ître saïnéthode et à la répandre dans des leçons cliniques qui n'avaient •we cjue l'attrait de l'utilité; car Civiale qui fut, dans sa spécialité, un ope- \f^?r «l'une habileté incomparable, était au contraire un professeur des plus édiocres. H fut le t\pe du spécialiste spécialisé, si je puis ainsi m'exprimer;
ne Vl* que le petit coin dans lequel il se retourna toute, sa vie et ne sut jamais •B**n<ïir une question en la généralisant. Tous ses ouvrages, la plupart attribués \*** Plumes vénales, ne traitent que de la pierre, de la lithotomie et surtout « ta lithotritie. Il eut à soutenir de longues et nombreuses querelles, soit avec
a autre* spécialistes ses concurrents, soit avec les chirurgiens les plus illustre-
des hôpitaux de Paris, Dupuylrea, Jobert, Yelpeau, etc. Attaqué souveut ava une grande vivacité, il se défendit de même, et quelques-uns de ses ouvrages sont remplis d'invectives, d'accusations, d'insinuations malveillantes. H a tu surtout le tort de continuer cette querelle plus que passionnée, dans unouvra«< posthume, alors qu'il n'était plus là pour répondre de ses paroles. La réputation de Civiale était fort grande et très-justement méritée ; le nombre des càiculeux qu'il a opérés est immense. Aussi a-t-il laissé une fortune considérais évaluée à plusieurs millions. Civiale était membre libre de l'Institut de Franc*, membre de l'Académie de médecine et de vingt autres sociétés savantes, offiritr de la Légion d'honneur, décoré de l'étoile polaire de Suède et de l'aigle ik Prusse, etc. Il a publié :
I. Nouvelles considérations sur les rétentions d'urine, suivies d'un traité sur les calrté urinaires et la possibilité d'en opérer la destruction sans l'opération de la taille. Puis, 1823, in-8«. — II De la lilhotrilie. Paris, 1827, in-8°. — III. IMtres sur la Uthotritie,m broiement de la pierre dans la vessie (au nombre de sixj. Ibid., 1827 à 1818. in-8\ »ee ligures. — IV. Note sur le catarrhe de la vessie chez les vieillards. Ibid., 1829, in-$v - V. Parallèle des diveraes méthodes employées pour guérir les col cul eux, ou Expose in procédés opératoires de la lithotritie et des diverses manières de tailler, etc., etc, Ibid.. i*ZQ. in-8°, fig. — VI. Traité pratique des maladies des organes génilo-urinaires, t. I, Mélodies de l'urèthre, t. II ; Maladies du col de la vessie et de la prostate, t. III; Maladie* es corps de la vessie. Ibid., 1837-42, 3 vol. in-8° ; 3° édit., 1858, 3 vol. in-8% fig. — VII. Tu* de l'affection calculcuse, ou Recherches sur la formation, les caractères chimiques et pkfsiques, les causes, les signes et les effets pathologiques de la pierre et de la grarelU. D*l. 1838, in-8°, avec 5 planches. — VIII. Du traitement médical et préservatif de la pierre <f de la gravelle, avec un mémoire sur les calculs de Cystine. Ibid ,1840. iit-8*. — II. Dweussion sur la taille et la lithotritie, qui a eu lieu à l'Académie de médecine en 1841. Uâi, 1817, in-8°. - X. Traité pratique et historique de la lithotritie. Ibid , 1847, in-8\ fi — XI. De V uréthrotomie ou de quelques procédés peu usités de traiter les rétrécissem. it Vurèthre. Ibid., 1849, in-8°, avec une planche. — XII. Collections de calculs urtmmimti d'instruments de chirurgie. Ibid., 18t>9, in-8\ — XIII. La lithotritie et la taille, emide pratique pour le traitement de la pierre , édité par le Dr Guardu. Ibid., 1870, in-8\ fig. ta deux derniers ouvrages ont paru après la mort de l'auteur ; on annonce encore comme bvant paraître prochainement une Histoire de la lithotritie et Biographie du D* Cm**', d'après sa correspondance et des documents inédits. H. Mb.
Le sens du mot civilisation est trop complexe et trop controversé, pour qu'il soit possible d'en donner une définition a priori. L'exposition et la dissertation, qui vont suivre, auront précisément pour objet et pour résultat de déterminer la véritable acception du mot civilisation. Provisoirement nous userons de cette expression pour désigner un état social quelconque. Mas l'homme étant un être fort divers, fort variable, suivant les temps et les lieux, il eu résulte que l'état de société, tout en lui étant inhérent, revêt aussi des formes infiniment variées, qu'il est tantôt fort rudimeutaire, tantôt .étonnamment compliqué, ici très-brutal et là extrêmement policé ; que parfois il prend des formes rigides et immuables eu apparence à travers les cycles millénaire. comme l'instinct des animaux, tandis qu'ailleurs il est rapidement muabk rt protéiforme. Nous aurons à démêler les quelques lois générales, qui sont Braquées par ces apparences capricieuses. Quelle a été l'origine de la civilisation humaine ? Quelles phases a-t-elle traversées dans le temps et dans l'espace? Où ont spécialement pris naissance les formes supérieures de la civilisation ? Ciment les principaux foyers civilisateurs ont-ils rayonné et se sont-Us propaç* autour de leur foyer d'origine? L'homme s'est-il modifié physiquement, maniement et intellectuellement au fur et à mesure qu'évoluait sou état aocial. H comment s'estril modifié ? Y a-tril corrélation nécessaire ou du moins prahMi
l'une part, entre les caractères physiques, c'est-à-dire la race, et, d'autre part, l'état mental, et par suite social des divers groupes humains ? Autant d'importantes questions, qu'il faut examiner au moins à grands traits, avant de pouvoir se faire de la civilisation une idée juste et compréhensive, avant d'en pouvoir déterminer les conditions et les effets, avant surtout de se hasarder à fixer le sens du mouvement social civilisateur.
I. 11 n'y a guère d'années encore, avant de s'occuper peu ou beaucoup de l'industrie préhistorique, de tout ce qui a trait à l'homme primitif, il était nécessaire de batailler, ou à tout le moins d'escarmoucher avec l'opinion invétérée et très-généralement admise, qui défendait de trouver des vestiges humains vieux de plus de six mille ans. Hais, aujourd'hui, l'investigation scientifique a complètement rasé ce vieux mur mythologique, étayé pourtant par des hommes de la valeur de Guvier, et qui barrait d'une façon fort gênante la route à l'étude de l'homme ; aussi serait-il oiseux de s'en occuper. Il suffit de signaler eu passaut la chute si rapide de cette redoutable barrière, comme une preuve encourageante de la puissance de la vérité.
Aujourd'hui les périodes séculaires et même millénaires sont devenues insuffisantes pour contenir la chronologie de l'espèce humaine, et à l'exemple de l'astronome, qui, pour donner une idée des grandes distances astrales, est obligé de prendre pour unité de mesure le rayon ou le diamètre de l'orbite terrestre, l'anthropologiste, pour déterminer la durée des grandes étapes de l'humanité dans le passé, doit demander aux époques géologiques des unités chronologiques convenables. L'archéologie préhistorique montre en effet jusqu'à l'évidence, que l'humanité actuelle plonge ses racines à travers l'époque du diluvium géologique, à travers l'époque quaternaire, et très-vraisemblablement jusqu'au milieu de l'époque tertiaire. Une brève énuméralion de quelques faits topiques, devenus déjà des lieux communs anthropologiques suffira pour élucider ce fait si important.
C'est dans l'étage miocène des terrains tertiaires qu'ont été découvertes les traces les plus anciennes de l'homme. Dans les faluns de Pouancé (Maine-et- Loire), H. l'abbé Delaunay a trouvé sur deux fragments de côte de halithérium (cétacé fossile) , des incisions transversales assez profondes et manifestement produites par un instrument fonctionnant à la manière d'une scie. Non loin de la, à Thenay, près Pontlevoy (Loir-et-Cher), dans les calcaires de la Beatice, M. l'abbé Bourgeois a exhumé du miocène moyen, par conséquent, plus loin et plus bas encore dans l'échelle géologique, les premières ébauches de l'industrie humaine. Ce sont des silex taillés de la façon la plus grossière. Le plus souvent même pour y reconnaître une configuration voulue, intentionnelle, il faut comparer soigneusement ces informes échantillons de l'industrie primitive aux silex taillés les plus frustes du diluvium. Quoi de plus naturel ! l'homme du diluvium était, relativement à sou antique ancêtre du miocène moyeu, l'héritier d'une civilisation vieillie et grandie. C'est déjà la loi du progrès, dit M. Worsaae, l'habile directeur du musée archéologique de Copenhague, qui, après mur examen, a hautement reconnu l'authenticité de ces silex ouvrés. Déjà M. J. Desnoyers, d'après des empreintes, des incisions observées à Saint- Prest, près de Chartres, sur des ossements d'Elephas meridionalis, de Rhinocéros etruscus, etc., tous animaux antérieurs au mammouth, avait annoncé l'homme pliocène. H. Delaunay a confirmé cette induction en découvrant les silex de Thenay mentionnés plus haut, et aussi en trouvautàSavut-Vv^%V.w\toA>
d'autres silex analogues, sur certains desquels on remarquait des traces de ralcination. Comme, à partir de cette époque, la tradition archéologique n'est intrrrorapue par aucun hiatus notable, nous sommes donc autorisés à affirmer <p\ dès l'époque tertiaire, il existait un être humain ou pour le moins no anthropomorphe très-voisin de l'homme, plus nu, plus grossier, plus sauvage sûrement que le plus inintelligent des sauvages actuels, mais qui déjà songeait i suppléer à sa faiblesse organique native en violentant le monde extérieur, en lui arrachant des armes artificielles, et qui par là préludait, sans en avoir conscience, au merveilleux développement industriel de la future humanité.
Après l'industrie humaine tertiaire vient naturellement l'industrie quaternaire relativement fort supérieure. Si, sur les silex ouvrés de l'âge tertiaire, ui œil inexpérimenté peut hésiter à reconnaître l'empreinte humaine, nulle hésitation possible en face des ustensiles taillés par l'homme quaternaire, c'est-à-dire contemporain de Y Elefhas primigenius (mammouth), de YElephas antûpaa.rtt. Les silex ouvrés les plus anciens de l'assise quaternaire sont de forme lancéoltt et taillés à grands éclats sur leurs deux faces (Menchecourt). H. de Mortillet (Bull. Société anthropologique de Paris, t. VII, p. 211, 214), considère comme étant relativement plus récentes des haches ovoïdes en silex pyromaque, cornu* les précédentes, mais de forme très-allongée et taillées à éclats moyens. Enfin il faut rapprocher de ces deux types la forme en amande, la plus commune am environs d'Abbcville, et de fabrication analogue, c'est le type dit de Saiat- Acheul, qui, depuis Boucher de Perthes, a été trouvé un peu partout. DessûVi analogues, d'une taille peut-être un peu plus fine, d'une forme plus ovale, mA aussi été découverts par Schmerling dans les cavernes du bord de la lieuse.
Dans les grottes du Moustier, d'Aurignac, du Trou-Magnan, près des Eyzies,eU\, qui appartiennent pourtant au même âge géologique, puisqu'on y trouve an»» les ossements du mammouth, du rhinocéros à narines cloisonnées, etc., la taille du silex .s'est quelque peu modifiée. On rencontre surtout des éclats de silex, q« l'ouvrier a détachés d'un seul coup du bloc siliceux servant de matrice, puis qu'il a retaillés à petits coups sur les bords. A côté de ces silex plus intelligemment ouvrés se trouvent parfois des objets destinés à la parure, tels qur pierres, dents d'animaux, coquillages forés pour colliers, etc. Enfin, on assisteà la naissance d'une nouvelle industrie d'importance majeure. L'homme a deji commencé à modeler à la main des poteries extrêmement grossières, sans ornements, qu'il faisait sécher au soleil.
Puis vient ce que l'on a appelé la deuxième époque des cavernes, V époque h renne% le bel épanouissement de la civilisation quaternaire, que nous ont ïM* les découvertes de Lartet et Christ y dans le Périgord (Reliquiœ Aquitanicœ). Les grands félins ont alors diminué de nombre, ainsi que VUrsus spelœus et les grand» pachydermes. On a quelquefois fait à l'industrie et au courage de l'homme àt cette époque nu honneur immérité, en attribuant à ses efforts la rareté relatif des terribles ennemis avec lesquels il devait lutter pour vivre. Il est plus vraisemblable que ces modifications dans la composition de la faune, ont pour ctw principale la plus grande rigueur du climat. Contre les agents climatériqoes, b force du mammouth, la dent et la griffe des félins étaient impuissantes, taafi* que l'homme, déjà industrieux et plus ou moins prévoyant, se garantissait sa» trop de peine. L'énorme multiplication du renne suffit à prouver notre dire. Le§ débris de renne sont, à cette époque, tellement nombreux dans les cavernes, qu'a» se demande si l'homme n'avait pas déjà domestiqué cette espèce. A coup sur, c'était
1 principal moyen de subsistance, et il en résultait pour lui une alimentation ile et des loisirs, qu'il utilisait en perfectionnant sou industrie. Il a taillé, par 3m pie, de délicats éclats de silex propres à armer des javelots ou des flèches, uitres lames de silex ayant généralement trois arêtes vives et deux tranchants émeut retaillés, ont pu servir de têtes de lances, etc. Dans les âges précédents, la clie eu silex ne variait guère dans sa forme; c était toujours et dans tous les ys un ovale plus ou moins large, plus ou moins régulier, plus ou moins lande. Par exemple, un couteau de pierre trouvé sous le dolmen de Meudon, un tre couteau extrait du diluvium du bassin de Paris, deux couteaux d'une renie à ossements fossiles située près de Genève, un autre pris dans une habiion lacustre de la Suisse, enfin deux couteaux en cristal de roche découverts ns les ruines d'un antique rempart mexicain avaient tous une forme presque antique. Chez tous il y avait deux surfaces, Tune plane et l'autre divisée en )is parties par deux arêtes longitudinales. C'est ainsi encore qu'il y a identité
forme entre deux pierres de fronde, l'une romaine, l'autre néo-calédonienne, rfiu une série d'armes en pierre, originaires du Japon, une collection du même nre venant de Java, et que l'on peut voir au musée du Louvre, nous moneut des formes tout à fait analogues à celles des pierres ouvrées d'Europe, ais a l'âge du renne, l'homme a déjà plus d'imagination, plus d'initiative l'aux époques précédentes. 11 sait varier la forme de ses ustensiles en silex au ré de ses besoins, les emmancher dans des bois de renne, ciseler des harpons arbelés, etc.
De l'industrie quelque peu perfectionnée à l'art il n'y a qu'un pas, et ce pas, i troglodyte de l'âge du renne l'a franchi dans certaines régions, notamment ans le midi de la France. Il est devenu graveur et sculpteur. Il nous a laissé ur des plaques de schiste des dessins au trait représentant le renne, l'aurochs Soi primigenius), le cheval ; enfin, sur une plaque d'ivoire détachée de la léfeiise d'un mammouth, une esquisse bien réussie du mammouth lui-même, équivaut pour nous à une inscription historique attestant la contemporanéité de Elephas }rrimigenius et de l'homme ; c'est la signature authentique de l'homme |uarternaire. Des pièces sculptées non moins remarquables que ces dessins [raves, plus remarquables même, reproduisent les formes du renne, du cheal, etc., tout en servant de manches à des armes ou ustensiles (Lartet et Ihristy, Reliquiœ Aquitanicœ).
Notre artiste préhistorique sait aussi se vêtir, très- vraisemblablement de peaux 'animaux; car il fabrique des poinçons, des aiguilles, des épingles d'os, etc. En omme, il nous donne une idée assez exacte de la civilisation actuelle de l'Esuimau des régions arctiques, qui pourrait bien eu descendre ; car le troglodyte e l'âge du renne parait avoir rétrogradé peu à peu vers le Nord. Ce mouvement e migration peut être attribué à deux causes principales, d'abord au changeaient de climat qui, s 'adoucissant lentement dans la région moyenne de l'Europe, m venait de moins en moins au renne, espèce animale indispensable au trotodyte périgourdin, puis en second lieu, à la compétition victorieuse de races imaines plus robustes ou plus courageuses, qui, elles aussi, nous ont légué ; nombreux spécimens de leur industrie.
Nous avons vu l'homme tailler d'abord de la façon la plus grossière, à larges lats, les silex dont il se servait comme armes ou ustensiles, puis tailler ces ex plus finement, à petits éclats, puis retailler délicatement sur les bords, des bis détachés d'un seul coup, eu varier et en approprier Wtotm&V fa&\K*$£&
m CIVILISATION.
divers. Un dernier progrès clôt l'âge ou plutôt les âges industriels de la pierre, c'est le polissage des instruments de pierre, polissage obtenu par le frottement. M. Steenstrup a trouvé en Danemark des excavations d'assez grandes dimensions, creusées en cupules dans des roches de grès, et qui résultaient vraisenblablement de ce travail de polissage par frottement. La hache de pierre, qn alors est souvent en serpentine, en jade, prend une forme généralement pte allongée, plus cunéiforme ; elle est d'un poli, d'un fini, d'une régularité <oovent achevés. Tout le monde connaît maintenant ces remarquables instrument* de pierre dits celtœ, si fréquemment trouvés dans les tumulus européens. Car» l'homme de l'âge du renne avait des instincts artistiques, celui de la pient polie a des velléités arcliitecturales. Le premier se bornait à inhumer ses morb dans des grottes naturelles, semblables à celles qui lui servaient de demeure, k second, les enfouit sous des monticules artificiels ou leur construit à l'aide ife blocs de pierre, des grottes funéraires artificielles aussi, qu'il cache souvent wu* un tertre.' C'est lui qui paraît avoir commencé en Europe à dresser des pierres levées, des menhirs, suivant l'expression celtique, à construire ces tables mégalithiques dites dolmens, dont beaucoup ne sont sans doute que des tumolu dépourvus de leur revêtement terreux. Sous beaucoup de ces dolmens, notam» ment dans le nord de l'Europe et dans l'ouest de la France, on trouve seulement des celtac polis avec des traces manifestes de sépultures, parfois avec incinération, débris de poteries, des grains de collier forés et même des ornement! d'or, le premier métal, que l'homme ail recueilli et utilisé. 11 n'y a pasenetft de restes bien évidents d'animaux domestiques sous les plus anciens déco grossiers monuments, c'est-à-dire sous les tumulus ou sous les dolmens de Yl? de la pierre polie. Ceux qui les ont édifiés, vivaient vraisemblablement des produits de leur chasse. Néanmoins, des populations de l'âge de pierre ont su dômes» tiquer certaines espèces animales et même cultiver certaines céréales, comme l'ont prouvé jusqu'à l'évidence l'exploration des palafites ou débris d'habitations lacustres sur pilotis. Nous sommes d'ailleurs arrivés à une époque relativement récente.
Les grandes espèces carnassières, félines, pachydermiques, que nous avoœ eu occasion de signaler plusieurs fois, ont disparu. La faune est toute actuelle, sauf une de ses espèces, l'aurochs, qui pourtant vivait encore à l'état sauta^ en Europe, durant les premiers siècles de l'histoire moderne.
Nous avons vu que les constructeurs de certaines habitations lacustres de l'& de pierre avaient déjà asservi et domestiqué des espèces animales. Ce fait de b domestication des animaux marque une époque dans l'évolution de l'humanité et il est généralement contemporain, à tout le moins fort voisin, d'une conque* industrielle aussi importante, de l'art de modeler par le martelage d'abord, par la fonte ensuite, certains métaux.
Le premier métal employé par l'homme fut le plus brillant, le plus inaltérable, mais aussi le plus inutile dans une société sauvage, l'or, qui se trouvant en lingots, eu pépites à l'état natif, et cédant facilement sous les coups J ol marteau de pierre, fournit à l'homme préhistorique des colliers et des jojaut éclatants. On l'a trouvé associe à des celtœ polis, dans certains tumuhis de h Bretagne et, lors de la découverte de l'Amérique, c'était aussi, avec l'argent, k seul métal connu des insulaires des Antilles.
Une vrai conquête métallurgique succéda bientôt à la trouvaille de l'or, « fri la fabrication tfarmes de caùto. &m forate qpfltap* VawwnaL hasard wam b
réduction par grillage de pyrites cuivreuses, sans préjudice de l'utilisation de quelques lingots à l'état natif. Longtemps d'ailleurs des mines de cuivre furent exploitées avec des instruments de pierre, que l'on retrouve encore dans des puits miniers abandonnés des Asturics, de l'Irlande, de l'Oural et de l'Altaï (Pruner- Bey, Bulletin de la Soc, d'anthropol. de Paris, t. VI).
Nous avons vu l'homme utiliser l'or d'abord, le cuivre ensuite. En troisième lieu vint vraisemblablement l'étain, peu utile isolément, mais qui, fondu et allié au cuivre, donna une matière propre par sa fusibilité et sa dureté, à mille usages et qui peu à peu se substitua partout à la pierre polie. Cette substitution fut très-lente et longtemps on usa simultanément de la pierre et du bronze, comme l'attestent nombre de tumulus, de dolmens, d'habitations lacustres. On sait que certains Bretons se servaient encore d'armes de pierre lors de l'invasion normande en Angleterre.
De même que la* forme des premiers instruments de pierre polie était calquée sur celles en usage pendant la période de la pierre taillée, de même aussi les premiers ustensiles de cuivre et de bronze reproduisirent, sans aucune utilité, mais par la seule force de l'habitude, les formes typiques de la pierre polie. Peu à peu cependant l'ouvrier s'affranchit du joug de la tradition et le bronze revêtit cent formes variées. Ou en fît des épées, des tètes de flèche, de javelot, de lance, des boutons, des peignes, des épingles, des fibules, des agrafes, etc.
En même temps on a inventé le tour du potier, dompté de nombreux animaux domestiques, tissé des étoffes, pratiqué l'agriculture en grand. Les rites funéraires ont aussi changé et, au lieu d'inhumer simplement les morts, on les incinère et on place dans les tumulus ou sous les dolmens, des urnes
- cinéraires accompagnées de nombreux objets votifs. A la fin de cette période le ter détrône le bronze, comme celui-ci avait éclipsé la pierre et sous les nombreux dolmens de l'Algérie, on ne rencontre souvent que des instruments en
--■ fer. Mais, à la période du fer et même à la fin de celle du bronze, nous touchons aux âges historiques, et déjà l'Europe est occupée par la plupart des races humaines actuelles.
Dans cette rapide esquisse de l'industrie préhistorique, nous nous sommes bornés à mentionner les faits principaux, notre but étant non pas de faire une énumération ou une description complète, mais de noter des points de repère, à la manière du géographe qui, ayant à relever le tracé d'une chaîne de montagnes, se borne à signaler les pics les plus élevés, reliés pourtant les uns aux autres
- par des centaines et des milliers de collines, d'éraiuences, de mouvements de -■ ten*ain ayant aussi isolément une importance plus ou moins grande. Pourtant
de cette revue si rapide se dégage invinciblement un fait général de la plus haute importance, celui du graduel accroissement. Nous assistons à une série de conquêtes industrielles se succédant et s'enfantant l'une l'autre. Cela est inconteatable pour l'œuvre. Voyons maintenant, s'il en est de môme pour l'ouvrier, si w^Jonnes se sont ennoblies, si son cerveau s'est développé parallèlement à ses •Phtudea et à sa capacité industrielles.
... ; A**cun débris* aucune pièce bien authentique du squelette de l'homme ter-»
■ **? ne nous étant jusqu'ici parvenus, on ne pourrait faire sur la conformation
W^que de cet ancêtre probable de l'humanité, que des conjectures et nous ne
■• °**s citer ici que des faits. Pour l'homme- quaternaire nous sommes plus
mJ^V^ ct fe* reliques osseuses, déjà recueillies et étudiées, suggèrent dès à pré-
** >**iportantes inductions.
m CIVILISATION.
Nous avons d'abord le demi-maxillaire inférieur si curieux, trouvé pend»! l'hiver 1865-1866 dans une caverne belge des bords de la Lesse, par M. Dupent (Bullet. soc. d anthropologie, 1866). Cette mâchoire était associée à des os d' Elephas primigenius (Mammouth), de Rhinocéros tichorinus ou à nanties cloisonnées, de renne, etc. On a trouvé en môme temps un cubitus humain, et ui os ouvré de main d'homme. L'authenticité du gisement n'a pas été contestée. même par des anthropologistes adversaires déclarés et passionnés des théorie* transformistes. La mâchoire, en question, dénommée, d'après le lieu où eik se trouvait, mâchoire du Trou de la Natdette, a bien appartenu à un être humain contemporain du mammouth et du renne. Or, cette mâchoire semble modelée à souhait pour le plaisir des Darwiniens. C'est la plus simienne de toutes les mâchoires humaines connues. Elle est dépourvue de menton, fort prognathe; les apophyses geni y sont remplacées par des cavités ; les branches horizontale» semblent converger eu arrière, comme chez les singes. Pourtant il n'y a point de diastème entre la canine et l'incisive externe. Enûn le volume des grosses molaires, comme l'indique l'inspection des alvéoles, va en augmentant de la première à la troisième et celle-ci, la dent de sagesse, a cinq racines, par conséquent cinq cuspides. On peut rapprocher et l'on a rapproché de ce maxillaire singulier une autre mâchoire, qui lui ressemble d'assez loin, la mâchoire découverte par M. de Yibraye dans la grotte d'Arcy (âge du mammouth) et la mâchoire du Tnmdu-Frontal (âge du renne). Relativement à la netteté de l'empreinte simienne, ces trois maxillaires peuvent se ranger en série. Selon M. Fruner-Bey, ils auraient tous appartenu à des individus de petite stature et à crâne court, brachycéphaJe. Notons en passant que l'anthropologie est encore trop peu avancée pour qu'il soit permis de voir dans ces reconstructions anatomiques inductives autre chose qui des conjectures plus ou moins vraisemblables. H. Pruner-Bcy veut aussi rapporter à ce. type hypothétique brachycéphale, la fameuse mâchoire de Mouliu-Quiguou. Cette dernière, très-vraisemblablement quaternaire aussi, et qui a fait dans le monde scientifique un bien autre bruit que la mâchoire de la Naulelte, n'a d ailleurs absolument rien de simien. 11 en est de même d'un autre maxillaire trouvé par H. Dutertrc dans le tuf de Châtillon. Notons eu passant cette diversité, ces types humains, si variés déjà à l'époque du mammouth. Les célèbres ossements de U grotte de Cro-Magnou, près des Eyzies, sont une preuve plus frappa u te encore de cette diversité. L'homme des Eyzies, contemporain du mammouth et du renne, était de haute taille, de forte structure, très-dolichocéphale. Son cerveau était fort développé (capacité 1590 c. cubes pour un homme ; 1450 pour une femme.; sou front bien conformé. A côté de ces indices d'aristocratie ethnique, on en remarque qui accusent l'infériorité. L'homme des Eyzies est « ange et bète a. Notons avec M. Broea [Bull, de la Soc. d'anlhrop. de Paris, 2e série, 1. 111) le progiutisme alvéolaire, rénorme développement de la branche monlanic du maxillaire inférieur, les larges et rudes insertions musculaires, surtout la suture précoce et simple des os du crâne, s' effectuant d'avant eu arrière, contrairement à ce qui arrive chez les races civilisées, enfin et surtout, un caractère sur lequel nous insisterons un |kui plus longuement, la conformation spéciale des tibias latéralement aplatis, en lame de sabre, suivant l'expression consacrée. Celle forme particulière du tibia, qui aujourd'hui lie se trouve plus guère que chez les grauds singes, paraît avoir été fort commune chez l'homme préhistorique. On Ta constatée tu effet sur des tibias extraits par M. Busk, dune caverne près de Gibraltar, >af fous les tibias extraits du doUneu de Q\aiuaut> de l'âge de la pierre polie, sur
:eux du doimeu de Main tenon, sur un tibia extrait d'uue carrière de Clichy, par II. Bertrand ^Eugène), etc. Cette forme était fréquente alors, mais point générale pourtant, puisque les cavernes du bord de la Meuse ont fourni des tibias à coupe xiangulaire, tout à fait analogues aux tibias européens actuels.
Un autre caractère plus curieux et plus simien encore a été fréquemment noté sur les humérus de l'âge de pierre, c'est la perforation de la fosse olécrânienne le l'humérus. La présence de ce caractère n'offre d'ailleurs rien de régulier. 11 manque sur trois humérus trouvés à Cro-Magnon (âge du mammouth) tandis qu'on le rencontre sur un humérus de la caverne dite le Trou-du-Frontal (âge du renne). Sur vingt-sept humérus trouvés à Chaînant (âge de la pierre polie), deux avaient la, perforation olécrânienne et dans la caverne d'Orrouy (âge de brouze), sur trente-quatre humérus, huit présentaient la perforation 'naturelle de la fosse olécrânienne. 11 faut noter que cette particularité anatomique trèsrare, de nos jours, était déjà peu commune en France à l'époque mérovingienne puisque la sépulture mérovingienne de Chelles n'a fourni sur mille tombes ouvertes que cinq humérus perforés.
Les débris crâniens préhistoriques, surtout ceux de l'âge de pierre, sont bien plus précieux encore que les os des membres pour qui s'occupe de l'évolution des races humaines. Les caractères d'infériorité, dont nous avons cité la fréquence sur les tibias et les humérus préhistoriques, s'accusent aussi avec une fréquence et une évidence non moins grandes sur les crânes des mêmes époques. Déjà nous avons brièvement décrit quelques maxillaires inférieurs plus ou moins simiens. Nombre de maxillaires supérieurs sont aussi remarquables par un degré plus ou moins accusé de prognathisme, soit des dents, soit des alvéoles, caractère bestial, constant aujourd'hui encore chez les microcéphales et les races inférieures.
Le prognathisme alvéolo-dentaire était fort accusé sur les crânes découverts à Chaînant (province de Namur), par le docteur Spring. L'angle facial mesurait seulement 70° et le crâne était fort petit, comme il arrive ordinairement en pareil cas. Un crâne trouvé par le docteur Dupont daus le Trou-du-Frontal (âge du renne) était aussi très-prognathe. Le même caractère a été constaté sur des crânes préhistoriques des environs de Badeu (archiduché d'Autriche), sur d'autres crânes des bords du Rhin, du Danube, sur un crâne exhumé d'un tumulus de l'âge de pierre, à Borreby, en Danemark, etc., etc.
Le prognathisme est si habituellement lié à un petit développement crânien, et à des formes crâniennes inférieures que l'un peut presque sûrement se déduire de l'autre quand il s'agit de races ; mais relativement à la crâniologie préhistorique, nous n'en sommes heureusement pas réduits à de simples inductions. Citons d'abord le crâne trouvé, eu 1857, par le professeur Fuhlrott d'Elberfeld, dans la caverne de Néanderthal. Ce crâne présenté au Congrès scientifique de Bonn, la même année, eut une fortune analogue à celle que rencontra la célèbre mâchoire de la Naulette. Parmi les assistants plusieurs se refusèrent d'abord à y voir un crâne humain. Ce n'est pas ici le lieu d'en faire une description détaillée, rappelons-en seulement les principaux caractères, qui sont son extrême épaisseur, et surtout la présence d'énormes bourrelets sourciliers tout à fait comparables à ceux du gorille. La capacité de ce crâne si curieux ne peut se déterminer que par approximation, car la région inférieure manque, néanmoins on peut l'évaluer à 1,200 centimètres cubes environ. On trouve avec ce crâne des os longs, fémur, humérus, radius, côtes, etc., indiquant un homme de &Ut.v\tfe
mer. xxc. XVII. Kft
toi UWLISATIO.V
xuv>nn*t : mai* ce* r/wfûeuts étaient d'une épaisseur très-grande et portaient de v**-pr*><!r>nde* empreintes musculaires.
XntMfi indice précis relativement a l'âge des ossements de Nêanderthal ; point 4<h d'animaux, d'objets ouvrés et de plus la caTerne produite par rinfUtraùoi et refoulement des eaux était à double orifice. Les ossements étaient couvert* de dendrite* et happaient à la langue. Lyell les suppose de même âge que les os* ment* trouva par Schmerling dans les caTernes de Liège. Aussi Huxley a4J wmparé le crâne de Nêanderthal à un crâne analogue découvert dans la caverne d'Krigj», prê» de Liège, en compagnie d'ossements de mammouth, de rhiuo- (J'tm, r,U% Néanmoins les caractères simiens sont infiniment moins accentué» sur Ut <:rktw d'Engis. Les bourrelets sourciliers sont moins saillaqts, le frontal it*î\m étroit et moins étranglé en arrière de ces bourrelets.
Aucun de» crânes, relativement nombreux, découverts dans les tumulus dd |j/?fodi!* plu* modernes de l'âge de pierre ne se peut comparer au crâne de Néandertlial. Parmi les plus anciens crânes tumulaires, on peut cependant cher un (If* ceux qui ont été trouvés à Borreby,en Danemarck, et qui est remarquabif au»»! par de volumineux bourrelets sourciliers, l'étroitesse et rinclinaisoo eo arriern Au frontal, l'aplatissement du vertex. On pourrait même établir une strie rétrograde a**oz bien nuancée, dont le crâne de Borreby occuperait l'échelon le plu* élevé et celui de Nêanderthal l'échelon le plus inférieur. Le crâne d'Envi Mirait le lien intermédiaire. Au-dessous du crâne de Nêanderthal on pourrait pincer le» crAnon des grands anthropomorphes, particulièrement le crâne di cliimpanao jeune ; uu-dessous, mais à une grande distance, que pourraient ieab combler de» crAne* do microcéphales humains.
1/hiMiiiiin do llnrrchy parait avoir été contemporain de l'unis et du bison. Di niiih doute iiHnisté aux dernières grandes modifications géologiques de l'Europe. Apt'o» lui viennent les races de l'âge de la pierre polie, races diverses, ne se prêtant a aucune classification générale, mais se rapprochant toutes des types ucIuoIh de l'humanité. A ces époques reculées les races européennes paraifieat avoir été multiples. Les unes avaient le crâne allongé ou dolichocéphale, k» autres l'avaient court ou hrachycéphale. L'homme alors fort mal armé, fortpei prévoyant, presque sans industrie, ne pouvait encore former de grandes agglomérations, par conséquent, il lui était interdit d'émigrer en masse. Chaque petit groupe vivait isolément, sans guère se mêler avec les groupes voisins, contre lesquels il luttait pour l'existence.
On est donc forcé de renoncer aux vastes théories ethnologiques et préhistoriques, par exemple à celle du suédois Rctzius, qui, se basant sur un très-petit nombre de faits, supposait que l'Europe à l'âge de pierre était habitée par uni rnec hrachycéphale, à laquelle avait succédé une race dolichocéphale, probablement originaire de l'Asie et qui avait introduit en Europe l'usage du bronze et b animant domestiques. Comme uous lavons dit déjà à plusieurs reprises, il n'y a pas tle vue générale actuellement possible sur la distribution des races preW toriques eu Europe. La théorie de Hetzius fut d'ailleurs démentie aussitôt aprèt la mort de sou auteur par le fils de Hetzius lui-même, qui a trouvé en Scandinavie «les crânes brachycéphales associés à des ustensiles de bronze. Elle a été réfutée d'autre part eu Angleterre, où M. John Thurnham a trouvé dans les lm§ bamw* ou allées couvertes des crânes allongés accompagnés d'instruments 4e pierre et dans les round barrows ou tumulus circulaires des crânes o«1» el des objets de bronze. Entiu cette théorie a aussi été ruinée par dm faits «■-
ireux en France, où presque tous les crânes de l'âge de pierre, sans en excepter :eux des Eyzies, sont dolichocéphales. Citons ceux extraits des sépultures de Ihamant, de Haintenon, et surtout celui de Quiberon (Morbihan), remarquable >ar sa dolichocéphalie extrême et l'énorme épaisseur de ses parois (1 centimètre). Votons que ce crâne est allongé, à la façon de celui des nègres d'Afrique et des *iéo-Calédoniens. En effet, la région frontale est étroite et sacrifiée, c'est eu arrière ît par la région occipitale que le crâne s'allonge. Pourtant on rencontre aussi ;n Europe des crânes eourts de l'âge de pierre. Retzius en avait trouvé dans le tord; H. Nicolucci en a découvert près de Reggio.
Nous voilà à la fin de cette trop courte revue d'ethnologie rétrospective. Sans loute les faits bien authentiques sont encore trop peu nombreux pour qu'il soit >rudent de formuler des propositions absolues. Il faut laisser la porte ouverte à outes les rectifications, que doit infailliblement apporter l'avenir; néanmoins les lonnées anatomiques confirment encore les données archéologiques sur un point sapital, et là aussi nous voyons se dégager avec une suffisante netteté le fait général si important du progrès successif, de l'évolution lente, de l'humanisation de plus en plus grande du genus homo. Nous voyons qu'au fur et à mesure des progrès de l'industrie, les types humains progressaient aussi, et se dépouillaient peu à peu de leur caractère bestial. Cette évolution anatomique est devenue plus incontestable encore après les intéressantes recherches de M. P. Broca sur le volume comparatif des crânes parisiens du douzième siècle et de ceux du dix-neuvième. De ces mensurations nombreuses et précises on a pu déduire que le volume crânien avait grandi à Paris et très-notablement depuis sept siècles, enfin que, dès cette époque, les classes aristocratiques avaient un cerveau plus volumineux que celui des classes inférieures. Notons en passant que ce rapport entre la position sociale, l'éducation et le développement plus ou moins grand dn cerveau se peut encore constater de nos jours (Parchappe, etc.). Comment, d'ailleurs, cette loi du progrès anatomique ne se vérifierait-elle pas chez l'homme, quand on l'observe, toute question de transformisme à part, chez les autres mammifères. Ainsi E. Lartet a constaté que plus on recule dans les temps géologiques, plus le volume cérébral se réduit chez les mammifères fossiles. Le cerveau s'amoindrit de plus en plus relativement à la tête et au reste du corps ; il recouvre de moins en moins le cervelet et ses circonvolutions sont de moins en mdins nombreuses (E. Lartet. Comptes rendus de V Académie des teiences).
La loi du progrès archéologique et morphologique à travers les âges préhistoriques est donc dès maintenant incontestable. Mais où sont nés les plus récents de ces grands progrès? Qui a introduit en Europe les innovations marquant, i proprement parler, le vrai début de nos états sociaux modernes, c'est-à-dire l'usage des métaux et la domestication des animaux ? Sans nul doute ces bienfaisantes découvertes, grâce auxquelles l'homme a réellement commencé à asservir la nature, par lesquelles il a creusé une sorte d'abîme entre lui et le reste du règne animal, ces découvertes, qui ont été la base et le germe de tant d'autres conquêtes, n'ont pas été l'ouvrage d'un seul homme ni d'un seul renple. Elles ont dû se faire un peu partout et nous avons vu, qu'en Suisse, jertains habitants des palafites avaient domestiqué des animaux avant d'être avenus métallurgistes ; nous savons que de leur côté, et en dehors de toute ommunication avec le vieux continent, les anciens Péruviens avaient aussi domestiqué le lama. Néanmoins en Europe ces précieuses cotum&«a&£ft& ^ràs&ft&X
tVtH 0* '".-i:? a Tj fo-
uine i'W' importée* de I .Vste pour ine larç» aac VMi-j^ksasai l'hiatoÏR a •kwdument ffinftt^ sur /y* iranda ■•hanuprnrai* acaanraî* à m ^kij l'iMiriiitintf* aoiifcrwiit a tout autre >'Jwa* pi i -rr3P-ê* .nmie». 1 urhcotoeai de 4« »n roté insuffisant* pour élucider «u»tte niesiidi i «ruznr. *f ■: -at i la I» yuiMlii|iif qu'il faut demander quelque* Àinnees jKmic* Mrsatanies du» 1er f'iwniiiilf- et *om lf bénéfice d'un certain contxnie.
III ()\>r l'ii!4A^' du bronze ait succédé à celui <*t »a aaesr* . mai*. m*» mm xi-il'-iM <• phi* ou nioiiiH longue suivant le» lnraiiu«» --^j -*i jiuiûtetiik. MHI4 d'où e«l verni le lirons? L'archéoloiàe prehiâUinjpitf ae aeux junïajk r|iM<iMiii une réponse pleinement satisfaisante: et. si eiie a itmiçci!mp« affinais #%!!«% ,d1ùme encore que de grandes migrations ethnique, v*nanc .je iOnaH mtmdoit m r',uro|>e l'usage du bronze et, à la fois, la plupart «le oos jaiman (Iomm 4ln|or< nrlueU, c'est seulement parce que, plus oa moins sciemment, dk .1» h 440 tuNuciicer pur le* données qu'a formulée» la liiunustâfie. Si h mAl Initie du bion/e e*t originaire de l'Asie, elle n'a pu vraisembtaoJejDeiit sût» doue ni l;mo|ie par le nord-est, puisque dans le nord de l'Asie, dans la * finiK uhei tenue*, ou rencontre des traces non point surtout d'un forer de brone. IMII4 plutôt «l'un Age de cuivre préhistorique; les grandes invasions brpjothipii^ trtut de Ion décrites |>ur l'archéologie, les migrations de Celtes asiabffl iMMiidoit IKuiope, n'ont doue pu pénétrer en Europe que par la reginè t mi-ne. où lou ne trouve guère d'indices de leur passage présumé que èm I eliMtidof.ie do* uouei de lieux interprétés avec une complaisance très^naà I thon «pi il eu toit, eotte industrie préhistorique du bronze, dont ou exhume b I li h in pm Imite rKuiv|H' sous les tuinulus, les dolmens et aussi dans les athlili « ^uiiKtw, d.uu le* U*rniiiuuvs d'Italie, etc., est caractérisée du Nord mit p»n iiihi f.i'oule uiuUuoutc. Kilo peut avoir été importée; elle peut aiusitti oc», ••ut pi-no iIuk de* localités diverses, car les formes des instrument liiHiiAiv l«w pluM im« ions sont strictement et servilement calquées sur les ifanfi li ■•. ho he« do pni tr I. intubation ne porta d'abord que sur la matière employa KHI» «m tir 4Hii£r(ui |mh A pivtiter îles qualités spéciales de cette matière ptf <hiutiiH'-i \r piiiiU dt-% .uuk'h et les rvudre plus maniables, pour fabriquer, corn* nu h lu |i|i|4 i ntl. des uxteiitfiles variés utilisables de cent laçons. L'homme etf il«. lut iiiMiihiiiiin-ir r( d autant plu» qu'il est moins intelligent.
Nmi« vmli .)t -, (.u j.owvNum de quelques faits JondtaneaUiix. qu'il ne *" p'iq iitutilr .1, r-i|i|lr|rr .|V;lut de poursuivre.
I. nu im». <|r riintiiin,. Mll |a terre remonte à une éJNfcfae teUement ékipw
qu'elle drii» t,„,t,i r|muiol«i-te.
ri pieiuinr iniiitiiioii ,{c ('tuuuiue était quasî-4wstiaJe. S v se distinguai* du ieMr, dr ! .mi„Mhir. ,|U,- jMr imc industrie spéeufe. mas Ml redimeolaire. «vhVMneinent i.HVn.Muv. ,..„• ■■leiuple. à celle des oa»arv. d» ioarmb,^ alieillefclde u..iuliri- d.'s,»iVes d'.useaui: seulement il viç?«tt non p» fa i..p»deinent% m.u* ,,|Us Xltl. l|Ul. ^.s k.1I|uJes dn ^^ ^^ rt peu i peu* indique, d'iiUud uiiif,.nn,. ÎMr muu la terre, .irriva i * d^nnW de plus* plu> el toit méiaUinMii ,w.i[n \v uavs -t les-niuii» kunai^
Kuliu le> rt^stes hu,iwms l,.s p^ '-1t T-ir riTmiT TfatrriaaniriiT descaradè» lui I accu>e> d uilén,,n«, ..„«.,„„„„,.. D„ tjlm l{> ^ „ ^ kttsSi\»*m l anlliro|HdoMe prVhi*t,,u„u. lmss„ .JUJOIlUîr, ,„,-,„„„,„ JlU^u * courte I existeneo d, :7^ ilimuius ..^^.^i^^. ^ ^ J ^^^^ car 1 homme pithcooQxcptu* .^ ^
uicxcuj» ji0» u ma at mmnmatm m P^
•::tz.:>i?::\ «s»
voyance, rmaA mimmmat ie Àasst. m inar x wr. itik «uvairac à» juv». ques silex plus ou hb irusêraniML': j*rr-s. ue wu.vac vjtiurrc *u tm?*< 1 h manière des grandes mnâiffii îc^rja»*s. L» ^noiàs i/rrts. *rs rw^ fleuves, les variatiams dâmaain^sà» *« 3B^ci«ioç»fs *st«wc wtr \fv iv^ obstacles difficiles <w kbï in&Kts&s à s^n&.Hsvr* >«* ïurèc Àr u ,varçi*i.> tion sauvage des petites ftççiraërfttkc* herarys^ i^nct** «k »Hfck à^à constituées, et aussi de h état des £ru»d> îrlir^ As xthms anasswrst À^s défenses des pachydermes, etc.
D est donc permis de mviaer en d^te et mâ»^
scientifiques, quantité de nrêratkre fantastique* tautemp* ravvtttee* (Mr 3*s
linguistes et les aithèoloeues* sans autre preuve que quelque» tradition** noth^
logiques ou le flexible témoignage de complaisantes etjiuokvies* Hwnutte a dû
naître et évoluer simultanément ou successivement sur de* )*>ints multiple* Ar
la surface terrestre, comme le reste de la faune, dont il se diAèrenciait si peu
au début de son existence. Il n'est point de lieu d élection* de nombril unique
du monde, où l'homme soit apparu subitement et miraculeusement pour de U
rayonner sur toute la terre. Le genre humain a eu de nombreux et bien >astes
berceaux, probablement tous les hauts plateaux, toutes les grande* chahut «le
montagnes émergés d'abord du seiu des océans. Ainsi nous savons à n en pas
douter que l'homme existait en Europe, quand cette partie du inonde était
tBcore séparée de l'Asie par des mers. Néanmoins il est incontestable que do
Soudes migrations asiatiques ont reflué sur l'Europe, des l'aurore dos temps
jtistoriques ; il est probable que d'autres migrations, soit par invasion, soit |iar
lpfiltration, ont eu lieu dans le même sens pendant l'énorme période prèlnshv»
^^ue. Il est tout aussi sûr que l'Asie centrale a vu naître les grandes civilisa-
?J°Jfe, d'où émanent nos modernes civilisations européennes; il est donc permis
admettre dans leur ensemble les théories de la linguistique moderne, suivant Çuelle nos sciences, nos arts, notre industrie, nos langues d'Europe seraient ***" ia plupart des importations asiatiques, mais il est sage de faire don •«rves.
r** J'Hguistique moderne est bien oblige de s'incliner devant les inonnlos-
es résultats obtenus par l'antliropologie proprement dite. Elle u reconnu, s ^on sans peine, l'existence de l'Européen préhistorique des avant toute IJèT**ation asiatique ; mais elle affirme encore que les primitifs sauvage» de "°pe, immobilisés à l'âge de pierre, ont été subjugués et a peu pies détruits
^s flots successifs d'envahisseurs asiatiques, <pii ont introduit en Europe ^ des métaux, les animaux domestiques, l'agriculture et «le* langues 1^tt>s, des langues à flexion. Suivant la linguistique, il existait, trente ^ environ avant notre ère, dans l'Asie centrale, au Nord du l'cud.iiuh, sur lïS*v*U septentrional de l'Hindou-Ko ou Caucase indien, une rare supérieure
^^^ent et physiquement à toutes les niées humaines d'alors. De lit ee type
~ °U aryaque aurait rayonné peu a peu dans les vallées GiclicfuirieuMcs,
Afghanistan, dans les vallées de l'indus et du (lange. Il aurait omipé la
c* abord et |K>ussé des colonies celtiques ou autres dans In (Irece, l'Italie,
l*art, dans le Nord et l'Ouest de l'Europe, d'autre part, emportant et jmj-
'^^tt partout avec lui une langue, qui, unique d'abord, s'eut peu fl |n«u raini-
^** dialectes de plus en plus dissemblables, d'où sont finalement provenu»,
' ^l*Scrit, le Zend, les langues gnWlatines, le Ollique, le Lithuanien, l'Allo-
****• Avec leur langue et leur industrie, les immigrant* auraient pmpftgl
leur religion ou plutôt leur conception toute naturaliste du monde, U pervmnification divine des grands phénomènes de la nature, de l'aurore, du soleil, de b terre, le culte du feu, d'Agni, etc., d'où seraient sorties, par un incessant tnnfl de métamorphose, toutes les mythologies et religions des grandes races blancfc européennes et asiatiques, sauf les races sémitiques ; peut-être même la myuV logie éVrptienne aurait-elle eu la même origine.
On peut accepter d'une manière générale ce grand système, mais néanmoins a frisant certaines restrictions. Rien de plus admirable que le patient et ingéniem travail de la linguistique; elle est parvenue à embrasser d'un coup d'œil presque tous les idiomes, à les grouper en famille, à trouver les lois de leur formation, j tuoutrer qu'une langue est d'abord monosyllabique, puis agglutinative, enfin à flexion ; que uouibre de langues n'ont point encore réussi à franchir le premier et le second de* ces degrés; que les langues de la dernière catégorie, les langue à uV\iou. presque toutes originaires de l'ancien continent, se divisent en deux groupes, le groupe sémitique et le groupe aryen, ayant vraisemblablement évolué separémeut, car ils sont irréductibles l'un à l'autre ; finalement, qu'à l'exception des idiomes sémitiques, toutes les langues parlées en Asie et en Earopr (Kir des hommes de race blanche sont parentes et ont des radicaux communs. \isibles surtout dans le sanscrit védique; que toutes, par conséquent, douent dé ri ut d%uue langue mère éteinte, de Yaryaque. Quant à cet aryaque, hypothétique encore, il aurait été la langue des très-antiques tribus de l'Hindou-kd, dont nous a\on* tout ;\ l'heure dit quelques mots.
r!n étudiant la graduelle déformation des langues indo-européennes et « détenu inaut les lois et la marche de cette déformation, on a cru pouvoir fixa IWjio relatif des divers idiomes. On a aussi tracé l'itinéraire des peuples migrateur*, qui auraient parlé et modifié graduellement ces idiomes. Pour ce faire, oc a note le* lieux, les points géographiques encore désignés, dit-on aujourd'hui. d'\*tc en Kuropo, par des dénominations d'origine celtique. On a même cru iH»it\otr refaire, d'après les radicaux aryaques ou védiques, la paléonudope hovuIo de* ni >«* primitifs. Us auraient connu le cuivre, le bronze, l'or, l'argent. |U «ii\ni«Mit foirer des métaux, construire des chariots traînés par des bœuk \.v\u \ io .titrait été surtout pastorale et néanmoins ils auraient déjà connu u ImuIio, loi ko, ré|KMtitix\ sans pourtant devenir franchement agriculteurs aun: loin amveo on Kurope. Risquons quelques exemples pour faire connaître h niolliotlo oiu|duyéo.
Itii.iiu ont dé»i^ué eu sanscrit par AYAS, pour adyas, forme gâtée de ADY4S. V ptttiilil ot M\S, dompté; l'airain, c'est l'indompté; d'où le mot latin <w. | >illi uiumI ) h/it, l'anglais Father, l'irlandais Atiiir, le latin Pater, le grec «i* mi iiih'ih ni Imii du radical sanscrit PA, protéger. De même mater (Lat.), motker ( Vh>jI i, tanthu- (Ii'D.u^tvo (Grec), mutter (Ail.), dériveraient de MA, pramr. oI«u«Im>, <*.,<.v jtiiivK Tochter (AH.), Daughter (A ngl.), Dear (IrU, sœur. «.mouI i- m du MUM'rit />uAi/ar, venant de DUH, traire, etc., etc. Ourappelk nu oh< qui-, «ol»m I tlénar, les Gaulois prétendaient descendre de Dis le prr? ut ihU /'(Wh i, oi lhn ot tous ses analogues, le latin Dcus, le gi*ec 6iiç, etc., etr . |m(\diuoMl il»' l'i i.uinoOIV, luillaut, j>ourdire le soleil ou bien l'Orient, c'est- .\ \hu !•• |««m • du ioled (l'iclet. Origines indo-européennes. Buntouf. Le Ytd*. Itet-ud huit* <"» de lu Sivirte anthrop., séance du 7 avril 18(H).
V«ii< \iomu-» do leMiiiier brièvement, mais exactement, au moins dan*** àttilti'H ^MuHa|o«( la iliéurie formulée par la linguistique moderne et tu*ib
méthode à l'aide de laquelle ont été obtenues les larges vues inductives sur l'origine et révolution des grandes civilisations d'Europe, que nous avons indiquées plus haut. 11 est temps de soumettre à un examen critique cette théorie et ces inductions.
Nous avons choisi les plus typiques, les plus simples, les plus séduisantes des étymologies indo-européennes. II s'en faut que toutes aient la même clarté. Les Schlegel, les Bopp, les Burnouf, les Schleicher sont bien faciles à prendre en flagrant délit de guerre intestine, et cela suffit aux profanes pour en conclure que la généalogie des mots indo-européens est obscure comme toutes les généalogies. Néanmoins l'édifice de la linguistique générale moderne a été construit avec tant de soin et d'étude, tant d'effort, et de conscience, qu'il y aurait témérité à en révoquer en doute les données principales. Admettons donc avec les linguistes l'existence préhistorique, sur les hauts plateaux de l'Asie centrale, d'une race d'austères pasteurs, nobles, intelligents, lyriques, déjà en possession d'un notable bagage de sentiments élevés, de connaissances pratiques, d'une langue à flexion, ou en voie d'arriver à cet ultime degré de l'évolution des langues. Hais n'oublions pas que cette race maîtresse n'a pu naître instantanément, comme un cristal se précipite dans une solution saline sursaturée, qu'elle avait nécessairement derrière elle une longue série de progrès, de conquêtes lentement et laborieusement laites, une évolution intellectuelle déjà bien vieille. Or, si cette évolution d'un groupe humain s'est faite dans l'Asie centrale, elle a pu tout aussi bien s'effectuer dans le Caucase, dans la Gaule, en Grèce, en Italie. Partout des hommes d'une organisation analogue ont dû éprouver des impressions analogues, les formuler par des cris, des onomatopées, des mots analogues, et la ressemblance des idiomes n'implique pas nécessairement la parenté ethnique des groupes , des races qui parlent ces idiomes. Même langue ne signifie pas même sang, quand même on ne tiendrait aucun compte des grandes invasions probables de la propagation de langues étrangères par voie de conquête brutale.
Cette manière d'interpréter les analogies des langues indo-européennes, où il doit bien y avoir une assez large part de vérité, laisse d'ailleurs intacte l'œuvre merveilleuse de la linguistique moderne, puisqu'elle révoque seulement en doute la généalogie, la filiation proposée des formes verbales et point leur groupement, leur classement méthodiques. Ce n'est pas d'ailleurs une simple hypothèse, mais une induction suggérée et étayée par des faits.
Si, par exemple, comme l'ont fait il y a quelques années H. Buschmann et tout récemment M. Lubbock (Origines de la civilisation), on compare les mots désignant le père et la mère dans presque toutes les langues du monde, on voit que fies mots se réduisent à un certain nombre d'articulations, qui sont précisément celles que fait entendre l'enfant alors qu'il balbutie. Dans tous ces mots, les labiales et les dentales régnent presque exclusivement. Enfin, l'on remarque que les consonnes fortes figurent habituellement dans les noms du père, les douces et les nasales dans ceux de la mère. Cette loi de développement analogique se vérifie d'ailleurs dans toutes les branches de l'évolution humaine. Ne savonsnous pas que, par toute la terre, l'homme a suppléé à sa faiblesse native eu s'armant d'abord de silex éclatés, puis de silex taillés, enfin desilex polis, revêtant partout les mêmes formes, chez l'homme préhistorique comme chez le sauvage actuel, comme chez les Francs, les Scandinaves, les Normands des premiers siècles de notre ère? Les tumulus, les dolmens, les menhirs si longtems considérés comme les jalons de l'invasion Indo-Européenne ou Celtique sont uu ^v\ \ta Vuo&
les pays. LcsKhasias de l'Hindostan en dressent encore ; mais les Titien* arml des pierres levées, les Indiens d'Amérique édifiaient des cromleks, si l'oneucnit Lafitau (Mœurs des sauvages américains). Enfin on a trouvé par milliers à» l'Afrique septentrionale des dolmens de l'âge de fer.
Rst-il au moins certain que la domestication des animaux soit une inventai asiatique importée en Europe? Pas le moins du monde. L'homme a domeftiaaj des animaux un peu par toute la terre. On peut même soutenir, et l'on aeoeftt soutenu, que beaucoup de nos races domestiques d'Europe sont européennes (f«i» gine. Nos petites races de bœufs, de porcs, de chèvres des Grisons vieodnieal non pas des races domestiquées de l'Asie, mais des petites races de nos tourte* UUrus primigenius d'Europe aurait founii plusieurs grandes races bovin». 1/ cheval, qui a longtemps coexisté avec l'homme en Europe, avant toute immign» tiou asiatique, y aurait été domestiqué, etc., etc.
Les Kaffirs ou Siâh-Pôsh de l'Hindou-Kâ ont encore aujourd'hui des dinaris védiques (Pandu, Lamani, Schuruyali); ils vénèrent le feu, comme les chante Védas vénéraient Agni, mais ils sont blonds, ont des yeux bleus, le teint Maire! nous les trouvons comme perdus au milieu de nombreuses population fm brun plus ou moins foncé. Peut-être les Kaffirs nous représentent-ils les denn» I débris des aryas védiques, mais il est difficile de les regarder comme lestype J ancestraux des populations grecques, latines, gaéliques, aux cheveux noirs H as I yeux bruns. Enfin si l'on consulte les traditions aryaques, les poèmes sanscrits. | on y trouve seulement le souvenir légendaire d'invasions dans la péninsule niai* I. stanique, à Geylau, etc., mais pas la moindre réminiscence d'émigrations wg l'Ouest. D'autre part, le bagage traditionnel des vieilles races d'Europe ne ■* éclaire guère sur l'origine de ces races. A peine, à grand renfort d*éruditi«el parfois d'imagination, parvient-on à rapprocher la mythologie grecque de h r mythologie védique, et en s'en tenant à cette unique source d'information, a n'est véritablement autorisé à rattacher généa logiquement aux Aryas védicjttes<|* les plus vieilles populations de la Perse ayant parlé la langue sende, et dont h traditions poétiques indiquent comme berceau de la race l'Iran, l'Iran délkiefl. qu'il est peut-être permis de placer sur les plateaux du Caucase indien.
La conclusion la plus vraisemblable est que l'espèce humaine a eu ses neprisentants primitifs un peu partout ; que chaque groupe a évolué isolément pédant un long laps de temps; que la rapidité de cette évolution, rtod* nécessairement progressive par la lutte pour vivre, a été fort inégale suivant k lieux et les climats; que là où les groupes humains n'avaient pas a se débattit sous l'étreinte d'un climat de fer, ils se sont améliorés plus rapidement, ri perfectionné leurs armes, dompté les métaux, domestiqué les animaux; que W* nombre croissant avec leurs richesses et leur puissance, ils ont peu a pu rayonné autour d'eux en subjuguant les groupes moins avancés et en se fonda* avec eux ; que cette fusion a influé non-seulement sur le sang, la race, mai* aussi sur l'industrie, les langues, qui, dans nombre de cas, avaient déjà de grande analogies, et que le groupe indo-européen est le résultat de tous ces effort** àc tous ces conflits, de tous ces mélanges, une simple résultante où l'élément asiatique a vraisemblablement dominé.
IV. Dans les pages précédentes, nous avons brièvement résumé ce q» h» diverses sciences anthropologiques nous apprennent ou nous suggèrent mît If passé le plus lointain, sur l'évolution de l'homme, sur l'origine des arts inA* triels les plus indispensables à l'existence et au progrès de l'humanité, *urlr
rMe prépondérant joué par certaines populations blanches de l'Asie centrale dans le développement de l'esprit humain. En résumé, nous avons succinctement retracé le tableau de l'évolution humaine dans le temps, et déjà cet examen, quelque incomplet qu'il soit, nous a permis d'affirmer comme indéniable l'existence et la nécessité du progrès. Nous savons que l'homme a débuté par n'être qu'un mammifère bimane en tout comparable aux autres espèces animales, qu'il s'en est lentement distingué, qu'il s'est ennobli par un graduel développement intellectuel et déjà nous pouvons appliquer le mot civilisation à cette évolution que rien n'arrête, et où les conquêtes s'engendrent l'une l'autre avec une vitesse acquise et accélérée comparable à celle des corps tombant dans l'espace. Nous pourrions aussi noter les principales phases de ce mouvement progressif et tenter sur-le-champ d'en indiquer les lois principales. Mais notre travail d'enquête préliminaire est loin d'être terminé; car l'homme n'est pas un être un et partout semblable à lui-même. Physiquement, moralement et intellectuellement c'est un être étonnamment, divers ; car muable et modifiable à l'infini, modelé tous la pression multiforme d'influences externes fort variées, il s'est trèsinégalement développé et dans des directions très-divergentes suivant les contrées, les climats, la grandeur ou la faiblesse des obstacles à surmonter. C'est pourquoi, après avoir déterminé ce qu'a fait, ce qu'a été l'homme dans le temps, bous voulons étudier ce qu'il est encore dans l'espace; nous pourrons, pour cela, exploiter une mine de faits bien autrement féconds que les données de l 'archéologie, de l'anthropologie, de la linguistique ; nous verrons de nos yeux l'évolution des races humaines en pleine activité et cette série, que nous avons si péuiblement reconstruite dans le passé, nous pourrons la contempler vivante, agissante, réalisée simultanément à tous ses degrés dans le présent. Alors vivement éclairés par cette vue d'ensemble à la fois complète et concrète, il nous ■era peut-être possible, sans témérité aucune, de prolonger la courbe ascendante de cette évolution progressive bien au delà du terme où s'arrêtent forcément les investigations uniquement basées sur les langues et les reliques des âges écoulés, et imitant l'astronome, à qui trois points suffisent pour tracer sûrement l'orbite d'un astre, nous indiquerons à l'avance la route que l'humanité est destinée à parcourir à travers les siècles à venir.
Tout d'abord il est très-facile de constater les époques, les étapes archéologiques, échelonnées aujourd'hui dans l'espace, comme elles l'étaient jadis dans le temps. Il s'en faut que l'âge de pierre ait disparu de la surface du globe, et ses représentants actuels sont même trop nombreux pour qu'il nous soit possible de les décrire tous. 11 nous faut nous borner à citer quelques types caractéristiques en donnant cette fois ce que l'archéologie est impuissante à nous donner, quand elle nous parle de l'homme préhistorique, c'est-à-dire le portrait moral de ces races attardées.
Au degré le plus infime nous trouvons les Pécherais de la Terre de feu et les Australiens. Les voyageurs s'accordent tous à nous faire de l'état social des Pécherais le plus triste tableau. Ils nous les montrent vivant eu tribus fort peu nombreuses, qui "s'eutre-tuent et s'eiitre-dévorent sans trêve. A peine sont-ils vêtus de quelques peaux de veaux marins. Us se blottissent la nuit dans de misérables cabanes eu forme de pain de sucre, qui sont infectées d'exhalaisons suffocantes. Le jour, on les voit se tapir autour de misérables petits feux en plein air, tandis que leurs femmes, considérées par les maris ou plutôt par les mâles comme devrais animaux domestiques, entrent dans l'eau pendant la sav-
fcU CIVILISATION.
«on la plus rigoureuse d'un rigoureux climat, afin de recueillir descoquiltap*, de* patelles, des moules, des crustacés, des œufs de nier, etc. Hommes et in» mes sont d'une dégoûtante saleté. Ils vivent, et le fait est bien curieux à noter, à la manière des primitifs habitants du Danemarck et, comm? eux, ils an» cèlent en kjôkken môddings modernes leurs coquillages vicies, leurs débris è cuisine. Partout les mœurs sont en corrélation rigoureuse avec le degré de dé* loppement intellectuel ; c'est dire qu'elles sont fort bestiales ches les patron êtres dont nous parlons. Point de mariage. C'est là d'ailleurs une institut» relativement moderne. Les Pécherais, comme tant d'autres sauvages, ne cornussent que le rapt suivi d'un accouplement animal. Nul égard, nulle pitié pw les femmes, qui sont des bêtes de somme en temps d'abondance, des alimenta de réserve en temps de disette. Quand une faim trop forte talonne la tribu, dit Filzroy (Voyage de VAdventure et du Beagle), on prend la plus vieille femar de la troupe, on l'étrangle, tout en lui maintenant la tête au-dessus d'un fea et bois vert, puis on la mange en commun. Quand on leur demandait pourquoi ik ne mangeaient pas plutôt leurs chiens, ils répondaient : « Le chien prend l'Iappi, c'est-à-dire la loutre. » Notons que chez les Pécherais, comme ches la plupart des races inférieures modernes, on trouve déjà un animal domestique, le chien, qui très-sûrement n'est pas à la Terre de Feu un cadeau des Àryas védiques H qui est, d'autre part, le seul quadrupède assez sociable pour s'accommoder è tels maîtres.
Le continent australien nous offre un autre échantillon humain de l'âge k pierre ; mais ici les documents précis relatifs au type physique, à l'industrie, aux mœurs sont aussi nombreux que complets. L'homme d'Australie a la peu sombre, couleur chocolat. Notons en passant que toutes les races inférieure* modernes ont la peau plus ou moins foncée. Le crâne australien est petit, étnit et particulièrement peu développé dans la région frontale. M. Bertilks ( Voy. Australie) leur accorde, d'après Morton, une capacité crânienne moyen» de i ,238 ; mais le même Morton a vu cette capacité s'abaisser chez une femme i 1,061 centimètres cubes, ce qui confine à la limite de l'idiotie che* les ne» européennes. Le trait le plus saillant de la physionomie australienne est un prognathisme considérable, une sorte de museau simien. Ces mâchoires prognathes sont armées de molaires énormes, ayant souvent cinq . tubercules et contrairement à ce qui s'observe chez les autres races humaines, ce n'est pas b première molaire, qui est la plus volumineuse, mais bien la seconde et mèmeb troisième. Nous ne parlons que pour mémoire de la gracilité des membres, et b proéminence abdominale, de l'absence de mollet. L'industrie australienne peat se classer dans la période la moins avancée de l'âge de la pierre polie, mto dans l'Age de bois signalé par H. Broca comme ayant devancé tous les autres. L'arc est inconnu à l'Australien. Les armes ordinaires sont une grande lance et bois, un casse-tête en bois, une arme aussi en bois, le fameux boomerang spécial à l'Australie, enfin des haches en pierre grossièrement polie, rappelant à s'y méprendre certains échantillons archéologiques de l'âge de pierre européen et fixées à un manche de bois à l'aide delà gomme-mastic xantorrhéa. L'Australien qui n'a nulle idée de la pudeur, porte cependant pour vêtement un manteau oV peau de kangourou, grâce auquel il peut cheminer sans dommage dans le> fourrés. La poterie lui est inconnue et la vue de l'eau chaude lui cause une ut* surprise. II ne se bâtit pas de hutte et ne veut pas même habiter celle <p J on prend la umnp de lui bâtir. Il ne connaît d'autre abri qu'un paravent éV
)ranchages élevé chaque soir. L'Australienne est moins une femme qu'une èmelle réduite à la plus dure servitude. Elle suit l'homme à la chasse eu porjuit sur son dos les enfants et le petit bagage de la famille ; à la main, un tison inflammé qu'elle a charge d'entretenir; car pour l'Australien, allumer du feu st une difficile affaire. A la femme encore est dévolu le soin de préparer le repas omposé de tout ce qui peut se manger, mais elle ne se nourrit que des restes le l'homme et on les lui jette comme à un chien. Ajoutons que le mariage de 'Australienne a toujours pour origine le rapt le plus violent; qu'il est précédé, i partir de l'âge de dix aus, de la plus bestiale promiscuité et toujours suivi de a prostitution (Eyre, Discoveries, etc.) et concluons que le mariage australien le diffère guère de l'accouplement animal. Ce sont là surtout les mœurs de I'îih •érieur du continent australien. Sur les cotes, nous trouvons des tribus, qui mtassent encore des débris de cuisine, comme le Danois préhistorique et le Pécherais, qui dépècent à belles dents et en troupe les cadavres des baleines échouées, et qui, quoique vivant sur le rivage de la mer, ue savent pas construire un canot. L'Australien n'a d'autre animal domestique qu'une sorte de chien à demi-sauvage, le Dingo, qui est plutôt un associé chassant de compte à demi avec l'homme qu'un véritable animal domestique. En temps de famine, et les famines sont fréquentes pour l'homme d'Australie, on mange les enfants et les femmes, même les cadavres qu'on exhume. Après trois jours d'inhumation, disaient les Australiens au missionnaire Salvado (Mémoires sur l'Australie par R. Salvado), un cadavre humain est encore un mets passable. Notons que dans ce cas il ne répugne nullement à la mère australienne de manger sa part du cadavre de sou enfant.
Nous avons tenu à esquisser avec quelques détails la physionomie des types humains actuels, qui nous représentent le mieux nos primitifs ancêtres des premiers temps de l'âge de pierre. Si l'espace ne nous faisait défaut, nous pourrions très-facilement trouver dans l'humanité moderne et grouper en série tous les types humains intermédiaires, suffisants pour combler l'intervalle entre le Pécherais, l'Australien, le Tasmanien et les peuples caucasiques les plus industrieux et les plus intelligents. Nous devons nous borner à une sorte d'énumération. Citons encore comme appartenant à l'âge de pierre primitif les Boschimans, de l'Afrique australe, errant par famille, sans maisons, sans asile, se blotissant dans les cavernes, dans les anfractuosités des rochers, sous les arbustes, se nourrissant de larves de fourmis, de serpents, de racines, puis les Dokos de l'Abysftinie, les Andamanites, les Veddahs de Ceylan, les Orangs-Benna de la presqu'île de Mala, de Sumatra, et les Kamstchadales des rivages arctiques de l'Asie.
La phase moyenne de l'âge de pierre pourrait être représentée par les Peaux- Rouges de l'Amérique du Nord, tels qu'ils étaient, lors de la venue des Européens. Us vivaient en nombreuses tribus, ayant un commencement d'organisation, de hiérarchie sociale; ils obéissaient à un chef, connaissaient l'arc, savaient se bâtir de vraies cabanes, des wigwams, mais n'avaient ni animaux domestiques ni agriculture. Ils vivaient dans un état de guerre perpétuelle, uniquement préoccupés du souci de tuer le bison, de pêcher le saumon, de détruire les tribus rivales, de manger des nations, suivant une expression iroquoise. On peut classer dans le même groupe les Puharreis et les Paharias des montagnes de l'Inde, les Bheils du Hadjepoutana, les Garros, Nogas, Khasias, vivant dans l'Hindostau et vers la vallée du Brahmapoutra, enfin les races Brésil io-Guaraniennes de l'Amérique du Sud. Le troglodyte anthropophage des ca\extie& ^\^
historiques de rhuuvaux se pouvait encore rencontrer îl y a peu d'année* ihr* !«•» grottes du pa\s des tlaflYes llassoutos. Là gîtaient dans des grottes profonde dis groupes d'au thropophages, habitant pourtant un jwiys fort giboyeux, oui* wvant autant 411c passible de la chasse a l'Iiomme, et débitant méthodiquemr* : loin* proie humaine, aunino d'habiles bouchers (Anthropological Reriew, I8ft.
(l'est là. il est uau un cas de canilKilisme accidentellement produit par» £i\uuU désastres, au milieu desquels avait sombré la civilisation relativenkc atattece de la tribu : tuais un état social analogue a existé ou existe encore ciri un il i'a ml nombre d'insulaires de l'océan Pacifique, qui tous étaient à lap* la pierre polie a\aut leur owifaet avec les Européens, (liions, à titre d'exemple. 1* Niv-dlcdoiuciK. anthropophages, comme on l'est habituellement dans les ik» où manquent le* grands iu.uu m itères, comme l'étaient encore les Vitiens, cornu* l'axaient ete les lai tu-us. pourvus les uns et les autres, et en abondance, déchira et de porcs. On viit aussi «pie chez la plupart de ces insulaires, l'humanité, b pitié, la ntoraii.v. m «et à peu près inconnues. Les \éo-Calédoiiieiis abandon»*: ou luctil Icn malade^ et le** Meillanls. Ainsi font les Vitiens ; ainsi font k Esquimaux, ces ^vi-is repre^u'aiits de l'âge du renne, ete.
Le* Kaïïitx tic i'.V:'jMi!"-i.i!L nv pe Lient encore, comme nous l'avons vu. pr des traits uouiL'reux. ii * \ -vis -k-dsteurs: mais la phase pastorale, par Ijqudt ont pa%M/ U> ^'a.u-s iv.-iM.'i** e> plus importants du vieux continent, et i|t djm s u » se c i j -vm : ici '. :• 'i 1 ^i- n ■ i • 'çque • poiurrai t être rangée à côté de lift : * Uviue des atciio .■■i-c*'». v*1-'* rcise si importante de l'évolution sociale. Atf U \»»}\*ts durer .'v .1 «.-nez jicu des peuples, notamment dans l'Asie sepk*tii.«.u'.. '. I: •■; :•. •■.•:■■•:• r.i".e. Eu Asie, nous la rencontrons chef les cl m-i'iu.'î •..:.•:> ■>.i;-.i-"i:^. -.t-i- :.i:is Les castes plaines du nord de ce couline-^i- \hvi le* i.',uN.>. •■«* >i.:'i l^. ïp'< du lac Baïkal ; chez les Kirghiz. V lt^ki:^. . >. • •• ■ 1 -■'» ■ • • •> ;:• •-•mi de la Lena, de l'Obi, de l'Iéuisei. t — .^ <■ tliii li-* 1 •»:.;.»- .. .i ••■. 11. ëii Afrique, voici les HotteiituK -
liui>> . ..** . • •: •■;.•.- * ■*' -;i-îi (ombreuses, et si peu industrieux <|g>*
in>i«iii jv... - : n > -•• \.\ .i .■>■"*. i'uin. voisins et ennemis héréditaireHr-^-i
[,.* • ,j.: >.. -,.. .■. ,. .1 .:■■*. *«ut déjà en voie de passage de l- / --»!
|i.-i*i ■.■-. w : j •■ i.-i-. ■■■ .> . ->•■ «• Mii-^ho, le melon d'eau, la eau* ■«.--» mu '"■ »• > :»( «■■• ■ '«■ .i-'- ■". ■■.:•* :dm* mit même essavé la cultunn if Jrmn-'.: .' ■• «.i ■•■ :. «• ••■-, . -i- ^«i>>4iii teriiicntéc, sont vaimrarviii
|n»ii-r> :..: » ■-■.!.«.■ ■■ \m- ;. ■; r^v U.» ùt, sont organisés en pi-tiul ~ti\ uii»:..--- ?.. .■■• t-f. . . «.•.-*-.• .t.- l .y. «I.u-fres». L'état social dis iault > r»t pli» - ■ ...- :i :. ...»*• :• * îi'^its atricaiiis. Pourtant un«i» »■■
d i>r^.iiu*<-'. . .- ■ ...-t - 1*, -\ -..r <» !.i rt'^ùm des soiinvs du Nil.»* . '* uiniLiii In- ..: H ■ — 1. •. ..-.. ;*, ....;.• TMiito fur le capitaine SjuLf lhi\ rtryvfth* >.-.-:? •;:' .7v \; * . ■;•■.:■.** la .ai-nature du |K»u\oir abMilu. Knl»*in ^ ^rando ii,..-.i: :... * *. . ti...- :.. *. . i'i i :/.:eih;e et le Miig mauii'op^ ii- • -** finUiiit nt j*:.»'r-". :. i- :::.:i:ï .«.* rV.1'-» ^^jvtiipie^plus savaimni'iit i»ni- -f-*«» et -hM7 iMin'Mijj.l.^ • ■ -;T.ui|. * 11 . ;•....: ■. :;l-^ asiatiques, à crlb" dr Sumin «-*exemple, uù >ui -111- ;* -pul > ? i> >n •:• .:.-{ à <i\ millions ii'habîtant>. 11:1/'" homme. If mi. a li di-.r. d- ^ t: : .;-i^uL
Au-di*ssu> de la iumimii lii> *. «::i-.i^- se place tout uaturi'llrmeiinl !»• ■»/ î
mi le ^stî-ui. r;-:.Mian.hique .1 r\:ali>é sa tonne la plus >v— — ?\fli«p[nv de tcinp> immémorial une civilisation fi»rl 3» ^«-
■* Ou rit beaucoup en Europe des Chinois, mais ils ont le mérite d'avoir su les
J premiers proclamer bien haut la prééminence du pouvoir intellectuel, et d'avoir
~~: tenté, par leur institution du mandarinat, de proportionner l'influence sociale
* de cliaque individu à sou degré de savoir. Enfin, le Japon actuel nous représente ^* dans ses traits principaux l'image de notre société féodale européenne d'il j a £=' quelques siècles. De là, rien de plus facile que de passer, sans quitter les anneaux *&* strictement unis d'un graduel progrès, dans notre Europe contemporaine, dont
— j révolution nous est maintenant très-exactement connue. Nous pouvons sans
* -peine évoquer devant nous l'image de l'Européen préhistorique, le voir aban* ^ donner la caverne de ses ancêtres pour les pilotis des palafites et la hutte
enfumée. Puis la hutte fait place à la cabane ; celle-ci devient maison étagée,
percée de fenêtres, munies bientôt de ces précieuses vitres inconnues dans
l'antiquité aux Grecs et aux Romains. Un progrès en provoque un autre. Le
, : vêtement, les armes, les moyens de transport, la production des aliments, se
-~-2i perfectionnent comme la demeure, et avec Une vitesse constamment' croissante.
t {Voy. Foucou, Histoire du travail, 1868, in-12). Le chiffre de la population
l'accroît avec les ressources. L'homme se polit par des contacts sociaux de plus
.' en plus répétés. Le travail se spécialise. La science se codifie. Les inégalités
2^. - sociales tendent à se niveler. Enfin la somme du bien-être et du savoir grandit
■^tjs ** progression géométrique.
— Après avoir ainsi embrassé dans un cadre malheureusement trop resserré, -* -* révolution humaine dans le temps et dans l'espace, nous pouvons déjà, sans & témérité, désigner par le mot civilisation l'évolution progressive de l'humanité "" *f <kns les voies industrielle, morale et intellectuelle.
. ^ Quelles sont les grandes conditions de climat, d'orographie, les plus favo- ^ **i*les au début et à la marche rapide de la civilisation ainsi comprise? Quels » ?* sont les grands effets économiques? Quelle en est l'influence sur le mouvement 4^e lm population, sur la durée de la vie humaine? A quelles intimes modifications g*>rales et intellectuelles de l'individu et des peuples correspondent tant de V^tjcI» changements dans la situation de l'homme ? C'est ce qui nous reste à
Ruiner pour achever d'esquisser le vaste tableau de la civilisation. ^ •*"- !* 'homme primitif était trop nu, trop faible, trop désarmé, pour pouvoir ^*V^» prospérer et progresser indifféremment dans tous les points du globe. **«-**» -ment il n'a pu durer, se maintenir, grandir en nombre et en valeur ^-^«^«tuelle et morale que là seulement où le monde extérieur ne lui était pas ■■ ** hospitalier, là où le climat avait une certaine bénignité, là même où la ^Mm"*m^nce des grandes espèces animales n'était pas trop terrible. Les régions "" par exemple, n'ont pu manifestement servir de berceau à la civilisa-
peine de nos jours encore, l'homme, quel qu'il soit, parvient-il à y * Viiie misérable existence. Buckle remarque que des effets tout aussi * pour les progrès de la civilisation se produisent dans certaines régions ^^s humides, où la vie animale et végétale a une exubérance désordonnée, ££ime des fleuves, les phénomènes météorologiques, les convulsions géo- ^ ont une ampleur écrasante, contre laquelle peut à ]ieine lutter même ï de nos jours, aidé de tout l'arsenal d'une civilisation vieillie (Histoire civilisation en Angleterre, 1er volume). C'est pour cette raison, sekd *^> que les Guaranis du Brésil n'ont pas franchi les premières phases <k **tion civilisatrice, tandis que bien avant l'invasion européenne, des cirili» * relativement avancées s'étaient constituées spontanément dans l'Ame-
riquc centrale. On pourrait objecter le fait des grandes civilisations asiatiques où l'homme d'Europe a puisé vraisemblablement une bonne partie de son bapv moral et intellectuel ; mais les investigations délicates de la linguistique mu* montrent le mouvement civilisateur asiatique naissant sur les hauts platoui de l'Asie centrale, avant de rayonner par expansion dans la péninsule hindust*nique, où l'effrayante puissance des phénomènes naturels et la richesse de h faune ne lui auraient vraisemblablement pas permis de durer et de grandir, t'a peut donc regarder comme démontré, que les grandes civilisations antiques me toutes eu pour lieu d'origine des contrées bénies, luxuriantes et assez chaula, où l'homme trouvait sans trop de peine et sans compétition par trop redoutait, une alimentation suffisante et particulièrement des espèces végétales bioâtsantes, qui récompensaient une fort petite culture par une opulente récolte. Citons, après Buckle, l'Inde et le riz, l'Egypte avec les dattes, le dhoumetk lotus comestible, enfin le Mexique et le Pérou avec leur mais et leurs
Les conditions générales, que nous venons d'indiquer, sont à tel point saires et suffisantes, que partout nous voyons l'homme se civiliser sous far influence. Buckle cite l'exemple des Arabes mahométans fondant des société très-civilisées, devenant artistes et savants aussitôt qu'ils eurent envahi les fertiles contrées de l'Asie Mineure et de l'Asie centrale, le nord de V Afrique* l'Espagne. Mais cet exemple est discutable peut-être; car l'Arabe, avant Mahoort. était loin d'être un barbare. Un fait bien plus probant nous est fourni para race mongolique. Aujourd'hui encore les Kamschadales sont à l'âge de pient.ri les ancêtres des Chinois n'étaient pas plus civilisés, si Ton en croit Je* (ni* tions nationales de la Chine, alors qu'ils vivaient en hordes barbares aujM des montagnes du Thibet. Les Tartares mongols vaguent encore dans les arides de l'Asie septentrionale, taudis que les Chinois et les Japonais ont de grandes sociétés civilisées, supérieures même par de certains côtés auiâfr lisations d'Europe.
On a cru pouvoir signaler des vices capitaux comme fatalement attaché* à c* grandes civilisations primitives des pays tropicaux ou voisins des Iropiqi** Elles s'immobiliseraient vite sous la pression du despotisme monarchiques * théocratique le plus absolu. On peut attribuer ce fait, qui semble incontests:^**^' à diverses causes, mais surtout à la bénignité même de la lutte pour vivre, -* l'homme est appelé à soutenir, quand vivant dans un pays très-fertile grandes agglomérations, il a suffisamment triomphé de la nature et de ses de l'animalité. Peu a peu l'on se déshabitue de l'effort, et l'énergie individu* s'éteint là où elle n'est plus nécessaire. On peut ajouter l' incontestable influv*' *^ d'une température élevée, l'éclat de la nature extérieure, l'une engourdissant ' **"■ tclligencc, l'autre captivant l'attention, l'empêchant de se replier, de se o ^* centrer sur elle-même. Buckle donne comme raison principale, le bas priï -*r*-* salaires, résultai du plus grand nombre des prolétaires, d'où le bon ma*"1 excessif du travail humain, puis l'élévation énorme du loyer, de l'intérêt. ■ - ' la concentration fatale d'immenses richesses entre les mains d'un petit ihh »*•-**■ et le déitùmcnt absolu île la masse déshéritée, qui livre cette masse à la nr* des castes privilégiées, Ajoutons que la marche du progrès est excessiver-"-^" " lente; que l'homme, comme nous le prouve encore l'histoire des siu^ M—f'actuels, n'a d'abord connu d'autre règle que la force; que, dans les société* ^
meutaires, l'oppression semble chose naturelle aussi bien à l'opprimé qu'i ty presseur. Les maux, que l'individu supporte dans ces sociétés impitoyabVftV
st prêt à les l'aire subir aux autres, le cas échéant. 11 faut des milliers et des nilliers d'années pour que les idées de droit, de justice, de liberté, etc., 'éveillent dans le cerveau humain, et notre histoire positive n'est que d'un our.
Quoi qu'il en soit, après être née dans les chaudes et fertiles régions du globe, a civilisation na rapidement progressé qu'en se déplaçant, en gagnant les contées tempérées, notamment le bassin méditerranéen et l'Europe. Là, l'homme, téjà maître de connaissances lentement accumulées et d'un prix inestimable, a rouvé les conditions les plus favorables à son plein et entier développement, uu limai doux, une température qui n'énerve point, une nature extérieure facile à lonipter, d'où pour lui une série de victoires aisée», qui lui donnèrent une grande onfiance en lui-même, l'excitèrent à chercher, à triompher encore. Il y a là un bème infini pour l'observation sociologique, mais nous devons nous borner aux nelques propositions précédentes et passer à l'examen forcément tout aussi ipide d'un autre coté de notre sujet.
VI. Il est bien intéressant de suivre parallèlement au développement de l'huuwité, en nombre et en puissance, les modifications corrélatives qui se produisit dans les besoins, les appétits, la moralité et l'intelligence de l'homme.
En effet, tout homme complet est pourvu de besoins nutritifs, de besoins ensitifs, et enfin de besoins moraux et intellectuels (Letourneau, Bulletin !e la Société d'anthropologie, 1867, et Physiologie des passions); mais tous es hommes ne sont pas complets, et au début de la civilisation, les besoins les Ans inférieurs priment tous les autres. L'homme bestial de l'âge de pierre, le roglodyte préhistorique des cavernes belges, l'Australien, le Pécherais, le Bo- Mman, etc., sont presque uniquement asservis par le besoin de manger. La Snm« une faim féroce, les torture incessamment et éteint chez eux toute floraison «Morale et intellectuelle. Aussi leurs mœurs sont-elles tout à fait animales. Le fttriage par capture a été et est encore, comme le démontre Lubbock, la forme *fcwièrc du mariage ou plutôt de l'accouplement humain par toute la **£. Dans cette grossière phase nutritive, la femme est pour l'homme un **ple animal domestique, que l'on bat ou tue, selon son caprice. « Si l'on tmine les femmes indigènes, dit Eyre, en parlant des Australiennes, on en fvera fort peu qui n'aient pas de terribles cicatrices sur la tête ou des traces °upg de lance sur le corps » (Eyre, Discovery, etc.). Point de famille encore
ces sociétés informes. L'enfant y est généralement considéré comme appar- **- à. la tribu, et il lui appartient en effet, si l'on tient compte de la proniis-
®cs:xuellc presque absolue, qui est alors de règle (Eyre, loc. cit*)* *-* *~ se faire une idée exacte du tout-puissant empire exercé sur l'homme par ins nutritifs, durant cette phase nutritive, il faut assister aux repas de tribus sauvages après une disette plus ou moins cruelle* Le capitaine C ^explorations dans l Australie du nord-ouest et de l'ouest), nous a donné ^**cription fort colorée d'une de ces orgies stomacales des Australiens, se *i troupe, hommes, femmes et enfants sur le cadavre échoué et à demi d'une baleine morte (Voy. Australie), et arrivant à une sorte d'ivresse *ii gestion. Les mômes faits ou des faits analogues ont été observés chez les L**ïXauï par Lyon (Journal de Lyon). 11 faut lire dans le texte original la option du repas potyphagique d'un de ces Esquimaux : « Il avait mangé lV**à ce qu'il fût ivre, et à chaque instant il s'endormait, le visage rouge, et ^**tt, la bouche ouverte. A côté de lui était assise Arnaloua, sa femme, qui
surveillait son époux pour lui enfoncer autant que faire se pouvait, uii gn» morceau de viande (de veau marin) à moitié bouillie dans la bouche, en s'aidant de sou index, etc. » Dj tels faits nous autorisent suffisamment, croyons-nous, ï appeler nutritive cette phase du développement social, où la vie tout entière est subordonnée aux impérieuses exigences de l'estomac.
11 est naturellement impossible que les sentiments affectueux et les tend» ces intellectuelles puissent naître chez l'homme ainsi tyrannisé. C'est en effet a que l'observation constate partout. Ainsi Kolbe a pu dire, en parlant des Hottettots, parvenus pourtant à la vie pastorale, qu'il les croyait étrangers au senti* ment de l'amour. Ainsi le baiser était inconnu à nombre de tribus amenait» et plusieurs de leurs idiomes manquaient de mots pour dire aimer, etc, etc. U développement intellectuel est plus rudimentaire encore, s'il est possible. Li langue se compose alors d'un fort petit nombre de mots; les termes abstraits, généraux y font défaut. On a un mot pour désigner chaque arbre en particulier; on n'eu a pas pour dire arbre en général. Le langage en est réduit à ces moUracines, que nos linguistes démêlent aujourd'hui encore sous la luxuriaie fécondité de nos formes verbales, et qui ont toutes un sens concret, figuratif, imitatif. Lubbock cite, comme exemple frappant de cette imperfection du bagage, l'absence du verbe être dans presque toutes les langues des sauvages «africains. D'autre part, nombre de tribus sauvages sont obligées de suppléer p* des signes à l'insuffisance de leur langue parlée. Les Bojesmans, par exemple, ne peuvent converser entre eux dans l'obscurité. La numération, cette partie h plus abstraite du langage humain eu est naturellement aussi la partie b pi» imparfaite chez les sauvages. Les Bojesmans, selon Iichtenstein, les Indiens il Brésil, selon Spix et Marti us, ne peuvent compter au delà de deux. LesAit* traliens du cap Yorck arrivent péniblement au nombre six, mais par juxtapa» tion (2 -h 2 -+- 2), etc, etc.
Voilà, certes, un degré social bien informe, bien pauvre, bien humble; m* ce n'est qu'un premier degré. Que l'homme eu effet, soit par son industrie personnelle, soit, fortuitement et grâce à la seule bonté du climat et de l'habit*, parvienne à se procurer une alimentation plus facile, une existence moins précaire, alors se détend pour lui la poignante étreinte de la faim : il a quelqofl loisirs, aussi la réflexion commence à poindre dans son cerveau. Simultanénes4 l'attention s'essaie à se porter sur le monde extérieur, pour y chercher d'iutrt jouissances que la stupide satiété digestive. L'homme sent alors s'éveiller* lui le goût des plaisirs sensitifs. C'est à peu près l'état moral et intellectuel «Tas enfant européen de six à huit ans. Chez l'enfant, en effet, comme chez le sauvage arrivé à cette période sensitive, on observe la même insouciance, la mes curiosité puérile, la même mobilité excessive, les mêmes élans passionnes et fugitifs. Les Taïtiens et nombre d'insulaires de l'océan Pacifique, tels qu'ik étaient, lors des voyages de Cook, nous peignent le mieux cette phase de l'esprit humain, qui compte d'ailleurs encore de nombreux spécimens à la surface et notre globe, a Les insulaires de l'océan Pacifique, dit Cook, sont comme les enfants, toujours prêts à pleurer, dès que leurs passions sont vivement excitées, et, comme les enfants aussi, ils oublient leurs larmes dès qu'elles sont versée*. » A Taïli, la reine Oberca et Toutuhala, un des chefs les plus importants, jouasdt avec une grande poupée. Poulaho, un chef de l'île des Amis, reçut de Cook vm des transports de reconnaissance une assiette d'étain, en déclarant que toutes les fois qu'il visiterait une autre ile, il laisserait cette assiette à TongaiiWa
pour le représenter eu sou absence. Des faits analogues ont été observés par toute la terre chez la plupart des peuplades arrêtées au même degré de civilisation que les Polynésiens. Dobritzhofer dit des Abipones (History of the Abi- Tones* cité par Lubbock, Origines de la civilisation) qu'ils sont incapables de la jlus légère attention. Selon Richardson (Artic Expédition, m/.), on ne peut conier une lettre à porter aux Indiens ; car le plus léger obstacle, une fantaisie, un caprice suffisent pour les détourner de leur route. Burton (Voyage aux jrands lacs) eu dit autant des nègres de l'Afrique centrale. La sensibilité spéciale est excessivement excitable, surtout celle de l'œil et de l'oreille. Tout ce qui brille ou a une vive couleur excite de violents, d'impérieux désirs. A Taïti, on échangeait avec joie un cochon pour une plume rouge. De même le nègre et surtout la négresse d'Afrique adorent le clinquant et donnent pour des verroteries leurs chèvres, leurs graines, etc. On aime passionnément le chant, la danse. On a de grossiers instruments de musique, des poésies ou plutôt des mélopées non moins grossières, où l'on peint la chasse, la guerre, l'amour physique; etc. Un Arabe de. l'escorte de Burton séduisait, chemin faisant, toutes les négresses, eu grattant sa guitare monocorde (Zézé). On est d'ailleurs absolument dépourvu de sentiments moraux élevés. Nulle pitié, nulle charité, nulle reconnaissance encore. Dans l'Afrique orientale, l'épithète de « méchant » est un éloge : t Nous suivrons le méchant homme blanc, chantaient les nègres de Burton. Pouti ! Pouti ! Nous le suivrons aussi longtemps qu'il nous donnera à manger. Pouti! Pouti! »
Dans la même région, toujours selon Burton, il n'y a pas d'autres lois que l'usage traditionnel, observation qui peut d'ailleurs s'appliquer à tous les peuples sauvages, et la justice n'existe qu'à l'état de pressentiment. A Taïti, la langue manquait d'expression pour dire loi et aussi pour dire merci. Le monde moral n'existe pas encore. Ce qu'on adore par dessus tout, ce sont les plaisirs sensitifs et sensuels, bruyants et violents : le chant, la danse, l'amour physique. Â la phase précédente, la religion était nulle ou bornée tout au plus au fétichisme le plus rudimentaire. A la période seusitive, que nous décrivons, les conceptions religieuses quoique unies encore au féchitisuie primitif sont agrandies, systématisées. Ou entrevoit que le monde est gouverné par un petit nombre de forces que l'on personnifie; eu résumé l'on tend ou l'on arrive au polythéisme. Ou a aussi une idée plus ou moins vague d'une vie future. La plupart des nègres d'Afrique croient que l'homme laisse derrière lui, en mourant, des laines matérielles, qui disparaissent après une durée d'une ou deux générations. Les Taïtieus croyaient aussi à une vie future, mais elle était simplement la continuation et l'image de la vie terrestre et Ton n'y rattachait aucune idée de récompense ou de châtiment.
Les langues sont bien loin encore de la perfection. Lubbock remarque judicieusement qu'elles sont, comme le premier langage de nos enfants, caractérisées par la répétition très-fréquente des syllabes. Ainsi sur 1500 mots néozélaudais, il relève 220 répétitions de syllabes, tandis qu'il en trouve seulement deux sur 1000 mots français, trois sur 1001) mots anglais, etc.
Les facultés spécialement cérébrales sont faibles encore et toute tension intellectuelle prolongée est impossible. Dans le voisinage du lac Tauganika, dans l'Afrique centrale, Burton s'elTorçaut de noter dans chaque tribu les noms usités pour compter de un à dix, n'y parvenait qu'avec une peine extrême. Au bout de dix minutes, le regard du nègre interrogé devenait vague, hébété*, %fcs \*,\\«v\-
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ses étaient incohérentes et il s'abandonnait à un sommeil réparateur. Borde nous raconte la même chose de son maître de langue en Cairerie ( Voy. Cirai Pourtant on n'en est généralement plus à l'indigence numérique de l'Austral» du naturel des Moluques, de certaines tribus Guaranis du Brésil, du Damnai de l'Afrique australe, qui ne savent pas compter leurs doigts, des Comaocfae qui comptent simplement par signes et en frappant des mains pour marquer Je dizaines (Pruner-Bey, Bull, de Société anthropoL, t. II), des Ahts, tout an* pauvres mathématiciens, selo/i Sproat (Scènes and Studies of Savage Life, ak par Lubbock). Les Polynésiens, au contraire, qui nous représentent assez complètement l'homme de la période sensitive, pouvaient compter jusqu'à nuBe. Au delà, c'était l'indéfini.
Dans cette phase, que nous proposons d'appeler sensitive, il est pourtant lia clair que les besoins nutritifs n'ont pas désarmé absolument. Ils ne le petnat puisqu'ils sont la condition même de la vie ; mais leur pouvoir est «terminât, et ils n'absorbent plus l'existence tout entière. Après leur assouvissement f* tivité des centres nerveux se manifeste encore. Le jeu des sens spéciaux prooff alors à l'homme un plaisir parfois assez vif, pour qu'il sacrifie la safisûrt* future de ces appétits purement nutritifs au désir ardent de se procurer m jouissance sensitive. Le Taïtien troquait sans hésiter un cochon pour une {ta rouge ; mais le stupide Pécherais n'en ferait jamais autant. L'homme est ak» moins individualisé ; il se rattache au monde extérieur, social ou physique, pv des liens nombreux.
Encore un pas et cette progressive extérioration de l'individu va donner b*sance à des passions sociales, à de véritables sentiments moraux; aussi pnp* sons-nous d'appeler cette troisième période, période morale. Arrivé à ce degré de son évolution, l'homme a accompli de grands progrès dans toutes les bruches de son activité. L'industrie et l'agriculture perfectionnées ont considénM*' ment accru la somme des subsistances, aussi de grandes agglomérations hun»nes ont pu se former. Il y. a des lois écrites, des arts, une littérature. La tari» est constituée. Le mariage est polygamique ou monoganique, poljaodnfK parfois, suivant les nécessités sociales, au milieu desquelles se débattait"0 divers groupes; mais il y a un mariage. L'enfance et la vieillesse sont plus* moins sauvegardées et respectées. La femme a cessé d'être une bête de son* ou un simple instrument de plaisir. On aime quelquefois pour le seul pi»* d'aimer. L'esclavage primitif a pris peu à peu la forme adoucie du semge.fr commence à sentir qu'il y a des liens de réciprocité entre les hommes, desdflP et des devoirs ; mais le règne de la justice et de la raison est bien loin eactft C'est l'ère des violentes passions sociales, des grandes guerres, des persécuta religieuses. Pointant la religion s'est simplifiée et le polythéisme de la pérkfc précédente tourne, soit au monothéisme , comme chef les Sémites et fo Européens, soit au panthéisme comme dans l'Inde ou à l'athéisme des boni* dhistes asiatiques.
Presque toute la phase historique de l'humanité rient se classer dans cet! l>ériode, et elle est d'autant plus sensitive et même d'autant plus besttak nutritive, que Ton remonte à un passé plus lointain. On entrevoit dès lors l*ai rore ou tout au moins la possibilité, la probabilité même de la phase suprte du règue de la justice et de la scieuce, la seconde réglant la première, e* i mot de la phase intellectuelle encore cachée dans l'avenir.
Ces profondes modifications dans l'organisation cérébrale de l'homme, :
uisent anatomiquement par des modifications correspondantes dans la moriogie et dans la texture des organes ? Tout en reconnaissant que la science 'homme poursuit encore sous ce rapport bien des desiderata, ou peut déjà luler de grandes propositions générales.
butes les races très-inférieures, historiques et la plupart des races préhistoles connues ont des caractères généraux communs : nous les énumérons idement*. Ce sont d'abord la saillie en avant plus ou moins accentuée des tset des mâchoires, le prognathisme.
Ui prognathisme sont associés généralement d'autres traits anatomiques de plus haute importance, un front fuyant et surtout un volume réduit du ceriu, spécialement des lobes frontaux, avec saillie de l'occiput en arrière. Il y ine corrélation quasi-nécessaire entre ces divers caractères, à ce point que la istatalion de l'un d'entre eux permet généralement de préjuger l'existence
autres. Ajoutons que les races ainsi conformées ont actuellement toutes une iration ou noire ou foncée de la peau et que les seules races, qui aient gravi Jus haut dans l'échelle progressive que nous avons indiquée, sont les races ^eint le plus clair : les races blanche et jaune. En même temps ce sont ces s privilégiées, qui ont le plus grand volume, cérébral moyen, le plus grand loppement des lobes frontaux, le moindre prognathisme, le cerveau sillonné les circonvolutions les plus flexueuses, à ce point que chez un individu de
blanche, un volume cérébral aussi réduit, un système de circonvolu-
• aussi simple que chez le Hotteutot par exemple, entraînent fatalement >tie.
ifin, fait plus concluant encore et qui met le sceau à la démonstration, ie dans nos sociétés récentes, dans les derniers siècles historiques, l'accrois- -iit du volume cérébral se peut constater et H. firoca l'a mis hors de toute ^station en comparant le volume moyen des cerveaux parisiens actuels et i des crânes parisiens du douzième siècle (P. Broca, Bull. Soc. anthrop. de ît). Le progrès morphologique et le progrès fonctionnel ont donc marché du ae pas.
tevenir plus intelligent, c'est s'écarter de plus en plus physiquement et muraient de l'animalité, c'est à coup sûr progresser. C'est là le résultat général; is comment s'effectue ce travail de perfectionnement? Que deviennent les tndes lois de la vie dans les groupes humains denses, dans les sociétés coinixes? Comment naît-on? Comment meurt-on? Quelles modifications subit la rée moyenne de la vie? Quel est l'effet de la transplantation des mœurs et des dilutions européennes sur les races humaines arriérées ? Quels sont aussi les iouvénients inhérents à l'organisation des grandes sociétés civilisées ? Quelles les, quelles souffrances, quel déchet humain se cachent derrière les résultats léraux si admirables eu apparence? C'est ce qu'il nous faut maintenant indit brièvement.
W. Détruire les espèces animales et végétales nuisibles ou même inutiles à imme, aplanir les obstacles physiques, découvrir et maîtriser les grandes lois régissent le inonde, faire de la terre entière un vaste champ cultivé, exploité l'humanité et à son profit avec le moins d'efforts et de dangers possible. Eu mot affranchir l'homme, le rendre plus savqut, plus intelligent, infiniment
* puissant eu face du monde extérieur et eu même temps infiniment plus reux. Ennoblir le type humain et multiplier indéfiniment ce type ennobli, arrachant au sol des ressources toujours croissantes; c'est là un idéal auu^A
peut-être on parviendra plus ou moins complètement et à la réalisation dupe il est en tout cas fort utile de viser.
A coup sûr les grossières sociétés primitives ou sauvages, dont nous n» tracé le tableau, sont extrêmement loin d'un tel idéal. Voyons par quel côté le grandes sociétés des hommes de race blanche en Europe et en Amérique, se approchent ou s'en écartent. Évidemment, à contempler les choses d'un ftm de vue général, il est incontestable que l'homme blanc moderne est chaque jn de plus eu plus victorieux dans sa lutte contre le monde extérieur. Dans l'fr rope actuelle, par exemple, l'homme a bataille gagnée contre la faune etl plupart des grands dangers, des grands obstacles naturels. Les races supérion contemporaines ont su passer de la vie de chasseurs à l'état pastoral et à ïèâ agricole. Leur subsistance étant devenue plus assurée, plus régulière, ph abondante, leur nombre /en vertu d'une loi dont nous allons dire quelques s'est accru en proportion de la sécurité, dont elles ont pu jouir, et cette même a permis les efforts de longue haleine et a incité à poursuivre de ut* veaux progrès.
Ce rapport étroit et constant entre la production des subsistances et le dufc de la population n'est plus aujourd'hui qu'un lieu commun de la sUtisbq*. On sait que les pays les plus producteurs de l'Europe sont aussi les plus peapJà La Belgique, par exemple, a 151 habitants par kilomètre carré, tandis aaeb Russie en a seulement 3. « On voit, dit H. Guillard (Guillard, Élémeattè statistique humaine, Paris, 1855) que la double production des blés êtes hommes a marché parallèlement et d'un pas sensiblement égal. En deui fa de siècle par le défrichement, le dessèchement, quelque amélioration àmh répartition du sol et par suite dans la culture, la production du blé s'est 100* d'environ 49 p. 100 et par cette seule cause, malgré tant d'obstacles de H genre, d'épidémies, de guerres sanglantes, de misère non moins meurtrwti population s'est accrue de la même quantité. » La relation est si éW* qu'une simple variation dans le prix du blé suffit pour faire varier en pl&* moins le chiffre de la mortalité, celui des mariages et celui des naisstf* (Villermé, J. écon.y 1845, t. VI, Buckle, toc. cit., chap. 1, Guillard, loccfc Mais c'est souvent au prix de maux, de deuils sans nombre que se mainùec^ équilibre. Dans les pays à climat ou à institutions homicides, les homme* **> rent vite et aussitôt leur place est occupée par des nouveau-nés destinés leurs devanciers à parcourir en peu de jours le court et douloureux leur vie ; car la phrase si exécrée de Malthus est toujours vraie, c Au banquet de la nature, il n'y a point de couvert pour l'homme, qui naît monde déjà occupé. La nature lui commande de s'en aller et elle ne pas à exécuter elle-même son ordre. »
Un excès trop considérable des naissances sur les décès n'est donc signe de prospérité, c'est un signe de misère, et la statistique établit que critérium, la vraie mesure du bien-être social, c'est l'accroissement du ** de la vie moyenne. Elle établit non moins clairement que ce chiffre va cm ~ sans cesse en Européen même temps quecelui de la population. Enfin, eller^ que depuis un siècle, en France et eu Europe, vie moyenne et population ouf avec une rapidité auparavant inconnue ; résultat qu'il est impossible attribuer à la chute plus ou moins complète de la féodalité, à la ivp^ zl moins inégale du sol et des subsistances. C'est une consolation d'oublier ~p peu les fléaux, qui trop souvent encore viennent s'abattre sur le groupe a^z*Mf
et de pouvoir se dire qu'en dépit des convulsions sociales, à cause peut-être de ces convulsions, malgré les torrents de sang humain, que nous avons encore la douleur de voir répandre avec une férocité et une insouciance stupides, la grande évolution poursuit et poursuivra son cours, qu'elle émiettera de plus en plus la somme toujours grandissante du bien-être aussi bien que de la vitalité et permettra à l'esprit humain de prendre sans cesse un nouvel et vigoureux essor.
Pour indiquer seulement combien il reste encore à faire, rappelons avec H. Guillard (loc. cit.), qu'en France, pays qui représente assez bien la moyenne de l'état social européen, des millions d'enfants au-dessous de quinze ans emploient à fouiller le sol ou à travailler dans les manufactures les années qu'il faudrait consacrer à s'instruire, que plus de trois millions de femmes mariées ne vivent ni du revenu, ni du travail de leur mari, que la France n'a pour 508 habitants (recensement de 1851) qu'un lettré, savant ou artiste, qu'elle a dans les prisons un de ses habitants sur 912, enfin qu'elle compte 217,000 vagabonds et 71 ,000 infirmes sans ressource (voir pour le détail de tous ces grands mouvements démographiques, les articles : Angleterre, Autriche, Bade, Bavière, Mariage, du docteur Bertillon).
Allons plus loin et énumérons maintenant les diverses catégories des victimes sociales. Evidemment il ne saurait être ici question que d'un dénombrement imparfait. Pour être complet, il nous faudrait écrire un traité d'hygiène et surtout nn traité d'économie sociale. Le lecteur curieux des détails devra se reporter aux articles spéciaux du dictionnaire. Constatons d'abord que, dans nos grandes ttciétés modernes, la somme totale de la vitalité du groupe est fort inégalement ^partie, suivant la profession et la fortune. En général, les classes aisées et clairées payent à la mort un bien moindre tribut proportionnel que les classes esoigneuses, laborieuses et ignorantes. M. le docteur Bertillon nous apprend art. Bretagne (Grande)] que dans la ville manufacturière de Liverpool, il meurt nnuellement 35,25 hommes et 31 ,42 femmes sur 1 ,000 tandis qu'à Londres ïs chiffres correspondants sont seulement 25,7 et 21,8. Il nous dit encore u'en Angleterre les ministres des cultes et les magistrats vivent plus longtemps ue la plupart de leurs concitoyens, qu'une fois passée la période moyenne de i vie, l'aristocratie anglaise vit beaucoup plus longtemps que les prolétaires. *n sait aussi qu'à Mulhouse, suivant M. Villermé, la vie moyenne pendant la énode de 1842 à 1827, a été de vingt-deux ans, onze mois pour les hommes, e vingt-cinq ans pour les femmes et que cette mortalité terrible a surtout écimé les simples tisserands, les simples ouvriers des filatures. On sait trop ifin que la barbarie des relations internationales actuelles, l'aveugle égoïsme e chacun des groupes européens a pour résultat de périodiques hécatombes Tertes au Dieu des armées et qu'en temps de paix même la mortalité de armée, du moins de l'armée française, est presque le double de celle de la >puIation civile. Signalons encore les plaies de l'ivrognerie, de la prostitution, tuses et symptômes d'hébétude, d'atrophie et de dégradation sociales. Pour tmpléter ce lugubre bilan, il faudrait faire maintenant l'interminable liste de us les malheureux sacrifiés chaque jour au minotaure industriel, de tout ce qui Ue corps à corps avec le monde extérieur, tout ce qui cherche, extrait, cueille, taille, martèle, fond, modèle, trie, etc., les matières brutes nécesires aux cent mille besoins des sociétés modernes, de « tout ce qui, suivant «pression du poëte anglais Thomas Hood, vit ou plutôt meurt par le travail : » » mineurs que le plomb et le mercure empoisonnent (voy. Mercure, Mineurs,
•Ufl ™"L.îr.» Tiff.
p-.Avm- les .milinns t'^tr** t« mu e •? k inn: «we rivant de laviedthà- •*x\i* 1«^ nianntiicfiir»*. »u ' «n irMisn* * ^h» » îfciv. le coton, etc., au pii d'un UhiMi? .)iWi,44^nr. -•ni--*,u •^■■•^ti •• îiHirfi&i binent rétribué, au nuira rlo p^riwn-r^ *l.»fidi»r»iis^» *'i'/. l.i.TTF*.irr^ia5- "voiraient ensuite, dans t^t funèbre ^mimerai ton. ie* m-n-r* nu 7v-.wli»ir. i ^fabrication des allurorfto rhirrnque* M que trappe *i «irvïr ji -i*r-ïiiK :»*rrose maxillaire, ceux qv hnil'-rit tout, vif* l*s *tpl«v»ii>ns te !u pmutr» *î de* amorces fulminant*, en lui, pu i «qu'il faut ■"hoi-ir *c * at.m*-. >* iîzuiseurs, les pûnieur? è rn'-ul'**, !'■<« pwfclainïer*. *!•*.. i:-ns* :wli d:c*. ks voies respiratoires s* et|i/KfV« au e/intart inrwant de* poœ**wr*s r*"r..iïlîques ou siliceuses et qi>li |ihthi«M' décime., les tiwurs qui vivats. :n«-LÎZtaki et s'étiolent dans desrw iuifinde«t etc., etc., etc. (voy. PlûfT;<fc??* .
Si rorgii m nation sociale compliqoeV de? Européens coûte tant de souflhiK* ri de iiimrri'H même aux groupe* de race blanche lentement parvenus ihr tli«|in< dr i ivilisutton actuelle, elle est bien autrement meurtrière pour les r>f* iulèiiciur*. un Hi'in desquelles on l'importe brusquement. Elle est d'abord aW lumen! fini i|»tit !• if|tii* ;uix rares occupant le dernier échelon de la série humain, •nu i«u-e« i|iii« iiimih avons npjielées nutritives. Pour celles-là, vivre de chasse. »V pinm. h In uuinioiv des animaux, dont elles ne diffèrent pas extrêmement, K mu» lifdnhide héréditaire, un instinct, un besoin invincible. L'humanité ri'h Ii-mv :i iltipcn«é des milliers d'années a passer de la vie de chasseurs à crllr d >irii h ultcun». de la forêt et de la caverne à la maison et à la ville. Nous ara mi que «elle métamorphose des mœurs et des instincts ne peut s'accomplir si» mu-- iniMlitir.it mu profonde îles centres nerveux et de leurs fonctions. Or. i> p.neili i hautement* ne s'obtiennent qu'au prix d'efforts séculaires. Il est do» htNt natuicl que le travail des missions européennes échoue plus ou moins conpli'iriiiont clie/ l'Australien, même chez beaucoup de nègres d'Afrique. On *à iiiiv»i qu'à dixerses reprises, des Australiens élevés, dès l'enfance, à l'européerj* mil Miccmuhé, uiH» fois parvenus à l'Age adulte, à la tyrannie de leurs instinct* licicdilnirct cl sont retournés à la vie sauvage. Le même fait a été observa Siittiin|im, où plusieurs fois l'on a vu tics Totonaques instruits et éleTes à F* rupéiMiiii1, prendre la civilisation en dégoût et retourner dans les montagnes *iro île la mi* lainage (firatiolet. Bull, delà Société anthrop., t. IL Broca, M.,t.l-
Mai* la même où des races moins inférieures, par exemple, celles des Myr^ bien* de l'océan l'acitique. paraissent s'assimiler dans une certaine mesura i imIimIuiu cunqiéenne. ou du moins s'y résigner, les innovations brusqu*. .tiuqurllrs elle* *e soumettent, leur sont généralement funestes et on le*»*', tondit* cl disparaître avec une effrayante rapidité. Les maladies et les vice* «^ iMiiupiViiH déciment ces malheureux, et là même où ils en ont été plus ou moin' quanti*, par exemple aux îles f.ambier iBull. de la Société anthrop. , t87i.li |im luih.it mu profonde apporta dans leurs habitudes et leur genre de vie 1^ etmlc .ihiviie leur vie et diminue leur natalité. Aux îles Sandwich la populatK* qui ii|.nt eu ISM «le 1*9,000 individus était tombée à 108,000 en 18Ti6 iVJ- U\\\ \%%\.%iiv de la /huiùY. t. Il . Aux îles Marquises, selon le docteur BrarsinL d \\\ *\ phiH de vieill.inU, prenne 1 ouïes les femmes meurent plithisique^ i uviuV ou hYiitc-ctn,| an* : le< barbes blanches postiches y sont considrfve \ .xvnouc un oinenient luxueux qui s«» paie fort cher. |
k Vpondmt cei t,iin< t.m< somblenl prouver qu'avec plus de métbooV, p's*
^«xlv plu- ilt» tcmivramentN, en ménageant la transition, il serait possiW' A
onserver, en les civilisant, quelques-uns des nombreux types humains sauvages ctuellement en voie de disparaître. Sur un territoire concédé par les États-Unis, onze tribus indiennes, sous la conduite de la tribu des Cherokees, ont formé ne confédération prospère, usant des instruments agricoles les plus perfecionnés, ayant des écoles que fréquentent 5,000 enfants et prélevant tous les ans ar chaque tribu une taxe de 700,000 francs pour l'entretien de ces écoles. L'une e ces tribus, celle des Chickassaws paye même, en dehors de la taxe, une omme de 110,000 francs affectée à l'éducation de soixante jeunes gens destinés u professorat (le Temps, 50 août 1872). Voilà donc un groupe important de 'eaux-Rouges, c'est-à-dire de sauvages chasseurs, qui dure et prospère, après ivoir, en un demi-siècle, et à travers des vicissitudes cruelles, adopté complétenent le genre de vie européen. C'est là un fait des plus probants, des plus ncourageants et duquel on peut inférer que, dans nombre de cas, la brutalité et 'insouciance des Européensont fait trop bon marché de la vie des races attardées. Songeons qu'il n'y aura jamais trop d'ouvriers dans le champ du progrès, que la .erre est bien loin encore de regorger d'habitants. Souvenons-nous enfin que l'homme blanc a passé jadis par des états sociaux analogues à ceux où sont encore beaucoup de ces races inférieures qu'il méprise et qui pourtant, si l'on parvenait à leur infuser les idées modernes, pourraient peut-être apporter à ta grande besogne des aptitudes spéciales et nouvelles.
VIII. Tous les efforts, tous les labeurs, toutes les douleurs, tous les sacrifices humains, sanglants ou non, que nous avons dans les pages précédentes rapidement passés en revue ont cependant pour résultante le mouvement progressif de l'humanité. 11 va, ce mouvement, cahin caha, par soubresauts, par oscillations, se ralentissant sur un point, se précipitant sur un autre, à la manière des flots, qui sapent un rivage. Ici il apporte la mort; là il répand la vie ; mais après le coup (l'œil général, que nous venons de jeter sur l'origine et les modes de l'évolution humaine dans le temps et dans l'espace, nous sommes sûrement autorisés à affirmer que la croyance au progrès se base sur de solides fondements et n'est pas, comme on ose encore le prétendre quelquefois, la dernière illusion de l'humanité. Nous savons que le sort des populations primitives éteintes ou actuelles a été ou est encore atroce et bestial; mais nous savons aussi, qu'à partir de cet humble début, l'homme a constamment conquis plus de bien-être, plus de moralité, plus de savoir, en cheminant douloureusement à travers le monde terrestre et les cycles écoulés.
Nous voilà donc présentement en mesure de fixer, en connaissance de cause, le sens du mot civilisation. Nous pouvons, sans difficulté, admettre avec M. Guizot (Histoire de la civilisation en Europe), que l'idée de progrès, de développement est l'idée fondamentale contenue dans le mot civilisation. Mais il est facile d'aller beaucoup plus loin et d'analyser celte idée extrêmement complexe du progrès. Il est évident, comme l'a dit le docteur Coudereau (Bull, de la soc. anthrop., t. II, 2e série), que, pour l'homme et les animaux; le progrès a été enfanté par le besoin, qu'il est né de la lutte pour vivre engagée pour satisfaire les besoins nutritifs et amoureux. Pour atteindre ce but, l'homme a dû multiplier ses forces par l'association fort rudimentaire d'abord, mais qui fut et sera toujours sa principale ressource. Ce fut là le plus important facteur du progrès et l'homme est loin encore d'en avoir tiré tout le parti possible. On peut donc prédire que le principe d'association recevra des applications de plus en plus larges. C'est une condition d'existence pour les divers groupes humains, fatalement destinés à se
lier, à se fondre ensemble. C'est dire que l'idée de patrie, tard Tenue d'aSlran dans le cerveau humain, sera de plus en plus expropriée par l'idée d'Iiumamtt. Énorme et bienfaisant changement politique, qui suppose accomplies au prfelaMt de profondes modifications dans l'organisme des sociétés ! En effet, tous ks groupes humains ne vont pas du même pied et, dans le travail de compétition <« de propagande, la victoire restera nécessairement au groupe, qui aura le mirai et le plus sagement utilisé la totalité de ses forces vives, à celui dont les membres seront les plus forts et les plus unis. Mais pour être vraiment fort, il bot être instruit et intelligent. Pour être unis, il est nécessaire de guérir ou tout au moins d'amoindrir les plaies et les misères sociales. Il est donc forcé que I* hommes grandissent en savoir ; il est forcé que ce savoir soit mis à la portée de tous ; il est fatal que les iniquités et cruautés sociales tendent de plus en plus» disparaître.
Par quels procédés particuliers, par quelles réformes partielles se réaliserai et se réalisent dès à présent ces vastes changements ? On peut déjà voir à l'oeuf* ou en voie de formation les uns et les autres ; mais force nous est de rester ici dans les généralités.
Nous sommes fondé à prédire que la morale privée et sociale se réglera oV plus en plus sur l'utilité scientifiquement démontrée. Qu'on ne s'effraie pas du mot utilité; car, pour nous, l'utile en morale comprend tout ce qui modifie l« appétits, les besoins et les passions humaines dans le sens de la grande évolutk* naturelle que nous avons notée, c'est-à-dire tout ce qui tend à éloigner l'homof des phases inférieures nutritive et sensitive, tout ce qui le pousse et l'aide à gravir les sommets moraux et intellectuels.
Mais dans l'homme, tout se. tient, tout s'engrène.. Point de besoins supérieur*, si les besoins nutritifs ne reçoivent pas d'abord [leur légitime pâture. Pas b véritable progrès moral sans progrès intellectuel et inversement. Une fort ju*w observation faite par Foucou (Histoire du travail), met bien en relief cetV intime solidarité. Elle s'appuie sur le fait que, sans la balance, les srienc* physiques et chimiques n'auraient pu progresser ; or, pour que la balance fài inventée, il a fallu que les hommes fussent déjà parvenus à se créer de» idée*, des besoins d'équité et de justice.
Concluons donc que le progrès, comme nous l'avons défini, est nécessaire, illimité et qu'il faut se consoler du présent en regardant le passé et en entrevoyant l'avenir. Ch. Letouraeau.
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CITILUNA (Eau minérale de). Voy. Recoaro.
CXADONIE (Cladonia, Hffm.). Genre de Lichens dont le thalle est remarquable, parce qu'il est à la fois horizontal foliacé et dressé fructiculeux ; on appelle les portions dressées du thalle des Podetium. Ces Podetium ont le plus souvent une forme dilatée et creusée en coupe, ils portent les apothécies convexes, rouges ou brunes. Les thèques contiennent huit petites spores ovoïdes, incolores, unicellulées. La gélatine hyméniale bleuit à peine par l'Iode. Les Cladonies sont de médiocre dimension, polymorphes et on en retrouve les espèces dans toutes les régions du globe ; toutefois c'est surtout dans la zone arctique et subarctique qu'elles abondent, elles deviennent rares dans les régions chaudes et tandis que dans les pays Scandinaves on en compte 27 espèces, il y en a à peine 2 ou 3 en Guyanne.
Les Cladonies vivent à terre entre les mousses et sur les rochers, elles sont rarement corticoles. Elles possèdent les qualités nutritives de plantes fourragères de premier ordre ; d'après M. Nylander, les habitants des côtes de la Nonvége les préfèrent au foin pour la nourriture de leurs vaches. En Laponie le Cladonia rangiferina, HiTm., est la seule nourriture des Rennes et rend ainsi habitables ces contrées déshéritées.
Le C. pyxidata, Fr., commun dans les bois et les endroits marécageux en Europe et jusqu'en Australie, est amer et gélatineux; il est réputé fébrifuge et a été employé contre la coqueluche. Les Brésiliens triturent le C. sanguinea Eschw. avec un peu de sucre et d'eau et en forment un Uniment employé contre les aphthes des nouveau-nés.
Ntlaicder. Synopt. Lich., 1860 — Lihdlet. Medic. and CEcon. Bot., 1849, p. 18. — Hok- TAG*B. Ann. des se. nat.t 2* sér., t. XII, p. 48. De S.
CXADOPMITUM. Leidy a formé sous ce nom un genre de Microphytes, voisin des Leptomites (voy. Leptomites), consistant en filaments de 0min,037 de long ; le C. comatum vit sur la muqueuse de l'intestin grêle du luliis marginatus.
Roii*. Hist. nat. des végét. paras., p. 358, 1853. — Leidy. Entophyte$ sur les animaux manU. In Proced. ofNat. Scienc. of Philadelphia, p. 225, oc 1. 1849. De S.
CLAMSPORiun. Voy. Fomagine.
CLAIRETTE. Un des noms donné h la m;Vhe ou doucette (Valerianella oliioria Mœuch.).
(Les). Voy. Amérique.
Ce mot anglais, qui signifie crampon y pince, est aujourd'hui fran-
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cisé. On l'emploie surtout pour désigner les instruments destinés à embrasser W pédicule de la tumeur dans l'opération de l'oTariotomie. Comme la valeur respective de ces instruments sera examinée dans l'article consacré à l'extraction des ovaires, nous nous bornerons à donner une idée de ceux qu'on emploie généralement.
Le clamp de Mathieu se compose de deux tiges articulées à l'une de leurs extrémités, qu'on rapproche à volonté et qu'on Gxe au point voulu sur une crémaillère. Une des branches supporte un croissant qui, par l'effet du rapprochement indiqué, embrasse le pédicule dans un triangle irrégulier.
Le clamp de Robert et Collin est formé de deux branches parallèles réuni* par deux vis de pression situées à leurs deux extrémités. Il convient surtout aui pédicules larges et plats.
Dans celui de Spencer Wells, deux tiges articulées à une extrémité peuvffrt se rapprocher jusqu'au contact et y être fixées sur une crémaillère.
Enfin le constricteur de Kœberle se compose de deux branches articulées à b manière d'un forceps, et dont chacune se termine par une lame en demi-cerefc, à bords mousses. Par leur rapprochement, ces deux lames, chevauchant !'m* sur l'autre à la manière de ciseaux, étreignent circulairement la tumeur. An bord externe de chacune d'elles est annexé un anneau métallique mobile, destiné à s'appliquer sur la paroi abdominale et à empêcher l'instrument d'être entrai» vers la cavité abdominale par le pédicule. D.
CLANDESTINE. Clandestina Tournef. Genre de plantes dicotylédones appartenant à la famille des Orobanchées. Établi par Toumefort, ce gitraj* avait été compris par Linnée dans ses Lathrœa, mais il en a été séparé par h botanistes actuels ; il s'en distingue surtout parce que sa capsule, qui s'oon? avec élasticité en deux valves, ne porte que deux placentas linéaires, placés «or le milieu des valves et auxquels sont attachées quatre ou cinq graines, au lin que dans les Lathrœa la capsule, qui s'ouvre en deux valves au sommet, contient plusieurs graines sur quatre larges placentas rapprochés par paires.
La plante, qui porte vulgairement le nom de Clandestine, est le Clandestin rectiflora Lam. (Lathrœa Clandestina L.). Sa tige réduite à peu près à unesooche souterraine écai lieuse, porte des fleurs réunies en corymbe paudUore, placées ras de terre, courtement pédicellées et dressées. Elles sont manies dr bractées blanchâtres, suborbiculaires, et ont un calice campanule, tubulem. glabre, une corolle à quatre dents, de 4 à 5 centimètres de long, d'une couleur pourpre violacée, à deux lèvres, dont la supérieure en casque et rinJftrietin? trifide.
La clandestine est parasite sur les racines du hêtre et croît, çà et là, dans l«* bois de l'Europe. En France, on la trouve surtout dans la région de l'Ouest. BV n'est plus employée de nos jours : autrefois on lui attribuait la propriété b combattre la stérilité, et jusque dans les premières années de ce siècle, on I J employée quelquefois comme telle.
Tocrwifoiit. InstittUiones Rei herbariœ, pagr. 652, tab. 424. — Liwxtfi. Specim* M5. - Lamarci. Illustrations des genres. In Encyclopédie, tab. 501. — De Cajdolli. Flore fvmçsw, III, p. 491. — Greîcikr et Godro*. Flore de France, II, 643. — Mfcur et D* Uns. D*t. m*méd., IV, 46. Pi.
(Wm Reid). Né en Irlande, vers 1780, il se fit recevoir doct«r à l'Université d'Edimbourg, en 4803, et se fixa à Sunderland. H fut attaché li