‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. DechambreChapitre 16 sur 72 · C*HH)^) •+- 0* = 2C*0* H- 2HH · texte numérisé non relu

C*HH)^) •+- 0* = 2C*0* H- 2HH

Il en résulte que les quantités d'acide qui disparaissent du côté de Ton et de l'autre pôle sont entre elles comme 1 : 3; ce résultat est confirmé par Vexpérience.

Déjà à 100 degrés, d'après Caries, la solution aqueuse d'acide oxalicpie parrit se dissocier faiblement en acide carbonique et acide formique :

c«H«o* = cœ -+. CH«0*.

Enfm, d'après les expériences de Corvisart et Niepee de Saint-Victor et celles plus récentes de Seekamp, l'acide oxalique en solution additionnée d'une faible trace d'azotate d'uranium, d*oxyde jaune, vert ou noir d'uranium, se décompose instantanément au soleil en acide carbonique, oxyde de carbone et acide formique.

L'acide oxalique est assez soluble dans l'alcool.

En dissolution, l'acide oxalique s'oxyde quand on le chauffe avec l'acide nitrique, le peroxyde de manganèse, les acides chromique et vanadique, le permanganate de potassium acide ou alcalin, le chlore, le brome, l'acide hypochloreux humide, le bichlorure de platine, l'ozone, etc. Quand on trilare 4 parties d'acide oxalique sec avec 21 parties d'oxyde puce de plomb, l'oxydatioa est tellement vive que la masse s'échauffe au rouge. Dans toutes ces réactions, il se produit de l'acide carbonique et de l'eau. Le même fait se produit quand on fait agir l'acide oxalique sur le chlorure d'or à l'ébullition : l'or se trouve réduit à l'état métallique.

Les substances avides d'eau, Tacide sulfurique ou phosphorique, Tacide chlorliydrique humide, le protochlorure et le perchlorure de phosphore, déooDDposeiit l'acide oxalique en eau, acide carbonique et oxyde de carbone :

cnw = H*0 H- C0> -h CO.

La glycérine, la mannite et la dulcite, chauffées avec l'acide oxalique, déterminent sa décomposition en acide carbonique et en acide formique. Chauffé aiec un excès d'acide iodhydrique, il se dédouble en acide carbonique, oxyde de

OXALIQUE (obimie). 39b

caibone eC eau. L'iqfdnte de potasse en fusion ou celui de baryte agissant également comme oxjdants, il se dégage de Thydrogène :

CH)W 4- i(KOH) = i>(Ca"K«) + i>(lPO) + IP.

Carbonate de potassium.

P^ lëdnctioD à Taide de Thydrogène naissant, obtenu avec l*amalgame de sodiaiB et Teau, ou a?ec le zinc et lacide sulfuriquc, Tacide oxalique perd de l*a}gèoe el fixe ou non de Tbydrogène; il se f(irme de Tacide glycolique C'H^O^, di Tadde glyoxylique C*HH)' et de l'acide acétique CMIK)*.

Eofin, en chauffant les métaux alcalins avec Tacide oxalique sec, on obtient, mvec incaiideioenGe, du cliarbon et de Thydrogène.

L'aâdft oialique est le terme le plus simple d'une série d'acides dont la CMrmnle générale est C^IP'^'M)*. 11 est diatomique et bibasi({ue et doué d'une grande; il forme des oxalales neutres CH)^M' + n*aq., des oxalates ou bioxalates r4'0*HH-|-n.aq., et enGn des quadroxalates, qu'on peut ifisager comme des combinaisons d'acide oxalique et de bioxalate CO^H* CHMO* + n.aq. {voy. Oxalates).

imdyêe et Caractères. L'acide oxalique est toujours facile k reconnaître et & isoler, grâce à l'insolubilité de son sel de calcium dans l'eau et les acides : laibks leb que l'acide acétique et l'acide tartri(]ue, grâce aussi aux réactions r'^décomposantea et oxydantes dues â l'acide sulfiirique concentré et au chlorure :- 4'or. En outre l'acide oxalique, exactement neutralisé par l'ammoniaque, préci- |iile en blanc l'azotate d'argent. Ce précipité est soluble dans l'acide nitrique et l'ammoniaque. L'oxalate d'argent, recueilli et séché, se dissipe entièrement one légère détonation quand on le chauffe sur uuc lame de platine. r^ Vonr transformer les oxalates insolubles, tels que l'oxalate de calcium, en ^^ÉBalatessolubles, il sufGt de les faire bouillir avec du carbonate de sodium et de ^ flkrer ; l'oxalate de sodium se trouve en dissolution dans la liqueur filtrée.

On dose Tacide oxalique, soit en pesant l'oxalate de calcium précipité, soit & Taide d'une liqueur titrée de permanganate de potasse qui agit en solution mMf, ou alcaline.

Pour pins de détails, voyez plus loin le chapitre consacré à la Médecine légale. Vêogeê* L'acide oxalique est usité dans l'industrie et dans l'éconouiie «lomestique. Il est employé par les fabricants de chapeaux de paille comme agent décolorant, par les fabricants de toiles peintes comme rongeant, c'est- &-4ire comme moyen de détruire le mordant sur les parties où la couleur ne doit pas prendre, et où il s'agit de conserver au tissu son premier blanc; il «ertoieore pour aviver certaines couleurs; les teinturiers l'emploient pour des motifs analogues. L'acide oxalique sert à enlever les taches d'encre et les taches de rouille et à fabriquer de l'encre bleue par dissolution du bleu de Prusse. Oi le substitue parfois en dissolution dans l'eau, sous le nom d'eau de cuivre, ^Q sel d'oseille ou oxalate acide de potassium, pour nettoyer les vases de cuivre et de fer. Ces applications reposent sur la propriété que possède l'acide oxalique, aussi bien que ses sels acides, de former avec les oxydes de cuivre et de ier des Composés aisément solubles.

L'acide oxalique est en outre employé à l'état de sel ammoniacal pour leconvadtre et doser la chaux; c'est Bergmann qui a découvert la propriété v\v\&

396 OXALIQUE (physiologie).

présente cet acide de former avec la chaux un sel insoluble et Ta appliquée ensuite à l'analyse des composés calcaires.

Quant aux usages médicaux de Tacide oxalique et de ses sels, il en sera question plus loin dans un paragraphe spécial.

g II. Physiologie et Physiologie pathologlqoe. 1* ORIGINE DE L*âCIDB OXALIQUE DANS L*ORGAifisME . Daus Certaines circonstances, assez difficiles à déterminer d'une manière exacte, on trouve de l'acide oxalique dans diverses parties de l'organisme humain. Ainsi la présence de l'oxalate de calcium dans l'urine est très-fréquente, à tel point qu'on a pensé qu'il y existe normalemâit; d'autres fois, on trouve ce sel dans les concrétions des reins et de la vessie, ob il forme les calculs dits muraux, ou dans les calculs de la vésicule biliaire et du canal intestinal, dans les fèces, dans certaines concrétions des ligaments ronds et des trompes de Fallope ; pendant la grossesse, la muqueuse utérine renferme également de l'oxalate de calcium.

Pour se rendre compte de la présence accidentelle de l'acide oxalique dans l'organisme, il suffit de se rappeler qu'une foule de végétaux qui entrent dans l'alimentation en renferment; l'oxalate de calcium lui-même, quoique insoluble, peut être ainsi absorbé directement, car, s'il est insoluble dans les acides faibles tels que l'acide acétique, il est au contraire parfaitement aolable dans les acides minéraux, même dilués, et par conséquent dans l 'acide clilorfajdrique, qui existe normalement dans le suc gastrique.

Mais l'acide oxalique peut en outre se former de toutes pièces dans l'organisme, soit aux dépens d'aliments qui n'en renferment pas naturellement, soit comme produit de la métamorphose régressive des tissus et des substances albuminoïdes. Parmi les aliments qui se transforment ainsi en acide oxalique, on cite particulièrement l'amidon, le sucre, les acides végétaux, les sels formés par ces acides et les carbonates alcalins. Cette transformation a lieu en général par oxydation et dans certains cas très-probablement par réduction ^ : ainsi h réduction de l'anhydride carbonique parait fournir l'explication la plus rationnelle de ce fait que l'oxalate de calcium augmente considérablement dans les urines par l'usage des carbonates alcalins et des boissons riches en acide carbonique tels que les vins mousseux, la bière, etc. (voy, plus haut la formation de l'acide oxalique aux dépens des carbonates et le procédé de Ih'eehsel pour la synthèse de l'acide oxalique). On voit par ce qui précède que li production d'acide oxalique dans l'économie doit être envisagée oonune presque journalière, et c'est dansce sens qu'on peut admettre avec Hariej, Furbringer et Schultzen qu'il constitue en quelque sorte un élément normal du corps humain*. D'après Fûrbringer, la quantité excrétée journellement par rarioe dans les conditions normales n'excède pas quelques milligrammes. Schultsen

^ Huiler et Kôlliker rapportent l'observation d'une jeune CUe qui, à la suite de radmiiûtration de jus de citron, rendait par les urines des quantités considérables d'acide oialiqae* Il est en efîet démontré que l'oxydation (surtout par l'ozone] de l'acide nitrique, de mène que d'autres corps organiques, donne naissance à de l'acide carbonique et de l'eta; p* réduction, cet acide carbonique passerait à l'état d'acide oxalique, et il y aurait ainsi oxydation suivie de réduction.

* Harley pense que le corps humain, à l'état de santé, exhale journellement, sout fonM invisible, une petite quantité d'acide oxalique dissous ; en concentrant fortement de l'anBe par évaporation, il a en effet maintes fois rencontré des cristaux d'oxalate d'urée, l'tci^ oxalique et l'urée étant restés invisibles tant que le liquide urinaire était i un élit sutûsant de dilution.

OXALIQUE (physiologie). 397

Ta bieo plos loin : il pense que la proportion journalière peut aller normalement jusqu'à 7 centigrammes par jour, chiffre trop élevé, comme Ta montré Senator. 11 est certain que Toxalate de calcium forme des sédiments assez abondants chez les grands mangeurs. Du reste, Dyce Duckworth et Leared ont démontré que Tacide oxalique existe normalement dans le sang, mais s*y détruit incessamment: enefiet, immédiatement après Tingestion de iOO grammes d*eau de chaux, par exemple, de Toxalate de calcium apparaît dans l'urine, cet acide se troufint soustrait à la combustion par la pi*ésence de la chaux pour laquelle il présente une grande afQnité ; le sel ainsi formé est maintenu en solution par le phosphate acide de sodium, et c'est ainsi qu'il passe dans l'urine.

Mais il n*est pas que les aliments qui puissent devenir une source d'acide oxalique, toutes les substances azotées, en s'oxydant, sont susceptibles d'en fournir. Quand l'oxydation est complète, ils se transforment en anhydride carbonique, urée et eau; si pour une raison ou pour une autre, sous l'influence d'un trouUe morbide, par exemple, cette oxydation n'est pas complète, il se forme, entre autres corps, de l'acide oxalique. Ce fait a été bien constaté, entre autres pour l'acide urique; si l'oxydation de ce corps est entravée, au lieu d'urée et d'acide carbonique, il se forme en outre soit de l'acide oxalurique, produit intermédiaire d'oxydation (voy. Oxalurique [Acide]), soit de l'acide oxalique. La même chose a lieu dans l'organisme; des expériences de Frerichs et Wôhler ont démontré qu'après l'ingestion d'acide urique ou d'urates alcalins la proportion d'oxalate de calcium augmente dans l'urine en même lemps que l'urée; on obtient le même résultat en injectant de l'acide urique dans le sang. U est dès lors facile de se rendre compte pourquoi dans les troubles respiratoires ou nutritifs les urines présentent un dépôt abondant d'oxalate de calcium : en effet, dans ces conditions d'oxydation défectueuse, la proportion d'acide urique augmente dans l'organisme et c'est encore à ses dépens que se produit l'acide oxalique. A l'appui des rapports que nous venons d'indiquer entre l'acide urique et l'acide oxalique au point de vue de leur genèse dans l'organisme, il est bon de remarquer que le plus souvent l'oxalate de calcium accompagne l'acide urique dans les calculs des reins et de la vessie.

L'acide urique n'est pas le seul produit de la désassimilation capable de fimmir de l'acide oxalique; on peut en dire autant du glycocolle, de la créatine, de la leucine, delà tyrosine, delà guanine, des substances albuminoïdes S etc.; ajoutons-y l'acide butyrique, l'acide lactique et même les graisses. On sait en elTet que les graisses neutres, longtemps chauffées avec l'acide nitrique, donnent, entre antres produits, de l'acide oxalique.

On reviendra à l'article Oxalurie sur les diverses conditions qui déterminent l'apparition de l'acide oxalique en excès dans l'organisme. Rappelons seulement ici que diverses maladies amènent la formation de cet acide; ce sont quelques maladies aiguës, telles que la fièvre typhoïde, et surtout la convalescence de ces maladies, le choléra (Begbie),la goutte au moment des accès (Donné), puis les maladies du cœur, la leucorrhée, le diabète (Fûrbringer), la scrofule (Balman), certaines formes de lumbago (Neumann), les hémorrhoïdes (Duckworth), la dâxlité congénitale ou acquise du système nerveux, l'hypocondrie, la phthisie

* L'oiimide (voy. ce mol), l'acide parabanique et l'alloxane, se transforment également en acide oxalique dans l'organisme et peuvent ainsi donner lieu à des phénomènes d'intoxication, coaune l'ont montré Robert et Kùssiier. Engel a fait voir que le glycocolle donne par oiydation de l'acide oxamique, puis de l'acide oxalique (voy, Oxamiqob [ Acide]).

398 OXALIQUE (toxicologie).

apyrëlique, Tobësitë, etc., et toutes les alTections qui sont caractérisées par un ralentissement de la nutrition (Bouchard).

L acide oxalique n existe guère dans Téconomie qu*à Téut de sel de calcium; ce dernier est insoluble dans leau et d*après certains auteurs se rencontre fréquemment à Tétat cristallin dans le sang, dans divers états pathologiques^ mais est maintenu en solution dans Turine par la présence du phosphate acide de sodium : au fur et à mesure que Tacidité de Turine disparaît, Tozalate de calcium se dépose; ce fait explique la formation des calculs volumineux qu'il forme parfois dans la vessie.

— Une question qui se présente tout naturellement ici, c*estde savoir oe que devient lacide oxalique introduit directement dans lorganisme. Déjà Orfila en 1814 et Wôhler en 1824 ont montré que lacide oxalique passe dans Turiiie, mais ce sont les recherches de Buchheim et Piotrowsky, publiées en i857, et celles de Rabuteau, publiées en i875 et 1874, qui ont déûnitivemeot fixé la science sur ce point. Contrairement à ce qui arrive pour les aeîdes acétique, formique, lactique, tartrique, aconitique, etc., qui sont entièrement brftlés dans lorganisme, quand ils ne sont pas administrés à doses trop élevées, Tadde oxalique passe dans l'urine soit en nature, soit à Tétat d*oxalate de caldDoi et même d'oxalate de potassium d'après Buchheim; dans un cas d*iotoxication aiguë, traité avec succès au moyen de la mixture calcique par Bathurst Woodman en 1864, Turine renferma pendant plus de huit jours une énorme proportion de cristaux d'oxalate de calcium. Les oxalates alcalins se retrouvent également dans l'urine tels qu'ils ont été ingérés, a Quant aux oxalates des métaux proprement dits, tels que les oxalates de zinc, de cuivre, de fer, etc., ils subissent dans lorganisme non une décomposition, mais un dédoublenient, d'où il résulte qu'on retrouve dans les urines un oxalate (de sodium ou de cahâam), tandis ()ue le zinc, le cuivre, etc., passant difGcilement et toujours en bible quantité dans les urines, se retrouvent en majeure partie dans les fôœs. Eo effet, les métaux qui ont pu être absorbés à Tétat de sel s'éliminent surtout avec la bile... » (Rabuteau, Élem, de toxicologie, p. 775).

Cepeniiant tout lacide oxalique ingéré ne paraît pas passer dans les urines. En eflet, d'après les expériences de Hermann, de Buchheim et Piotrowsky, etc., une partie de l'acide oxalique se brûlerait dans l'organisme', en produisaot de l'anhydride carbonique et de l'eau. On a du reste constaté qu'apràs l'ingestion de petites quantités d'oxalates l'urine devient parfois alcaline .et reofonne des carbonates. Buchheim calcule que les oxalates de calcium et de potaasîiiiD retrouvés dans le liquide urinaire constituent les 14 pour 100 de tout l'acide ingéré.

§ III. Toxieolofle. 1. Historique. Le premier cas d'empoisooMOieot par Tacide oxalique chez l'homme a été décrit par Royston en 1814 {Lonio» Med. Repository^ t. I, p. 382); Hume chercha à expliquer la mort dansceets par la grande affinité de l'acide oxalique pour la chaux, d'où résulterait b déconifiosition du phosphate de chaux contenu dans les parois de restomae et par suite la désorganisation de cet organe. Guyton de Norveau {Annal, de eUa.f

^ Nous verrons pUu« loin que ce point est à juste raison trës-contesté.

* Nous avons dit plus baiit que d'après Dyce Duckworth et Leared le sang reofeniK normalemenl de l'acide oxalique gui se détruit d'une manière incessante ; cette obsenratioo tend à coiroborei* les résullaU obtenus par Hermann, Buchheim, etc.

OXALIQUE (toxicologie). 599

I. XCin, p. 199, 1814) n*eut pas de peine à réfuter la théorie de Hume et arriva même à émettre des doutes sur 1 authenticité du cas observé par Royston. Aussi» à l'occasion d*uu nouveau cas d^empoisonnement décrit par Hobarts (Lamhn Med, Rep,^ i, III, p. 380), Tannée suivante, Thomson chercha à mettre hors de doute laction toxique de Tacide oxalique ingéré à certaines doses et institua un assez grand nombre d'expériences sur des chiens et des cliats. Il oonstala chez ces animaux, comme l'avaient vu Royston et Robarts dans les empoisonnements chez l'homme, une vive irritation de la muqueuse stomacale « et trouva une réaction acide du sang dans le voisinage de l'estomac ; quant aux troubles cérébraux et cardiaques, il les attribua à une action purement sympathique. Orfila, dans les premières éditions de son Traité des poitonB({%\i)^ mentionne simplement l'acide oxalique pur analogie, à côté des autres acides, parmi les poisons corrosifs, sans s'étendre autrement sur son action sur l'organisme. Plus tard» le même auteur, dans ses Leçons de médecine légale (1821), et Percy (de Lausanne), danssaDûser/a^ton inaugurale (1821), expriment des vues analogues à oelles de Thomson, faisant comme lui de Tirritation stomacale l'accident primitif et le plus important.

Hait il arriva que dans un certain nombre de cas d'empoisonnements par l'adde oxalique ou les oxalates l'estomac ne présenta que des lésions insignifiantes ou même point de lésion. Force fut donc de recourir à de nouvelles expériences. Telle fut l'origine de l'important travail de Christison et Coindet, pem en 1823, et qui a fait autorité dans la science jusqu'à nos jours. Ces habiles expérimentateurs conclurent de leurs essais que l'acide oxalique concentré corrode l'estomac et amène la mort par affection sympathique du sjstème nerveux, mais que, plus étendu ou injecté sous la peau ou dans le péritoine, il agit directement sur le cerveau et la moelle et n'atteint que secondairement les poumons et le cœur; mais ils ne purent retrouver l'acide oxalique dans le sang, ni dans les cas d'intoxication par cet acide lui-même, ni dans ceux oil fut utilisée l'action des oxalates de sodium et d'ammonium, sels neutres aisément solubles et toxiques au même titre que l'acide oxalique. Vinrent ensuite plusieurs travaux plus ou moins insignifiants de Rave et Klosiennann en 1827, de Pommer en 1828, sur lesquels nous n'insisterons pes. Nous dcTons cependant dire un mot de celui d'Arnold, publié en 1835; cet auteur attribue au poison une action primitivement stimulante suivie d'un épuisement plus ou moins rapide de l'excitation nerveuse; d'après lui, les effets sur le cœur et les poumons sont de même nature et dépendent de ceux qu'il a produits sur le système nerveux.

Wobler le premier reconnut que l'acide oxalique introduit dans l'organisme ne s'y détruit pas, mais reparait dans l'urine à l'état d'oxalate de calcium ; ce résultat fut corroboré par Orfila (Toxicologie générale y p. 158). Après lui, en 1845, Mitscherlich conclut de ses expériences, faites surtout au point de me pharmacologique, que la toxicité de Tacide oxalique est peu élevée et que cet acide se comporte dans l'organisme comme l'acide citrique et l'acide tartrique. i Acidum oxalicum, dit-il, in morbis adhiberi potest, cum parva ejus 1 dosis sine ulla-noxasgrotis data sit, et expérimenta mea doccant acidum I citricum et tartaricum simili modo sese liabere, quippe quibus ut medica- I mentis temperantibus sine ullo periculo quotidie utimur ».

Piotrowsky et Bucliheim qui, en 1856 et 1857, étudièrent l'action de l'acide oulique et des oxalates de sodium et de calcium sur l'organisme, surtout au

400 OXALIQUE (toxicologie).

point de vue chimique, constatèrent qu'une partie de Tacide est brûlé dans l'économie et que l'autre portion reparaît dans l'urine.

En 1865, Onsum (de Christiania), élève du laboratoire de Hoppe-Seyler, exprima l'opinion que l'acide oxalique s'unit dans le sang aux sels de calcium que renferme ce liquide, pour y former un sel insoluble; ce sel, aisément reconnaissable dans le sang au moyen du microscope, détermine la formation de thrombus dans les ramiCcations de l'artère pulmonaire et dans les capillaires du poumon : il trouva en effet, au microscope, dans ces vaisseaux sur les animaux sacrifiés, des cristaux d'oxalate de calcium mêlés à des caillots fibrineux. Cette obstruction dans la circulation pulmonaire suffit, d'après Onsum, à expliquer les effets de l'acide oxalique; il en résulte une action exagérée du cœur, et les symptômes nerveux sont également une conséquence do l'aflection pulmonaire, constituant la lésion primitive. .

La manière de voir d'Onsum ne tarda pas à trouver des contradicteurs ; dès 1866, Cyon, sur l'instigation de Hermann, au laboratoire duquel il travaillait, entreprit delà réfuter; sur la foi de ses expériences, il déclara que Tacide oxalique, qu'il employa surtout en injections hypodermiques, est un poison cardiaque, et démontra, en faisant ingérer ou injectant aux animaux en expérience une solution de chlorure de calcium, pour augmenter la proportion de chaux dans le sang, que la présence de celle-ci en excès, loin d*étre nuisible, est utile, en ce qu'elle favorise l'élimination de l'acide oxalique introduit ensuite. Cependant Almén (1868) reconnut à son tour la possibilité de la mort par thrombose pulmonaire de petits mammifères tels que souris, rats, etc. Il chercha à expliquer les effets obtenus par Cyon en admettant qa^une grande partie de l'acide oxalique est précipitée au lieu d'injection même dans le tisia cellulaire par le sel de calcium, dont le sang est chargé par suite de l'injectiofi préalable de chlorure de calcium. Quoi qu'il en soit, on ne peut nier qu'Âlmén a du bien observer, puisque l'un des premiers il a signalé dans les reins la présence de cristaux d'oxalate de calcium, fait dont nous ferons ressortir l'importance plus tard.

Vers les années 1872 et 1875, Rabuteau fit de nombreux essais relativement au mode d'élimination, à l'action toxique de l'acide oxalique et des oxalates et à leur recherche médico-légale dans le cadavre; il est arrivé ainsi à rapprocher l'action de l'acide oxalique de celle de l'oxyde de carbone, mais, à part une certaine simihtude d'une partie des symptômes, il avoue lui-même que ses recherches spectroscopiques sur le sang des animaux empoisonnés ne sont pas encore assez concluantes.

Enfin, eu 1877, Uppmann publia le résultat d'un grand nombre d'expériences au moyen desquelles il prétendit démontrer que l'acide oxalique pris par la bouche n'est pas toxique ; les essais avaient porté sur des chiens. L'amiée suivante, Pfeiffer fit remarquer avec raison que la forte proportion de carbonate de calcium qui se rencontre dans le tube digestif des chiens (Valbum grœcum) transforme Ymk oxalique en grande partie et en empêche ainsi l'absorption totale.

Quant aux traités récents de toxicologie, celui de Husemann parle d'une action locale de l'acide oxalique sur l'estomac avec retentissement consécutifsur le cœur et les centres nerveux ; le saccharate de calcium y est présenté comme un antidote de cet acide. Hermann, dans le sien, se prononce pour l'action cardiaque, en faisant observer que, contrairement aux autres poisons cardiaques, l'acide oxalique amène l'arrêt du cœur, tout en provoquant l'accélération du

OXALIQUE (toxicologie). 401

pouls. Enfin Bachheim est d*avis qu*il agit à la fois sur les ganglions nerveux intra-cardiaques et sur les centres cérébro-spinaux, et Bohm parait se rattacher à cette manière de Toir.

Tel était Tétat de la question quand sont venus le mémoire de Kobert et Kûssn^y ea 1879, et celui de Koch, en 1881, mémoires contradictoires sur un grand nombre de points et que nous aurons à examiner de près dans le cours de cet article; nous leur ferons de nombreux emprunts, et pour cet historique nous arons déjà mis largement à contribution le travail de Kobert et Kûssner. II. Stmptôvks observés chbz l'homme. De l'historique qui précède ressort déjà ce fait important qu'il y a à considérer dans l'action de l'acide oxalique d'one part les eOets locaux, d'autre part les effets généraux. Les premiers consistent en une corrosion analogue à celle que produisent les acides minéraux, ai la lolution de l'acide est suffisamment concentrée; l'action éloignée ou générak apparaît plus manifestement quand la solution ingérée est étendue; ces mémet effets s'observent également fort bien avec Toxalate de sodium, qui n'est pas corrosif.

Noos donnerons, d'après Rabuteau, le tableau symptomatique de l'intoxication aigoê.

Quand l'acide a été ingéré en solution concentrée, le malade ressent aussitôt une saveur acide mordicante et nauséeuse, une douleur brûlante dans la boocbe et le pharynx, douleur qui se propage à l'estomac. Puis surviennent des vomiaaenients et souvent une oppression considérable, une sensation d'étouffemeot. Les vomissements apparaissent presque aussitôt, quelquefois en moins de dix minutes; d'autres fois ils n'arrivent qu'au bout de quelques heures; enfin ib peuvent faire défaut. Hais, en général, ils sont si fréquents et si persistants, méôie jusqu'au moment de la mort, qu'on peut les considérer comme un des symptômes les plus importants de l'empoisonnement par l'acide oxalique. Les matières vomies présentent une réaction acide. Elles sont rarement incolores ; le ploa souvent elles sont noires ou d'un brun verdâtre par suite de la présence de sang plus ou moins altéré. On a même observé de l'hématémèse. L'épigastre est très-douloureux et l'abdomen d'une sensibilité extrême.

Bientôt apparaissent les effets généraux consécutifs à l'absorption du poison. Les malades tombent rapidement dans le col lapsus; la faiblesse est si considérable qu'ils ne peuvent se soutenir. Les pupilles sont dilatées, la vue est obscurcie. Les battements cardiaques deviennent très-lents, le pouls est petit, presque imperceptible; la peau est froide et visqueuse; les extrémités des doigts et des ongles prennent une coloration d'un gris de plomb. Puis la mort arrive, précédée tantôt de convulsions, de trismus, de tétanos, tantôt de stupeur et de sensation de fourmillement dans les extrémités. Dans quelques cas la terminaison fatale est si rapide qu'on a à peine le temps d'observer les symptômes de l'empoisonnement. On a vu des sujets succomber au bout d'une demi-heure, de vingt, de quinze, de huit minutes (Ghristison, Taylor, Chevallier, Tripier) et même de trois minutes (Ogilvie). Mais on a vu aussi la mort n'arriver qu'au bout de treize jours (Ârrow-Smith) et au bout de vingt-cinq jours (Fraser). Elle est due, dans ces derniers cas, à des accidents consécutifs. Lorsque lempoisonnement ne doit pas être mortel, les malades souffrent pendant plusieurs jours d*accidents locaux, tels que de douleur et d'inflammation de la bouche et du pharynx, d'un gonflement très-pénible de la langue, d'une gastrite chronique. Us ont des superpurgations et même des selles

Dfcr. nie. r s. XIX. %

403 OXALIQUE (toxigologib).

sanguinolentes. Les vomissements, qui avaient disparu, reviennent ei acoom» pagnent la diarrhée. La soif est très- violente.

Il existe parfois, pendant plusieurs jours et même pendant plnsieurs mois, des élancements douloureux dans les muscles, de Tengourdissement et de la paralysie des extrémités inférieures. En somme, dans les empoisonnements non mortels, les symptômes observés sont analogues à ceux qui suivent Tempoisonnement par Tacide sulfurique et autres.

Dans certains cas, on observe des douleurs lombaires violentes a¥ec irradiatioQ dans les membres inférieurs et de la cuisson en urinant (Christison, Webb), ce qui semble indiquer une action irritante particulière de Tacide oxaliqae sur k rein; dans ces cas, les symptômes gastriques étaient insignifiants.

On a observé enfin de Tanurie avec albuminurie et oxalurie oonsécntives; dans le cas publié par Frânkel {voy, le tableau ci-dessous), le oialade resta plus de quarante-huit heures sans uriner, après quoi il émit pendant plusieurs jours une urine rare, très-albumineuse, avec nombreuses cellules épithëiiales et quelques gros et courts cylindres hyalins; ce sont là tous les signes d'une néphrite desquamative.

Comme on le voit par ce qui précède, les symptômes observés pendant It vie sont assez variables, et il n'est guère possible d'en signaler un qui soit pathognomonique, sauf Toxalurie {voy. plus loin le chapitre V, consacré à YéUU de Vurine). Encore faut-il remarquer que Turine peut renfermer normalement une petite quantité d*oxalate de calcium, ou même des quantités notables de ce sel, s'il s'agit d'un cas d'oxalurie pathologique.

Les symptômes provoqués par le sel d'oseille ou lebioxalate de potassium dé* pendent, comme le fait remarquer Taylor et comme on peut le conclure de» expériences de Koèh sur les animaux, de l'acide oxalique et non de la potasse; sauf les phénomènes d'irritation locale qui sont moins intenses ici, ils ne diffèrent pas essentiellement de ceux que provoque l'acide oxalique, quoique Tardieu les rapproche plutôt de ceux du nitre et veuille ainsi ranger le sel d'oseille dans les poisons hyposthénisants.

Les effets produits par le bioxalate de potassium sont presque instantanés et se traduisent aussitôt par une sensation de douleur au niveau de l'estomac, de Tanxiété précordiale et des défaillances répétées. On voit ensuite survenir des vomissements violents et nombreux ; ceux-ci font défaut cependant dans un grand nombre de cas et sont remplacés par des nausées. Le pouls s'affaisse rapidement, devient petit, faible et très-dépressible ; la peau est froide et visqueuse, et le corps est agité par des frissons presque ininterrompus.

La douleur reste fixée à l'épi gastre avec point correspondant dans le dos. La vue est obscurcie, les pupilles dilatées; les syncopes deviennent déplus en plus fréquentes. Puis les malades tombent dans le coma ou bien sont pris de délire et de convulsions et succombent au bout de quelques heures. La mort peut même être plus rapide: ainsi on a vu 15 grammes tuer un adulte en huit minutes; il est vrai de dire que le malade était déjà très-aflaibli (Taylor) ; dans un autre cas cité par Chevallier, la mort survint au bout de dix minutes.

Nais quelquefois les malades se remettent même après avoir ingéré une forte dose de sel d'oseille (jusqu'à 30 grammes) ; dans ces cas ils ont généralement été en proie à des vomissements abondants.

Quant aux lésions anatomiques, elles feront l'objet d'un chapitre spécial et nous ne les décrirons pas ici.

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de JMMsr i renmeir des recherches expérimentales, il ne sera pas sans le donner sous forme de tableau un aperçu des cas d'empoisonnement importants qae renferme la littérature médicale. Nous empruntons m poorla plus grande partie à Texcelient mémoire de Robert et Kûssner. vÂitNGBs soA LIS AHiMAUx. L*acide oxalique a été le sujet de nom- Bipériences depuis celles que Thomson a faites pour la première fois. m le faisait prendre à des chiens ou à des chats en solution ou sous » bob, intriMluits dans Testomac, ou il l'injectait sous la peau, dans la I dins le péritoine. Hais arrivons immédiatement à Robert et Rûssner; ■iniG&tateurs se serraient d'acide oxalique neutralisé, c'est-à-dire d'oxadinm à divers degrés de concentration, et pratiquaient l'intoxication de < dinrses, c'est-à-dire par ingestion dans l'estomac, par injections sous- , deof la plèvre, et notamment dans la veine jugulaire et la veine leun expériences ont porté principalement sur des chiens, des chats fins, et dans quelques cas exceptionnels sur des cochons d'Inde, des if des rats et des hérissons; les expériences sur les grenouilles ne leur ionné de résultats concluants. Pour leurs observations hémomanoméib pratiquaient des injections successives d'une solution d*oxalate de le 1 à 5 pour 100 dans lu veine crurale chez le chien, dans la veine i elles le lapin, le manomètre à mercure se trouvant relié à l'artère dans le premier cas, à l'artère carotide dans le second cas. Pour leurs ipériences, la solution d'oxalate de sodium était employée jusqu'à la ation de 10 pour iOO. Pour produire l'intoxication subaiguë ou chrot emploient les injections d'oxalate de sodium par petites doses contiodmnt des jours ou des semaines, soit sous la peau, soit dans l'estomac. Kpériences de Roch ont porté sur des grenouilles, des chats et des Ôiex les grenouilles, il employait exclusivement les injections sous- . d*oxalate de sodium neutre, chez les animaux à sang chaud, ces qections, et en outre l'introduction du sel dans l'estomac sous forme ' Ikits avec 50 centigrammes de sel neutre, ou en solution au moyen de iBsophagienne. 11 a fait de plus quelques expériences avec le sel de iode et avec l'acide oxalique lui-même.

mortelles. D'après Roch, une grenouille est tuce par 5 centimètres une solution neutre à 2 1/2 pour 100, soit 0«^0l25 de sel neutre, en laoos-cutanée ; 10 centimètres cubes de la môme solution, soit 0«%25 idministrés delà même manière, tuent un lapin, 15 centimètres cubes, 375 de sel, un chat de taille moyenne, 8 bols, soit 4 grammes de sel introduits dans l'estomac d'un chat très-vigoureux, suftisent pour le imort; il en est de même de 100 centimètres cubes d'une solution \ neutre à 5 pour 100, soit 5 grammes introduits dans l'estomac d'un 6n 60 centimètres cubes de la même solution, représentant i«%8 de aent pour tuer un lapin dans les mêmes conditions. Rabuleau a vu de sodium mettre à mort un chien à la dose de 1 à 2 grammes dans les veines.

l'homme, comme on le sait, la dose mortelle moyenne est de 10 à unes, quoiqu'on ait vu périr des malades après l'ingestion de doses bien s ou guérir après avoir pris jusqu'à 50 grammes de ce |)oison. mènes généraux. iNous allons examiner ces phénomènes successiveez les grenouilles et cliez les animaux à sang chaud.

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