‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. DechambreChapitre 18 sur 72 · ACIDE · texte numérisé non relu

ACIDE

OXALIQim.

traces.

Le cœur s'arrétaiit en diastole, il est évident que cet organe se trouve paralysé. Mais Tarrèl du cœur est précédé de phénomènes circulatoires variés ; la leosioQ artérielle se trouvant accrue par de faibles doses de poison, Kobertet Kûtiner admettent qu'à ces doses il excite les centres vaso-moteurs de la moelle «lloogéet tandis que rabaissement temporaire de la tension sous l'influence de doies moyennes, et définitif sous Tinfluence de fortes doses, est dii selon eux à une paralysie temporaire ou durable de ces mêmes centres. Ils ont constaté en effet qu'en coupant la moelle cervicale sur un chien la tension sanguine reste la même aussi longtemps que le cœur se contracte ; d'autre part, en pratiquant la respiration artiGciclle dans des cas où la tension artérielle s'est notablement abaissée, en même temps que la respiration naturelle a cessé, c'est-à-dire en fournissant de nouveau du sang oxygéné aux centres nerveux, la tension se relève et même la respiration naturelle se rétablit pour un moment. Quant aux irrégularités dans le rhythme du cœur, dicrotismc, tricrotisme, etc., elles s'expliquent par le trouble de l'innervation de cet organe dont la force de con« traction se serait entièrement conservée.

D'autre part la propriété ({ue présente le muscle cardiaque de réagir encore puissamment sous Tinfluence de l'excitation électrique, même après que toutes les fonctions vitales se sont éteintes et que le cœur lui-même n'ofl're plus que de (aibles ondulations, parait exclure la possibilité d'une action directe du peison sur ce muscle.

Quant au ralentissement du pouls, qui caractérise la seconde phase de l'empoisonnement, il s'explique par les mêmes causes ou simplement par l'état profond de narcose où tombe l'animal empoisonné, en l'absence de tout excitant naturel du cœur.

Aî% OXALIQUE (toxicolooib).

S'appuyant sur de nombreuses expériences, Koch exprime des idées toutes diflerentes. D'accord avec Hermann sur un point» c'est que Tacide oxalique est un poison cardiaque, il n'admet pas, avec ce physiologiste distingué, que œ poison agit directement sur les ganglions nerveux intra-cardiaques; il pense, par Texpc^rience suivante, avoir démontré que ce poison agit plutôt sur le muscle cardiaque. Le cœur d'une grenouille est extrait du corps et maintenu en activité par le procédé de Coats, qui consiste à le saturer de sérum de lapin tenant du chlorure de sodium en dissolution. Si l'on introduit dans le cœur ce même sérum cliargé d'oxalate de sodium, aussitôt les contractions diminuent et même disparaissent complètement ; si le contact du poison n*a pas éLé trop prolongé, l'introduction de sérum frais rétablit les contractions, qu'une nou* velle addition d'oxalate de sodium fait disparaître derechef.

D'autre part, Toxalate de sodium ne faisant pas disparaître Tarrét du cœur produit par la muscarine, il faut en conclure que les oxalates ne paralysent pas les extrémités intra-cardiaques du nerf pneumogastrique, ni n'agissent comme des excitants plus ou moins énergiques du muscle cardiaque au début de leor action.

En d'autres termes, chez les grenouilles, les oxalates paralysent le mosok cardiaque.

Koch est arrivé à une conclusion analogue relativement aux animaux à sang chaud. Injecté dans le bout central de l'artère carotide, l'oxalate de sodium met beaucoup plus de temps à manifester son action sur le cœur par rabaissement de la tension artérielle que s'il est injecté dans la veine jugulaire* et cette action est en même temps beaucoup plus faible dans le premier cas que dans le second; cela tient, d'après Koch, à ce qne le poison, introduit dans b carotide, doit se diffuser d'abord dans tout le corps avant d'arriver au oour et n'arrive à cet organe qu'en faible quantité, tandis que par l'intermédiaire de la veine jugulaire, il arrive directement et en masse au cœur dont il trouble aussitôt le rhylhme. Celte action est assez analogue à celle qu'on a récemmeol assignée aux sels de potasse ; Koch en conclut que l'acide oxalique est un pcusoD du cœur, sur lequel il exerce une action affaiblissante ou paralysante, seloo la dose.

Pour expliquer les oscillations de la tension artérielle, le même auteur suppose que le cœur, fatigué par le contact du poison, reprend de la force en même temps que la tension se relève, par suite de la diffusion du pois<m dans tout l'organisme ; peu après la tension s'abaisse de nouveau, parce que le ccBor se fatigue rapidement ; après quoi elle se relève et après plusieurs oscillations redevient normale.

Koch n'a pas fait d'expéiûences directes sur le cœur des animaux à sang chaud, mais il pense que les résultats obtenus avec celui de la grenouille faii sont applicables.

Le nerf pneumogastrique n'a aucune part dans l'action de l'acide oxaUqoe sur la circulation, car il conserve son excitabilité normale pendant toute b durée de Tintoxicalion. De même les vaso-moteurs ne sont pas influencés, ctfy s'il eu était ainsi, les troubles de la circulation devraient se manifester plus rapidement après l'injection du poison dans l'artère carotide que dans la veine jugulaire ; c'est précisément Tinverse qui arrive.

Dans la théorie pi-ésentée par Koch il y a cependant une lacune importante» c'est que cet auteur a été incapable de trouver la raison de l'augmentation (b

OXALIQUE (toxicologie). 423

pression et de l'accélération du pouls que provoquent les doses non toxiques, fait (fue Kobert et Kûssner rapportent, comme nous l'avons vu, plus haut, à une excitation des centres vaso-moteurs.

Fax présence de ces graves divergences sur le point le plus important de l'ac* tion de l'acide oxalique, il est impossible de se prononcer, et il faut attendre de noavclles expériences avant de poser des conclusions.

Quant aux troubles respiratoires, Koch nliësite pas à rapporter à une origine centrale l'accélération du début. Kobert et Kûssner admettent cette origine pour tous les phénomènes qu'on observe du côté de la respiration ; ils ont en effet observé que la section des pneumogastriques au niveau du cou est sans influence sur eux.

Reste à trouver l'explication des troubles nerveux. Comme on l'a vu plus haut, ils consistent, chez les grenouilles, en contractions fibrillaires des mus* des volontaires et dans une paralysie qui se généralise plus ou moins rapide* ment selon la dose de poison injectée. Koch a constaté que, malgré la section du nerf sciatique d'un côté, avant l'intoxication, les contractions fibrillaires se manifestent cependant des deux côtés avec une égale intensité après l'introduction du poison dans l'organisme ; cette expérience semble exclure de prime abord toute action sur la moelle. Reste à savoir si l'acide oxalique agit sur les terminaisons des nerfs dans les muscles ou directement sur les fibrilles musculaires. Pour s'en assurer, Koch empoisonna une grenouille par le curare, qui a, comme on le sait, pour propriété de paralyser les extrémités terminales des nerfs moteurs, puis il injecta de Toxalate de sodium. Si dans ces conditions les contractions fibrillaires ne s'étaient pas produites, on eût été en droit de conclure que l'acide oxalique irrite les extrémités des nerfs moteurs; mais c'est précisément l'inverse qui se produisit. Que fallait-il en conclure? ou bien que Tâcide oxalique agit directement sur les fibrilles musculaires, ou bien que, malgré l'action particulière du curare sur les extrémités nerveuses, action en suite de laquelle ces dernières ne réagissent plus sous l'influence des excitations électriques, certains agents chimiques, l'acide oxali({ue entre autres, sont encore capables d'irriter ces extrémités nerveuses. Dans l'ignorance où nous sommes d^ propriétés physiologi({ues des extrémités nerveuses intra-musculaires, il n'est donc pas possible de se prononcer.

Quant aux phénomènes de paralysie, ils dépendent évidemment d'une action directe du poison sur les centres nerveux, aw l'excitabilité musculaire directe et réflexe existe encore au moment où la paralysie est devenue générale.

On a vu plus haut qu'une fois la paralysie établie, la section du nerf lom« baire est encore suivie de contractions dans les extrémités.

Koch a étudié de plus près la manière dont se comportent les nerfs moteurs, et il a fait quelques observations dignes d'intérêt: ainsi les contractions déterminées par l'application du courant d*induction sur les nerfs moteurs diminuent graduellement, et cela quelle que soit l'énergie du courant, et finalement le muscle ne réagit plus. Si, au contraire, on applique les électrodes directement sur les muscles, on obtient des contractions beaucoup plus énergiques, ee qui semble indiquer que l'oxalate, après avoir irrité les extrémités terminales des nerfs moteurs, les paralyse ensuite, d'où l'impossibilité de la transmis^ion des excitations du nerf au muscle à un moment donné. Pour élucider ce point, Koch a fait plusieurs expériences que nous passerons sous silence parce qu'elles n ont pas donné de résultat assez satisfaisant.

42V OXALIQUE (toxigolo€1i).

Dans une autre si^rie dressais, le même expërimentateor i constaté que Taction directe d*une solution d'oxalate de sodium (au 3/1) sur les mosdes et les nerfs les tue rapidement; mais au dëbut, que ce soit le muscle ou le nert qui se trouve plongé dans la solution» on observe des oontraclioDs fibrilhires énergiques. Koch conclut de ces eipériences que Toxalate neutre de sodium agit directement sur le tissu musculaire et nerreux, et il suppose qu'il en est de même par Tintermédiaire de la circulation dans les cas d*intoxîcaition; mais Faction ici est moins rapide parce que le poison se trouve plus dilué par sa diffusion dans tout l'organisme.

Chez les animaux à sang chaud, nous avons vu que les pliénomènes de dépression sont prédominants. Comme le font remarquer Kobert et Kûssner, la diminution de la motilité ne peut être d'origine périphérique» vu que les muscles et les nerfs réagissent encore après la mort sous l'influence des excitations mécaniques et électriques. Il faut donc attribuer la paralysie progressive à une action dépressive de l'action oxalique sur le cerveau et la moelle» dont l'excitabilité normale se trouve ainsi considérablement abaissée jusqu'à devenir nulle. Quant aux phénomènes d'excitation» convulsions» tétanos» etc.» ces auteurs œ sont pas éloignés de croire qu'ils peuvent s*expliquer par la présence dans k sang des cristaux d'oxalate de calcium vus par Ousum et Almén» cristaux qui n'occasionneraient pas de troubles dans les autres organes» mais provoqueraient dans le cerveau une vive irritation. Hais nous savons, par les obsânitions si minutieuses de Lesser» que b présence de ces cristaux dans le sang est plus que problématique : dès lors il doit en être de même de l'explication de Kobert et Kûssner.

Koch pense que les phénomènes de paralysie aussi bien que les convulsimis qui se présentent quelquefois» surtout vers la fin de la vie, peuvent s'expliquer })ar les troubles de la circulation retentissant sur les centres ner>'eux. Il est probable en effet que quelques-uns des désordres nerveux dépendent de ces troubles, mais nous croyons que la paralpie si nettement progressive reconnaît, chez les animaux à sang chaud de même que chez les grenouilles» pour cause une action primitive, directe, sur les centres nerveux.

On s'est encore demandé si l'acide oxalique agit en nature ou par un produit de dédoublement, l'oxyde de carbone, par exemple ; cette dernière hypothèse i été émise par Rabuteau, qui assure même avoir observé» dans certains cas, i l'examen spectroscopique, la raie caractéristique de l'intoxication par l'oxjde de carbone; la présence de ce dernier dans le sang étant susceptible de déterminer la glycosurie, on s'expliquerait en même temps l'existence dans l'orine de la substance réductrice dont nous avons parlé plus haut. Mais Kobeit et Kûssner n'ont pu déterminer la nature exacte de cette substance, qui parait se pas être du sucre, et de plus il n'est pas démontré que de l'oxyde de carbone existe dans le sang dans les intoxications par l'acide oxalique ou les oxalates. Un fait qui contribuerait du reste à augmenter le doute, c'est que même dios certains empoisonnements par l'oxyde de carbone le résultat de l'examen spe^ troscopique est négatif.

Reste encore à expliquer un phénomène particulier» l'anurie ou Toligunequ se présente dans quelques cas. La première pensée qui se présente» c'est de l'ittribuer à l'accumulation des cristaux d'oxalate de calcium dans les canaUcoies urinaires et à l'obstruction de ceux-ci ; il est certain que c'est là une des causes, mais ce ne peut être la seule, car chez les lapins qui ont servi dans les eipé^

OXALIQUE (toxicologie). 435

riences de Fr&nkel on n'observa pas d'oligurîe, et malgré cela ia substance corticale des reins était farcie de cristaux d*oxalate de calcium; un autre facteur intervient évidemment, et ce ne peut être qu'un processus irritatif provoqué dans les reins par la présence de l'oxalate de calcium et démontré par la présence dans l'urine d'albumine et d'éléments ligures.

Quant à la diminution de l'urée et des matériaux solides de l'urine, elle est due non à une diminution de production, mais à une diminution de sécrétion; on conçoit la possibilité, dans ces conditions, d'accidents urémiques, suffisants peut-être à expliquer une partie des phénomènes nerveux qu'on observe dans l'intoxication oxalique et surtout ceux de dépression, la prostration et le collapsus qui, généralement, précèdent la mort.

En examinant avec soin les reins farcis d'oxalate de calcium, on constate qa'outre les cristaux accumulés dans les tubes ilexueux il s'en trouve dans les cdlnles épitbéliales elles-mêmes de ces tubes : il est dès lors probable que ces Cflioles épitbéliales sont précisément le siège de l'excrétion de l'oxalate de cftidum; mais, chose curieuse, Frânkel, à qui sont dues ces observations, n'a pas vu d'oxalate de calcium dans les glomérules de Halpighi, qui sont considérés comme l'organe excréteur du rein. Les cristaux d'oxalate, entraînés par le liquide urinaire, gagnent les tubes droits, arrivent en partie dans la vessie, mail s'accumulent pour la plus grande partie dans ces tubes, abandonnant ainsi de plus en plus la substance corticale; on conçoit dès lors que la proportion d*ozalate qui parvient dans la vessie augmente à un moment donné, entraîné qo'il est par l'urine qui traverse alors plus librement les tubes flexueux.

Nous terminerons ces considérations en rappelant avec Kobert et Klissner que» dans un grand nombre de cas d'empoisonnement par les champignons, oa observe des symptômes analogues à ceux de l'intoxication par Tacide oxalique; eela ne veut pas dire qu'il y ait identité entre les deux sortes d'empoisonnement, mais il est permis de penser qu'une partie des phénomènes qui caractérisent l'empoisonnement par les champignons est due à l'acide oxalique, si abondant dans un grand nombre de ces cryptogames. Hais ce n'est toujours là qn'ane hypothèse, et le seul moyen qui permettra de trancher la question, ce sera l'examen de l'urine et des reins au point de vue de la présence de l'oxalate de calcium.

Ré$ume\ L'acide oxalique manifeste son action sur l'organisme par des troubles variés de la circulation et delà respiration; sous l'influence de faibles doses : accélération des battements du cœur et des mouvements respiratoires ; foos l'influence de fortes doses : arhythmie, diminution de la tension artérielle qui se relève après plusieurs oscillations ou se termine par l'arrêt du cœur, après un ralentissement du pouls, ralentissement graduel des mouvements respiratoires qui cessent bien avant que le cœur n'ait cessé de battre; les troubles respiratoires sont évidemment d'origine centrale, mais les troubles de la circulation sont attribués par les uns à une action sur les centres nerveux (Kobert et Kûssner), par les autres à une action directe sur le cœur, soit sur les ganglions intra cardiaques (Uermann), soit sur le muscle cardiaque (Koch); quant aux troubles nerveux, on observe des phénomènes d'excitation et dc^ phénomènes de dépression, très-probablement d'origine centrale ; seulement les phénomènes de dépression sont prédominants et man(]ucnt rarement, tandis que les phénomènes d'excitation font souvent défaut. Ces phénomènes, trèsaccentués dans les intoxications aiguës, suivies de mort rapide,. se présentent

AU OXALIQUE (toxicolocib).

également, quoique avec moins de netteté , dans les intoxications subaignêset les intoxications chroniques. Mais nul d*entre eux n'est constant et par suite patliognomonique.

En comparant ces symptômes à ceux que produit le poison chez lliomme, on retrouve les mêmes troubles de la circulation, de la respiration et de Tinnervation, afiaiblissement et ralentissement du pouls, ralentissement des mouvements respiratoires, refroidissement périphérique intense, anesthësie, parésie, convulsions toniques et cloniques, dyspnée, coUapsus et, comme le poison a été ingéré dans Testomac, gastro-entérite intense se manifestant des le dârat de Terapoisonnement par des vomissements qui peuvent persbter jusqu'à la mort; ajoutons-y Tanurie, suivie d'albuminurie (Frânkel).

Les phénomènes les plus typiques de Tempoisonnement par l'acide oxaliqae consistent dans l'apparition d'une substance réductrice dans l'urine (fait encore contesté) et dans celle de cristaux d'oxalate de calcium et peut-être de magnésium dans les sédiments urinaires et, comme on peut le constater après la mort, dans l'accumulation constante de ces mêmes cristaux dans les canalicoles urinaires des reins et leur présence sous forme de dépôts sur la muqueuse gastro-intestinale, quand le poison a été ingéré par la bouche.

VIL Traitement de l'empoisou^iement. Lorsque l'acide oxalique a été ingéri en solution très-concentrée, l'état de ramollissement plus ou moins intense de la muqueuse stomacale contre-indiqne l'emploi de la pompe gastrique et celui des vomitifs violents. On se contente d'aider les vomissements spontané qui s'établissent par des potions huileuses et par la titillation de la luette et de la base de la langue. On évitera de faire ingérer des liquides aqueux qui ne feraient que diluer le poison et favoriser son absorption. De même on se gardoa de faire boire des liquides alcalins, qui auraient pour effet de transformer l'acîdc oxalique en sels non caustiques, il est vrai, mais au moins aussi dangereux que l'ncidc oxalique lui-même, s*ils viennent à se diffuser dans l'organisme, grioe à leur facile solubilité. Il faut chercher, au contraire, à transformer l'acide en sels insolubles, oxalate de calcium et oxalate de magnésium, et dans ce bot administrer de bonne heure de Teau de chaux, de la craie, des fragments de coquilles d'œuf, de la magnésie en bouillie. Uusemann a fait remarquer que l'eau de chaux ne peut fournir la quantité de base nécessaire pour neutraliser l'acide et que la craie a pour inconvénient de donner lieu à un abondant d^gement de gaz acide carbonique. C'est pourquoi il a recommandé le saochante de calcium.

Contre la douleur et les symptômes nerveux, on donnera l'opium i petite dose; pour combattre la prostration, on administrera les alcooliques, qui du reste contribuent à l'élimination du poison.

Quand Tacide oxalique a été pris en solution étendue, on songera avant tont a expulser le poison soit au moyen de la pompe stomachique, soit à l'aide des vomitifs, après quoi on administrera du chlorure de calcium étendu d'eau ou même du chlorure de magnésium, en ayant soin d'ajouter à ces solutions un peu d*ammoniaque. Le chlorure de magnésium peut être donné impufi^ ment jusqu*à la dose de 50 grammes; il doit être préféré au chlorure <k calcium à cause de ses effets purgatifs qui favorisent l'évacuation de l'oxilsl^^ de magnésie.

Si Ton a réussi à faire disparaître les accidents aigus, on ordonnera la diète et les boissons émoUientes.

OXALIQUE (MéDEciNE légale). 427

§ IV. Médtoeime légale. Peu communs en France, les empoisonnements par Tacide oxalique ou le sel d*oseiile sont, bien plus fréquent en Angleterre, et dans ce dernier pays particulièrement dans le comte de Middiesex avec Londres pour capitale. Sur 22 cas rassemblés par Bohm, 19 s'étaient produits ea Angleterre, 3 seulement en France et en Allemagne.

Dans rimmense majorité des cas, il s'agit de suicides ou d'empoisonnements acddentels; c'est généralement l'acide oxalique qui sert dans le suicide, parce que les propriétés toxiques du sel d'oseille sont moins bien connues du public ; grâce à leurs nombreux usages domestiques et économiques, l'acide et le sel d'oseille déterminent fréquemment des intoxications accidentelles; dans certains cas ils ont été délivrés dans de mauvaises drogueries pour du sulfate de magnésie (sel d'Epsom) ou du sulfate de soude, ou encore pour de la crème de tartre ou de l'acide tartrique, corps avec lesquels l'acide oxalique, en particulier, peut être confondu quand il est à l'état pulvérulent, grâce à son peu d'odeur et à soo peu de solubilité dans l'eau.

Les tentatives criminelles d'empoisonnement par l'acide oxalique ou ses composés sont très-rares; on en signale cependant en Angleterre, mais elles ont échoué à cause de l'acidité extrême et diflicile à dissimuler de ces produits. Thudichum a du reste fait des expériences relativement aux propriétés cyrganoleptiques de l'acide oxalique; il a reconnu que déjà à la dose de 10 gi*ains (65 centigrammes) cet acide, même très-dilué ou protégé par des substances eoTeloppantes, détermine une saveur insupportable et laisse longtemps persister une sensation particulière d'hébétude des dents; il en a conclu que rempoisonnement criminel par cette substance est impossible.

La dose mortelle, pour l'acide oxalique, est diflBcile à déterminer; 10 à 15 grammes d'acide cristallisé suffisent habituellement; cependant Barker a vu la guérison se produire après Tingestion d'une dose de plus de 50 grammes, tiDdis que Tardieu a vu succomber un jeune homme de seize ans qui n'en aTait pris que 2 grammes. Rappelons ici qu'à dose égale les effets du poison sont plus meurtriers en solution étendue qu'en solution concentrée.

Quant au sel d'oseille, 12 à 16 grammes sufGsent pour donner la mort à un adulte.

Plus haut, nous avons décrit les symptômes que provoque l'empoisonnement par l'acide oxalique et ses sels, ainsi que les lésions cadavériques qu'ils déterminent; parmi ces dernières, nous signalerons surtout l'accumulation des cristaux d'oxalate de calcium dans les canalicules urinaires, et les dépôts que ces mêmes cristaux forment dans le canal digestif; nous n'y reviendrons pas ici en détail.

Recherche de l'acide oxalique. Relativement facile, cette recherche peu/ être faite par différentes méthodes que nous exposerons surtout d'après Tardieu et Taylor.

Le canal digestif est coupé en très-petits morceaux qu'on réunit aux matières qu'il renferme et au produit des vomissements. Cette bouillie est placée dans une large capsule de porcelaine qu'on chaufle au bain-marie d'eau bouillante avec ménagement. Quand Tévaporation est à peu près complète, on traite le résidu par l'alcool pur à 85 degrés, jusqu'à complet épuisement de tout principe soluble. Les liqueurs alcooliques réunies sont évaporées à siccité au bain-marie, puis traitées par l'eau distillée chaude, qui redissout aisément l'acide oxalique et le sépare d'un grand nombre de produits insolubles dans l'eau. La solution

4â8 OXALIQUE (médecine léGALs).

aqueuse filtrée est précipitée par un léger excès d*acétate de caldum, jiisqa*à œ qu'il ne se forme plus de dépôt. On lave le précipité à Teaa et à l'aloool, et od dessèche. Le produit obtenu doit offrir les deux caractères suivants : 1^ introduit dans un tube fermé par un bout et chauffé soit à sec, soit avec un excès d'acide sulfurique concentré, il doit se décomposer rapidement en donnant de ]*oxyde de carbone qui s'enflamme et brûle avec une flamme bleue ; 2^ broyé dans un mortier avec de l'alcool à 85 degrés et quelques gouttes d*acide solfarique, il doit se décomposer en acide oxalique qui devient libre et en chaux qui se combine avec l'acide sulfurique. En filtrant sur du papier Berzelius, le liquide qui passe contient l'acide oxalique en solution et tout le sulfate reste sur le filtre. On fait bouillir la solution pour chasser l'excès d'alcool, onl'ëtend de plusieurs fois son volume d'eau distillée, on sature par l'ammoniaque, puis on fait l'essai suivant : une portion du liquide est mélangée avec une solution saturée et limpide de sulfate de calcium. Si la liqueur renferme de l'acide oxalique, même en très-petite quantité, on obtiendra un précipité blanc d'oxalate de calcium totalement insoluble dans l'eau même acidulœ avec de l'acide acétique, mais soluble dans quelques gouttes d'un acide minéral fort, tel que l'acide chlorhydrique ou nitrique.

Un autre procédé consiste à saturer par l'hydrate de quinine la bouillie adde des organes et des vomissements. La masse, desséchée au bain-marie, puis épuisée par l'alcool pur à 85 degrés, donne une liqueur renfermant tout l'acide à l'état d'oxalate de quinine. Évaporée à siccité, traitée par un l^er excès d'ammoniaque, puis redissoute dans l'eau, cette solution, ainsi convertie en oxalate ammonique, donne la réaction caractéristique des oxalates avec les seb solubles de chaux.

Hais le meilleur procédé à employer pour obtenir l'acide oxalique à l'état de pureté consiste à se servir de sel de plomb. L'oxalate d'ammonium, obtenu par la méthode précédente, est précipité par un léger excès d'acétate neutre ou de nitrate de plomb. L'oxalate de plomb qui se dépose, lavé par plusieurs décantations successives à l'eau distillée tiède, est mis finalement en suspension dans Teau et traité par un courant d'hydrogène sulfuré qui forme du sulfure de plomb et met Tacide oxalique en liberté. Le précipité de sulfui*e de plomb entraîne en même temps les matières colorantes et autres mélangées à l'oxalate de plomb. On filtre, on fait évaporer la solution doucement, au bain-marie, jusqu'à consistance de sirop, puis on l'abandonne à elle-même dans une petite capsule de verre, à côté d'un vase rempli de chaux ou d'acide sulfurique concentré. Par le repos se forment des aiguilles prismatiques nombreuses, qn'oo dépouille des restes d'eau-mèrc qui les souillent en les pressant légèrement entre des doubles de papier buvard. Dès lors, redissous dans un peu d'eau distillée, ils peuvent se prêter à toutes les réactions propres â faire reconnaître l'acide oxalique.

Du reste, la réaction si caractéristique de l'acide oxalique sur les sels de calcium solubles suffit à elle seule pour reconnaître cet acide. Le mieux, c'est d'employer une solution saturée et limpide de sulfate de calcium, fortenieDt acidulée avec de l'acide acétique. Si ces liquides ne renferment pas d'alcooL dont il est. du reste, facile de se débarrasser par l'ébullition prolongée, il ^ forme un précipité qui est certainement de l'oxalate de calcium.

Mentionnons encore spécialement une réaction permettant de reconnaître lis^ ment l'acide oxalique : c'est la réduction rapide qu'il opère dans les sels d'or.

OXALIQUE (MéDEGiNE LéoÀiK). 429

En ajoutant à une solution de sesquichlorure d'or une solution d'acide oxalique, on obtient, même à froid, une coloration vert foncé due à de l'or métallique qui se dépose en petites écailles. A chaud, la réaction est plus rapide qu'à froid ; elle est accompagnée d'un dégagement d'acide carbonique.

Si des secours ont été donnés, de la magnésie ou de la craie administrées^ par exemple, on traite la bouillie des organes et des vomissements par de l'eau distillée aiguisée d'acide chlorhydrique qui redissoudra les oxalates de magnésium et de calcium. Les liqueurs sont, après fiUration, mélangées avec un petit excès de solution de chlorure de calcium, puis précipitées par l'ammoniaque. Le précipité ainsi obtenu renferme du carbonate de calcium, du phosphate de calcium provenant des phosphates contenus dans les matières soumises à l'analyse, et de Toxalate de calcium; ce dernier renferme tout l'acide oxalique des matières suspectes. On lave et on décante plusieurs fois, puis on traite par l'eau acidulée d*tcide acétique qui redissout le phosphate et le carbonate de calcium et laisse intact l'oxalate de calcium, dont il sera facile, dès lors, de constater les caractères spéciaux.

Dans certains cas, il est utile de reconnaître l'acide oxalique mélangé à dive**s liquides, surtout si, grâce aux vomitifs administrés, la quantité d'acide restée dans l'estomac est minime. Le procédé de la dialyse permet aisément de séparer œ corps du lait, du café, du gruau, du sang, du mucus et des autres liquides TÎsqaeux. Le liquide doit être d'abord bouilli, en y mettant, si c'était nécessaire, les tuniques de l'estomac découpées. L'eau distillée, placée en dessous du tube dialfseur, reçoit l'acide, qu'on peut concentrer par Tévaporation, et Ton obtient ainsi des cristaux prismatiques qu'on soumet aux réactifs ordinaires de l'acide oxalique.

Comme de l'acide oxalique peut être introduit dans l'organisme par l'alimentation (oseille, rhubarbe, etc.), le chimiste expert doit s'informer de la nature des aliments pris; mais, généralement, les quantités d'acide provenant de cette origine sont très-faibles : dès lors l'expert devra tenir compte de la quantité d*acide oxalique par un dosage exact. Dans certains cas, il peut être nécessaire d'examiner des taches sur les vêtements, par exemple; l'acide oxalique décolore certaines teintures et en rougit légèrement d'autres; si le tissu n'a pas été lavé, il est resté imprégné de l'acide, qui n'a pas d'action corrosive compai*able à celle des acides minéraux. Dans une affaire criminelle qui fut jugée en 1866 (Taylor) et où il fut prouvé que l'accusée avait tenté de faire avaler de force un poison liquide à sa fille, âgée de six ans, cette substance avait donné lieu à de la cuisson aux lèvres, à un goût aigre et à des vomissements ; la muqueuse buccale était enflammée. On ne put se procurer aucune portion de la substance administrée, mais des taches du vêtement de l'enfant formèrent un dépôt cristallisé d*acide oxalique. Cette femme fut reconnue coupable et condamnée.

Une autre méthode dialytique peut encore être employée pour découvrir l'acide oxalique dans un liquide organique. On place une portion du liquide suspect dans une coupe, dans laquelle on fixe un tube fermé à l'aide d'une peau et qui renferme une solution de sulfate de calcium. L'acide oxalique traverse la membrane par osmose et constitue à l'intérieur du tube un dépôt de cristaux d'oxalate de calcium faciles à reconnaître à leur forme octaédrique.

Pour rechercher le bioxalate de potassium, on traite les vomissements et les organes découpés par l'eau bouillante, on filtre, on évapore à siccité, et on reprend le résidu -par l'alcool ; le bioxalate de potassium, étant insoluble dans

450 OXALIQUE (emploi bédical).

Talcool concentré, n*est pas dissous. On traite alors le résida par Teau, on filtre la solution aqueuse, puis on ajoute de Tammoniaque et dudilonire decaldum, et on transforme ainsi le sel d*oseille en oxalate de caldum insoluble. Ce sd, recueilli, est traité pendant quelque temps par de Tacîde nitriqae bouillant, pour opérer la destruction des matières organiques. En saturant par Tammoniaquc, loxalate de calcium se précipite à Tétat de pureté. 11 est aisé ensoitede soumettre ce sel aux réactions qui le caractérisent, ou bien on le conTertit en oxalate de plomb que Ton décompose ensuite par l'bydrogène sulfuré pour mettre Tadde en liberté.

Nous avons vu plus haut comment on recherche les oxalates résultant de l'administration d'antidotes tels que la craie ou la magnésie.

Dosage de l'acide oxalique. Le procédé le plus employé repose sur la propriété de l'oxalate de calcium de se transformer en carbonate de caldum sons l'influence de la chaleur. L'oxalate s'obtient par addition d'ammoniaque et de chlorui*e de calcium aux liqueurs suspectes. On le purifie avec soin, puis on le calcine dans une capsule ou dans un creuset de platine jusqu'à ce que la masse, qui s'était colorée pendant sa décomposition sous l'influence de la chaleur, ait repris sa blancheur primitive. On laisse refroidir cette masse et Ton ajoute on peu d'eau. Si la liqueur présente une réaction alcaline, c'est qu'on a chanfK trop fort, et le carbonate lui-même s'est réduit à l'état de chaux caustique. Ota régénère le carbonate par l'addition de quelques gouttes d'une solution de carbonate d'ammonium, on évapore à sied té au bain-marie, puis on chauft modérément, en ayant soin de ne pas dépasser 200 degrés; on laisse refroidir et on pèse le résidu. A 100 parties de carbonate de calcium correspondent 128 pa^ ties d'oxalatc de calcium et 126 parties d'acide oxalique. Connaissant le poids du résidu, on obtient dès lors, par un calcul très-simple, celui de Tidda oxalique.

g V. Emploi médical. L'acide oxalique a été parfois employé comme succédané des acides citrique et tartrique, à titre d'antiphlogistique et pour calmer la soif; mais, outre que la saveur de Tacide oxalique est bien moins agréable que celle de ces acides, son usage présente encore des dangers qd ressortent facilement de tout ce que nous avons dit de l'acide et de ses sels, et dont l'un des plus sérieux consiste dans l'altération rénale, qui se proddrail ceilainement par l'usage prolongé de ces corps, même à très-petite dose. Aussi, malgré les éloges que Nardo lui a prodigués, vaut-il mieux proscrire l'adde oxalique de la thérapeutique, ou, si l'on a des raisons particulières pour l'employer, ne radministrer qu*à des doses très-modérées et pendant peu de jours. On ne prescrit du reste guère qu'une limonade oxalique (50 centigrammes I 1 gramme pour 1 litre d'eau); les pastilles pour la soif , préparées aTec 4 grammes d'acide pour 250 grammes de sucre, avec essence de citron et mucilage de gomme adragante q. s., peuvent, comme le remarque Gubler. être remplacées avec avantage par les bonbons acides au vinaigre, à la grosdlle, au citron, à la grenade, fabriqués par les confiseurs.

L'acide oxalique a encore servi à taira des badigeonnages dans la gorge dias des cas de diphthérie, mais sans succès apprédable. A. Comilleau l'a mêfoe donné à l'intérieur dans la diphthérie, sous forme de potion renfermant \^.^ d*acide (par cuillerées à dessert de trois heures en trois heures) et de tisane préparée avec des feuilles d'osdile fraîche (150 grammes pour 1000 d'eau bouil-

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lante). Il assure avoir obtenu la guérison dans dix-sept cas sur dix-huit soumis an traitement (sept cas de croup et onze cas de diphthérie pharyngée) ; encore attribue-t^il à une maladie intercurrente (néplu*ite brightique] l'issue fatale qu*cut la noaladie dans Tun des cas. Nous ignorons si d*autres praticiens ont imité Comilleau et s*ils ont obtenu des résultats paiement satisfaisants.

Enfin divers oxalates ont été recommandés. Ainsi Toxalate ferreux neuti^e a été prescrit comme laxatif, mais il n*est pas bien démontré que ces propriétés laxatives existent; on a doimé Toxalate de mercure comme succédané du calomel et sous les mêmes formes médicamenteuses; enfin, le sel d'oseille ou bioxalate de potassium, malgré ses propriétés toxiques à une dose un peu élevée, a été employé comme astringent et rafraîchissant à la dose de 50 centigrammes à i gramme; mais il est bien plus usité dans l'économie domestique, pour enlever les taches d*encre, par exemple, sur le papier. Nous avons dit plus haut quelles sont les raisons qui, selon nous, doivent faire bannir l'acide oxalique de la thérapeutique ; on peut en dire autant des oxalates plus ou moins solubles que nous venons d'énumérer.

Cependant le même ostracisme ne parait pas devoir atteindre Toxalate de oérium, qui est insoluble et dont l'efficacité dans divers états pathologiques parait bien établie. Les premières tentatives d*application médicale de ce sel ont été faites il y a plus de vingt ans par Simpson (d*Édimbourg) ; cet auteur a préconisé Toxalate de cérium contre le pyrosis, la dyspepsie, la gastrodynie, les vomissements de la grossesse, la diarrhée chronique, etc. ; Lee, après lui, dans les dyspepsies qui sont accompagnées de vomissements fréquents, et dans les vomissements de l'hystérie, de la phthisie, etc., Ramskill dans l'épilepsie, en particulier dans les cas où l'aura consiste en troubles gastriques et du duodénum se révélant par un état de malaise à l'épigastre et de défaillance, etc.

Tout récemment, Fawert (de Philadelphie) (1877), Image (1878), Sommer (4883), ont confirmé l'efGcacité de ce médicament contre les vomissements des phtliisiques ; Th. Clarke (1878) et Chesneau (1880) l'ont employé avec succès» le premier contre la toux dans la pneumonie, le second contre les toux chroniques ; Morjé contre la coqueluche dans la période spasmodique ; enfin Poucet (1882) et Sommeront obtenu d'excellents résultats dans les vomissements incoercibles de la grossesse.

Poncet, qui a fait de Toxalate ccreux une étude toute spéciale, a en outre expérimenté ce corps avec le plus grand succès dans la toux provoquée par des troubles des fonctions digestives et dans celle des phthisiques, où ce sel pré&ente notamment l'avantage de ne pas exercer sur l'estomac la même infiuence nuisible que l'opium souvent employé dans des cas semblables. 11 a cherché à se rendre (M)mptc du mode d'action de ce médicament et avant toutes choses a établi d'une manière indiscutable qu'il n'est pas absorbé et ne passe pas dans la circulation : en effet, après l'administration de l'oxalate de cérium, l'urine ne renferme pas de trace de ce métal, tandis que les ièces, soumises à un traitement convenable, abandonnent une quantité d'oxyde céroso-cérique représentant à pou de chose près la proportion de cérium contenue dans l'oxalate ngérc. 11 faut conclure de ces faits que l'oxalate céreux ne peut agir eu tant que composé oxalique, et par conséquent ne présente pas les mêmes dangers que les autres préparations oxaliques. Poncet rapproche l'action de ce médicament de celle de certaines substances insolubles telles que l'or et le platine, action étudiée particulièrement par Dumontpallier (de Paris), et Gerbe (de Lyon).

4r>S OXALIQUE (bibliograpbib).

Ainsi, à l*ëgard de la toux, Toxalate de cërium agit par action de contact en annulant le pouvoir réflexe qui la provoque, mode d*actioa qui se comprend bien, surtout si la toux a pour point de départ un désordre des fonctions gastriques ; par suite de la présence du cérium, les Clets gastriques du nerf vague ne transmettent plus au bulbe Tincitation qui détermine la toux par voie réflexe. L*action heureuse de Toxalate de calcium sur les vomissements de la grossesse et de Thystérie, et sur tous les vomissements dus à un trouble nerveux, paraît devoir être également rattachée à des phénomènes de contact, à la métal lothérapie interne, en un mot.

Quoi qu*il en soit, Toxalate de cérium parait être un médicament recommandable, digne d'attirer Tattention des praticiens. L. Hahh.

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