OVAIRE (PI
I contre desquelles on Irouverait en grande quanlilé tous les liquides qu'on observe dans les kystes de l'ovaire; d'ailleurs les auteurs ne s'entendent pas s entre eun, et In description des tumeurs qu'ils appellent fibi-o-kj'stitjues présente une grande divergence. Pendant que les uns nient l'eiislence de cetta I Tarii^té de kystes, eomme Savary (de Saint-Bartholomen's Ilospilal), les autres, I comme Bronn, Allée, Kœberlé, \'éan et d'autres, les admettent et prétendent avoir extirpé des tumeurs fibreuses dans lesquelles le liquUte semblait maitifeslemenl circontcrit par un sac membraneux. Mais, ajoute H. Boinet, l'analyse de tous les cas déclarés être des tumeurs libro- kystiques montre de la manière la plus évidente que c«s kystes tibro-kystes ne sont que des kystes m ultil oculaires compliqués de tumeurs fibreuses, aréoJaires, li-ès- intimement [ adhérentes à l'utérus et aux parties envii-onnanles ; en les anntomisant avec Boin on reconnaît qu'elles n'ont pas leur point de départ dans le tissu uténn, ime les tumeurs fibreuses périulérines ou interstitielles, et que ce n'est que consécutivement à leur développement qu'elles ont contracté des adhé- :es intimes avec l'ulérua, comme elles peuvent d'ailleurs en contr.icter avec [ tous les organes environnants, la vessie, le rectum, le pourtour du bassin, I l'éplploon, le foie, le diapbragmc, etc. Dans ces conditions, ce ne sont donc que des kystes mulliloculaires qui peuvent coïncider avec des tumeurs fibreuses de l'utérus, ou qui renrerraenl dans l'épaisseur de leurs parois, ou dans leur intérieur, des tumeurs dures, aréniaires, fibreuses, auiquelles on a donné 1 tort la désignation de kystes fibro-kjs tiques, laissant supposer par cette fausse dési^piation que ce sont des poclies kystiques qui se sont développées dan» l'intérieur de tumeui-s fibreuses proprement dites: une autre remanjue encore, et qui a >on importance au point de vue de l'anatomic pathologique, c'est que le tissu des masses fibreuses que l'on rencontre dans les parois des kystes or:iriens diffère sous tous les rapport!: du tissu qui compose les fibromes utérins. En efTel, dans les kystes, tes tissus dura, serrés, compacts, qui sont souvent pris pour des tumeurs fibreuses pures, sont simplement dos tumeurs aréolaire«, composées d'un tissu fibreux musculaire, et d'une infinité de petites loges ou lacunes : elles ont la couleur blanche, grisâtre des parois des kystes de l'ovaire, et ne sont jamais foiTuées d'un tissu blanc, nacré, criant sous le scalpel lorsqu'on les coupe, comme on l'observe dans les fibromes proprement I dits; tes bulletins de la Société anatomique renferment plusieurs exemples I de ces prétendues tumeurs libro-kystiques ; ils sont loin d'être concluants. D'ailleurs les fibromes qui renferment du li.juide comme les kystes de l'ovaire tont-ils donc si fréqueuls que semblerait l'indiquer le nombre des kystf-s fibro- [ kystes eitjrpés dans ces dernières années? Depuis qu'on a contesté leur existence, I les cliirurgiens et les unalomo-palhologistes n'en rencontrent plus, ce qui est la 1,'tneilleurc preuve de l'erreur sur ce point. Si, d'un autre cOté, on examine les I laits publiés dans nos différents recueils scientifiques, on remarque que ta I démarcation, entre ce que l'on doit entendre par tumeurs fibreuses ou fibromes T 'de la matrice, et les kystes fibro-kystiques, n'est pus bien établie, et que des cliirurgiens et même des anatomo-pathologistes ont désigne sous le nom de 1 tumeurs lîbro-kystiquea, à cause de leur adhérence intime avec la matrice, des K'iumeurs qui, après examen anatomique, ont été reconnues être des tumt iriques, rcufeiTHant des fibroides adhérents à la matrice, à la vessie,
Atlee. 1
des premiers, appela njsto-sartonie de l'ovaire cette v.triélé
leuiaH
OTAIRE (pathologie). 57
tamears que plusieurs chirurgiens de nos jours désignent sous le nom de tumeurs fibro-kystiques; il aurait opéré en 1849, d'une pareille tumeur, une femme qui, en 1855, se portait très-bien et aurait accouché heureusement depuis ropération; ce fait ne prouverait-il pas, puisque la femme est accouchée heureusement depuis Topération, que la tumeur n*aTait aucun lien avec Tutérus et que celui-ci n*a nullement été intéressé pendant Topération, que par consé» quent la tumeur enlevée était indépendante de la matrice, et probablement un kyste multiloculaire avec fibroîdes; il en est de même de Chrysmar, qui, en 1820, opéra d*unc tumeur fibro-celluleuse de l'ovaire gauche une femme qui devint enceinte seize mois après Topération, qui accoucha heureusement et se portait parfaitement bien en 1828. Cette tumeur, qu*il désigne sous le nom de kyste fibro-kystique, était percée de cavités contenant un liquide légèrement mielleux. QuitteidMum opéra paiement avec succès, en 1834, une femme atteinte d*un ky^to-iaranne^ qui recouvra la sauté au bout de quatre semaines.
Ces observations, qui manquent de détails importants, prouvent la confusion qui existait déjà à ces époques, puisque les tumeurs fihro-kystiques se trouvent désignées sous le nom de tumeurs fibrthcelluleuses, de kyito^arcomes, tumeurs qui, d'après les résultats obtenus, n*étaient probablement que des kystes composés, kystes multiloculaires compliqués de fibroîdes. Comme nous le ferons voir plus loin, toutes ces tumeurs ne sont que des kystes ovariens, dont les tissus ont subi différentes périodes de transition, et sont devenus plus ou moins durs, plus ou moins denses et solides, offrant des loges kystiques de grandeur variable, renfermant un liquide, soit albumineux, soit colloïde, soit mielleux, soit purulent, etc. ; dans bon nombre de circonstances, bien qu*il n*en soit pas toujours ainsi, une des loges se distend plus que les autres. Cette manière de Toir est aussi celle de Kiwisch.
Spencer Wells désigne également sous le nom de kystes flbro-kystiques les kystes formés d'une tumeur fibreuse accolée ou adhérente à un kyste de lovaire et non pas des tumeurs fibreuses ou fibromes, au centre desquelles une carité renfermant du liquide se serait formée. Il a publié dans le Médical Times, juillet 1859, un exemple remarquable, qui fait bien comprendre la différence qu'on doit établir entre ce que quelques chirurgiens nppellcnt des lameurs fibro-kystiques, et les tumeurs fibreuses proprement dites. 11 s'agit d'une femme de vingt-neuf ans, qui fut opérée le 17 juin 1859, et qui mourut de péritonite le second jour de l'opération. La tumeur consistait en un corps fibreux, plus large que haut, surmonté d'un énorme kyste, renfermant -des caillots librincux adhérents à ses parois: n'est-il pas évident que cette tumeur désignée sous le nom de fibro-kystique n'était qu'un énorme kyste multiloculaire, ayant dans ses parois un fibroïde ou une tumeur fibreuse aplatie, comme celles qu'on rencontre assez fréquemment dans les kystes composés.
Dans sa tlièse (Strasbourg, 1866], Catemault admet, avec son maître Kœberlé, Texistence des kystes fibro-kystiques, et invoque à l'appui de cette manière de ▼oir plusieurs observations publiées dans les Bulletins de la Société anatomique de Paris. Le premier appartient à un savant observateur, Barth, dont on ne peut nier la compétence quand il s'agit d'anatomie pathologique, et cependant ce fait ne nous parait pas concluant (Bulletin de la Société anat., t. XXVIII) ; il est inlitûlé : <' Tumeur flbreuse considérable de la paroi postérieure de l'utérus, conte • nant un kyste qui fournit trois litres d'un liquide albumineux et citrin, » I^s détails donnés sur ce fait sont si incomplets, qu'il est impossible de considérer
58 OVAIRE (p*T»OLOGiF.). ■
cette tumeur fibreuse comme une tumeur fi bro-kys tique, et qu'on peut loul aussi Lien admelti-e uit kyste miiltiloculaire île l'ovaire avec adliércnces ù U paroi postérieure de l'utérus,
A la page OU, l. \\\IU. du BuUelin de ta Société anatomique, Barlli considËreeQcorc comme une tumeur ribm-kya tique le fait suivant : u A l'autopùe on trouve quelques parties de la tumeur Irès-ijures et très-ilenses, et d'autres parties molles remplies de térotité plut ou moins foncée; ailleurs, il y avait une quantité énorme de cliolesterine ; il existait de la matière crétacée, etc. Ueville, appelé h examiner la tumeur, croit pluldt a l'existence de kystes mulli* loculaires des deux ovaires, réunis sur lu ligne niédiiuie avec dépôts de produits crélacés; il n'y a pas ici ces éléments fibreux qui constituent les corps tibreui
On le voit, deux anatoiuo-palliologistes trËs-distingués, Barth et Deville, ayant la tumeur sous les yeux, rexaminnul en même temps, la disséquant, ne sûal pas d'accord sur la véritable nature île la tumeur, et là où l'un voit une tumeur fibro-kystique. l'autre n'y trouve qu'un kyste m ult il oculaire.
D'un autre côté, Cniveilhier, qui a examiné, analomisé un grand nombre de tumeurs fibreuses ou fibromes, n'a jamais trouvé dans celles qui avaient des cavités que du liquide séreux et en très-petite quantité (environ une cuillerée à boucbc), ti jamais les liquides fibrineux, gélatineux, albumîneux, sanguiao- Icnls, que les opérateurs de tumeurs fibro-kystîques prétendent trouver dam ces tumeurs, mèmeen quantité considérable, tandis que les cavités des fibromes que Gruveilhier appelle géodes n'ont pu, à cause de leur petite capacité, contt^r au delà de quelques grammes di* liquide.
Dans les faits publiés jusqu'à ce jour il règne donc une grande confusion sur la composition de ces pi'étendues tumeui's G bro-kys tiques, sur leur sit'ge, sur les liquides qu'elles contiennent. Pour Ci-uveilbier, les véritables tumeun Ubro-kystiques, ou autrement dit les iibromes, ne renfm-ment que de la sérosité «t en trËs-petlle quantité, tandis que d'autres disent avoir trouvé de la fibrine, de la gélatiue, de l'albumine, etc. Le docteur Klark. qui a examiné un grand nombre de ces liquides, en admet trois variétés principales : ils seraieni séreux, gélatineux, sanguinolents. Uartli aurait trouvé, une l'ois, uu li(|iiidc séreux renfermant de la cliolestéi ine et de la matière crétacée, une autre fois un liquide albumincux et citrîu; le docteur Allée rencontra un liquide noir: dans un autre cas, un liquide clairet transparent; le docteur Iticux, uu liquide qui ressemblait â de la boue splénique; Icery cl Kœberlé, un liquide séreux et citrin, etc.
Comme on le voit, la nature des liquides i-enconti'és est très -variable, et toas ces liquides, excepté le liquide séreuv, se rencontrent plutôt dans les kystes de l'ovaire que dans les tumeurs fibro-kysliques. En se basant sur tous les faits connus, il devient impossible d'accepter pour des lumeui-s fi bro-kys tiques les kystes qui ont été considérés comme tels, feulétre trouvcra-t-ou que nou» sommes entrés dans de trop longs détails sur ces tumeurs libro-kystiques, niaii il nous a semblé qu'il était utile de faire disparaître l'erreur qui règne à leur endroit (Boinet, Traité pratique des maladies det ovaires, 2" édit., p. 218 et suiv.),
M. Itoinet a décrit une variété de kyste qui ne rentre pas précisément dan» le sujet de cet article, mais qu'on nous permeltia d'y lattaclier occaïionncllement.
OYAIRE (pATnOLOGiB). 50
Kystes utérthkyUiquès. Celte variété de kystes est assez rare et n*a été signalée par personne. Elle consiste dans une hypertrophie de l'utérus, dont les parois renferment des kystes dans leur épaisseur. Ces kystes simulent très-bieu les kystes de rovaire« et ne sont guère reconnaissables qu'après l'opération de la g^sliolomie; nous n'en connaissons qu*un seul cas, que nous avons opéré avec Demarquay, à la maisoq de santé Dubois. Les antécédents de la malade, la marche de la maladie, les signes qu'elle a présentés, la nature du liquide évacué par une ponction, tout a contribué et devait contribuer à faire prendre pour un kyste de l'ovaire une tumeur abdominale volumineuse, qui était due à un kyste développé dans les parois très-hypertrophiées de l'utérus. Voici un extrait de o^te observation, qui a été publiée dans YlJnion médicale de Paris, septembre
Une demoiselle de quarante-trois ans se présente à la maison de santé pour ètie opérée d'un kyste de l'ovaire. Le ventre est uniformément développé et a on volume considérable, celui d'une grossesse à terme; les parois du ventre glissent facilement sur la tumeur, ce qui indique qu'il n'existe pas d'adhérences. Une ponction donne issue à 5 ou 6 litres de liquide citrin, un peu filant. On conclut à un kyste multiloculaire de l'ovaire, parce qu'après la ponction le fentre ne diminue pas sensiblement et conserve à peu près ses mêmes dimensioos. L'ovariotomie est décidée et on la pratique le 10 juin 1868. Le ventre ouvert, U tumeur présente un aspect rougeâtre, particulier, qui n'est pas la couleur habituelle des kystes de l'ovaire. Une première ponction dans la tumeur avec un gros trocart détermine un jet de sang considérable; une seconde ponction, dans un autre point, donne issue à 2 litres d'un liquide jaune citrin mêlé de sang; l'ouverture abdominale étant agrandie, on reconnaît que cette tumeur n'appartient pas aux ovaires, mais qu'elle est formée par l'utérus; on en fait l'ablation, et la malade meurt trente-six heures après Topération.
A lautopsie, on constate que chaque ovaire présente un petit kyste de la grosseur d*une noix. La tumeur enlevée présente les caractères suivants : elle pèse 1950 grammes, a 40 centimètres dans un diamètre et 28 dans l'autre; elle est deformeréguiièremeniovoïde, d'un aspect rougeâtre, charnue. Une incision faite à la face postérieure pénètre dans la cavité d'un grand kyste, dont les parois n'ont pas la même épaisseur; du côté droit, elles atteignent jusqu'à 2 centimètres et plus, tandis qu'à gauche les parois ont une grande minceur. La face interne de cette cavité est inégale, parcourue de plis et de sillons; son aspect est généralement blanchâtre, mais elle est sillonnée de veines nombreuses, qui rompent Tuniformité de cet aspect. A gauche, dans les points où la poche kystique est plus mince, sa face interne est ulcérée; cette grande cavité a 28 centimètres dans le sens transversal et 20 dans le sens opposé. Un certain nombre d'autres kystes de moindre dimension existent en diflérents points de la tumeur; leur aspect, leur contenu, leur grandeur, sont variables, et Ion pourrait les considérer comme des produits de même nature, à des degrés différents d'évolution. Les uns donnent un liquide filant, absolument analogue au liquide renfermé dans le grand kyste; les autres renferment du sang pur ou à peine altéré; quelquesans sont affaissés sur eux-mêmes et ne renferment rien. Dans les petits kystes la paroi n'existe pas à proprement parler ; le sang est épanché dans les mailles du tissu utérin ; il n'y a pas de membrane enveloppante et les deux cotés de la cavité sont comme réticulés et s'envoient des prolongements. La cavité de ceux des kystes qui renferment de la sérosité est plus distincte; leurs parois.
Ipfi^
«0 OVAIRE (PAinoLoctE).
i1*abord rugueuses, inégaies et comme tapissées de (lépûts de fibrine, s'api
nissenl jusqu'à devenir parfaitement iissis et blancliStres dans le kj-ste prin-
Le lissu uldrin interpose entre ce kyste a pris un énorme doïelop[iomcnt, sb consistance et sa texture ne sont pns chnngées; les sinus paraissent très-dilatés ; lur la surface de section, r|ui a 16 millimètres sur 40, on en aperçoit de trèsroi umineux.
I/eiamen microscopique est venu confirmer ces données. M. Bouclianl a ti-ouTdque le kysie était constitué par un tissu riche en libres musculaires de la vie organique, séparées par une assex grande abondance d'éléments de tissu conjonctir, soit libres lamineuses, soit noyaux e m bi'yopl astiques. Lf& Gbres musculaires sont plus volumineuses, en général , que les fibres de l'utérus à l'état normal. Quelques-unes sont gonllèes, granuleuses et tri^i-Rnalogues à celles He l'utérus pendant la grossesse. L'enveloppi; périlonéalc ne parait pa<: altérée; ik la Tace interne, on ne trouve pas que le tissu se modifie, et les éléments musculaires arrivent jusqu'au contact du liquide contenu dans le k^ste; cependant, en te point, les îléments ont subi une sorte de dégénérescence granuleuse, qui donne à leur ensemble un aspect gélatineux, plus ou moins analogue à celai que présenterait de la fibrine. L^ contenu du kysie est sûreui; on y trouve une grande quantité de globules rouges de sang extravasé, qui ont conservé tous leurs caractères normaux; quelques globules blancs tr6s-rares, également normaux et Je plus grandes cellules granuleuses sphériqnes, quelquefois irrégulières et un peu aplaties, i peine vésiculeuses, très-minces, renfermant un noyau dans leur intérieur et rendues presque opaques, par une grande quantité de granulations graisseuses. Le tissu de la paroi du kyste, en certains points, était constitué par une masse Jaunâtre, ressemblant plus on moins à un caillot sanguin en régression. L'examen liislologiquc de ces parties montrai qu'elles étaient formées par le tissu utérin, dont les éléments étaient fortement infiltrés de granulations graisseuses, et ot) les mêmes granulations Lxistaient en grande abondance dans les inteiKtices des éléments. l.a langueur totale de la cavité de l'utérus était de 15 centimètres, ses parois hypertropltiéi^s ne présenLiient pas de lésions appréciables, les trompes et les ovaires n'offraient rieo de particulier.
Ces kystes des parois de l'uténis pourraient fitre désignés sous le nom de tumeurs uléro-kyttiqiiet. puisque leur point de départ est le tissu musculaire du fond de l'utérus, que les parois du kyste sont musculaires, et composées d'éléments qui n'ont rien du tissu fibreux, et qu'elles ne sont autre chose que le tissu utérin hypertrophié et creusé d'une vaste cavité. Ces kystes utérins peuvent donc, comme te démontre ce fait, renfermer des liquides analogues ï ceux qu'on rencontre dans les kystes de l'ovaire et être pris, avant la gastrotomie, pour de véritables kystes de l'ovaire; la ponction seule serait inutile pour reconnaître la véritable nature de ces kystes; le ventre une fois ouvert. I.i couleur rougeâtre de la tumeur, son aspect chaniu. pourraient éclairer le diagnostic et empëclier de continuer l'opération, puisque le traitement ne ]ioumit Être celui des kvsles de l'ovaire par t'ovariotomïe, et si le diagnostic de ces kystes pouvait être fait, avant la tiasirotomie, il vaudrait mieux les abandonner à eux-mêmes, que de chercher à en iaire l'ablation; le mieux, si on pouvait parvenir à les reconnaître, serait peut-être de recom-ir à l'injection iodée, et si l'opération arait été commencée, peut-ëli'e serait-il préférable, pin) ~
plattt
OVAIRE (pathologie). 61
que d*enlever ruténis hypertrophie, de laisser l'opération inachevée et de refermer le ventre?
— En résumé, an point de vue de leur constitution anatomique et de leur évolution, les kystes peuvent se rapporter à trois types spéciaux, suivant que ce sont : i* des kystes simples, sorte de lésion purement accidentelle, autonome et toute locale; ou suivant que ce sont : 2^ des kystes se rapprochant des tumeurs adénoïdes, encore locaux dans le principe, mais liés à une altération proliférante et susceptible de s'étendre de proche en proche à des éléments divers; ou enfin suivant que ce sont: 3® des tumeurs comparables au carcimone, susceptibles, non-seulement de s'étendre, mais de se généraliser, en s'acoompagnant d'une sorte d'infection générale.
Enfin, les kystes d'origine papillaire, à cheval, pour ainsi dire, et sur les adénoïdes et sur les sarcomes, seraient susceptibles de se comporter parfois comme les premiers, plus souvent comme les seconds, et par conséquent de rester bénins, ou de devenir malins, sans que leurs caractères anatomiques puissent indiquer au juste dans quel sens leur évolution se devra faire.
La dégénérescence des parois kystiques ne se fait pas seulement dans le sens des néoiormations épitliéliales et carcinomateuses, mais elle peut aussi donner lieu à des transformations régressives diverses. Le plus souvent ce genre de lésion se retrouve partiellement mêlé aux kystes proprement dits, dans les tumeurs multiloculaires. Il n'est pas rare de trouver, dans quelque point de ces tumeurs, des lobes ayant subi totalement la dégénération graisseuse, d'autres qui se sont épaissis et transformés en tissu scléreux. Des incrustations calcaires s'y rencontrent aussi fréquemment, soit en noyaux, au point de réunion de plusieurs kystes entre eux, soil en surfaces, dans la paroi même des kystes. On a rencontré parfois de ces poches kystiques totalement Iransformées en une coque osseuse. Vignes a ainsi trouvé un kyste osseux mulliloculaire de Tovaire droit, de la dimension d'une orange environ.
Schrœder rapporte un cas de kyste de l'ovaire, qui avait subi dans sa presque totalité la métamorphose calcaire, et qui avait été pris ('abord pour un lithoppdion.
U nous reste à étudier le contenu des kystes de l'ovaire, et à montrer quels rapports il y a entre les divers liquides ainsi produits et la configuration des tumeurs elles-mêmes. Or, le contenu des kystes est variable dans sa fluidité, <Ians sa transparence et dans sa coloration. Ces variations d'aspect tiennent aux variétés du fluide et des corps figurés qu'il renferme. Tantôt comparable à (Je la sérosité pure, ou à de l'albumine, il ressemble parfois à de la gelée, à du miel, à de l'huile, à de la glu (Quénu).
Les uns sont très-fluides, clairs comme de l'eau de roche ; les autres sont séreux, jaune citrin, jaune verdâtre, comme le liquide ascitique, d'une odeur fade, moussant par l'agitation ; d'autres sont lactescents, séro-sanguinolents, purulents, plus ou moins épais, plus ou moins colorés, filants, huileux, albumineax, gélatiueux, hématiques, colloïdes, etc. Ces différents liquides peuvent se rencontrer dans tous les kystes, qu'ils soient uniloculaires ou multiloculaires.
Dans les kystes uniloculaires simples, le liquide est ordinairement, comme le sérum du sang, jaune pâle, légèrement alcalin, renfermant de faibles traces d'albumine, et il a beaucoup de ressemblance avec le liquide ascitique; mais d'autres fois, il est mêlé à des matières grasses, huileuses, et en quauUl^ qlss^
OVAIRE (PATHorouiE). ■
grande pour avoir une consistance vis(|ueuse ou gélatîneuEe. Parfois il rcfsembte a une d^cocliou de calé, de chocolat ; il est bourbeux, di; couleur brune foncée [présence di? rbcmaline], gélatineux, épais, tiliinl, £iriipeui;dans certains cas, il a toutes les nuances du sang des héuiatocèles ; c'est quelquefois du sang plus ou moins pur. En géuéml le liquide des kystes est albumineux ; souvent uprès une ou deux ponctions, quelquefois après un plus grand nombre, il peut devenir filant, gélatineui, hémalique, piiruieut, etc.
Dana les k]%tea mulliiocul.iires ou l'omposés, on leuconlre des liquides analogues à ceux que renferment les kystes uniloculaiies, mais ils sont loujours filants, épais, albumiiieux comme du blanc d'œuf; on trouve souvent dans le même kyste des liquides de dilTérente nature et toutes les variétés de liquide observées dans les kystes divers; dans une poche il est clair citriu, aqueux. trèslliiide; dans une autre, il est purulent, sanguinolent, noir, poisseux, atbumîueiii; dans une troisième, c'est une substance graisseuse, atbérom^leuse, ou bien ressemblant à du fromage pourri, à du miel, â de la substance cérébrale, du suif, de la graisse, de l'buite, etc.; iiilleurs, surtout dans les kystes dermoïdes, le contenu est calcaire, crétacé, plâlreui, purulent, comme du jaune d'otuf, ou bien encéplialoide, colloïde, squirrbeux, carlilagineitx ; ou y lionve encore des parties charnues, des membranes, de la peau, des poils, des cheveux, des parties osseuses, des dents, etc. ; quetquelois, mais excessivement rarement, des hydutides.
Après la ponction des kystes uniiooulaires, le liquide peut redevenir séreux après avoir été hématique ou purulent, mais quand le liquide est primitivement gélalineui ou filant, il est trè:i-rare de voir ces modifications s'effectuer; elles ne se produisent que sous l'influence d'une ou plusieurs injtctigns iodées.
Plusieurs chimistes ont analysé ces différents liquides et ont trouvé qu'ils étaient compnsi^ d'eau, d'albumine, de plusieurs sels alcalins, de matière grasse, de matière eilractive. M. Méhu, pharmacien eu chef de t'hdpital Necker, a étudié avec beaucoup de soins le liquide de plusieurs kystes de l'ovaire; comme cette analyse est réccute et irès-complète, nous allons indiquer les résultais obtenus. Le liquide qu'on trouve dans les kystes de l'ovaire est, dit-il. séreux, qnebiuefois oléagineux, souvent filant, coloré en brun café, quand un le voit en masse. Lie liquide se compose vis-à-vis des réactifs curume un mélange d'albumine et d'une matière ulbumineuse un peu dilférente, la |>aralbumine, qui donne à ces liquides leur consistance spéciale. Si la proportion de paralbuinine augmente considérablement, le liquide prend uue consistance tellement épaisse, qu'on peut le soulever pour ainsi dire eu masse, en le saisissant avec la main, et si l'on essaye de le fiuie couler hors du vase qui le renferme, il sort d'un seul bloc. Le blanc d'œuf non battu a une consistance qui n'est p.is sans analogie avec la précédente, mais battu il ne se laisse pas étirer en filaments de plusieurs pieds comme le contenu de certains kystes.
Lu viscosité particulière de ces liquides tient surtout à la quantité de paralbumine qu'ils contiennent ; elle n'est point en rapport direct avec la quaatité (l'albumine. En efTet, on rencontre chaque jour des liquides simplemeni alhumincux, pravennut des cavités séreuses naturelles (plèvre, périloiue}. qui donnent par kilogramme un résidu de matières sèches (albumine et sels), dont le poids est bien plus considérable que te poids fourni par un même volume.
OVAIRE (pathologie). 63
liquide ovarique, sans que ces liquides aient la consistance visqueuse» Tétat fibnt du contenu des kystes ovariques.
La liqueur est-elle simplement albumineuse, elle filtre facilement ; contientelle de la paralbumine en petite proportion, il n*en est plus de même. Dès que le liquide ovarique prend une consistance telle qu*on Tétire avec une baguette de verre en filaments de plus d*un pied, il passe si diflBcilement à travers un filtre de papier et même à travers un tissu de toile, qu*un filtre de la contenance de 500 grammes débite à peine quelques grammes de liquide en vingtquatre lieares ; en été, la putréfaction atteint le liquide avec une extrême rapidité et en modifie les qualités, sans le rendre plus facile à filtrer.
Quelques auteurs ont annoncé que les solutions de paralbumine n'étaient pas complètement ooagulables par la chaleur. € J'ai toujoun trouvé le contraire, dit M. liélni,mais à la condition d'ajouter au liquide, avant de le chauffer, quelques gOQlles d*acide acétique, de manière à le rendre très-légèrement acide au tournesol. Le contenu des kystes ovariques est toujours alcalin, à plus forte raison s*il a subi un commencement de putréfaction; dans les liqueurs alcalines, les matières albumineuses sont toujours incomplètement coagulées. Tout liquide psralbumineux, additionné de quatre fois son volume d'alcool, est entièrement prédpité. Si Ton dessèche dans le vide, ou tout simplement à la température ordinaire, le précipité alcoolique, il est possible de le redissoudre plus tard dans feau, lentement, à la vérité, mais Teau devient visqueuse et filante, comme la solution naturelle du produit. L'addition à l'eau des sels naturels des kystes rend cette solution beaucoup plus rapide.
Ainsi donc, un premier caractère qui distingue la paralbumine, c'est la Eicullé qu'elle conserve de se redissoudre dans l'eau après avoir été précipitée par l'alcool, employé en (fuantité considérable ; elle a cela de commun avec le nancus ; mais l'acide acétique précipite la mucine, tandis qu'il ne précipite pas ta paralbumine. Comme l'albumine, la paralbumine n'est pas précipitée par lacide acétique; la solution acétique, additionnée de ferro-cyanure de potassiom, donne avec la paralbumine comme avec l'albumine une combinaison insoluble; l'acide acétique précipite la caséine de sa dissolution, ce qui la distingue de la paralbumine. Si l'acide acétique trouble légèrement le liquide de certains kystes ovariques, ce trouble n'est jamais en rapport direct avec la quantité de paralbumine qu'il contient ; on ne peut l'attribuer qu'à la présence du pus ou à celle d'une autre matière albumineuse, probablement à de la mucine.
Dans certaines hydropisies du péritoine, où le liquide est formé trcs-lentcment, le poids des matières desséchées s'élève par kilogramme à 50 grammes et même à davantage; le liquide est alors oléagineux, non filant, jaune, et non pas de couleur de café torréfié ; il contient de Talbumine complètement coagnlable par la chaleur après légère acidification par l'acide acétique ; de plus, ce liquide est prédpité par quatre fois son volume d'alcool, mais la substance albumineuse ainsi séparée est de nouveau soluble dans l'eau pure comme la paralbumine. Cette matière albumineuse, qui a conservé aussi la faculté de se redissoudre dans l'eau après avoir été précipitée par l'alcool, c'est la métalbumine de Scherer (Schmidt'8 Jahrbûcher, 1852, t. LXXIV, p. 147). que M. Ch. Robin désigne !>ous le nom dliyclropisine. Cette matière se distingue de la paralbumine en ce que le sulfate de magnésie la précipite, tandis que ce sel parait sans action sur la paralbumine ; elle n'est pas précipitée par Tacide acétique, ce qui la différencie à son tour de la caséine.
OVAIRE (PJ
L'addition du sulfate de magm^sie crisUllîsé au conlenu des kystes or, ques y produit un précipité plus épnïs, qui parait dû k rolbumine modifiée, dont il vient d'être parlé. Pour produire es précipita, il faut ajouter du sulfate de magnésie de manière à sursaturer la liqueur et à laisser par conséquent un excès de sul dans le mélange. Cette addition de sulfate de magnésie, comme celle de l'acide acétique, ne rend gui^e la liqueur plus facile à llllrer, car la paralbumine est restée en dissolution. Ce qui fait encore voir que la matière alburaineusc des kystes ovariques contient de la métalbumine ou hydropisine, c'est qu'en appliquant la solution pbénîque uu dosage de l'albumine, le pi'écipilé. d'abord complet, se redissout en partie dans les eaux de lavage, ce qui n'arrive pas avec l'albumine de l'ceui et du sérum. La paralbumine et l'albumine de certains liquides de l'ascite ont donc encore ce caractère commun.
Les kystes de l'ovaire contiennent donc deux matières albumincuses, la paralbumine et la métalbumine, qui ont des caractères communs et des caractères distinctiis.
Leurs solutions sont coagulables par la chaleur, après Ii'gère acidification par l'acide acétique ; leurs solutions naturelles ou artificielles sont précipitées par l'alcool, et le précipité se redissout dans l'eau. L'acide acétique ne les précipite ni l'un, ni l'autre, ce qui les distingue bien de la caséine- Le sérum du sang, l'albumine de l'œuf, additionnés d'une quantité considdi'able d'alcool, ne se redissolvent presque pas dans l'eau.
Le sulfate de magnésie précipite la métalbumine et ne précipite pas la paralbumine. La métalbumine donne une solution uléiiigineiise, la paralbumine une solution visqueuse, qui se laisse étirer en longs filaments.
La séparation exacte de la paralbumine d'avec l'albumine qui l'accompngiu ne parait pas avoir été effectuée. Hoerlin {Ckem. Cenlralblatt, IS62, p. 884) a tenté cette séparation : il a d'abord pi'écipilé le contenu du kyste par l'alcool (4 volumes), puis il a recueilli le précipité. Celui-ci a été redissous dans l'eau distillée, et le nouveau liquide Glant précipité par l'alcool ; mais rien n'empéclie que le produit soit encore un mélange de paralbumine et de métalbumine. D'ailleurs cette paralbumine contenait encore 2,55 pour 100 de cendres. La composition centésimale se rapproche beaucoup de l'albumine et de la caséine. Les solutions alcalines de caséine ont la consistance visqueuse à un très-haut degré.
Contrairement à ce qui a été écrit quelquefois, le contenu des kystes ovferiques était totalement coagulublc par la chaleur de l'ébullition, pourvu que le liquide fût rendu préalablement très- légèrement acide par une ou deux gouttes d'acide acétique ou d'acide pbospliorique trihydraté. Lccoagulum jeté sur un filtre, il passe un liquide incolore qui n'est troublé ni par l'acide azotique, ni par l'acide pbénique, ni par l'addition du sulfate de soude à la température de l'ébullition. Le coagulum produit par la chaleur est si épais parfois, que h masse devenue compacte ne laisse écouler aucune goutte de liquide; il est d'antre fois si élai^tique qu'il est impossible de le laver sur un Eiltre L'aci; phénique en solution donne le même résultat. Il faut ét(?ndrc le li( de 5 à 10 fois son volume d'eau pour rendre le coagulum plus facile fc (Boincl).
Le liquide ovarîque est généralement transparent, bien qu'en masse il plus que faiblement translucide, et que sa couleur brune devienne alors coup plus sensible. Souvent ce liquide contient du sang pro^'enant de U
DYAIRE (pathologie). 65
tioo au mojen de laquelle il a éié extrait ; les globules de sang se disposent assez npidemeot au fond du vase» entraînés par quelques flocons de fibrine. Des globules assez semblables à ceux du pus, des cristaux de cholcstérine, des matières grasses, donnent de la nébulosité à quelques-uns de ces liquides, souvent même on aspect opalescent.
En traitant le résidu sec de Tévaporation de ces kjstes par Tétber, on obtient une petite quantité de matières grasses, dont le poids ne paraît pas dépasser, dans la plupart des cas, 1 à 2 décigrammes par kilogramme de liquide. L'alcool concentré n'enlève guère à ce résidu sec que des sels alcalins à acides organiques. Le produit sec résultant de Tévaporation des kystes à contenu filant est généralement brunâtre, presque noir, translucide comme la corne; c'est une substance parfaitement homogène, dure, à cassure conchoïdale, et qui donne dans la flamme de la bougie Todeur bien connue de la corne brûl^. Au contact de Teau, ce corps se gonfle peu à peu, et fmit par se dissoudre; la solution passe lentement à travers le filtre, elle dévie à gauche le plan du rayon de la lumière polarisée, comme toutes les autres matières albumi- Doîdes; dans ce produit desséché de Tévaporation du liquide ovarien, le poids des matières organiques étrangères aux substances albumineiises est presque, insignifiant, mais il n'en est pas de même du poids des matières mioérales.
Des apparences si diverses avaient conduit Cruveilliier à diviser ces tumeurs enkystes séreux, kystes albumioeux et kystes gélatiniformes. Darne les classe ï peu près de même en kystes à contenu très-limpide, kystes à produit liquide, mais filant, et kystes à liquide filant et visqueux. Mchu distingue parmi les kystes de l'ovaire ceux à liquide incolore ou h peine laiteux, ceux à liquide jaune ou séreux, et ceux à liquide grisâtre. On trouve encore ce liquide coloré par du sang, en rouge, si le mélange du sang est récent, et eu brun, chocolat ou café, s'il est plus ancien.
Parfois les éléments de la bile donnent au contenu des kystes une colonlion verdâlre, parfois encore il présente une opalescence et un dicliroïsme remarquables, paraissant brun à la lumière réfléchie et presque clair par transparence. Les liquides les plus clairs sont aussi les plus fluides en général. Les liquides visqueux sont filants; ils peuvent même se prendre en masse comme une sorte de gelée.
Ces apparences diverses peuvent tenir aux divers malériaux figurés que renferme le liquide.
Ceux-ci sont, d'abord et avant tout, des cléments épithéliaux. Outre les cellules granuleuses décrites par Drysdale, toutes les variétés d*épithélium peuvent sj rencontrer, et en particulier répitbélium métalypique déjà décrit. Les éléments épithéliaux sont plus ou moins altérés par une transformation granule* graisseuse, ou bien ils ont gardé la transformation muqueuse qu'ils ont subie k)rs de la transformation des vacuoles, dans l'épaisseur des parois du kyste. On y trouve des globules sanguins, hématies et globules blancs; des cellules granuleuses provenant d'éléments épithéliaux ou lymphatiques dégénérés; des cellules étoilées et anastomosées, qui paraissent venir de la charpente con* jonctive; des granulations, les unes hyalines, les autres graisseuses, les autres hématiques; des cristaux de cholestérine, et aussi des corps hyalins ou globules colloïdes de Spencer Wells. On a trouvé des ovules, avons-nous dit, dans les petits kystes simples, mais jamais dans les grands kystes, ni dans les luiaeurs
WCT. EMC S* 00 IIX n
66 OVAIRE (pathologie).
kystiques composées, qu'il s'agisse de kystes secondaires ou primitifs. Halassez et de Sinëty décrivent encore parmi ces éléments des filaments hyalins que colore le picro-carmin, et dont la substance serait analogue à celle du contenu des cavités thyroïdiennes. Enfin on y a trouvé des membranes provenant. de l'inclusion d'un kyste dans un autre (Boyron), ou encore une membrane amorphe d'origine indéterminée (J. Joly).
Kœberlé décrit comme appartenant spécialement aux corps figurés contenos dans les kystes de l'ovaire des globules granulés jaunâtres de 3 à 60 p, que Beonet d'ailleurs avait indiqués déjà. Ces globules sont cii*conscrits par une enveloppe, et Icms granulations seraient protéiques et non graisseuses, ce qui les distingue des corpuscules de Gluge, auxquels elles ressemblent d'ailleurs. En eflet Télher ne peut dissoudre ces granulations (Drysdale).
Outre les granulations graisseuses et protéiques, et les globules colloïdes qui entourent souvent les agrégats granuleux, on trouve encore de petits corpuscules granuleux, clairs, renfermant un certain nombre de petites molécule» foncées et parfois des granules plus gros, qui seraient les corps pyoîdes de Lebert, ou les cellules exsudatoires de Henle. Atlee, qui a fort étudié la compo* sition micrographique de ces éléments, a insisté aussi sur la valeur séméiotique qu'il convient de leur attribuer.
En un mot, ce qui domine parmi les éh^mcnts figurés que renferme le contenu de ces kystes, ce sont encore les éléments épithéliaux plus ou moins altérés, et dont la dégénération myxomaleuse arrivée à son entier achèvement contribue surtout à donner à ces tumeurs l'apparence gélatiniforme qu'on y rencontre si souvent.
L'analyse chimique depuis qu'elle a été effectuée pour la première iois par Julia Fontenelle (1824) n'a pas été souvent répétée. Elle n'avait encore donné que des renseignements peu significatifs, de l'aveu de Tilt, même après les recherches d'O. Henry (1839) et de Rees (1849) à ce sujet. Becquerel et Rodier n'ont pas ajouté beaucoup à ces premières données, non plus que Farre, en Angleterre^ et Gorup-Besanez, en Allemagne.
Eichwald (1864) sépare en deux groupes les substances dissoutes dans k contenu des kystes: l'une, qu'il appelle muco-peptone, ou substance colloïde, se rattacherait, selon lui, à la mucine; l'autre, qu'il nomme albumino-peptone, se rattacherait à l'albumine. Citons encore les noms de Gusserow, de Heine, de Hoppe-Seyler, de Huppert, de Kuhne, de Westphal, de OIshausen et de Gautier, de Méhu, de Ch. Robin et de Ritter.
Schérer découvre dans les kystes la paralbumine, substance mieux définie que la métalbumine, et qui a été depuis indiquée par quelques auteurs, dans le liquide des kystes ovariques. Il y aurait même là, à en croire Waldeyer, un élément précieux de diagnostic, en ce que, la paralbumine ne manquant jamais, selon lui, dans le liquide des kystes, ferait toujours défaut dans le liquide de l'ascite.
Quant à ce qui est de reconnaître dans ces liquides la présence de la paralbumine, la difficulté subsiste encore, car, si Waldeyer, s'appuyant de l'opinion d'Eichwald et de Hoppe-Seyler^ avance qu'elle précipite par l'acide acétique, Hâm nie qu'il en soit ainsi.
Ce dernier chimiste, dont les travaux font autorité en cette matière, a cra pouvoir rattacher aux apparences physiques du liquide sa composition cliimique, en ce sens que les liquides séreux seraient surtout albumineux, les liquides où
OVAIRE (fÀTHOLOGIB)
Jomîue la paralbmniiie tundent la consistance huileuse, et la consistance visqueuse serait attribuable à la mëtalbumioe.
ÂTec les dif erses albumines, on trouve encore dans le liquide des kystes de la leocine et de la créatine et aussi de la tyi^osine, mais on n*y trouve pas de fibrine (Hëhu).
Le dosage du résidu sec total, et par conséquent celui de Teau, peut être déterminé avec exactitude sur quelques grammes de liquide seulement ; mais quand il 8*agit de doser les cendres, il est plus avantageux dopérer sur 20, 50 ou iOO grammes de liquide. Dans une première opération, il faut se bonier à dâmire simplement la matière organique, à la carboniser complètement, en la daufTant sur un bec de gaz ou sur une forte lampe à alcool. Cela fait, un traitement de charbon par l'eau distillée souvent renouvelée enlèvera tous les sels solobles de Teau. L'évaporation lente de ce liquide, dans une capsule de platine, donne un résidu salin qu'on chauffe au rouge naissant et dont on note le poids après entier refroidissement. Le résidu charbonné, épuisé par l'eau, est desséché avec son filtre, puis incinéré complètement ; le poids du résidu minéral ajouté au poids des cendres solubles du lavage précédent donne le poids total des matières minérales. Il ne s'agit plus que de rechercher le poids des cendres du filtre et de rapporter les résultats à iOOO grammes. L'incinération directe et complète d'une matière albumineuse est presque impossible, si l'on n'opère pas en deux temps, parce que, d'une part, on s'expose à volatiliser une partie notable des sek et surtout le chlorure de sodium, et que, d'autre part, il est excessivement dififdle, pour ne pas dire impossible de faire disparaître les dernières parcelles de charbon, au milieu d'un sel en fusion, même à une température très-élevée. I<e poids total des sels, retranché du poids du résidu sec fourni par l'évaporation du liquide à iOO degrés, donne assez exactement le poids de la matière albumineuse.
Les sels sont ceux que l'on trouve dans le sang: le chlorure de sodium, le phosphate et le carbonate de soude prédominent. Le carbonate alcalin paraît provenir, en grande partie, de la décomposition des sels organiques. En appliquant ces données à l'analyse des liquides des kystes ovariques, et en opérant le dosage des cendres sur iOO grammes de licjuide, M. Mélm a obtenu les résultats suivants :
DEKSITÉ.
t. indélerminé
S. iOU à Où' .