OXYGÈNE
saDS doute on avait indique cette application ; toutefois ce n'était guère <\att l'appui de faits isolés us^ck rires.
Cliaplal et Fourcroj, par exemple, s'étaient bornés à dire que les iiihalali d'aij' vital convenaient dans l'asllime liiimide, surtout cbei les sujets fûlilei A^ di^bililés.
Iteddoes au contraire vint allirmer la grande eflicacilé de cette pratique a arguant d'observations plus nombreuses. Il ne traita pas moins de vin^t-de usthmnti<{ues par l'oiifgène. Or, sur ce nombi'e, dii guérirent, neuf fureatyl améliorés, et trois malades seulement n'en éprouvèrent aucun eflet.
Malgré ces brillants résultats, malgi-é la nouvelle recommandation i rtiadore en 1845, l'oxygène n'a été que rarement employé dans la c l'asllime, et c'est plutôt contre les crises que contre la maladie qu'on t'm servi de ce remède puissant.
Ainsi Uusson (d'Ardres) a rapporté devant la Société de thérapeutiqn 1R70, riiisloire d'une femme qui fut délivrée d'un formid.nble accès p inbalatioiis d'oxygène employées avec une persistance telle qu'elle ( 600 litres de ce gaz en vingt-quatre ou trente-six lieurcs.
C. Paul a été plus rapidement favorisé. En une heure il (il cesser il d'asthme inquiétant chez une fennec grosse, A l'aide de 50 litres d'oiygè
Bail, Huchard, après Deniai-quay, ont également cité des faits du mSme M
Ainsi donc, en présence d'un malade atteint d'asthme essentiel qui résiritV moyens classiques: fumigations nitrécs, datura, injection sou^-cutanée deg uirpine, etc., il est tout à fait indiqué de lui prescrii'e le gaz oxygène qua peut se procurer facilement cet ngcn'. A Paris et dans les grandes *ill«sa cliose commode. Le remède est aussi efficace qu'incfTcnsif.
La dose h employer varie avec l'intcnsilé de l'attaque; il sufût quelqirf de 20 litres; parfois il faut en prescrire 10 ou plus. — B. W. Itid associe ït ce gax le iiitrite d'amyle et altirroe que les résultats obtenntl merveilleux.
c. Bronchite. Emphysème. Coqueluche. Henry N. liead a l'an detfl miers conseillé l'usage de l'oxygène dans la bronchite (1871).
Cette application n'est évidemment pas mauvaise; mais il faut biens'ei sur la portée de cette médication. L'oxygène ne peut évidemment rien a les accidents inflammatoires graves des bronchites ou leurs conséquences il naires ; il ne saurait calmer la toux, l'expectoration, le malaise génértl, f il devient eflicace contre l'élément spasmodique, contre rétoufTernenl 4 Buffocation si habituels dans les formes chroniques, même avec dilatai bronchei (Dem.inptay) . Smester a publié un taît de ce genre dans la ihbe U gurale de Uoreau (1881).
Les mêmes remarques s'appliquent k Vemphtffème. Ici encore l'oxygène^ qu'un palliatif contre les accès de sufTocation, la lemi-asphi/jrùt des n ' (Odoardo Turchetti, de Fuccacfaio). On l'emploie i la dose de 30 I 40 lilrt moment des crises de dyspnée on d'asphyxie.
Je le conseillerais volontiers encore dans la coqudurJis, lors de» nières périodes. Le succès obtenu en pareil cas des bains d'air a me font augui-er que l'inhalation d'oxygène ne serait pas moins d hâter la terminaison de la maladie. Maurel a signalé un fait qui pmllpt en faveur de mes prévisions. Il s'agissait d'une fillette de six ans alterâti ' coqueluche asseï grave nfcc menace d'asphyxie lors des acc^s. Au qaim
OXYGÈNE (BMeLoi nëoc.u). 490
iii fil inhaler le gaz el en peu de temps tous les symptômes graves de la maladie s'amendèreoL ou disparurent.
moitié. U n'y a pas i compter sur le gaz que j'i^tudie dans l'iiiflamuê du poumon, si ce n'est pour atténuer un peu la dyspnée. pneumonie chronique, Read signale son ellicacité chez Irois malados . faisait pi'endre 9 litres de gaz par jour en moyenne. >u de se demander si dans c«s cas particuliers le médicament n'a agi à titre de reconslitnani cjn'en vertu de propriétés plus spéciales. fTÏea. 11 y a une certaine connexité entre les maladies du poumon ij-iies, qui ne sont que des accidents pur défaut de fonctionnement 6 de ces organes, c'est pourquoi je rapproche les deui jjroupes
int il y a lieu d'étuhlir dcf divisions dans les asphj-xies. Celles-ci
antdt de la privation d'air respiralile, tantût de l'entrée d'un air vicié
able dans les voies respiratoires.
■ groupe. Atphyxiei par défaut d'air respirable. Je place dans
indivision rasplixyie]des nouveau-nés et l'usphyiie par submersion.
e des nouveau-nés. L'oygène venait à peine d'être découvert que
I donner dans les asphyiies s'imposait d'elle-même pour ainsi dire à
I médecins.
e pas le principe stimulant par excellence delà respiration? Et puis
.'avait-il pas démontré que la souc'is résiste longtemps à l'uspliyiie
ehe à Oïjgêne'? Ce gaz pouvait donc à la Ibis combattre et prévenir
ir. le premier, vit le parti qu'on pouvait tirer de l'air vital pour les accidents aspliyxiques, et il le préconisa surtout pour ranimer les fs en état de mort apparente. U avait même imaginé un lulte lurynil que les accoucheui's ont consené, pour faciliter l'introduction du s voies aériennes. Cette application est restée jusqu'à présent pureique. L'idée, ce me semble, n'est cependant pas mauvaise et mériteétudiée, bien que, à la vérité, les accoucheurs disposent de moyens puissauts de l'appeler fi la vie les nouveau-nés venus au monde dans isptiyxie: l 'insuffla lion, les bains chauds, etc., etc. • par tubmenion. C'est encore Chaussier qui prévit l'utilité de »>Dlre les accidents de la submersion, et, à la (in du siècle di'mier, it pour les postes de secours des provisions d'oxygène. Cette idée icellenle qui a germé il y a un siècle dans l'esprit d'un homme , n'a pas été malheureusement mise h. exécution, bien que nous
aujourd'hui toute facilité pour emmagasiner le gaz ou le produire îs instants.
donna la preuve expérimentale de la valeur de l'oxygène dans par Hubmersion.
euve, la voici : il faisait respirer l'aïr vital à un chien, puis au bout es instants il noyait l'animal. Or celui-ci résistait longtemps à
et l'on [Hiuvait facilement le ranimer, alors que la vie semblait >uis déjà quelques instants. C'est pourquoi le sagace expérimentateur is^Uait aux plongeurs de respirer de l'oxygène avant de se jeter
e variante à cette application ; noua U devons ^ V . '
500 OXYGÈNE (emploi médical).
Pour combattre Tasphyxie due à la raréfaction de Tair dans les grandes ascensions en ballon, cetéminent physiologiste imagina les inhalations d*oxygène. Les aéronauteâ emportaient avec eux de petits ballonnets remplis de ce gax et s*en servaient avec succès au moment où, arrivés à une certaine hauteur, ils sentaient Tair respirable leur manquer.
Plusieurs expériences décisives furent faites dans ce sens et d*intrépides aéronautes confiants dans ce moyen héroïque qui déjà leur avait permis de s*élever à 7400 mètres, résolurent d'aller à une altitude plus grande encore explorer ces régions de Tatmosphère où Thomme n'a jamais pu pénétrer par suite de la laréfaclion de Tair, rendu ainsi irrespirable. On connaît le résultat funeste de cette ascension tristement célèbre dans laquelle périrent Sivel et Grocé-Spindli en 1875. Ces malheureux aéronautes surpris par une ascension trop rapide n'eurent pas la force d'atteindre les ballonnets placés presque sous leurs mains, et ils succombèrent sans avoir pu faire usage du remède puissant qui pouvait les sauver. Leur compagnon, Gaston Tissandier, survécut. Seul il avait respiré un peu d'oxygène avant la catastro[)he, mais il n'est pas certain que l'on puisse attribuer à ce gaz le mérite d'avoir soustrait à la mort le oourageoi voyageur.
Deuxième groupe. Asphyxie par gaz irrespirables ou toxiques. Ici encore un grand nombre de faits souvent saisissants plaident en faveur de l'efficacité de l'air vital contre ce genre d'asphyxie, efficacité déjà entrevue par Beddoes dans ses intéressantes expériences du siècle dernier. Je résume sommairement quelques-uns d'entre eux.
Asphyxie par le charbon. Cet empoisonnement n'est malheureusement pts rare, et déjà quelques observations importantes ont montré tout le parti qa'oo pouvait tirer des inhalations d'oxygène en pareil cas, depuis qu'Ozanam 1*» proposé en 1856 plus particulièrement, après Faivrc et Gianetti qui avaient fait sur ce sujet une courte communication à l'Académie des sciences dès 1 854.
Voici, par exemple, résumée succinctement une communication de Linas i la Société de thérapeutique, le 17 juillet 1868.
Une domestique avait eu la malheureuse idée de chauffer sa mansarde avec un brasero rempli de charbon. Elle eut bientôt des accidents toxiques des plas graves, mais grâce à un traitement approprié, elle fut rappelée à la vie. Toutefois elle ne se rétablit pas complètement et conserva de la cyanose, de Tanesthésie cutanée, de la céphalalgie intense, des vertiges, des éblouissements, de l'apathie, un abaissement de la température axlllaire à 34^,6 et un pouls misérable battant 56 fois par minute. De plus elle avait des nausées et vomissait le plus souvent les aliments qu'elle prenait. Eh bien, sous l'influence des inhalations d'oxygène elle se rétablit complètement au bout d'une semaine. Chose curieuse, cette femme qui avait la respiration ralentie avant le traitement et n'exhalait qu'une proportion d'acide carbonique insigniûantc pai' les voies respiratoires ou tout au moins au-dessous de la moyenne de l'état normal, cette femme après le traitement rendait une plus forte proportion de ce gaz que dans l'état physiologique ordinaire.
L'année suivante, Créqny employait aussi avec un succès complet les inhalations d'oxygène dans un cas d'asphyxie par le charbon. 11 s'agissait d'une femme qui s'était volontairement asphyxiée à l'aide de deux réchauds remplis de charbon placés dans sa chambre hermétiquement close. A l'arrivée de CréqaTt la malade était dans un état de prostration absolue, sans coniudssanoe» iosen-
OXYGÈNE (bmploi MÉDicàL). 501
sible, respirant faiblement. 25 litres de gaz oxygène la rappelèrent à la vie ; puis un traitement approprié fut dirigé contre les accidents consécutifs et finalement cette malheureuse guérit complètement.
C. Paul observa plus tard des effets du même ordre chez un jeune homme asphyxié accidentellement par la vapeur de charbon. L*oxygène le ranima en très-peu de temps.
Je termine ces citations par le récit suivant d*un fait des plus intéressants observé par Coignard en 1880. Il s'agit encore d*une femme qui s*asphyxie, mais involontairement en installant le soir dans sa chambre *un rechaud de braise brûlée. On la trouva le lendemain matin dans un état des plus graves : sans connaissance, insensible, ayant de la contracture musculaire généralisée. Pour stimuler cet organisme si déprimé, Coignard pratiqua des injections hypodermiques d'éther et institua des inhalations d*oxygène qui furent continuées sans désemparer douze heures et demie de suite. La lutte dura vingt heures en tout environ, mais la malade fut sauvée.
Il y a là toute une méthode importante que je ne saurais trop recommander.
C*est elle qui fut mise en œuvre dans un cas du même ordre rapporté par Ch. Bail en 1877. 11 s'agissait d'une asphyxie produite dans une famille de trois personnes par suite d'un défaut de tirage d'une cheminée. Deux membres de la famille furent facilement tirés d'affaire, le père et la mère, mais la jeune fille, âgée de seize ans, eut de graves accidents convulsifs ou comateux qui ne cédèrent qu'aux injections hypodermiques d*élher et à l'inhalaiion de 18 litres d'oxygène.
En résumé, dans un cas d'asphyxie par la vapeur de charbon il est absolument indiqué de recourir à l'oxygène quand on le peut, dans le but de restaurer la respiration et la circulation, de faciliter l'élimination de l'acide carbonique emmagasiné dans l'organisme. En attendant que l'oxygène soit prêt, les frictions stimulantes, les injections hypodermiques d'éther, la respiration artiûcielle seront employées avec persévérance.
Si l'intoxication est profonde, les inhalations d'oxygène seront encore indiquées pour exciter l'élimination de l'acide carbonique et favoriser la formation • de globules nouveaux, en raison des propriétés hémaliniques maintenant connues du gaz qui nous occupe, démontrées, ainsi que je l'ai dit, par les travaux du professeur Ilayem. Je n'ai pas besoin de rappeler ici que l'oxyde de carbone tue le globule s;inguin en se combinant chimiquement avec son hémoglobine, de sorte que la nouvelle combinaison devient un corps étranger dans l'organisme et doit être éliminée. De là une sorte d'anémie globulaire qu'il faut combattre par l'oxygène.
Âiphyxie par le gaz (ï éclairage. Je ne connais que deux observations relatives à celte asphyxie. Elles ont été rapportées par le médecin anglais Siercking en 1869 (voy. The Lancet). Il s'agissait de deux hommes adultes asphyxiés dans une écurie par le gaz et restés environ neuf heures sous son influence délétère.
Ces hommes étaient dans un état assez grave, à demi-paralysés, refroidis, livides, insensibles, respirant mal et avec un pouls à peine perceptible et fréquent. Une trentaine de liires d'oxygène leur furent administrés avec un succès complet.
Asphyxie par d'autres gaz ou vapeurs délétères. Sous ce titre je rangerai tous les faits d'asphyxie Irailée par l'oxygène qui ne rentrent pas dans les groupes , précédents. Le principe est toujours le même : il s'agit de stimuler la fonction
50S OXYGÈNE (emploi h^bical).
de respiration défaillante ou éteinte; de chasser da sang les gaz on lapenrs toxiques. Or l'oxygène remplit admirablement toutes ces indications. De sorte que si on pouvait Tavoir toujours sous la main, ce serait le remède d'urgence le plus admirablement apte à combattre toutes les rariétés d'asphyxie.
A l'appui de cette thèse voici quelques faits :
En 1865 on apportait à THôtel-Dieu de Paris un malheureux oarrier suffoqué par les gaz d'une foste d'aisance. Deux de ses camarades qui avaient essayé de lui porter secours étaient morts presque immédiatement. L'état de cet boômie paraît désespéré. Il est sans connaissance, insensible et pousse des cris incessants ; ses membres supérieurs sont contractures, ses membres inférieurs sont dans la résolution et tout son corps est livide. Après des frictions énergiques on lui fait respirer de l'oxygène. Bientôt la connaissance revient, la respiration devient plus facile, la cyanose s'efface, la peau se réchauffe, le malade revient à la vie. Quelques jours après il était complètement guéri.
Cette observation n'est pas unique évidemment, car quelques auteurs ont signalé autrefois cette application de l'oxygène. Je poursuis mon énumératkm.
Créquy a rapporté dans le Bulletin de thérapeutique de 187i (t. LXXX, p. 460) un fait moins important, mais curieux. 11 fut appelé près d'un jeune homme qui figurait comme victime dans cette terrible explosion de picrate de potasse survenue accidentellement chez un fabricant de produits chimiques, place de h Sorbonne.
Le sujet était cyanose, inconscient, insensible, mais sa circulation et si respiration paraissaient assez normales. L*oxygène fut administré à la dose de 25 litres pour combattre tout d'abord Fétat asphyxique et continué plus tard quand le patient ranimé eut accusé tout le bien-être qu'il éprouvait de ces inhalations. 11 consomma ainsi 200 litres en une nuit.
Malheureusement une broncho-pneumonie survint plus tard à laquelle suocomba le malheureux. 11 y avait évidemment dans ce fait plus que de l'asphyxie simple, sans doute des lésions des bronches produites par la formidable explosion.
La même année (187i) Limousin constatait, lors de l'insurrection communale, chez un pompier suffoqué pendant l'incendie du Ministère des finances, soit sous l'influence des vapeurs de pétrole ou autres, il constatait l'efficacité des inhalations d'oxygène contre cette asphyxie particulière, aidées de la respiration artificielle. 40 litres de gaz ranimèrent Tinfortuné soldat, qui guérit complètement en quelques jours.
Enfin, un ouvrier suffoqué par des vapeurs d'acide sulfureux dut son stlat à des inhalations oxygénées pratiquées sur le champ.
Tous ces faits sont suffisamment probants pour que je n'aie pas besoin d'insister sur leur signification. On peut donc conclure avec Duroy, qui s'est beaucoup occupé de cette question importante, que l'oxygène est l'antidote de toutes les asphyxies, même de celle par submersion (1850); contrairement i l'opinion de Faure (1856), lequel ne reconnaît à ce gaz qu'une efficacité théorique et le considère comme un moyen peu praticable. Peut-on maintenant espérer que cet héroïque agent réussira à combattre V empoisonnement cyanhydrique , comme le pense Ozanam? Ceci me paraît douteux.
Les considérations qui ont guidé cet expérimentateur pour proposer one pareille application sont les suivantes : tous les composés carbonés, dit-il, sont d'autant moins toxiques qu*ils renferment plus d'oxygène ; par exemple, l'adde
JXY6ËNE (emploi médical). 503
carbonique, COS est moins délétère que Toxyde de carbone CO. Donc il est indiqué dans un empoisonnement par un composé carboné de suroxygéner le sang du sujet. Quelques essais sur les animaux tentés par Ozanam ont paru donner raison à sa théorie (1858). Pour lui, Toxygène est le meilleur, sinon le seul antidote de Tacide prussique ; mais il importe d*en prolonger Temploi.
Accidents de Vanesthésie chirurgicale. Je rapproche des asphyxies et des intoxications par les gaz ou les Tapeurs toxiques, les accidents nés sous Tiiifloeiice de l'éther, du chloroforme ou d'autres anesthésiques usités pour produire l*anesthésie chirurgicale. Ce sont là tous faits du même ordre et qui méritent de se confondre dans un même chapitre où il s*agit des propriétés antidotiques spéciales de Toxygène dans les asphyxies ou les intoxications par lea gaz ou les vapeurs délétères.
L*idée première et fort heureuse de cette application appartient à Thabile inrenteur de l'éthérisation, à Jackson. Peu de temps après sa découverte il proposait, pour conjurer les accidents graves que pouvait entraîner Temploi de l'ëlher comme anesthésique, de recourir aux inhalations d'oxygène et conseillait aux chirurgiens de se munir d'un ballon de ce gaz lors d'une anesthésie {Comptes rendus Ac. se, 1847, t. XXIV).
L*année suivante, Blanchet proposait le même moyen contre les accidents de Tanesthésie chloroformique (1848).
Mais cette question fut surtout bien étudiée par Duroy en 1850. Voici sur quelle base s'appuyait cet expérimentateur distingué : quand on prépare, dit-ii, ib chloroforme, il se fait un abondant dégagement d'oxygène, et ce gaz entraine arec lui des vapeurs de chloroforme. Or ce mélange peut être respiré impunément.
D'autre part l'oxygène est un gaz inoffensif par lui-même et il n'empêche pas Tancsthésie chloroformique. Par conséquent on peut l'employer soit pour conjurer les effets toxiques du chloroforme, ou bien pour faire face à ceux-ci quand ils se sont développés dans le cours d'une anesthésie.
En suivant l'ordre chronologique j'arrive à Tannée 1854. Faivre et Gianetti indiquent aussi que l'oxygène peut ramener à la vie les animaux asphyxiés par le chloroforme.
Puis la question est étudiée avec soin en 1860 par Ozanam qui, dans une communication à l'Académie des sciences, donne comme conclusions les suivantes :
L'oxygène est le meilleur agent pour combattre l'asphyxie chloroformique.
Grâce à lui on a pu faire revenir à la vie des animaux en état de mort apparente.
Il réveille un chien anesthésie deux fois plus vite que l'air.
Enfin il ralentit et diminue l'action des anesthésiques.
Donc, dit Ozanam, il est indiqué d'avoir un ballon d'oxygène sous la main quand on anesthésie un malade. Si la respiration n'est pas abolie, on peut être wàr de son efficacité.
Ces conclusions sont absolument les mêmes que celles de Duroy et confirment de point en point les travaux de ce sagace observateur.
Ozanam a, sur le mode d'action de l'oxygène contre les accidents produits par les anesthésiques, une théorie assez singulière. Pour lui, les éthers et le chlorobrme agissent a comme source de carbone facilement assimilable et dont l'oxygène décharge le sang en facilitant la combustion. »
501 OXYGÈNE (emploi xébical).
Laissons cetle théorie qui n'explique pas grand*chose et reTeooos aux bits, seuls en cause dans une question de celte importance.
En 1860 également, Ludger-Lallemand, Perrin et Duroy 6rent sur des animaux un certain nombre d'expériences, d*où résulta encore celte donnée remarquable, à savoir que loxygène peut sauver les animaux asphyxiés par les aneslhésiques.
]Is opéraient sur des chiens, poussant Fanesthésie aussi loin que possible, et« quand la respiration venait à s'arrêter, quand il de?enait impossible de percevoir les pulsations artérielles, alors ils lançaient le gaz salutaire dans la trachée ouverte.
Dans ces conditions, sur neuf chiens sept ont été rappelés à la vie. L'insufflation d'oxygène était «^ énéralement pratiquée durant trois minutes, mais jamais plus de sept et la consommation de ce gaz variait entre 15 et 20 litres.
En déûnitive, tous les auteurs qui se sont occupés de cette question sont d'accord pour admettre les puissantes propriétés de l'oxygène contre les accidents causés par les anesthésiques. Mais il faut distinguer. 11 y a malheureusement des accidents foudroyants contre lesquels ce remède ne peut rien : la mort est immédiate et le médicament n'a pas le don de la résurrection. En revandie, il me paraît surtout propre à combattre les accidents asphyxiques et à stimuler la respiration. Lorsqu'il pcuèti-e dans les voies aériennes, il semble qu'il ki impressionne et excite la respiration par acte réflexe, puis secondairement le cœur.
Peu importe l'explication, d'ailleurs; je signale avant tout cette donnée précieuse à tous ceux qui pratiquent l'anesthésie chirurgicale : l'heureuse influeme de l'oxygène contre certains accidents de celte anesthésie. On n'a pas, ce me semble jusqu'ici tenu un compte suffisant de cette propriété de l'air vital.
P. Berl, à la vérité, a montré la valeur de l'oxygène sous pression dans l'anesthésie protoazolique et prouvé les bienfaits de cette méthode nouvelle, mab il a limité ses expériences au seul protoxyde d'azote. Il est probable que si l'oo pouvait administrer aux sujets à éthériser un mélange de vapeur anesthésiqne : chloroforme, élher, etc., et d'oxygène, l'anesthésie serait peut-être mieux supportée et moins dangereuse.
Empoisonnements divers. Le lecteur qui m'aura fait l'honneur de me saine dans cet exposé trouvera peut-être singulier que je mette à cette place l'emploi de l'oxygène contre les empoisonnements. Mais il remarquera que je n'ai guère quitté dans les pages qui précèdent le terrain des intoxications et que, d'autre part, c'est généralement pour lutter contre les accidents asphyxiques qu'on a prescrit l'usage de ce gaz dans la série de faits que je vais étudier. De telle sorte qu'au milieu de ce désordre apparent tout s'enchaîne logiquement dans cette réunion de faits.
Empoisonnement par l'opium. J'ai sous les yeux deux observations, rapportées l'une par Gréquy, l'autre par G. Paul, montrant refBcacité des inhalations d'oxygène contre le narcotisme grave de l'intoxication thébaïque, efficacité' signalée déjà par Beddoes à la fin du siècle dernier.
Dans le premier cas, il s'agissait d'un enfant de quatre mois profondément nàrcotisé par une potion opiacée. On lui fit inhaler le gaz cinq ou six fois dans la journée, à la dose de 8 à 10 litres chaque fois. «( L'améhoratiou fut rapide, à chaque séance la vitalité revenait manifestement. » Quand on cessait l'iaiii-
OXYGÈNE (emploi médical). 505
'latioD, le mieux paraissait disparaître. Au bout de vingt-quatre heures l*enfant était guéri.
Dans le fait de G. Paul, l'empoisonnement s'était produit à la suite de Tingestion par la bouche d'une cuillerée à soupe de laudanum. Le narcotisme fut tel qu'on crut la malade perdue. C'était une femme âgée de soixante-quatorze ans, très-aflaiblie. Son pouls était à peine perceptible et sa respiration très-pénible. 15 litres d*oxygène et une injection de 5 milligrammes d*atropine sous la peau firent cesser les accidents toxiques.
Il me semble qu'on peut expliquer ces heureux résultats thérapeutiques par l'action stimulante énergique de l'oxygène sur la respiration et la circulation. En tout cas, Créquy et C. Paul ont donné un bon exemple à suivre.
Strychnine. Richardson a proposé, en 1878, de combattre le stryclmisme par l'emploi simultané des inhalations d'oxygène et du nitrite d'amyle. 11 assure que sous cette double influence les spasmes cessent et que le poison est rapidement éliminé. Attendons la démonstration de ces propositions.
Phosphore. On sait que l'essence de térébenthine a été préconisée par Andant tout particulièrement comme un excellent antidote dans l'empoisonnement par le phosphore, et que déjà un certain nombre de faits sont venus prouver cette action antidotique. Or il a été démontré que l'essence rectifiée n*agit pas comme contre-poison, tandis que l'essence brute est salutaire. Hais la première n'est pas oxygénée, tandis que la seconde est oxygénée.
De là la conclusion qu'il faut rapporter au gaz oxygène l'action thérapeutique de l'essence de térébenthine brute. Le raisonnement était très-juste, mais il restait à faire voir qu'il s'accorde avec les faits. Trois médecins belges se sont chargés, en 1874, de cette démonstration (Thiemesse, Grocq et Casse). Sur YÎngt-deux expériences pratiquées chez des animaux, 19 lois les injections intra-veineuses ci'oxi/^èMe purent conjurer la mort. 5 fois seulement on échoua; mais encore faut-il dans ces cas rapporter l'insuccès à des vices d'expérience. Quelle est l'explication à donner de ces résultats?
Thiernesse et Casse s'appuyant sur les observations de Jonas (Arch. de Liehig et Wôhler) qui ont montré, d'une part, que Tessence oxygénée de térébenthine se combine absolument avec le phosphore pour former un composé inoffensif, d'autre part que l'essence non oxygénée se mélange seulement au métalloïde «ans manquer par conséquent ses propriétés, Thiernesse et Casse ont donc, comme je l'ai dit déjà, admis que l'oxygène seul agissait comme antidote du phosphore. Ce dernier prend en effet aux globules leur oxygène , d*oîi la nécessité de faire intervenir les inhalations de ce gaz pour réparer le sang altéré et rendre aux globules ce que le phosphore leur a pris.
B. Maladies de l'appareil circulatoire. L'oxygène n'a pas été, que je sache, employé dans un but curatif contre ces maladies. Mais tous les jours on le prescrit contre les dyspnées d'origine cardiaque, souvent avec des résultats satisfaisants, ainsi que je l'ai vu pour mon compte.
Quand, en effet, les malades aiïectés d'une maladie organique du cœur étoiifTent, sont cyanoses, ont de l'anxiété, on arrive à les soulager beaucoup à l'aide des inhalations oxygénées.
Quelques litres de gaz leur donnent du calme, régularisent la respiration et dissipent la cyanose.
Evidemment on ne guérit pas la maladie cause de ces accidents, mais tout au moins on soulage les malheureux patients.
506 OXYGÈNE (emploi léDiCAL).
Quelques-uns arrivent à abuser même du remède et l'on a tq dans ces conditions, dit-on, survenir des h^pérémies pulmonaires et même de la pneumonie. Rien de précis dans tout cela. |j*erreur est facile en pareil cas, paîsqœ ce sont-là des complications propres aux maladies du cœur.
L'oxygène s*est même montre palliatif puissant dans un cas d'anénrsme de Tartèrc innominée obsen'é par George il. Butler en 1871. H est Trai que le sujet prenait en même temps de Tiodure de potassium, de sorte qne le mérite thérapeutique du gaz est ici contestable. Mais, quoi qu'il en soit, le malade alU beaucoup mieux durant le traitement; toutefois, celui-ci n'empêcha pas h rupture de l'anévrysme, et la mort fut immédiate.
L'oxygène n'est en somme qu'une ressource ultime dans les maladies du cœur, et contre la dyspnée.
G. Affectioks des reins, bemarquay disait un pen théoriquement que lei sujets qui respirent de foxygène brûlent davantage, d'où l'indication des inliilations de ce gaz clies les personnes atteintes de gravelle urique.
En prescrivant en outre les alcalins, qui facilitent l'absorption de rox^ène, on établissait une thérapeutique rationnelle et efûcace dans cette maladie.
Gette manière de voir a reçu une certaine confirmation des expériences diimiques de Ritter qui démontrent que Tacide urique diminue dans l'urine aooi rinfluence de l'air vital.
La clinique n'a point cependant, jusqu'ici, confirmé les idées théoriques de Demarquay; non pas que ce gaz se soit montré ineflicace» mais plutôt parce qu'on ne l'a pas encore administré dans ce but précis.
Albuminurie. La maladie de Bright a été parfois traitée par les inhalaliMs d'oxygène. Eckard et Kollmann ont observé la disparition complète de ralbominurie chez un sujet qui respirait de l'oxygène (1865). G. Paul, lui aussi, t tq réussir ce mode de traitement, mais dans une certaine mesure seulement. L'albumine, en effet, disparaît assez facilement de Turine, pour reparaître ensuite et cette fois d'une façon irrémédiable.
Dujardin-Beaumelz a fait la même observation dans un cas. L'albuminvie cessa complètement au bout de vingt-quatre heures. L'effet thérapeutique est donc très-rapide; malheureusement, comme Ta observé très-justement G. Paul, il ne s'agit là encore que d'une simple rémission, mais non d'une guérisoa (Communie, à la Soc, de thérapeutique y janvier 1879). Donc si l'oxygène bit cesser l'albuminurie il ne guérit pas les lésions rénales qui l'engendrent; il masque un symptôme, mais là s'arrête sa puissance.
D. Maladies constitutionnelles. Nous aurons à mentionner dans ce groupe plusieurs des plus heureuses applications de l'oxygène.
Chlorose. Anémie. L'air pur de la campagne est préconisé d'une façon banale dans ces deux maladies; et, du reste, il les combat souvent avec une merveilleuse efficacité. 11 était donc naturel de rechercher si l'oxygène ne rendrait pas les mêmes services dans les mêmes cas; l'idée s'imposait. Aussi bien, peu de temps après la découverte de l'air déphlogistiqué, l'essaya-t-on oonmie reconstituant dans les débilités profondes de l'organisme résultant d'un état cliloro-anémique.
Fourcroy le considérait comme un agent thérapeutique des plus actifs en pareil cas. Il lui attribuait la propriété de relever les forces physiques, daog* menter la chaleur du corps, de raviver les couleurs du visage, d'accélérer le pouls et d*accroitre enfin l'activité des solides de l'organisme. Cette fois riliostre
OXYGÈNE (emploi médical). 507
saTtnt avait vu juste. Nous constaterons bientôt que toutes ces indications ont été confiroiëes par les travaux modernes.
Après Fourcroy il iaut citer Beddoes, qui vint affirmer lui aussi, d'après un assez grand nombre de faits cliniques, les vertus reconstituantes de Toxygène. J*ai dit déjà qu'il guérit cinq chlorotiques sur sept qu*il traita, améliorant Tétat des deux autres.
Plus tard, alors que l'oubli s*était fait sur ce médicament, Heillingen (1826), E^ans Riadore (1845), affirmèrent à nouveau la valeur du médicament. Malgré cela, on continua de ne pas le prescrire et il fallut les travaux importants et la persévérance de Demarquay pour éveiller Taltention des médecins au sujet des propriétés bienfaisantes de l'oxygène.
Demarquay confirmait les assertions des auteurs que nous venons de citer et, de plus, il élargissait le champ d'applications de Toxygène sur ce terrain des anémies.
n eut ridée heureuse de profiter des vertus reconstituantes de ce gaz pour pr^iarer certains sujets débilités par une affection chirurgicale aux opérations que nécessitait leur état de santé. Quand donc des malades se présentaient à lui, épuisés par des suppurations prolongées, des hémorrhagies, parla misère, afint d'en venir à l'opération qui s'imposait pour eux comme unique planche de salut, l'habile chirurgien les soumettait plusieurs jours de suite aux inhalations d'oxygène, à la dose de 10 à 30 litres avant les repas. Souvent il réussissait dans cet entraînement nouveau à leur rendre l'énergie vitale nécessaire en pareils cas.
Les patients reprenaient de l'appétit, se remontaient. D*autres fois, cette tactique thérapeutique était appliquée après l'opération pour combattre l'afïaiblissemeut par celle-ci.
Cette question thérapeutique a été surtout bien étudiée récemment avec grande précision et beaucoup de rigueur scientifique par le professeur Hayem.
De ses observations cliniques il conclut que l'oxygène est le meilleur adjuvant du fer dans la chlorose ou l'anémie et facilite les propriétés hématiniques de ee métal.
Employé seul il n'est pas moins efficace. On voit sous son influence l'appétit lerenir et l'assimilation se produire dans des conditions de grande activité.
En efTet, l'urée, dont les proportions sont si faibles chez les chlorotiques qui «mTent n'en excrètent qu'une dizaine de grammes en vingt-quatre heures, cette •rée devient plus abondante et atteint le chiffre de 50 ou 40 grammes, évidem* laent parce que les malades se nourrissent mieux.
Bientôt, d'ailleurs, l'élévation du poids du corps atteste celte assimilation aieilleure.
Les globules sanguins augmentent aussi manifestement de nombre, comme m s*en est assuré maintes fois en les comptant.
n suffit habituellement de 10 à 20 litres par jour de gaz pour obtenir ces nenreilleux résultats, et en peu de temps.
Qu'on donne alors une préparation martiale, on complétera la cure et cellea deviendra solide, en ce sens que les hématies, plus nombreuses, cesseront msai d'être altérées et redeviendront normales. C'est-à-dire que le fer et Vxygène sont deux médicaments, dont les elTets se sunijoutent et se prêtent m mutuel appui (Communie, à la Soc. de biologie^ 1879).
508 OXYGÈNE (emploi hédical).
Foarcroy n'avait-il pas raison de dire que l*air vital réconibrte les anémiqaes en excitant l'activité des solides de Torganisme?
Parmi les effets les plus précoces des inhalations d*oxygène deux surtout méritent d*étre particulièrement signalés, ce sont raugmentation de Tippétit et Tarrèt des vomissements, assez fréquents chez les chlorotiques.
D'après Hayem, le gaz aurait presque une action spécifique contre le tjfmptôme vomissementy qu'il fait disparaître.
Je crois qu'on peut mettre à profit les propriétés hèmaliniques de l'oxygène dans toutes les anémies, sans distinction d'origine.
Quant aux doses à administrer, elles varieront nécessairement suivant l'état des sujets, suivant leur âge et la façon dont ils supportent les inhalations.
En général on commence par iO litres d'oxygène, qu'on fait respirer pur oo mélangé à de l'air en même quantité. Puis on augmente progressivemeot b dose jusqu'à 20, 30 ou 40 litres, si cela est nécessaire.
Scrofule. Fourcroy avait également imaginé cette application de Toxygèoe. Mais rien ne prouve que ce gaz ait le pouvoir de modifier l'état diatb^qoe. Sans doute il peut ici encore combattre l'anémie qui entre comme facteur àtm cette manifestation morbide complexe qu'on nomme scrofule; toutefois H s'arrêtera son pouvoir.
Demarquay a donc eu raison de l'associer à l'huile de morue, ce modifcateur puissant de la diathèse scrofuleuse. Laissons lui le simple titre d*ad« juvantdans le traitement des manifestations scrofuleuses, applicable seuleomt lorsqu'il y a de l'anémie, de l'anorexie, pour stimuler un instant le systène; mais ne comptons sur lui qu'à l'occasion.
Syphilis. Je place l'une à côté de l'autre, ces deux grandes diathèsesquifon* vent se combinent entre elles et olTrent tant de points de ressemblance danslear évolution. Cette maladie constitutionnelle, comme la précédente, a été traitée par les inhalations d'oxygène peu de temps après la découverte de ce gaz. Ou classait volontiers alors, ainsi que nous le savons, les maladies en deux grands groupes: 1° les unes avec suroxygénation du sang; 2® les autres avec désoxygénatioo de cette humeur. La syphilis avait été rangée dans cette dernière classe parlesimiUteurs de Fourcroy et de Rollo, Alyon, etc. Si, eu effet, le sang était désoxygénée dans cette maladie vénérienne, il fallait lui donner ce qui lui manquait; d*oè l'emploi de l'oxygène, ou des oxyphores que nous connaissons déjà. Parmi oei derniers agents, Fournier, Girtanner, choisirent l'acide nitrique, Burdin ks éthers ; d'autres ordonnèrent le chlorate de potasse, etc. Il y avait là à la fois une étrange théorie et une manière de prescrire l'oxygène bien maladroite. Ou peut dire, en effet, avec Demarquay, que les imitateurs de Fourcroy, oroyaient employer ce gaz et ne s'en servaient jamais.
Rollo et Alyon, toutefois, avaient essayé les inhalations du gaz en nature et recommandaient cette pratique.
Je crois pour mon compte qu'elle pouvait être excellente à cette époque (1798) et voici pourquoi.
L'oxygène était quelquefois alors préparé avec le bioxyde de mercure, ce foi eutrahiait un dégagement de vapeurs mercurielles suffisant souvent pour doiUMr de la salivation. C'était là, il me semble, une très-bonne méthode pour administrer des fumigations mercurielles, d'un effet puissant contre la syphilis. Il est possible que certains malades aient été ainsi guéris; plutôt, je le répète, ptf le mercure que par son véhicule l'oxygène.
OXYGÈNE (emploi iedical). 509
Dans un cas de syphilis grave résistant au traitement mercuriel classique, il y aurait là, ce me semble, une ressource à tenter.
Récemment un médecin anglais, Goolden, s*est trouvé parfaitement bien des inhalations de gaz oxygène pur dans un cas de syphilis grave. 11 s'agissait d'un malade atteint d'ulcération du palais ayant détruit la plus grande partie de la portion membraneuse de la voûte palatine. Il en était résulté de la dysphagie, et les liquides étaient rejetés par le nez.
L'oxygène enraya immédiatement le processus destructif et la cicatrisation s*opëra (The Lancet, 1880).
Je conclurai comme précédemment à propos de la scrofule, que l'oxygène ne peut-être qu'un moyen adjuvant dans la médication antisyphililique.
Scorbut, De même que la syphilis, le scorbut passait pour être causé par ane désoxygénation du sang. La théorie était fausse, mais il advint que le remède vanté, l'oxygène, réussit bien. Beddoes, observateur consciencieux, rapporta plusieurs observations de guérison de cette maladie.
Le gaz a de telles vertus hématiniques que nous ne doutons pas qu'il réussisse bien à guérir les malheureux scorbutiques.
Diabète. Les pathologistes sont je crois fort embarrassés d'assigner à cette maladie sa place exacte dans le cadre nosologique. Aussi bien puisqu'on ne saurait la rapprocher des affections du foie, du pancréas ou du tube digestif, je me permets pour les besoins de mon exposé de la ranger dans le groupe des affections générales ayant leurs racines dans tout l'organisme.
Rollo et ses partisans seraient fort étonnés aujourd'hui de voir traiter le diabète par les inhalations d'oxygène, eux qui considéraient cette maladie oomme le type des affections avec suroxygcnation du sang.
Ce n'est pas d'ailleurs en vertu d'une théorie bien arrêtée qu'on a préconisé
mode de traitement contre le diabète. L'idée première fut de brûler le sucre
excès dans le sang et d'en débarrasser ainsi l'organisme. Brûler le sucre, — le rendre utile par conséquent, tel était le but qu'on espérait atteindre en foroxygénant le sang.
Ces prévisions ont été réalisées entièrement. On a vu la glycosurie disparaître, mais le diabète n'a pas été pour cela guéri. Voyons les faits.
Demarquay ayant à soigner un diabétique qui rendait 64 grammes de sucre par litre d'urine, lui conseilla de respirer tous les matins avant son déjeuner îfô litres d'oxygène.
Au bout de huit jours, la proportion de sucre n'était plus que de 7>d grammes. La dose de gaz est portée alors à 40 litres, consommés en deux fois. Le dixneuvième jour du traitement il n*y avait plus dans l'urine que 50 grammes de sucre par litre. Ce résultat ne me satisfait nullement, étant donné que le patient mangeiiit du pain de gluten et suivait le traitement diététique de Bouchardat.
L'observation suivante de Béranger-Féraud n'est pas plus satisfaisante. Son malade éliminait 138%60 de glycose par litre d'urine. On lui prescrit 15 litres d*oxjgène d'abord, puis 40 litres en deux inhalations. Le sucre de l'urine tombe à 2*%60 en huit jours, puis remonte à 6 grammes sous l'influence d'écarts de régime. Un malade qui ne rend que 15 grammes de glycose n'est pas encore un diabétique mais plutôt un glucosurique, et s'il se met au ré^tm^ alimentaire spécial, le sucre peut disparaître à peu près complètement de son urine sans qu'il soit besoin d'autre traitement.
510 OXYGÈNE (emploi médical).
Ce distingué médecin a rapporté un autre fait analogue que je ne cite pas. EnGn Thierry-Mieg a vu également la situation d*un diabétique 8*améUorer sous riniluence de l'oxygène et sans doute du régime spécial ; puis il perdit de vue son malade. Ici encore rien de probant.
Dans toutes ces observations et d*autres qu*il me paraît inutile de rapporter, du même ordre absolument, je ne trouve aucune preuve sérieuse à l*appui de 1 eflQeacité de l'oxygène. Tout au plus sont-ce là des bases où pourraient s*appuyer de nouvelles expériences.
Si loxygène aide à la disparition du sucre dans le diabète vrai et dans U glycosurie, concurremment avec la diététique de Bouchardat, il ne peut riea contre la maladie elle-même et n'agit en somme que sur un de ses symptômes, absolument comme dans l'albuminurie brightique.
Ë. Maladies infectieuses. Choléra. C'est aux Indes orientales, pendant l'épidémie de 1819-1821, que les médecins anglais eurent l'idée d'étudier les propriétés de l'oxygène dans cette redoutable maladie. Les cholériques sont cyanoses, respirent mal, sont refroidis, n'ont qu'un pouls misérable, quoi de plus ralionel que de leur administrer cet admirable stimulant» l'oxygèu, pour ranimer la respiration et la circulation près de s'éteindre» réchauffer ees moribonds, pour combattre en un mot le funeste empoisonnement qui va ks tuer si rapidement?
Évidemment la conception était heureuse et l'on pouvait espérer sinon l'emporter dans la lutte, du moins d'obtenir quelques succès. C'est ce qn arriva. L'oxygène put soulager les patients mortellement frappés et aider à b ^uérison de ceux qui n'étaient que faiblement atteints.
Des rapports assez favorables furent faits, et lors des épidémies de 1850-1831, on recommença en Russie et en Pologne de nouvelles expériences. Celles-ci ne furent plus aussi favorables au médicament, au rapport de Foy. U est vrai de dire qu'on l'administrait à la période asphyxique, alors qu'il n'y a plus ï compter sur Tabsorption, et avec des appareils défectueux.
Voici ce que le docteur Foy écrivait alors : « Je retirai quelques bons effets de ce moyen thérapeutique, et je crois qu'on en retirerait davantage s'il était mieux administré que je ne l'ai fait, faute d'appareil convenable, n
Les essiiis furent continués en France, lors de la cruelle épidémie de 1832. Les occasions d'expériences ne manquèrent pas malheureusement alors et lei observations purent se multiplier.
On avait remarqué ce fait important que les cholériques n'absorbent qu'une très-faible proportion de l'oxygène dans l'air qu'ils respirent (Davy, Bijer, Persoon) et même que parfois ils rendent cet air absolument intact, non altéré. D'autre part, Doyère indiquait que l'air expiré par les malades atteints de choléra ne contient qu'une faible proportion d'acide carbonique. Étant données ces conditions de respiration défectueuse, il était donc indiqué d'intégrer de force l'oxygène dans l'organisme puisqu'il faisait défaut dans le sang saturé d'acide carbonique. Pour Coster, en effet, le sang dans le choléra est désoxygéné, d'oîi l'indication de l'administration continue et bien faite de ce gas pour ramener ce fluide à l'état normal. Ce médecin parisien faisait respirer î ses malades de l'oxygène saturé de vapeur d'eau et mélangé dans les proportions d'un quart ou d'une demie d'air atmosphérique pour tempérer son action excitante. Il obtint ainsi le soulagement dans quelques cas, mais ne cite qu'une seule guérison.
OXYGÈNE (emploi MéoicAL). 511
C*est là malheureusement la note dominante dans Tensemble des conclusions fournies lors de Tépidémie de 1832, par les médecins partisans de i*empIoi du gaz oxygène : Bories, d'Olive, Martin Saint-Ange, Smyttère, Thouzet, Hatin, llossard. Capitaine, Hutin.
Par contre Biett, Magendie, Broussais, Sanson jeune, Bailly, accusent de nombreux insuccès.
Cependant, en 1848-1849, quelques médecins essayèrent encore de lutter contre le choléra en prescrivant Toxygène.
Smyttère fut Tun des plus ardents promoteurs de ce remède, ainsi qu'on peut en juger par les lignes suivantes :
« Je regarde, dit-il, Tinspiration pulmonaire du gaz oxygène durant la période si dangereuse du froid et de prostration de Taccès cholérique, et lorsque les fonctions intestinales et cutanées sont profondément perverties, comme le remède le plus prompt et le plus efGcace entre tous ceux employés jusqu*à ce joar. »
Hossard (d'Angers) est moins afQrmatif; toutefois il reconnaît que si les inhalations sont inutiles à la période asphyxique parce que le remède ne peut être absorbé, elles peuvent au contraire réussir au début de la maladie. Alors on réveille Tirritabililé nerveuse en « combinant les inspirations d'oxygène avec les excitations galvaniques de l'électro-puncture. »
Ce rôle d'adjuvant pour l'oxygène n'est même pas admis par Hutin qui, après avoir étudié ses effets en Algérie, conclut que son action est des plus douteuses et qu'il « y aurait inconvénient à s'en reposer uniquement sur loxygène dont l'efiicacité parait au moins incertaine ».
Quand vint l'épidémie de 1854-1855, ce même agent fut malgré cela prescrit encore, et Dumoulin, Sainviile, vantèrent ses bons effets. Et puis il ne fut plus guère question de ce mode de traitement lors des épidémies subséquentes.
Est-ce à tort ou à raison qu'il a été oublié?
C'est ce que je ne saurais dire. Toujours est-il que les faits favorables sont rares, tandis que les insuccès sont des plus nombreux. Voilà donc un remède du choléra d'une action douteuse. 11 faut bien admettre, en effet, avec Auzoux que l'oxygène pas plus que l'air n*est absorbé dans les cas graves ; donc il ne saurait agir, à supposer même qu'il fût donné dans le but de poursuivre le microbe propre au choléra, si tant est qu'on démontre cette origine spéciale à la terrible endémie indienne.
Septicémie. Les vibrioniens qui produisent cette maladie infectieuse ne vivent pas dans l'oxygène ; on pourrait donc espérer de les tuer dans l'économie où ils se sont développés en suroxygénant le sang du malade. L*idée est ration- Belle et ingénieuse, mais irréalisable en pratique. (( Suroxygéner le sang )>, e*est bientôt dit; mais c'est tout simplement impossible. L'oxygène pénètre dans le sang de deux façons : par dissolution et par combinaison. Dans les deux east l'absorption du gaz est limitée, et, quoi qu'on fasse, on n'arrive pas à dépasser un certain coefûcient de dissolution ou de combinaison.
Or l'oxygène combiné n'agit plus sur les vibrioniens ; au contraire dissous il peot agir, mais c'est alors dans une faible limite. Donc il est impuiss^ant contre la septicémie.
Les expériences de Feltz et Ritter le démontrent d'une façon péremptoire. Ces expérimentateurs ayant rendu des souris septicémiques par des injections
t 813 OXYGÈNE [eitplui MËoiCJtL).
de sang putréfié, les soumirent immëdiatenient aux inluutu
cODslatèrenl qu'elles succombaient très-vile, plus vite même que d'autres uurii
empoisonnées d'une iaçon identique et non traitées.
Je trouve rapportée dans la tliËse de Doreau une observation dite de ttpticémie puerpérale, traitée avec succès par les iulialalions d'oxygène. Malheureusement le diagnuslic porte ne me paraîl pas exact; il faut donc attcudie ia faits mieux observés.
J'en dirai tout autant d'une autre observation du même auteur tnlilulài: n Fièvre typboîde. Eschare de la région sacrée. Septicémie. Chule de la ûêm J et disparition des phénomènes septiques apiis des inhalations d'oxygâne. i
Rien ne prouve qu'il s'agisse ici de phénomènes de septicémie. El d'af le mérile de la guérison devrait être partagé entre divers médicaments empb chez la malade observée par Doreau.
La (ièvre typhoïde, la fièvre intermitlente, ont également été parfois ti par les inhaktions d'oxygène. Toutefois dans les faits rapportés qui sente la méthode. Les sujets étaient alfaiblis, on essayait tout simpli de les remonter en leur faisant respirer ce gai vivilianl.
Eu résumé, je ne vois pas qu'on puisse beaucoup compter sur Icsd thérapeutiques de l'oiygëne dans les maladies infectieuses (on dit aujoon volontiers maladies à microbes) que nous venons de passer m revue. Vw^ ne serait pas im|ioss>ble que ce gaz fîlt doué de certaines vcrtiis pM licides contre les germes infectieux qui les produisent- Alors il devieodnit^ ageril Je prophylaxie applicable quelquefois dans des coudilions d'épidi pour couper court au développement du mal.
Law a montré (1881) quu le gaz oxygène est Ircs'capahle d'alïaiblirf[ germes morbides. Opérant sur les microbes qui produisent le chotén ^ poulei, il remarqua que leur virulence variait suivant quels milieu duisla ils se développaient était plus ou moins oxygéné. El des observations dus ordre viennent i*'ètre faites (1883) par Nocard et Mollereau sur le charbon sijmptomatvjue, fi\ac ff:\ie seule dillérence que ces expérimentaleanÉ employé l'eau oxygénée au lieu du gaz oxygène, comme nous le verra» p
Je reviendrai encore sur celte question daus un instant en Irailant ditsa hygiéniques de ce g;iz.
F. ÀPPLiCATions iiiVEnsKS. L'oxygène a été essayé dans une Ibale \ maladies, un peu au hasard de l'inspiration des eiinicions. Je me 1 citer ici ces faits isolés, simples jalons posés sur le vaste terrain dt)" médicaux de l'air vital.
Yomittemmls incoerciblei. Le profeiseur llayem, dans ses expérwOM^ le traitement de l'anémie par l'oxygène, avait remarqué les effets poiiBBUfl médicamenl contre le symptâme vomissemcnl et avait beaucoup 'miii>i ^ celte action en quelque sorte spécifique.
Frappé de ce l'ait. Pinard résolut de s'assurer si ce médîcainuiil i^ égalcjnent bien contre les vomissements incoercibles de la greut» (crrible complication, réfractairc souvent aux médications les plus éi Dans un cas des plus graves, ciiex une femme arrivée au qualricme mois *4L grossesse, c'esl-à-dire à une époque où les vomissements ordinaire luniu'"! ceiser spontanément, l'iulialalion de 10, 12 et 15 litres d'oxygj«e pu ii'iJ combinée avec l'injectioa hjpodermique de moiphine. suspendit a
ce p^DÎble accident. Trois jours de wlte mêdicalion avaient amené ce riisultat ■orjircii.int.
Ilnchanl elle professeur Petor ont vu îles f.iît^ analogues, sinon comparaLle?, ^i pluideiit absolument en fnvcur de l'oxyi^ène.
son côté, HayeiB a pu empBolier par ce moyen les vomûsemenl» îles fhthùiiuet, des di/fpeptiqueM. elc. Il concinl ce qui suit :
Les. inhalations d'oxy^'ène se caracti^risent surtout, au point de vue pliar- ■lMOlliémpît]ue, par leurs eTfels sur le phénomène vomissement.
Qnelle que soit sa cause, le Tomisseiuent est i^ouvent suspendu après une oit 901 séances d' i ni lal allons, et lorsqu'il n'est pas etilrelenu par une lésion or^'u- :i]iie de l'estomac, la continuation de ci^s iulialations parvient, en gi^néral, à le ippriroer d'une maaîère délinitive. t
Paralysie dîphlkéritiiiue. C'est le docteur Prosper Foucher (de Lerroux) lî ■ signalé cette application en 1867. Il a produit doux faits d'une certaine ■portance à l'appui du mode de traitement qu'il préconise. Dans le premier, l'igit d'une femme de vingt-huit ans, qui eut à la suite d'une diphthérie un nnd affiiblissement général, de la dyspnée, de la dysphagie, et chez laquelle Il inhalations de gaz oxjgène produisirent nn effet des plus salutaires. Dlu le second cas, même succ«s, immédiat également, chez un homme de nele-sii ans qui avait peine à avaler, respirait péniblement, parlait avec diffinhi et se plaignait d'une grande faiblesse des membres.
Migraine. Le vicomte de Lapasse et Deriinrquay ont beaucoup vanté le )B oiygëne contre cet incommode accident. Le premier a pu calmer facile- Dent ses propres accès par ce mojcn et, en outre, il s'est débarrassé com- Aétemeiit de celle affection qui le tourmenluit cruellement depuis de longues
le me borne maintenant & dire que les inhalations d'oxygène ont complétekol échoué dans l'épileime. dans la raye, dans la leucocytkém îr npleniqne Ji^. Sitcr), l'iiyslerie; qu'elles ont été préconisées par Uillingen, en 18U6, notre la leucorrhée atoniqtw. l'ascile, T engorgement de» riieères nbrlomiukt; par Dertiarquay rontrc la tpermalorrhée ; enDn je rappelle que Beddocs, iguWi par cette médication des sujets affectés d'kydropsie île poitrine, d'hy/ioiendrie. de dyspeptiû, de mélancolie, d'kydropisie, etc. Il est inutile de ■'uréler S ces essais thérapeutiques souvent infructueux ou d'une utilité
fi. [ÎSACES HTGiÉ><i<]tEs. Piiestley, ayant découvert l'air vital, eut l'idée
ira naturelle de l'appliquer à purifier l'atmosphère viciée par les réunions
'Iwumes un peu nombreuses. Il voulait restituera cette atmosphère l'oxygène
imË. la rég'Jnérer ainsi et la rendre respi rahie à nouveau.
' n Des'agissait donc pas de créer un milieu artificiel propre it exalter les fonctions
mais plutôt d'un projet, d'un moyen simple de ventilation. Voici ^ ce propos
ijnttesrëlleiious do Priestley : « Le pur air déphlogistiquL', quelque ulilequ'il
Iftre comme remède, ne nous conviendrait pas autant dans l'étal oi'dînaire
santé. Car tout de même qu'une cliaodetle se consume beaucoup plus
■aiptement dans l'air déphlogistiqué que dans l'air commun, nous pourrions
"•ï^ vivre, pour ainsi dire, trop vite, et les forces vitales pourraient être trop
' épuisées dans celte pure espèce d'air. ■
ï te vicomte île Lapasse aurait pu méditer sur ces réflexions si sages, avant de
P'Ojwser pour nos appartements de petits appareils à dégagement d'oi^^îait
1 MCI. tau. 1' : SIX. ■h'i,
514 OXYGÈNE (emploi médical).
afin, disait-il, de stimuler les fonctions de lorganisine ■ et iortilier la nce humaine.
Acliard, anciennement, n'avait pas eu des idées aiL<si ambitieuses^ Il considérait simplement Toxygène comme un remède contre l'Iiypocboadrie et conseillait de le répandre dans les appartements habités par Vss gens méltncotiques el tristes (1781).
Arrivons à des applications plus sensées.
Des les premières années de la découverte de ce gaz, logenhous» t'en senil pour assainir la chambre des malades dans le cas de lièvre putride ntligne. Il faisait élendre dans la chambre des patients des feuilles arrofiées d'eau pour dégager le gaz. Selle (de Berlin) fit même quelques essais pour purifier les salles des hôpitaux. C'était l'époque où Guyton de Morveau voyait dans l'oKjf^ un agent antiépidémi(jue^ anticonlagieux^ propre à détruire les virus spécifiques et prophylactique de toute espèce de contagion.
Mallieureusement les tentatives de Selle avortèrent, on oublia le pur air déphlogisliqué pendant bien longtemps; de sorte qu'il, nous £iut «iteiodR Tannée 1870 pour trouver la mention de travaux importaots relatifs aux usigs hygiéniques de loxygène. Voici dans quelles circonstances ces travaux. priieBt naissance. En 1868, dit M. Rabot, les ^lles de chirurgie de Tikipilal de Versailles ofTniient des conditions de salubrité déplorables. La pourriUure dliôpital y sévissait jcrucllement, à ce point que les plaies les plus légèRS prenaient un mauvais aspect et qu'un malade succomba aux suites de celte complication. L*air analysé renfermait des composés ammoniacaux et sulfuiéi, sans parler d'autres conditions qui échappaient à l'analyse chimique.
Pour assainir ces salles infectées, on résolut d'y introduii*e de Toxygèoe, dits la pro|>orlion volumétrique de 1 pour 1000; en outre, on détermina daas «s mêmes salles un léger dégagement continu de gaz oxygène en y plaçant deoi bassins contenant un mélange de :
Pcro\v«lo (le inangaDôsi* îiOG gj'aaiinc&.
Ily|M>cliloritc dv.* chaux uu sululioii 5 Lilogi*aD)iues.
Le lendemain l'odeur infecte avait beaucoup diminué. Ou continua l'expérieuce dans ks mêmes conditions les jours qui suivirent, et l'on eut la salisbction de voir s'améliorer rétat général des sujets et disparaître la pourrilure d'hôpital sur les plaies. Moins de dix-sept jours avaient suffi. pour amener oet important résultait. A quelque temps de Jà on eut à constater un retour ofleosif de la même maladie et le même succès de l'emploi de l'oxygène.
Il y a là évidemment une vérit^ible méthode d'assainissement des salles Je malades, qui peut devenir un emploi usuel contre d'autres maladies infectieuses et rendre d'immenses services.
On n'a pas, malheureusement, mis à l'épreuve cette méthode depuis qu'elle a été décrite, c'est fort regrettable; ou tout au moins les expériences faites out été tellement iusuflisantcs qu'il n'y a pas lieu d'en tenir compte.
A la vérité, l'oxygène coûte cher et les dépenses d'installation d appardbeC de production du gnz peuvent être assez fortes ; mais ne sont-ce pas là des considérations bien secondaires quand il s'agit de sauvegarder de nombreuses vies humaines ? Ern. Hardy a signalé à la Société de thérapeutique uu procédé Ample et peu coiileux, identique à celui de Uabot que nous venons de mes-
OXYGÈNE (emploi m^digal). M5
liouiier, pour obtenir an dégagement oontinu d'oxygène, li saffît pour cela de mélanger du chlorure de chaux et un oxyde métallique. Le gaz se dégage aus- «iUH, à froid.
G. Maladies chirurgicales. Dbrmatosbs. Il faut remonter aux grands InYaux de Beddoes pour trouver les premières applications des inhalations d*oxygène à la cure de certaines affections chirurgicales.
L'ingénieux thérapeute anglais traita de cette &çon et guérit même quelques malades atteints d*uicère$auxjambesy de plaies réfractairet et de dermcUoses. U rapporte juiqu*à<Ginq guérisonsdc lèpre (probablement le psoriasis).
Cei laits ont été yérifiés par Thomton pour la lèpre, et Demarquay pour les
. nleèret rebelles. Ce dernier a même étendu beaucoup le ciiamp des applications
de ToQiygène dans les maladies diies chirurgicales. Ainsi il a tu ses bons effets
. coatre]Mulcère$ êcrofuleuXf'les turmurs Hanches^ le dtancre pkagéde'niqve^
les maladies graves de Vutérus, les ulcères cancéreux^ les plaies de mauvaise
. tusiure^ Yeaema nbium^ V eczéma variqueux.
H ne faut pat Uwgours woir dans ces cas spéciaux une action en quelque .••orte spéaiGque de Vozjgène, favorisant la guériton. Non; ce médicament agit i'ici« je lepense^ le plus ordinabnement . à titre de reconstituant purement» et ,,aimplement.
Gangrène sénile. Dans sa thèse fort bien faite sur VAsphy rie locale et ta gangrène symétrique des eMrémiiéSf Maurice Raynaud avait mentionné ce , fait curieux qui lui avait été révélé par l'analyse cliimique de Réveil, à savoir que «le fait fondamental de la gangrène consiste dans la diminution ou . rafafieoce de l'oxygène néoessaire à Tinl^frité de la vie d*un tissu ». L*auteurne tira de cette découverte aucune dédaction pratique. N'était-il pas logique «pendant, vu l'absence d'oxjgèiie dans les tissus, de chercher à donner à ceai-ci ce qui leur manqvait, et d'inaugurer le traitement de la gangrène sjaiétrique |)ar les bains d'oxygène? Sans aucun doute. Cette idée simple vint hîeureusement à l'esprit de mon regretté maître, le professeur Laugier, qui la mit aussitôt à exécution, avec les heureux résultats que nous allons faire connaître, en 1862.
Sous l'influence des bains locaux d'oxygène, l'éminent chirurgien vit s'arrêter net la gangrène spontanée, et ipuis les parties menacées revenir à l'état sain.
Dès les premiers bains, généralement, les douleurs diminuaient ou disparais- ■aient; les parties livides des téguments prenaient une teinte i-osée; eufm les eachares s'éliminaient et la cicatrisation s'opérait.
On trouvera dans la thèse inaugurale de Foucras, Paris, 1865, rapportées in extenso les observations du professeur Laugier, point de départ de la trèsimportante application qui m'occupe.
D'autres médecins ont vu de leur côté des résultats non moins avantageux ; aussi bien traite-t on aujourd'hui couramment la gan<^rrne spontanée par les bains d'oxygène.
Demarquay, qui a tant contribué à l'étude des eflets thérapeutiques de ce médicament, a naturellement fait aussi des recherches cliniques sur cette application nouvelle et il a vérifie absolument los assertions de Laugier.
Pour lui, l'oxygène guérit la gangrène spontanée toutes les fois qu'il n'y a
» pas d'oblitération des. gros vaisseaux; en outre, alors même que l'oblitération
eûste, Tusage local de ce gaz n'est pas inutile : les douleurs sont calmées, la
M6 OXYGÈiNE (emploi uihickh).
désinfection est faite et les parties sphacëlées sont dessédiées et poar ainsi dire momiûëes.
Les bains d*oxygène agiraient, suivant lui, en excitant la circulation capillaire localement ; d*oîi le processus de réparation.
D'autres auteurs ont rapporté des observations qui confirment les déclarations précédentes.
Voici quelques indications sommaires sur ces faits.
Je trouve dans le Bulletin de thérapeutique de 1875 une observation de Marcano et de Demarquay, relative à un cas de gangrène totale du pied, chei un homme de quarante-cinq ans, d*origine indéterminée. Sous l'influence dei bains permanents d'oxygène donnés à Taide d*un manchon de caoutcbooc enveloppant complètement le membre malade, la gangrène se limite. Le pied mortifié se détache et il reste une plaie de bel aspect K^sez semblable à celle qui résulterait d'une amputation circulaire.
H. Sainton a vu dans le service de Léon Labbé un cas d'asphyxie symétrique des extrémités avec menace de gangrène, rapidement guéri par les baiai d*oxygène. Les orteils étaient refroidis, d*une teinte bleu foncé et trois d'entn eux offraient des phlyctènes remplies d'une sérosité noirâtre. Au bout de quelques jours, ces accidents avaient à peu près disparu et la guérison était certaine.
Enfin le docteur Magnin (de Bougival) (voy, ihise de Doreau) obtint m succès aussi franc cliez un diabétique affecté de gangrène symétrique et superficielle de la peau du pied. Au bout de douze jours d*usage des htiis d*oxygène, dont la durée était d'une demi-heure seulement, les douleofii la coloratiéi bleuâtre avaient disparu et le pied reprenait son aspect uac" mal. Nous devons, pour être impartial, signaler quelques revers (voy. Dnh» méd., i862, t. XVI, p. 195, et t. XVII, p. 156). Mais les trois maUes dont il est ici question avaient les artères complètement oblitérées. On ne pouvait donc pas compter sur un effet thérapeutique bien sérieux, car, nous le répétons, Toblilération est presque une contre-indication à l'emploi des bains d'oxygène.
Un mot maintenant sur l'application du traitement.
Pour donner les bains d*oxygène, il est nécessaire d'avoir des maucbons spéciaux en caoutchouc pouvant enfermer exactement le mend>re malade, te trouve ces manchons chez nos fabricants d'appareils en caoutchouc. Au eumchot s'adapte un tube muni d*une poire en caoutchouc permettant par un douUe jca de soupapes de faire le vide dans l'appareil et d'envoyer le gaz oxygène à h place de l'air soutiré.
De temps en lemps, on s'assure de l'état de l'atmosphère du manchon. Sk gaz qu'il renferme ne rallume plus une allumette en iguition, on l'enlève petf le remplacer par de Toxygène pur. Ceci n*arrive guère qu'au bout de denx heures.
Quant à la durée des bains, elle est proportionnée à la gravité du maL Dus les cas légers quelques heures suflisent; dans les cas graves l'oxygène doit baigner constamment les régions malades.
IV. Mode d*«dinîiiutr«ik>n. PRÉPARATION. J'ai déjà fait Connaître dans h cours de cet article, en traitant des applications du gaz oxygène, quclqne»4iai des modes d'administration de ce médicament et indique les doses auxquella
OXYGÈNE (bhploi HéoicAL). 5i7
Je lait prendre dans les maladies qu*il est appela à combattre. Voici mainteut des renseignements complémentaires.
HaiSt auparavant, un mot sur Thistorique relatif au point particulier qui va Dceuper. Tout d*abord les appareils destinés aux inhalations furent des plus parfaits. Priestley raconte que, four goûter le gaz qu*il venait de découvrir, il nnpira avec un siphon de verre et en réduisit une grande jarre à Tétat d*air
Puis on enferma Tair déphlogistiqné dans des vessies de porc huilées (Ingenm), on des ^cs de tafl'etas vernis (Ghaussier) ; dans des ballons de toile idns imperméables par un vernis et munis d*un tube flexible à robinet. hiele, qui se servait de cette dernière méthode, conseillait encore de placer
{latients dans une armoire et d'engager dans Tune des parois de cette wire le col d'une cornue chargée de nitre. En chauffant la cornue l'oxygène d^age. Pour absorber l'acide carbonique formé, on devait suspendre dans ftM>ire des linges trempés dans une solution de potasse. Ivqu'à Beddoes, on se borna à ces moyens assez primitifs mais simples; ilbes appareils trop compliqués, proposés par Ghaussier, par Gorcy (de pArisach, en 1789), par Schiferli, en 1798, n'avaient pas été adoptés. iiddues, aidé d'un homme de génie, James Watt, l'inventeur célèbre de la iflUne à vapeur, créa son Institut pneumatique et construisit des appareils tKDgénieux pour les inhalations gazeuses qu'il préconisait avec une grande ptfAé, On trouvera dans sa brochure : Considérations on the Médicinal Use $ en the Production ofFactitious Airs; Th. Beddoes and James Watt, Dris- L i795, on trouvera dans cette brochure tous les renseignements et indica- ■I sur les appareils qui lui servaient pour ses expériences et ses ^ires. 9 perfectionna un peu plus tard ces appareils lorsqu'il installa son Institut jpûialique, en 1 799.
Tiidit qu'à partir de 1808, époque où mourut Beddoes, il ne fut plus guère de l'oxygène. L'Institut pneumatique disparut et jamais personne n'a à le rétablir, malgré les résultats thérapeutiques importants qu'il avait Bmés à son fondateur. Geci est fort regrettable.
-iijourd'liui, nous possédons des moyens fort simples pour faire inhaler %gène. Â Paris et dans les grandes villes de France, le médecin praticien ■■prescrire sur une simple ordonnance : Inhaler 40 litres d'oxygèue, et les kiDadens livreront à son client le médicament demandé comme s'il s'agissait ^potion. Â Paris encore, dans les établissements d'aérothérapie et même li certaines stations tliermales ou hivernales, on pourrait se soumettre aux italiens d'oxygène comme à l'époque de Beddoes.
hms devons ces risullats, que je considère comme (rès-im portants, aux travaux i pharmacien de Paris très-distingué, M. Limousin, qui a imaginé de petits treils réalisant la production du gaz oxygène dans des conditions de rapidité, Kftrelé et de bon marché tout à fait remarquables.
I n'entre pas dans le plan de cet article de traiter de la préparation de ygène, cette question ayant reçu sa solution lors de l'étude chimique de ce ^, mais je dois dire néanmoins quelques mots du procédé Limousin, essen- 'fiment créé pour les besoins médicaux.
itftce à ce procédé, tous les pharmaciens et aussi les malades sont maintenant ^éme de se procurer le gaz très-vite et en suflQsante quantité pour leurs
L'oppardil Limousin se compoM ds troi* parties pmapNlLi <; 1* \smmrnue CD fonte d'acier; i* un tiacoii laveur; 3° un i^servoir oh kallon ea caouU
cIlDUC.
! puis m'^lendre beaucoup sur la descri|)tii)n de cm appareilt el enlrw dans les détail; lechmi^ues de leur constiitction. Le lecteur désireux d'èln iuitii! à la connaissance pr^iso de l.i méllimlc fera liîeii de ^ reporter au lim de Limousin : Conlrihiiliom à la pharmacie el à la Ihèrajumliijue. Paril, 1878.(879.
Voici seulement les indications importantes :
La petite ciwnue est en acier et rormce de doux calotles liômiipli^qiies qo s'adaptent ri;;oureu$emenI l'une sur l'autre et sont maintcunes par uu eysièaW' de via rendaat la fermeture tolalenient hermétique.
V& flacon laveur ne difTèro pas des flacons ordinaires cl sa capacité ei^t d« Il 2 litres.
Pour faire marcher l'appareil, on remplit la cornun' d'un mâlanpdi 100 grammes de chlorate de potasse trt's-seci et de 40 grammes de [xvoitiledi manganèse bien pur. ne contenant ni chlorures, ni nitrate, après l'avoir di^Tindt. Un visse alors solidenisnt les deux béinîsphôj'cs, puis on réunit la «omne ÙÊècliarg^ au Qacon luveur. renfermant une solution de potnese caiii4i<pi« *( commun il] uunt avec le ballon de caoutchauc, on 1a réuni), dis-je, par nn luk»' eu caoutchouc. On chaulTe h ciuitue à l'aide d'une lumpe à âloool et nus.'âtA k gai se dégage eu abondance, i ce point qu'en quelques- minutes on peut en' oblenîr 50 btres.
L'opération terminée, pour éviter \:i rentrée de t'euu du flacon bv«ur dint U cornue, on rompt la commoDicslion de ces doux organes avant d'éieindieli lampe.
Le ballon récipient est lérmë aussitôt â l'aide d'nn robinet spécial cl \eptpeut s'j cODsei'ver en réserve plusieurs mois, grAce îi l'imperniéabilitc di caoutchouc. Si on veut l'employer immédiatement, il faut le laisser reiradi' quelques iiiatauts ou bien lui faire traverser deut flacons laveurs, alÎD qn'il** perde sa chaleur.
A l'aide d'une coniue plus granilpi cliBufféo par un fourneau il );it onU forte liimpe à alcool, h l'aide de grands fliicons laveurs et d'un petit ^analM gradué, ou peut préparer de grandes quantités d'oxygène pour les bwdifrs o** plusieurs malades, soit à l'hdpital ou dans d'autres éublissemeots destin» ibpcures aérolhéra piques, bydriatiques ou autres.
Voilà donc le ga» préparé et A point pour ^tre inhab'. comment ï»4-« l'administrer ï 11 faut pour cela recourir à des apfiareils iulialateai-s spcci»"».
Appareil» à iaknlnlioii. IJans ses eipériences, Demarquiy se serwil ■" réservoir de Calante, sotte de petit tonnelet cylindrique en< uimiKhouci soudlei.
Sur ce réservoir se grelfaîenl un tube d'entrée et uu luhe di robinet.''. Le tulw de sortie était muni d'une emliouchure spéciale pour Le malade aspirait le gaz par l'embouchure et e:!^!!^! par k- net. U J' un apprentissage à faire pour réussir; de plus le gai senUÎt le utonl ' qui était un inconvénient assez sérieux.
four y obvier, Limousin im»finB l'appareil inbaUleur qtn no» décrire, Irès-simple, iort commode, tout ti fait cam|iaralile à unmrghtlé.
II se composu d'uuc taratc ^\aî^c çattw el à goulot étroîl. La cani*'
OXYGÈNE' (emploi MAnicAb). 519'
fermée par un bouchon traverse de deux tubes en verre, dont Tun plus long atteint le fond, Taotre plns^ court ne dépasse pas l'entrée de ce vase.
Pour faire fonctionner Tappareil, on le remplit d*abord d'eau ordinaire mx 2/3; poison réunit le tube long qui plonge jusqu'au fond de la carafe, au ballon réservoir, à Taide d*un raccord en caoutchouc; le tube court, d^autrc part, est muni d*un tuyao en caoutchouc toujours, terminé par un embout de verre ou d'ivoire destiné à être placé dans la bouche, à la façon d*une pipe. Alors on ouvre le robinet du ballon-réservoir; Toxygène pénètre dans la carafe et s*y accumule un peu. On aspire le gaz par Tembout, lentement; et on le garde aussi longtemps que possible dans les voies respiratoires. Le moment d*expirer venu, on pince fortement le tube de caoutchouc sous Tembout, on ' relire cet erabont de la bouche^ on fait librement Texpiration^ c'est le second ' temps de Topération.
Quand le gaz ne se dé^jage pas suffisamment vile do ré^rvoir, on comprime celui-ci avec la main. On épuise ainsi facilement tout le contenu du ballon.
On comprend qu*en chargeant l'eau de la caiafe de principes balsamiques, aromatiqnes, volatils ou autres, l'oxygène arrive aux poumons avec des vapeurs médicamenteuses, ce qui peut constituer une double médication.
Autrefois La Passe avait proposé d'aromatiser le gax oxygène pour le rendre ' plas agréable à inhaler en lui faisant traverser la préparation sui^-anle :
Fau confimun<> 2aO gmmaiet.
Alcoolat de» UespériiL's 15 —
Teinture de Toln 10 ' —
Potatse caustique 15 —
Voici maintenant la formule complexe de l'âlcoolat des Hespérides.
Alco()1;tt de m<fli<i>3 composé (Codfz), 1 litre iji.
£*seiieu de Purlugnl, ct'drat, cilitin, bergamote,
néroli. ••• a3il5 grammes.
E-tHcncc de rose 50 gouttes.
Aounouiaqac à23*..., 1 —
Distiller ce mélange pour retirer 1 litre d'alcoolat.
Limousin propose un lait aromatique, formule simplifiée de la mixture iodiquée ci-dessus :
Tuiiilunr d» benjoin v.iiiffii* 10 gitimmc^.
Teinture de Tolo 10 —
Teiiilui« du rose â.SO —
Fau commune Q. S. p.iur compléter i \iiiMH.
Passer ce lait au travers d'une gaze avant de l'introduire dans la carafe de rinhalateur.
Dans certains cas d'asphyxie, alors que la respiration est nulle ou trop i*alentie, en peut introduire le gaz oxygène dans le poumon h l'aide du tube laryngien de diaussier, toujours usité dans la pratique des accoucheurs, et que les médecins <Nii généralement sous la main» Ou faciliterait, du reste, l'entrée' du gaz dans kf voies aériennes à l'aide de la respiration artificielle, de rigueur en pareillescirconstances.
Ifaintenant, quel est le moment le plus opportun pour pratiquer les inhalations d'oxygène courantes?
Sii*an s'en réière aux expériences de CI. Bernard, qui démontrent que ce
530 OXYGÈNE (emploi hédical).
gaz est absorbe plus rapidement et facilement à jeun, ce sera donc le malin au réveil, ou bien avant le second déjeuner, lestomac étant vide, qu'il faudra commencer Tinhalation.
L*usage des alcalins ou du chlorure de sodium peut faciliter Toxygénation du sang; on pourrait donc, si ces agents ne sont pas contre-indiqués chez le malade traité, les prescrire à titre d*adjuvant8, et pour mieux saturer Téconomie du principe médicamenteux.
On a proposé encore d'administrer Toxygène dissous dans un véhicule approprié, Teau et le vin.
Vin oxygéné. C'est un chimiste très-distingué (de Reims), Maumeoé, qui a imaginé ce vin, qu'on prépare tout simplement à la manière de l'eau de Seltz. On sature le vin d'oxygène à une certaine pression et on obtient un liquide qui se conserve parfaitement sans traces d'acétification.
Sa saveur est celle du vin sans aucune modification.
Après qu'on l'a bu, on éprouve une stimulation manifeste et la sensation d'im bien-être général.
Le vin oxygéné n'a reçu jusqu'à présent aucune application médicale, biea que son origine remonte déjà à plus de vingt ans (1861). Je le signale doacà l'attention des médecins comme digne de nouveaux essais :
Eau oxygénée, . Il ne s'agit pas, à proprement parler, du bioxyde d'hydrogène découvert par Thénard, mais tout bonnement d'une eau conteiunt de l'oxygène en dissolution.
L'eau oxygénée — ou oxygénatée^ suivant l'expression d'Ozanaui qui adopte cette terminologie pour éviter toute confusion — a été étudiée à la fin du siède dernier en Italie, par Paul, puis par Odier (de Genève). Ce médecin distingué la vantait beaucoup comme propre à ranimer l'appétit, relever les forces, et loi attribuait des propriétés toniques, antispasmodiques, diurétiques. C'est pourquoi il la conseillait dans les hydropisics et dans Tasthme; contre les spasmes et les crampes hystériques ; contre Tatonie des intestins ou de l'estomac, et ranémie des convalescents. U lui reprochait seulement de donner lieu quelquefois à an peu de dysurie (1798),
Plus récemment (1869), l'eau oxygénée a été étudiée par Ozanam, qui loi attribue également de bonnes propriétés thérapeuliques. Chargée sous pressioo d'un demi-volume de gaz, cette eau possède, d'après ce médecin : i* da propriétés reconstituantes sur le sang lorsque riiémalosc est incomplète, comme dans la dyspnée, l'aslhme, les asphyxies lentes, la cyanose, les maladies du cœur, les hémorrhoïdes , les congestions viscérales hémorrhoîdaires ; S* tiae action oxydante ou métamorphique utile dans la goutte, la ' glycosurie, b gravclle urique et oxalique et peut-être la scrofule ; 3® une action excitante et régulatrice sur le cerveau et la glande thyroïde. De là son importance damt k traitement du goitre et du crétinisnie.
Ces appréciations sont fort belles, mais je voudrais qu'elles fussent appuyées par des faits un peu nombreux. Or ceux-ci font défaut jusqu*à présent.
En 1861, Maumené avait déjà constaté sur lui-même qu'en faisant usage d'eau oxygénée à 6-8 atmosphères pendant quelques jours, il digérait mieux et respirait plus librement.
Mais voici une application toute récente de cette eau, d'une cerliioe importance.
En 1880, Rcgnard recherchant les effets de l'eau oxygénée sur la fermentation.
OXYGÈNE (rmploi mkdical). 5Si
Dmstatâ qu'elle suspendait ce processus et conservait les substances putrescibles.
Sous son influence, le yin le plus détestable se décolore, devient limpide et prend le goût de malaga.
En outre, elle tue instantanément les algues.
Cesi en tenant compte de cet effet que Damascliino eut Tidée d'essayer l'eau tKjgêxÈée ccmtre le muguet. H s'agissait de détruire sur place la mucédinée, YMium albican»^ qui produit cette maladie.
n employa pour cela une eau chargée de 12 volumes de gaz, recommandant fa lotions fréquentes avec ce liquide sur les parties affectées. Une pareille eau l'a aucune saveur désagréable et donne dans la bouche une sensation de fraidMor marquée.
Le résultai fut des plus satisfaisants. Dès le premier jour la guérison était iraque assurée.
En présence des Cûts signalés par Odier, Ozanam, Maumené et Damaschino, ilKis nous prenons à regretter vivement que l'usage de l'eau oxygénée ne soit |is plus répandu actuellement. Elle me semble devoir constituer une grande thérapeutique, et les médecins auraient tort de ne pas Texpérimenter.
-- AfTLiCATioss CHIRURGICALES. Si l'cau oxygcnéc n'est que raremeul prescrite
teks médecins, elle devient de plus en plus, au contraire, le topique employé
pumument dans bon nombre de services chirurgicaux pour le besoinr des pan-
pnenU.
M ttedant les deux dernières années, 1881 et 1882, le bioxyde d'hydrogène,
pas précisément celui de Thénard, d'une activité trop grande, mais un très-mitigé, ou, si l'on veut, une eau chargée seulement de quelques doxygène, ce bioxyde spécial, dis-je, doué de vertus antiseptiques des
puissantes, ainsi que viennent de le démontrer les expériences de P. Hegnard .Paul Bert, a été essayé avec le plus grand succès pour les pansements ■Unirgicaux, et il tend aujourd'hui à êti*e substitué à nos topiques ^s plus iMerchés : l'alcool, l'acide phénique, les sullites alcalins, etc. L'application ^MQvelle a été préparée de longue date. ^J'ai dit précédemment, eu effet, qu'au siècle dernier loxygèue avait étc
Eâdéré comme un merveilleux agent de prophylaxie contre les maladies ctieuses et, à ce propos, je citais les idées d*lngeiihousz, de Selle et surtout Goyton de Morveau. Déjà, donc, on le considérait comme agent anti- Skiimatique.
' l'autre part, les essais de mon éminent maître, le professeur Laugier, et les 4^ cliniques observés par Demarquay, dans le traitement de la gangrène des Hiémités, toutes ces observations que j'ai résumées, démontraient jusqu'à Wridence l'action antiseptique du gaz oxygène, allant jusqu'à empêcher, à *^yer net la putréfaction des tissus sphacélés, et de plus témoignaient en ftwtar de ses qualités stimulantes pour les plaies, dont il hâtait la cicatrisation. Ac sorte, par cons«^uont, que la preuve n*élait plus à faire des qualités biaisantes de l'oxygène soit pour l'assainissement des salles de malades, soit ^r la curation des plaies, quand P. Bert et Regnard sont venus appeler l'atten- '^ des chirurgiens sur l'eau oxygénée.
liais il faut reconnaître que ces savants expérimentateurs ont fixé la science ^ ce point spécial de son histoire et, en outre, substitué au mode d'emploi fort ^(l&cile et coûteux (le bain de gaz) que j'ai décrit à propos du Vvsâle,\A&tvV à^^
523 OXYGÈNE (emploi siKnicM.).
la gangrène, une méthode pratique des plus simples, comme nout leTerroDi dans un instant.
C'est au mois de mai 1882 que P. Bert et Regnard indiquèrent; dans une: communication à TAcadémie des sciences, Taciion nocive de leaa oxygéaée vis-à-vis de certains ferments et des microbes en général.
Elle arrête toute fermentation due à un ferment figuré, cela défiaitivemeot, et tue les microbes ou s'oppose à leur développemeat; c'est donc un réA antiseptique et très-puissant.
Cette vettu sftéciale, fcrmenticide, d'une part, et son innocuité pour les tissus, d'autre part, étant manifiestement prouvées, l'eau oxygénée futeasarée dans le pansement des plaies par Baldy, Péan, Nicaise, etc.
Les résultats obtenus ont été importants; aussi bien ai*je tenu à les mentioBner ici dès à présent, quoiqu'il s'agisse dans l'espèce d'une méthode nainaate et d'une question thérapeutique dans la période expérimentale ou de déielofpemcnt.
Tn certain nombre de ces résultats ont été publiés dans une thèse réeeule (1883) soutenue à la Faculté de Paris par l^rrivé, et l'ensemble des faits connus aujourd'hui est résumé dans un mémoiiti de P. Bert et Regnard qui doit paraître prochainement.
De toutes ces observations il découle cette conclusion : que Teau oxygénée peut être employée avec avantage pour panser les plaies, quelles «oient réoenlei' ou anciennes, accidentelles ou chirurgicales.
Sous son influence, les complications ordinaires de ces traumatismes peuieit être écartées et la guérison des plaies est facilitée.
Quand celles-ci suppurent, le pus reste ou devient de bonne nature; et s'il a < de l'odeur, il est désinfecté. En général , la fièvre traumatique chei les opéiéipansés à Tenu oxygénée est nnlle ou modérée^
S'agit-il de plaies anciennes, atonîques, n'ayant aucune tendance à se cicalriser, les pansement à l'eau oxygénée font merveille.
La suppuration devient louable, les bourgeons charnus se forment et la i cicatrisation a liou.
Ou a guéri de celle façon des ulcères variqueux incurables par les traitements ordinaires (Nicaisc), des ulcères syphilitiques ou tuberculeux (Péan) qui réâh taient aux topiques classiques.
L'action stimulante, la vertu vulnéraire de l'oxygène en pareil cas est d'ailiean bien connue depuis longtemps. J'ai rappelé dans mon historique les obscnt-' tions de Beddoes, qui préconisait beaucoup l'emploi de ce gaz pour gnérir les vieux ulcères atoniqucs, et l'on n'a pas oublié que cette heureuse applicatioAti été vantée aussi de nos jours par Demarquay.
Voici encore d'autres usages du bioxyde d'hydrogène.
De Sinety le pro[>ose contre les vaginite* et Vuréthrite; Fabre; dans letraitement de la ctjslite purulente ;VésiU^coiilroVoiihthalmiepuruieni€ d'origÎMi blennorriiagique; Bouchut, dans V angine couenneuse^ en irrigation.
Enfin on a supposé que, pri^e à rintéricure, l'eau oxygénée donnerai dei'
rëaultats favorables dans certains cas de tuberculoie ou d'anémie (Péan); d«S'
' diarrhée chronique, particulièrement la diarrhée de CocAin^Atite, d'origioe;
oiaitaire vraisemblablement.
Jen*iusiste pas sur ces données simplement théoriques et j'arrive au m0^'
OXYGÈNE (bibliograprtb). 535
Lp bioxyde d*hydrogèiie usité pour les pansements représente, une solution iipeiue d'oxygèas vanaai de 6 à 12 volumes. Plus concentrée, cette solution «ndtdei effets trop excitants.'
On en imbibe des compresses de tarlatane qu*on place directement sur la fUa» pais on reooa?re d'un tissu imperméable- : taffetas gommé ou guUapadiâ» et le pansernsent se tedmine à la manière ordinaire. Ou bien on Tinjecte éÉs.ies cavités, on fait des lavages, des irrigations, des pulvérisations à la fiiçon dt-Lister, ce8t4-direqu*on s*en sert comme dos solutions pbéniquées.
Lé binxyde d*h}drogène n'a pas d'odeur* et il ne tache pas les linges, deux fnlitéi souvent mises en avant par les partisans de son emploi.
AUémuUiûH du vbrus^ Yoioi enfin une dernière application de l'eau oxygé- ^ d'âne certaine importance.-
J'ai parlé» dans Ids pages qui précèdent,' des essais de l'Américain Law, en 1881 9 sur le virus duclioléra des porcs, essais iavorables, montrant que ce virus ^4nlattéMié>par l'oxygène.
Or cette métliode feit son chemin, car dans une communication dif 2 janvier 4883, à rAcadémio* de ^ médecine, deux vétérinaires français, le professeur Shtaid et MoUtieau ont indiqué que le virus du cliarbonsymptomalique pouvait 4Btitténué par son mélange avec l'eau oxygénée. Voici d'ailleurs leurs propres
Eles : c -Dans la pratique, la dilution dans l'eau oxygénéenous semble devoir appliquée à-rattdnuatio0des virus dent on\n\a pas encore pu déterminer, r et èukîver l'agent virulent » .
:. Oânveau (de Lyon) a vérifié cette atténuation des virus par Toxygène, ainsi Mil refaite d'une communication à l'Académie des sciences (12 mars 1883). -" lâselermine mon exposé des applications médicales de l'oxygène.
Jesemi satisfait «il j'ai pu faire partager au lecteur mes convictions sur la ■MKie valeur de ce médicament.
Ii'anét rendu en 1854 par un thérapentiste éminent, Pereira, condamnant ■ifflédicament comme inutile ou à |)eu près, cet arrêt, dont voici les termes doit donc être rapporté : On tkè whole^ tlien^ l believe oxygen to be :fi8ele98 osn remedy. Non-seulement, en elTet, l'oxygène peut être utile, ■■pb c'est un de nos meilleurs agents thérapeutiques, tout à la fois inoffensif jUpaiiint^ deux qualités que nous rencontrons assez rarement dans nos médiits usuels. Ernest Làubéb.
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OlTFTROTARTRlQUES [Acides]).
526 OXYLÉPIDÈNE.
OXTCSVAIVIXE. Substance amorphe, gélatineuse, blanc- rMigeàtiet qui se forme en traitant une solution de guanine dans la sonde par le pennanganate de potassium; il se produit en.même temps. dé Tacide carbonique, de Tacide oxalique, de Turëe, de Tammoniaque; on Ja- sépare 4e :Oeft«orps.en:flÎMitiQt de Tacide chlorhydri(}ue.
L*oxyguanine ne se dissout, ni dans l'eau, ni dans Talcool, ni dans Félher; elle est assez solubie dans les acides et très-soluble danstles liquides jdcalkis. La solution ammoniacale donne avec le nitrate d*argeiit un précipité dont la composition paraît être 0*^11» ^VzW,Ag*0. L/Ha.
OXYGUHMIQITE (Acide). Corps d existence douleose, obteni»parfiojer,cfl chauffant au bnin-marie du gummate de baryum, précipité en solution faiblement ammoniacale, et auquel il attribue la formule improbable C'H'O'jr. Cet acide, qui cristallise en prismes et dont le sel d argent <Ûflagre,'«st paobaUement de Tacide oxalique formé d'après Téquation :
Acide gummique. Acide oxalique.
OX YHiHHOttbOBINE. Yoy. SakG et HâHOOLOBllIE.
• •i^YJBiPPllBiQtJE (Acide). CU'AzO^ Se prépare par rébullitîon deli solution aqueuse de sulfate d'acide diazoiiippuriqae ; •on neutralise par ii niaque, on évapore et ou traite par Tacide 'chldrfajdriqne. Aiguilles ii solubles dans l'eau bouillante, l'alcool et Tétber. L. Hn.
•ULYHYPOGÉIQCE (Acide). C**1P0^. Se forme lorsqu'on* traite le bromure d'acide hypogéique par l'oxyde d'argent. C'est uue masse blanche, fusible à 34 degrés, toujours mêlée d'acide dipalmitique G^*H'^0^ Il se convertit duiwte aisément en ce dernier, dont il ne* diffère que par une molécule d'eau en «mis; il suffit pour cela de le bouillir avec un alcali. L. H5.
G"H''<>A^'0^ Se forme dans l'action de l'azotiteie potasse sur l'igasurine. Alcaloïde cristallisé en aiguilles nacrées, de sanor amère, solubles dans l'eau bouillante et l'alcool, peu solubles dans Téther, se décompose vers 500 degrés; action physiologique analogue à eeile de la strychnine. L.- Hk,
OXYiSUYiTi^UE (Acide). G'11^0\ Prend naissance en traitjmt l'iter éthyiique par un alcali à Tébullition, puis acidifiant. Aiguilles fines, ineolores, peu solubles dans l'eau froide, davantage dans l'eau chaude, très-solubles dans l'alcool et l'éther. Sa solution est colorée en violet parle perchlomre deier. Par oxydation il passe à l'état d'isomère de l'acide urique ou pyrotritariqBe C^HW. L, ttr.
OXYLÉPIDÉKE. C"IP"0^ Produit d'oxydation du lépidène C^H*^. Ce dernier corps Q*ayant pas été l'objet d'un article spécialdans ce DîctioiMire} nous en dirons quelques mots ici.
OXYLEUCOTINË. 527
LipiDÈNB. On le prépare en cbauffant la benzoïne avec de l'acide cblorhydrique en vase clos ; d après Limpricht et Schwancrt, il se forme tout d'abord dfe Toxylëpidène, qui est convertie en lépidène par la benzoïne en eioës, €n même temps que celle-ci passe h l'état de benzile. Au lieu d'acide chlorhydrique, on peut se servir d'acide sulfunque et opérer en vase ouvert. Aiguilles aplaties, diversement groupées, insolubles dans l'eau froide, solubles
. dajDS 170 parties d'eau bouillante, dans 1000 partiesd'alcool (roid à 94 pour 100 et dans 38 parties d'alcool bouillant» dans 52 parties d'éther froid et 58 parties d'ëther bouillant. Il fond à 175 degrés et bout vers 220 degrés.. L'acide nitrique le , transforme en oxylépidène. On connaît un grand nombre de dérivés du lëpidène.
OiTLÉPiDKXB. C*«H>®0>. S'bbtient en chauffant à l'ébuUition 1 partie de lépidène avec iO parties d'acide acétique ci*btallisable,i puis ajoutant un mélange de 1 partie d'acide nitrique et de 3 parties d'acide acétique. L'oxylépidène cristallise par le refroidissement.
•Aiguilles prismatiques, jaunes, insolubles dans l'eau, à peine solubles dans raloool et l'éther froids, trôs-solubles dans la benzine, fusibles à 220 degrés; il bout à 340 degrés et se transforme en deux corps isomères avec lui et trèssolubles dans l'alcool et l'éther. L'acide oliromique en solution acétique le transforme en acide benzoïque et benzile, et si l'on observe oei*taines précau-
' lions en bioxylépidène. Les agents réducteurs le transforment en lépidène. Le pecthlorare de phosphore fournit des dérivés chlorés. Les trois modifications de Tosylëpidène , soumises à la distillation sèche , fournissent un . isomère du
' l^idène.
BiOXTLépiDÈKR. C^H^O''. Cristallise en tables rhombiques ou quadratiques, fusibles à 157 degrés, solubles dans 2i parties d'alcool bouillant à 95 pour 100. L'acide chromique le dédoublo en acide benzoïque et benzile.
•XYLEUCOTIIVE. Principe contenu dans l'écorce de paracotOy originaire de Bolivie, de même que l'écorce de coto; toutes les deux sont probablement fournies par une lauracée. L'écorce de coto parait ne renfermer qu'un seul principe particulier, la cotoïne, C^WH)*, gros prismes solubles dans l'alcool et le chloroforme, fusibles h 150 degrés, tandis que l'écorce de paracoto renferme, outre Toxyleucotine : 1<» de la paracotoine^ C"H"0*, en lamelles fusibles à 152 degrés, solubles dans Tétlier, le clilomforme et l'alcool bouillant; 2* de la leucotine, C"**ir*0**, qui cristallise en prismes blancs, légers, aisément solubles dans l'alcool, l'éther et le chloroforme, difficilement dans l'eau, fusibles à 97 degrés, neutres aux réactifs, donnant une solution bleu vert avec Tacide nitrique concentré, et sous riiifluence de la potasse en fusion fournissant de l'acide benzoïque, de l'acide protocatéchique, de l'acide formiquc, de la cotogénine (C*M1^H>^, aiguilles blanches solubles dans Teau, l'alcool et l'éther, fusibles à 143 degrés) et de Vhydrocoton ((?'IP*0", prismes blancs volatiles, fondant à 48-49 degrés, solubles dans Talc^nd, l'éther, le chloroforme); les équations suivantes permettront de se rendre compte de ces transfornmtions de la leucotine :
C=^I|MO'» -H 5IP0 = C^Ml^O» -h (:»*n'*0^ -+- 2jCll^)
LeuGOCioe. Hydrocolon. Cologéiiine. Acide formique.
528 OXYLINOLÉIQUE.
C5*H»fOio ^ 4H»o = C»WH)* -h 2(CTIH)«) + 2(CHH)»);
Leucotioe. Hydrocolon. Acide benzoique. Acide fonniqoe.
Z^ du dibenzoylhydrocoton, (?m^H)^, prismes blancs, fusibles à 113 degrés, distillables, solubles dans Talcool bouillanl, décomposés par la potasse fondue en acide benzoïque et en liydrocoton.
Quant à Voxyleucoliney elle a pour composition C'^H'H)'*. En épuisant Técorce de paracoto par Téther, on obtient ce corps mélangé avec ceux que nous venons d*énumérer; on distille et on reprend le résidu cristallin par l'alcool bouillant, qui laisse tout d'abord déposer la paracotoîne, puis un mélange d oxyleucotine et de paracotoîne ; on débarrasse i'oxyleucotine de cette dernière par un traitement à la lessive de potasse étendue ; on obtient ensuite la leuo>tine en dissolvant le résidu dans l'acide acétique glacial ; le dibenzoylhydrocobn reste le dernier.
L*oxyleucotine est en prismes blancs volumineux, pesants, fusibles à 133^,5, insolubles dans les alcalis et l'ammoniaque, difficilement solubles dans le chloroforme, l'élher et la benzine, solubles dans l'acide acétique concentré et l'alcool bouillants. L'acide nitrique concentré la colore en -bleu vert La potasse en fusion la transforme en hydrocoton, cotogénine, acide protocatÀèucique, aldéhyde protocatéchucique, acide benzoïque et acide formique.
Des eaux mères de la cristallisation de ces quatre corps on extrait, à l'aide d*une lessive alcaline faible, un nouveau corps, ïhydrocotoïne C^WH)*; ce l'isole par l'acide chlorhydrique en excès. L'alcool bouillant la laisse déposer ea prismes jaune pâle volumineux, solubles dans l'éther et le chloroforme, neatie|, aux réactifs, fusibles à 98 degrés. Enfin le résidu de l'épuisement par l'étbiei^': traité par la potasse et l'eau, fournit de V acide pipéronylique G*HH)*, cristallisable, fusible à 229 degrés, sublimable dès 210 degrés.
La cotoïne et la paracotoîne ont été l'objet d'expérimentations déjà nombreuses à cause de leurs propriétés astringentes et toxiques. La cotoïne, la plus active des deux, arrête la fermentation pancréatique et la fermentation lactique, mais ne gène en rien l'action de la pepsine et de la diastase et exerce même, à petite dose, une action antidiarrhéique remarquable, qui en fait un excellent médicament, surtout dans la diarrhée infantile. La cotoïne passe dans l'urine et paraît gêner la séciétion de l'indican; elle ne passe pas dans le lait.
La paracotoîne a la même action que la cotoïne, mais est moins active qu'elle; elle l'emporte néanmoins sur I'oxyleucotine et l'hydrocotoïne, ainsi que surit poudre et la teinture d'écorce de coto. Elle a été employée utilement dans h diarrhée des phthisiques, le catarrhe intestinal subaigu des enfants et, au JapoOi par Gôrtz, dans des cas de choléra de gravité moyenne. L. lin.
OXYLINOLÉIQVE (Acide). C^^'H'^O'. Produit d'oxydation de l'adde linoléique. Nous dirons d'abord quelques mots de ce dernier, non encore décrit dans ce Dictionnaire.
Acide linoléique. C^^ll^O'. Se rencontre dans les huiles siccatives i Tétat de trilinoléine dans la proportion de 80 pour 100. On Tobtient en saponifiant l'huile de lin avec de l'eau et de la litharge et on traite le savon obtenu par de l'éther qui ne dissout que le linoléate de plomb. Ce sel est décomposé par l'hydrogène sulfuré, l'acide obtenu repris par l'éther qu'on évapore ensoito à siccité.
OXYMELLITES. 529
Huile très-fluide, trë»-peu colorde, d'un goût désagréable, soluble dans raloool et réther, ne se solidiGe pas à 18 degrés; sa densité est de 0,9206 à 14 degrés.
Exposé à Tair, il absorbe de Toxygène et se transforme en acide oxylinoléiqne. L*acide azoteux ne le change pas en acide élaïdique. L'acide azotique le décompose en acide subérique et en une résine.
Les sels de lacide linoléique sont mal définis.
AciDB oxTLixoLÉiQUE. C^'H'^. Quaud on fait évaporer la solution étliérée ou linoléate de plomb sur une plaque de verre , elle laisse un résidu blanc amorphe formé par de l'oxylinoléate de plomb. L'hydrogène sulfuré met l'acicic en liberté.
liasse presque blanche, de la consistance de la térébenthine, se colorant en rouge à 100 degrés, sans subir d'altération; les acides et les alcalis le colorent de même. Longtemps exposé i l'air, il se transforme en un corps de compositkm : C'tt^'^ = S O^U^Cfi + U>0, amorphe, élastique, insoluble dans l'alcool, rëtber et les acides étendus, soluble dans un mélange d'alcool et de chloroforme et appelé linoxyne. Ce corps se forme également quand les huiles siccatives sèchent à l'air, et c'est à sa formation que sont dues les propriétés si utiles de ces huiles. L. Hr.
#KTlJCJJil9llE (Acidb). Ce corps est contenu, selon Debus, avec Y(tcide Umrique^ dans la combinaison xincique de celles des matières colorantes de la gérance qui sont précipitées par l'oxyde de zinc calciné de leur solution alcoolique. ^^L*exisience de ces corps est plus ou moins douteuse. L. Hn*
iro OH COOH* <^" o*>^ent Toxy.
maléate de potassium en agitant une solution froide de bromomaléate de potassium avec de l'oxyde d*argent; on précipite par Tacétate de plomb et on décompose par Thydrogène sulfuré* Aiguilles minces, allongées, solubles dans Teau, l'alcool et l'éther. L. Un.
•XTKAI^OMfklJE (Acide). C'est l'acide lartronique {voy. ce mot).
OXTHBLS. Synonyme d'OxYMELLiTES {voy. ce mot). L. Ilif.
•XYHEIXITKS. On donne ce nom aux melliteê qui ont pour véhicule le râieigre simple ou des vinaigres médicamenteux. Leur préparation est à peu près la même que celle des autres mellites.
OxTMBLLiTB SIMPLE. Ou le prépare avec :
Miel bliDC 20
Viiuigrt litanc 5
Ifélez dans une bassine d'argent ou dans une capsule de porcelaine, concentrez à 1,26 dens. bouillant, clarifiez au papier et filtrez.
Par ce procédé, on perd une {lortiou du vinaigre pur évaporation et le miel
i*altère en partie et communique au produit une saveur désagréable. Pour
'régulariser l'opération, Dcscliamps (d'A vallon) fait évaporer 500 grammes de
DICT. B5C. i* n, \IX. 34
550 OXYNÉTAXYLOLQUINONE.
vinaigre jusqu'à ce qu'il soit réduit à 290 grammes» et Tiyoate ai 000 grammes de miel ; on chauiïe au bain-raarie couvert, après avoir délayé une feuille de papier à ûltrer dans le mellite, et après refroidissement on Gitre. En traitant au bain-marie 1000 grammes de miel évaporé en consistance ferme par 290 grammes de bon vinaigre de vin, on obtient un produit meilleur encore età saveur bien franche. L'oxymel simple entre dans le gargarisme oxymdU (50 grammes pour 200 grammes d*eau d'orge). OxYMRLLiTE sciLLiTiQUE. Ou Toblicnt avcc :
Vinaigre stilliliqtie 100
Miel 400
On mélange et on concentre au même degré que pour Toiymel simple, puis, s'il est nécessaire, on clarifie au papier par la méthode de Desmarets.
Par le procédé de Soubeiran, on obtient un produit supérieur pour la limpidilé, la saveur et la durée de conservation. Il consiste à faire dissoudre 6 par(i?s d'extrait alcoolique de scille dans 50 parties de vinaigre, pais on Cllre et m prépare un mellite avec 200 parties de miel.
On attribue au vinaigre la propriété d'amoindrir l'action irritante et de détruire l'influence émélique de la scille. L'oxymel scillitique est emplojé comme expectorant dans les cas où la scille est indiquée.
Uoxymellite d'ail, à peu près inusité de nos jours, se prépare avec: vinaigre 100; miel blanc, 200; on ajoute le miel après avoir réduit le vîni^ à 29 parties, et l'on obtient le mellite par simple solution.
Les oxymellites de bulbe de colchique, de belladone. A' ellébore noir, demb^ cisse, également inusités actuellement, se préparent comme l'oxymel scillitique ou l'oxymel d'ail.
Nous citerons enfin :
OxTMELLiTE PECTORAL d'Ediubourg. On Ic composc avcc :
Miel 250
Gomme ammoniaque SO
Aunéo.
Iris.
Faire bouillir les racines dans G25 grammes d'eau qu'on réduit à SIO; d'autre part, dissoudre la gomme dans 90 grammes de vinaigre. On mêle les deux liqueurs, on filtre, on ajoute le miel et on fait cuire en consistance contenable. * L. Ib.
OXYHÉsiTYLÉMlfflJE (Acide). C»H*«0' == CW (CH')* j ^J ^g. booé-
riquc avec l'acide mélilotique ou hydrocommariquc, avec l'acide phlorétiqMi l'acide tropique, etc. Se produit en chauflant à 240-250 degrés le snlfoménty- Icnatc de poLnssium avec la potasse caustique. II est en fines aiguilles soyeuses, incolores, fusibles à 176 degrés, presque insolubles dans l'eau froide, pea solubles dans l'eau chaude, très-solubles dans l'alcool et l'éther. 1^ perchlonut de fer colore eu bleu foncé les solutions de cet acide et de ses sels. L. El.
OXYntsTAXYLOLOUiNONE. CMl^O^ S*obtient en oxydant avec pr^ caution le chlorhydrate de diamidomésitylène à l'aide de l'acide chromique oo du pcrchlorurodefer. Longues aiguilles jaune-rouge, fusibles à lOi-lOSd^grfe
OXYMORPHINE. 531
aisément sublimables» asses solobles dans l'eau, trës-solubles dans Talcool et Téther. Sa solution aqueuse est colorée en yioiet foncé par tous les corps à réaction alcaline et même par Teau de source. L. Hii .
•xnriETHTIJftNE. L'aldéhyde méthylique CH*0 ne parait exister à l'état gazeux qu'à une température très-élevée; à la température ordinaire il y a eondensation de plusieurs molécules, trois probablement, d'o& résulte une masse mal cristallisée à laquelle on a donné le nom d'oxyméthylène, {?BH)^. Ce produit se sublime déjà à une température inférieure i 100 degrés, fond à i5S degrés et se vaporise, si Ton chauffe un peu plus. Ces yapeurs reconstituent raldébjdOy ce que prouve leur densité 1,06 qui correspond bien à la formule
aeo. L. hn.
ULVHftnnrLiiiiiB-BisiJLFomEllx (Acide). CH^SK)''=CH(0H)(S0*.0H)<. Se forme par Faction de l'anhydride sulfurique sur l'alcool méthylique bien refroidi. Il est très-stable; son sel de baryum CH'SH)''Ba se dissout à peine dans l'eta et cristallise en petites aiguilles. L. H.x.
MtmirnnrLPnfeliYLFORHlftinB (Acide). Voy.OvLroimQvn (Acide).
. •JLTM^AraiNB OU rSBII»«MORPMranB. C"W^AzO\ d'apr&s Schûtzenberger; serait, d'après des travaux récents, derOxTDiMORPHixB C^fl^*AzH)*. Cette iMse, qudquefois contenue dans Fopium, a été obtenue par Schûtzenberger en dianfiant i 60 degrés une solution d'une molécule de chlorhydrate de morphine avec une molécule de niirite d'argent. Le précipité formé renferme l'oxymorpliine à côté du chlorure d'argent. Pour isoler la base, on traite le mélange à cbaud par de l'eau aiguisée d*acide chlorhydrique; on iillre, on fait évaporer et on obtient le chlorhydrate d'oxymorphine cristallisé; on purifie et on précipite It solution du chlorhydrate dans l'eau cliaude par l'ammoniaque.
Ce corps se forme encore dans Taclion du permanganate de potassium sur le dilorhydrate de morphine ou en al>andonnant à l'air libre une solution ammoniacale de morphine.
L'oxymorphine est en une poudre nacrée, constituée par de fines aiguilles. Elle est insoluble dans l'eau, même bouillante, ainsi que dans l'alcool, l'éther et le chloroforme, soluble dans la potasse et la soude et dans un grand excès d'ammoniaque; elle est douée d'une saveur très-faiblement amère. Elle renferme trois molécules d'eau de cristallisation qu elle perd complètement à 150 degrés, fond à 245 degrés, puis noircit et se décompose. Avec le perclilonire de fer elle donne la même réaction que la morphine. Honacide, elle fournit des sels généralement peu solubles dans l'eau.
Schûtzenberger a obtenu, par l'action prolongée de l'azotite d'argent sur une iolation bouillante de chlorhydrate de morphine, une base plus oxygénée encore, i|ai, selon lui, aurait pour formule C^H^'AzO', et constituerait l'hydrate d'oxymorphine. Elle est analogue par ses propriétés à l'oxymorphine, mais s'en distingue par une plus grande solubilité k froid dans l'ammoniaque.
L'oxymorphine ne parait pas êti*e douée de propriétés physiologiques trèsactives; 3 dédgrammes administrés à un lapin n'ont produit aucun eflet toxiqoe. L« ttxi.
bôî OXYNAPUTOL
OlLTXCCOiviQlJB (Acide). C*H*œ. S*obtient en traiUnt Tacide môconique brome, C*irBrO\ par Toxyde d*argent humide. Dans cet acide le brome se trouve ainsi remplacé par loxhydryle.
L*acide oxymuconique forme une masse visqueuse, très-soluble dans laloocl et dans Teau. L. Hh.
OSLTNAPHTALIflIJB OU NAPHTAUQIJE ( Acidb) . Voy. OxT!«APHTOQCUI02lt.
(OH oi:Ti«APBT««i:e (Aqdb). OmHfi = C*wLq q,j« On obtûat le id
potassique de cet acide en faisant agir du sodium et de Tacide orboniqiK simultanément sur Ta-naphtol. L*acide est mis en liberté par Tacide chlorhfdrique. Ce sont de petites aiguilles incolores, groupées en forme d*étoileSy peo solubles dans Teau bouillante, très-solubles dans Talcool et Téther, fusibles à 185-186 degrés. Les sels sont peu solubles dans Teau, leurs solutioiis sont colorées en bleu intense par le perchlorure de fer. Dans les mêmes oondîtioai, le p-naphtol ne fournit que difficilement un oxacide isomère, doué de propriélés analogues. L'acide naphtoïquc, dissous dans Tacide sulfuriqne ooooeatré, fournit trois acides suifonaphtoîques isomériques, dont les sels potassiques, fondus ayec de la potasse ciustique, fournissent trob oxaddcB iioniéri|iia différents, cristallisés en aiguilles, peu solubles dans Teau, aisément dans Talcool, fusibles Tun à 254-237 degrés et donnant, chauffé avec la chaux, de IVnaphtol, les deux autres fusibles à 186-187 degrés, et à 245-347 defrà, donnant du p-naphtol. L acide isonaphtoîque, dans les mêmes conditions, ne fournit qu*un sulfacide, partant qu'un acide ox jnaplitoîque , cristallise co aiguilles, fusibles à 210-211 degrés et donnant de l'ot-naphtol. L. Hs.
OXTNAPBTOL. C'II'O'. Deux isomères :
1» Dioxi:«APHTALi>E OU Naphtobioxtle. C**H*(On)'. S'obtient par la fusion à 250 degrés de l'a-disulfonaphtalinale de potassium avec la potasse caustique. Petites aiguilles incolores, se colorant en violet à la lumière, peu soliÂles dans l'eau froide, très-solubles dans l'eau bouillante, l'alcool et Téther, trtefea dans la benzine, fusibles à 186 degrés, sublimables dès 160 degrés en larges lamelles; ses solutions sont dicliroïques; dissoute dans la potasse, elle noircit rapidement à i*air.
2° Napiitohydroqui>-o:«e. On le prépare par l'action de Tacide iodhydriqoe et du phosphore amorphe sur la naphtoquinone. Aiguilles incolores, fusibles à 176 degrés, assez solubles dans l'eau bouillante, très-solubles dans l'alcool et l'éther. Elle passe par oxydation à l'état de naphtoquinone.
Le dérivé bichloré, oxynaphtol hicMoré ou dichiorodiaxynapkiaHM, C'*HK]:i'(OII)', s'obtient par hydrogénation de la dichloronaphtoquinone; il est» prismes incolores, très-altérables à Tuir, fusibles à 135-140 degrés avec déoooh position partielle, se dissout dans les alcalis; la solution rougit à Tair.
On connaît en outre un diorynaphtol ou trioxynaphtaline, C"H*0'=C'*IP(OB)', qu'on obtient par réduction de l'oxynaphtoquinone à l'aide de l'étain et de l'acide chlurhydrique; on se débarrasse de l'étain par l'hydrogène sulfuré, pois on agite avec de Tcther. Aiguilles jaunes, solubles dans Teau, Talcool etTéther; c'est un puissant agent réducteur surtout en solution alcaline. Il est à b naphtaline ce que l'acide pyrogallique est à la benzine. L Ib.
OXYNAPIITOQUINONE. 533
•XYNAHmHIIJIlWKE OU ACIMB 1VAPHTALI«VE. C'®II*0> q, . DécOU-
▼eit par Griess et Martin, en traitant par Tacide clilorhydrique bouillant une base contenant (?^H^AzO', et provenant de l'action de Teau bouillante sur le produit de la réduction du binitronaphtol» a[)rès oxydation de ce produit à Tair. Le procède de préparation le plus facile consiste à traiter à 120 degrés en vase dos le chlorhydrate de diamidonaphtol par Tacide chlorhydrique ou Tacide fulfurique faibles.
(Test une poudre jaune clairi fortement électrique, ou un amas d'aiguilles jaunes; elle est insoluble dans Teau froide, assez soluble dans Teau chaude, très-6oIiible dans Talcool ou Téther. Elle teint la laine et la soie en jaune, mais n*a aucone prise sur le coton mordancé à lalumine.
Chauffée avec précaution, Toxyuaphtoquinone se sublime partiellement en aiguilles jaune-rouge, assez semblables à celles que donne TaUzarinc sublimée. Bik se combine à Thydrogène naissant en donnant de la trioxynaphtaline (pojf. OxfiiAPHTOL}. Chauffée avec de la poudre de zinc, elle fournit de la na^taline. Enfin, elle s*unit aux alcalis et donne des sels rouge-sang, solubles dans Teau; elle déplace Tacide carbonique des carbonates.
' Nous rattacherons à la description de ce composé celle de YoxychloTonaphto^ fêbume, de la dioxynaphtoquinone et de la trioxynaphtoquinone,
OzvcBLoaoNAPHTOQUiNONB. C'^I1^CI(01I)0*. Synouvmes : CMoroxynaphtofmhume et acide chloroxynaphtalique. On obtient le sel de potassium tfVGl(OK)0' en arrosant la dichloronaphtoquinone avec un peu d'alcool, péb ajoutant une solution concentrée de potasse. Aiguilles rouge-cerise, peu ■ohibles dans Teau froide, très-solubles dans Teau chaude, d*où l'acide chlorhydrique extrait l'acide libre. C'est une poudre cristalline jaune-paille, fusible un peu au-dessus de 300 degrés, sublimable en aiguilles, peu soluble dans Teau, Irès-solnble dans l'alcool, l'éther et la benzine. Acide monobasique puissant, l'osychloronaphtoquinone donne des sels bien définis, colorés en jaune, en orangé M en cramoisi; les sels alcalins sont rouge foncé. Ces sels sont employés en peinture et en teinture. Chauffés, ils laissent se sublimer de l'acide phtalique.
H ne faut pas confondre ce corps avec un autre acide chloroxynaphtalique^ CVCIO*, qui se forme par l'action du chlorate de potassium sur un mélange de naphtaline et d'acide sulfurique. Amorphe, soluble dans Talcool et l'éther, donne par ébullition avec Teau de V acide dioxynaphtalique C*MiH)', cristallin, aolnble dans l'eau, l'alcool et l'éther, fusible à 126 degrés.
IhoxYUOPHTAQUiifoiiB OU Naphtaiarinb. C*M1'0* = C*®II* j Qt S'obtien
en traitant l'a-dinitronaphtaliiie par l'acide sulfurique concentré, chaulTant la eolution i 200 degrés et y projetant de la grenaille de zinc. On étend d'eau, ou fût bouillir et on filtre à cliaud; la masse gélatineuse obtenue est séchée et purifiée par sublimation.
Longues aiguilles d'un beau vert métallique, peu solubles dans l'eau bouillante, mieux et en rouge dans l'alcool, solubles dans Tanimoniaque en bleu-de-ciel passant au violet-rouge. Se volalilibe entre 215 et 240 degrés. Belle matière eolorante, semblable à l'alizarine.
I (011)' TaioxT.^PBTOQu»oAB. C"li*0» = C^^ll* j q, ' . Produit secondaire de la
nsphtaxarinc, se forme du reste aux dépens de cette dernière en la cliaulTant
554 OXYNÉYRINE.
ayec de Tacide sulfurique. Poudre amorphe, rougeâtre» à éclat métallique, presque insoluble dans Teau, soluhle dans les alcalis en blea-TÎoleC taie.