OZANAM
Quant 1 \'0. omala Djj.. ({u'on trouve dans le rectuoi îles grenouilles et du Iriloas, il constitue maioteuaiil le type du genre Hemaloxy» Schn.; il eil facile à n'coimaitre aux nombreuses papilles qui couvrunl le corps dans lesdeuisnet. L. IIahn et Ed. Lefëire.
o\ti:biqi:e (Acidi:). Nom donné par Vuuquclin à un composa qui prend naissance quand on traite l'acide urique par l'auide azottrjue, puis quoa oeotralise le produit de la réaction par la chaux.
L'acide oxyniique de Vauquclin n'est probablement qu'un mélange d'alloun cl d'alloianline. L. lis. ,
oxTTALf^BiQUES (Acides). C'II'°0\ Deux acides prèsenteiU celle e4 position ; ce sont :
i" Acûle oryvalérique. S'obtient en traitant une solution bouille aqueuse d'acide bromovalérique par l'oxyde d'argent. En outre l'étlier 4 acide se produit secondairemcut dans la préparation de l'acide oxytsocaprrlii Il forme de grandes tabler rectangulaires, aisément solubles dans l'eau, !'« et l'étbcr; il fond i!i S6 degrés, se sublime déjà au-Jossous de 100 d^rjk'4 l'oxydant au moyen du bichromate de potassium et de l'acide sulfuri étendu, on obtient de l'anhydride carbonique et de l'acide isobut\Tique,
3° Acide élhomélhoxalique. Lors.{u'on chaulle de i'oxalale d'élbyle^ nu mélange d'iodure de mélhyle, d'îodure d'éthyle et de zinc, on ebiienl,^ traitement par l'eau, l'e'ther de cet acide. L'acide libre est en cristaux iacoi tiès-soiubles, fusibles à 65 degrés. L. HâH.i. *
OKTZimËPBOTËKe. Dana les idées de Mauraené, l'agent le plof 4 de la fernienlation alcoolique. D'après cet autour, le moitl de nisùi n mélangées ou combinées deux substances distinctes, l'une amidonneuM ^ azoléc, l'omylon, l'autre albumineuse axotée, la lymëproléine. Sous l'inOa de l'oxygène de l'air, cette dernière s'oxyde et s'entoure d'amyloo qui s'org en globules. Ces globules, par endosmose de sucre et exosmose d'atjxytnéfi déterminent une otydation de l'un des sucres qui coni|>osi.'nt le sucre de rt du sucre solide, dont le carbone est brûlé et donne de l'acid tandis que l'autre sucre, le sucre liquide, cède de l'oxygèuc au promia reçoit de l'hydrogène en échange et se transforme en alcool. Dans cette 11' complètement renversée depuis les remarquables travaux de Pasteur, i l'oxyzyméproléine qui par la puissante osmose qu'elle détermine e la décomposition du sucre. L. I
OZANAM (Jexk-Antoixe).
que de suivre la noûce que H.
son père, en 187a.
Jean-Antoine Ozanam naquit en-Bresse, de Benoît Ozauam, 1784, c'est-à-dire à l'âge de on:
ses éludes avec succès jusqu'en Sophie à Lyon, au séminaire de avoir terminé ses études, pour de Berchiny, il y passa six ans.
Nous ne pouvons mieux faire, dans celii le doctem' Ozanam, hodie vîvens, i
le 9 juillet 1775, à Chalamonl, près de Bl notaire et capitaine diJtclain des l zc ans, on le mit au collège de Bourg. fAK rliétorique; en 1790 et 1791, il étudia lip Saint-lrénée. ité<|uisi lionne peu de II
le service militaire, incorporé dans \«b lu obtint rapidement les épaulcttcs, et jiulil^
OZANNE. 549
la campagne d*ltalie. II assista aux batailles les plus im|)ortantes et les plus eilèbres, à Hondovi» Fombio, Lodi, Pavie, au passage du Mincio, à Castiglione, à Rovereno, Bassano, Saint-Georges, Aréole, Rivoli, etc. Dans le courant de Tannëe 1799, Ozauam sollicita et obtint avec beaucoup de peine sa démission, après avoir refusé le grade de capitaine, qu'on lui proposait dans le deuxième régi- Bient de chasseurs. Il voulait se créer une position : il tenta le commerce,. n*y réussit pas, et, marié et père de famille, il ve lança dans Tétude de la médecine, encouragé, du reste, par le célèbre Marc-Antoine Petit, ami de la famille, qui le poussa à aborder cette carrière. Ozauam habitait alors Milan; plein de coui*age, d'ardeur et d'intelligence, il se mit au travail, et au mois de décembre 1810, après avoir passé tous ses examens à Paris, il y est reçu docteur médecin, à jfieni voto e con laude. Il avait alors trente-sept ans. On cite son dévouement aux nombreux malades, tant Franç^iis qu'Italiens, que l'Autriche avait faits prisonniers, et qui emplissaient les hôpilaux de Milan.
En 1816, nous trouvons à Lyon Ozauam, qui ne pouvait supporter le joug des Anlridiiens, possesseurs alors de la Lombard ie. Un an après, à la suite d'un brillant concours, il était nommé médecin de l'IIôtel-Dieu. C'est à Lyon qu'il moumt, le 12 mai 1857, par suite d'un accident, étant tombé dans l'escalier d'une cave qu'il avait pris pour celui qui montait à l'étage où l'appelaient ses affidres. C'est aussi à Lyon qu'il écrivit la plupart des ouvrages qui donnent à son nom une honorable notoriété, et dont voici la liste :
L Compte rendu du aervice médical et des observations faites au grand Bâlel-Dieu de i^am, depuis le !•' octobre XSTi jusqu'auZi décembre itS^^. Lyon, 1834, in -8*. — II. Conseils msÊM bomus mères sur la grossesse, les couches, Vallaitemeni et Vépoque critique, et sur Ic9 maUtdies des enfants. Lyon, 1817, in-8*. — III. Conseils sur les moyens de ne garantir du choiera, et sur les premiers soins à donner à ceux qui en sont attaqués. Lyon, 1832, iB-9*. — IV. Histoire médicale, générale et particulière, des maladies épidémiques, conisiçùuêes et épitootiques, qui ont régné en Europe, depuis les temps les plus reculés, et motûmment depuis le XIV* siècle jusqu'à nos jours. Lyon, 1817-1823, 5 vol. in-8*; Paris, iS35, 4 Tol. in-8*. — V. lié/lexions sur la doctrine de Saint-Simon. Lyon, 1831, in-8*. — TI. De Vinfluence des maladies organiques des viscères du bas-ventre sur ceux de la tètê êi de la poitrine (ouvrage couronné par la Société de médecine de Lyon). — VII. ùeê msaladiet chroniques qui influent spécialement sur la poitrine ()lémoire prèsenlé à la Soc. de médecine de Montpellier, 1811). — VIII. Dernière campagne de l'armée franco-italienne mms les ordres du prince Eugène Beauhamais en 1813 et en 1814. Lyon, 1817, in-8*. — XL Sur la nature des émanations insalubres qui s'exhalent des marais (Mém. présenté à l'Acad.des se. de Lyon, 1823). — I. Sur l'action des émanations marécageuses sur l'économie tuUmale [llém. présenté à l'Acad. des se. de Lyon, 1824). — II. Mémoire sur le décreusage êee soies sans acide ni alcali (Mém. présenté à l'Acad. des se. de Lyon, 1825). ~ XII. Mém. âimiiêtique pour servir à l'histoire de rétablissement du christianisme à Lyon, depuis le it siècle de VÉglUe jusqu'à nos jours, 1829. — Xlil. Sur futilité des machines (Mém. présenté à la Soc. pour l'instruction élémentaire, 1830). — IIV. Statistique de Lyon et du département du Rhône, depuis le 1*' octobre 1823 jusqu'au 31 décembre 1833 (Mém. pfiteDté i l'Acad. des se. de Lyon, 1832).
Jean-Antoine Ozauam, qui avait épousé (22 avril 1800) Dlle Marie Nantas, en eut quatorze enfants, dont plusieurs se sont rendus célèbres par leurs écrits littérairei, philosophiques et historiques. A. C.
aflEABnVB (Christophe). Un simple paysan, vivant à Ghaudray, petit hameau iitoé à 14 kilomètres de Mantes-sur-Seine, et qui tout en gardant les moutons «fait étudié les vertus médicinales des simples de sa contrée; recommandant iorUmt la diète et l'eau ; tenu pour un apôtre de charité; faisant accourir à lui une foule de malades venus de tous les pays, à tel point qu'on fut obligé de
550 OZANNE.
ibUk (ies maisons pour loger les souffreteux, cl (ju'un service en carroSK, deui fois la semaine, fut spâciulemeDt créé de Paris à Cliauilraj ; viHu d'une ebiife grossière et vivaut Irès-austèrement : n'écoutanl jamais un malade iiu'aprèsatoit eutcndu la messe : recevant aussi l>icn, Mnou raieut, les pauvres que ies licks; n'acoepUtit jamais aucune somme d'argent, mais monlraut seulement am pe> sonnes ai»^ deux troues placés dans sa eoiir; c:liargeant un paysan, qui lui se> v&il de portier, d'érrireles noms des malades à mesure qu'ils arrivaient ; trait vaut des artistes pour le dessiner et le j^ruver; inspirant une foule de poàiei en son honneur; mort i peu prÈa oulilié et aussi pauvre ijue devant : lelesl, en peu de mots, l'histoire de ce yue'rmeur q<ii n'a jamais eu son égal en rjfith tuUon, et qui, ou pcul le dire sans exagération, a fait retentir ces mois : U médecin ttr Chaiulriiy, dans TKurope entière, dans les plus grandes familla françaises, et jusque sur les marches du trône. L'abbé l.auronl Bordelon oonii laissé la description de l'habitaliaii de Cluislophe Oianne. On nous saura d'en donner quelques extraits :
u On accourt de toutes parts à Chaudray, quoique ce soit un lieu dt-sertet inaccessible. La maison d'O^anue est située entre deux coteauii,: le bord d'une ravine, accompagnée de quatre vieilles diauitiièrcs, d'un nouvellement b&ti et d'une autre pctile maison neuve couverte de «st très^iasse, construite de boue et de pierres du pays; le toit, coui «liaume, est tellenienl chargé d'herbes sauvages, de mousse et de verdure, ■a de la peine à se soutenir encore. La muraille de la cour ofïre dans son une porte à deux battants avec un loquet pour seiTurc; l'un des balttolti ■ouvert par un portier assez trailable. Jeune paysan de vingt-cinq ans, jadiu' «eur de carreaux, pour laisser défiler les patients et les pauvres infirmes, <lant que l'autre batlant en est soutenu et défendu en dedans par Ijjïche, pour empMier que la trop grande foule du peuple n'y entre avec i» icncc. La cour est grande environ de douze pieds en carré. On voit en «atrnl le greffier d'Ozanne, vieux pajsan portant lunettes, autrefois tailleur de piiÀ, assis sur une chaise de paille, devant un tonneau sur lequel il écrit ilajit no registre in-folio les noms de ceux qui arrivent, afin que l'huissier, autre |istgi asscx facile, les puisse appeler par ordre, â l'heureux moment de leur aiidicDce. Auprès d'une t'tablo, on descend, par des marches de pierre, dans b c*«,i moitié taillée dans un roc. Au fond on découvre des cruches bien buncbôcs. mtplies d'eaux céphaliques pour la tète ; ophlhalmiqucs pour les jeux ; hrpatlqu pour le foie ; néphrétiques pour les retns ; spirnéliqucs pour la rate. Ik U cf on monte, par quatre marches, à une espèce de salla : c'est I& le rciwleî-W général où l'on attend l'audience de Monsieur (comme on qualide orditiairvinat «et homme rare). De cette sullc, enfin, on monte, par quatre petites manM dans la chambre de ce célèbie Riolan, meublée de quatre chaises de paille, d d'im lit où se repose quelques heures de la nuit cet admirable Dioscorîde, ifrii avoir souvent expédie Jusqu'à deux cents malades dans une seule join^lt bonhomme so sauve quelquefois par une petite porte qui doimc dans son pr^ quand il se trouve accablé de la foule des malades, o
Voici mainleuant le portr.iit d'Ozanne tracé par le même abbé fiordeioa :
« Le médecin est un simple paysan, d'une humeur froide et Ocgmatiquc, fV
lant peu, lentement et fort bas. II a un visage basané, plat et maigre: da ck-
I presque blancs, gias, courts, et fort peu fiisés, de petits yeui ; un giM
^meut gros; nu second poireau ea-iiessooi de l'oâ
OZÈNE. 551
droit; un troisième poireau, fort petit, mais long, qui lui pend à la mâchoire gauclie. H est vêtu d'un justaucorps de droguet, passe el fort usé, montrant la corde, couleur musc clair, et, par-dessous, d*un petit pourpoint à deux poches, dans lesquelles il cache ordinairement ses deux mains. Ses culottes sont d*uu eoir luisant et marbré ; ses bas, tricotés, gris de fer clair; ses souliers plats sans ftatron. Quoiqu*il ne raisonne guère, il ne laisse pas de porter de petites manchettes renversées sur les amadis du pourpoint, avec un petit rabat à demiblanc. Enfin, il a un chapeau noir, diiformc et à grands bords, qu'il touche souvent sans Tôter presque jamais. Lorsqu*en saluant vous rapprochez, pour consulter sur votre maladie, vous le voyez inébranlable sur une petite chaise de paille, contre la fenêtre, auprès de laquelle est accrochée une assez belle montre qu'une personne qu'il a guérie lui a laissée sans qu'il s'en soit aperçu. A peine il vous écoute, et aussitôt il exécute. Très-souvent même, pour couper court, il juge par la seule physionomie du secours et des remèdes qu'il faut au malade; et à mesui*e qu'il les ordonne, le Secrétaire de sanle\ autre jeune paysan, les écrit et les délivre aux malades. » Christophe Ozanne, qui était né à Villersren-Arthies, le i5 novembre 1035, mourut dans la même paroisse, le 18 février 1715. Ceux qui voudraient avoir des détails plus circonstanciés sur ce type extraordinaire du Paysan guérisseur peuvent consulter : les Lettres de Mme de Sévigne\ édit. Monmerquc, t. X, p. 551 ; l'abbé Bordelon : Les malades de belle humeur ou Lettres divertissantes écrites de Chaudray, 1697, in-8«; Atonis, Cours d'opération de chirurgie^ 1707; L. T. Hérissant, Nouvelles redherdies sur la France; A. Benoît, Notice sur Christophe Ozanne, 1874. Voy, aussi l'article Cuarlatamsiie de ce Dictionnaire. A. C.
OZÈNE, Ozœna^ d^aiva, de ^;itv, sentir mauvais, punaisie, dysodia, fœtor narium. On a donné ces divers noms et plus particulièrement le premier, celui d'ozène, à une infirmité qui consiste en une exhalation par les narines d'une odeur puante, fétide, d'un caractère spécial dont on n'a pu donner une pins juste idée qu'en la comparant à Todeur d'une punaise écrasée, d'où le nom de punaisie par lequel on la désigne quelquefois et celui de jmnais qui a été donné aux individus qui en sont atteints. Nous donnons à cet état le nom d'infirmité et non celui de maladie, parce que : ou il est le svmptômc d'une lésion soit de la membrane muqueuse de revêtement des fosses nisales, des cartilages ou des os eux-mêmes qui constituent la charpente du nez, ulcère, carie, nécrose, etc. ; ou il résulte d'une rétention dans les anfractuosités nasales ou dans les sinus voisins des produits sécrétoires plus ou moins putréfié-, soit par suite d'un coryza chronique, ou d'un vice de conformation de la cavité nasale ou de la présence d'une tumeur ou d'un corps étranger faisant obstacle au libre cours de ces produits de sécrétion; ou il est lié à l'existence de l'une des diathèses scrofuleuse, syphilitique^ dont on trouvera ailleurs l'histoire; ou bien, enfin, il ne dépend d'aucune des conditions que nous venons d'énumérer, il existe en quelque sorte par lui-même dans certaines circonstances que nous ferons connaitre plus loin; et, dans aucun de ces cas, il ne saurait être considéré comme une maladie à proprement parler, les individus qui en sont affectés et qui souffrent de cette incommodité beaucoup moins que les personnes qui les entourent momentanément ou qui vivent habituollement à côté d'eux étant souvent, à cela près» bien portants en réalité.
I. Presque tous les auteurs, depuis Celse, qui en a parlé l'un des premiers, sinon
OZÈNE.
le premier, ont coosidcré l'ozèiic comme h peu pr&s constamment tïé I fantctice d'ulcères des fosses aasnles et d^pendiuil par conséquent de ces ulcères. ■ Les ulcères dos narines situés dans le voisinage de l'os, couverU de croûtes et d'une odeur fétide, dit Celse, constituent l'affeclion queles Grecs nomment ozèae.i Galicn.dans aonMvn Sur les terme» de Tne'decine [«lueparparenlbèseonprésNiiie apocryphe), déGiiit ainsi l'ozcnc : 'OXiam ÎTtnUxuo-c: n fiuxrfj}?! 3iâ ^aflau; Ju^ùIk ■riiv àtcaf-ipà-i Ixojoj. < L'ozéne est uue ulcération dans la profondeur des uarina, de mauvaise odeur, avec écoulement » (Galicn, Ed. Kûhn, t. XIX, p. ifO). l» ti'aitements indiquée par Celse et par Galien, comme on le verra plus loin, tout conformes à cette définition. A en jn^^er par toute la série des agents et mofti» thérapeutiques mis en œuvi-e dejiuis par tous les grands praticiens de ranli- ([iiité, on i>eut en déduire qu'ils se sont tous placés ii cet égard lu ni^ point de vue. On voit, en effet, dans les moyens de traitement Je l'oiène sdcoosivcmpnt préconisés par nufus, par Rhazàs, Avicenne, Femcl, Forestus, Fabrio, Scultel, Rivière, etc., le même objectif, l'indication de déterger et do de&sédw l'ulcère. Ge n'est guère qu'à partir de Sauvages qu'on commence à distinguera ozènc sans lésion, l'ozène idiopalhique, d'avec les divers ozèues dépenilaal de lésions de la membrane muqueuse des fosses nasales ou des os et de'i cartiU^ qui en constituent la charpente. En eflet Sauvages définit d'abord la punoisitcn la dyiodia osœna une puanteur des narines avec écoulement d'humeur ici»reuse, putride, venant d'un ulcère de la membrane pituitaire. Cet ulcère, ajonb' t-il, est simple ou virulent; il a son siège dans la cavité des narines ouduttin des sinus frontaux un maxillaires. Toutefois cet auteur établit une dislindioa,ii point de vue de leur origine, entre les diverses snrtes de puanteur ou d'edolttion de vapeurs fétides du corps, qu'il groupe toutes sous b dénominatiOD Mmune et géuériquetiedi/sûdJe, dyiodia (ordre IV de la IX' classe de la oosolo^ soit qu'elles proviennent des narines, de la bouche, de l'estomac, des aîioIlNi dci aines, de la vulve ou des pieds, et l'ozène proprement dit, ['oiiraa de GttÎB ou plutât de Celse cité plus haut, dénomination qu'il réserve spécialement |W la dysodie provenant du nez [icimna dytodia). L'auteur de la nosologie mÛfr dique pousse encore plus loin ses distinctions, qui répondent, quoique iiMfr plétement encore, à la réalité des faits, comme on le vena plus loin. ■ La paitîur de la matière ichoreuse qui sort des narines, ajoule-t-il, n'est pasantijB certain de la présence de l'ulcère, puisqu'on voit s'écouler des Darineiai humeur fétide, qui n'est cependant point purulente, et qui n'est autre cliNt que du mucus corrompu par son séjour, h cause de l'ouverture étivite i> narines. « Il fuit même de cette disposition analoinique la condition «Tm* espèce distincte d'ozène qu'il déi^igne sous le nom de punaisie des camards. iB 81'five, dit^^l, que te mucus ou l'air reteim longtemps dans ces lieux lequiri une puanteur qui se communique à l'air expiré par les narines, i De cotte <al^ gorie de puuais Sauvages rapproche les sujets dont les narines sont boucha intérieurement par un polype, un sarcome, une excroissance, une fluiioa do» nique, etc.
Nous citons presque textuellement cette définition et cette classîiiulioa i Sauvages, parce qu'on y trouve déjà presque tous les éléments qui devront funi servir h reconstituer la description de celte affeclion. Poursuivons notre hi^ rique.
J. Frank accepte la distinction établie pur Sauvages entre les ulcères dea liW nasales, auxquels il l'éserve avec la plupart de ses contemporains le noin d'oriar-
OZÈNE. 553
et récoalement par le nez de mati^.res puriformes, riSsultant d'une simple sécrétion morbide sans lésion de continuité apparente, pour lequel il propose le nom de blennorrhée du nez. Il divise l*ozène sous le triple rappoil : 1<> du siège, en ozène des fosses nasales, en ozène des sinus frontaux et des sinus maxillaires ; 2* sous le rapport de la nature de la maladie, en traumatique, catarrhal, métastatique, scorbutique, scrofuleux, arthritique, vénérien, carcinomateux, lié à la plique, â la lèpre, etc. ; 5^ enfin, sous le rapport des parties aflectées, en simple et compliqué, savoir : avec carie du cornet inférieur, de Tethmoide, du sphénoïde, des os propres du nez, du vomer, des os palatins. La blennorrhée du nez peut être rapportée à la première de ces divisions.
Pour les auteurs de Tarticle O/ène du Dictionnaire des sciencet médicales^ Percy et Laurent, Tozène est une ulcération de la membrane muqueuse des fosses nasales, du voile du palais et du sinus maxillaire, entretenue par le vice vénérien, par des dartres, un état scorbutique ou cancéreux. Ils reconnaissent, toutefois, après cette cause qu'ils considèrent comme la plus fréquente, que Tozène peut [irovenir quelquefois d*une conformation vicieuse du nez (nez camards), de chutes, de coups, de plaies d*armes à feu, de mutilations diverses. Dans tous les cas, la maladie débute toujours par un coryza qui fournit d'abord un pus ichoreux, lequel enflamme et corrode à son tour les parties avec lesquelles il est en contact.
Lagneau, dans l'article Ozèhe du Dictionnaire en 30 volumes, considère également l'origine ulcéreuse de l'ozène comme de beaucoup la plus fréquente, c Dans le plus grand nombre des cas, dit-il, quand le point affecté n'était pas trop éloigné de l'orifice des narines, l'ozène tenait à un ulcère de la membrane muqueuse ntMle, mais, comme il existe beaucoup de variétés dans la consistance et les autres propriétés du pus que mouchent les malades dans cette affection, on peut soupçonner entre celles de ces ulcérations qu'on ne voit pas, à raison de leur •îtuatjon profonde, de grandes diflércnces... Lagneauva même jusqu'à admettre que, dans certains cas, la maladie ne consiste qu'en une altération morbide, non ulcéreuse, de la membrane affectée, d'où la modification et l'augmentation de la sécrétion muqueuse qu'elle fournit. Or, comme cet état, purement catarrhal, eoïncide avec le plus ou moins de tuméfaction des parties enflammées, il en r^ulte un obsticle au libre accès de l'air ainsi qu'à la sortie des matières tëcrétées, ce qui explique l'odeur putride que contractent ces dernières.
Ptorry, énumérant toutes les circonstances qui peuvent donner lieu à l'ozène, trouve : 1^ le simple écoulement de mucosités abondantes par la membrane pituitaire, mucosités qui y séjourneraient par suite de déformation naturelle ou aecidentelle des cavités nasales ; 2"* l'exlialation ou la sécrétion abondante de pas, soit par la surface de la membrane olfactive privée de son épithélium, soit per une véritable ulcération (ulcosis) ; 3® une maladie des os du nez, carie ou nécrose, entretenant dans les fosses nasales la présence d'un pussaiiieux ; 4*^ des abcès du sinus et particulièrement du maxillaire, venant à verser habituellement leur produit par le nez ; 5" l'existence de tumeurs polypeuses, encéphaloïdes on autres, déterminant l'accumulation de liquides variés dans les cavités olfactives, etc. c Toutes ces circonstances, dit-il, peuvent communiquer une odeur parfois horriblement fétide à l'air expiré par le nez. 11 suffit pour cela qu'il y ait une stagnation, puis une décomposition des liquides de ces cavités. »
Les auteurs du Compendium de médecine pratique^ Monneret et Fleury, eonsidèrent l'ozène non comme une maladie, nuds conune un symptôme de
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maladies très-diverses, siégeant dans les fosses nasales. Ce sont, soit des lésions affectant la membrane muqueuse; soit des lésions des os qai constituent la charpente osseuse du nez ; soit des vices de conformation de ces diverses paKies. Enfin ils admettent comme causes de Tozène l'ulcération scrofuleuse, Tulcé* ration cancéreuse, Tulcéralion scorbutique, l'ulcération vénérienne.
Yalleix n*est pas d'avis d'identifier l'ozène avec l'ulcération de la muqueuse nasale. Se fondant, à l'exemple de quelques auteurs anciens, sur ce que Ton voit des ulcères des fosses nasales sans fétidité et de la fétidité sans ulcères, il en a conclu qu'on ne pouvait rapporter ce phénomène à aucune lésion particulière. Aussi décrit-il séparément sous le nom de coryza ulcéreux ou rhinite ulcéreuse les ulcérations des fosses nasales, quelles qu'elles soient, qu'elles donnent lieu ou non à la fétidité de l'air, et, sous le nom d'ozène proprement dit, le corjn ulcéreux fétide. 11 distingue ce dernier en deux espèces principales : le corja ulcéreux syphilitique et le coryza ulcéreux non syphilitique. Mais, tout en admettant cette distinction en principe, il reconnaît l'impuissance de les distinguer cliniquement l'une de l'autre autrement que par les commémoratifs ou parla coexistence ou non-coexistence actuelle d'autres symptômes révélateurs de l'iafection syphilitique, aucun signe caractéristique de quelque valeur n'étant capable de les difféi*encier.
A mesure que nous avançons dans l'histoire, nous voyons poindre d'abord et puis s'affirmer de plus en plus l'idée de l'indépendance de l'ozène, par rapport aux lésions ulcéreuses, traumatiques ou spécifiques des fosses nasales, ooQt pourrions presque dire de son autonomie. Cette idée prend une force nouvelie avec Trousseau et quelques médecins de son école. Trousseau insistait dans iob enseignement, en s'antorisant de ses observations, sur la nécessité, avaatde chercher à établir les moyens de traitement de l'ozène, de discerner et de distinguer les unes des autres les différentes causes de la fétidité des sécrétiooa nasales. Tout d'abord, disait-il, il importe de ne pas confondre la punaisie qui pi'ocèdc des fusses nasales avec la fétidité de l'haleine causée par quelque afleotionde la bouche ou de la gorge ; et pour éviter cette erreur, il donnait le ooosâl de faire exécuter alternativement par le malade une expiration par le nez, puis par la bouche, sans dissimuler toutefois ce que ce moyen peut avoir d'infidèle dans quelques circonstances. Pour lui, l'ozène consistait en une altération tonle spéciale de la sécrétion nasale, qu'il assimilait à celle que présentent chez certains individus les sécrétions sudorales partielles des pieds ou des aisselles ob chez d'autres celles des organes sexuels, sans qu'aucune modification de toturc appréciable des surfaces sécrétantes en puisse l'endre compte. Rattachant cette altération fétide des sécrétions nasales à un état diathésique, scrofoleux, herpétique ou indéterminé, il la désignait sous le nom d'ozène constitationiieL Pour lui, l'ozène constitutionnel est cette affection qui survient sans qu'il y ait ni nécrose, ni carie des os du nez, ni phl^masie, ni ulcération de la muqueuse, chez des sujets d'ailleurs bien portants en apparence et quelquefois mémefloriasants de santé, aifection qui a pour caractère unique l'exhalatiou par les ioiaef nasales de cette odeur infecte que Ton a comparée à l'odeur de punaise écrasée.
A coté de cet ozène constitutionnel Trousseau plaçait celui qui tient ) aie diathèse her|)étique. 11 s'en faut de beaucoup, njoute-t-il, que toutes les afiee* tiens dartreuses de la membrane muqueuse des fosses nasales produisait la punaisie, comme les affections dartreuses de certaines parties du corps ne soot pRS nécessairement accompagnées de létidité ; mais de même que l'eczéiDa des
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fiedSf de la vulve» produit chez certaines personnes des sécrétions d'une puanteur révoltante, de même chez certains malades atteints d'eczéma chronique de la membrane muqueuse des fosses nasales il se l'ait une sécrétion d'une odeur repoussante. Enfin, à ses yeux, de toutes les causes de Tozène, la plus fréquente «8t la syphilis. Hais la spécificité même de la cause entraîne ici la nécessité de eonsidérer à part l'ozène syphilitique. Â peu près à la môme époque Cazenave (de Bordeaux) admettait les mêmes distinctions, tout en se préoccupant beau- 4X>up plus, au point de vue pratique, du traitement de la forme ulcéreuse de l'ozène» ainsi qu'on en peut juger par ses ouvrages.
Après Trousseau les médecins qui ont le plus insisté sur les distinctions faites per l'éminent professeur de clinique sont MH. Max-Simon et Cousin. Après avoir constaté qu'on trouve dans les cas d ozène, tantôt une ou plusieurs ulcérations •or la muqueuse, tantôt une déformation du nez s'opposant au libre écoulement des mucosités sécrétées, d'autres fois les signes d'une simple phlegmasie chronique, H. Max-Simon reconnaît que Tozène peut se produire et se produit effectivement en dehors de ces conditions, absolument comme se produisent, sans qu'on puisse les rapporter à aucune lésion de texture appréciable, les sueurs iélides, partielles, de telle ou telle région, ou la fétidité de l'haleine chez quelques personnes. Comme Ti-ousseau, Lagneau, et Cazenave (de Bordeaux), M. Max- Simon a vu des sujets atteints de punaisie au plus haut degré et chez lesquels Tobservation la plus attentive ne lui a fait découvrir aucune lésion soit de la muqueuse nasale, soit des os du nez. U a pu se convaincre d'un autre côté que, lorsqu'il y a une lésion plus ou moins grave, telle que des ulcérations avec carie des 08, on peut constater l'odeur produite par la carie, mais qui vient s'ajouter A U fétidité primitive de l'ozène, sans se substituer à elle, ni la faire cesser. D*où il est conduit à préciser que dans ces cas mêmes la punaisie est indépendante des lésions variables avec lesquelles elle coexiste.
H. Cousin, à l'exemple de Trousseau et de Max-Simon, distingue également rozèoe en symptomatique et en constitutionnel, réservant particulièrement pour ee dernier le nom de punaisie qui en exprime plus spécialement le caractère. Il serait superflu de rappeler ici les motifs sur lesquels ce médecin fonde cette distinction. Ce serait nous répéter inutilement.
Cette distinction se retrouve désormais dans presque tous nos traités classiques contemporains de pathologie, ainsi que dans les ti*aités spéciaux des maladies des voies aériennes. L'ozène, disent Hardy et Béhier, peut être rattaché le plus ordinairement aux affections scrofuleuses ou syphilitiques dont il n'est qo'one dépendance. Cependant, en l'absence de toute infection ou de toute maladie générale, on observe chez certains individus la perte de l'odorat, la fétidité des narines avec ou sans écoulement. On observe aussi cette fétidité chez certains sujets, sans qu'on trouve pour l'expliquer aucune lésion.
Pour M. Jaccoud, la punaisie n'est point spéciale à la rhinite ulcéreuse; elle y flst plus iré<|uente, sans doute, mais elle se produit aussi dans la rhinite simple sA elle peut être aussi prononcée dans ce dernier cas que dans le premier. Le caractère scrofuleux ou syphilitique du coryza influe bien plus puissamment encore qoe l'ulcération sur son développement. Enfin l'ozène peut paraître hors de toute ioflueoce diathcsique, par le l'ait d'une idiosyncrasie dont on ne peut donner incune interprétation satisfaisante.
Niémeyer aJmet également avec presque tous les pathologistes d'aujourd'hui QB oièoe ulcéreux et un ozène non ulcéreux.
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Dans Tarticle Coryza chronique, nom sous lequel est décrit Tozàne dans le nouveau Dictionnaire de médecine et de chirurgie pratiques , ce qui préjuge déjà son interprétation, H. Desnos voit pour la généralité des cas dans l'ozène uu coryza chronique ulcéreux avec punaisie, ayant ses racines dans un état diathésique, lympliatisme, scrofules, herpès, syphilis constitutionnelle, etc. Mais il n'en reconnaît pas moins qu'il y a des sujets chez lesquels on ne peut pas ptos saisir la cause de la punaisie qu'on ne peut se i*endre compte, chez d'autres, de la fétidité de la sueur des mains ou des pieds. Il en revient à l'idée d'un vice de sécrétion dont l'explication lui échappe.
Enfin, dans une thèse de 1874, M. d'Azambuja, apr^ avoir défini l'ozène nn coryza chronique fétide sans ulcération, pi*esque toujours de nature scrofaleose ou syphilitique, réserve une place à côté pour les ozènes d'origine traumatiqœ, pour ceux qui surviennent comme complication du décours ou de la convalescence des fièvres graves, ainsi que Trousseau l'avait déjà fait pour l'ozène morUI. leux, et enfin pour un ozène également fétide et non ulcéreux qu'il rapporte à rherpétisme.
Si, après les médecins, nous consultons les chirurgiens, sans remonter plus haut que Boyer, car jusqu'à lui on ne trouve, dans presque tous les auteurs en chirurgie, au mot Ozéhe, que des exemples d'ulcères de la muqueuse ou d'a(fc^ tiens osseuses de la cloison ou des sinus, nous voyons que c'est surtout ce judicieux chirurgien qui a établi une distinction entre les ulcères des fosses nasales, suivant qu'ils donnent lieu ou non à une odeur fétide, en ulcères simples, bénins, et en ulcères putrides, malins, fétides; les ulcères fétides ne sont pas des ozènes; il n'appelle ainsi que les ulcères fétides qui ne fournissent aucune matière et qui peuvent durer toute la vie sans faire des progrès seasibles; ce n'est pas encore toute la vérité, mais c'était un pas fait au-devant d'elle.
Pour Vidal (de Cassis), l'ozène a des causes peu connues ; on l'observe chez des individus d'une bonne constitution comme chez ceux qui sont sous Tinfluence d'une diathésc. L'odeur est le premier phénomène observé, et c'est quelquefois le seul, avec la privation de 1 odorat, qui soit constante.
Tout en reconnaissaul, avec la plupart des auteurs qui confondent dans uœ même description les ulcères des fosses nasales et l'ozène, que dans le plus grand nombre de cas, en effet, lozène dépend de la présence d'ulcère ou n'est qu'ooe complication d'une alfectiou générale, Nélaton convient qu'on peut aussi k rencontrer isolément, et il admet avec Trousseau que, dans certains cas oà l'examen rhinoscopique ne fait rien découvrir, il doit être considéré oooiim produit par une altération des sécrétions nasales.
Pour les auteurs du Traite' élémentaire de pathologie externe^ Follin et Duplay, qui ont donné un grand développement à l'étude de cette al&ctioB, lozène implique l'idée d ulcérations profondes de la muqueuse nasale avec destruction plus ou moins complète des os sous-jacents. La plupart du tempSi en eflet, suivant eux, l'ozène reconnaît pour origine des lésions palpables, telles que coryza chronique, ulcérations scrofuleuses ou syphilitiques, le coryza ulcéreux, dont lozène forme un des caractères les plus saillants, est décrit par eux en ces termes : c L'odeur infecte de la respiration nasale, dont le malade n*a généralement pas conscience, l'enchifrèuement perpétod, k nasonnement de la voix, l'écoulement plus ou moins abondant de muco-pos verdâlre, épais, strié de sang, ou le rejet de croûtes moulées sur iescomels: tek
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looi les principaux symptômes du coryza ulcéreux, lequel est quelquefois presque indolent. »
Dans les cas plus graves, lorsqu'il y a carie d'une partie des os du nez, on observe des douleurs sourdes, prenant parfois le caractère lancinant et même névralgique et déterminant du côlé des yeux des fluxions intenses, avec larmoie* ment et chémosis. En même temps l'écoulement continuel des matières décomposées ne tarde pas à devenir très préjudiciable à la santé générale; l'appétit se perd» les vomissements surviennent, la diarrhée s'établit et amène un rapide amaigrissement.
Follin et Duplay font reposer le diagnostic de l'ozène sur la connaissance des causes qui le produisent. Cliniquement, disent-ils, on doit toujours supposer que l'on a afiaire à une affection symptomatique. On devra songer tout d'abord à b scrofule ou à la syphilis. Si Tindividu que l'on examine est jeune, bouffi, à nez épaté, à lèvres épaisses, si, en même temps qu'il est sujet à des coryzas fréquents et de longue durée, il présente des signes de scrofule, il y a de grandes probabilités en faveur d'une altération scrofulcuse de la pituitaire ou des 08 sous-jacents. Si l'on a affaire, au contraire, à un individu plus âgé, dont le nez est bien conformé et qui ne présente pas les attributs du tempérament itrameux, on doit supposer à priori l'existence de la syphilis et remonter avec mn à l'étude des antécédents et à l'examen du corps qui peut faire découvrir les traces actuelles d*une ancienne syphilis.
Si le malade n'est ni scrofuleuz, ni syphilitique, l'exploration pourra faire noonnaitre l'existence d'un calcul, d'un corps étranger, d'un polype ulcéré. 11 y a souvent lieu, en outre, ajoutent ces auteurs, de rechercher si la cause de Tozène ne réside pas ailleurs que dans les fosses nasales proprement dites, dans leur vobinage, dans les sinus maxillaires, par exemple. Les exemples de ce genre ne manquent pas, en effet, dans les annales de la science. Pour n'en citer que quelques-uns des plus récents, M. Legouest a rapporté l'observation d*nn cas d'ozène dû à la présence d'une tumeur osseuse ébumée qui avait détruit en partie le plancher des fosses nasales du côté de la voûte palatine. M. Tillaux présentait, en 1876, à la Société de chirurgie, le fait d'une femme de soixante-cinq ans, qui avait un ozène depuis deux ans. En explorant les fosses nasales avec un stylet, il sentit au niveau du bord postérieur du vomcr mie surface dénudée ; c'était une nécrose de cet os. Le séquestre ayant pu être enlevé, quelques mois après, M. Tillaux reconnut, après l'avoir fendu, qu'il éUit constitué par un noyau de cerise encroûté d'une couche calcaire. Dans les BtilUtins de la Société anatomique^ nous avons relevé un cas d'ozène produit par un petit éclat d'obus qui avait pénétré dans un des sinus maxillaires.
Nous pourrions ajouter encore, comme confinant à l'ozène et méritant à ce litre d'être pris en considération dans la question de diagnostic, le coryza ceséeux si bien décrit par M. Duplay comme une espèce ou une variété à part de coryza chronique.
Hais ces faits, qui justifient le précepte formulé par les auteurs du Traité àémentaire de pathologie externe, de chercher toujours si l'ozène n'est pas le symptôme d'une lésion locale dont il reste à chercher le siège et la nature, ne les empêchent pas de reconnaître que cette afTection n'est pas toujours sjmptomatique, qu'il y a des cas bien avérés où toutes ces causes manquent et où la punaisic semble former à elle seule toute la maladie. Sans parler de quelques faits d'ozène passagers, ils reconnaissent que c'est avec raison qn'on
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a fréquemment signale cette inGrmitë chez des indmdus joniiiant enaf^arence d*une belle constitution et n'offrant aucun signe d'ulcératioo de la pituitaire. Ils admettent, en un mot, un ozène idiopatliique qui se reconnaît à Tabseace de tous les caractères précédemment indiqués. On verra plus loin qu*il existe^ à côté de ces caractères négatifs, d'autres caractères diagnostiques directs.
IL On le voit par ces citations, quelque rationnelle qu'ait pu paraître au premier abord Tidëe de rapporter Tozène à une lésion ulcéreuse de la pituitaire et si prévenus qu'aient été la plupart des auteurs en faveur de cette interprétatiot étiologique, vaincus par l'évidence des faits, ils arrivent presque tons à reooonaître que l'ulcération n'est ni la cause unique, ni la condition principale de la production de cette inûrmité.
En présence des cas nombreux où l'ulcération fait défaut, on a dû, naturelle» ment, chercher ailleurs, et on s'est rejeté sur les diverses circonstances qui peuvent entraîner la rétention et la putréfaction sur place des sëcrétioos nasales, telles qu'une ctroitesse congénitale, une malformation naturelle ou acquise accidentellement des fosses nasales. C'est chez les camards, a-t-on dit, chez lei sujets qui ont le nez petit, déprimé, resserré vers sa racine, c'est à la suite de chutes, de coups reçus sur le nez, de plaies d'armes à feu ou autres qui oit amené à leur suite des lésions ou des pertes de substance des os, que l'oa constate le plus souvent l'ozène.
Nous ne connaissons pas de recherches statistiques qui aient été faites poor établir numériquement la plus grande fréquence de la production de l'oièDe dans des cas de ce genre et en particulier chez les camards. Nous ne contesterons pas la relation possible entre l'effet en question et quelques-unes de oei causes. Mais ce qu'on ne saurait contester non plus, c'est l'existence de l'oiâae chez des personnes qui ne se trouvent dans aucune de ces conditions.
De tout ce qui précède, de tous ces témoignages auxquels on voudra lueo nous permettre d'ajouter le contingent de notre expérience personnelle, qui ne porte, il est vrai, que sur un très-petit nombre de faits, il ressortira ce £dt capital, désormais irrévocablement établi sur l'observation clinique, savmr : que dans l'histoire de l'ozène il faut faire deux parts, distinguer et déerire si^parément deux ordres de faits manifestement diflérents et qui n'ont de coiftmun entre eux que la circonstance de l'exhalation par les fosses nasales d'oae odeur plus ou moins fétide. Le premier ordre de faits comprend tous les ctf dans lesquels la puanteur est l'effet de lésions diverses de la muqueuse et da squelette du nez, dépendant plus ou moins immédiatement d'un état diathésique, plilegmasie chronique de la membrane do Schneider, ulcérations simpki spéciûques, caries, nécroses des os du nez, des sinus maxillaires ou sphénoîdaux, cancer, polypes, corps étrangers donnant lieu à une suppuration ichoreuse, etc. Ce sera toute la série variée des ozènes symptomatiques. Le second ordre oomprendra les cas de beaucoup les plus nombreux de punaisie proprement dite, sans aucune perte de substance, sans autres lésions appréciables que les modiiications particuliers que nous aurons à faire connaître tout à l'heure, et pouvant exister indépendamment de tout état diathésique déterminé, à moim qu'on ne la considère elle-même comme une diathèse spéciale, oonune un état constitutionnel, pour conserver la qualification que lui a donnée Trousseaa. C'est de ce dernier état seulement, celui auquel on a donné avec raison le nos d'ozène idiopathiquc, ozène vrai, que nous aurons désormais à nous occuptfi renvoyant pour toutes les variétés d'ozène symptomatique, ainsi que pour les
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moyens de traitement qui leur sont applicables, aux divers mots auxquels ils se rapportent et en particulier au mot Nez {Pathologie).
Celte distinction n*esl pas fond(^ seulement sur les différences ëtiologiqucs et sur la présence ou labsénce de lésions concomitantes, mais encore sur le caractère même de la puanteur, qui n'est pas la même dans la plupart des ozènes tymptomatiques que dans Tozène idiopatbique. C*est dans ce dernier seul qu*on trouve cette puanteur de punaisie si caractéristique, que Ton ne peut oublier quand on Ta sentie une fois, tandis que dans les autres Todeur, suivant le genre de lésion qui la produit, est ou cette fétidité commune aux suppurations anciennes, ossifluentes, ou cette fétidité spéciale aux ulcérations 8}'philitique8, que Ton retrouve, au degré près, chez les sujets qui ont des ulcérations de même nature des amygdales ou du voile du palais.
L'ozène vrai, que nous venons de voir établi cliniquement, à côté et en dehors des ozènes symptomatiques, va recevoir maintenant de ce qui suit sa double sanction anatomique et étiologique.
III. Théorie de l'ozène vrai, C*est aux médecins allemands, qui se sont récemment occupés d*une manière spéciale de Tétude de ce point de pathologie, e*e!!t à Michel (de Gologue), à Zaufal (de Prague), à Gottstein (de Breslau), à Hartmann (de Berlin), et c*est surtout au soin attentif avec lequel ils ont fait usage dans cette élude des procédés modernes de rhinoscopie, que l'on doit la démonstration anatomique de l'absence d'ulcération dans l'ozène, et par là la justification de la distinction établie jusqu'alors sur les seules données de la elioique entre l'ozène vrai et Tozène symptomatique. Les examens rhinoscofiiques réitérés ont démontré, en effet, que l'odeur fétide spéciale aux ozéneux ne tenait aucunement à la présence d*ulcérations dans les fosses nasales, que la muqueuse, une fois débarrassée des croûtes et des mucosités desséchées qui la recouvrent presque toujours dans ce cas, se montre intacte, à peine enflammée, seulement amincie, moins vasculaii*e qu'à l'ordinaire et ne présentant pas sur les replis des cornets cette saillie derai-érectile qui la caractérise, enfin que le eomet inférieur d'une petitesse extrême est réduit à un petit bourrelet antéropostérieur et semble même quelquefois ne pas exister, ce qui donne aux fosses nasales une largeur insolite, quelquefois énorme en apparence. Quelques autopsies que Zaufal, Gottstein et Hartmann, ont eu l'occasion de faire, sont venues ooofinner ce que la rhinoscopie avait déjà démontré.
Voici les principaux détails d'une de ces autopsies, rapportée par Hartmann, et dont nous empruntons la traduction à la thèse de M. le docteur Alfred Martin sur l'ozène vrai, soutenue en 1881 et à laquelle nous aurons à faire toute à Theure d'autres emprunts.
Hartmann rap|)orte l'iiistoire d'une femme de vingt-six ans qui, depuis Tàge de douze ans, sentait mauvais du nez et expulsait de temps en temps, avec une extrême difficulté et après des efforts répétés, des croûtes énormes en forme de eonque. En examinant le nez de cette malade au spéculum, il avait constaté que les cornels petits et distants de la cloison laissaient apercevoir sur une grande étendue les parties postérieures des fosses nasales, dont les parois étaient couvertes de croûtes verdàtres. Lors<iu*elle venait d'en expulser une partie, on croyait au-dessus, à la voûte pharyngienne, des lambeaux de mucus, tantôt solide, tantôt li(|uide. Gelle malade étant venue à succomber aux progros d*une phthisie tuberculeuse dont elle était atteinte, voici les principales particularités constatées par M. Hartmann à l'autopsie. Les cavités sphénoïdales étaient excessive-
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ment petites ; leur embouchure dans les fosses nasales jtait trè»-étroite. Les cellules ethmoldales étaient normales. Il en était de même des sinus maxillaires et frontaux. Les parties postéro-supérieures des fosses nasales étaient couvertes de masses épaisses, verdâtres, d*une odeur horrible. Ces masses recouvraient la voûle nasale au-dessus des orifices postérieurs des fosses, jusqu'à son extrémité antérieure, ainsi que les parois latérales, entre et derrière les cornets. Elles offraient une grande résistance dans une excavation de la paroi latérale du nei, derrière le cornet supérieur. La cloison était recouverte par un mucus adhérent A la voûte nasale et dans le voisinage des trompes, il y avait une sécrétion concrétée et fétide. La muqueuse n'était ni gonflée, ni hyperémiée.
Quant aux ulcérations, dit Hartmann, je ne pus en découvrir qu'une seule de la grosseur d*une lentille sur le bord de la fosse nasale postérieure du côté droit en avant de la trompe, elle avait une base jaune et un bord peu hyperémié.
Donc, dans ce cas, conclut Hartmann, la sécrétion ne pouvait provenir ni dei sinus cthmoïdaux, qui étaient normaux, ni des tissus sphénoidaux, qui étaient très-petits, elle devait provenir exclusivement de la muqueuse nasale. L'accumulation des mucosités dans les parties postérieures et supérieures du nex, ptr suite de leur évacuation difficile, leur soustraction an courant d'air pendant l'action de se moucher, étaient autant de conditions anatomiques qui cxpliquaiest la décomposition de ces mucosités et par suite Tozène.
Nous trouvons dans la môme thèse l'indication seulement d'une autopsie &ils par Goltstein d'une jeune fille de vingtrquatre ans atteinte d'ozène, etdtf laquelle il a trouvé les fosses nasales larges, la muqueuse atrophiée, mais «s perte de substance, les glandes abondantes, mais partiellement atrophiées aw dans les parties où la muqueuse était transformée en tissu co^jonctif.
Voici la relation de deux autres autopsies de sujets atteints d'ozène idiopithique, rapportées par Hermann Krause {Archiv f. path. Anal.^ 8 août 1881).
La première est celle d'un homme de cinquante-deux ans, mort de cinfaose hépatique et qui était affecté depuis de longues années d'ozène avec surdité. La muqueuse du nez, du sinus sphénoïdal et de l'antre d'Uigbmore, était minoei d'un gris rougcâtre, 1 epithélium épaissi par place et partiellement desquamé. De chaque côté les cornets moyen et inférieur étaient petits dans leur totalité, le bord inférieur de ce dernier formait une ligne presque droite ; le moyen était courbé dans son tiers antérieur, tous deux avaient leur extrémité postérieure terminée en pointe. Les méats correspondants étaient très-larges, principtlement le moyen. Juste au-dessus du niveau du bord du cornet moyen on voyait la fente semi-lunaire de l'antre d'Uigbmore. 11 n'y avait point trace d'olcéraiion ou de cicatrice. Dans le pharynx et autour des trompes, la muqueuse était plissée, tuméfiée. Les os du nez étaient minces et flexibles. Dans le méat inférieur et moyen, il existait des masses brunes ou grisâtres, très-fétides. Efithélium vibratile dans la région olfactive, epithélium pavimenteux stratifié dans la région respiratoire et dans tout le méat moyen et le méat inférieur.
La deuxième autopsie est celle d'une femme de quarante ans, morte d'nae maladie de Bright avec de nombreuses complications, et qui était depuis <k nombreuses années atteinte d'ozène. La muqueuse du nez et du sinus était rouge, sans aucune altération. Les extrémités du cornet inférieur droit, ainsi que l'extrémité postéiieure du cornet moyen des deux côtés, étaient tenniaées en pointe. On ne trouve dans la relation aucune indication sur la laigeor des fosses nasales.
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L*exainen histologiquc dans ces deux cas a fait constater la production de nombreuses gouttelettes graisseuses venant sourdre à la surface de la muqueuse; ce qui a conduit M. Krause à émettre Tidée qu*il devait se faire chez les indi- Tidus atteints d*ozène vrai une production at>ondante d*acides gras, cause de la fétidité.
Il fallait, pour donner à ces caractères anatomîques leur signification réelle, les rapprocher, d*une part, des phénomènes pathologiques ohservés pendant la Tie; d*autrepart, de Texamen rhinoscopique pratiqué également sur le vivant.
Les phénomènes qui ont pu être observés pendant la vie étaient les suivants : Les malades avaient habituellement le nez obstrué par des croûtes verdâtres, fétides, contournées en forme de cornet et souvent striées de sang, ils ne pou- Taient s'en débarrasser qu*à Taide de grands efforts, en se mouchant avec énergie et pendant longtemps ; ils étaient souvent forcés d*avoir recours à Taspiration d*une petite quantité d*eau tiède par les fosses nasales, pour ramollir ces croûtes et en rendre Pexpulsion plus facile.
L'examen rhinoscopique fait avec un bon éclairage a permis de constater tout d*tbord rétendue considérable de la cavité des fosses nasales, laissant voir la cloison dans une grande partie de sa hauteur, ainsi que le plancher. Le cornet inférieur rudimentaire ne forme plus qu'un bourrelet insuffisant dirigé d'avant en arrière. Au lieu de masquer l'orifice pharyngien de la trompe, il permet de le découvrir facilement, et on voit alors tous les mouvements de cet orifice quand on force le malade à parler ou à avaler.
Le cornet moyen, plus souvent intact, est quelquefois atrophie et laisse vers la partie supérieure des fosses nasales une cavité très-large. Cet état diffère notablement, comme on le voit, de l'état normal.
C'est sur la ( onnaissanee de ces caractères, qui n'ont paru manquer sur aucun des sujets atteints d'ozène qu'il a examinés, que M. Zauful a basé la théorie par laquelle il explique la cause de la fétidité dans ces cas de conformation TÎdeuse des fosses nasales. D'après cet auteur l'inspiration normale ne joue qu'un rôle assez minime dans le mécanisme du nettoyage des mucosités. Au contraire, l'air expiré, souvent avec assez de force, surtout au début de Texpiration, balaye horizontalement les mucosités et les entraîne en ayant, là où elles acitent la muqueuse et provoquent le besoin de se moucher.
Le développement du cornet inférieur facilite ce nettoyage en augmentant par sa présence et sa forme la force du courant d*air. Si les fosses nasales deviennent trop larges pour donner à l'air expiré une vitesse assez grande, si surtout le cornet inférieur vient à manquer, ce qui transforme cette région en un antre largement ouvert, le courant d*air devenant insuffisant, les mucosités ne pourraient plus être entraînées. Aussi elles se dessèchent à la surface de la muqueuse, s'accumulent en forme de lamelles et débouchons et se décomposent. Cest de là (|ue provient la mauvaise odeur qui persiste jusqu'à ce que, la prélence même de ces bouchons rétrécissant la cavité et permettant au courant d'air de la traverser avec plus de rapidité, le malade en se mouchant puisse les eipulser. Hais les mêmes conditions se reproduisant reproduisent aussi les mîmes effets.
On vient de voir l'accord qui existe entre les auteurs allemands que nous irons cités sur les conditions anatomiques du nez qui donnent lieu à l'ozène ; le même accord ne règne pas entre eux à l'égard de l'interprétation du fait.
Nous avons dit que pour Zaufal la cause de la fétidité réside dans une dis-
aicT. SIC. t* s. XII. M
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proporlion considérable entre la capacité des fosses nasales et la force du counal d'air eipirù, dispropoilion qui a pour conséquence l'iasufllsaiice do baliiage des mucosîlés pendant l'eiplralion, leur accumulation en lames dess&liées ou en bouchoa, et leur décomposition par suite de leur stagnation dans un ait humide et cliaud. Ajoutons que pour Zaufal l'anomalie est congénitjtle et ijue c'est au moment de la puberté que la disproportion entre le contenant el le contenu s'établit el que le symptôme principal apparaît. Celte interprétation, ijui est adoptée par ILjrtmanii, est rejetée par Goltstein, qui I ui rcproclie du sa pu tenir compte de l'état de la muqueuse, toujours malade dans c« cas, rougi, atrophiée et sécrétant des mucosités peu abondantes et visqueuses. U'aprèi Gotlstciu, l'élut de la muqueuse est le point de départ de la maladie, il eaiïlt un catarrhe atrophique, et c'est l'atitiphie de la muqueuse et du tissu éreclilt qui a eulrainé celle du cornet sous-jacent ; l'uzène vrai ne serait alors, du) cette hypotlièse, que la période de guérison spontanée, stade atropbi coiyza des enfants.
Four se convaincre que l'oxêne n'est pas un catarrhe atropbique du objectent les partisans de la doctrine de Zaul'id, il sufUt de se renseigner des parents, qui al'Ormeul presque toujours que l'eufant, uvatit de sentir vais, n'avait rii-n épiouvé du cAté du nez.
Zicm, de son côté, nltribue la décomposition des mucosités nasales ferment, vt la constitution du aez ne signifierait rien, suivant lui, vue de l'ozâEie. Tout catarrhe du nei dans lequel on favorise l'inlroductid ce fermeut devient un ozcne. Un catarrhe chronique chez un individu fétidité buccale par carie dentaire, par exemple, donnerait naiss: oiËne, qui ii'aui'ait par couséquent )>as de cardcléristique anatomiqoe. Michel (de Cologne), tout en admettant toutes les pari te u lu ri lés signala Zauful et Hartmann, ne les considÈre point comme suftisautes pour explûj genèse de la maladie. Il fait provenir les mucosités, qu'il dit élre dantes, principalement des sinus sphénoïdaui et des cellules ethmoïi
De nouvelles rechei-ches plus récentes de Zuckcrkandl viennent, au donner un appui direct à la théorie de Zaufal, en démonlratit que chet individus â cornet infériEur rudimenlaire l'ethmoide n'est pas développé.
Les travaux de Zaufal, ceux de Michel, d'UarUnnna et de Cotifleio, ' encore peu connus parmi nous, lorsque, à U fin de 187S. M. le docb mettes, se trouvant à Prague, recueillitduprofesseurZaufal lui-même bu tralion de ses idées. De retour eu France, notre conirère en publia un dans VAnnee médicale du docteur Bourneville pour 1870 et dans U des tciences médicalet de Hayem, d'avril lââO. H a donné le premier efl la démonstration clinique de la théorie de Zaufal, en montrant que l'êU muqueuse était une conséquence forcée de l'état particulier des fosses dans l'ozène, et non celle d'un catarrhe préalable dont l'eiistence e d'être toujours démontrée. Depuis, H. le docteur Uaitin {AllredJ, qui t' clinique particulii^e de M. Calmettes et étudié avec lui les cas d'< sont présentés à la consultation, en a fait en 1881 le sujet de sa à cette même époque. M. Tcrrillon a publié dans le BiilUlin dt un court exposé de la nouvelle théorie de l'ozène, fuit d'après U thèse lin, exposé dans lequel il a rappelé quelques faits et arguments 1 I' notamment la siluatiou de certains malades auxquels on a enlevé un > tieurs polypes nasaux el ^li ov\t. présenté, à partir de W ' '
inal^
OZËNE, US
léger. L'oxèae dû, dans ce dernier cas, à réiargissement des fosses nasales, par mite du séjour prolongé et du volume du polype, diminue et disparait à mesure que la cavité revient à son état normal.
Quant à MM. Calmettes et Martin, dont l'opinion doit d'autant plus être prise m aérieuie considération qu'ils ont déjà devers eux, l'un et Tautre, des observations nombreuses et une expérience acquise, ils adoptent complètement la théorie de Zautal. Pour eux, comme pour Zaufal, Tozène vrai résulte de la trop grande largeur des ou de l'une des fosses nasales. Cette largeur n'est pas congéaîUle, mais elle est due à un arrêt de développement du troisième cornet, qui peut s'étendre au cornet moyen. Cette anomalie des fosses nasales s'accompagne (Ai ou tard d'un catarrhe chronique de la muqueuse ; elle est la cause directe d*iiae staguation des mucosités que l'air expiré ne peut pas balayer, et leur léoomposition donne lieu au symptôme principal de la maladie, la fétidité. Bn d'autres termes, la largeur des fosses nasales est le fait primordial, la stapMlîoa des mucosités et leur décomposition dans un air chaud et humide sont la oooséqaenoe et la fétidité la résultante. Cette théorie concorde avec l'apparition presque constante de la punaisie, d'après les observations récentes, à une fpoque à peu près ûxe, de dix à quinze ans. Elle explique Tozène unilatéral, celui dans lequel on ne trouve un cornet inférieur atrophié que d'un seul côté, comme IL Calmettes nous a dit en avoir observé un cas. Elle explique enfin l'hérédité de Taffection et son apparition chez plusieurs enfants d'une même famille.
C'est à l'aide des divers documents que nous venons de rappeler, et avee le ooneonrs des observations que MM. Calmettes et Martin ont bien voulu nous communiquer, que nous allons essayer de compléter l'exposé do l'état où en e-t nyourd'hui la question de l'ozène. Nous allons trouver, chemin faisant, dans les conditions étiologiques et dans les conditions d'âge où se développe l'ozèuc, de nouveaux arguments en faveur de la nouvelle théorie.
Étiologie et conditiom de développement de Vozène, On a déjà vu dans l'exposé historique que nous avons fait de la question que cliniquemenl on avait été amené à distinguer et à séparer comme des affections d'ordre diiïcrent Imtes les lésions ostéo-périosliques ou muqueuses des fosses nasales, de quelque origine qu'elles procèdent et à quelque diathèse qu'elles appartiennent d'une part» et, d'autre part, l'ozène vrai, idiopalhique, c'est-à-dire sans lésion ostéapériostique. Un autre caractère que l'absence de toute lésion ulcéreuse va séparer radicalement ces deux catégories d'affection : c'est, pour l'ozène vrai, l'unifornsité et la constance de ses symptômes, uniformité et constance telles que, n'eftt-onpas pour s'éclairer la rhinoscopie et les résultats connus des autopsies, an serait forcé, comme le fait remarquer M. Martin, d'admettre l'existence d'une cause unique donnant un cachet spécial à tous ceux qui sont affligés de cette iafirmité. En effet, dit notre confrère, élimination faite de tous les cas qui lentrent dans la catégorie des ozènes symptomatiques, on est frappé par la grande ressemblance d'âge et de conditions que présentent entre eux tous les sajels atteints de punaisie ; ils atteignent à peine l'âge de la puberté ; les plus ont de huit à dix ans, les plus âgés une vingtaine d'unnées, le plus grand bre a de douze à seize ans. Si Ton interroge les personnes adultes affectées d*osène sur l'époque à laquelle elles font remonter le début de leur affection, répondent à peu près invariablement qu'elle date de leur e.ifance, que c'est
ire l'âge de huit à douze ans qu'on s'en est aperçu.
liens la statistique dressée par M. Martin, le nombre des filles est égal à celui
564 OZÈNE.
des garçons. Ce qui a pu faire croire que Tozène est plus (réquait chei les filles, c'est que dans la pratique hospitalière les jeunes filles se présentent eOeotivementen plus grand nombre aux consultations, ce qui tient probablement, suivant M. Maitin, à ce que raffection reste plus souvent méconnue ou négligée chez les jeunes garçons vivant davantage au grand air ou dans des milieux où les odeurs fétides qu'ils exhalent peuvent se trouver masquées soit par Todenr du tabac, soit par les diverses odeurs professionnelles qui les environnent.
Symptomatologie. Nous aurons peu de chose à ajouter ici tu tableau que nous avons déjà esquissé plus haut des symptômes de Tozène vrai. A la fétidité spéciale, caractéristique, qui s*exhale des fosses nasales, à robstniction incommode, pénible, qu'accusent presque constamment les ozéneux et qui est causée par l'accumulation des mucosités desséchées dans ks parties su()érienres et postérieures des fosses nasales, il faut ajouter encore la gène qui résulte de la présence de concrétions semblables ol^truant quelquefois le pharynx nasal, pesant sur le voile du palais et donnant lieu alors à du nasonnement et forç»t souvent les malades à respirer la bouche ouverte pendant le sommeil. Noos ajouterons aussi les nausées et parfois même les vouissements qui accompagnent les efforts que font les malades, au réveil, pour expulser ces croûtes, enfin b lourdeur de tète, la céphalalgie frontale dont ils se plaignent quelquefois, ainsi qu'un senlin^ent de tristesse, du dégoût pour les aliments et une certaine paresse d'esprit. A part cela, interrogés sur leur état général et leurs antécédents, ces malades ne donnent le plus ordinairement que des renseignements vagues, insignifiants ou négatifs. Les enfants atteints d'ozène, h Paris du moios, n'ont généralement pas l'aspect scrofuleux, ce qui ne veut pas dire assuréoeat que la fcrofule et l'ozène s'excluent, mais tout au moins qu*il n'existe pas on lien nécessaire entre ces deux états. Ils ne présentent pas non plus de symptdoies ni de traces de syphilis. Il arrive même parfois que les enfants ne se plaignent de rien, qu'ils n'ont jamais rien eu du côté du nez, et ils ignoreraient complètement leur état, si !es personnes qui vivent avec eux ou autour d'eux nes'étaieot aperçues qu'ils sentent mauvais.
Si on examine les parents, ascendants directs, collatéraux, qui amènent renfimt, on constate quelquefois chez eux une conformation semblable dn ses et des fosses nasales el Ton apprend d'eux que leur entourage avait remin|Dé qu'ils répandaient aussi autour d'eux une odeur plus ou moins fétide.
Nous avons dit ce que montre dans ces cas l'examen rhinoscopique, ajootons quelques observations faites a ce sujet par M. Martin. Lorsque, dit-il, au moyen d'injections répétées, on est parvenu à débarrasser les fosses nasales des croûtes qu'elles renferment et que la i-hinoscopie a fait reconnaître, croûtes le plus souvent trcs-adhércntcs el qu'on ne peut faire tomber qu'après une assez loogoe imbibition, on est à la fois surpris de la masse énorme de ces concrétions qoi sont entraînées dans le bassin, de leur extrême fétidité et des formes bianes qu'elles affectent parfois. M. Martin dit avoir vu une fois un cube qui constituait le moulage de la partie supérieure du pharynx nasal. Les fosses nasales, une fois déblayées de ces croûtes, n'exhalent plus la moindre odeur. Examinant alors à nouveau avec le rhinoscope, on ne voit plus qu'une surface rouge, lise, bans ulcérations actuelles, ni traces d'ulcérations anciennes, constituée par h muqueuse mise à nu, quelquefois enflammée, mais à un faible degré, flos aucune tendance hypertrophique, plutôt, au contraire, avec l'amincissemeot tignalé par plusieurs auteurs, notamment par Zaufal. On constate en même
OZÈNE. 565
temps une modification de la fosse nasale, qui est devenue un véritable antre par suite de la petitesse extrême du coruet inférieur réduit à un simple bourrelet antëro-postérieur. Le cornet moyen parait aussi quelquefois plus petit qu'à l'ordinaire. M. Calmettes a fait la remarque que du côté de la gor^^e il existe nne pharyngite sèche très-marquée et que la loge amygdalienne est vide, les amygdales étant à l*état rudimentaire ou môme absentes.
Cette circonstance rapprochée de l'arrêt de développement des cellules ethmoïdales, signalé par ZuckerkandI, donne une force nouvelle à la théorie de Tozène par arrêt de développement.
Enfin M. Martin signale parmi les complications ou accidents de Tozène, non pour ravoir observé lui-même, mais pour en avoir lu le signalement dans quelques auteurs, un certain degré de lésion (onclionnelle de l'organe de l'ouïe, de Totite, ainsi qu'il arrive assez généralement d'ailleurs dans les autres maladies du nez et du pharynx. ZaufaI, notamment, dit avoir presque toujours vu (70 Sois sur iOO) les malades atteints d'ozène avoir quelque chose du côté des oreilles. Quant à lui, M. Martin, jamais, dit-il, dans la clinique de M. Calmettes où il a fait ses recherches, il n'a vu un malade atteint d'ozène vrai venir pour son oreille ; il a examiné l'oreille consécutivement, pour avoir une observation complète, et dans quelques cas il a trouvé une lésion, le plus souvent légère. L'épiphora figure aussi parmi les accidents qui accompagnent quelquefois l'ozène.
En somme, mucosités desséchées, croùteuses, fétides, fosses nasales larges, par suite de la petitesse ou de Tabsence du cornet inférieur, telles sont les particularités principales signalées d'un commun accord par les rhinologistes ZaufaI, Michel, Gottstein, Hartmann en Allemagne, et MM. Calmettes et Martin en France, comme constituant les conditions de Taffection en question, l'ozène vrai.
Diagnostic. Le diagnostic, ces données étant acquises, devient d'une simplicitë etd*une facilité extrêmes. 11 suffit que les enfants voisins de la puberté infectent leur entourage de cette exhalaison fétide de la punaisie, dont ils n*ont pas conscience eux-mêmes, mais que l'on reconnaît bien et que Ton din'crcncie aisément des autres fétidités produites par d'autres lésions communes ou spé:ifiques, comme nous Ta vous indiqué plus haut, qu*en outre ces mômes enfants 86 plaignent de ne jamais moucher liquide et d expulser de temps en temps, avec de grands efforts, des croûtes ou des bouchons muqueux verdâtres, pour donner déjk une première présomption approchant de la certitude. Le diagnostic sera fait et achevé, si l'exploration fait constater Tétat des fosses nasaks qui vient d'être décrit ci-dessus. Celte exploration se fait de deux manières : à l'aide d*un stylet qui permet de constater l'amincissement de la muqueuse, en faisant sentir l'os immédiatement au-dessous, sans T intermédiaire du coussin sous-muqueux qui le recouvre ordinairement, et par l'examen rhinoscopique au moyen d'un spéculum spécial, tel que celui de M. Duplay, par exemple. Nous n'avons pas à nous arrêter ici sur ces procédés d'exploration qui sont décrils dans tous leurs détails à l'article Rhi.noscoi'IE de notre collaborateur M. Krishaber.
Pronostic. Le pronostic pour les cas d'ozène symplomatiquc est naturellement subordonné à la nature, au degré et à l'étal de la lésion dont il dépend. Nous n'avons pas h nous y arrêter ici. Quant à l'ozène vrai, idiopathique, son pronostic était considéré jusqu'à présent comme assez sérieux, l'aflcction étant sinon incurable, du moins difficilement curable, et la guérison, dans le petit nombre de cas où elle était obtenue, ne l'étant qu'au prix d'une très-grande per-
IfiGG
OZÈNE.
sévënnce. Ce qui rallénunil, il esl vrai, est cctle partirularilé sigiialA: pir Trousseau et que nous avons eu l'occasion de constater nous-mênie, que l'oi^nc, qui ne se rnsnifesle généialeinent qu'a[>i'Ës la première enfance, aci|uin1 a plus grande intensité vers l'âge de la (luberl^, se mitintienl pendant l'igt adulte, pour décroître cl quelqiierois disparaître complètement h un Jge pias avancé. Mais on voit par là à qnel terme éloigné il fout ajourner Teipoir .le wir se réaliser ce bénéfice de l'évolution naturelle de la maladie. Le pronostic dmem beaucoup moins grave depuis que l'on connaît mieux les conditions analon]i.|i]ei de sa production, non qu'on puisse en espérer jamais une guérison complète A radicale, ces conditions dles-roémes étant permanentes, mais pnrce qu'où peul du moins aisément masquer et faii-e même disparaître l'infirmilâ si pénible qui en est la conséquence, par les soins et la persévérance avec lesquels on ïp)rilijuera le Iraîlement que nous allons Taire connaître. Ce traitement n'esta réalité qu'un palliatif, mais une palliution peut ici passer pour une uuériKM.
Traitement. Avant d'exposer le traitement approprié à l'oiènc vni, qu'on le pratique maintenant, nous cropns, autant dans l'intérêt de l'Ii que pour répondre aux indications des denx grandes divisions que nous dû établir entre l'ozcne svmptomalique et l'ozène vrai, devoir exposer ic mairement les nombreuses médications cl les nombreux moyens ijui oiitf proposés ou mis en œuvre depuis les temps les plus reculés de l'hi médicale.
Le traitement le idusanclcnnemeni connu de l'ozène est celui oui est maudr pnrCcIsc. 11 consiste : 1" pour les ulcér.itions simples des^narii Ibire d'abord des Tnmigations d'eau cliuude, soit i l'aide d'une énonge imbiU? placée 80US lu nez ou d'un vase à ouverture ctroile, pais i enduire l«i uofralions de la muqueuse nasale d'un liniment préparé avec les scona J> plomb, laci'ruscoula lilburge d'argent Irilurceset additionni-cs altematifeflMal de viu et d'builc de myrte jusi|u'i consistance de miel; S* pour l'oiine, «M qu'il désignait sous ce nom, c'esl-à'dire pour les ulcères sîtui^ dans le voîiin^ des os du nez, couverts de ermites ou d'une odeur feiidc, tenir la tête ntée, k frictionner fortement et longtemps, puis diriger sur ce point d'abondants ilTusions d'eau cbaude, prendre peu d'aliment, éviter ceux qui sont Icrcs ou Inf nourrissants; cnfm, â l'aide d'une sonde enveloppée de laine, porter djoi la narines mômes du miel mêlé d'un peu de térébenlliine, pendant que ronpfc scrit au malade de fuire de l'orles aspii allons nasales, jusqu'à ce que legalttlt ces substances arrive dans la boucbe. Par ce moyen, dit-il, tes croiltes se cbent et l'on parvient fi les expulser en provoquant des éteniumenls. Qi ulcères sont détergés, on fait respirer de la vapeur d'eau chaude et l'on ensuite ou do lycéum dissous dans du vin, ou de marc d'huile, ou de vei]! de menthe, ou de suc demnrrube, ou de vitriol blanchi au ieu, puis triluri>i de scillc dont on écrase la partie intérieure. A ces divers remèdes on ajoutai du miel, mais en petite quantité, à moins qu'on n'emploie le vitriol, qui eociiet une dose assez forte |>our former une mixture liquide, ou la scille, ijui a absorbe encore davantage. On panse ensuite les ulcères au moyen de la stak enveloppée d'une laîuc qu'on a trempée dans cette préparation : aprôs quoi I'm introduit dans les narines une tente roulée, de forme oblongue, laquelle it chargée du même médicament et doit être assujettie par son extrémilr inffrieuii à l'aide d'un léger bandage. (Ju renouvelle le pansement deux fois par jours 1 pritileiiiçs, et Uois tow en été et pendant l'automne. -
OZÈNE. 567
Le Uniment soiTantéttit habituellement mis en usage parGalien :
grammes.
y Utharge blanche (spnmt argenté) 12
Cémsa . 8
Éeorce de grenade ' ^ o
Ahm acissila * »* *
Rédoire ces substanees en pondre Une ; mêler avec soin dans un mortier, en ajoutant : Yhi aromatique 100 grammes.
Quand la mélange aura la consistance du »trigmentum, ajouter :
Huile de myrrhe 120 grammes.
Ramener à la consistance du miel et consenrer pour l'usage.
Ce médicament était introduit dans les fosses nasales à Taide d*un linge roulé m de la sonde euTeloppée à la manière de Celse.
Rhazès (de fœtore narium) a le premier conseillé contre cet état les insufflations dans les narines, faites avec l'arsenic rouge. Il mélangeait ensemble et en petite quantité : l'arsenic rouge (sulfure rouge ou réalgar) ; le colcothar (oxyde twige de fer). Puis il mêlait à des poudres odoriférantes, de myrrhe, d*amomum, et faisait à Taide de ce mélange pulvérulent des insufflations dans la narine ■dade.
Rufus combattait cette maladie, soit en instillant dans les fosses nasales le suc le meniha$ire (menthe à feuille ronde), soit en le faisant aspirer, après l'avoir faeéchë et réduit en poudre.
Avicenne a ajouté à ces médicaments topiques la céruse et la litbarge, qu'il pqdojait sous forme d*emplâtre ; il met en outre en usage de nouveaux moyens» Ms que l'ouverture de la veine à l'extrémité du nez et les purgatifs.
Fernel a formulé un traitement beaucoup plus complet. Il employait Feau ^himineuse et l'eau de sublimé pour déterger l'ulcère. L'ulcère étant bien dAergé, il le faisait saupoudrer avec de la poudre de rose rouge desséchée, ou lien avec de la poudre de pomphalix et de corail ; puis il faisait faire les fumi* fttions suivantes :
if. Orpiment 1 gramme.
Cinabre 1 —
Ajouter :
Myrrhe!
Essence
Mastic
Former, à l'aide de la térébenthine, un trochisquc pour la fumigation; on |hce le trochisque sur un fer rouge ou des charbons ardents, et le malade aspire fK les narines la fumée qu'on a soin d'y diriger au moyen d'un bec d'entonnoir.
n faisait usage, en outre, de l'errhiu suivant :
grammes.
^ Musc 0,30
Cinabre 0,10
Girofle «
Noix muscade 8
Renfermer dans un noiiet et faire uiacérer daus :
:{: Eau de sauge 1000 grammes.
Eau de rose 180 —
Des saignées et des purgatifs. Tels étaient les moyens qui constituaient l'enlemble du traitement de Fernel.
Fabrice d'Aquapendente a substitué à l'usage du cautère aclueV (\!i'\Vx^'(^^V'
5U8 OZÈNE.
sait la dessiccation de l'ulcère à Taide de réchauffement par le cautère objectif. Il proposait d'introduire une canule fermée dans la narine et d*y pousser, i plusieurs reprises et pendant très-peu de temps chaque fois» un fer incandescent» de manière à élever la température de la paroi nasale sans causer de douleur.
Fonseca conseillait Tusage d*un masticatoire ou d*un gargarisme irritant, composés comme il suit :
XASTICATOIKE.
gramme*.
:^ Sucre blanc 30
Mastic 15
Poivre long 4
Pj-rèllire l ^ .
Slaphisaigre i ^*
Réduire ces snlistanccs en poudre, puis en faire de petites boules ft gerd«r dans la boache l'espace d'une demi-beuro le malin à jeun.
G\RC\RISME.
grammet.
y Hydromel 50
Poirre 8
Môler — Faire chanfrer. — Se gargari>er 3 ou 4 fois dans la matinée.
Foreslus employait les moyens préconisés par Galicn, auxquels il ajoutait les vcnlouses scarifiées.
Scultet a obtenu la cicatrisation d*un ulcère de la cloison au moyen du cautère actuel introduit à Taide d'une canule.
La cautérisation à Tiiided^un petit pinceau imbibé d*eau forte un peu éteudoe de 111 a été mise en usage par Plater, au rapport de Bonet. Il a employé aussi, dans le même but, Teau dans laquelle on a fait éteindre de la chaux.
Lazare Rivière, à l'exemple de Femel, conseillait le sublimé et un ongnfot siccatif très-composé, dont il a donné la formule et dans lequel entraient Técoroe do ::renn(le et les fleurs de «grenadier, la mvrrhe, Talun, le laudanum, l'aloès,
rc'orco d'encens, elc, etc.
On attribue à S[i<>tis\vood Tidée pi*einière d'administrer les préparations niircurielles à Tintéiicur.
tjidn riiiuiei mark prescrit méthodiquement les injections de deuto-chlorore de mercure el les cautérisations avec le nitrate d'argent, dont l'usage, préconisé depuis par Ti*oiissseau et Cazenave, s'est propagé jusqu'à ces derniers temps et onserve encore ses indications spéciales pour les casd'ozène syphilitique notamment.
Coalormément aux divisions établies d'après l'état pathologique constitutioDod ou diathésique auquel il rapporie les diverses espèces d'ozène, Tozène catarrlul, scorbutique, sci\)fuleux, arthritique, véuérien, carcinomateux. lépreux, elCf J. Frank formule les traitements ^^uivants : Pour l'ozène catiirhal, s'il s'agit de catarrhe simple, il recommauvie l'abstention de tout remède et surtout de toate irritation des fosses nasales et de s'en tenir au relèvement des forces à l'aided'in réiîinie convenable, aux soins de propreté et à Téloignement de tout ce qui pourrait concourir à irriter l'orsrine alTecté, poussières, fum^, insectes, etc., et au maintien d'tme température un peu chaude et égale aatour du malade, et entin inspiration pr les narines de décoctions émollientes, additionnées, s'il y t blennorrhtv nasale, d'une on deux cuillerées à café de solution de pierre dinne; enfin toucher les ulcères des fosses nasales, quand il y en a, arec un pinœia îml^ibé de laudanum de Svdenham.
ÛZENE. 569
Quant kux oiiaes soorlNitiques, scrofuleux, syphilitique, lépreux, etc., etc., c*est eu s'adressant à ces divers états morbides dlathésiques que J. Frank propose de remplir les indications.
En 1854, H. Maisonneuvedaus une note présentée à rAcadémie de médecine t; révélait la connaissance d*un fait physiologique qui a presque fait révolution dans \. k traitement des maladies du nez. Tous les physiologistes savaient que dans r facte de la déglutition le pharynx et le voile du palais combinent leur action Le de manière à clore Touverture de communication de Tarrière-gorge avec les f, tasses nasales et à empêcher le lx)l alimentaire de reQuer par les narines ; mais '^ fersonne jusqu'alors n*avait encore signalé la production de ce même phénomène i sous l'influence des liquides injectés par les fosses nasales et il avait remarqué ^ qoe les injections violemment poussées dans une narine ressortent par Tautre ssins pénétrer dans le gosier. Des expériences multipliées lui ayant démontré ^ €l*uoe manière positive et constante que c'est ainsi que les choses se passent, l en effet, contrairement à la croyance générale où Ton était jusque-là que tout ^ liquide injecté dans une narine devait nécessairement pénétrer dans la gorge, !' H. Maisonneuve a eu la pensée que Ton pourrait utiliser la connaissance de «e fait et qu'on pourrait ainsi, en poussant avec une certaine énergie un couxmt d*eau dans les fosses nasales, en obtenir en quelque sorte le lavage à fond A les débarrasser des mucosités et des croûtes qui y sont accumulées chez les ^uéneux. Il suffisait, pour cela, d'introduire dans une des narines la canule d'une forte seringue et d'en pousser énergiquement le piston. L'expérience a démontré en eft'et qu'il s'établit ainsi entre les deux narines un courant qui entraîne avec lui foutes les matières qui y étaient contenues et que sous l'influence de ce moyeu l'odeur repoussante de la punaisie est prompfement dissqiée et les conditions morbides de la muqueuse assez puissamment modifiées ^Mor donner l'espoir d'une guérison définitive. Nous verrons plus loin le parti «jue l'on tire aujourd'hui effeclivement de l'idée de M. Maisonneuve. r- Poursuivons notre historique des divers modes de traitement préconisés contre Ë- l''oiène. Nous n'en avons pas fini encore avec i'ënuméralion des divers moyens ^. aiMdificateurs généraux ou locaux, chimiques ou dynamiques proposés et succesfllBvement préconisés contre cette affection. Nous trouvons encore à signaler ^-.^^toune ayant donné des succès partiels diverses modifications u la méthode caus- ^ ^Sfue de Cazenuve, par exemple, l'emploi par M. le professeur Borléc [de Liège) injections alternes de nitrate d'argent et de teinture d'iode ; la substitution, ile par M. Gallizioli, au crayon de nitrate d'argent souvent difficile à porter ^mt les points voulus et aux injections caustiques dont il est impossible de - Similer à volonté l'action, d'une pommade au nitrate d'argent (40 centigrammes "*' nitrate d'argent fondu pour 30 grammes d'axonge) pouvant être facilement en rapport avec les parties malades, au moyen d'une tente de charpie, attapar le milieu avec un long fil destiné à la fixer et à l'empêcher de tomber le pliarynx; dans l'ordre des agents antiseptiques, la solution de chlorate potasse en injections (4 grammes dans V20 grammes d'eau) par M. le docteur ; le bois de campêche en solution aqueuse, appliquée topiquement, usité Amérique; le permanganate de potasse en injections par M. le docteur avenin, par Demarquay, par Plôss (de Leipzig), par W. llofmann (de Lon- ), Girdwood, Réclam, etc. ; le chlorate de potasse par Gambarini ; l'acide ^^■■jDiique dans la proportion de 50 centigrammes pour 500 grammes de solution gomme arabique par Cozzolino ; un mélange pulvérulent de ca\ou\e.V> && ^\iàs^
de marjolaine, de racine d*aserum et de sucre (1*',90 de chaqae à preodre en 4 prises dans la journée) par Stedanus (de Dresde) ; les solutioDS de thymol (25 centigrammes dans 350 grammes d*eau avec un peu de glycérine et d'alcool rectifié, en douches nasales et en gsrgansmes) ; l*acide salicylique en solution, dans la proportion de 1 pour 500, pour gargarisme et douches rétronasales, ou le borax associé à Tacide sulfurique ou au chlorure d*ainmoniam,par Lennox-Brown.
Le chloral devait naturellement être essayé, aussi IVt-îl été, non sans quelques avantages, paralt-il. M. le docteur Créquy, dans une communication faite «a 1873 à la Société de thérapeutique, signalait un fait où les injections de chloral avaient amené une guérison prompte de Tozène. Il s'agissait d*une jeune fille de treiie ans, qui depuis Tâge de trois ans était atteinte d'un ozèneque l'on avait traité jusqu*!lors sans succès par les injections de tannin, de phénol, d'eau d'Engfaîen, de sublimé, de coaltar, etc. Il lui avait pratiqué pendant trois mois, tous les jours, des injections nasales avec une cuillerée à bouche par verre d'eau de la solution suivante : chloral, 2 grammes, eau distillée, 250 grammes. Pour pratiquer ces injections, M. Créquy se sert d'un tube de caoutchouc de la longueur de 1 mètre dont une extrémité plonge dans le verre contenant le mélange à injecter, tandis que l'autre extrémité est introduite dans l'une des fosses nasales; en tenant le verre élevé, de manière que le tube fasse siphon, le liquide pénètre par une narine pour sortir par l'autre. M. Dujardin-Beaumetz a obtenu aussi de trèsbons résultats de l'usage des solutions chloralées, notamment chez une jeaœ fille atteinte d'un ozène qui durait depuis plusieurs années. GubleretMarc Séeoot aussi observé de bons effets de ce moyen dans le traitement de cette aflectioD.
Delioux, dans le même but, a proposé d'introduire dans les fosses nasales, à l'aide d'un irrigateur, une solution d'acide phénique dans de l'eau de goudron, dans la proportion de 1 gramme d'acide phénique pour 1000 grammes d'eau de goudron.
Pour bien traiter Tozène, disait Trousseau, il importe d'en préciser l'origine et la nature avec exactitude... Un ozène qui survient avec les règles pour s'en aller avec elles, ou qui, chez l'tiomme, ne se produit que de temps en temps, dépend ordinairement d'une sécrétion vicieuse de la muqueuse olfactive ayant elle-même pour cause une affection herpétique. Il fallait guérir l'eczéma pour guérir Tozène.
C'est par les topiques mercuriels qu'il attaquait l'eczéma chronique des narines. 11 préférait au sublimé le précipité blanc ou protochlorure de mercure obtenu par précipitation. Mélangé avec du sucre porphyrisé dans la proportion de i gramme pour 50 grammes, il faisait inspirer ce mélange plusieurs fois par jour en ayant soin de surveiller TcfTet produit pour en diminuer ou en augmenter la dose suivant la nécessité.
Trousseau recommandait de varier la médication tous les quinze jours. Au pré* cipité blanc il substituait le précipité rouge ou le calomel en adoptant les fo^ mules suivantes :
grammes.
:^ Bioxydede mercure (précipité rouge) 0,50
Sucre pu iTérisé. • 30
OU autre :
grtmmes.
^ Protochlorure de mercure à la vapeur 0,10
Sucre • 3
OZENE. 571
Il pnqN»ait de recourir ensuite aux insufflations d*oxyde de zinc et de sucre mélangés dans la proportion de 1 gramme pour 50, puis de passer aux solutions de sublimé corrosif, de nitrate d'argent, de sulfate de cuivre, etc. En agissant ainsi on guérira, ajoulait-il, sûrement cet ozène. Mais pour que ce résultat soit durable il faudra longtemps encore reprendre le traitement pendant quelques semaines deux ou trois fois chaque année.
Après avoir formulé les traitements généraux indiqués par les états diathé- «que, syphilitique,! scrofuleux, herpétique, il conseillait soit comme adjuvant ;■ de ces traitements généraux, soit comme traitement unique, lorsque Taflec- I lion était purement locale, les moyens topiques. C*était sur ces moyens qu*il I comptait le plus comme s*adressant directement à la membrane muqueuse V affectée. 11 usait d'abord de mélanges pulvérulents qu'il faisait prendre à la F maniàre du tabac à priser, et d'injections de diverse nature.. Voici les formules de ces poudres:
{grammes.
r y Sous-niirate de bIsmuUi ' « «t*
P Talc de Venise • i aa 15
•> y Chlorate de potasse 2
f. Sucre porphyrisé 1
y Précipité blanc 0,25
Sucre porphjris 13
y Précipité rouge 0,2S>
Sucre 15
U recommandait comme précaution capitale, sans laquelle toute médication
%«piqne deviendrait inutile, de nettoyer, au préalable, les fosses nasales à l'aide
^reniflements d'eau tiède ou froide, pour enlever les croûtes et les mucosités qui
bpissent la pituitaire. Il recommandait aussi, expressément, aux praticiens de
me tenir en garde contre l'action énergiquement irritante des précipités mercu-
^ ^ttîeb, et de ne les prescrire qu'en très-petit nombre d'inspirations chaque jour,
IX ou trois fois au plus, et pendant un petit nombre de jours seulement.
itau mélange de bismuth et de talc, étant sans aucun danger, on en peut
largement.
J.-J. Gazenave (de Bordeaux), qui s'est beaucoup occupé de cette question et
^i^pi a beaucoup écrit sur l'ozène qu'il considérait comme un coryza chronique
mx, le traitait par les cautérisations avec le nitrate d'argent. Il avait
pné à cet effet plusieurs modèles de porte-caustiques disposés de manière à
ivoir porter le nitrate d'argent fondu contenu dans la cuvette de l'instrument
les points ulcérés. Lorsque ces points étaient iriaccessibles, il avait recours à
solution de nitrate d'argent, dont la proportion variait de 20 centigrammes
i grammes par 30 grammes d*eau.
Au point de vue des indications thérapeutiques M. Cousin divise lozène en sec et ozène humide, ozène ulcéreux et ozène non ulcéreux. Voici sur sUes bases il fonde le traitement qu'il distingue en local et général : Le trai- ^<ament local consiste en injections ou douches nasales, en fumigations, prises de P^Mdre et applications de topiques divers. Le procédé d'injection auquel il donne ^'■^ préférence est le procédé de Weber, très connu aujourd'hui sous le nom de ^^^e naso-pharyngienne. Les douches sont simplement détersives et désin- ^^îUntes ou médicamenteuses. Il commence par une douche détersive à l'eau **^e légèrement salée, additionnée d'un quart de glycérine at\j\ïv\se. S\ V^^^vtt
573 OZÈNE.
résiste à cette première douche, il a recours aux liquides désinfiBclants suTants :
¥ Permanganate de potasse 10
Eau 100
Deux cuillerées h bouche pour 1 litre d'eau tiède.
OU
OU
:^ Acide phéniqoe 1
Eau iiède 1 litre.
:^ Liqueur de Labarraqne 5 à 10 gr.
Eau 1 litre.
Les douches médicamenteuses se composent d*astringents végétaux : décoctions de feuilles de noyer, de ratanhia, de rosesde Provins, de quinquina, de campèche; d'astringents minéraux, alun, sulfate de zinc, sulfate de cuivre, sous-acétate de plomb, d*azotate d'argent, de sublimé, de chlorate de potasse ; d*eaux minérales, eaux sulfureuses naturelles, tièdes en vases clos (Enghien, Eaux-Bonnes). Fumigations humides ou sèches ; poudre à priser. Le tout secondé par un traitement général approprié à Tétat diathésique du sujet.
M. William Fugnithomton, chirurgien du Dispensaire général de Harjldbooe, rappoKe 6 cas d*ozèiic, dont 5 paraissaient se rapporter au type classique, tnité par les pulvérisations nasales. 11 a employé le liquide suivant :
grammes.
y Carbonate de soude l-«eA
borate de soude | ** ^»*'
Liqueur de LabarraqMe 1,80
Glycérine • 90
Eau simple 210
Dans le 6* cas, qui était d*origine syphilitique, les pulvérisations locales ont paru favoriser raclion de la médication générale. Dans tous les cas le résultat a été satisfaisant.
M. Brame, dans une communication faite à TAcadémie des sciences, dans le mois d*avril 1 87 7 , a rapporté 3 cas d*ozène qui se seraient terminés par la guénson. Dans le 1*'' cas il y avait une légère carie de Tos propre du nez; dans les 2 autres, Tozène était constitué par des ulcères de la pituitaire. La syphilis n*était pour rien dans aucun de ces 3 cas.
Le P^ acte traité par le sulfocyanureferrique dissous dans Talcool à 96 degrés porté au moyen d*unc baguette de verre dans la fosse nasale, puis immédiatement après du nitrate argentique naissant au i/50«; pour éviter tonte inîtâtion, on y a ajouté du tannin en solution alcoolique ou de Tiodure plombique. Le traitement général a consisté en dragées d*iodure ferreux, vin de gentiane, bière; il a duré un mois en tout. Le 2« cas a été traité par les ventouses scariliées sur le col; solution alcoolique de tannin, suivie de lapplication de nitrate argenti({ue dissous dans Teau. La guérison a eu lieu en quinze jours. Pour le 5' cas remontant à quatre années il a été institué un traitement général: pastilles de phosphate ieneux, vin de quinquina, bière, viande crue; et un traitement loc<il : scarifications derrière les oreilles répétées 3 fois; chlorure ferrique, dissous dans lalcool à 96 degrés, phénate sodique, nitrate argentique dissous dans Teau, tannin dissous dans Talcool; alterné avec iodure argentique, avec phéiute sodique et tannin ; tantôt chlorure ferrique et tannin; vers h fia tannin seul ou iodé, ou chlorure ferrique seul.
OZÈNE. 575
Nous croyons devoir faire des réserves sur les effets de cette médication siu* gulièrement mélangée.
Nous terminerons cette longue série de traitements par l'indication du traite* ment chirurgical proposé et mis à exécution par M. Rouge (de Lausanne), qui en t fait le sujet d*une communication au Congrès de Genève, en 1877. Se fondant sur ce que Tozène résulte d'une suppuration des fosses nasales ou de leurs annexes, sinus frontaux, cellules ethmoïdales, etc., qu'il a pour point de départ une altération du squelette des fosses nasales, et que ses causes sont des corps étrangers, fracture des os du nez, syphilis, etc., M. Rouge a institué le traitement local suivant : Lavage des fosses nasales au moyen de douches et d'irrigations souvent répétées; insufflation de poudres aslringenles, caustiques ou désinfectantes ; cautérisations avec les caustiques chimiques, solides, liquides, pulvérulents ; emploi du galvano-cautère ; ruginations des ulcérations, extraction des séquestres, drainage des sinus. Pour faciliter ces diverses manœuvres, il pratiquait préalablement une opération qui consistait à détacher le nez par le procédé sous-labial et à le renverser, de manièi*e à laisser à découvert tout l'intérieur des fosses nasales.
L'opération de Rouge a été pratiquée et adoptée, croyons-nous, par HM. Trélatt Ollier, Yemeuil. Elle a évidemment d'autres indications en vue desquelles elle peut être plus utile que dans l'ozène.
Aiîrivons maintenant au traitement de l'ozène vrai, idiopathique.
Le traitement de lozène vrai, fondé sur les données étiologiques et anatomiques que nous avons exposées et sur la théorie qui en a été déduite par Zaufal et ses disciples, bien qu'il ne soit en réalité que palliatif, a le double mérite d'une grande simplicité, si on le compare surtout aux traitements si multipliés, si compliqués que nous venons d'exposer, et d'une vérification expérimentale de la théorie. Pour ne rien omettre des détails essentiels qui en assurent Tefficacité, nous transcrivons ici le chapitre de la thèse de M. Martin qui y a irait.
Le traitement consiste naturellement d'abord à enlever les mucosités, au moyen d'irrigations. On a eu recours à cet effet à plusieurs instruments et à plusieurs liquides variés. Le choix des instruments et des liquides a moins d'importance en lui-môme que n'en ont les préceptes généraux formulés par H. Martin et dont on ne saurait se départir sous peine de voir survenir des accidents plus ou moins graves.
Nous n'avons pas besoin de rappeler sur quel principe bien connu maintenant repose l'usage des appareils d'irrigation, ce principe que le liquide pénétrant dans une fosse nasale et arrivant dans le pharynx provoque une élévation du ▼oiie du palais qui sépare le pharynx nasal du pharynx buccal et oblige ce liquide à passer par l'autre narine. On sait l'application heureuse que Weber a iaite de ce principe que nous avons déjà vu formuler par M. Maisonneuve. Le procédé de Weber, qui est assez connu pour que nous n'ayons pas non plus besoin de le décrire ici, présentait pour les applications dont il s'agit ici quelques inconscients, entre autres la continuité du jet et la difiiculté d en graduer à volonté la pression, ce qui parait avoir été cause de plusieurs accidents, notamment la pénétration de l'eau dans la caisse du tympan, d'où des otites suppurées avec perforation, signalées par un médecin de New- York. Voici les précautions principales formulées par M.Martin d'après le Traité d'otologie de Uerbautschitsch» pour prévenir la possibilité de ces accidents.