‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. DechambreChapitre 45 sur 72 · IMO · texte numérisé non relu

IMO

IMl.

JftDYi^r.

Pérrier

■art

Avril

■ai

Juin

juijut

kaùk

SaDiembre

Octobre

RiivMnbre

IMeMnbre

On voit que dans l'hiver chaud et humide de 1876-1877, pendant lequel ont dominé les venU d'ouest, la proportion d'ozone est considérable, tandis que pendant l'Iiiver froid de 1878-1879 et surtout le grand hiver de 1879-1880, pendant lesquels ont dominé les vents de nord-est, la quantité d'ozone est

sgo «ZONE (MÉTÉU1.U0GIE},

faible; enfin l'hiver de 1880-1881 a 6lé remarquable par as «ilrémcmeol doui el pluvieui sui\i d'un mois de jarnier froid cl sec; iicaDmoins la proporlion d'i^zone a élé faible en décembre, est restée fjîble en janvier et s'est leleféc en février, qui a él6 chaud et humide dans sa pranïèn <]uinxuine. En comparant entre elles les séries d'années cî-dessus, on zrritnnlï des cun^équences opposées ait point de vue des moyennes d'oxone dVié A d'hiver. La condition essentielle, comme le fait observer Marie, c'est la prMn- Diînauce du courant équatorial avec ses bourrasijucs et ses orages, ou celle in conranl polaire avec ses temps habituellement si-cs. Ce|iendanl comment <« failli que ta proportion d'oione a été plus faible en décembre 1 880, ob le t^myi a été ai doux et si humide, i{u'cn décembre 1 879, où le froid a été si ngooreui! Il est évident que la science n*a pas encore dit son dernier mot sur cette i|iiation difBcile.

Nous sommes amené ici à étudier X'influenee des ageal* atmouphériqiKt sur les Turialions del'ozonomMre. Nous ne pouvons mieux faire queili: \neain ici pour guide l'excellenle thèse de Marié.

On n'a pu encore trouver de relation directe entre les indications duturomètre et du thormomÈlre d'une part et celles de l'ozononiHre de l'autte. Le. variations de l'Iiygiomètre au contraire paraissent marcber dans le même XDi que celles de l'onone : mais on peut attribuer ce phénomène nu procédé lun pour constater ces dernières. Leurs véritables causes résident dans l'antagonin» des forces productives et des forces destructives de l'ozoue : les premiim f rattachant aux mouvements électriques de l'atmosphère ont un certain cirwSfn do généralité, les secondes, dues h la présence accidentelle dans Tair lie matières oxydables, ont un caniclère plus local.

Les données de rélectroraètre et de l'ozonomètre présenteul une cuncorduwt si exacte que llouzeau a pu avancer, en 1872, qne les papiers iodurés [wu^ raient bien n'être que des éleclromèlres chimiques. Eu se reportant à ce ifâ* élé dit de la genèse de l'ozone, cette concordance ne présente rien qui puiM nous surprendre. Divers observateurs, entre autres le médecin iâludiif lljaltalin, ont signalé une au^'menLaLÎon de l'ozone almosphérî>]ue podant b aurores boréales, ce qui vient encore corroborer les faits précédents.

11 est évident que les mouvements électriques de l'atnmsphère défwodrtiKa partie de la vapeur d'eau qu'elle oontienl, mais ïls dépendent surtout del'W génial du temps et du mode de circulation de l'air i un jour donné. On dfôK dès lors l'acLion des bourra^iqucs à ce point de vue et à celui de rotomuA*. Voici comment Uarié-Itavy a formulé, eu 1865, lu loi suivant laquelle \'t0Stmètre est influencé par les bourrasques en France :

< Quand le centic d'une buurmsque travci-se la Fr<ince, toutes les fliliM situées au sud de la trajectoire ont beaucoup d'ozone, celles qui sont aa luoi en ont peu ou point i>.

Marié pense que la différence si marquée des moyi^nues d'ozone oLltnott été et en liiver peut trouver aussi son explication ici. En effet, en été, les vemeots tournants moins forts aboi-danl l'Europe plus au sud, nous iwiti vons, par suite, plus fréquemment soumis i l'influence des courants de U noi'd Loi-s(]u'uue bouirasque s'approche, une coloration apparaît dite dangereuse du mouvement tournant, et elle augmente à mesure , centre de la bouriascfue se rapproche. Le maxlnmm de coloration awrafOti au minimum de distance de ce centre. La coloraijun fttciut ainsi son

0Z0I9E (météorologie).* 591

dans là portion du mouveinent tournant oîi le vent vient de la mer ; mais c*est dans cette portion qne se produisent aussi les orages ; c'est précisément la zone dite dangereuse de la bourrasque.

D*aprfes ce qui précède, on conçoit que Marié-Davy ait pu dire, en 1876, que les indications des papiers ozonoscopiques ont une valeur très-réelle au point de vue de la météorologie et de la prévision du temps. Quand une bourrasque vient du large, les boussoles commencent à s*agiter plusieurs jours avant rarrivée de Ja tourmente; les papici*s parlent plus tard, mais leurs indications ont, en France, du moins, presque la valeur de celles du baromètre.

Lé direction des vents exerce de son côté une influence très-marquée sur les fnantités d*ozone dosé. Toutes les fois qu*il tourne à l'ouest et au sud, l'ozone «it abondant ; dès qu*il tourne au nord, l'ozone disparaît plus ou moins entière- ■mt. En général, du nord-ouest à l'est-sud-est, en passant par le nord, les fcnts ne donnent qu'une très-petite quantité d'ozone ; au contraire les vents qui toofllent du sud sont très-riches en ozone, surtout ceux qui sont compris entre nid et ouest. Ces résultats ne sont pas en désaccord avec la loi générale de ■arié-Bavy signalée plus haut.

Quant à Taugmentation d'ozone par les vents violents, elle s'explique par ce idt qu'une plus grande quantité d*air arrive au contact de l'ozonomètre dans ■n temps donné; cette cause d'erreur est évitée par l'emploi du procédé de dosage usité à Montsouris.

En étudiant les sources de l'ozone atmosphérique, nous avons déjà constaté

ipie la pn^ortion de ce corps augmente par les temps humides, pluvieux et

angenx : or c'est généralement par les vents du sud et d'ouest que l'état hygro-

mttrîqae augmente ; nous ne reviendrons pas ici sur ce sujet, d'autant plus

^*nn peu plus haut nous avons réduit à sa juste valeur ce parallélisme des

aviations hygrométriques et ozonométriques. Du reste, ce fait que par les forts

llonillards l'état ozonométrique se réduit généralement à zéro d'après la

phpart des observateurs et en paiticulier Kâmtz (Saussure a dit le contraire) '

Art pas fait pour jeter beaucoup de clarté sur la question.

Reste à ennsager Vinfluence des localités. Nous avons déjà vu que dans les

humides l'ozone existe en fortes proportions : tels sont le voisinage de la

et des lacs, les forôts, les montagnes humides, et, comme l'a fait voir

Oirap-Besanez, l'air des cascades et des bâtiments de graduation. On a constaté

cneulreque dans les forêts l'ozone est plus abondant au-dessus du sommet des

ariires qu'au-dessous ; cela tient à ce que les branches couvertes de feuilles

Éhfient comme un toit protecteur, une sorte de filtre, qui arrête les particules

deatruetrices de l'ozone qui flottent dans les couches inférieures.

Héanmoins la question de savoir si la proportion d'ozone augmente avec -iUtîtude n*est pas encore bien résolue. Un grand nombre d'auteurs l'afOrment rt invoquent à l'appui de leur thèse l'accroissement de la quantité d*électricité liaiesure qu'on s'élève; les autres expliqueqt la moindre proportion d'ozone à JÉsniface du sol par les matières organiques qui le recouvrent ou les émanations ^â s'en dégagent.

Cette dernière raison paraît très-plausible : en effet, dans les endroits où l'air 4ift confiné et souillé par les émanations, comme les chambres, les salles d'Iiô- 'fitsif les fosses d'aisances, les éciuries, les égouts, et même les rues des grandes =dhs9 on trouve rarement des traces d*ozone, même en employant les réactifs ks plus sensibles.

593 OZONE (i'himologie).

En génëral, on |ieiit dire que la proportion d'ozone usl plus abondanLe m les hauteurs que dans les volées, h la campagne que dans les villes.

Dès 18C5, Beigrand avait institué à Paris, sur l'instigation de Dfrîgn;, vingt Stations ozonuscopiques ; en consultant les résultais obtenus, on mlSnyfù des diil'érences que présentent les divers quartiers au point de vue de la ricbcMe en ozone. Ainsi par les vents du Nord on observe licancoup moins d'oione i Monlsouris, qui est plact' à t'citn^mité méridionale de la ville, que dsa» lei stations du nordi c'est l'inverse pour les vents du sud. Cela prouve que l'uren passant sur la grande ville se dépouille d'une partie de son ozone.

Le docteur de Pietra-Sanla institua, en i^Ti, des esipéiiences comparatives j Paris, ï Versailles et aux Eaux-Bonnes; il trouva que la courbe de I'oimk obtenue à Versailles est intermédiaire entre celle de l'aris et des Eanx-BonnK qui est la plus élevée. Ces observations et un grand nombre d'autres dérnootreiit d'une manière non équivoque que la proportion d'ozone est plus grande iU campague que dans les villes.

Kous avons dit plus haut que l'ozone manque dans les salles d'hdpitil; il manque même dans les pièces de nos appartements les mieux aérés. Sou reviendrons sur cette question en discutant l'importance de l'ozone su pnnt de vue de l'hfgiènc.

g III. Pbyslologjic. On connaît les proprie'tés oxjdantes énergiques dt

l'eau oxygénée, de la térébenthine ou de l'élber ozonisés par leur eipoMLioai l'air, etc. Or, il suffit d'ajouter h ces corps des globules rouges du sang pmr que (63 propriéti'S oitydantes disparaissent, les globules dclcrminaol led^nt des atonies d'oxygène Taiblemenl combinés qu'ils renferment. Aiosi, lonqn'u ajoute de l'eau oxygénée à de la teinture de gayac ou ï l'iodure de polaitiin. amidonné, ces réactifs ne sont pas altérés; mais ils bleuissent dès qne I'm ajoute des globules du sang au mélange. D'aprËs Kûbne, cette pioprîélé ia globules sanguins est due à l 'hémoglobine, et il a institua des eipéneooei pour le démontrer : ainsi de l'essence de lérébcntliine ozonisée, sans tctîoopv elle-même sur la teinture de gayac et l'iodure de potassium amidonné, là bleuir ces réactifs dès qu'on y ajoute de l'iiémoglobiue, sous quelque forme fM ce soit, solide, dissoute ou incorporée aux globules. Celte propriété des glohilei leur a fait donner pur Ilis et par Schùnbein le nom d'oionophores {Oionlràgs'i, l'agent du transport étant l'hémoglobine. Plus tard, k. Scbmidt Gt voir qatlt sang (ou riiémoglobiuL-} donne Id l'éaclion de l'ozone en dehors de 11 p ~ des corps ozonisés. Kuhne et Scholz démontrèrent que l'oxyhûmoglobiDt n ferme eflecti ventent de l'oxygène donnant les réactions de l'ozone. Cette n de riiénioglobine de transformer l'uxytjène de l'air en ozone persiste 0 lorsqu'elle a été soumise à l'action de l'oxjde de carbone, c'est-à-dirt fl incapable d'ubsorbei' de l'oiygènc ; c'est une action comitai-able h celle de 1'^ de platine. Il parait dès lors as.sez naturel de penser, avec Ranke, que lelHi( I transforme en ozone l'oxygène qu'il absorbe et se trouve ainsi 1 même de nlEft aux oxydations intra-orga niques, sans élévation de la chaleur animile. tH | ozone eilste-t-il dans le sang à l'état de liberté? t^ela ne paraît guère posiAk d'après l'expérience suivante de Binz : en effet, lorsqu'on fait agir de I'oh» sur une solution aqueuse d'albumine et de gayac à parties égales, lanuuïn albuniineusc se trouve altérée et le gayac ne bleuit pas : dès lors il ne peut iW queslion d'ozone libre dans le sang si riche en substances albuminoïdes. ^À

OZONE (riiTsimociE). 5113

i^^^^D^^^pm lui Sellgiohn, auquel nous Taisons de nombreux empninls pour cel arliclc, ont Tuit voir (jue l'ozone, en agissant sur t'acide urique. donne de riillanloTne, de l'acide oxalii|ue cl de l'urde, c'est-à-dire les marnes produits qu'on retrouve dans l'urine des animaux auxquels on a fait absorber de l'acide urique. D'après Nencki, l'indol passe sous l'induenee de l'ozone au bleu iudigo, absolument comme dans l'organisme animal. De mt'me la benzine, traitée par l'ozoue, fournit entre autres produits du pbdnol, réa<?lion qui s'accomplit également dans l'organisme. Ces Taits paraissent démontrer simplement que l'oxyijène des globules possède les propriétés oxydantes énergiques de l'oione. mais rien de plus, et ne justifient en aucune façon les tentatives pténulurées auxquelles ils ont donné lieu en l lié rnpcii tique, comme nous le Terrons plus loin.

C'est le lieu ici d'examiner l'action de l'ozone ou plutôt de l'air plus ou moins cliargé d'onone sur l'organisme. La quantité d'ozone que l'air renferme nomialenient (environ 1/450 000 en poids. l/700000en volume)» une vingtaine de mètres nu-dessus du sol est trop faible pour exercer une action nuisible sur les ««îes respii-atoires. On admet même qu'à faibles doses, c'est-à dire lorsque i'oioae ne dépasse pas la quantité maximum qui peut être contenue dans l'air, ïi oonslilue un excitant utile. Cependant c'est à tort qu'on attribue ï l'absence de ce g«z le sentiment de lorpeurel de malaise qu'éprouvent certaines personnes, surtoui les femmes nerveuses, A l'approcliu d'un orage, sympidmes qui disparaissent rapidement lorsque les décbargcs électriques sont venues i-endre à l'atmospliârc son ozone ; le phénomène ei<t beaucoup plus complexe et dépend ^de dirers aulre'; facteurs météorologiques; nous n'avons pas à y insister ici.

Seligsolin a conslaté que le séjour dans une atmosphère chargée artiiiuiellemenl d'ozone, produit au moyen des tubes de Siumens, par exemple, est ans înfliieiice liicheuse, même si la proportion de ce gaz dépasse notablement h Bwmale. Les oiseaux, qui vivent dans les couclics atmosphériques les plus riches en ozone, sont moins sensibles à son action toxique, comme l'ont montré ififerses expériences sur ces animaux. Hais, dùt-on nier l'existence même de fonne atmosphérique , un fait cependant est indiscutable, c'est la propriété que fOM&dent les globules rouges du sang de t^rnsformer l'oxygène en ozone, qui de cette manière joue un rôle des plus importants dans les mutations orgamqnes. C'est en réalité à cela qu'il faut borner le rflle physiologique de l'ozone.

Vais ce ga^ à une certaine dose devient toxique; c'est ce qu'ont montré de flomliteuses expériences,

Sebânbein, à répoi|ue oil il étudiait ce corps, eu ressentit plusieurs fois les eflète; il dut inlerromjjrc â plusieurs iisprises ses longs trava'ix sur l'ozone à Cillse d'une violente inllammalion pulmonaire qu'il avait gagnée eu l'espirant ce gaz irritant. Il avait constaté aussi son action nocive sur les animaux, et wtte action, d'après lui, se traduit par l 'accélération de la respiration et une inflammation violente des bronches et de la muqueuse nasale. Déjà avant Sebdnbeiu, De la Rive, d'après Claude Bernard, assimilait l'action de l'ozone It Mlle du chlore : étemument, coryza, bronchite.

Sdiwarzenbach, eu 1852, entreprit des expériences sur des lapins qu'il

^çait dans de grands cylindres de verre remplis d'air ozonisé par le phosphore

et dëbarrussc des vapeurs d'acide phosphoriquc par agitation avec de l'eau.

I Us expériences duraient généralement deux heures, pendant lesquelles on

L Kraplaçait les cytindfes à mesure qu'ils ne renfermaient plus d'ozone, Jl^^u'eNa

I W^. E«r. !■ ... Xl\. ';>■*,

Jfii OZONE (PHisioLOGiB).

que loB animaux absorbaient 50 à 8H lilii's d'air oxoniaé. f^K9BSBSt^ imm&lialuinent aprèa, soil dans la journ^. après avoir présenta les simplùmei Buivanls : niouTemenU île redrcsEemeul. dyspnée intense, rile« i grosses bulles, tuui ou pliitdl eipirations brusques comnie pour chasser un corps étranger, puis faiblesse dans les jambes, tremblement et sorte d'ivresse, enfin refniidiisement, riles Iraclii-aux. apparilioD d'une écume abondante à l'eilrétnilé du museau et mort avec mouvements convulsifa. A l'aulopsie, on trouvait la poumons rouges par places, gorgi^s de sang et emphysémateux sur l«s bords, les bronches remplies d'une grande quantité de sérosité spumeuse pre><|ue incolore qui se rencontrait aussi dans la trachée-artère, le larynx, et sVtendiil jusque dans les fosses nasales. Les veines de la tète, du eou, le cœur et surtout l'oreillette et le ventricule droits, contenaient beaucoup de sang trèj-fonce. LW eipîré ne bleuissait pas le papier réactif et on ne trouva d'oiooe dans aocua organe.

Les souris sont tuées instantanément, les pigeons résistent plus longlenipi que les lapins.

E. Ekeckcl s'est livré A des ex|iériences du même ordre. 11 s'est servi d'une cage eu bois de lacupacilé de 150 décimètres cubes. Le planclier de ri|ipiml était formé par un tiroir en zinc destiné à recevoir les excréments desaiûouui et à permettre un neUoyage facile; l'une des ]>arois latérales était «îtréc, In Irois autres percées d'ouvertures de I décimètre carré qui conduisaient sur it petites consoles pincées à l'intérieur de la cage; celles^:! étaient protégées pu un treillage en (il de fer et supportaient des soucoupes contenant du pho^Jvtt et de l'eau. Ite cette mAniére, l'air qui pénétrait dans la cage se cbarg'ûl d'ozone en passant sur le phospliore, et l'on pouvait à volonté diniiiiuer n augmenter l'oionisatioti. L'acide phospboriqne formé se dissolvait dans l'ua des soucoupes, puisque l'air de la cnge n'a jamais rougi le toiimeso) 1>U rtsle. le phosphore n'enlevait à l'air que de petites quantités d'oxygène, connue 00 pouvait s'en assurer à l'aide d'une bougie enflammée.

Deux lapins furent placés dans la cage, d'abord sans pliospbore; ils garilènut leur vivacité et mangèrent bien. Le lendemain, on mit du phospliore *or In consoles; les lapins ne mangent plus et se blottissent d.-ins un coin. Le Kiftitdemain, l'air est fortement ozonisé, le papier bleuit en un quart d'heun. L'a des lapins [lorte la tête fortement r^iversée sur le dos, les paupières i dtli closes ; la dyspnée est eitn'me, l'animal litube, tombe sur le côté, puis Mffu' sa première |iosition, ut meurt à deux heures après midi. Son compagMBmoins malade le matin, succombe dans la soirée après avoir ofTert le* dAbv symptômes.

A t'autopsie, on trouve chez les deux animaux à peu près les veines et cavités droites du cceur remplies de caillots noirs très commençant déjà â se ilécolorer au centre; tracliée fortement i^jeclée, no remplie de sérosité spumeuse. Dans les bronches, la sémsilé est quelques strier muco-purulentes. Poumons eniphysémalcux, d'un rougB présentant un grand nombre de plaques brunes piivéea d'air. A riiicisiM s'écoule beaucoup de sang et de sérosité. Des petites brandies il sort use , tclette blanchâtre de muco-pus. Broncliile. Engouement siinguin. pulmonaire intense.

D'autres expériences sur les lapins donnèrent des résuluts innloguf*. ^ «xpérieucus sur Its ^i^wms démontrèrent également la plus grande réiisUDa

OZONE (phtsiologib). 595

de ces derniers à Taction de l'ozone. A l*autopsie, on trouvait soit de la bronchite, soit de la pneumonie iobulaire à difTérents degrés, avec de la bronchite capillaire, etc.

Boeckel conclut de ses expériences que Tozone à forte dose (i/2000 environ) détermine rapidement un engouement pulmonaire mortel. A dose plus faible, mais longtemps continuée, il provoque des bronchites intenses et des pneumonies. • En graduant davantage encore son action, ajoute- 1- il, on arriverait sans doute à produire des tubercules pulmonaires. » Le sang des animaux tués par Tozone est très-riche en fibrine, très-plastique, et sa couleur noire est Tindice de processus d'oxydations très-actifs.

c La grande résistance des oiseaux à Taction délétère de Tozone, dit Bœckel, est très-remarquable, car d'ordinaire ils succombent beaucoup plus vite dans un air vicié que les mammifères. Cela prouve une fois de plus que l'ozone ne tue pas par privation d'oxygène, mais bien par un excès d'oxygénation. Or, ches les oiseaux cette fonction est beaucoup plus active à l'état normal que chez les mamndfères : il est donc tout naturel qu'ils résistent mieux que ces derniers à l'ozone. D'ailleurs ne sont-ils pas destinés à vin^ dans les régions élevées de l'atmosphère, c'est-à-dire dans un milieu qui contient toujours une forte propoi*tion d'ozone? Ils ne doiveut donc pas être très-sensibles à son action. »

Les expériences de Scoutetteu sur divers mammifères et des oiseaux, en 1856, confirment pleinement les résultats obtenus par les auteurs précédents et justifient les conclusions qu'ils en ont tirées. Il en est de même des essais publiés par Desplats en 1857; seulement, au lieu de se servir de phosphore, comme ses prédécesseurs, pour préparer l'ozone. Desplats employa de l'oxygène condensé provenant de la décomposition de Tean par la pile ou produit par l'électricité; de cette façon il évitait l'action toxique que pouvait exercer le phosphore par lui-même ; il constata qu'en effet l'action du gaz obtenu au moyen de réiectricité est moins redoutable que celle de l'autre. Desplats a principalement opéré sur des cochons d'Inde ; il a observé les mêmes symptômes que Schwarzenbach, Bœckel, etc., et a insisté particulièrement sur la coagulation du sang.

Ireland (d'Edimbourg), de son côté, renonça au procédé de préparation par le phosphore, qui a l'inconvénient de priver l'air de la quantité d'oxygène nécessaire à sa combustion, et y substitua la méthode de préparation au moyen du permanganate de potasse et de l'acide sulfurique. Comme les autres auteurs, il observa une période d'excitation suivie d'abattement et d'affaiblissement graduel avec terminaison fatale. Voici les conclusions qu'il tire des résultats obtenus par lui en 1863 :

c L'air ozone accélère la respiration et peut-être aussi la circulation ; il excite le système nerveux, il provoque la coagulation du sang probablement en augmentant sa fibrine; cependant l'ozone disparait dans le sang, se combinant probablement avec quelques-uns de ses éléments. Un animal peut être soumis à l'influence d'une forte proportion d'ozone sans souffrances bien marquées; cependant le gaz peut continuer son action après que l'animal y a été soustrait et causer la mort, n

Le sort que subit l'ozone au contact du sang a intéressé un grand nombi^ d'observateurs depuis Claude Bernard (1856). D'après cet éminent physiologiste, en agitant, dans deux tubes, du sang avec de l'oxygène ozonisé dans

OZOWE (piKSioLnsii).

Tcau, avec de l'oxygËQe légèrement chloré dana l'autre. le liquide devienl du; les deux cas ans»! rutilant i(Uc si on Veùl agité avec de l'oxjrgine put. Il tu coDtlut que l'oïone n'eierœ pas sur le saug d'acliuD Appréciable !k la »ue. Si w corps est absorbé, dit-îl, il se transforme nécessairement dans le sang, cir md existence est incompatible avec le contact de la matière organique; en raÎMa même de son instabilité, il n'ajoute donc rien aux propriétés de l'aîr lital. L'n chien n'a pas paru être ulTecté eu quoi que ce soit d'une injection de 12 finlimHres cubes d'ozone dans la veine jugulaire-

L'ozone, il est vrai, n"a aucune action sur le sang datts l'orgraiûme, m»n lan de l'organisme, c'est autre chose; si Cl. Bernard n'a pu constater de modifications du sang appréciables i la vue en agitant ce liquide avec de ToxygJiM ozoniïé, cela tient probablement à ce qu'il a opéré avec dus doses trop bîbla d'ozone. D'autre part, si l'oïone n'agit p»s sur le sang dans l'organisine, «U lient i. d'autres causes <{ue cellu qu'indique Cl. Kernard, comme nous le vtrroB un peu plus bas.

Lorsque le sang se trouve épanché hoi's de récnnomie, l'ozone a^t Hir divers de ses éléments; si l'expérience de Dinz, citée plus haut, est euctc. « gaz modifierait l'albumine du sang et dispn rai trait aussitôt au conltct è celui-ci.

Mais arrivons immédiatement aux importantes expériences de Huiîingt (1867). de bogiel (1875) et de Darluw (1879). Le premier de ces auteurs a publié une série do conclusions parmi lesquelles nous indiquerons les suivantes :

1° L'ozone attaque rapidement l'hémoglobine et en lait disparaître les lanJo d'absorption; elle se trouve oxydée et décolorée sans production prédiU! d'hématine; on trouve dans la solution décolorée de la leuciae et non del'ant- L'eau oxygénée exerce une action identique sur l'Iiémoglobine ;

2" L'ozone oxyde l'bématine beaucoup plus diJIicilement que l'hi-mogloliiDC

S* Les globules sanguins des grenouilles sont immédiatement décolorée pu l'ozone et réduits à un noyau brillant, granuleux, entoure d'un stronia pik; lorsque l'action est prolongée, le stroma finit par dispurailre. Les gloîntci sphériques résistent un peu mieux que les elliptiques- Les globules bUncinBl encore plus diritcilemcnt attaqués; mais leur noyau devient brillant et gruudonr rarement il se divise,

Dogiel, en faisant agir l'ozone sur le sang, a constaté que ce liquide fciti tout d'abunl une couleur de laque, devient ensuite visqueux, et après temps vert jaunâtre, finalement incolore; la viscosité qu'il acquiert oti la formation d'une substance fiMnoîde, qui se produit même dans 11! préalablement défibriné- L'ozone décolore la solution acétique d'il il décolore beaucoup moins vile le sang chargé d'oxjde de carlxHlc; odl perd cependant hVd langue le pouvoir de fournirdcs cristaux d'IiémogldiiM) l'acliou de l'alcool, de l'étiiei' et du chlorulorme- Ces moiliticatiousdu! produisent plus rapidement, si l'on opère dans un air raréfié.

Enfin Barlon- de son côté a observé, surla lame {wrte-objet du mii:nHGi)|Al sang (globules rouges) se décolorer sous l'inlluencG de l'oiooe; les gliAsMl blancs perdent leur mobilité en même temps que le noyau devient lirill*f et le sérum devient granuleux. Itarluw |^ense que dans ces condiiiuiii s'unit avec l'hémogloliine en donnant naissance à un composé incolon;.

D'après toutes ces expériences, il est évident que l'ozone exerce uiu destructixe sur diiew èVémftuts du sang. Mais il n'en résulte aucun écUitù*".

OZONE (i.u[aioL0GiE). Wt

ami sur ce qiiï se passe dans l'organisnie, lorsque l'ozone y esl introduit par la «oies respira loi re s.

La première indicslion utile i cet <!gard est fournie par Dewar et Mac Kendriclt en 4873; cliez des animaux qui avalent péri dans une atmosphère renferniaiit 10 pour 100 d'ozone, ils trouvèrent le sang noir et tout h fait pareil à ce qu'il serait chez des animaux asphyxiés par vue aimosjihére siir- (hargée d'acide carbonique. Mais c'est surtout Burlow qui a mis hors de doute le mécanisme de la mort dans l'empoisonnenicnt par l'ozone. Ses expériences ont porté sur des lapins qu'il plafiiit dans une caisse vilnîe où il les soumettait successivement à l'inlluence Je l'air ordinaire et de l'air ozonisé ; l'ozone s'obtenait par des décliarges élcuiriqucs obscures. Connaissant la composition de l'air au moment de son entrée dans la caisse, on déterminait sa teneur eu ■uygëne et en acide carbonique à sa sortie; dans le cas oîi on empjovail de l'air ozonisé, on déterminait la proportion d'ozone à l'entrée et â la sortie.

Barlow constate que l'ozone déprime le système nerveux, en même temps qae sous son influence la respiration se ralentit; l'absorption d'oxygène et l'élimination d'acide carbonique se trouvent diminuées, ce qui permet d'expliquer les phénomènes de dépression : tout se réduit donc à une intoxication par l'adiie carbonique. Cette accumulation d'acide carbonique dans le aung tient probablement aux lésions de la muqueuse pulmonaire; ces lésions avaient du reste été constatées déjà par divers observateurs; elles consistent en une altération des parois des vésicules aériennes du poumon; partout ob elles existent, la diifusioades gaz est devenue impossible'. Si la quantité d'ozone introduit dans les voies respiratoire est grande, l'épithélium des vésicules pulmonaires est détruit partout, et l'asphyxie s'ensuit aussitôt. Si la lésion est moins étendue, sue portion de la muqueuse pulmonaire continue à respirer, mais la membrane limitante s'est enflummce sous l'inlluence de l'ozone et il en est résulté une bronchite. Cette bronchite est mortelle, si la dose d'ozone a été suffisamment tievée. Ln etTet, chaque fois que l'action de l'ozone avait été prolongée pendant fielques heures les animaux périssaient d'alTections pulmonaires dès le iendenuÙD. Barlon évalue que l'air renfermant 1/100 d'ozone provoque une bronchite BUrtelle après une action d'une heure. De faibles doses ne produisant qu'une bronchite légère ou tr^s-limitée, le^ animaux intoxiqués peuvent en réchapper. ■ 4ia peut rapproclier de ces expériences celles de P. Tbénard (1876); il a Wiatrié que sous l'innueuce de l'ozone, contrairement i ce qu'ont vu d'autres lllsefTsteurs, le pouls se j-aleutit au point que celui d'un cochon d'Iode battant t48 est tombé à 30 au bout d'un séjour d'un quart d'heure répété une fois par Icare pmdant cinq heures dans une atmosphère ozonce'. Mais nous ne pouvons me lui admettre une action directe de l'ozone sur la circulation et particuliè- Knent sur le globule sanguin qui se trouverait contracté et délbrmé.

En effet, Barlow a nonstaté que les lésions obtenues par l'actiou directe de '<liu>ne sur le sang épanché hors de l'organisme manquent toLilemenl chez les ■Biinaux tués par l'ozone ; un autre fait très-curieux observé par cet auteur, ^«t qu'à sa sortie de la caisse ah étaient renfermés les animaux, la proportion ^mone de l'atr introduit n'avait pas varié. H en résulte que l'ozone n'est pas

L * ibsirsclionfalledclairàiondela mmiueviseiiulmonaire qui entrave les ësb anges gaie ui, ► ♦«rtijnesiuleursadniclteiit qupi'oioneei'"'^ la dilfusion de l'acide carbonique liors du satij; I ^* ft'après le! etpériences de Dewar et Mac Kendricli, la lempérslure baisse eu mèa» r ■■•iipE de 3 à a degrés centigi-adt>, J^l

OZONE (llI..lË^R ET patholocie).

absorbi en nalure el que par Euite il n'a pas d'action directe sur la circnUl

Quant au inécanismc de )a mort, celle-ci n'est due ni à la constriclion do la gloltt', comme on l'a prétendu, ni h l'empliysème pulmonaire, cominai pourrait le supposer. Cel empliysèmc doit au conlruire être considéré coranw eHort l'ail par les poumons pour dilalei' leurs vésicules et Hugmenter ainsi Téteiidue de la surface respiratoire.

D'après les considérations dévelop))ées plus liaut, it esl, en efTet, permise conclure que dans l'empoisonnement par l'ozone la mort a pour cause nul l'asphvxie provoquée par la destruction de l'épilhélium pulmonaire, soîl les suites d'une bronciiite aigu», soit enfui une intoxication par Tacîde caiiiODii|« accumulé dans le sang.

^ IV. HygMac et pathsiogle. En présence des idées théoriques qui aateii cours au sujet de l'ozone, il n'y a pas à s'étonner que l'on ait Tait jouera ce gu un rôle important dans les conditions sanitaires du globe. Heste à savoir jasifii'i (juel point ces prétentions sont jnstïliées.

Nous avons vu que l'ozone en excès a^'il comme un poison irritaal pour W voies respiratoires; on en a conclu que par sa présence dans l'atmosphère il peut provoi]uer des maladies inflammatoires de celle-ci. D'autre part, ses prepriétés désinrectantes et antiputrides incontestables l'ont fait considérer coidiik un agent deslrucleur des germes des maladies contagieuses, et on a pensé que son absence de l'atmosphère, en permettant à ces germes de pulluler, tavofise it développement épidémique de ces maladies, Enfin, la théorie physiologique qui présente les globules sanguins comme des agents de transport de l'osine fl attribue à ce gaz [oxygène modifié par l'hémoglobine) les oxydations inlri-«|^ niques a fait concevoir l'espoir d'introduire l'oione en nature dam lacireuUtiou et de favoriser ainsi l'oxygénation; idée Ihéoriqne qui a donné lieu àdes tentatives thérapeutiques Irès-risquées et en tout cas bien prématurées.

Il nous reste donc à étudier l'ozone k trois points de vue bicD difréreiits : comme cause directe de maladie, comme cause indirecte de maladie, bdëd comme agent thérapeutique.

1" L'ozone comme cause dibkcte du malarig. Après avoir coDslaté sur lui^ittoe les effets excitants de l'ozone sur les voies respiratoires, Schônbein pensa que et gaz pouvait bien jouer un rdlc dans l'étiologie des affections caUrrlalo et convia par conséquent tous les médecins de B3le à faire des observaliou àM ce sens. Ils se conlormèrenl â ses recommandations etcrurent ohsenerMdUk i une relation entre cette cause et cet effet ; à chaque exacerbalîan des alfcctiaBS I des organes de la respiration paraissait correspondre une richesse plus gnnds ' de l'o/one dans l'air. Ces remarques remontent à 1847.

L'année suivante, Spengler publiait une relation aur une épidémie de pipp* qui avait sévi à Iloggendorf, village de Mecklcmbourg, pendant les mai> ^ janvier et février 1 847. Durant tout ce temps le papier ozonoscopique lecoail une très-forte proportion d'oione dans l'atmosphère. Peu après, Clemens ol«f« une épidémie semblable i Francfort ; d'après lui. Ja maladie progressait l)i<< que l'ozone sa trouvait dans l'air .i doso élevée, et elle diminuait de <(ik 1* proportion de ce corps devenait moindre.

Clemens signalait encore un fait intéressant à l'appui de la doctrine ; il Âw i médecin d'nne titliri>\ue àans \at\\\ft\\ii \w^l 1 trente ouvriers étaient coruU»"!

Lk

ir

' iiml oc

OZON'E (llï.il'ËKI^ KT fATaOLOGlE). S99

iiml occupas à distiller de la houille pour en eilraire lu naphtaline el se liounienL ainsi exposés à un dé^jag^ment continu de guz hydrogène sulfuré, d'hydrocarhureset d'ammoniaque, tous agents dcslrucleur^ de l'ozone ; on ne pouvait décontrir de trace d'ozone dans l'enceinte de la fabrique, tandis qu'ik l'extérieur il y en arait souvent une forte proportion. Or, pendant les trois aiinéos 1846- IS-il), malgré les changemenls brusques de température auxquels ces ouvrier» itaient exposa, Clemens n'eut à soigner que quatre angines catarrhales, et voici dans quelles circonstances : Quatre ouvriers, apr^ cinq semaines d'un séjour lontinu dans la fabrique, allèrent passer le Uimancbc à quelques lieues de h dans leur famille; it y avait ce jour-là beaucoup d'ozone dans l'air, el ils revinrent le lundi tous «flectés d'angine. Mais quel rôle la tempér»tuie a-telle joué dans la production de cet étal catarrhal ?

Clemens rapporte en outre dans son mémoire que, vers la (in de juin IS4'.I. oaie chevaux de selle de Pi-ancfort, qui avaient couru contre un vent du sud Irès-Holent et très-cliargé d'ozone, contraclèrent des pneumonies graves et succombèrenl la plupart.

Scoutelten aflirnie qu'il a observé, à l'hopîlal militaire de Helz, une corrëlition trêseiacte entre les variations de la quantité d'ozone et le nombre des irritations bronchiques sous des formes divei'ses.

E. Bœckel, se servant des observations faites par son père à l'hôpital civil de Strasbourg, se crut autorisé à donner les conclusions suivantes ;

■ Le nombre des maladies pulmonaires et de« décès par ces maladies (pneumonie, pleurésie, bronchites et angines, h l'exclusion de la phthisie dont l'invasion est trop incertaine), est à la fois en rapport direct avec l'ozone et en rapport inverse avec la température ;

i Lorsqu'il y a l)eaucoup d'ozone dans l'air el qu'en même temps la température est bjsse. le chiffre des affections pulmon:iires est très-élevé el les décès, pour celte cause, ïont nombreux ;

I Lorsqu'il y a peu d'ozone dans l'air, et qu'en même temps la température est élevée, le nombre des maladies de poitrine et des décès descend au plus bas:

■ Lorsqu'il y a beaucoup d'ozone dans l'air et que la température est élevée, te nombre des maladies des voies respiratoires ne s'éloigne pas beaucoup de la moycDoe, mais la mortalité la dépasse souvent;

« Lorwju'll y a peu d'ozone dans l'air, mais que la température est basse, le nombre des maladies pulmonaires est près de la moyenne, souvent au-dessous, et le nombre des décès est beaucoup au-dessous de la moyenne ;

■ Il fiiul conclure des expériences, des observations et des statistiques, que, (iinni les causes externes produisant des affections pulmonaires, l'ozone joue le rôle principal dans notre climat; que celui de la température n'est que KeaQdaire, mais que certains vents du nord-est sont plus pernicieux encore que l'otone. »

Nais, dès 1848, Faber, de Schonidorf, donna la relation d'une épidémie de grippe très-inlense, qui régna au commencement de mai, alors que le papier J^ctif offrait la leinte la plus pâle. En 1853. déjà anléiieurement aux obser- Itions de Bœckel et de Scouletlen, les médecins de Kônigsberg vinrent éga- 'einent jeter une note discordante dans ce concert presque unanime provoqué P*r Schônbein. iJne commission nommée par la Société de médecine de Kôntgs- '>^Tg fut chargée de faire j'endant un an des observations oionom«\.t\i\\\c^ iaa^

fCM OZOSli lU»,aUL ».I l-AIllOLOCIt).

la ville el 1rs environs, et de dresser des Ubleaux exacts de toutes les ma Biguc^, aliii de pouvoir, par l.n comparaison de ces deux ordres de tails, S ides données positives ou négatives louchant l'îiiflueDce de l'oione sur le div^ loppement et la marche des maladies régnâmes. Il arriva que les rësnluis obtenus relalikemcnt aui affections ajgués des voies respiratoires se trouvérentcnnplclementen contradiction avec ceux qu'avaient publiés Schcinbein, S|ienglnet Clemens. Le rapporteur du la commission, Schiefferdecker, se crul, en eiïcl, nutorisé à en conclme que u la contenance ozonique n exerce pas la inoiodre influence sur les maladies des organes respiratoires. »

Il est certain que les temps froids, qni le plus souvent coïncidaieut avec Mi abondance de l'ozone atmosphérique dans les observations laites pur les suteur; ci-dessus, paraissent suffire a expliquer les plilegmasics des votes respiratoires sans r intervention de l'oiyg&nc éleclrisé. Du reste le docteur de Pietra-Suili a constalé qu'à Alger (lidpital ilu Dc}), oîi les stUections pulmouaires sont nm et bénignes, grâce à la (empérature élevée qui y rëgne toute l'anuée, U proportion d'ozone est toujours plus considérable qu'à Strasbourg, par eiwiple. oii dominent au contraire les lésions de l'appareil respinitoîre. 11 en est de même pour Ajaccio. Le même auteur a reconnu en outre qu'A la station lliermaledH Eiiux-Bonnes les phlbisiqucs se trouvaient sensiblement mieux les jours oA ki papiers ozono métrique s atteignaient une coloi'atiun plus marquée, liais il t'i^t peut-être lîi d'uue comcidcnce.

Uayes, duns une expédition au pôle nord, a constate que dans les riptm polaires l'ozone est toujours à son maiiimum, et cependant les iffeclions pulmonaires el bronchiques y sont presque inconnues. Le capitaine l'ope en ilil autant des pljteaux du Texas et du Mcxii|ue. IrcLinil a vu au Ilengnlc la grippe et le rhumatisme s'aggraier an momeiil d'une brusque itccroissancc de l'oioM. et diminuer au contraire au moment où b proportion de ce gaz augmcalaîL Les tempêtes de sahle fréquentes aux Indes sont toujours chargées d'otooe; malgré cela, il n'y n pas d'invasion de grippe it leur suite (Irelund).

Rappclous encore que dans Paris l'ozone est piesque toujours nul et fM cependant la grippe y est fréquente; elle n'est pas plus fréquente i la eu> pagne où l'air est généralement riclie en ozone. En outre, (es montajiiiw^ les cliasseurs et les marins, qui vivent touioui's dans une atmosplière reniamunt un maximun d'ozone, paraissent être entièrement ciemptsdecettenulidit Baldwiu assure avoir passé ses uni ts dans une petite pièce bien close oii ■1' l'ozone se dégageait par action de l'acide sulfurique sur le permangauf*4l 1 polasse, et cela sans épouver les symptômes du moindre catarrlie, i l'odeur désagréable d'ozone qui régnait dons l'atmosphère de U pièce.

Sfitz, dont la compétence dans la question est indiscutable, n'a pn cg«leiD«l ^ observer de 1853 à 1855, à Munich, itucune coïncidence entre la projw^i"'' d'ozone et les affections catarrhales [Calarrk und In/tuenia, I8(î5).

Lu grand nombre d'auleui-s encore s'élèvent contre cette prétendue cnoo J denue, entre autres Wunderliuh, llouzeau, Flint, Qa Costa, Fox, etc.

Aussi devons-nous nous associer sans réserve à ces paroles de Hirîé : 1 6> I quel droit porterait-un cette action nocive au compte de l'ozone dont la |>^ 1 priélés sont très-énergiques lorsqu'on le respire en quantités notables, W J qui existe dans l'air des cités en proportion infini tésimde, tandis qu'w à terait d'autres coiidilions climatolugiquea auxquellea l|aspdnci)M ■ Mil'''* | attribué une ImportAntt amivitva.Ue.t »

OZONE (hygiène et pathologib). 601

Du reste, on n*a jamais dit h quelle dose l'ozone est capable ie produire les accidents dont on Tincrimine. 11 est bien certain, comme le dit Richardson, qu*un air chargé d'ozone au point de provoquer des maladies inflammatoires n'exigerait pas de réactif chimique pour y démontrer l'existence d'un principe nuisible ; ce serait tout simplement un air irrespirable et qui afTecterait avec une intensité variable tous ceux qui le respireraient.

Nous pouvons donc conclure qu*il est infiniment peu probable que l'ozone joue un rôle quelconque dans Tétiologie des affections catarrhales des voies respiratoires ainsi que dans celle du rhumatisme, comme l'ont voulu quelques auteurs.

2» L'ozoNR comiE cause indirecte de maladie. Immédiatement après la découverte de l'ozone, des efforts furent faits pour prouver que le nouveau corps découvert jouit de propriétés désinfectantes et antimiasmatiques. C'est à Scbônbein que sont dues les premières tentatives dans ce sens. Cet éminent chimiste fît passer de l'ozone sur de la viande en putréfaction et constata que l'odeur disparaissait pour se montrer de nouveau dès que le contact avec le gaz désinfectant avait cessé d'exister.

Glemens plaçait des grenouilles dans un marais artifîciel oîi elles succombaient rapidement, tant que l'eau n'était pas purifiée, mais où elles continuaient à vivre quand on y avait fait passer un courant d'air ozonisé.

En 4856, Scoutetten fit plusieurs expériences dans le même but. Nous ne citerons que les deux suivantes :

i* Un morceau de viande, du poids de 270 grammes, dans un état de putréfaction très-avancée, répandant une odeur insupportable, fut ploogé le 23 février 1856 dans un flacon d'une capacité de 5 litres contenant de l'air ozone : en une minute, il était complètement désinfecté.

L'expérience fut recommencée quelques instants plus tard : le même morceau de viande, remis à l'air libre, laissa dégager les miasmes les plus infects; replongé dans un second bocal contenant de l'air ozone, il perdit, aussi rapidement que la première fois, son odeur repoussante.

2'» Le 19 mai 1856, on fit mettre dans une salle libre de l'hôpital militaire (de Metz), cubant près de 1100 mètres, deux tas de fumier de cheval, espacés de 10 mètres. Ce fumier avait été choisi à cause de son état de putréfaction avancée et de l'odeur ammoniacale qu'il répandait; on le laissa séjourner deux jours et deux nuits. Lorsque la salle fut bien infectée, on y répandit l'air ozone contenu dans quatre bocaux de la contenance de 6 à 8 litres chacun. L'odeur ammoniacale diminua sensiblement, mais ne disparut pas entièrement, le fumier resté en place continuant à fournir des vapeurs infectes. L'expérience fut recommencée le lendemain, mais, cette fois, après l'enlèvement du fumier. L*air ozone, contenu dans les mêmes vases que précédemment, fut répandu sur les lieux oîi étaient les foyers d'infection : l'odeur ammoniacale disparut complètement, et même si promptement que ce fut un sujet d'étonnement pour toutes les personnes qui assistèrent à l'expérience.

Il était démontré par là que l'ozone détruit l'hydrogène sulfuré, l'hydrogène carboné et l'ammoniaque, c'est-à-dire constitue un désodorant énergique. Il s'agissait de savoir si Tozone était capable en outre d'arrêter la putréfaction et les autres fermentations et de détruire les miasmes.

En 1862, Richardson prit du sang de bœuf renfermé dans une bouVeiWe depuis 1854; la masse était en pleine putrëfactiont le caillot ramolli et délruil, avec

OZONE (mr.iing kt niaotôoit). ' dégagement de'gaz d'une fétiilild extrême. Par te pnsssgedn cmtrmtd'o» Totteur diminua, puis dispaml complûlcmenl, et le cailIoL reprit de la coosi»tance. Kichardsoii en couuliit que l'oKone est capable d'arrêter la putrificl et songea aussitdl il tirer parti de cette proprii5lé|>ourem|)éclier les viaiidade boiiclierie de pourrir.

En 1873, Boil loi reprit cette étude, pliiça deux morceaux de viande ég*ui en poids dans deux llacons d'égal volumei et renfermant l'un de l'air pur, l'autre de l'air ozonisé dans la proportion de f> milligrammes par litre. Il 1(4 plaça ensuite dans nue cave à une température de là degrés. Cinq jours iprii la viande du premier llacon était en pleine putrëfactioii. tandis que celle du second ne présentait aucune altération; on laissa ce dernier Qacon débouche d dès le lendemain la putréfaction y était bien manifeste.

De toutes ces expériences il n'est p.is permis de conclure que l'oEone .détruit les agents de la putréfaction, les microbes qui la reproduisent; tout au plu peul-on affirmer qu'il détruit les émanations putrides ou qu'il frappe momentanément d'inaction les agents di! h putréfaction. 11 ne faut pas, en effet, perdre de vue que les cmanalions ou les ^ai ipii se dégagent d'une matière animale en décomposition n'inlraînent pas avec eux les microbes qui provoquent celle-ci. P. Miquel a pu, i l'observatoire de Monlsouris, évaporer it siccité ées liqniWi animales putrides sans que la vapeur renfermll trace de germes. Il a kl passer plusieurs mètres cubes d'air chargé de microbes au travers d'une coucbc de terre impi-égnéc de mulièrea en putréfaction ; l'air en sortait odorant, iiui> entièrement dépouillé de ses microbes.

Cependant^ i) parait évident à priori que l'ozone agissant à dose solSaMe doit faire périr les germes et les ferrocnls; Fox le considère en effet OHiniieia germicide énergique ; Geissicr et Stciri ont constaté qu'il détruit les orgmiuKf inférieurs avec formation de composés nitriques et nitreux; les récente! ei|>^ rieiices de Chappuis paraissent mettre hors de doute que l'ozone est capafalede luer les getmes aériens qui se développent dun^ la lovCire de bière ; Buldwin, qui a fait une campagne si violente coulre l'o/one. a également reconnu le propriété» germtcides.

Il n'y a donc plus à douter des propriétés désinfectantes de l'oione. î'Ièia* moins, k ce point de vue, Day le considère comme inférieur an chlore et >u brome et comme moins manialde que l'iode.

Mais il est de l'oxone comme de tous les désinfectants : il ne tue le> geiw> qu'à la condition d'être si abondant dans l'almosplière qu'ils souilleol 'P* celle-ci deviendrait délétère même pour fbomme. A àose insafBsanle l'sone ne conserve donc guère que les propriétés désodoraiites. Que devieaaent dbbn ces propriétés, à l'état de dilution qu'il présente nalurelleraent dans l'atincMpb^dont il occupe au plus 1/700.001) du volume? Il est évident qu'A neftat plus être question de ses pro|iriéti'S gerraicides dans ces conditions, llu resU. 1< présence de quantités même minimes d'une matière organique en décompotilîra snlllt pour le faire disparaître, pour peu que l'atmospliëre soit plus on maù» limitée ou non renouvelée. C'est ce qui explique en partie pourquoi on de trouve jamais d'ozone dans les pièces de nos appartements. Dès lors on s'cUv* nera moins encore de ne pas retrouver de traces dans les salles d'inlpitil. ait f" émanations miasmatiques ne cessent de se produire. C'est aussi ce (|iu juïlrda b proposition qui a été faite de produire un dégagement d'oione dans les salle (f( malades (par rap\^aiciV oiu^èwe &e \)ë 'CAtv&ttio, çâr exemple).

OZONE. (uTClàNG BT fatbolixiib). C05

Mais l'abseace d'o:eone se remarque Don-aeiilemenl Jans lei salles d'hdpilal et les pièces mal ventilées, mais encore dans les salles les plus spacieuses de liJliments vastesetbieii uénîs. Les remarquables travaux de WolIThilgel nous dd[ bit connaître les véritables causes de celte disparition de l'ozone; d'une part les poussières qui couvrent les meubles, les parois des murs et le plafond, et 4'autre part les matériaux de construction, parliculièremenl la chaux bjdrauliqiic qui entre dans les mortiers, absorbent l'ozone, absolument comme la terre i^ jardins, qui détruit l'ozone d'une atmosphère qui en est chargée artificiellement. Dans une pièce privée d'aération depuis plusieurs semaines, WolCIIiûgel fit jiasser au moyen d'un gazomètre un faible courant d'air (d'environ -i litres ptr heure) sur une certaine quantité d'étlier dans le but de produire de l'ozone. Avant l'expérience, le papier réactif disséminé dans la pièce n'dlait pas influencé, même par 3000 litres d'air. Ce n'est qu'au cinquième jour qu'on ^nt une coloration (le degré VII de l'cclielle) en Taisant passer sur le fipier 180 litres d'air; à ce moment, on n'obtenait la même coloration à l'air ililm qu'a*ec 250 litres d'air. Le savant expérimentateur en conclut que l'ozone larme sert tout d'abord à produire diverses oxydations, après quoi il persiste jus la pièce où il se dégage.

I PaJraieri avait constaté que de l'air ozonisé conduit à travers de longs tubes

4e verre ne renfermait plus d'ozone à sa sortie ; Houzeau cberclia à expliquer

foit par le frottement que subit le courant d'air contre les parois des tubes;

id'après Wolirbûgel, ce n'est pas là la vraie raison ; l'ozone disparaîtrait parce

jqu'il est absorlié par les poussières qui couvrent ces parois. En elTet, lorsqu'on

nisuDIe de la poussière des routes non calcinée dans l'eudiomèlre au mnyen

h'uo tnbe, l'ozone est détruit; cette poussière renferme en effet toujours des

Dulières azotées, car, cjdcinée avec de la chaux iodée, elle fournit un abondant

légsg^nent d'ammoniaque ; au contraire, de la poussière des routes calcinée

mifllée dans l'eudiomètre n'a aucune action sur l'ozone. D'autres expériences

it roir que celte poussière destructrice d'ozone ne forme pas simplement

couche superlicielle sur les parois des murs de nos habitations, mais encore

le mortier, qui laisse si aisément jouer l'air au travers de ses pores (ven-

iation spontanée), constitue un filtre qui relient cette même poussière à l'ea-

lée et il la sortie de l'air des appartements ; c'est naturellement la couche la

Eus soperiicielle de mortier qui en renferme le plus, et c'est aussi cette couche li dis lors peut devenir le réceptacle d'une foule de principes morbifiques, ùù l'on peut conclure, avec Wolllliûgi^l, que celle couche doit être grattée et lenouvelée fréquemment, surtout dans les salles d'hôpital. , Deceque l'uzone présente des propriclés désinfectantes (et germicides, nous IHHU TU dans quelles conditions), on a voulu expliquer par son absence dans liltmosphère le développement et l'extension des épidémie^. Hais l'ozone est à eu près constamment absent dans l'air des villes, nous savons pouri]Uoi; dès vs, les épidémies devraient y régner d'une manière i peu près continue, ce {ni n'est pas. Nous voyons du resie dans les villes les épidémies naître, croître, ^a II un moment donné décroître et enfin disparaître, sans que l'ozone interfitaue tout i coup pour détruire les germes de la maladie contagieuse. Maïs lit épidémies, dira-l-on, sont moins nombreuses dans les petites villes et à la ■Unpagne ; c'est là une question d'isolement, car un village une fois atteint l'une épidémie importée, du choléra, par exemple, en subit les ravages ezsc- Wmenl au même degré que les villes.

Mt OZONE (IIM^IËME ET PtTBOLOClt).''

L'almosphère des forâLa est riche en o;tone: cela n'a pas empMSÏcs mAlieureux Indiens i]ui les liabilent dans l'AmMque du Nord d'y mourir par milliers lors de IVpIdi^mie pestilentielle de 1617, 1GI8 cl 1610.

L'air renferme plus d'ozone sur les hauteurs qu'en plaine; c'est vrai, mtif, lors de la pesie de 542, la morlalild a sévi sur les cnllines el les inonlspies eiaclenienl comme dans le plaL pays. Fabrice de Hilden a vu en 1615, à Unsanne, la peste ravager les hauteurs. En 1 720, les montagnes de la PioveoLC ne furent pas épargnées par elles.

Le choléra sévit également partout. La fièvre typhoïde est endémique si» les hauts plateaux du Me:iique. On a vu, eu 1847, le choléra sévir sur lei tiies salubrcs du Bospliore et éparfiner li's quartiers has et infectes de Constanlinoplc. (In pourrait multiplier ces exemples ft l'infini.

Il y a donc toute apparence que la relation qu'on a voulu voir entre l'abçaitt d'ozone el le développement des épidi^mies est chimérique. Nousue'|iiitteroni[in cependant lesujel sans indiquer les opinions des principaux nuleurs surccjioint.

Choléra. Schiinbein le premier, en 1S48, émit l'opinion que l'apiiaritiMlilu choléra pouvait >e trouver dans une certaine coirélalion avec la dimiuuliiKi on la disparition de l'ozone atmosphérique. L'année suivante, qui fut mviiuée par une grande épidémie à Londres, Hunl exprima des vues analogues. Hiif >1^ 1851 Pelers (de I.eiington) ne put constater aucune ooncordani»; enin; le indications de l'oitonomètre et le développement de l'épidémie cholériqu. Cependant divers auteurs, lliltard à Corbigny, Th. Bœckel i Strasbourg, Sdiulti a ilerlin, Wolf à l'Obsei'vatoire de Bonn, Bérigny h Versailles, publièrent sitaxtsivement des résultats paraissant eorroborer les idées de Schônbeiii; il en Ri de même des rcchcrcbes statistiques récentes entreprises par le docteur Orlofî dans le dislriet d'Iaroslav en Russie.

Hais Simonin (de Nancy) qui, m 1854. avait signalé la coïncidence del'aRarition du cholérj avec la diminution de l'ozone, ne retrouva pas la mAot eoncoi'dance lors de l'épidémie de 1855. Nous avons vu plus baul t\at li Société médicale de Konigsbei^ a connlu qu'il n'y a aucune espèce de nppwl entre une maladie quelconque et la quantité d'ozoue que n-nleriiie l'almospbfrt. Wetle n'obtint aucun réniltal satisfaisant h Bâle, pas plus que Seiti i Monith lors de l'épidémie de 1854. Vollini, comparant les observations oionométriqnri faites simutlanémcnt en septembre à Friedland, oîi régnait le choléra, e' ' Falkenberg qui en était exempt, constata que dans la première ville roionooi^ indiquait une proportion d'ozone trois fois plus forle que dans ta ttotéi- En 1856, Gaetano Strambio, à Milan, ne put découvrir aucune relattn) nlR la marche de la maladie et les indications ozon orné triques dont il tableau exact jour par jour. En 1867, Dénia trouva, près de Turin, en septembre, au moment où le choléra était h son apogée, la proportion d'i Irès-éievée, m?me supérieure à la moyenne. Day (de (îeelong) 6t des lions analogues en (865.

Nous devons cependant mentionner les résultats obtenus par t^ook i»"^ " présidence de Bombay en 1865 et 1864. Ce savant médecin enregisira l'i»*» simultanément dans seize stations, c'est-à-dire dans lus divers hopilvu^ o»''* laires et civils de la région. On sait que le choléra sévit dans l'hids "l"* manière  peu près continue, et que d'autre part l'état électrique liabitnei* l'atmosphère y rend la proportion d'ozone ordînaii'cmcnl trè»-élevée. Of, Co" est arrivé îi conc\ure « >\tt\\ emVt utit «mciexilé indiscutable entre 1'»' "

OZO>E (Hicià^E BT fatbolocie). GU5

ni la diminulioa de Tozone dans l'aîr et h présence du choléra. » Loj-sque l'air renferme beaucoup d'ozone, le I1é.iu tend k disparaître; iiuaud la proporlion d'oioae s'abaisse, il recommence ses ravages.

Nous n'opposerons plu 3 à ces assertions ijiie deux fnîls : En 1854, lors de répîdémie qui ravageait Londres, Gluislier lU des observalions ozo no m ë triques bns les divers quartiers de la ville; il uunstatii avec étonnement que dans les partiers oii l'on ne put déceler de traces d'ozone il n'y avait pas eu de d^cès ^r le choléra, tandis que là où il avait trouvé de l'ozone dans l'air le fléau mil sévi avec violenue.

D'autre part, personne n'ignore que Lyon n'a jamais été visité par le choléra, {uoique l'ozone y fasse presque toujours défaut.

Affections f/afiti-o-mleslinales. On a prétendu aussi que les maladies digesî*es dépendaient d'une diminution de l'ozone atmosphérique, ce qui, dans les dées de Schôiibein, constituerait une sorte d'antagonisme avec les maladies des nies respiratoires attribuées à l'élévation de l'ozonomâtre. Mais ici, comme ^iir le choléra, il y a désaccord complet entre les faits observés. Ainsi dans puie épidémie de dysenterie h Berne et k Saunen, en 1856, Wolf assure avoir Bonstaté que l'énergie de l'épidémie augmentait et diminuait avec la proportion rosoue 3lmo«pliérique. landis que Speck a décrit une autre épidémie de dysenterie qui régna i Strass- Ebersbuuh, duns le duché de Nassau, pendant les mois A'aoùL «t de septembre 1859, et ilui-ant laquelle l'ozonoraëlre ne s'est jamais '^baissé au-dessous de la moyenne qu'il ofl're d'habitude fi cette époque de U'année.

t lïoi» avons vu plus haut que ScliiefTerdecker, le rapporteur de la commission Lminée par lu Société de médecine de Konigsberg, s'est prononcé pour la iiéga- Bite- Il n'en est pas de même du médecin anglais t^ook, dont il a été question i propos du choléra. Mais, comme il ne s'agit souvent que de coïncidences tout Kcidentellcs. on ne saurait tjop se tenir sur la réserve.

Molaria. L'Américain Guillard et après lui Bœukel ont prétendu établir que 'taooB fait défaut dans les coutrées à malaria e[ à lièvres périodiques. Mais ■iourd'hui un est i peu près nnanimement d'ucuurU pour nier toute relation mm l'ozone et les atlections paludéennes.

I Du reste, une observation bien simple permet de juger immédiatement la funtion. Le miasme paludéen existe précisément à la campagne où se trouve de Totoue et ne pénètre pas dans les villes où l'ozone luit généralement défaut. Çtdltii n'a-t-il pus trouve, dans ses observations ozonométriques faites à flûonnlle en 1859, que ta coloration maiima du papier réactif se montrait léeùémeiit au-dessus d'un marais, tandis qu'elle était moindre par ordre tooissant sur In face d'une caserne contigué à ce mardis, sur l'eau courante le la HoKlle, sur la face de lu caserne opposée au marais, sur la plate-forme h duclier de l'église située à une altitude de 35 mètres; tésultats absolument ftjMsés i. ce que l'on pouvait penser à priori f Du reste, ces expériences de inllois venaient simplement conlirmer ce que disait un an auparavant Durdel Btehercketsurles fièvres i>aluiléennet, 1858), c'est-à-dire qu'on trouve souvent oUiit d'ozone au-dessus des marais que dans toute autre localité. Enfm Fox a DWtaté qu'en faisant passer un courant d'ozone dans une solution de la niulière rigauique recueillie dans l'air des marais cetto matière ne se trouve même pas imposée.

' inl ou a fait des expériences relativement à l'action de l'ozone sui le

-|**Mn|^||(

BttcilUtt malaria, d^couTerl par Klebs et Tommasi-Cnidc

dëiruit par l'ozone; mais n'oublions |iqs que beaucoup il'aulcurs nWaquen

doulc l'action éliologique du Bacillus dans le développement de la malari».

¥.a somme, on peut dire que l'ozone ne parait pas détruire plus le tniin paludifen que le microbe du citoléra.

Quant au typhus et à la fièvre typhoïde, la rougeole, la variole, etc., il » est très-prohablement de même. En 1848, E,-J. l,o\ve observa prèciWmentuD encÈg d'ozone dans l'air durant une violente èpidëniie de variole. Pour la autres maladies contagieuses, si des observations ont été fuiLes, c'est <]uel« résultat a dté constamment nét;atif ou du moins incertain.

On a voulu, en général, faire jouer ft l'ozone un rdie prépondérant dinslt mortalité et encore, en 1873, Tamin-Despalles s'est pronoDcé dans ce xm, ajoutant que la présence de ce gaz favorise le maintien de la snnté publique. Rappelons, d'autre part, qu'on a pr'étendu que la grande morlalité des lies Hébrides est (lue à l'excès d'ozone de leur atmosphère, ^ous^eche^ctle^ollsp■9l réfuter celle assertion à lafjuellc on ne peut ajouter plus d'importance qn'l celte qui fait dépendre h malaria, le choiera, la grippe, elc, des oscilUtMU de la proportion d'o/one, d'autant plus que les méthodes dont on se wrt le plus souvent pour mesurer l'ozone atmosphérique sont des plus défectueuses et entachées de nombreuses causes d'erreur, comme nous l'avons vu plus biuL Aussi croyons-nous devoir nous associer à cette conclusion de Baldwin, pir laquelle il termine son mémoire publié en 1874 : i L'ozone iiinlIueDce U santé générale que comme un Hgeat purificHteur de l'air, en détruisant, non ki germes vivants, mais les produits de décomposition..., tout le reste est hyp>v thèse s. S'exprimer ainsi, ce n'est pas nier le râle de l'ozone dans la DaliiFC;CE râle peut même être très -important, mais nous ne le connaissons que tr^ imparfaitement, et les proches que nous employons pour reconauïlre et doKT l'ozone sont si imparfaits, les résultats obtenus le plus souvent si dootMii qu'un grand nombre d'auteurs sont allés jusqu'à nier son existence. Cantenlav i nous de dire que, si nous trouvons de l'ozone dans l'air, ou encore les pno' de sa réaction sur l'ammoniaque, l'eau oxygénée, les acides nitrïijiieetiull tous corps purilicalcurs de l'atmosphère, nous pouvons présumer tjue cet n pur, et rien de plus. Du reste, la proportion d'ozone est si minime qit influence sur l'économie, comme dit Marié, se trouve noyée dans il'ioUw influences concomitantes et généralement prépondérantes.

5" L'ozone cohhe agent TiiÉRAPEUTtuuE. A diverses reprises des U ont été faites pour introduire l'ozone dans la thérapeutique. L'emploi ^d paraît le plus justifié, c'est celui qui consiste à mettre è profit ses pmf désinfectantes incon tes tables. Ainsi nous avons déjà vu qu'on a eu l'iil produire un dégagement d'ozone dans les salles d'b&pital. Oelabousse praj en 186â, l'appareil de Le Floux, qui consiste en un fil de platineenrtH spirale et rendu incandescent an mojen d'un élément de Bunsen; mais 3 parait pas se produire d'ozone dans ces conditions.

Lender a indiqué un autre procédé pour obtenir un dégagement d'«i forme un mélange sec de 4 parties d'acide oxalique, de 3 parties de peiol de manganèse et de 5 parties de permanganate de potasse; ce mélnugel connu sous le nom de poudre otonogène de Lender. En mélangeant uneauHtl de cette poudre a\ec wïve taVtteTée d'eau, on obtient une riïe elTervesceDoe *

OZONE (hygiène et PATaoLooii). 607

de Tozone se dégage. Noos craignons fort que ce dégagement d*ozone n*ait lieu que dans l*iniagination de fauteur. En outre, le moyen est assez dangereux ; le médecin ou le pharmacien qui s'aviserait de faire le mélange de ces poudres dans un mortier apprendrait à ses dépens qu*il a affaire à des matières explosives.

Enfin, en 1876, De Carvalho a présenté à TAcadémie des sciences un appai'eil ozonogène qu*il destinait spécialement à l'assainissement des salles de malades et à celle des appartements dans les pays chauds et malsains. Cet appareil se compose essentiellement d'un tube disposé pour des décharges obscures obtenues au moyen d'un appareil de Ruhmkorïl et d'un aspirateur.

Malheureusement, on n'obtient jamais, par ces moyens, l'ozone en quantité suffisante pour détruire même les odeurs et à plus forte raison les miasmes. L'appareil de De Carvalho et les autres procédés proposés (tubes à ozonisation de Siemens, De Babo, Houzeau, Wislicenus, etc.) n'offrent donc guère jusqu'à présent qu'un intérêt théorique. Du reste, il est probable qu'un dégagement assez abondant pour désinfecter l'air des appartements ferait plus de mal à nos i^ies respiratoires qu'aux miasmes. « Peut-être, dit Marié, est-ce à l'ozone qui accompagne toujours les machines électriques en activité qu'étaient dus les effets assez variables, du reste, que les médecins de la fin du siècle dernier attribuaient aux bains électriques, i

Le pouvoir oxydant de l'ozone et l'effet stimulant qu'on lui attribuait sur la ▼italité des animaux et des végétaux avaient conduit Schônbein à recommander Tusage de ce corps aux phthisiques, aux scrofuleux et aux diabétiques, et Scoutetten à l'administrer aux chlorotiques et aux anémiques, à toutes les personnes, en un mot, « chez lesquelles la combustion normale, produite par l*air inspiré, se fait incomplètement et laisse prédominer les fluides lymphatiques, i

Scoutetten, reconnaissant l'impossibilité de faire respirer l'ozone en nature, mélangé à l'air en proportion déterminée, préconisa l'eau ozonée ; mais il ne tarda pas à se convaincre que l'ozone disparait très-rapidement de l'eau où il a été introduit et, finalement, il recommanda l'eau chargée d'oxygène sous pression : il n'était donc plus là question d'ozone.

En 1850, Schônbein avait proposé l'essence de térébenthine ozonisée par son agitation répétée au contact de l'air, ou simplement par son exposition à la lumière solaire. La saveur et l'odeur de cette essence oxygénée se rapprochaient de celles de la menthe poivrée; quelques gouttes placées sur la langue provoquent une saveur amère et piquante suivie d'une sensation de fraîcheur. Seitz (de Munich) et Fraas, directeur de l'école vétérinaire de la même ville, l'expérimentèrent sur des animaux et sur eux-mêmes. Les premiers essais portèrent sur des grenouilles; l'applicatiou de l'huile amène rapidement la paralysie et la mort. On expérimenta ensuite sur des lapins; 1 gramme et demi d'huile de térébenthine ozonée sont injectés dans l'œsophage de l'un d'eux ; une minute après la respiration s'accélère et devient pénible; des convulsions surviennent au bout de dix minutes, et la mort arrive après vingt minutes d'un état comateux. Chez un autre lapin, qui ne reçoit que 80 centigrammes d'huile, la paralysie arrive après douze minutes, et la mort au bout de douze heures. Chez des dievaux, des doses de une à plusieurs livres d'huile pure ou ozonée accélèrent la respiration, la circulation et les sécrétions de la sueur et de l'urine; mais les convulsions, les paralysies et le coma, arrivent plus vite et plus-ënergiquement quand on a donné de l'huile ozonée.

Page 1