‹ Dictionnaire encyclopédique des sciences médicales, publie sous la direction de MM. les docteurs RaigeDelorme et A. DechambreChapitre 64 sur 72 · CHAPITRE V. Phehière apparition des ëtdes orcakisés. CHANCutin · texte numérisé non relu

CHAPITRE V. Phehière apparition des ëtdes orcakisés. CHANCutin

DA?IS la nature Lf.% MILIEUX ET DANS LA QUANTITÉ DE VIE. ËrOLDTION mU-

PÉTALE. La terre et toutes les planètes semblent avoir pour missîou de pnrWr la vie avec elles: Pourtant ce n'est qu'à leur surface que la vie se manifeste. La phénomènes d'ordre organique s'y trouvent limités dans une xane étnjtte, entourant le globe tout entier et dispamissant i peine dans le voisinage des pâles. ' Dans celte ione vitale, la vie se développe avec une gnimle énergie; le,v iire; organisés s'y montrent partout à profusion et apparaissent sur les poinUwiVou s'attendrait le moins à les rencontrer. « Lorsque, dit Ilumboldl, t'Iiomme inlci* rogc la nature avec sa curiosité pénétrante, ou mesure dans son iroagiuiliin les vastes espaces de la création organique, de toutes les émotions qu'il éprouve, li plus puissante et la plus profonde est le scnliment que lui inspire la plénilmlf de la vie universellement répandue. Partout et jusqu'auprès des pâles cl*** l'air retentit du chant des oiseaux et du bourdonnement des insectes •■

Pendant tous les temps géologiques, de même que de nos jours, la tiei fti répandue à la surface du globe, mais ses manifestations ont varié ft chaque instant. Les différences que le voyageur constate lorsqu'il se dirige de l'étpulear vers les pô\iis ou àa\iorA ia U ■kvç.v vctï, le sommet des hautes nioiilagn<;:<. I(

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géologue les retrouve, lorsque, par la pensée, il remonte de l'dpofjue actuelle vers les âges les plus reculés, ou, pour mieux dire, jusqu'au motnral où lu vie a fait son apparilion i la surface du globe.

La première quesliou qui se prësenle à notre examen est de rechercher â quel momeulet dans quelles conditions a eu lieu cet ëvénemeut que nous désignons ici souâ le nom de premièi'e apparition de la vie.

La série palÉozoïque débute, en Europe, par un teiTain que les géologues ont diversement délimité en l'appelant les uns cambrien, les autres cumbrien. Ce terrain peut se diviser en deux parties : une partie supérieure, présentant déjà une faune assez complète que M. Barrandc désignait sous le nom de o faune première ", et une partie inférieure ofi n'ont été signalées que quelques traces d'êtres organisés et nolaninient celles que l'on a appelées Olilhamin. Ces Oldhamia avaient été d'abord considérés comme des zonnihaires ascidiens nu comme des bryozoaires. D'après Schimper, ce seraient des v^gélam voisins des nuUipores. Quoi qu'il en soit, ils n'en témoignent pas moins de l'existence de la vie au moment oîi le teriaîn cumbrien inférieur se déposait. C'est donc au-<les30us du terrain cumbrien, et, suivant l'expression de M. Gaudry, dans les vieux replis des strates placées au-dessous de ce terrain, que s'enveloppe la mystérieuse histoire des origines delà vie.

Quelle est la composition des formations antérieures au cumbrien et postérieures au granité fondamental ? Itappelons d'abord que ces formations constituent une série dite azuïque, commençant par les gneiss, se continuant par les schistes crislallins et se terminant par les schistes talqueux.

Au-dessus du terrain azoïque se place, en Amérique, le terrain dit laurentien, dont la puissance serait de plus de 12000 mètres, puis le terrain lahradorlen, de 50U0 mètres d'épaisseur, puis le terrain huronien, puissant de 5000 mètres. Ce n'est qu'au-dessus Je ce dernier que se montre le grés de Potsdam, considéré comme l'équivalent du cumbrien d'Europe. Ces formations, qu'on a proposé de réunir sous le nom de terrain archéen {àpxii commencement}, seraient représentées en Angleterre, mais avec un développement bien moindre qu'en Amérique.

Les terrains azoïquc et archéen renferment-ils des traces d'êtres organisés? La vie, pendant que leur dépôt s'effectuait, existait-elle à la surface du globe? — Dans l'état actuel de nos connaissances, aucun témoignage n'autorise à répondre affirmativement à cette question en ce qui concerne le règne animal. Quant au règne végétal, la présence de matières charbonneuses dans les schistes cristal- I Uds permet d'ailmettre l'eïislence de végébux pcnilant ta période dite azoïque. A l'appui de cette opinion, nous rappellerons la rencontre, dans un fragment de bloc erratique provenant du gneiss fondamental des Alpes, d'une empreinte végétale dont on a fait ÏEqitisetum Sitmondie, et la découverte, dans le gneiss fondamental de la Scandinavie, de débris d'un végétal d'une organisation assez élevée, débiis (|ui ont servi à l'établissement du genre Eop}iylon.

L'existence d'animaux pendant la période anlécumbrienne serait mise hors de doute, si la nature organique de r^osoon canadense dans les couches supérieures du laurentien n'était pas contestée par des géologues qui persistent â voir, dans ces Eoioon, des accidents pélrograp biques particuliers. M. Dawson, qui a signalé le premier l'existence de lEoioon, a cru reconnaître également, dans les mêmes couches, des trous <le vers et des matièrescharbonneuses; il cite aussi des grains arrondis qu'il décrit sous le nom d'Arclueotphxrina.

7^ PALË05T0L0G1E.

Sî foa nf^nàm ees Eûts de ceux que nous tfons d^à mentioiiiiés (artkk ^OÊJOOJU p. 472' pov MMilfcf que, dans des as nombreux, râëntioQ de b fienipêKiCBre et U <aapaùoo des eaux ne s*opposeDl pas au déTeloppemeiit des ' . «• ca OMclara q«e, pendant la période comprise entre la foniuf MdmHfllal el le d^iôt des strates combrienoes, non-seulement à la Hvlaoe du globe, mais qu*elle existait d^à soos une

noos indiquerons sommairement les cliangemenb

la nature et l'aspect des êtres organisés qui ont

et la iore de diaque époque ; nous essaierons de retrooTer

lois qui oitt r^ ces chaogemeots et les causes diversiesqiii

^Hs aoparaiant nous devons dire quelques mots des modi-

les milîeax oik la rie se développe.

~ s qm s'est passé dans l'atmosphère, nous goo-

en s*abaissant, mais avec une grande lenteur.

de température a été soumis à des osallations; des

^^ quelquefois même glaciaires, ont succédé i des

plus uniforme qu'elle ne l'est maintenant des paies fdk s*abaiaait, ainsi que nous venons de le dire, les ~ d*UBe manière de plus en pluS uette. En d'talres plus rapide vers les régions polaires que dans pins ou — WM rapprochées de l'équateur.

U ciMipiKitilHi ie raifliosfiière a-t-elle varié pendant les temps géolo- .pi^Hfr? Us luturalfest» a^héûlent pas à dédarer que les lois en vertu des- ^ikQ*» îa ^^ ie manifesle ont été toujours les mêmes : or, il j a, entre . irpii^aiicim Ji» loimaux et h nature des gaz qu'ils respirent, une relation 3iùt VL^ K swrait supposer que l'une ait varié sans lautre. Depuis la période rjjiifvica*^ U sirÉice du globe n'a pas cessé d'être liabitée; de cette per- $,j<U3ci? «Sutt Tor^arnsme on doit conclure la stabilité de la composition de liir Atm-^sphériquc pendant les temps anciens. On pourrait, il est vrai, objecter iT^- nison que tous les animaux n exigent pas le même degré de pureté dans Fair atmosphérique et que telle proportion d'acide carbonique, qui serait préjudiciable à une espèce, ne produira aucun effet sur une autre. Sans coolester ce fait, nous ci-oyons devoir repousser la théorie qui a fart considérer it période houillère comme une sorte de période d'épuration pendant laquelle, grâce à la formation de la houille, Tatmosphère aurait été débarrassa d'aa excès d'acide carbonique qui s'opposait à Teristcnce des animaux d'un ordre élevé. Nous avons fait un calcul, que nous croyons inutile de reproduire ici et qui nous a montré que, si tout le carbone de la houille existant actuellemeot était ramené à Télat d'acide carbonique, le changement apporté dans la composition de l'atmosphère ne serait pas sensible pour nous. La proportion d'acide carbonique répandu dans l'atmosphère après la combustion de toute la bouille, en supposant que cet acide carbonique ne fiU pas repris immédiatement par It •^^«^Atation, serait de iO/lOOOO. L'air atmosphérique renferme 4/10000^ d'acide que, mais celte proportion pourrait être augmentée sans qu'il en résultât onvénients pour la respiration de l'homme et des animaux. D'après lervalions faites, en 1845, dans les mines de PouUaooen, en Brelir renfermait plus de 300/10000* d'acide carbonique; la respira-

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lion était gêaée, mais le travail restait possible» tant que la température n'était pas élevée.

II est donc puéril, en abusant de la théorie des causes finales, d'attribuer à la présence d'un excès d'acide carbonique dans ratmosphère« et la formation de la houille et l'absence d'animaux à respiration aérienne pendant la période triiobitique. Si la houille ne s'est formée que pendant la période iioiullère, c'est parce que les sigillaires et les végétaux à racine stigmariée n'ont vécu que pendant cette période. Et si les animaux à respiration aérienne ne se sont montrés i la surface du globe qu'après la période houillère, c'est en vertu des lois qui ont présidé à l'évolution organique.

Au commencement des temps géologiques, une mer sang rivages s'étendait d'un pôle i l'autre et recouvrait le globe tout entier. Depuis lors, la terre ferme o'a pas cessé de s'accroître en étendue ; ce que l'océan a gagné en profondeur, il l'a perdu en surface. Il y a eu des changements, non-seulement dan:> l'étendue, mais aussi dans la forme des mors et des continents ; aux mers largement ouvertes des premiers temps ont succédé, çà et là, des lléditerranées, puis des mers Caspiennes. Enfin, la surface du globe a présenté un relief de plus en plus accidenté et les montagnes ont acquis une altitude sans cesse croissante.

Cette augmentation progressive dans l'étendue et l'altitude des masses continentales a donné lieu à la loi de l'évolution terripétale formulée par 6. Brom dans les termes suivants : « Les modifications principales qu'eurent à subir les con* ditions extérieures d'existence des organismes consistaient sans doute essentiellement dans la division de l'océan universel en plusieurs mers, en bassins méditerranéens, en lacs caspiens, dans l'éniersion d'îles qui s'agrandissaient ou même se soudaient les unes aux autres pur former des continents ; dans le soulèvement des chaînes de montagnes, etc. Parallèlement à cette transformation de Tocéan terrestre le monde organisé présentait des transformations analogues. La population de la mer primitivement toute pélagienne se combina avec une population littorale, puis avec une population terrestre, mais exclusivement côtière, puis enfin avec des populations continentales variant avec les conti*ées de plaine et les contrées de montagnes. C'est cette série de phénomènes que nous désignons sous le nom d'évolution terripétale ; soit par la série successive des organismes, soit par la transformation de ses caractères, môme dans les cas où les causes de transformation nous restent inconnues, cette évolution se montre à nos yeux comme une loi de développement tout à fait générale que nous nommons la loi terripétale. Comme, en général, les habitants des côtes sont caracté* risés par un degré d'organisation plus élevé que les habitants des profondeurs de la mer, et les habitants des terres par un degré d'organisation plus élevé que les habitants des eaux, celte loi est intimement liée au développement progressif. »

Ces changements dans la constitution topographiquo du globe ont eu pour corollaire des changements correspondants dans la nature des eaux.

Pendant la période neptuniemie, les eaux répandues à la surface du globe offraient une composition uniforme et un degré de salure moins élevé que de DOS jours. Plus tard, la salure de l'océan a été en augmentant; elle s'accroîtra par suite deb circonstances suivantes. Pendant toute la durée des temps géologiques, des sources salées n'ont cessé de jaillir à la surface du globe ; le sel existant dans l'océan ou y arrivant à chaque instant tend à s'y maintenir parce que les masses qui se forment dans ses eaux ne retieiment pas son chlorure de sodium, ainsi que le démontrent les roches sédimentaires d'origine marine et

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les glaces gialaires résullniit ilc h congi'Ialion iIl- l'eau de mer. Nous a Imelloni d'ailleui's mie les xmaB de sel gemme ne sont nullement le résidu d'anciemies mers dess4!cli£es.

En même temps, les amas d'eau douce prenaieut une imporbaco sans cesse croissante, b^s la nwmcnl où une première île a surgi i la surtace de Vvha, les euui pinviiiles ont commence i s'accumuler soui Tonnes de mares, ou > se diriger vers la mer en petits ruisseaux. Peu à peu les ruisseaux sont dcveausdes riviSrcs, et puis des lleuves, taudis que les mares étaient destinées h devenir lic^ lacs de (dus en plus dlendus. Nous n'avons pas liesoin d'Insister pour moalrer l'inlluence que ces ciiangemenls dans la nature des eaux devaient eiercer ior l'organisme.

Que doit-on entendre parquantitéde vîeï D'aprâs Floiirensquî, crojans-Dou:, s'est servi le premier de celte expression, ce serait simplement, il nous semlile, le nombre des êtres vivants. Il nous i>ar.iit que l'expression v quantité de vie • porte avec elle une idée plus complexe. La quautllé de vie dépend, i-n outre, du nombre des individus, de la masse de matièie organique mise en œuvre par l.i force vitale. Pour mesurer la quantité de vie, il ne faut pas cousidcrer comim: unités de nitme ordre le protococcus et le palmier, l'infusoire et le lion, il e=l encore naturel de tenir compte du nombre des espèces, car, le volume et k nombre des individus étant les mêmes, la quantité de vie paraîtra plus coosidÉrable 11 où les formes organiques, au lieu de se a'péter uniformément, se porteront à plusieurs types.

Parmi les causes qui contribuent à rendis plus grande la ciuantllù de ne,' faut placer en première ligne la cbaleur, et, pour la rie terrestre, la richesse da soi et l'humidité- On voit la vie décroître de l'^uatcur aux |>dles et des plaine^ au sommet des montagnes, parce que la chaleur décriât eu même temps. Dam les contrées privilégiées sous le rapport du climat, la vie appelle la vie, car loos les (Ures organisés vivent les uns aux dépens des autres on se nourrissent <ic matières organiques. C'est de la richesse du sol que dépend I>eaucoup la quiolilÈ de vie : là où il est impropre au développement des végétaux, la vie animale iv. peut s'étahhr, et, selon l'expression de liumboldt, il en résulte des lacunes sur le lapis animé que la nature a ^teiulu sur le corps nu de la terre.

La quantité de vie pendant les premieis temps gi^logtques était d'abord ^alc à ZL^ro. A partir du commencenient de l'époque cunibrlenne, elle a été e» augmentant ; puis, après avoir attciiit une certaine valeur à une époque qu'il serait peut-être dilficlle d'indiquer, elle ne semble pas s'être modifiée d'iuK manière bien sensible jusqu'à nos jours.

Dans un avenir ciucssivemenl éloigné, mais certain, la surface de oetrt planète deviendra de plus en plus impi-ojire au développement de l'organisiM; la quantité de vie iia de nouveau en diminuant cl finira par être une autn; l<ûi égale â zêio. Alors se réahsera l'évéDcment que l'on désigne sous le nom de i fin du monde. <> Ce nouvel état de choses ne viendra nullement 11 la suite d'un cataclysme ; il sera la conséquence d'actions qui opèrent avec une gnodo lenteur, mais saus discontinuité. Le soleil, recouvert d'une croiltc épaisse, u'eiiverra pliu ni chaleur ni lumière à la surface du globe enlièrcment gUcée et plongée dau une obscurité profonde. L'absence d'air et d'eau achèvera de rendre impo»iUr l'existence d'êtres organisés. En même temps, la dlsparltiou de l'almoxjJiM. absorbée aveclocéan dans la niasse lorresti-e, aura pour résultat la cessation. J» tout bruil »\ai sutUw «Lat^Vuba; le silence le plus ab^lu réguera partout rfriffl

ne viendra dértnger le sable laissé sur les rivages des dernières mers desséchées.

CHAPITRE YI. HiSTOiRB géologiqub des principaux types de puntes et D*i!ivBRTénRÉ8. Nous alloiis esquisser rapidement Thistoire des principaux groupes d*aniroaux et de végétaux ; nous indiquerons le moment où chacun d*eux 8*e8t montré pour la première fois et celui où il a cessé d'exister; nous dirons Clément pendant quelle période il a atteint son maximum de développement et a été représenté par le plus grand nombre d*espèces et d'individus. Quelquesuns des faits que nous allons mentionner n*ont, pour ainsi dire, qu'une certitude provisoire. Il est évident, par exemple, que de futures découvertes auront pour résultat de faire remonter de plus en plus, dans la série des âges géologiques, les dates que nous donnons actuellement pour la première apparition de certains types, liais, quelles que soient les acquisitions successives de la science, on peut entrevoir déjà l'ordre dans lequel se sont opérées les diverses transformations des faunes et des flores ; les relations entre les époques d'apparition pour les divers groupes comparés se maintiendront.

Les cryptogames thallophytes, tels que les algues, les champignons et les lichens, sont les végétaux dont l'organisation présente le plus de simplicité. Exclusivement formés de tissu cellulaire, ils sont entièrement constitués par un thallns ou expansion membraniforme, n'offrant pas d'axe proprement dit. Les mousses, pourvues d'un axe et de feuilles, mais ne présentant pas dans leurs tissus de véritables vaisseaux, se joignent aux thallophytes pour composer avec elles l'avant-garde que l'organisme envoie lorsqu'il prend possession d'un point qui vient d'être soumis à son influence. Sans doute aussi ces végétaux ont été ceux que la nature créa après s'être pour ainsi dire essayée en donnant naissance aux microphytes. Les premiers végétaux qui apparurent dans l'océan des premiers âges furent des algues, et la première île qui surgit à la surface de notre planète se couvrit, dès son émergement, de végétaux semblables par leur organisation aux cryptogames cellulaires de l'époque actuelle. Depuis lors, les thallophytes ont sans doute occupé une place importante dans les flores qui se sont succÀlé, et, si leurs débris fossiles sont très-rares, surtout pour les thallophytes terrestres, il faut attribuer cette circonstance à la délicatesse de leurs tissus et aux conditions défavorables de leur fossilisation.

La flore des périodes cumbrienne et silurienne était exclusivement marine ; c^estdu moins la conclusion que l'on pourrait tirer de l'état de nos connaissances, encore très-imparfaites, sur la végétation des premiers temps géologiques. Il est évident pourtant que les Iles et les petits continents qui se montraient à la surface des eaux possédaient des végétaux d'une organisation plus parfaite que celle des thallophytes. On connaît, dans le terrain silurien, des gisements d*anthraeite qui témoignent de l'existence de végétaux terrestres pendant que ce terrain se d^MMait.

Jusque dans ces derniers temps, la SigUlaria Haussmanni^ rencontrée dans le terrain dévonien inférieur de la Norvège, était considérée comme la plus ancienne plante terrestre connue. Récemment on a signalé, dans le silurien d'Angers, une fougère, ÏEopteris Morieri, dont l'origine organique est contestée, VEophyton du gneiss de la Scandinavie et YEquiselum Sismondœ du gneiss des Alpes. On a signalé encore, dans le silurien supérieur des États-Unis et du Canada, quelques plantes correspondant à des types, comme celui des SplienopK\\V.Wm^

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qui sont caractéristiques du carbonifère, et un genre, le Pêilophytm^ qui disparaît avec le dévonien et qui réunissait des caractères ambigus le rapprochant tout à la fois des fougères et des lycopodes.

Les acrogènes ont pris un rapide développement pendant les périodes dévonienne et carbonifère. Lors de la période houillère, ils constituaient, avec quelques conifères, toute la flore terrestre, et c'étaient exclusivement des T^étaux acn>> gènes qui contribuaient à la formation de la houille. Dans ce phénomène les sigillaires et les végétaux è racine stigmariée jouaient le rôle le plus important.

A dater du commencement de la période triasique, le règne des acrogènes a pris fin; ces végétaux, dans les flores qui se sont succédé, n*ont plus joué qu'un rôle secondaire. D'ailleurs leurs diverses formes n*ont pas eu la même dorée. Si les fougères et les prêles ont persisté sans interruptiou jusqu'à T^ioque actudle, les sigillaires et les lépidodendrons ont cessé de faire partie de la flore tenestit dès la fin de la période paléoioîque et les calamités ont disparu avant le commen« cément de la période du lias.

Le groupe des gymnospermes comprend la famille des cycadées, actuellement spéciale aux régions chaudes, celle des conifères qui a des représentants dans toutes les régions du globe et sous toutes les latitudes, et celle des eordaïtes, actuellement éteinte et n'ayant vécu que pendant les périodes dévooienne, car bonitère et houillère.

Les eordaïtes cessent avec la période permienne. a Leur perfection reUtive, dit M. de Saporta, non-seulement marque leur place au premier rang des gymoospermes, mais elle dénote citez les végétaux de cette classe des tendances à une transition vers la classe supérieure des angiospermes. Le passage s'eflectue i Taide de types demeurés inconnus, mais dont on est en droit d'alBrmerrexistence et dont on réussira peut-être quelque jour à retrouver les traces. »

Les cycadés commencent dès la période carbonifère par le genre Hœggeralk et par une espèce de Pterophyllum ; ils pei*:>istent pendant la période jurassique et crétacée, mais ils disparaissent, du moins en Europe, dès le commencement de la période tertiaire.

Quant aux conifères, leur première apparition date de la fin de la période dévonienne; depuis lors, ils n*ont pas cessé de faire partie de toutes k» flona qui se sont succédé à la surface du globe, mais c'est pendant la période junssique que leur rôle a été le plus important.

Les dicotylédonées angiospermes, qui constituent plus des trois quarts de It flore actuelle, manquent complètement dans tous les terrains antérieurs à il période crétacée. Les premiers débris ayant appartenu à des végétaux de oe groupe ont été rencontrés dans Tétage aptien, de sorte que Ton peut fixer provisoirement la première apparition des angiospermes au commencement àe h période crétacée moyenne.

Les diverses familles dont se compose le groupe des angiospermes n*ont puea la môme destinée. Les premiers angiospermes étaient des végétaux semblables au noyer, au chêne, à Taune, au bouleau, c'est-à-dira à des arbres de la famille des amenlacées, caractérisée en partie par des fleura peu apparentes, ou do moins peu colorées. En considérant la flore des angiospermes dans son ensemble» on peut dire que les apétales se sont montrées les premières, puis sont veoues les polypëlales, et, enfin, les gamopétales, qui n existaient pas encore pendaotb période éocène et qui n*ont acquis Timportance qu'elles présentent actueJlemeiit (ju*à dater \\e \a ç&àràe (\\sA\,e>t^\t^.

Dans les formations antérieures au terrain liasique, les monocotylédonëes ne comptent aucun représentant. Les antholites, qui avaient été considérées à tort comme des fleurs de monocotylédouées, se rattachent en réalité aux cordaîtes. Les plus anciens débris appaitenant incontestablemeut à cet embranchement ont été rencontrés dans les couches liasiques de Scbambelen, puis dans les lignites de nie d*Aix (Charente) appartenant au terrain crétacé inférieur ; ce sont des ZoUera. A dater du commencement de la période crétacée, les monocotylédonées ont pris une extension sans cesse croissante sans atteindre toutefois Timportance des angiospermes.

Les plus anciennes traces de palmiers ont été signalées dans le terrain crétacé supérieur de la Bohème et de la Silésie. Ces végétaux ont été très-nombreux pendant les périodes eocène et miocène* mais, pendant la période pliocène, ils n'existaient plus, du moins dans TEurope centrale; l'abaissement de la température ne leur permettait plus alors de croître dans un grand nombre de régions trop éloignées do la zone équatoriale.

Les échinodermes, les polypiers, les protozoaires, étaient représentés dès la période cumbrienne; depuis lors ils n'ont pas cessé de faire partie des faunes qui se sont succédé.

Si VEozoon est, en réalité, de nature organique, comme c'est parmi lesforaminiferes qu'on s'accorde à le placer, il en résulterait que la première apparition de cette classe daterait de la période archéenne. Malgré cela, ce ne sont pas les anciennes strates qui se montrent le plus riches en foraminifères ; ceux-ci paraissent avoir atteint leur maximum de développement à une époque récente, peutêtre même pendant l'époque actuelle.

Les nummulites, qui forment à elles seules la roche avec laquelle les pyramides d'Egypte ont été construites, ont commencé et fini avec la période eocène, qui, par conséquent, mérite bien l'épi thète de nummuli tique. Pourtant le terrain miocène inférieur de Tltalie parait contenir quelques représentants de ce type. Les graptolites sont spéciales au terrain silurien proprement dit, c'est-à-dire ajnoindri de toutes les strates que Ton rattache quelquefois au terrain cumbrien. Les trois principaux groupes dont se compose les échinodermes existaient * dès les temps anciens. C'est dans le terrain silurien que les crinoïdes ont acquis leur maximum d'importance ; ils ont été en diminuant jusqu'à l'époque actuelle. Les récentes explorations sous-mariaes ont montré qu'un grand nombre de 'orinoïdes vivent encore dans les profondeurs de l'océun. Les échinides et les siellérides, d'abord rares pendant la période paléozoïque, sont devenus de plus eo plus abondants.

On peut réunir, sous le rapport de leur histoire géologique, les gastéropodes et les lamellibranches d'une part, et, d*autre part, les brachiopodes et les céphalopodes.

Les gastéropodes et les lamellibranches sont à peine représentés dans la faune première; ils se montrent un peu plus nombreux dans la période silurienne, gagnent peu à peu en importance, commencent à devenir bien plus abondantfli pédant la période tertiaire et atteignent aujourd'hui leur maximum de développement.

Les premiers gastéropodes pulmoués se montrent dans le terrain houiller ; ils deviennent assez abondants vers la iin de la période jurassique, mais ce n'est qu'à dater du commencement de la période tertiaire qu*ils ont vécu en grand nombre.

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Les rudistes, dont les caractères sont encore incertains, et qui paraissent intermédiaires entre les lamellibranches et les brachiopodes, sont spéciaux à la période crétacée ; ils se sont montrés pour la premièrefoisafec Tépoqueurgonienne.

Les brachiopodes et les cé(»halopodes, qui ont la même histoire géologique, acquièrent, dès la période paléozoïque, leur maximum de déTeloppement, conservent une grande partie de leur importance pendant la période roésosoïqne, puis décroissent rapidement pour présenter leur minimum d'extension pendant l*époque actuelle.

Parmi les céphalopodes, ce sont les tentaculifères qui, toujours pourvus d*oiie coquille externe, ont surtout laissé leurs débris dans les strates sédiroenUim ; ce sont eux, par conséquent, qui se prêtent le mieux aux remarques qae Ton peut faire sur la répartition géologique de la classe à laquelle ils se rattadieoL Les céphalopodes tentaculifères de la période paléozoïque appartiennait u groupe des nautilides, caractérisé par les cloisons des coquilles, cloisons qui sont simples ou anguleuses, mais non ramifiées; ce groupe cesse avec la période paléozoïque, et ne se continue jusqu'à notre époque que par le genre fiautibUy qui offre cette particularité d'avoir toiyours eu des représentants à la surfMe du globe. Les céphalopodes tentaculifères de la période mésoxoîque appartio* nent au groupe des ammonitides, caractérisé par des coquilles dont les cloisons offrent des ramifications nombreuses. A ce caractère, la plupart des oéphtlopodes tentaculifères de la période crétacée en lyoutent un autre résultant di grand nombre de modes d'enroulement qu'offre la coquille (genres Scaphiia, CrioceraSy BacuLite»y etc.).

Les ammonites, qui appartiennent au groupe des tentaculifères» et les bâeiDnites, qui font partie des acétabulitères, doivent être comptées au nombre des formes les plus caractéristiques de la faune -mésozoîque. Elles apparaissent afec l'époque triasiqne, et disparaissent à la fin de la période crétacé. A dater d< commencement de la période tertiaire, le genre Nautilus a été Tunique représentant des tentaculifères.

Les annélides ont laissé des traces de leur ancienne existence sous forme de tubes on de perforations. Ces traces existent dans tous les terrains fossilif^ depuis les plus anciens jusqu'aux plus récents.

Des cirrhipèdes ont été rencontrés dans le silurien et le carbonifère ; ils soit devenus de plus en plus abondants depuis ce moment jusqu'à notre époque.

Les crustacés, dit M. Gaudry, ont eu leur règne avant les vertébrés ; Y^v^ du cumbrien et du silurien peut être nommée l'époque des crustacés.

Les trilobites se montrent dans le terrain cumbrien inférieur et disparaisse^ d'une manière absolue immédiatement après le dépôt du terrain carbonifiit proprement dit : ils caractérisent donc bien la période trilobitique. Les crastié décapodes, qui ont pour types le crabe et l'écrevisse, manquent pendant li période paléozoïque ; ils apparaissent pour la première fois pendant la période à trias et deviennent de plus en plus nombreux jusque vers le milieu de la ftiià jurassique ; puis ils perdent un peu de leur importance pour reprendre une vuvelle extension pendant la période quaternaire.

Les annelés à respiration aérienne, insectes, myriapodes, arachnides, sonttrif* nombi*eux de nos jours, mais ont peu de représentants à l'état fossile. CeUi rareté ne doit pas nous faire supposer qu'ils entraient pour une faible partie les faunes ;vt\e'\ei\tvc^ ; elle provient, ainsi que nous l'avons déjà dit, de la d* catcssc des orgîitvcâ 4e ç,^% ^iv\m^\WL> ^^V^^tvqJLlité de leurs téguments elà^i

conditions défavorables de leur fossilisation. Le développement des insectes a été, d'ailleurs, nécessairement influencé par celui du règne végétal. Les forêts des périodes paléozoîque et mésozoïque étaient exclusivement formées de cryptogames et de conifères; elles n*ont pas pu évidemment abriter des insectes ne vivant que du suc des fleurs à corolle grande et colorée.

Les plus anciens insectes connus ont été rencontrés dans le Nouveau-Brunswick ; oe sont des névroptères dont on a recueilli cinq espèces. Lors de la période houillère, ils deviennent plus nombreux, en même temps, les myriapodes et les arachnides apparaissent pour la première fois. Depuis le terrain houiller jusqu'aux formations les plus récentes, des strates avec empreintes de ces animaux se montrent à divers intervalles ; ces strates sont celles dont le dépôt s*est effectué dans des conditions spécialement favorables à la conservation des débris de corps organisés.

CHAPITRE VII. Histoire géologique des vertébrés. C'est la partie supérieure du terrain silurien qui a fourni l'exemple le plus ancien de l'existence des poissons. Près de Ludlow, en Angleterre, il existe à la jonction de ce terrain et du terrain dévonien un lit qui n'a que quelques centimètres d'épaisseur, mais qui s'étend sur une longueur de 70 kilomètres. Ce lit est formé de fragments roulés d'os de poissons appartenant pour la plupart à l'ordre des plaooldes.

Tous les étages, depuis le terrain silurien jusqu'au plus récent, renferment des débris de poissons, ce qui démontre que ces animaux n'ont jamais cessé de faire partie de la faune marine ; lorsqu'on étudie leur mode de répartition, on observe les faits suivants.

L'ordre des téléostéens, comprenant les poissons dont l'organisation est la moins parfaite, n'apparaît que vers la fin de la période crétacée, augmente rapidementd'importanceet forme presque la totalitédela faune iclilhyologique actuelle.

Les danoîdes, dont font partid l'esturgeon et les poissons à forme anormale de la période paléozoîque, commencent avec l'étage dévonien, atteignent leur maximum de développement pendant la période paléozoîque, et depuis lors sont en décroissance. La famille des céphalaspides, qui, avec l'esturgeon, appartient eux ganoïdes cuirassés, était spéciale à la période dévonienne. Elle comprenait des poissons à queue nulle ou hétérocerques, et dont la tète et la partie antérieure du corps étaient couvertes de plaques osseuses qui constitnntent quelquefois une carapace compliquée et bizarre. La forme de ces poissons était tcilemoiii anormale que les premiers débris que l'on en a connus ont fort embarrassé ks naturalistes ; quelques-uns de ces débris ont été décrits comme se rapportant à la famille des trilobites et d'autres à la classe des insectes. Par plusieurs carac* lères, et notamment par l'absence de vertèbres dans le genre Scaphaspis, et le développement du squelette extérieur aux dépens du squelette intérieur, ils §e rapprochent des crustacés.

Les placoîdes, qui ont pour types la raie, le requin, et qui, sous le rapport, de l'organisation, sont les plus élevés de tous les poissons dans la série animale, 18 sont montrés les premiers à la surface du globe ; ils datent, ainsi qu'on vient de le dire, de la fin de la période silurienne. Cet ordre a acquis son maximum l'importance dès la période carbonifère ; depuis lors, à part quelques oscillations, 3 parait être en décroissance.

Tous les poissons antérieurs au lias, osseux ou cailv\«i%\nft.>xi, %oi^\l^^\^

niques, sanf les genres sans nageoires caudales; depuis et y compris le lias« tous les poissons osseux, sauf de très-rares exceptions, sont homocerques.

Jusque dans ces derniers temps, on avait supposé que la première apparition des reptiles remontait à la période dévonienne, parce qu'on rattachait au terrain dévonien une roche située près d*Elgin, dans laquelle on avait rencontré le squelette incomplet d*un très-petit reptile, le TelerpeUm elgineme. Mais on a reconnu que cette roche appartenait an trias, et la première apparition des reptiles s*est trouvée ainsi reportée à une époque un peu moins reculée. Pourtant on cite des empreintes de pas de reptiles dans un terrain de k Pennsvl?am« qui pourrait appartenir an dévonien.

Les plus anciens débris de reptiles connus paraissent avoir été rencontrés dans le terrain liouiller de la Grande-Bretagne. M. Huxley y a signalé di?ers reptiles, parmi lesquels Y Anthracomunu, qui était un animal long de S mètres. On cite également dans le terrain houiller de Pennsylvanie des empreintes d*an énorme reptile dont les traces des pas de derrière mesuraient près d*un ped de long.

Les débris de reptiles se montrent assez abondants dans la formation des schistes d*Aulun, comprise entre le terrain houiller et le permien, ainsi que dus les formations correspondantes. Les reptiles augmentent en nombre pendant h période permienne. Pendant la période mésosoîque, les espèces sont si nombreuses, si variées, que cette période a été considérée avec raison comme ayant été le règne des reptiles. A dater du commencement de la période tertiaire, li faune des reptiles perd de son importance; sa décroissance est rendue plos sensible par le développement de la faune des mammifères et des oiseanx.

Telle est, en deux mots, Tliistoire géologique des reptiles. Mais, pour donner une idée plus exacte de leur répartition dans les temps anciens, il faut rappeler qu'on peut partager les divers ordres dont cette classe se compose en deux groupes comprenant, l'un tous les ordres spéciaux aux temps géologiques et dont aucun représentant n*a vécu pendant la période tertiaire, et Tautre les ordres auxquels appartiennent les reptiles de l'époque actuelle : les chélooiens et les ophidiens. Dans cette classification, l'ordre des sauriens se rattache aux deux groupes^ car il a été constamment représenté à la surface du globe à dater de la première apparition des reptiles.

Occupons-nous d'abord des reptiles des temps géologiques : ce sont les lalyrinthodontes, les énaliosauriens, organisés pour vivre dans l'eau, les ptérodactyles ou reptiles volants, et les dinosauriens.

Les labyrinthodontes, ainsi nommés à cause de la structure de leurs dents, formaient un ordre intermédiaire entre les sauriens et les batraciens. Leur première apparition remome à l'époque des schistes d'Autun et coïncide avec celle des genres Archegosaurus, Aclinodon^ Euchirosaurus et Slercocharis, Ce dernier genre est considéré par M. Al. Gaudry comme une des créations les plos parfaites qui aient été découvertes dans les terrains primaires. Très-abondants pendant la période triasique, les labyrinthodontes n*élaient plus représentô, lors de la période liasique, que par une seule espèce, le Rhynosaurut k» Koviy recueilli dans le gouvernement de Simbirsk.

Les énaliosauriens comprennent deux familles : les simosauriens et les ichthyosauriens. Les premiers sont spéciaux à la période triasique ; les secooà (Ichthyomurut^ Plesiosauru^^ Pliosaurus) commencent avec la période tri^ sique ei alie\gnei\\ di^ ci& mom^ivX. V^t \&»ai\fiKafiL ^^ 4<lvQloçpemait; ils sont

PALEONTOLOGIE. 791

ensuite en décroissance et disparaissent vers le milieu de la période crétacée.

Les ptérodactyles commencent avec le lias {Ramphorhyncus macronyx du lias de Lime Régis) et finissent avec la craie blanche (Pterodactylus giganteus de Maidstone, en Angleterre).

Les dinosauriensy par certains caractères de leur squelette, se rapprochaient des mammifères. C'étaient des reptiles de grande taille; le mégalosaure avait 40 pieds de long, Tiguanodon 60, et le pélérosaure 70. Ils vivaient sur le so éoïergé ; la plupart étaient carnassiers, tandis que Tiguanodon ne se nourrissa que de végétaux. Ils ont vécu pendant la période jurassique et ont disparu peu après le commencement de la période crétacée.

Les reptiles de Tépoque actuelle se divisent en batraciens et en reptiles proprement dits ; ceux-ci comprennent trois ordres : les sauriens, les ophidiens et les chéloniens.

Les batraciens ne datent que de Tépoque falunienne. Pourtant on a découvert, dans les schistes d*Autun, de nombreux petits reptiles ayant Tapparence de toutes jeunes salamandres qui auraient la queue très-courte. M. Al. Gaudry leur a donné les noms de Protriton Petrolei et de Pleuronoura Pellati. Au même type se rattachent YApateon pedestrisy des schistes bitumineux de la Bavière rhénane, qui datent de la même époque que ceux d*Autun, le Branchiosaurui, provenant d'une formation de la Saxe et de la Bohème, également de la même époque, et le Ranieps des États-Unis. M. Al. Gaudry fait remarquer que ces reptiles ne diffèrent pas autant des batraciens que les labyrintliodontes que Ton rencontre dans les mêmes gisements; pourtant, il fait remarquer aussi qu'on ne peut manquer d*étre frappé de cette circonstance, c'est que ces petits reptiles d'apparence salamandriforme se trouvent toujours dans les terrains où Ton rencontre les labyrintliodontes. En présence de ces coïncidences, il est naturel de penser, dit-il, que quelque-uns d'entre eux doivent représenter l'état jeune des labyrinthodontes. Toutefois, la question ne lui parait pas, quant à présent, susceptible d'une solution.

On a découvert dans les trias des empreintes de pas qui rappellent la forme des pieds de tortue ; mais ce n'est que dans le terrain jurassique que Ton a trouvé les plus anciens débris donnant la preuve certaine de l'existence de chéloniens.

Quant aux ophidiens, leurs restes manquent absolument dans tous les terrains antérieurs à la période tertiaire et sont même très-rares dans les formalions correspondant à cette période.

L'ordre des sauriens, qui a pour types le lézard, le crocodile, est, avec les labyrinthodontes, le plus ancien de tous ceux dont se compose la classe des reptiles. Sa première apparition date au moins de l'époque permienne et coïncide avec l'arrivée du Proteromurtu Speneri^ des schistes cuivreux de la Thuringe. Nais il est probable que, parmi les reptiles de l'époque des schistes d'Autun, quelques-uns étaient des sauriens, et que Y Anthracosaurtis appartenait également à cet ordre. Depuis l'époque permienne, l'ordre des sauriens a pris une extension sans cesse croissante jusqu'à la période jurassique.

Quelques empreintes de pas signalées dans le grès rouge du Massachusetts ont été produites par des oiseaux : c'est donc à la période triasique qu'il faut faire remonter la première apparition de cette classe, du moins en Amérique. En Europe, cette première apparition ne daterait que de la pétiode jurassique. On a trouvé dans le calcaire de Solenliofen (colite su^m\xt^^\^ vs^à^nxk^ ^>s2^

191 PàLfiOHTOLOClI.

oneiu qui a reçu k mmh à^ÀrdiûeopUnix wmerwmg oa Btkographiea . Cet oiseia «fait une queue très-longue dont cbaque fertèhn partaii dem plumes btéfmles.

On a décoavert à HeodoQ, à la baie de Targik plastique, des oasements d*im oiseau qui a?ait la taille de l'autrucbe et qu'oo a appelé le Gastormù pariiietms. Une autre déooaTerleaété £ûte dans Tugile plastique de Londres : c'est celle de VOdomiopierig. 11 y a donc en, au commenoenient de la période tertiaire, une troisième apparition des oiseaux. Depuis lors, cette classe a pris un déieloppement sans cesse croissant jusqu'à Tépoque actuelle oà nous la totoos occuper une place si importante dans la faune nranle.

VOdomiopêem avait ceci de particulier, c*est que le bord de ses mandiboles présentait des dents ou protubérances osseuses. Les dépéis éocànes de Wyoming, au pied des montagnes Rocheuses, ont ibumi une rnornu quantité d'ossements qui out permb de réédifier des animaux dont Torganisation présente des caFMtères tout particuliers. Psarmi eux se trouvent des oiseaux fossiles, paiement pounrus de dents, dont on a fait une sous-dasse sous le nom A*Odomiormtke$.

C'est dans le bome-bed, lit à ossements placé à la base de Tinfiralias, que Too a découvert en 1847, près de Stuttgard, quelques osaemfnt^ et deux dents molaires ayant appartenu à un mammifère que l'on a nommé Mierole$ies aniifUM . En Angleterre, on a découvert dans le trias un mammifère que Ton a attribué au genre Jficrofeslef , et c'est au trias que parait paiement appartenir la formation o& l'on a rencontré, dans la Caroline du Iford, trois mâdioircs de mammiftre insectivore, dont on a fait le genre Ekomaikermm^ La première apparition des mammifères date donc de h période triasique.

Deux autres apparitions de mammifères se sont produites pendant la période jurassique, l'une dms les sdiistes de Stsnesfield, à la partis nsojenne de l'oolite inférieure, l'antre dans les couches de Purbeck, à k partie tout à bit supérieure (lu terrain jurassique. Les débris rencontrés dans ces gisements ont donné lieu à rétablissement des genres TkylaeoieriMM^ PkascololkenuM, Sitrreoynathui. pour les schistes de Stooosfield, et Triamodon^ Spaiocotheriim et Plagiaulax^ pour les couches de Purbeck.

L'opinion d'après laquelle les mammifères que nous venons de mentionner, en coiumençant par le Micrvlesteêt seraient des didelphes, n'est plus aussi généraleuieal adoptée qu'elle l'avait été d'abord : quelques savants seraient portés à les considérer comme des insectivores; d'autres pensent que les débris recoeil- Ib ne sont pas assex complets pour qu'on puisse se faire une idée bien exacte de l'organisation de ces animaux.

Ou u'a pas encore découvert, dans les terrains antérieurs à la série tertiaire, des débris de mammifères autres que ceux que nous venons de mentionner. Ces débris, jusqu'à présent, manquent d'une manière absolue dans le terrain crétacé. Adn d'indiquer d'une manière plus précise leur répartition dans le terrain uéoioique, nous allons passer en revue les divers ordres dont ils se composent.

H n'y a rien de bien saillant à signaler sur les nuunmifèrcs marins, déslznatioii sous laquelle itous comprenons les cétacés, les Siréniens et les amphibies. Les plus anciens ont été signalés dons le calcaire grossier de Blaye ; les terrains miocène et pliocène en ont Iburui un assex grand nombre de d&ris.

Les débris appartenant iiK*ontestablement à des didelphes ont été rencontrés en petit nombre dans le gypse de Montmartre et dans les assises correspondantes du midi de la France; il eu a été recueilli aussi dans le miocène inférieur de

PAlfioaTOLOeiE.

MouBcamiaimiEt.

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liU

r Auvergne. On n*en cite pas dans le pliooène. H sont irètHMMnbreax dans le terrain diluvien, mais seulement en Australie. Dès le commenoeniait de U période quaternaire* les didelphes avaient donc le même mode de distributioa géographique que de nos jours.

Ce que nous venons de dire des dîddpbes est applicable aux édentés. Ils ne sont représentés, dans le terrain tertiaire, que par quelques dâuris dont on t fait le genre Macrolkerium^ et que l'on a trouvé dans le terrain miocène de Sansan (Gers), d*Eppelslieim, près de Darmstadt, et de Pikermi (Grèce). A part ces gisements, ce n*est que dans le terrain quaternaire que Ton rencontre dei débris d*édentés; mais ces débris n'existent que dans les pays où les animinx de cette famille vivent actuellement, c'est4-dire en Amérique et dans le sud de l'Afrique.

Dès le commencement de la période tertiaire. Tordre des pachydermes âait représenté, en Europe, par le genre Coryphodon; et plus tard par les genres Lophiùdon et Paiœoikeriwn ; en Amérique, par le genre Dinoeenu dont les dAris ont été rencontrés dans les dépôts éocènes de Wyoming. Le Dùêoeeras mirabilis^ dont on a retrouvé le crâne et un squelette presque entier, anit trois paires de cornes et sa mâchoire supérieure était armée de grandes défenses. L'ordre des pachydermes a pris une importance sans cesse croissanle jusque vers le milieu de la période miocène: pendant cette période, il était représenté, en Europe, par les genres «4iiiAriico(A^îifiii, AAinocerot, etc.» et, en Amérique, par le Bnmioiherimm mgeniy dont le crâne n'avait pas ummus de I mètre de long. A dater de ce moment, il perd de plus en plus de son importance, tandis que les ruminants prennent une extension plus grande.

L'ordre des proboscidiens ne comprend que les trois genres Dmoiheriwm^ spécial à la période miocène, Masiodom. qui a vécu pendant les périodes mienne et pliocène, et Eiepha$, qui date du commencement de la période quaternaire, et qui vit encore. La faune de la période éocène n'avait pas de proboscidiens.

Les ruminants n*ont aucun représentant dans le terrain éocène. On les voit apparaître pour la première fois dans le terrain miocène, où ils ne tardent pas à prendre un gi-and développement numérique, de sorte que, pendant les périodes pliocène et quaternaire, ils sont bien plus abondants que les pacbjdermes.

En ce qui concerne les insectivores, les rongeurs et les chéiroptères, noas nous bornerons à rap|ieler qu*ib ont eu des représentants pendant les époques éocène, miocène et pliocène, et que, de nos jours, ils soot excessiTement nombreux.

Les carnassiers, déjà représentés dans le terrain snessonien inférieur pir le genre PaLronffciis^ sont restés peu nombreux et de très-petite taille pendant h période éocène. Pendant la période miocène, on voit leur nombre augmenter peu à peu; mais ces animaux conservent un r^me moins exclusiiement camitore que les grands carnassiers actuels; les genres qui, de nos jours, sont les plus redoutables, ne oomm«icent à paraître que vers la fia de cette période.

Les quadrumanes comprennent deux groupes : les lémuriens et les singes proprement dits ou |>rimates.

Les lémuriens habitent aujourd'hui exclusivement les contrées tropicales de 1 ancien conliaenl. k VéUl fossile, ils ont été signalés dans le sidéroiitique de

PALËOHTOLOGIE. 70S

Soleore et dans les phoqiliorites du Loi; ces deux terrains appartiennent à l*éocène.

Les primates se dirisent en singes platjrrhiniens et singes catarrhiniens. Les premiers, spéciaux à TAmérique méridionale» sont mmns développes que oenx •de Fancien monde, surtout sous le rap|iort de Tintelligence. Hs ont été renoontréSt à l'état fossile, dans les brèches osseuses du Brésil. Les autres, spéciaux 1 l'ancien continent, ont trente-deux dents comme l'homme, et c'est parmi eux que se trou? eut tous les singes anthropoïdes. Nous allons dire quelques mots de «eux que Ton rencontre i l'état fossile.

Le fragment de mâchoire, déoouTert dans le Suflblk au niveau de l'argile de Londres, sur lequel Owen avait établi son Macacus eoceum, qu'il appelait plus tard Eopithecus, a été reconnu par lui avoir appartenu à uu petit pachyderme.

Les plus anciennes espèces fossiles ont été signalées dans le terrain miocène moyeu ; elles s'y trouvent au nombre de trob : YOreopitheau Bomfto/t, des lignites de Monte-Bamboli (Toscane), le Pioopithecus aniiquu»^ découvert par Edouard Lartet dans le gisement de Sansan, et le Dryopilheeuê Fontani, trouvé à Saint-Gaudens et le plus grand des trois.

Dans l'helvétieu (miocène supérieur), on cite le Dryopithecus platyodon, d'Elgg, canton de Zurich, et le Mesopilhecus Penielici de Pikermi, qui n'était pas anthopoîde.

Dsns le pliocène, ou connaît le Macacus Fhrentinus, du Val d'Amo, le Sem' nopitheeus Monspe9sulanu$ des sables marins de Montpellier et le Macacut de Grays (Essex).

Les dépôts de la période quaternaire n'ont pas encore fourni de débris de singes. Leur absence dans les dépôts de cette époque s'explique aisément pour le continent européen, qu'ils avaient cessé d*habiter pendant la période glaciaire. Ce n'est que dans les contrées plus ou moins rapprochées de la zone tropicale qu'on doit s'attendre à retrouver des débris de singes ayant vécu pendant la période quaternaire.

Le tableau de la page 793 présente le résumé graphique des faits qui viennent d'être mentionnés dans les deux chapitres précédents. Dans la colonne verticale à gauche sont indiquées les périodes géologiques. A droite sont inscrits les noms des groupes de plantes et d'animaux les plus importants. Un trait, mené au-dessous de chacun do ces groupes et mis en regard de la colonne verticale, montre pendant combien de temps chaque groupe a fait partie de la flore et de la faune de notre planète.

CHAPITRE VIII. L'homme fossile. Archéologie préhistorique. La première apparition de l'homme daterait de l'époque miocène, si l'on adoptait Topinion de M. l'abbé Bourgeois, qui considère comme ayant été craquelés au moyen du feu et taillés par Thomme les silex qu'il a rencontrés dans le miocène moyen de Thenay, près Pont-le-Voy (Loir-et-Cher). Ces silex se composent de petits racloirs ou grattoirs, de perçoii*s et de petites pointes, mais tous si grossièrement façonnés qu*on a longtemps hésité et que Ton hésite encore à les prendre pour des silex taillés intentionnellement. Quelques savants se sont demandé quel était l'être qui les avait façonnés.

M. Gaudry serait porté à attribuer ce travail à un singe et notamment ai». Dryopithecus Fontani, dont les débris ont été renGOUlTé& k^mV^^\À^\v%.^^»X<

dit-il, un singe d*un caractère trèspâefé, se rapprochant de l*homine par la taille et par diverses particularités.

M. de Mortillet ne partage pas l'opinion de M. Gaudry pour deux motifs : d*abord les silex taillés de Thenay ont été recueillis dans raquitaniea, taudis que les débris du dryopithèque ont été rencontrés dans le mayencien supérieur : lobjet fabriqué dans ce cas aurait donc précédé le fabricant. Ensuite, Toutil n*est pas approprié à Touvrier. En efTet, les silex taillés de Tbenay sont tout petits. Ils ont donc été faits par et surtout pour un être de petite taille, de taille bien inférieure à celle de rhomme. Or le dryopithèque avait la taille de rbooune et ses mains devaient être plus grandes que les nôtres, car les singes ont proportionnellement les mains plus développées que celles de Thomme.

Pourtant Topinion adoptée par M. de Mortillet se rapproche beaucoup de celle de M. Gaudry, car, pas plus que lui, il n'admet que les silex de Thenay aient été taillés par une main humaine. « Les Ares intelligents, dit-il, dont ces silex attestent lexistence, n'étaient pas et ne pouvaient être encore des hommes ; c'étaient des précurseurs de l'homme, des intermédiaires entre les singes anthropoïdes actuels et l'homme, intermédiaires que nous pouvons appeler anthropopithèques et dont peut-être on trouvera quelques jours les débris. »

Du reste, en refusant le nom d'homme à l'être intelligent qui a taillé les silex de Thenay, MM. Gaudry et de Mortillet invoquent le même argument résultiDl de la durée de chaque espèce, et des changements qui se sont accomplis dans la faune depuis la période miocène jusqu'à nos jours. Lorsque, dit H. Gaudry, on se place au point de vue de la paléontologie pure, il est difficile de supposer que les tailleurs de silex de Tlienay sont restés inunobiles au milieu d'un changement universel dans les faunes.

La question nous semble mal posée par les savants que nous venons de nommer. 11 serait permis, il nous semble, d'admettre que le tailleur de silex de Thenay peut avoir fait partie du genre Homo sans appartenir nécessairement à la même espèce que l'homme actuel ; le genre Homo ne serait pas le seul à dater de la période miocène. Quant à nous, dussent les lois de la paléontologie se trouver en défaut, nous ne saurions admettre que l'être qui était assez intelligent pour allumer le feu et tailler des silex ne fdt pas un être humain. Nous faisons donc commencer, sous toutes réserves, l'histoire de l'homme avec la période miocène.

Les silex de Thenay ne seraient f^as le seul témoiguage de Texisteuce de l'homme pendant la période miocène. Des silex taillés ont été rencontrés dans deux autres gisements datant de la période miocène supérieure et situés l'un dans le Portugal, et l'autre au Puy-Coumy, près d'Aurillac. Or ces témoignages s'ajoutent, dans certains cas, mais non dans tous, aux preuves de l'existence de Thomme pendant la période tertiaire fournies par les os incisés, cassés ou entaillés.

Indiquons maintenant, en nous plaçant à un point de vue exclusivement anthropologique, la succession des périodes qui se sont écoulées depuis l'époque miocène jusqu'à nos jours.

Une première division correspond à la distinction qu'il faut établir entre lestemps historiques et les temps antéhistoriques.

Quant aux temps antéhistoriques, ils comprennent cinq périodes que l'on peoi distinguer sous les noms de périodes éolilique, protolitique^ paléoliliqn^ mésolitique et neolitîque. Deux de ces périodes se divisent à leur tour en époques, ainsi que V*m^\<\\x^ \^ VaîûWw ^«^X-î^. ^-wijil^^.

La période éolitique embrasse Tintervalle de temps compris entre le milieu de rëpoque miocène et la fin de Tépoque pliocène. Dans Tétat actuel de nos connaissances, il n*y a pas lieu de la diviser en époques ; la période éolitique ne comprend qu*une seule époque, que Ton peut appeler Vépoque de Thenay. De futures découvertes permettront de mieux apprécier son importance et ses caractères.

La période protolitique comprend le commencement de la période quaternaire. Un événement considérable, la grande extension des glaciers, la sépare de la période suivante.

L'existence de Thomme pendant la période protolitique parait attestée par les faits suivants.

Près de Puy en Yelay s*élève la montagne volcanique du Denise; on y a découvert, engagés dans un tuf volcanique, quelques fragments de crâne et d*autres ossements ayant appartenu à deux individus. Dans un autre lit de tuf recouvrant la pente de la montagne de Denise, du côté opposé i celui oii se trouve Tanthropoliie, on a rencontré les débris de divers mammifères, tels que VElephoê meridionalis et le Mastodon arvemetuis. Il parait naturel d'admettre que ce sont non les mêmes éruptions, mais les éruptions de la même époque, qui ont amené Tensevelissement des anthropolites et des mammifères, les uns seraient contemporains des autres et dateraient comme eux de la période antéglaciaire.

En 1863, M. J. Desnoyers, en visitant les sablonnières de Saint-Prest, aux environs de Chartres, y recueillit des ossements appartenant surtout au Bhù noceros leplorhinua et portant des stries et des entailles elliptiques qui lui parurent semblables à celles que peut produire la main de Thomme. Plus tard on découvrit des silex portant des stries semblables à celles imprimées sur les os, et mêlées à ces derniers. M. de Mortillet, s^étant livré à un examen minutieux des silex et des os, a adopté Topinion que les silex qui ont produit Timpres* sion sur les os ont été mis en mouvement non par la main de Thomme, mais par des forces naturelles, le glissement et le frottement des uns contre les auti'es, par suite du tassement des divers éléments du dépôt.

H. Hûtimeyer a signalé, dans le lignite de Durnten, des tiges il*osier qui lui ont paru avoir été travaillées par la main de Thomme.

On voit que les témoignages de Texistence de Thomme, pendant la période protolitique, ne sont pas très-nombreux ; ils pourront paraître à certains esprits peu concluants, mais leur valeur doit sembler plus grande, si Ton se rappelle que d'autres faits nous ont conduit à admettre l'existence de l'homme pendant la période antérieure. Ils suffisent pour nous faire penser que Têtre intelligent de Thenay n'avait pas disparu de la surface du globe pendant la période protolitique.

C'est à la fin de cette période que les neiges et les glaciers ont acquis une extension telle qu'ils ont recouvert presque la totalité de l'Europe septentrionale et centrale, et pris possession de tout le massif montagneux de l'Europe méridionale et du nord de l'Afrique. L'homme, après avoir vainement lutté contre une pareille invasion, a dû émigrer vers des contrées à climat moins rude. C'est en Espagne et en Italie que l'on doit espérer trouver des témoignages de l'existence de l'homme pendant !a période glaciaii*e.

Le tableau de la page 799 montre la série des époques géologiques, qui succèdent depuis l'époque miocène jusqu'à nos jours, divisée eu deuiL ^%s\^<

MT celle période glaciaire qui a dû exercer une grande influence sur Hiomme et sur Uml ce qui se raltache à son existence. Au point de Tue de Tétude de riMMiae prâûsUNiqiie, la période glaciaire offre une grande importance* parce qu'elle établit une ligne de démarcation très-nette entre deux époques au sujet desquelles nous feraos les remarques suivantes.

Les lénoijcnages de l'existence de l'homme pendant la période anté<!laciaire sool noQ-sealement Irèa-pen nombreux, mais plus ou moins contestables; leors giiemeBis n'ont pas toujours une autbenticité suffisante. Si Ton lient compte, CB outre, de celte circonstance que quelques safants, même en admettant Texislence d'un être inldligent avant la période glaciaire, ne reulent pas reconnaître rhomme en lui, on sera amené à se demander si Tapparition de Thomme n'est pas postérieure à la période pliocène. Il ; a là un problème qui attend encore st solution.

Hais, pour les époques postérieures an retrait des glaciers, les antbropolites deriennent de plus en plus abondants à mesure que Ton se rapprodie de l'époque aciuelb» leurs gisements offrent une authenticité complète. Ik présentent une grande Tariété et les nombreuses indications qu'ils fournissent permettent de se (aire une idée assex exacte du caractère des races éteintes, de leurs mœurs, de leur genre d'existence et de leurs migrations. Aussi un grand nooobre d'ardiéologues ne font-ils conunencer l'histoire de l'homme qu'avec la période quaternaire ; pour eux les expressions homme quaternaire ou homme préhistorique sont synonymes.

On peut distinguer, dans la période paléolitique, trois époques : celle de Saint' Acheulf celle du Moustier et celle de Soluiré.

Saint-Aclieul est le nom d*un faubourg d'Amiens. M. de Hortillet a proposé de remplacer la désignation d'épo(|ue de Saint-Aclieul par celle d*époqae de Chelles, du nom d'une localité située dans Seine-et-Mame. Le Moustier est le uom d*une grotte qui se trouve dans la vallée de la Yézère (Périgord), présentant de nombreuses grottes qui ont été successivement habitée, pendant les périodes paléolitique et mélolitique, par une nombreuse population de troglodites. Le gisement de Solulré consiste en un immense éboulis situé dans Saône-et-Loire.

Ces trois époques présentent un caractère commun : c'est l'usage exclusif de la pierre, sans mélange d'instruments en os et en bois de renne. Mais la forme des instniments en pierre a changé d'une époque à l'autre.

L'instrument employé pendant l'époque de Saint-Acheul varie beaucoup de fomie, de grandeur, de fini dans le travail; pourtant tous les échantillons ont un aspect qui les fait reconnaître au premier abord. Ils aflectent la forme d'une amande. Ils sont toujours asseï gros, plus longs que larges, épais à leur partie moyenne, amincis sur leurs bords, présentant une extrémité pointue ou plutôt ogivale, tandis que l'autre extrémité est plutôt arrondie. Mais ce qui les caractérise surtout, c'est qu'ils sont taillés sur leurs deux faces, qui sont plus ou moins convexes l'une et l'autre et plus ou moins symétriques.

L'iustrument en pierre de l'époque du Moustier difiere peu de celui de Saint- Acheul ; il est généralement un peu plus pointu ; mais ce qui le dislingue tout i fait, c'est qu'il n'est taille que sur Tune de ses facos; l'autre face a été

levée d'un seul éclat et n'a pas été retouchée. Il n'est donc pas bi-convexe,

• piano-convexe, et par conséquent deux fois moins épais que le précédent.

instrument de Saint-Acbeul n'était autre cliose que le caillou naturel taillé

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