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et perfectionné. En le taillant, on faisait partir des éclats qui présentaient d*an côté le plan d'éclatement uni et étaient plus ou moins irrégnliers sur le dos. Ce sont ces éclats qui, repris et améliorés, ont donné naissance à Tindustrie moustérienne. Quant aux instruments caractéristiques du mouttérien, c'étaient le racloir et la pointe » (de Mortillet).
L'industrie solutréenne est surtout caractérisée par la pointe en feuille de laurier. Cette pointe, dont le nom indique très-bien la forme générale, est taillée avec beaucoup de soin, non-seulement sur les deux côtés, mais encore aux deux extrémités et sur les deux surfaces. Cette pointe est remarquable par sa minceur et par sa légèreté. Elle servait de poignard ou d'armature de javelot (de Mortillet).
La ])ériode paléolitique est celle des races éteintes. Sa faune comproiait notamment VEÛphoê primigenùu^ le Rhinocerot tichorhinm^ VVnus spdsms^ VHyena tpeUea, le Cervus megaceroi, etc.
L'homme de la période paléolilique appartenait i la race de Néanderthal, ainsi nommée parce qu'on lui a donné pour type le squelette rencontré près de Dusseldorf, dans la petite vallée appelée Néanderthal. Ce type, qui était aussi celui de l'homme de Denise, présentait les caractères suivants : ci^ne dolichocéphale, c'est-à-dire plus large que long, mais, par le développement de la partie occipitale, ayant un aspect simien. Os du crâne d'une épaisseur très-grande; front étroit, très-bas, presque nul ; arcades soarcilières énormes ; sommet de la tête très-aplati. La grosseur des os du squelette est également extraordinaire; les saillies servant aux mouvements des muscles ont nn développement anormal. Quelques-unes des côtes ont une forme arrondie, et, par la direction de leur courbure, se rapprochent de celle des singes anthropomorphes, encore peu parfaitement constitués pour la station verticale.
La période mésolitique ne comprend qu'une seule époque, celle de la Madeleine^ ainsi nommée d'une localité située au pied d'un escarpement, sur les bords de la Vézère (Dordogne) ; cette localité présente un dépôt oh Ton a rencontré de nombreux anlhropolites. « A la fin du solutréen, il s'est opéré une importante révolution dans l'industrie. Jusque-là la matière première qui servait à la confection des armes et des outils était essentiellement la pierre. Aussi son travail successivement et lentement amélioré était-il arrivé à un remarquable degré de perfection. Alors nn nouveau genre de matière première, les parties osseuses des animaux, os, corne de cervidés, ivoire, a été utilisé. C*est cet emploi qui caractérise surtout l'époque magdalénienne i (de Mortillet).
Une des stations de la vallée de la Vézère, celle de Cro-Magnon, a fourni des ossements humains, parmi lesquels trois crânes se prêtent très-bien à Tétude par leur parfaite conservation. La race de Cro-Magnon, bien supérieure à celle de Néanderthal, a été établie sur l'étude de ces ossements. Ces crânes présentent les caractères suivants : dolichocéphalic très -nette, front large s'élevant audessus des sinus frontaux et largement développé, capacité du crâne trèsprononcée. La race de Cro-Magnon était de haute taille, robuste. Le volume des os et retendue des surfaces d'insertion musculaire indiquent une race athlétique. Les tibias, au lieu d'être triangulaires et prismatiques comme les nôtres, étaient aplatis comme ceux du gorille ; le cubitus, par sa partie supérieure et arquée, rappelle aussi la forme du gorille, mais la forme du fémur diffère complètement de ce que Ton observe chez les singes.
Ou s'accorde à considérer la race de Cro-Magnon comme appartenant à l'époque mésolitique ou àe \a ISLÎiiLÀÀw^. Vï^"s\. >à.M\«i ^^vcÂ^a que nous croyons devoir
fALÉOiNTOLOGIE. 80i
adopter. Nous rappellerons pourtant que H. de Morlillel, m se basant sur ce quo les corps de Cro-Muguon étaient non pas engagée dans le d^pûl mugdeliinien, mais placés au-dessus, latlaulie k la période iiéoliliqiie la race qu'ils représentent.
Ce que l'homme de la période mêsulilique ollrait de reniaqiiable, c'étaient ies goûts artistiques, k L'arl. qui a pris naissauue à la fin de l'époque solu- Iri^'enne, s'est largement Uévelupjié et l>ri Hum ment manifesLc à l'époque inagdalénieunc. Nous Irouvonsà cette époque : des gravures en creux>.simples traits ci-eusés sur des surfaces unies, pioduisaut certaines ornementations du dessinatit le fiourtour et les détails des divers êtres ; des bas-reliers ou demi-bossesi enliti des rondes-bosses ou vërttaLles sculptures » (de Mortîllet).
La période mésulitique est souvent désignée îous le nom d'époque du renne et des espèces émigrées. Parmi les espèces dont sa Faune se composait, les unes, telles que le mammouth, étaient destin<'«s à s'éteindre; les autres, à émigrer vers le sud, comme l'iiyène el le lion, ou vers le nord, comme le renne.
On constate une bjusque transition entre les périodes mésolitique et néolitique; entre elles, ditU. de Mortîllet, il se produit une vcri table révolution, l'n climat tempéré, beaucoup plus uniforme, a succédé, dit-il, A un climat sec el froid avec des tempéralures extrêmes. Le mammouth, l'hyène el les grands félins ont disparu. Le cliamois et le bouquetin se sont retirés vers tes sommets des montagnes ; le renne a émigré vers les régions du nord. Des populations sédentaires, ayant avec elles des animaux domestiques et se livrant h l'agriculture, ont remplacé des populations nomades, s'adonnant à la chasse et à la pèche. Les instruments en pierre polie ont remplacé les instruments en pierre taillée, et l'homme a commencé à faire usage de la poterie.
« Les diverses plisses de l'époque de la pierre taillée s'étaient succédé progressivement et par transitions presijiie insensibles; l'âge de la pierre polie, au contraire, se distingue nettement et presque brusquement de celui qui l'a pi'écédé. Son débuL coïncide nettement avec la disparition du renne ; il coïncide encore exactement avec un cliangemenl complet dans l'état social de l'homme, avec la domestication du chien, avec la vie pastorale marquée par la dome&ticalion de plusieurs espèces d'herbivoi-es, bientôt enfin par l'agriculture » (Brocu).
H. de Murtillet résume de la manière suivante nos connai:>sances auiuiscs relativement à l'homme préhistorique : <i Le premiei- type humain a été le type de Néandei-lhal. Ce type essentiellement aulochlhone s'est lentement modifié et développé pendant le quaternaire pour aboutir au type de Cro-Magnon. Son industrie, tiès-rudimontaire dans le début, s'est progressivement développée d'une manière régulière, sans secousses, ce qui prouve que le mouvement progressif s'est opéré sur place, «ans intervention de pi'opa;;aode et d'invasion ëtningèi'e. L'homme quaternaire, essentiellement pêcheur et surtout chasseur, ue connaissait ni l'agriculture ni même la domestication des animaux. Il vivait en paix, complètement dépourvu d'idées religieuses. Pendant les époques solutréenne et magdalénienne il est devenu artiste. Avec la période néolitique sont arrivées des invasions venant d'Orient, qui ont profondément modifié la piiptilation de ri::urope occidentale, tlles y ont amené des éléments ethniques tout â fait nouveaux, en grande partie brachycéphales. A la simplicité et à la pureté de la race autochtbone dolicliocéphale ont succédé des mélanges et des croisements nombreux. L'industrie s'est trouvée profondément mixliliée. La religiosité, la domestication des animaux et l'agriculture ont fait leur apparition dam l'Europe occidentale, n
wcr. Mc. r s. XIX, W.
80S PALEONTOLOGIE.
La période néolili<)ue se raltache bien plus à l'époiiui m^oliiiqiie qui lui est i m m&lia tentent antérieure. Kntre les périmles nûuliti(|ue et rné:ioli tique se sont accom|ilis des évcaements tri^-importanls que nous venons de menlionuer. et qui ont en pour conséquence l'appurilion d'un noutel élul de choses el d'une sorte de civilisiilion qui s'est lealenienl dL'(duppéc juiqu'i nos jours.
I.a période uéolitiquu ne comprend qu'une seule époque, celle de Robeahauten, ainsi nommée d'une localité située près de WeUikon, dans le canton ilc Zuricli. Mais on la divise en trois â)>cs, dits de la pierre fiolie, da bronte ei du/er.
La distinction entre les trois Ages de la pierre polie, du Lironie cl du kt, dont se compose la pério<le néolitique, n'est pas. selon nous, aussi nette et pour ainsi dî 1*6 aussi objective qu'on [lourruil le penser. Probablement l'Iioniineilc U pierre polie a connu de bonne heure l'usage du bronze et peut-être celui du fer. Peut-être, dans cerliiins cas. l'usage du t'er s'est-il établi sans avoir cti précédé par celui du bronxe. Ces changementa dans In nature du métal employé se soûl succédé à des intervalles assez rapprochés poiu- qu'il ne soit pas possible d'ipprécier à leur juste valeur ces intervalles. L'homme asseï intelligent pour folir les pierres et leur imprimer leurs tonnes géomélrii|ucs et régulières i Jù découvrir assez rapidement l'usage du bronze, puis celui du fer.
Quoi qu'il en soit, au [Ktint da vue où nous nous sommes )iliu:4, ces dinuom n'ont en elles-mêmes qu'une minime împorLince. Elle n'ont de valeur réelle iu« pour les archéologues. Ces cliangemcnts. dus à des émigrations plutôt qu'iiit^ progrès dl'ectués dans la civilisation par une même race autochthoDe, se sont opr<r> sans que la nature géologique subïl des modifications iniporiniites ; la faune. Ij flore, le climat, restaient les mêmes.
L^s limites de cet article ne nous permettent pas de nous étendre davantage au sujet de l'homme préhislorique : nous nous bornerons à dire quelques (Mit des habitations lacustres. Ces baliitalions étaient des Luttes bâties sur pilotis an bord des laça de Zurich, de Cunslance, de Genève, de Neuclultel, de Bicnnt, de Moral, et dans quelques autres plus petits. On les retrouve aussi dans les laa de la Savoie el de l'Italie septentrionale. Les habitations lucuslres de Tige de U pierre polie ont fourni des fragments de poterie très-grossière cl à cuisson imiiirfaite; elles s'étendaient sur tous les lacs de k Suisse. Celles de l'âge de lironie existaient dans la partie occidentale el dans le cenlre de ce |iays ; elles éliieot ordinairement situràs à une grande dislance du rivage, dans des enui plus profondes, et étaient plus solidement construites. Les poteries, plus vart^ et pins soignées dans leur exécution que celles de l'Age de pierre, ëlaicnt faites I*m la roue. Les habitations lacustres ont diminué graduellement en nombre ju»^*i l'Age du fer où il n'en existait plus que dans les lacs de Bienne et de Neuch^lel. Pendant ce dernier âge, les formes des armes et des instruments éluieiil JifTé^ rentes ; les poteries, plus soignées, étaient ornées de diverses couleurs, el le verre apparaissait pour la première fois. Sous la dominaliou romaine, les habitations lacusli-es n'étaient plus que des excaplions, et elles durent di^ianitR tout à fait peu de temps après.
Les Kjokken môddingt du Danemark datent de la même ('{hmjug que les habitations lacustres de la Suisse. Ce sont des amai^ formés, le long des o'iltf, par tes restes de mollusques t^t autres animaux marins dont se nourris^iect les premiers haUXonVs i\iv^'i4'\\*«>«'-'é^wêralenienl placés sur ,1e Lord mctiK
de l'eau; quelques-uns cependant en sont acluellemant à deui miltes de distauce, soit i[u'il y ait eu un soulèvement de la [ilage depuis leur forniation, soit qu'ils s'étendissent réellement jusque-là.
]te la même époque datent 1l>s monuments dits mégnliliiiues, les menhirs, les cromlechs, les dolmens, que l'on dtisignait auti'efois sous le nom de monuments celtiques ou druidiques, mais qui sont antérieurs à l'invasion des Celtes.
Aussitôt après la période néolitique commenceul les temps historiques, qui remontent aussi loin que les documents écrits peuvent nous conduire.
Le tableau de la page 79t) résume et complète ce que nous venons de dire de l'homme préhistorique. Le lecteur y Irauvera plusîeui-s indications qui n'ont pu trouver place dans les pages précédentes; on y a notamment indiqué les relations qui existent, sous les rapports chronologiques, entre ce qui se rattache.ù riiommc préhistorique d'une part, et d'autre part la transformation de la faune et la succession des phénomènes géologiques.
CIIAPlTItE IX. Les règnes orgaiiiodes; lois DEsÉnAr.Es qdi ont paésidé aux iiÊNovAT[ONs DES FLORES ET DES FAu:(ES. La l'oune première a été le point de départ d'une série de faunes que des découvertes successives nous montrent de plus en plus riches et de plus en plus nombreuses. Les caractères de ces faunes et de ces flores ont varié, mais non d'une manière asseit rapide pour que des périodes voisines n'aient pas conservé, au point de vue organique, des caractères communs. En groupant entre elles les périodes consécutives dont la Hore et la faune présenleul le même aspect général, on arrive â partag<T l'histoire géologique du globe en quatre grandes périodes. Dans c^Uc classification ne se trouve pas comprise la période azoïque ou proto;toïque, dont les caractères géologiques sont négatifs ou très-incertains.
La période paléozoique a été le " règne des cryptogames acrogènes ». règne qui conuneDce avec la première apparition des végétaux terresti-es et Huit avec le dépàt des dernières strates permiennes. Toulelois le teriain cumbrien n'a fourni jusqu'il présent aucun témoignage direct de l'eiisteoce de ces végétaux terrestres. En rattachant la période ciimbrieune au règne des acrogènes, on escompte en quelque sorte de futures découvertes qui démontreront sans doute que des cryptogames aihorescents cioissaient déjà, pendant cette périoile, â la surface du globe. Il est naturel d p n qu I llore cumhrienne, si elle nous était connue, se présenterait à ' " I ^^^ ^^ ^'^'^ paléozoique tout
entière. La llore de la jiériode p I -o qu t pour caractères négatifs l'ab-
sence complète des monocotjléd d d tylédones angiospermes; c'est
seulement vei*» la fm de cette pC d q I gymnospermes ont commencé à prendre place dans la flore terrestre. Le l.ipis egétal était eiclusivemcnt composé de ci'yptogames acrogènes, et c'étaient des végétaux de cette nature qui i eux seuls composaient les forêts, siège de la formation de la houille.
La période paléozoïquo a été « le i-ègne des poissons, a Pourtant, le témoignage le plus ancien de l'existence de ces animaux ne remonte pas plus haut que l'époque silurienne. En faisant commencer le règne des poissons avec la période paléozoique, nous appuyons sur les mêmes motifs que nous venons d'invoquer pour pouvoir considérer cette période comme ayant été le règne des acrogènes. Ce que l'on sait sur le mode de répartition des animaux pendant les temps anciens et sur l'aspect général de la surface du globe lors île la période cumbi'ienne nous permet de supposer que les vertébrés, s'ils oui \&m y*»'^'»*-
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#!fi («(léti;^. Ooelques-oiB atlrigmirat one uîlk fnkriik : ik |»iu|iart un r^iatt amiyit^t et ti^rraknl mt k» antics tiofi &9tnfArMe à oelkt des niamoulêre» peiwhat la pctïaAL BâHifae et de Vhmtfitt peadajït b p^rriode adiielk. Enfin, knrs nonbnBse» Aur Uiute la turbce du i^Jobe oflraknl one lelk varîélé dauf que les unes ou ks autre» s'adaptaient a Ions ks mîlîfm où aoiffiaus. Les ptércpdactiks^ organisés pour k lol, penpIaîeBt l'ai simos^uref , pi^idaat b période triasique» et, pins lard, ks klitlij^/taurest organisés pour Tiire dans ks eaox, habilaîcnl les long des c^/les. Enfin les continents avaient aussi kur popnbtiûa àt RflîkK
(> (pii acIieYait de donner une grande importance à celle Cume des ivpljiks di: b \H-nfft\e mésozoîque, c'était b tendance qu'a^akul qiieiqiie»>aBs d'entre eui ii se rapprocfjer du type des mammileres : rohsenralioD d^un peiii icbthiposaure contenu dans un grand pourrait bire supposer que œl animal âail tîtîparc ; d'un autre côté, les squelettes des dinosauriens se rapprocliaknl sous certain)» rapfiorts de celui des mammifères.
lY-nibrit b majeure partie de la [lériode mésozoîque, les mooocotjlédooées et hm an^iospemie^ n'existaient pas encore, et les acro^ènes de b période paléo/oique avaient beaucoup perdu de leur importance. C'étaient des coalises et (\(:s cyradées qui constituaient alors le tapis vé;:étaU et la période mésozoîque doit t'Ai a (Xinsidérce comme ayant été le n règne des gymnospermes, t Pourtant les angiosperme^ se bont montrés dès le commencement de b période crétacée, et sont rapidement devenus très-nombreux. Aussi Ad. Brongniart faisait-il conimenœr le règne des angiospermes avec la période crétacée, tout en b coosidérant comme une période de transition.
A la période; néozoïque correspondent le « règne des angiospermes » et celui d<;s (i manimiieres. o Les reptiles cèdent aux mammifères la plus grande partie du domaine qu*ils occupaient. Ceux-ci avaient été en quelque sorte annoncés par plusieurs espèces prophétiques qui s'étaient montrées à de rares moments. Dès le commencement de la période tertiaire, ils prennent une extension sans cesse croissante ; en même temps, leurs nombreuses espèces, grâce à leur variété d'organisation, s'adaptent les unes ou les autres aux divers milieux où la vie peut se dév(;l()i)()er. Les chauves-souris succèdent dans les airs aux ptérodactyles; dans les eaux de Tccéan, les [désiosaures et les ichthyosaures sont i*emplacés par les niammiières thalassothcriens, tels que les phoques, les dauphins et ks baicin(;s; sur le sol émergé, les niaminiiëres se montrent encore plus nombreux que les rejitiles ne l'avaient été jadis.
La période ([uaternaire pourrait être considérée comme se rattachant au règne
PALÉONTOLOGIE. gtS
milëres, puisque l'Iiomme. comme Être organiste, appartieat Ik celte classe. Si la période quati-rimirc forme une période i part, ce nV'St pas qu'elle ait été marquée par rapparilion de ty(ies nouveaux. Les ossements lie l'Iiomnie et les débris de son industrie qui ont élé enfouis dans les dépAts correspondant ■A la période quaternaire ou qui le seront dans les futui-s dépôts caractériseront toutes ces formations au nitme litre que les fossiles quelconques caractérisent les anciens terraius. Mais, si l'on doit considérer la période quaternaire comme étant le n rËgue de l'Iiomme, n c'est i cause de l'influence pi-épondéranle qu'il exerce autour de lui sur la nature vivante comme sur la nature iuaniniée. Sa création a marqué l'apparition d'une nouvelle force intervenant avec une énergie sans cesse croissante dans Ici choses qui se passent à la surface du globe.
L'bomine détruit peu à peu et sans relilclie tous les êtres organisés, plantes et animaux, qui lui sont nuisibles; pour les besoins de son alimcnlation cl la satisfaction de son goùl pour la chasse, il poursuit sans pitié tous les animaux. On peut racilemcnt comprendre que celte poursuite obstinée a pour conséquence de hâter la destruction des espèces actuellement existantes. L'homme remplit en quelque sorte le rdie qui était assigné aux grands carnassiers des périodes géologiques. Hais, d'un autre cùlé, l'homme favorise la propagation des plantes et des animaux qui lui sont utiles: il détermine aussi l'apparition de races nouvelles, ou, comme le disait Darwin, de commencemetils d'espèces, et, si la théorie de l'évolution est fooilée, il se trouverait en possession de la puissan(^e créatrice. Son inlelligeucc lui permet de se transporter pailout, romnie l'ont fuit certains reptiles de la période jurassique et comme le font certains mammifères de l'époque actuelle, gdce k la variété d'organisation des uns et des autres. Il habite de préférence le sol émergé, mais il sait aussi s'élever dans les airs, pénétrer dans les mines profondes, sillonner les meii dans tous les sens. Enlîn la nature inorganique ne se dérobe pas complélcmenl a son action; lus phénomènes qui ont leur siège dans les prolondeurs de l'écorce lerrcstio sont seuls à l'abri de son inilueuce. Mais par les déboisements il peut modifier les climats et l'aspect du snl ; certains phénomènes géologiques prennent par suite de son inten'ention un cours différent ; les deltas acquièrent un acci-oisseraent plus rapide, et l'envalûssement des terres pur les dunes se trouve l'alentî.
Nous devons nous borner à ces considérations générales sur les changements que la faune et la llore ont subis à chaque époque. iSous allons maintenant énumérer quelques-unes des lots générales qui ont présidé aux évolutions de l'organisme. La recliercbe de ces lois est basée sur l'axiume suivant : pendant tonte la durée des temps géologiques et pendant l'époque actuelle la vie a élé soumise, sous les rapports anatomique, physiologique et climatologique, aux mêmes conditions de développement.
Les lois que nous avons en vue ont foncliouné simnitanément ; tantôt elles ont tendu vers des buts différents et leurs effets se sont alurs trouvés annihilés ou amoindris; lantât, au contraire, elles ont exercé une action concomitante, et leurs eflets se sont manifestés dans de plus larges proportions. Dans tous les cas, elles ont été s^mmises à des exceptions assez nombreuses.
Une partie des changements successivement introduits dans les faunes et les flores est en relation avec les raodiGcnttons apportées dans la constitution topographique et le climat de chaque contrée. On cont'oit, par exemple, qu'aux, périodes al ternatl veinent marines et continentales que présente l'histoire géologique d'un pays correspondent des faunes alternativement mariivesii.\.\Bxx«Xï*=*-
8W rALCoNTOLOCIB.
C'ust en tenant compte de l'inlluencc exercée sur les êtres organ inilieu\ au ils vivenL qu'on a cbbli la loi de l'évolution tcrripétale, qui a drjà attiré noLrc attention. Itappelons encore que les organismes se trouvent àms une ddpenilance mutuelle : a Une multilmle de plantes et d'animaux qui, soit sous lu rapport de la nourriture, sott sous celui de leur liabilatîon, sont lorc«ment liés & certains genre; et môme à certaines espèces de tégéUtu, ne poj- TaÎL'nt naturellement apparaître qu'à ta suite de ceux-ci. Les animaux at Ici Tt^étaux infiUieurs sont souvent moins étioîtement liés à d'autres ùrganism» que d'autres plus Élevés dans la série animale ou végétale. L'apparition tardire des angiospermes est snns contredit de toutes les causes celle qui a eu le i>lu» d'importance pour retarder l'apparition de la plupart des animaux lerr^stirs. tels que les insectes, les oiseaux, les mammifères. Parmi la multitude d'inimaux qui vivent aux dépens des angiospermes, il en est. en outre, uu granil nombre qui sont dJpeudunls les uns des autres, ainsi les vertébrés carnivotes. les insectes coprophages ou parasites, etc., ne pouvaient apparaître qu'i b suite de certains autres animaux " (G. Uronn).
Quelques-uns des changements subis par les faunes et les flores soûl eu rapport avec des lois spéciales et indépendantes des milieux où la vie se déicloppe. La plupart de ces lois, cousidéiécs dans leur essence ou leur raison à'rlre. nous sont complâlement iuconnues; c'est ainsi que la nature plus ou nioînï mj^stérieuse des causes qui président aux rénovations organiques se dérolic jusqu'à présent i nos investigations.
Agassiz a, le premier, attiré l'attention des paléontologistes sur les relstiiins qui cxisleni entre l'ordre d'apparition des divei's types d'animaux cl l«s fUntede leur développement embryonnaire. Pîclet dît à ce sujet : < Quelques nalunlistes ont iru remarquer, dans certains types loologiques, que. si l'on foniii: une série dont le terme inférieur corresponde aux premiers animnux cré>!s il« ce groupe, et ses termes supérieurs k ses représentants les plus récents, celle série sera parallèle à celle que l'on construirait au moyen des diverses fomtcs que prend successivement l'embryon des êtres les plus pari'aiu. Cette loi e*l loin d'élrc démontrée d'une manière générale, mais il esl quelques cas dans lusquels elle pnraïl prendre une certaine réalité, h ferai remarquer qu'il ne s'agit ici que des séries partielles, et que la lot esl inapplicable â l'enscmblG du règne animal. Voici quelques exemples qui en feront comprendre la portée. Ou sait que tous les poissons, comme tous les vertébrés, ont d'abord la colontie épiniêre h corps indivis et réunis sous la forme de corde dorsale; beaucoup de poissons anciens conservent à l'état adulte ce cui'actère embryonnaire, coounc les esturgeons et quelques autres le font dans le monde actuel. L'étude de l'embryologie des poissons montre aussi que, dans l'origine, toutes tes nageoires impaires sont réunies en une seule qui entoure le corps et la queue. L'existence de nageoires très-nom biNjuses ou peu séparées, et eu particulier de plusieu;? anales dans quelques poissons anciens, peut aussi être considérée comme un caractèi'e embryonnaire. Les éclùnodennes supérieurs (oursins) sont, dans Iritr jcuue itge, fixés par un pédicelle qu'ils perdent plus tard. Ils ont été précéder sur la surface de la terre par les écliinodermes pcdicellés (crinoîdes) i.
On a vu (art. GËoi.oGtG, p. 413) que les temps géologiques se divisent ea cinq périodes dites azoîque, puléozoTque, mésuzoîque, uéozoïque et homoioique. Cette classification indique sans doute le plus ou moins d'ancienoL'Ié des doott corresp on liantes, mais eWt c?.\. aa^â \a=j&t suc l'idée d'uoc série de tnmsfw-
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matioDi en vertu desquelles l'aspect des faunes et des flores a Aé en se rapprocliant de l'aspect de la faune et de la Uore de l'eporjue ucluclle. L'expression de l'iiune paléozoïtjue signifie que les animaui dont se compose celle faune son! les plus anciens, mais elle a aussi pour but de rappeler qu'un grand nombre de ces animaux otfrenl un caractère d'archaïsme très -prononcé.
Les faunes et les flores se scdI successivement transformées de manière i présenter des lypes s'êloignant de moins eu moins de ceux de l'dpoque actuelle. « Si nous examinons les coquilles du terrain tertiaire, nous ne verrons presque que les formes qui nous sont familières, tandis que, si nous éludions les faunes des terrains anciens, les formes nouvelles et inconnues nous paraJtronl bien plus (ràjuenles, et nous serons, pour plusieurs d'entre elles, tentés de les désigner sous les noms de bizarres et d'anormales, parce qu'elles échappent k certains rapports auxquels nous sommes habitués. .Si l'on veut, par une analj^e plus sévère, préciser celte première impression, on peut dire que lus espèces des couches les plus récentes apparliennent, pour la plupart, aux genres dans lesquels se répartissent les animaux vivants, lundis que, si l'on descend davantage dans l'écorce de la lerre, on est obligé de créer plus de genres nouveaux pour groujier les formes des êtres, et que même il existe, dans les terrains les plus anciens, des conditions d'organisation encore plus diiTérenles, qui exigent la formation iletamillesou d'ordres nouveaux (Pictct). »
L' ensemble des piaules et des utiimaux forme une série ofi l'on voit l'organisation prendre une complication de plus en plus grande el devenir de plus en plus parfaite. Cette série constitue ce que l'on a désigné sous le nom d'échelle dei itret. Elle commence avec les infusoires réduits à une simple cellule el se termine à l'homme. Elle se décompose en séries partielles qui marchent parallèlement tes unes aux autres, mais qui ne présentent pas la même étendue et ne se trouvenl pas placées au même niveau. Elle n'en laisse pas moins dans l'esprit, lorsqu'on embrasse le régne animal dans son ensemble, l'idée d'une perfection sans cesse croissante.
En vertu de la théorie du développement progressif, l'ordre dans lequel les êtres se succèdent d'un degré à l'autre de l'échelle animale ou végétale est précisément celui de leur apparition i!i la surtace du globe. Cette lliéorie, démenlie par certains faits, est aftirmée par d'autres. Elle est vraie lorque l'on compare les faunes anciennes à la faune actuelle. On est encore porté à lui donner une importance réelle lorsque l'on voit les invertébrés apparaître avant les vertébrés, les poissons avant les reptiles, les reptiles avant les oiseaux ; sans doute aussi les oiseaux avant les mammifères et enQn les mammifères avaJit l'homme.
Remai-quons encore que l'ordre dans lequel se sont opérées les translormalions ik la flore concorde d'une manièje exacte avec la doctrine du dévelop[)ement graduel.
Dans la série végétale, on peut passer, sans transition trop brusque, des thallophytes les plus simples, ébaucliu première des foniK» oi'ganiques, aux fégétaui dont l'organtsaliun offre le plus liant degré de complication. Les thallophytes réduites A une ou plusieurs cellules, comme le Protococctu, nous conduisent d'abord aux lichens ; un grand nombre de ces derniers sont assimilables, par leurs organes de végélalion, aux hépatiques membraneuses qui uous font passer insensiblement aux Jonjermannes, aux mouiR(>R, puis aux cryptogames arborescentes, telles que queUpies c»pèces de fougiVos de l'éçonjktï
adadle et des temps géologiqnes. La flore de la période paléozoîqne présente diverses lonnes Testâtes intermédiaires par leor organisation entre les cryptogames et les conifères. Il en résulte on passage insensible entre les cryptogames et les gymnospermes qui, par les conifères et les cycadés, ouvrent la série des eotylédonées. La cliaine ne se trouve pas ainsi interrompue et se continue sans laame, car on peut, par les amentacées, arriver sans peine aux apétales, aux polypétales et, enfin, aux gamopétales, que Ton pl.ice en tète de la série végétale. Cette série, dont nous venons d'indiquer rapidement les principaux termes, présenterait une régularité parfaite, si Ton ne se croyait obligé d*y intercaler les monocotylédon^ et de les placer avant les dicotylédonées, comme leur étant inférieures; selon nous, elles leur sont parallèles par leurs organes de la végétation comme par leurs organes de la reproduction. 11 est dès lors permis, suivant les convenances de celui qui veut tracer une série végétale, de les placer avant ou après eux.
L*ordre dans lequel on doit placer les principaux groupes de végétaux coïncide avec celui de leur apparition à la surface du globe. Trois d*entre eux, chacun à leur tour, ont joué un rôle prépondérant et imprimé un caractère spécial à la flore de notre planète; ces trois groupes sont les cryptogames, les gymiios|)ermes et les angios))ermed. Les monocoiylédonées seules n*ODt pas eo leur règne |)endant les temps géologiques. Si Ton a égard à cette circonstaiice que le nombre des monocotylédonées a été ioujours en croissant» et si Von lient comjtfe, en outre, de la place hors de série que nous avons accordée à ce groupe dans réclielle végclale, n'est-on }>as conduit malgré soi à penser que les monocotvlédonces attendent leur tour? Peut-être une des flores destinées à succédera celle dont nous sommes les contemporains sera-t-elle en majeure partie composée de vt^gélaux a ;>|)arlenant à ce groupe?
La doctrine du d voloppemenl gradnel est étroitement liée à celle du transformisme, ainsi (juïi la loi qui établit une relation entre la succession des animaux et leur embryogénie.
Tout en rédaisanl à sa ve'ritable valeur la théorie que nous avons îci en vue, il est juste de lui rcconnaîlrc ime existence indé{>endante, une véritable autonomie. Mais elle est encore bien plus évidente lorsque, en la formulant, on a vu le j)erfejlionnement intellectuel des êtres plutôt que leur perfectionnement organique. Dans le règne végétal, on voit les plantes à organes de reproduction cachés (cr}'ptogames) céder la place à celles qui ont des fleurs proprement dites, mais j)eu apjiarentes (gymnospermes), et celles-ci être remplacées I leur tour par des végétaux à fleurs très-visibles, souvent très-grandes et presque toujours parées de couleurs brillantes et variées (angiospermes et monocotylédonées).
Dans le règne animal, on voit aux animaux muets succéder ceux qui peuvent faire entendre un cri, puis Tliomme qui a le don de la parole. La somme d*instinct appartenant aux animaux dont les types ont successivement apparu à la surtac*} du globe a été sans cesse en croissant, et il est venu un moment où un nouveau pas a été fait dans cette voie par la création de Têtre intelligent, ayant conscience de lui-même et de ce qui Tentoure. La venue de Tliomme marque non-seulement larrivéc d'un animal plus élevé dans l'échelle des êtres, mais aussi et surtout le règne de la civilisation sur notre planète.