CERFEUIL
II. Ce genre Anthriscus se distingue du précédent par le hec de son fruit, pourvu de 10 côtes et plus court que les carpelles qu'il surmonte : ceux-ci sont dépourvus de côtes.
'i°L& Cerfeuil cultivé; Anthriscus Cerefolium Hoflm. [Scandix Cerefoliumh. Chœrophyllum sativum Lam.) est une espèce de l'Europe méridionale, cultivée partout dans les jardins. Sa tige, de 3 à 6 décimètres, est rameuse, et porte des feuilles d'un vert pâle, presque glabres, bipennatiséquées, à segments ovales, pinnatifides. Les ombelles sont latérales, presque sessiles, à 3 ou 5 rayons, munies d'involucelles formées de 2 à 3 folioles lancéolées, déjetées du même côté. Les fleurs sont blanclies ; les fruits linéaires, noirs et luisants.
Toute la plante a une odeur aromatique prouoncé(^ et une saveur agréable, qui la font employer pour l'usage culinaire.
Elle a été aussi usitée comme médicament. On l'a mise dans les sucs d'Iierbes comme dépiirative et antiscorbutique.
'qoV Anthriscus sylvestris Hoim. {Chœrophyllum sylvestre L.), ou Cerfeuil sauvage se distingue très-nettement du cerfeuil cultivé par sa taille de 6 à 12 décimètres; par ses ombelles longuement pédoiiculées, par ses involucelles à folioles lancéolées, rayonnant régulièrement autour du pédoncule ; enfui par ïes fruits lisses non ponctués.
Le Cerfeuil sauvage a une odeur désagréable et une saveur acre et amère. C'est une plante suspecte. Lamarck la donne comme résoliUive et antigangréneuse.
4° \^ Anthriscus vulgaris Fers. [Scandix Anthriscus L.) a été employé quelquefois comme antirésolutif. Gouan rapporte (Botanique et matière médicale) qu'un médecin de Toulouse croyant employer la ciguë, avait obtenu de ce cerfeuil de bons résultats contre le cancer de la mamelle.
B. Les deux, autres genres, qui contiennent quelques espèces intéressantes, ont des fruits simplement atténués au sommet mais non surmontés d'un bec. Ce sont les Chœrophyllwn L. et les Myrrhis.
III. Les Chœrophyllum L., ont un fruit linéaire oblong, dont les carpelles sont marquées de 5 côtes obtuses et égales.
5° Une seule espèce mérite d'être citée, c'est le Ghœrophyllum huïbosum L., ou cerfeuil bulbeux des montrignes de l'Europe et de la Sibérie.
IV. Le genre Myrrhis se distingue par son fruit oblong dont les carpelles sont marqués de 5 côtes relevées en carène tranchante.
6° Le Myrrhis odorata Scop. [Scandix odorata L., Chœrophyllum odoratum Lam.), Cerfeuil odorant ou Cerfeuil musqué est une plante à tige fistuleuse, atteignant 1 mètre de haut, à grandes feuilles molles, brièvement velues sur les deux faces, tripeimaLiséquées, à segments lancéolés, pinnatifides. Les ombelles ont de 6 à 10 rayons, munis d'involucelles formés de 5 à 6 folioles, membraneuses. Les fruits ont de 2 à 3 centimètres de long ; ils sont oblongs, atténués au sommet, olivâtres et luisants.
Le Cerfeuil musqué a une odeur très-agréable, qui rappelle l'anis. On l'emploie comme plante aromatique et, aussi, comme assaisonnement.
LiNNÉE. Gênera, 358. — Lamarck. Diction, encyclop., I, 684. — De Candolle. Flore Franc., IV, 288 et Prodromus, IV, 220. — Endlicheii. Gênera, n" 4504, -i503, 4505, 4515. — Bentham et HoocKER. Gênera, I, 898-899. — Gkemee et Godron. Flore de France, I, 740. — Mérat et De Lens. Diction, mat. médicale, II, 194. — Guibourt. Drogues simples, 6« édition, 218. Pl.
g II. Emploi médical. Le mot cerfeuil s'applique , comme il a été dit cidessus à plusieurs plantes qui intéressent à la fois la médecine et l'hygiène.
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Les racines, les feuilles et les graines du cerfeuil sont employées à divers usages. Les tubercules du cerfeuil bulbeux, très-employés en Asie et qui commencent à l'être dans l'Europe méridionale, constituent un aliment nourrissant et d'un goût agréable qui se rapproche de celui de la châtaigne. Haller attribuait pourtant à la plante des propriétés dangereuses. Le cerfeuil sauvage est une plante fourragère qui croît naturellement et que les bestiaux acceptent sans témoigner pour elle beaucoup d'entrain; on lui attribue la propriété d'augmenter le lait des vaches. Quant au cerfeuil cultivé , c'est plutôt un condiment qu'un aliment. On utilise au premier titre ses feuilles qui entrent dans presque tous les assaisonnements compliqués et constituent un des aromates classiques du bouillon. Le cerfeuil entre dans la composition des sucs d'heibes. On emploie même le suc du cerfeuil seul, à titre de dépuratif et dans les maladies anciennes du foie. Mais ses applications les plus usuelles se font sous formes de topiques, en décoction et en cataplasme. L'utilité des cataplasmes de cerfeuil dans les opbthalmies inflammatoires, admise par Demoiirs et plus récemment par Deval et Cazin, paraît bien établie, c'est une pratique très en usage dans les campagnes. F.
CÉRINE. Céraine, acide cérénique. John a désigné sous ce nom la partie de la cire d'abeilles soluble dans l'alcool, mais, suivant Brodie, ce principe immédiat de la cire n'est ({ue de l'acide cérotique mêlé à quelques impuretés. M.
CËRUVTHE. Connu aussi sous le nom de Mélinet. C'est un genre de Dicotylédones , de la famille des Borraginées , établi par Touruefort et qui se caractérise, parmi tous les autres genres de la même famille, par ses fruits formés de 2 carpelles biloculaires, non profondément bilob'és de manière à figurer cliacun deux achaines distincts. Ces carpelles reposent sur le réceptacle par une base plane.
Diverses espèces de Cerinthe existent dans nos régions. La seule qui ait eu quelque intérêt pour la médecine, est le Cerinthe aspera Bolh. {Cer. major, Lam.), plante de la région méditerranéenne. C'est une herbe de o à 5 décimèties de hauteur, dont la tige dressée ou ascendante, porte des feuilles d'un vert bleuâtre, plus ou moins rudes au toucher, ciliées, les supérieures sessiles et embrassantes par deux oreilles contiguës. Les fleurs sont en grappes munies de grandes bractées, elles ont une grande corolle un peu ventrue, tantôt complètement jaune, tantôt teintée de pouipre au-dessous de leur milieu.
Lemery dit cette espèce « astringente, rafraîchissante, vulnéraire et propre pour les affections des yeux. » Elle est maintenant inusitée.
L'étymologie de Cerinthe parait- être cera, cire. Virgile donne en effet le nom de Cerinthe à une plante dont les abeilles él aient friandes, et qu'il conseille d'unir à la mélisse pour qu'elles puissent composer leur miel. Cerinthe ignohile gramen, apibus tamen gratum. On a beaucoup discuté pour savoir quelle est la plante dont a voulu parler l'auteur des Géorgiques. D'après Sprengel, ce serait le Cerinthe aspera Roth. lui-même. D'autres, parmi lesquels Tenore, y ont vu le Satureia Thgmbra L. et le Sat. capitata L. D'autres enfin croient y reconnaître le Caiilelait jaune [Galium venim L.), et cette opinion païaît, en effet, réiioudre davantage aux caractères d'une plante grêle, graminiforme, n'ayant pas de valeur, et sentant le miel.
ToLRNEFORT. IiistUutiones, p. 59, t. 56. — Linnée. Species plant., 195. — Lamark Did. Encyclop., IV, p. 67— " Grenier et (Îobron. Flore de France, II, 528. — Lemerï. Diction,
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CÉRIQUE (Acide) . Suivant M. Dœppiiig [Ann. der Cliem. u. Pharm., t. XLV, p. 289), quand on traite la cire du liège, appelée aussi cérine, par de l'acide azotique, il se produit de l'acide carbonique, de l'acide oxalique et une substance cireuse, brune, diaphane, douée de caractères acides, en ce sens qu'elle peut entrer en combinaison avec des bases telles, par exemple, que l'oxyde de plomb. C'est cette substance que M. Dœpping a appelée acide cérique. Sa composition et ses propriétés n'ont pas encore été suffisamment déterminées. M.
CERISE (LAURENT-ALKXA^DRE-PHIUBERT CERISI, dit), né à Aoste (Piémont), en 1809, mort à Paris, le 5 octobre 1869. Reni docteur en médecine à Tmin, en 1828, Cerise vint à Paris, ou il fut autorisé, dès 1834, à exercer la médecine. Porté par la nature de son esprit vers les études psychologiques, il s'y adonna presque exclusivement et se voua tout entier à l'étude des maladies du système nerveux. Médecin et philosophe, il étudia la physiologie et l'anatomiedu cerveau, et demanda à ces deux sciences l'explication des phénomènes physiologiques, faisant des rapports du moral et du physique le sujet constant de ses préoccupations. Mais, selon nous, Cerise sacrifiait trop facilement à ses tendances franchement et sincèrement spirilualistes ; nous ne lui reprochons pas ces tendances, nous voulons dire seulement qui/ tombait trop facilement du côté oii il penchait. C'était un praticien très-répandu, très-estimé ettrès-aimé; c'était aussi un véritable homme de bien; il put, à l'aide d'un meiisonge touchant et pieux, adoucir les dernières années de son maître et ami, le célèbre Guchez, vieux et tombé dans la plus profonde misère. Cerise était membre de la société médico-psychologique, et de l'Académie de médecine, au titre d'associé. Il a publié :
I. Exposé et examen critique dusystème phrénologique. Paris, 1836, in-8°. — IF. Le Médecin des salles d'asile, ou Manuel d'hygiène et d'éducation physique, là., 1836, in-S". — III. Des fonctions et des maladies nerveuses dans leurs rapports avec l'éducation sociale et privée, morale et physique, IJ., 1842, in-8°. — IV. Essai sur les principes et les limiles de la science des rapports du physique et du moral, Ibid., 18i5, 'in-S". — Cerise a également donné des éditions avec notices et notes du système physique et moral de la femme, par Uodssel; des Rapports du physique et du moral, par Cabanis; des Recherches sur la vie et sur la mort, par Bichat, il fut un des fondateurs des Annales médico-psychologiques, où il a inséré plusieurs iiiémoires importants. H. Mr.
CERISIER. Sous le nom de Cerasus, Tournefort, dans ses Institiitiones, a établi un genre particulier pour les espèces qui se groupent autour des arbres communément appelés Cerisiers. Linnée fit entrer ces espèces dans le genre Prunus, et bien qu'après lui Jussieu, Ventenat, de Gandolle, aient rétabli le genre cerisier, la plupart des botanistes actuels acceptent l'idée de Linnée et ne font de ces plantes qu'une simple section du genre Prunus (voy. le mot Prunier).
Les caractères qui distinguent cette section des pruniers proprement dits sont les suivants. Les fruits sont glabres, ils ne sont point recouverts de cette efflorescence glauque, cireuse, qu'on connaît sous le nom ée fleur de la prune ; leur noyau est lisse, obtus, à peine caréné sur le bord dorsal, caréné et longé par deux petites côtes sur le bord opposé.
La section des Cerasus contient un assez grand nombre d'espèces intéressantes, habitant tout l'hémisphère boréal, la plupart l'ancien continent, d'autres l'Amérique du Nord. On peut les ranger en deux groupes assez distincts : caractérisées