CERISIER
surtout par le mode d'inflorescence. Les unes ont, en effet, des fleurs portées sur des pédoncules uiiiflores, disposées en forme d'ombelles, sortant de bourgeons écailleux, et se développant avant les feuilles: chez les autres, les fleurs sont en grappes simples ou corymbiformes et se développent en même temps que les feuilles.
I. Au premier groupe appartiennent les deux espèces distinctes qui produisent nos cerises. Ce sont:
1" Prunus aviiimL. (Cerasus avium Mœnch). Cette espèce porte le nom de Jlferisiei'. C'est un grand arbre pouvant alteiiidre 30 ;i 40 pieds de haut, àrameaux peu touffus, étalés. Les feuilles sont portées sur des pédoncules grêles et faibles, munis au sommet de deux glandes rougeâtres, et sont plus ou moins pendantes. Elles sont obovées-acuminées, doublement dentées en scie, pubescentes en dessous. Les fleurs sortent de bourgeons dont toutes les écailles sont scarrieuses. Les fruits sont petits, de couleur rouge foncée ou noirâtre, d'une saveur fade, à gros noyaux adhérant à la chair.
Le merisier est spontané dans les bois de l'Europe : on le trouve aussi en Afrique. Il est abondant dans les forêts de la France, surtout dans les régions montagneuses.
Les diverses parties de cet arbre servent à un grand nombre d'usage. Dans l'industrie, on emploie son bois, qui est assez dur, et prend, dans l'eau de chaux, une assez belle couleur rouge. Les fruits de l'arbre sauvage sont peu estimés, à cause de leur petitesse et de leur peu de saveur. Mais ils sont très-estinriés pour la préparation de la liqueur connue sous le nom de Kirschenwasser , qui n'est autre qu'une sorte d'eau-de-vie provenant de la distillation des cerises écrasées, et fermentées, au milieu desquelles on a laissé une certaine quantité de noyaux également écrasés. Le parfum d'amande amère qu'on retrouve dans cette liqueur tient à la petite quantité d'essence qui se forme dans l'amande des merises.
Si la merise sauvage n'est point estimée comme fruit comestible, il n'en est pas de même de certaines races, qui doivent lui être rattachées et qui donnent des produits excellents. Nous citerions surtout : 1° les guigniers, que de Caudolle avait distingués comme une espèce particulière sous le nom de cerasus juliana, et dont les fruits, en forme de cœur, ont une chair tendre et aqueuse couverte d'une peau adhérente, blanchâtre, rouge, ou noirâtre : 2° les bigareautiers {cerasus duracina Cl.), dont les fruits tout à fait cordiformes, ont une chair ferme, très-adhérente à la peau, qui varie du rouge clair au rouge noir.
2" Prunus cerasus L. {Cerasus vulgaris, Mill. , Cerasus caproniana, DC). C'est le cerisier proprement dit. Cet arbre s'élève moins haut que le merisier; ses branches et ses rameaux plus étalés forment une tète arrondie au lieu d'une pyramide. Les feuilles sont portées sur des pédoncules plus courts, plus fermes, dépourvus de glandes au sommet : elles sont glabres en dessous. Les fleurs sortent de bourgeons dont les écaifles intérieures sont foliacées; elles sont plus petites que celles des merisiers et donnent des fruits globuleux, déprimés, fondants, ayaulune saveur plus ou moins acidulé.
Le cerisier n'est point spontané dans nos forêts : il paraît croître à l'état sauvage en Crimée, en Macédoine et en Bithynie. On dit qu'il fut apporté, vers l'an 6S0 de Rome, par Lucullus, des environs de Cér.isonte, et c'est de la partie méiidionale de l'Italie qu'il passa dans les autres régions de l'empire romain. Ses fruits connus sous le nom de Cerises, Griottes, Gobets, etc., sont très-estimés pour leur saveur : ils sont rafraîchissants et donnent une conserve et un sirop. On les conserve souvent dans i'eaii-de-vie.
Une variété de cette espèce, connue sons le nom di; Marasca dcuiue une petite