CERVEAU (pathologie
Sur la localisation de la lésion, il y a bien peu de chose à dire. Ce que l'on en sait de plus positif, c'est qu'elle se trouve dans l'hémisphère opposé au côté paralysé. Lorsqu'il existe de l'aphasie, on est conduit à placer le foyer dans la région hémisphérique antérieure, et à supposer qu'il intéresse la substance grise des circonvolutions; mais il n'y a là rien d'absolu, et il faudrait bien se garder de demander à ce signe une certitude qu'il ne peut donner. Jusqu'ici, nous avons supposé que le ramollissement cérébral se manifestait par un certain nombre de signes capables de le faire reconnaître. C'est en effet ce qui a lieu dans le plus grand nombre des cas, mais il n'en est pas toujours ainsi ; et tous ceux qui ont fréquemment observé cette affection, signalent des anomalies très-singulières, et même rapportent des observations remarquables par l'absence de tout phénomène encéphalique quel qu'il soit. M. Durand-Fardel, le premier, a appelé l'attention d'une façon toute spéciale, sur cette variété, sous la dénomination de ramollissement latent. On l'observe surtout chez certains individus en proie à une maladie grave et longue, qui les a profondément épuisés, et chez le-quels les manifestations de toute sorte sont très-atténuées ; ou bien lorsque la lésion atteint un hémisphère anciennement lésé et d'une manière très-sérieuse.
Pronostic. C'est un très-redoutable mal que le ramollissement cérébral, car la mort, et une mort prochaine, en est la conséquence la plus habituelle. Lorsqu'il ne tue pas, il frappe d'impuissance un membre ou une moitié du corps; cl il est exceptionnel qu'après un pareil choc, l'intelligence reste intacte et ne subisse pas un affaiblissement considérable. La gravité de la situation est dans un 1 apport direct, avec l'étendue et l'intensité des troubles fonctionnels. Certaines lésions concomitantes, telles que les embolies viscérales, les eschares, la gangrène des membres, rendent plus probable une terminaison funeste dans un délai plus rapproché. Une maladie organique du cœur, un état athéromateux du système artériel, doivent faire craindre qu'une première atteinte ne soit suivie d'attaques semblables. L'âge a son importance, et une terminaison fatale prochaine est moins à craindre chez un homme jeune, que chez un vieillard. MM. Cruveilhier, Prus, Hechambre, Durand-Fardel pensent que, dans quelques circonstances, le ramollissement est curable. Mais dans les cas les plus favorables, il est bien rare que ceux qui en ont été frappés, ne conservent pa^ quelques marques ineffaçables de leur mal.
Traitement. Le ramollissement cérébral est une de ces affections, contre lesquelles on est complètement désarmé et où le rôle du médecin, quand il a reconnu sa nature, se réduit à observer son évolution ; dans le but, non de la modifier, mais de soigner ou même de prévenir certaines complications. Car nous avons vu que bien souvent elles hâtent la terminaison fatale, et deviennent pour le patient, une cause de grandes souffrances. Cette réserve dans la thérapeutique, conseillée depuis longtemps par un certain nombre de praticiens, se trouve aujourd'hui justifiée, par la connaissance plus précise que l'on a, des causes et de la nature du mal. Il n'est plus permis, en effet, après ce que nous avons dit de la nature ischémique des engourdissements et de l'absence de tout travail inflammatoire, du moins dans la première période, de proposer comme moyen préventif ou curatif, l'emploi d'une médication antiphlogistique et surtout l'usage des émissions sanguines. Loin de là, c'est aux toniques et aux reconstituants qu'il faudra recourir dans le plus grand nombre des cas. •
Nature. Aujourd'hui la plupart des opinions que l'on a émises sur la nature du ramollissement cérébral sont passées du domaine de la discussion, dans celui
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de l'histoire ; et après ce que nous avons dit sur ce sujet, en plus d'un endroit, il serait tout à fait oiseux de revenir sur la démonstration que nous croyons y avoir donnée de ce fait, à savoir que la lésion de la substance nerveuse est nécrobiotique et non inflammatoire. Cette manière de voir, sur laquelle l'observation des faits, pratiquée avec toute la rigueur désirable, ne peut plus laisser aucun doute, est généralement admise aujourd'hui. Toutefois il n'est pas inutile, en terminant, de donner un aperçu rapide des opinions émises par les auteurs, sur cette question de nature.
Les médecins français ont le mérite d'avoir démontré l'existence du ramollissement cérébral, en tant qu'affection bien distincte, ayant des causes, des symptômes, une marche et une physionomie anatomique, parfaitement tranchés et reconnaissables. Avant eux, la lésion avait été entrevue par Morgagni et Borsieri, plus récemment par Howship et Abercrombie, mais ce sont Lallemand et Rostan qui ont véritablement fait connaître l'affection. Lallemand l'a vue et décrite bien (les fois, mais il a méconnu sa natui'e, car il l'a quaHfiée d'encéphalite, la confondant avec les faits de cette lésion dus au traumatisme. Rostan, le premier, a eu une idée juste de sa nature, bien qu'il n'ait pas connu sa pathogénie et qu'il ait admis une origine inflammatoire, pour un certain nombre de cas. Il pense que le plus souvent, c'est une destruction sénile, offrant la plus grande analogie avec la gangrène de la vieillesse. « Comme dans cette dernière, dit-il, les vaisseaux destinés à apporter le sang et la vie dans l'organe affecté, sont ossifiés, non par suite d'une inflammation, mais par les progrès de l'âge. » Cette opinion du médecin de la Salpètrière, n'eut pas, sur ceux qui observèrent après lui, l'influence qu'elle méritait. M. Andral, tout en reconnaissant que c'est elle qui réunit en sa faveur le plus de preuves, ne l'a pas adoptée catégoriquement, et MM. Bouillaud, Forget, Gliige, Durand-Fardel et Calmeil, se sont montrés depuis les partisans déterminés de la nature inflammatoire du ramollissement cérébral.
La ténacité de ces observateurs à soutenir cette doctrine, reconnaît plusieurs causes : 1» une commune tendance à qualifier d'inflammatoires la plupart des processus; 2° la ressemblance incontestable que, dans beaucoup de cas, un foyer de ramollissement présente avec un foyer d'cncéphahte ; 3" enfin l'absence de notions précises sur la pathogénie de l'affection. Pour la vaincre, il fallait faire voir quelle est la véritable cause du mal . Cette découverte est récente, mais elle avait été préparée. En effet Rostan, MM. Andral et Bouillaud, et surtout Abercrombie ; puis Bright et Carswell, avaient remarqué qu'avec la perte de consistance de la substance cérébrale, on rencontrait habituellement des altérations athéromateuses étendues et très-accentuées du système artériel de l'encéphali:'. C'était là un progrès considérable; mais la question pathogénique n'a fait un pas décisif et n'est entrée dans une voie nouvelle, que depuis les travaux de Virchow sur l'embolie (1847). A partir de ce moment on observa de plus près et l'on vit se multiplier les fait analogues à ceux qu'avait fait connaître le médecin allemand. MM. Senhouses Kirkes, Oppolzer^ Cohn, Fritz, Lancereaux, Gharcot, Vulpian, Prévost et Cotard, doivent être cités parmi ceux qui ont le plus contribué à établir dans la genèse du ramollissement, l'influence de l'oblitération artérielle. C'était la bonne voie, et l'on devait s'y tenir; mais tout en recherchant les véritables causes de la lésion cérébrale, il fallait lui conserver le nom et la signification que lui avait imposés Rostan. Contrairement à cela, quelques auteurs ont qualifié de ramollissement cérébral, tous les cas dans lesquels la pulpe nerveuse perd sa consistance normale ; et, se préoccupant peu de faire dans la nosographie une
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place pour raffection que nous venons de décrire, ne considérant que la cause do la cérébromniacie, ils en ont disséminé les diverses variétés dans les cadres nosologiqnes. M. Rokitanky, l'un des promoteurs de cette fâcheuse conception, s'exprime dans ce sens d'une manière très-nette {Anat. pathol., 1856, t. II, p. 457) : « Comme le ramollissement dans le cerveau, dit-il, ne di!fère de ce qu'il estdans d'autres organes, qu'en raison de la délicatesse et de la fragilité du tissu cérébral, il ne peut être considéré comme doué d'une existence propre, et son étude ne doit être faite qu'avec les lésions diverses dont il est le résultat. » MM. Basse, Fôrster et Niemeyer, ne pensent pas autrement ; et ce dernier décrit le ramollissement au chapitre de l'encéphalite et dans celui de l'anémie locale. Cette doctrine, comme on le voit, tout allemande, a été adoptée par M. Jaccoud. Et aussi ne s'occupe-t-il du ramollissement cérébral, que d'une manière en quelque sorte accessoire, à pro[)os de l'oblitération des artères, des capillaires et des sinus encéphaliques. Procéder de la sorte, c'est prendre la partie ])Our le tout ; c'est confondre l'anémie de la substance nerveuse, qui suit immédiatement l'obstruction vasculaire,avec sa désorganisation. Or si l'anémie est une des conditions du ramollissement, elle ne le produit pas d'une manière fatale ; car il suffit, jiour qu'elle reste sans effet, que la circulation se rétabUsse par des voies collatérales. Pour nous, tout en reconnaissant que le terme que nous avons employé est défectueux, nous le gardons, parce que nous le tenons de ceux qui ont établi la véritable nature du mal, et qui en ont donné la meilleure descviption.
Appendice. Du ramollissement cérébral chez le nouveau-né . Si nous donnons cette étude dans un chapitre à part, c'est qu'il nous eût été diflicile de faire autrement. Comme on va le voir, en effet, sur le plus grand nombre des points, le ramollissement qui se développe dans les premiers jours de la vie, diflère profondément tie celui dont nous nous sommes occupé jusqu'ici etjque l'on peut qualifier de sénile. Il nous a donc semblé qu'en n'établissant aucune distinction entre les deux âges, loin de simplifier notre travail, nous l'eussions compliqué ; tandis que la division que nous avons adoptée, en réservant pour chacune de ces deux époques de la vie, ce qui lui est propre, rendra plus nettes les différences que le ramollissement y présente.
Ce qui suit n'est d'ailleurs que le résumé d'un mémoire que nous venons de publier dans les Archives de physiologie, et où cette question de pathologie, a été étudiée pour la première fois, avec quelques développements.
L'état du cerveau dans, les premiers jours de la vie, est si particulier, il diffère tant de celui que l'on observe plus tard, qu'il nous paraît indispensable, avant de décrire ses lésions dans le ramollissement, de présenter quelques considérations, sur ce qu'il est à l'état physiologique.
Si l'on prend pour terme de comparaison celui de l'adulte, on est frappé de sa mollesse. Quand on le place sur une table, il s'étale et ses circonvolutions mal dessinées, s'effacent. Le met-on dans un vase, il en prend aisément la forme. Sa coloration est à peu près la même à la surface et dans sa profondeur, car les deux substances, si tranchées dans un cerveau pariait, sont ici confondues. Elle est grise ou d'un blanc légèrement bleuâtre. Au voisinage des ventricules latéraux, là oii la vascularisation est plus considérable, on trouve une teinte rosée. Sur des coupes, la pulpe nerveuse n'adhère pas à la lame du couteau, comme le fait celle d'un cerveau d'adulte ; mais elle est humide, brillante, avec une certaine transparence, et l'on ne saurait mieux la comparer qu'à du lait fraîchement caillé,
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auquel on aurait donné préalablement une légère teinte de café. Ces particularités s'expliquent, par l'état des éléments qui entrent dans la constitution du tissu encéphalique. Le réticulum, en effet, n'y a pas la solidité qu'il aci|uerra plus tard. Au lieu d'être formé par un lacis dense de fibrilles connectives, on n'y trouve que d'abondants noyaux entourés de piotoplasma. Les cellules nerveuses et les tubes à myéline sont très-rares ou font complètement défaut. Ajoutons qu'il y a dans le corps calleux et à la périphérie ventriculaire, des granulations graisseuses groupées autour d'un certain nombre de noyaux de la névroghe, et parfois assez abondantes pour constituer de véritables corps granuleux.
Après ce qui vient d'être dit, on ne doit pas s'étonner que la consistance du cerveau chez le nouveau-né, soit faible, qu'il se laisse aisément briser, et qu'il subisse avec une grande facilité les influences qui tendent à diminuer la cohésion de ses molécules encore si faiblement unies. Influences qui sont de deux sortes : les unes morbides, n'agissant que pendant la vie; les autres, purement physiques, n'entrant en action qu'après la mort. Ces dernières, que l'on peut qualifier de cadavériques, amènent très-rapidement sa décomposition. Parfois, sa diffluence est telle, qu'on ne peut l'extraire de la cavité crânienne, sans le broyer. 11 répand une odeur pénétrante d'hydrogène sulfuré et est couvert de petites taches opaques de 1 à 2 millimètres de large, qui, à la périphérie, simulent des moisissures. A leur niveau, la mollesse est plus marquée que dans les autres points. L'examen micioscopique fait voir qu'il s'y trouve souvent de la graisse, mais qu'elle n'y est pas pins abondante qu'ailleurs ; et qu'elles sont surtout caractérisées par la présence d'une quantité considérable de granulations très-ténues et de vibrions bacillaires animés de mouvements rapides. Les parties non maculées ne contiennent pas de vibrions, et, au point de vue histologique, elles ne paraissent pas sensiblement modifiées. Cette décomposition putride se manifeste d'autant plus vite, que la température est plus élevée et que l'autopsie a été plus tardive. La nature du mal qui a causé la mort, n'est pas sans influence sur son activité, et nous avons constaté, qu'elle se manifeste de préférence chez les avortons, qui succombent avec de l'anasarque.
Le ramollissement proprement dit, celui qui se développe durant la vie, sous l'influence d'un état pathologique bien accusé, se présente sous deux aspects différents; qui doivent être décrits séparément. Le premier, que nous désignerons par la dénomination de ramollissement blanc à foyers multiples, est intimement lié à lastéatose cérébrale, dont il représente la période ultime. Quand celle ci est assez accentuée, pour former des noyau.K d'un certain volume, leur centre se ramollit ; et sur des coupes, on voit à leur niveau des cavités en cupule, remplies par une bouillie laiteuse, ou bien de véritables perforations. Comme les masses stéatosées, les foyers de ramollissement sont multiples, et existent d'une manière à peu près exclusive dans les centres hémisphériques, et au voisinage des ventricules latéraux, dont ils atteignent rarement la cavité, en étant d'ordinaire séparés au moins par l'épendyme. il est rare que leur volume dépasse celui d'un noyau de cerise.
• Tel est le point de départ de la lésion; le plus souvent elle y reste bornée, mais, dans certains cas, elle s'étend jusqu'aux circonvolutions, qui elles-mêmes peuvent être détruites ; et nous sommes disposé à croire, que c'est par ce mode régressif, . que disparaissent des portions parfois très-étendues de l'encéphale. Son tissu d'abord ramolli, se désagrège, est résorbé, et l'on ne trouve plus à sa place qu'un liquide séreux, hraité dans une étendue variable, par une membrane plus ou
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moins vascularisée. Ces lésions que l'on ne constate qu'après la naissance ont souvent débuté durant la vie intra-utérine. Quand l'altération porte sur la périphérie des hémisphères ou du corps strié, les parties atteintes ont une coloration légèrement ocreuse. Pour ce qui est de leur constitution histologique, les noyaux de stéatose sont formés par des corps granuleux, des gouttelettes graisseuses isolées, des granulations protéiques et des vaisseaux entourés de particules grasses. On y voit aussi des corps réfringents ayant la forme de cylindres variqueux et que nous croyons dus à la déformation des corps granuleux ou à l'adhésion d'un certain nombre de gouttelettes huileuses. Dans la bouillie laiteuse, on trouve beaucoup de graisse isolée en groupes, en corpuscules plus ou moins volumineux, qui sont mêlés à une partie liquide.
Nous qualifions de ramollissement rouge, la seconde variété que nous avons observée. Ici encore, la lésion occupe les centres hémisphériques, mais elle est beaucoup plus étendue que dans la forme précédente. Il en résulte souvent, à la périphérie, l'aplatissement d'un certain nombre de circonvolutions, À Faide de coupes, on voit que la substance cérébrale est convertie en une pulpe violacée ou rougeàtre, au milieu de laquelle on distingue des points ou des tractus d'un noir foncé, assez durs, résistants, et qui ne sont autre chose que des vaisseaux, reriiplis par du sang coagulé. Autour du foyer, elle est très-congestionnée, et il n'est pas rare d'y trouver toutes les apparences d'une hémorihagie capillaire ; ce qui est dû à de petits épanchements sanguins dans les gaines lymphatiques. D'ordinaire, la lésion occupe symétriquement les deux hémisphères ; tantôt elle est très- circonscrite et ne dépasse pas le volume d'une noisette, d'autres fois elle envahit le centre ovale tout entier. La paroi ventriculaire n'est pas habituellement détruite, grâce à la résistance de l'épendyme ; mais au moment de la nécr-opsie, les manœuvres les plus indispensables à l'extraction de l'encéphale et à son examen suffisent à la rompre.
L'étude microscopique des parties altérées y fait découvrir beaucoup d'hématies et de corps granuleux. Dans le plus grand nombre des cas, avec la lésion qui vient d'être décrite, on constate une thrombose du système veineux encéphalique. Les canaux le plus fréquemment obstrués, sont après les sinus, les grosses veines de la convexité des hémisphères, celles de Galien, des corps striés et des plexus choroïdes. L'aspect extérieur de ces caillots et leur constitution histologique prouvent qu'ils sont, en partie du moins, de date ancienne.
Souvent autour des veines obstruées, on voit un exsudât sous-arachnoïdien, jaune blanc ou jaune verdâtre, qui les masque sur un grand nombre de points, et qui est constitué par des leucocytes et par quelques granulations protéiques. Avec ces lésions, il n'est pas rare de trouver des noyaux de stéatose, dont les centres sont désagrégés ; alors les deux variétés de ramollissement existent sur le même sujet. Dans tous les cas, on rencontre en même temps que la lésion encéphalique, d'autres altérations viscérales. Les unes, les premières en date, atteignent le tube digestif; les autres, secondaires, affectent le sang, les reins, le poumon, le cœur. Ces derniers organes sont stéatosés à des degrés divers.
Il y a bien peu de chose à dire de la symptomatologle. Ce n'est que dans des cas tout à fait exceptionnels, que l'on a noté pendant la vie, quelques manifestations pouvant être rapportées au ramollissement. Même lorsqu'il existait un exsudât îeucocytique, la colonne de mercure ne s'est jamais élevée au-dessus de 37", 6 et dans un cas de ramollissement blanc jiiunàtre. elle est descendue à 32", 4.
Ëtiologie et pathogénie. Ce qui domine dans l'exposé pathologique qui vient
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d'être fait, c'est l'âge des sujets qui, duns les nombreuses observations qui nous ont servi de base, ne dépassait pas o semaines. Mais certains cas ne rentrent pas dans cette règle générale ; et le ramollissement encéphalique des nouveau-nés peut être observé en dehors de la période de la vie oîi les enfants méritent cette qualitlcation, sans perdre pour cela les caractères que nous avons fait connaître comme lui étant propres. C'est ainsi qu'il atteint parfois le l'œlus, et qu'on le rencontre aussi chez des enfants âgés de plusieurs mois et même de plusieurs années ; mais, dans ce dernier cas, son début remonte à une époque toujours trèsvoisine de la naissance. Cette exception comme on le voit, plus apparente que réelle tient à l'époque de la mort plutôt qu'à celle du début de l'alfection.
Les tilles et les garçons sont également atteints, et cela, aussi bien par uu temps froid «lue pendant l'été. Quand ou étudie les conditions pathologiques, au milit^u desquelles se développe le ramollissement, on ne tarde pas à constater que, chez presque tous les malades, il est précédé par des troubles digestifs, qui constituent en quelque sorte, le point de départ et la base de l'affection. C'est surtout dans la forme à foyers multiples, que Tinfluence de l'athrepsie est manifeste. Elle a pour premier effet de produire la stéatose cérébrale ; voici comment.
Dans les premiers jours de la vie, l'encépbale est en pleine évolution, exigeant une irrigation active, qui lui apporte tout à la fois des éléments réparateurs et de formation ; et il entre rapidement en souffrance, quand le sang qui le pénètre, et eu quantité insuffisante ou lorsqu'il perd ses quahtés nutritives. D'abord on voit s'altérer le réticulum ; des particules graisseuses apparaissent dans ses diverses parties, affectant une véritable prédilection pour le voisinage de certains noyaux, autour desquels elles se groupent de manière à former des corps granuleux ; puis, çà et là, la substance du viscère se prend en masse, et subit cette transformation "raisseuse, cette nécrobiose, que l'on observe si fréquemment dans les tissus que le sang ne pénètre plus. Lorsque, par le fait de l'activité morbide et de la durée du mal, ces masses ont acquis un certain volume, leur centre se ramollit et se transforme en une bouillie blanc jaunâtre.
Dans le ramollissement rouge les choses se passent autrement. Par suite des troubles digestifs et de ceux de la nutrition qui les suivent rapidement, le sang perd son sérum et devient plus épais. Cette circonstance et le défaut d'impulsion du cœur affaibli déterminent un ralentissement notable dans la circulation. Les leucocytes, dont le nombre s'est accru relativement à la masse totale du sang, s'accumulent dans les vaisseaux. Les amas qu'ils y forment suffisent dans ceux d'un très-petit calibre à les obstruer, les hématies s'amassent en amont, passent dans lagaîne lymphatique, la distendent, finissent par la rompre, et en pénétrant au milieu des éléments du tissu nerveux, déjà imprégné de liquide et stéatose, contribuent puissamment à sa désagrégation, qui devient alors très-rapide. Dans les t^ros vaisseaux, les groupes de leucocytes deviennent le point de départ de thromboses qui ne tardent pas à les obstruer, parfois sur une longueur considérable ; ce qui détermine rapidement l'œdème de la région, et parfois la rupture d'un certain nombre de capillaires. Le ramollissement rouge produit de la sorte se manifeste surtout dans les centres hémisphériques, et l'on comprend qu'il en soit ainsi, quand on songe que ces régions sont les plus molles, et qu'étant les plus éloignées des réseaux vasculaires qui nourrissent le cerveau, à savoir ceux de la pie-mère et de la périphérie ventriculaire, elles subissent plus que toute autre partie, les conséquences de l'ischémie.
Chez le nouveau-né, le ramollissement cérébral ne peut être diagnostiqué, car
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dans l'immense majorité des cas, sinon dans tous, la pulpe cérébrale altérée reste silencieuse, quelle que soit l'ancienneté et l'étendue de l'affection.
Pour compléter ces considérations sur le ram.ollissement cérébral chez le fœtus et le nouveau-né, nous devons dire quelles sont parfois ses conséquences, et comment il donne naissance à des manifestations pathologiques, à la genèse desquelles on n'avait pas jusqu'ici soupçonné sa participation. Elles sont de deux sortes, tantôt isolées, tantôt réunies sur le même individu. L'une consiste dans une dégénération secondaire dn pédoncule cérébral et de la moitié correspondante de la protubérance, du buli)e et de la moelle. Elle est infiniment plus rare qu'aux autres périodes de la vie, ce que l'on explique par l'absence de tubes nerveux dans les hémisphères cérébraux; car, à cet âge, la substance blanche n'apparaît au voisinage du noyau opto-strié que sous la forme de tractus blancs, rares et grêles. Elle porte sur la pyramide antérieure et sur la région postérieure des cordons latéraux de la moelle, et est en général symétrique, comme la lésion des hémisphères ([ai en est la source.
La seconde conséquence du ramollissement qu'il nous importe de signaler est l'hydrocéphalie. Elle est ventriculaire ou périhémisphérique. Parfois rien ne peut la faire soupçonner durant la vie; dans d'autres cas, elle se révèle par un développement et une déformation du crâne caractéristiques, bien connus des cliniciens, et dus à l'accumulation soit du liquide céphalo-rachidien, soit d'une sérosité transparente, d'une teinte citrine plus ou moins foncée, qui devient louche par l'exposition à la chaleur ou par l'addition de l'acide azotique, et dans laquelle chez un malade, nous avons vu flotter, d'ailleurs en quantité minime, une matière blanche opaque flocoimeuse, se réduisant quand on l'avait extraite, en une petite masse gélatiniforme. Plusieurs causes peuvent être assignées à cette hydropisie. Presque toujours, quand elle existe, une portion plus ou moins considérable des hémisphères cérébraux a disparu, la matière ramollie et stéatosée ayant été résorbée, et la place qu'elle laissait vide ayant été remplie par du liquide. D'autres fois, on trouve des obhtérations veineuses, qui n'ont pas été étrangères à son développement ; enfin, il est incontestable que chez quelques individus, un certain degré d'irritation méningée, a facilité son développement, comme doivent le faire admettre, la propriété qu'a le liquide de se troubler par la chaleur, et surtout l'existence d'une néo-membrane vasculaire, à la surface de la duremère.
C'est pour caractériser des faits analogues à ceux que nous venons de faire connaître, et pour les distinguer des cas oii l'hydropisie est ventriculaire, que M. Cruveilhier a proposé la dénomination A'anencéphalie hydrocéphalique. Mais cet anatomo-patliologiste, et il faut bien le dire, les observateurs qui avant ou après lui, ont étudié cette lésion, ne paraissent pas avoir soupçonné son origine. C'est ainsi que Cazauvielh, dans ses recherches sur l'agénésie cérébrale et la paralysie congénitale, les classe parmi les cas d'agénésie cérébrale, que Lallemand, dans sa huitième lettre sur les destructions cérébrales chez le fœtus, et que M. Cotard dans son étude sur l'atrophie cérébrale (1868), y voient un résultat de l'encéphalite. Cette erreur s'explique, par l'ignorance où l'on a été jusqu'ici, sinon de l'existence, au moins des causes et de la pathogénie du ramollissement cérébral chez le nouveau-né et le fœtus.
Après avoir séparé dans notre étude, l'affection dos enfants du premier âge, de celle que l'on observe aux autres époques de la vie, il nous semble utile de les comparer. Or il sulfit d'un examen rapide, pour se convaincre que c'est aux deux
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extrémités de la vie qu'elle se produit le plus fréquemment. Quelle est la cause de ce fait qui rapproche ainsi les vieillards des nouveau-nés ?
De prime-abord, il semble que chez ces deux ordres de malades, les difféiences dominent. Ainsi, chez les premiers, la lésion habituellement circonscrite et nettement délimitée, peut occuper la périphérie et le centre ovale; quand une mort hâtive n'y met obstacle, elle aboutit, par une série de changements, à une sorte de cicatrisation, et provoque d'une manière fréquente dans le pédoncule, la protubérance, le bulbe et la moelle, une dégénération sccondaii'e. Chez les nouveau-nés, le mal a presque toujours pour siège les centres des hémisphères, qu'il atteint d'une manière symétrique. Loin d'être limité d'emblée, sa marche est progressive, et envahissant chaque jour et de proche en proche, de nouvelles régions, il peut à la longue atteindre et détruire 1 s circonvolutions elles-mêmes. Quand la survie est longue, ce qui d'ailleurs est assez rare, il ne se produit rien qui l'appelle les plaques jaunes ou l'intiltration celluleuse; mais la matière nerveuse altérée, se résorbe peu à peu, et l'on ne trouve plus à sa place qu'un liquide destiné à remplir le vide qu'elle a laissé. Enfin, les dégénéralions secondaires sont ici très-rares. Cliniquement, la dissemblance paraît encore plus grande, puisque chez le nouveau-né la lésion reste latente et ne saurait être diagnostiquée, tandis que chez le vieillard, elle se manifeste par des signes très-appréciables. 11 en est de même au point de vue pathogénique et de l'étiologie, car à un âge avancé, le point de départ du ramollissement est, à quelques rares exceptions près, dans l'obstruction du système artériel, que celle-ci résulte d'un alhérome ou se soit faite par thrombose ou embolie. Et dans les premiers jours de la vie, c'est toujours le sang qui doit être mis en cause, soit qu'il nourrisse d'une manière insuffisante la substance nerveuse, soit qu'il se concrète dans les canaux veineux en un ou plusieurs caillots.
Jusqu'ici donc, on ne voit que disparités, mais si au lieu d'envisager la question parle détail, comme il vient d'être fait, on va jusqu'à la source du mal, on trouve qu'elle est une. En effet, les lésions artérielles ou cardiaques, qui chez les vieil- • lards préparent la thrombose ou l'embolie, sont la conséquence des troubles inévitables de la nutrition qu'entraîne après elle la longue existence des sujets. Et chez les nouveau-nés, c'est encore une perturbation profonde des mouvemenls nutritifs, qui, par l'intermédiaire du sang, frappe de désorganisation un organe dont l'âge n'a pas encore effacé la mollesse native. La déchéance de la nutrition, telle est donc la cause première et commune du ramollissement cérébral aux deux extrémités de la vie. Il est vrai qu'elle s'y présente avec une physionomie très-différente, qu'elle évolue lentement dans un cas, tandis qu'elle niarcbe rapidement dans l'autre, mais, en somme, elle conduit au même but. Et c'est par ce trait d'union, qu'elle nous donne la raison delà conformité pathologique, précédemment
signalée entre les nouveau-nés et les vieillards.
J. Parrot.
Bibliographie. — On trouve des observations qui peuvent être rapportées au ramollissemcni cérébral, dans les écrits de quelques auteurs antérieurs à 1828, par exemple dans les lettres V et IX de Morgagni; mais l'histoire de l'aiiection commence véritablement à Rostan. Recherches sur le ramollissement du cerveau Paris, 1820. Puis viennent : Bouillaud. Traité de V encéphalite. Paris, 1825. — Scheuel (H.-L.j. Considérations sur quelques cas de ramollissement du cerveau, etc. Thèses de Paris, 1828, et Airh. gén. de tnéd-, 1" sér., t. XVII, p. 231, 4828. — Leuret. Observ. de ramollissement du cerveau et d'ossification dans le cœur. In Arch. gén. de méd.,l. XIX, p. 2:9; 1829, — Lallemakd. Recherches anatomopathologiques sur l'encéphale, l'aris, 1830. — IIanrel. Ramollissement du cerveau, 2 observ., in Rust's Magazin, 1852, t. XXXVli et Arch. gén.deméd., 1" sér., t. XXX, p. 5Ô8, 1832. — Duplay (A.). Observa^ tions de maladies des centres nerveux, recueillies à l'hôpital de la Pitié dans le service de
DICT. ENC. XIV. 528
430 CERVEAU (tathologie),
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IX. TtMETJRS, ÂNÉvRïSMES, Abcès. Sous le noiïi de tumeurs cérébrales, on a coutume de réunir des lésions extrêmement diverses quant à leur nature, leur origine et leurs caractères anatomiques.
Ces altérations qui, envisagées au point de vue purement anatomo-pathologique, ne présentent, à proprement parler, aucun lien entre elles, constituent cependant un groupe naturel au point de vue clinique, en raison clés symptômes de compression intra-crànienne qui leur sont communs. Sans dgute, il faudait, en bonne logique, réunir aux tumeurs du cerveau celles qui naissent dans les enveloppes de l'eucéphale ou sur les parois crâniennes ; mais pour nous renfermer strictement dans les limites qui nous ont été tracées, nous ne parlerons ici que des tumeurs cérébrales proprement dites, c'est-à-dire de celles qui se sont développées au sein même des éléments nerveux. En outre, nous serons obligés d'éliminer de notre cadre les lésions qui siègent dans le cervelet, la moelle allongée, la protubérance et les pédoncules cérébraux (mésocépbale). Nous croyons cependant devoir rapprocher des tumeurs des hémisphères, celles qui occupent les ganglions cérébraux (couches optiques et corps striés) .
Aux tumeurs proprement dites nous avons cru devoir joindre les abcès, les anévrysmes (de calibre), les entozoaires et les productions syphilitiques, que la plupart des auteurs ont étudiés à part. Ce rapprochement, qui pourrait être critiqué sous le rapport de l'anatomie pathologique, nous paraît entièrement justifié au point de vue clinique, ainsi que nous chercherons à le prouver plus loin.
Nous étudierons donc successivement les tumeurs suivantes : sarcomes et gliomes ; hypertrophie de la glande pituitaire et de la glande pinéale ; liéterolopie de la substance cérébrale ; neviomes; tumeurs perlées ; lipomes ; enchondromes; myxomes et papillomes, ostéomes, psammomes (tumeurs fibro-plas-
452 CERVEAU (patholocii:).
tiques, tumeurs épithéliales, épithéliomes, sarcomes angiolithiques) ; cholestéatomes, carcinomes et tumeurs mélaniques; tubercules; syphilomes; hydatides ; iiijsles; anévrysmes ; abcès.
Anatomie PATJioLOGiQiiE. Ces diverses altérations, faciles à distinguer au point de vue macroscopique (au moins dans l'immense majorité des cas), semblent se confondre lorsqu'on invoque les lumières de l'histologie pour éclairer la question. On pourra toujours distinguer uu abcès, un aiiévrysme, une tumeur hydatique des autres lésions dont le cerveau peut devenir le siège ; mais lorsqu'il s'agit des tumeurs autrefois confondues sous le nom générique de cancers, lorsqu'il s'agit du tubercule de la syphilis ou des gliomes, la distinction devient presque impossible au point de vue micrographique. Nous nous contenterons de citer ici (es propres paroles de Vircliow : «... 11 est, maintes fois, ti ès-arbitraire de choisir le groupe où l'on veut ranger la tumeur. »
Il n'en est pas moins nécessaire, à notre avis, de donner une description séparée de chacune des tumeurs, en exposant scrupuleusement l'état actuel de la science à cet égard. Nous laisserons ensuite au lecteur le soin de tirer de cette étude les conclusions auxquelles il croira devoir s'arrêter.
Il est bien entendu que nous glisserons rapidement sur les questions d'anatomie générale, qu'il ne nous appartient pas de traiter ici ; nous nous bornerons à exposer dans chaque paragraphe ce qui se rapporte aux tumeurs cérébrales prises individuellement, sans discuter au point de vue histologique la nature du tubercule, du sarcome et des autres produits morbides qu'on rencontre à l'intérieur du nànc. Nous renvoyons le lecteur, pour de plus amples renseignements à cet égard, aux articles spéciaux, dans lesquels ces questions sont élucidées.
Sarcomes et gliomes. On peut admettre trois variétés de sarcomes du cerveau, le sarcome dur (ibreux ou même fibro-cartilagineux (d'apparence cartilagineuse), le sarcome mou , et le sarcome névroglique ou gliome de quelques auteurs. Ces trois variétés sont très-distinctes l'une de l'autre. Les sarcomes durs sont ordinairement d'une couleur blanche, blanc bleuâtre ou blanc jaunâtre, de forme arrondie, à surface lisse ou très-légèrement rugueuse. Ils se distinguent le plus souvent de la substance cérébrale qui les entoure par une zone richement vascularisée. Très-nettement délimités, ils peuvent parfaitement être énuclées de la masse cérébrale. De consistance ordinairement fibreuse, le sarcome dur prend quelquefois des nodosités cartilaginiformes. Il est fort dense, très-peu vascularisé ; sa structure élémentaire consiste en cellules fusiforraes serrées parallèlement les unes près des autres et une substance intercellulaire compacte, fibrillaire ou homogène. Le tissu fibreux est parfois composé de fibrilles extrêmement fines, onduleuses; il présente une grande résistance à l'action de l'acide acétique,' comme pourraient le faire des fibres élastiques (Gornil) . Lorsque la substance intercellulaire devient très-compacte, la tumeur prend la consistance du chondro-sarcome; lorsque au contraire la substance intercellulaire est peu développée, les cellules qui sont réticulées, globulaires, ou même fusiformes comme dans les sarcomes durs, prédominent considérablement et donnent à la tumeur la consistance et l'aspect dits médullaires: c'est là ce qui constitue le sarcome mou du cerveau.
Cette variété de sarcome possède des vaisseaux nombreux et très-larges, ce qui lui donne une teinte rose ou rouge grisâtre. On constate à la coupe quelquefois une arborisation vasculaire des plus élégantes. Les noyaux sont toujours très-développés, leur nombre dépasse larement dix ; les nucléoles sont peu saillants.
CERVEAU (pathologie). 43?!
La structure du sarcome mou consiste en cellules rondes, à noyaux simples ou multiples, fusiformes, ces derniers fort minces et présentant des prolongements ressemblant à des fibiilles oïdinnires. Wagner les décrit comme des fibres élastiques'paiticulièr es dans un sarcome qu'il a trouvé au niveau du tubercule quadrijumeau. Un certain nombre de ces cellules à prolongements forment de véritables gaines autour des vaisseaux.
Les cellules des deux formes de sarcomes sont sujettes à la métamorphose graisseuse ; la tumeur prend alors un aspect analogue au ramollissement cérébral jaune. Les sarcomes avec prédominance de cellules fusiformes ne subissent pas la transformation graisseuse, mais ils prennent souvent une apparence caséeuse et une coloration très-jaune, et ressemblent alors aux tumeurs gommeuses. Il survient quelquefois une tendance à la résorption, soit à la surface de la tumeur, soit dans son intérieur; il se forme des cavités, des espaces cystoïdes remplie de liquide traversés par quelques vaisseaux, mais sans revêlement de membranes. Cet état se produit surtout dans la couche optique et le corps strié.
Les vaisseaux peU nombreux des sarcomes denses ont ordinairement des parois épaisses qui se rompent bien rarement, et par conséquent ne donnent pas lieu à des altérations hémorrhagiques. Dans le sarcome mou, au contraire, les vaisseaux prennent quelquefois un caractère télangiectasique.
Le sarcome du cerveau se développe, selon toute apparence, très-lentement, ce qui fait qu'il peut exister pendant un temps fort long sans donner lieu à aucun symptôme. Le sarcome se distinguerait du carcinome d'après les auteurs en ce qu'il n'aurait pas la tendance de convertir et de transformer par envahissement la substance cérébrale environnante ; il ne donne pas lieu non plus à des productions éloignées analogues.
Le sarcome semble atteindre le plus fréquemment les jeunes enfants.
Ce sont les parties profondes du cerveau qui en sont le plus fréquemment atteintes (couches optiques, corps striés, tubercules quadrijumeaux).
Après avoir démontré l'existence dans les centres nerveux d'une substance connective interstitielle parfaitement distincte des éléments nerveux, Virchow, qui avait donné le nom de névroglie à cette substance interstitielle, lui a attribué une hyperplasie particulière qu'il a décrite sous le nom de gliome. On avait décrit jusque-là sous le nom de névrome, tontes les tumeurs siégeant, soit dans la substance cérébro-médullaire, soit sur le trajet des nerfs, mais Virchow ayant démontré que les gliomes ne contenaient point d'éléments nerveux, il y a réellement lieu de décrire cette tumeur à part.
L'auteur allemand admet que l'hyperplasie de la névroglie peut être diffuse, de manière à s'étendre uniformément sur le cerveau tout entier ou sur des portions considérables de cet organe. Cette variété du gliome dont nous n'avons pas à nous occuper ici, a été décrite sous le nom d'hyperplasie interstitielle.
Les gliomes partiels, qui seuls forment des tumeurs, offrent des variétés différentes, les unes presque exclusivement constituées d'éléments cellulaires, les autres formées, au contraire, par des masses de substances intercellulaires. Cette dernière variété est tantôt molle, tantôt dure; de consistance presque fibreuse ou cartilagineuse ; celle-ci a été décrite par quelques auteurs modernes, sous le nom de glio-fibromes . D'autres fois, le gliome est très-riche en vaisseaux ; d'autres fois encore, il prend l'apparence du tissu muqueux, ce qui conduit Virchow à décrire trois variétés de gliomes qui sont : le gliome médullaire, le gliome fibreux et le myxo-gliome, auxquels il ajoute, en outre, le gliome télangiectasique.
434 CERVEAU (pathologie).
Cette distinction, tout artificielle et même arbiti'aire qu'elle est, offre l'avantage de faciliter la description du sujet.
Les gliomes mous ou médullaires, se rencontrent le plus souvent dans la profondeur de la substance cérébrale. Leur structure est à peu près identique à celle de la névroglie, à cela près que le tissu a moins de cohésion. Si les cellules se multiplient beaucoup, la tumeur se transforme en sarcome mou ; si, au contraire, c'est la largeur des mailles qui augmente et que la substance muqueuse devient abondante, la tumeur se rapproche du myxome, et si les vaisseaux se développent et se dilatent beaucoup, elle prend la forme télangiectasique.
Quelquefois il se produit dans la tumeur un ou plusieurs noyaux durs, fibreux. Il n'est pas rare de rencontrer dans la même tumeur toutes ces transformations.
On voit, par l'ensemble de cet exposé, que sarcomes et gliomes ne sont en vérité que des tumeurs du même ordre.
Les gliomes durs ou fibro-gliomes renferment une substance fondamentale trèsdense, le plus souvent lamellaire, quelquefois fasciculée, plus rarement fibrillaire; ils contiennent de petites cellules pourvues de noyaux fins et brillants.
Dans les fibro-gliomes les plus durs, les fibrilles, sont disposées parallèlement en formant une espèce de feutrage. Les formes les plus sclérosées ne présentent qu'une substance fondamentale finement réticulée, d'apparence granuleuse, et dont on peut détacher depetites fibrilles très-courtes et très-roides.
Le gliome télirigiectasique devient quelquefois hémorrhagique par le développement de plus en plus considérable de ses vaisseaux. Le sang épancbé se répand alors dans la substance même de la tumeur. Ce sang forme des caillots qui, dans la suite, se décolorent, se condensent et constituent de véritables hématomes.
Virchow donne de cette variété un exemple fort remarquable &t raconté dans tous ses détails dans son livre sur les tumeurs. 11 fait observer d'ailleurs que cette complication télangiectasique se rencontre dans d'autres tumeurs du cerveau, et c'est ce qui a conduit à la description de tumeurs cérébrales mal définies sous le nom de chlorome.
Ajoutons enfin que le gliome peut subir une métamorphose graisseuse; la substance intercellulaire se liquéfie alors, et il s'y forme de véritables excavations remplies d'un liquide transparent, quelque peu mêlé de globules granulés ; de gros vaisseaux encore perméables traversent l'excavation dont les parois sont rugueuses, tomenteuses, se distinguant par ces caractères des véritables kystes. C'est dans ces cas qu'autour de la tumeur il se produit des hémorrhagies parenchymateuses entraînant la mort par apoplexie.
En faisant abstraction de la structure des diverses variétés, et considérant le gliome dans son ensemble, cette tumeur se présente ordiuairement sous la forme d'une masse grisâtre, d'apparence médullaire. A mesure que les vaisseaux se développent et se dilatent, la tumeur se coloie, devient rose, rouge ; on y constate quelquefois même par transparence des apoplexies interstitielles.
Le siège le plus fréquent des gliomes est la substance blanche des hémisphères (lobe antérieur et postérieur) et la surface du cerveau. Le plus souvent, il est difficile de les délimiter exactement, tellement ils se confondent avec la substance cérébrale. C'est ainsi que lorsqu'ils siègent sur la surface, ils prennent l'aspect d'une circonvolution immensément hypertrophiée ; il en est exactement de même quand c'est une des portions ganglionnaires du cerveau qui est atteinte : la tumeur tend alors à pénétrer dans le ventricule avoisinant, dont if distend et remplit la cavité. Il faut cependant excepter de cette règle les gliomes portant des noyaux
CERVEAU (pathologie). '455
particulièrement indurés, et qui par leur consistance et leur aspect tranchent nettement sur la substance cérébrale.
Le développement des gliomes est extrêmement lent, ce qui leur permet d'atteindre souvent un volume considérable avant de produire des troubles quelconques. C'est la marche des gliomes mous qui semble être la plus lente ; Virchow rapporte un fait dont les antécédents remontaient à sept années. Les formes dures du giiome, qui sont ordinairement inflammatoires, affectent une marche plus rapide ; c'est du moins ce que Ton suppose, s'il est légitime de rattacher, comme certains auteurs l'ont fait, la formation de la tumeur à un traumatisme accidentel.
Les deux complications anatomiques les plus fréquentes sont la congestion et l'apoplexie; si la première des deux est moins immédiatement moi telle, elle n'en devient pas moins, par sa tendance à se répéter, inévitablement fatale. On a constaté aussi autour de la tumeur tous les signes du ramollissement inflammatoire. . Une autre complitation consiste dans l'hydrocéphalie ventriculaire ; on conçoit en effet que la tumeur peut comprimer les vaisseaux ; l'hydrocéphalie prend alors des proportions colossales; mais elle peut se produire aussi, quoique à un degré moindre, quel que soit le siège de la tumeur.
Nous ferons remarquer, à cette occasion, que ces caractères sont communs aux tumeurs vasculaires, aux gliomes et aux sarcomes, tandis que les tumeurs dures sont moins fréquemment accompagnées de congestions, d'hémorrhagies et d'hydrocéphalie.
Le plus souvent les gliomes sont solitaires; ils ne contractent pas toujours d'adhérence avec les membranes du cerveau, ils n'envahissent par conséquent aucun organe, et doivent à tous ces points de vue être considérés comme le produit pur et simple d'un processus hyperplasique aux dépens d'un seul élément, qui est lanévroglie. La rétine seule, grâce à sa structure, peut être envahie et se confondre avec les {^Uomes.
Virchow considère les sarcomes et les gliomes comme des tumeurs de bonne nature, susceptibles de résorption. Nous ne saurions accepter cette manière de voir, car, abstraction faite des troubles toujours graves que peut provoquer une tumeur siégeant dans le cerveau, les preuves citées par l'auteur allemand en laveur de son interprétation nous semblent très-contestables, et il n'est rmllement démontré jusqu'à présent que le sarcome et le glionie puissent disparaître.
Au point de vueétiologique, Virchow, qui rattache au traumatisme la formation des gliomes, fait remarquer que ce sont les parties du cerveau le [)lus fréquemment exposées aux chocs extérieurs qui sont atteintes; les carcinomes, dit-il, atteignent au contraire ordinairement les centres ganglionnaires.
Les sarco-gliomes se distingueraient aussi du carcinome en ce que les premiers ne transforment pas les tissus ; ils ne seraient en somme que le produit d'une hyperplasie qui emprunte toute sa gravité aux hautes fonctions de l'organe qu'il atteint.
Les sarcomes du cerveau sont, eu égard au nombre total des tumeurs de cet organe, relativement fréquents ; car il faut comprendre sous cette dénomination les tumeurs décrites sous des noms divers, mais qui, eu égard à leurs caractères anatomiques, ne peuvent constituer que les variétés de la même production nouvelle. Ici se placent par conséquent les tumeurs fibreuses albuminoïdes, fibroplastiques, ou embryo-plastiques, les myeloid tumours, les tumeurs à myélocytes, suivant que les dénominations de J. Muller, de Lebert, de Paget et de Ch. Robin ont été employées.
436 CERVEAU (pATHoi.or.iE),
Tumeur hypertrophique et kystique de la glande pituitaire. Cette production morbide, à laquelle Virchow a donné le nom de goîlre pituitaire, consiste en une véritable hyperplasie des follicules des lobes antérieurs de la glande pituitaire. A mesure que la tumeur grossit, elle soulève la partie de la dure-mère qui recouvre la selle turcique.
L'bypeitrophie de la glande pituitaire n'avait pas échappé aux anciens observateurs. Morgagni en fait mention; Sœmmerring y a trouvé des échinocoques ; Maiacarne dit égalen ont que l'inlundibulum renferme parfois de petites hydatides; mais ce sont surtout les observateurs modernes qui ont étudié l'altération de la glande pituitaire. Zenkci signale une grosse tumeur kystique, à plusieurs lobes, formée aux dépens de l'hypophyse, et la compare au kyste de la glande thyroïde; la tumeur contenait un liquide foncé, d'un brun rougeâtre, quelques globules de sang, des granulations graisseuses et des cristaux de cholestérine. Ordinairement on trouve dans l'intérieur de la tnmeiu' \me substance colloïde ou un amas de gélatine déposés surtout entre le lobe antérieur et le lobe postérieur de la glande pituitaire.
On a essayé de rattacher l'existence de celte tumeur au crétinisme (Niepce) et à l'épilepsie (Wenzel) ; mais ces inductions, trop hâtives, ont été radicalement démenties par les faits.
Hypertrophie de la glande pinéale. L'accroissement morbide du volume de la glande pinéale se trouve déjà signalé dans Morgagni, et il est indubitable que les observations publiées anciennement sous le nom de cancer de la glande pinéale doivent être rangées ici. Un examen attentif des faits a permis de reconnaître qu'il s'agit d'une hyperplasie simple qui permet à la glande pinéale d'acquérir le volume d'une noix et au delà. C'est une tumeur solide, blanc rougeâtre, comme le glionie auquel elle ressemble beaucoup ; elle est ordinairement lobulée, et sa coupe est grise, humide, très-richement vasculaire, quelquefois parsemée de grains de sable.
Nous signalerons ici, pour mémoire, le kyste delà glande pinéale, qui n'est autre qu'une hydropisie enkystée de cet organe.
Cette tumeur comme celle qui résulte d'un processus hyperplasique n'a d'autre importance que celle qui résulte de son volume.
Héte'rotopie de la substance cérébrale. Il existe un petit nombre d'observations se rapportant à des tumeurs de nature essentiellement hypertrophique et consistant en une maîse de substance grise déposée dans la substance blanche du cerveau. Lorsque ces productions nouvelles ne sont pas très-étendues (grosseur d'une lentille ou d'un pois), elles ne provoquent aucun trouble, mais parfois elles atteignent des volumes très-considérables (grosseur d'une noix et au delà) et donnent alors lieu à des troubles en tout semblables à ceux des tumeurs de toute autre nature.
Les tumeurs hétérotopiques ont été assez fréquemment trouvées sur des idiots et des crétins.
Névromes. Sous la désignation de névromes du cerveau, il a été décrit des tumeurs congénitales siégeant le plus souvent au niveau du corps strié et de la couche optique. Ce sont des saillies ou des nodosités de substance nerveuse parfaitement distinctes de la masse cérébrale. Elles sont approximativement hémisphériques, légèrement aplaties, variant entre le volume d'un grain dechènevis jusqu'à celui d'une cerise, et au delà. Elles sont ordinairement multiples (on en a compté ius(|u'à quatre-vingts), grises ou rouge grisâtre, isolées ou en groupes; consti-
CERVEAU (rATHOLOGiE). 4")7
tuées par des fibres nerveuses fines, pour la plupart radiées et entourées de substance intermédiaire finement granuleuse, renfermant de gros noyaux nombreux. Meschede a trouvé dans un cas, conjointement avec ces îlots nerveux, un épaississement de la substance corticale des deux lobes postérieurs du cerveau, qui mesuraient par pl.ice H à 15 millimètres. Le névrome cérébral se complique très-sonvent d'Iiydiocépbalie; les nodosités se rencontrent alors ordinairement à la surface lisse (lu ventricule. Mais il faut distinguer cet état de ces espèces de dégénérescence granulaire que l'on rencontre dans l'bydrocépbalie.
Lipomes. Enchondromes. 11 existe quelques observations de lipomes du cerveau. On les a rencontrés dans le chiasma, au niveau du raphé du corps calleux et de la voiite aux trois piliers. On y à trouvé de grosses cellules adipeuses polyédriques, dépourvues de noyaux, atteignant jusqu'à 1/iO de millimètie de diamètre, et ayant une grande puissance de réfraction. Leur contenu se composait de graisse incolore, liquide et transparente.
Nous ne signalerons ici que pour mémoire les observations de Rokitansky, d'Heiinig, de Wagner, de Hirschfeld, à' enchondromes du cerveau {voy. Bibliographie).
Myxomes et papillomes. Ce sont des productions ordinairement d'un volume considérable, variant entre le volume d'une noix jusqu'à celui d'une orange et au delà. Le myxome du cerveau a une structure gélatiniforme ; la substance fondamentale se liquéfie même assez fréquemment, donnant lieu à des cavités remplies d'un liquide muqueux; le myxome constitue alors un véritable kyste (Jean Miiller et Wagner) .
MM. Goniil et Ranvier ont observé un papillome très-volumineux dans le troisième ventricule et faisant saillie dans les ventricules latéraux par les troncs de Monro. C'était une masse bourgeonnante gorgée de suc laiteux, entourée d'un tissu cérébral ramolli. Elle était composée de bourgeons en forme de chou-fleur formés par des vaisseaux plus ou moins dilatés et recouverts par des cellules pavimenteiises. Ce sont ces dernières qui, desquamées, donnaient au liquide son apparence laiteuse. Cette tumeur aurait facilement pu être prise pour un carcinome.
Ostéomes. Les anciens auteurs ont signalé les tumeurs osseuses du cerveau dans une proportion de fréquence qu'on est bien loin de rencontrer aujourd'hui. Cela tient à ce qu'ils ont décrit sous ce nom des cysticerques crétifiés et de simples crélifications, ou des tumeurs sablonneuses (psammomes) qui n'ont avec l'ostéome de commun que la dureté. Mais il semble incontestable qu'il existe des observations de véritables tumeurs osseuses, celle de Simms, par exemple, concernant une jeune tille aveugle, âgée de dix ans, atteinte de tremblement pendant plusieurs années, et à l'autopsie de laquelle on trouva un grand os creux, irrégulier et entouré de pus. Une autre observation (Benjamin) concerne une femme de trente-deux ans, épileptique, idiote et paralysée, à l'autopsie de laquelle on trouva dans le corps calleux une tumeur osseuse de la grosseur d'une noix, couverte d'un périoste et d'une gaîne de tissus graisseux ; l'intérieur de la tumeur consistait en tissu osseux spongieux. Virchow a trouvé chez une femme de vingt-sept ans, morte en couche, dans l'hémisphère gauche du cerveau, un os arrondi, irrégulier, de la grosseur d'une cerise, renfermant une cavité médullaire complète ; cette cavité contenait une moelle normale graisseuse. La coupe de la coque montrait « un tissu osseux, très-compacte, traversé par de nombreux canaux médullaires remplis en partie de graisse. Il n'y avait que la couche exté-
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rieuie qui était entièrement pétrifiée, sans cellules homogènes, et comme vitrifiée. Là où elle entrait dans le tissu fibreux ambiant, se trouvaient des concrétions calcaires, sphériques, qui se. conlondaient en différents endroits et ofiraient alors l'apparence de la mas-e dite globulaire. Ce même auteur cite un autre fait d'ostéome clans la couche optique gauche chez une femme de quarante ans.
On peut admettre que l'ostéome est la conséquence d'une encéphalite circonscrite, et ce qui donne de la probabilité à cette supposition, c'est qu'on rencontre ordinairement avec l'ostéome la sclérose cérébrale. C'est une espèce de tissu connectif qui forme la matrice de l'os, mais on n'y trouve jamais trace de cartilage.
Psammome. Le psammome, comme son nom l'indique (^f/œp|ito;, sable), est une tumeur formée par l'accumulation de sable calcaire dans certaines parties du cerveau dans lesquelles des quantités minimes de dépôts analogues se trouvent normalement, et qui sont, notamment, la glande pinéale, les granulations de Pacchiomi et le plexus choroïde.
Dans le psammome, le sable forme soit des cylindres compactes, soit des petites masses pirifornies lancéolées, trabéculées ou glabulées. C'est le tissu connectif qui ordinairement relie entre elles les diverses parties de la masse; mais on trouve aussi des tumeurs formées de grains de sable réunis sans cohésion et montrant une texture concentrique, une stratification régulière : les couches sont emboîtées l'une dans l'autre et contiennent au centre un petit grain unique; le tout a un aspect homogène , la chaux y étant déposée de manière complètement symétrique.
Ces concrétions, qui ne doivent probablement être considérées que comme l'expression de certaines évolutions pathologiijues de nature indéterminée, ont une genèse à peu près inconnue. Même" lors(|u'elles ne sont pas plus grandes qu'un corpuscule sanguin, on y rencontre déjà une disposition stratifiée; leur croissance s'opère par le dépôt de nouvelles couches successives; plus tard les corpuscules se juxtaposent sous une enveloppe commune et forment des conglomérations de volume variable. Il n'est pas fréquent que l; psamhiome atteigne le volume d'une cerise ; il en existe cependant du plus gros. Il est lisse ou mamelonné et ordinairement de couleur rose ou blanche ; sa consistance est très-ferme.
Le psammome (de Vircbow) a été décrit par divers auteurs sous des dénominations qu'il est utile d'énumérer. C'est la tumeur fibro-plastujite de Lebert, la tumeur épitheliale de Robin, Vépitliéliome deVulpianet de Bouchard, le sarcome angiolit/tique de Cornil et Ranvier. Ces derniers auteurs ont montré que, dans cette tumeur, « les cellules n'étant pas soudées les unes aux autres, elles manquent, par conséquent, de caractère essentiel qui définit l'épitliéliura. Ces néoplasmes se distinguent encore bien nettement de toute tumeur épitheliale parce que leurs vaisseaux sont directement en rapport avec les cellules, ce qui n'existe jamais pour les éléments épithéliaux. »
La transformation graisseuse de ces tumeurs a conduit les auteurs à en décrire une variété à part sous le nom de cholestéatome ou tumeur perlée. Le cholestéatome est donc formé par des cellules épiderniique» ayant subi la transformation graisseuse, et disposées par couches concentriques autour d'un noyau central. Cette tumeur n'est pas extiêmement rare; elle est isolée ou multiple, et on la rencontre aussi simultanément avec des tumeurs tuberculeuses ou carcinomateuses. Par elle-même de bonne nature, elle ne produit de lésions locales que par son volume. Des cholestéa tomes, de la grosseur d'une noisette, d'une noix et même au delà, ont été trouvés à l'autopsie d'individus qui pendant leur vie n'avaient
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point manifesté de troubles cérébraux ; c'est ordinairement à la base du cerveau qu'on les rencontre, et ils peuvent atteindre le volume du poing.
Virchow con^idère le cholestéatome comme une tumeur composée, plusieurs foyers se réunissant et formant une masse unique. Leur forme est irrégulière, bosselée, granuleuse ; leur surface présente le brillant de la nacre. La tumeur et son enveloppe sont entièrement dépourvues de vaisseaux; à la coupe, elles se présentent comme une niasse graisseuse.
Les complications des cholestéatomes sont surtout de nature inflammatoire ; on a vu même un abcès se former consécutivement ; cependant, dans d'autres cas, le paiencliyme cérébral était exsangue, blanc et même atropbié.
Nous signalerons en cette occasion certaines petites excroissances qui se rencontrent dans diverses parties du cerveau, mais notamment dans l'infundibulum et la glande pinéalc qui, à leur tour, peuvent se crétifier. Mais elles doivent être distinguées des dépôts calcaires que nous venons de signaler : ce sont plutôt des villosifés polypeuses simples ou ramifiées et dans l'intérieur desquelles il se fait parfois lies dépôts calcaires concentriques. Ces villosités semblent, à l'encoulre des psanimomes, procéder de cellules, et on pourrait admettre peut-être que ce processus n'est qu'une simple préparation à l'ossification.
Signalons encore en passant, mais pour mémoire seulement, qu'il est essentiel de ne pas confondre le psammomo avec les corpuscules amylacés.
Carcinomes ; tumeurs mélaniques. Si l'on voulait accepter comme étant réellement de nature carcinomateuse les tumeurs du cerveau décrites par les anciens auteurs sous la dénomination de cancer du cerveau, on serait conduit à admettre que de toutes les tumeurs, celles-ci seraient les plus fréquentes dans l'organe qui nous occupe. Un diagnostic anatomique plus judicieux a conduit à des interprétations bien différentes; aussi, notre cadre contient un nombre de divisions beaucoup plus considérable, et le chapitre consacré aux carcinomes des faits beaucoup moins nombreux. Nous sommes loin, de croire que les divisions actuelles des tumeurs cérébrales soient définitives; mais il est probable que ces divisions se multiplieront encore, et le cancer des anciens auteurs tombera probablement de plus en plus en discrédit. Ajoutons à cela que le véritable carcinome, lorsqu'il existe dans la cavité crânienne, prend plutôt naissance dans les méninges ou dans les os du crâne que dans la substance cérébrale; d'autres fois, ce sont des organes extracrâniens comme l'œil ou diverses parties molles de la tête qui sont primitivement atteints d'un cancer, qui envahit le cerveau mais consécutivement. Toutes ces restrictions étant faites, il n'en faut pas moins admettre l'existence du carcinome dans le cerveau ; c'est là, il faut le dire, une des tumeurs les plus rares de cet
organe.
C'est l'encéphaloïde qui semble prédominer ici; il est le plus souvent primitif, et le cerveau est atteint avant qu'il y ait production carcinomateuse dans toute autre partie de l'organisme. Il existe cependant quelques observations de carcinomes de la mamelle, du scrotum et d'autres organes qui, étant enlevés, ont récidivé par la formation de tumeurs malignes dans le cerveau; il existe aussi quelques rares faits de tumeurs multiples de divers organes parmi lesquelles figure le cancer du cerveau. 11 est exceptionnellement rare qu'il soit multiple.
Son volume est extrêmement variable; à la base du cerveau il est ordinairement plus [letit, ce qui tient peut-être à ce que son extension comprime en ce point, plus tôt que cela n'a lieu dans les hémisphères, des parties de l'encéphale essen-
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liclles ù la vie protliiis;inl iiiiisi des lionbles moi tels avant (jiie la tumeur ait eu le temps de s'accroître considéraljlenient. Le cancer des hémisphères, au cculniire, peut prendre des dimensions excédant le volume du poing ; il arrive alors que les méninges et les os du crâne sont détruits, que la tumeur se montre au dehors, L'encéphaloïde du cerveau est mou, riche en cellules, jaunâtre, blanc, quelquefois très-vascularisé, et alors il est rose ou même rouge. Sa vascnlarisation est telle quelquefois qu'elle pourrait imposer pour une tumeur érectile. Sa forme est irrégulièrement arrondie, bosselée, quelquefois globulée. Le squirrho est dur, peu vascularisé, sec, fibreux; il est beaucoup pins petit que rencéplialoïde, de surface lisse et de couleur gris pâle. Leur structure intime n'est nullement différente de celle des carcinomes en général Leur évolution dans le cerveau est rapide, et elle l'est d'autant plus que le caucei' est plus vascularisé. Il se confond avec la pulpe cérébrale et lui adhère si intimement que son énucléation devient impossible.
Parmi les complications du cancer du cerveau, t;int qu'il reste limité aux hémisphères, il fa;it surtout nommer la destruction des nerfs, des bandelettes optiques et des nerfs olfictifs; mais bientôt il envahit tous les organes environnants; le mésocéphale, le cervelet sont très-souvent impliqués.
Si l'on ne veut tenir compte que des observations où la nature carcinomateuse a été péremptoirement démontrée, il est impossible d'assigner un âge de prédilection à ces productions morbides; on en a certainement trouvé dans la jeunesse, dans l'enfance même, presque aussi souvent que. dans la vieillesse ; c'est l'âge adulte qui semble le moins prédisposé.
Tumeurs mélaniques. C'est en ce point qu'il faut placer des productions particulières de nature très-probablement carcinomateuse décrites sous le nom de tumeurs mélaniques : ce sont des nodules noirâtres variant entre le volume d'une lentille et celui d'une noix. Ces productions se rencontrent dans la masse même ou à la surface du cerveau. Nous nous contentons ici de les signaler seulement; la description qui en a été donnée jusqu'ici étant absolument insuffisante pour permettre une élude détaillée, contentons-nous de dire que leur coloration résulte de l'infiltration des cellules par un pigment granulé analogue à celui de la choro'ide. Lorsque ces granulations mélaniques s'agglomèrent et se réunissent, elles forment de petites tumeiu's irrégulières non adhérentes à la substance cérébrale; mois d'autres fois les granulations mélaniques s'infiltrent dans les mailles du tissu normal et leur donnent une teinte noire plus ou moins étendue. Lorsque ces productions mélaniques existent dans le cerveau, on en trouve presque toujours dans divers autres organes.
Tubercules. En traitant les tubercules cérébraux, les auteurs n'ont en vue que la tuberculose chronique et lente, et c'est eu effet, dans l'immense majorité des cas, cette forme qui se présente à l'observateur. On peut cependant admettre aussi l'existence, si rare qu'elle soit, de la tuberculose aiguë du cerveau. La rapidité de la marche des symptômes, l'existence dans le cerveau de tubercules miliaires, la coexistence du même état anatomique dans les méninges, dans les poumons et dans divers autres organes, permettent cette induction que les choses peuvent se passer pour le cerveau comme pour les autres tissus.
Cette remarque faite, nous abordons la description de la tuberculose chronique.
Le tubercule du cerveau est ordinairement très-volumineux, dm', compacte; le plus souvent il se confond avec le tissu cérébral; parfois cependant il en est séparé par une enveloppe rougeâtre très-délicate. H est ordinairement arrondi ou ovoïde,
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à surtace lisse lorsqu'il n'est pas iiriivé à sou complet développement, mais globuleuK, mùiifomie, quand il devient très-gros; d'autres fois il est aplati, sans forme bien délimitée ; d'autres lois encore, il affecte les aspects les plus étranges : il a été comparé à un croissant, à une massue; ou bien il est cylindrique ou en grandes plaques. Ces dernières formes n'appartiennent qu'aux grosses masses tuberculeuses. Ces masses se divisent quelquefois, et dans leurs intervalles il s'accumule un liquide qui est tantôt clair et transparent, tantôt jaunâtre et crémeux. La couleur du tubercule du cerveau est variable suivant son degré d'évolution : gris, jaune, verdàtre, quelquefois même blanc. En général le tubercule du cerveau est d'autant plus opaque qu'il est plus ancien. Parfois il est citrin à la périphérie et jaune orangé au centre; il n'est pas très-rare d'en trouver de couleur nacrée. Il n'est, en somme, point différent de celui des autres tissus avec lesquels il a égaFement en commun la consistance. En effet, sa densité a été comparée à celle de la pomme de terre, de la châtaigne, et lorsqu'il se ramollit, au fromage mou : il fist alors onctueux, savonneux au toucher, et il prend même l'aspect d'un amas de pus dense. Par tous ses caractères, le tubercule du cerveau subit les lois générales de ce produit morbide partout oiî il se rencontre : compacte lorsqu'il est jeune, il devient mou en subissant la transformation caséeuse. Cette translormatiou a lieu assez souvent déjà lorsque le tubercule a à peine excédé la grosseur d'une tète d'épingle. L'état caséeux du tubercule peut persister indéliniment; il arrive cependant bien souvent que des sels calcaires s'y déposent et s'opposent à toute métamorphose ultérieure. Parfois la partie interne seule est calcifiée, tandis que la périphérie continue à se développer. D'autres fois, le tubercule subit nue transformation fibreuse, ce qui a conduit quelques auteurs à admettre l'existence d'une sclérose tuberculeuse du cerveau. Cet état est assez rare; la crétification, au contraire, est extrêmement commune. Nous dirons en cette circonstance qu'on trouve parfois dans le cerveau des tumeurs calcaires qui semblent devoir être considérées comme des reliquats de tubercules, même lorsqu'on ne constate pas de tumeurs tuberculeuses non calcifiées (Liouville). Ce qui a conduit à cette induction, c'est la découverte de tubercules dans d'autres tissus, lorsque môme dans le cerveau il n'y avait pas d'autres indices de ces productions que les dépôts calcaires.
Le tubercule du cerveau a une tendance très-marquée, très-caractéristique à s'unir aux tubercules voisins et à former une masse compacte. Virchow pense que la croissance des tubercules du cerveau se fait toujours par apposition de zones de prolilération grise sous forme de tubercules miliaires. Mais il est indubitable qu'on rencontre souvent dans le cerveau de très-gros tubercules qui ne ressemblent nullement à des agglomérats. Ce sont alors des masses homogènes dont les couches périphériques sont grises et demi-transparentes, et se confondent avec le parenchyme du cerveau, dont il est fort difficile de les séparer ; leur centre est compacte, jaune, ramolli, et semble formé d'une substance caséeuse, continue et indubitablement uniforme. L'ensemble de cette tumeur ne présente donc nullement l'aspect d'une réunion de petits tubercules. D'après Virchow, il s'agit alors de grandes niasses caséeuses qui ne proviennent nullement d'une tuberculose directe de la névroglie, mais bien d'une encéphalite tuberculeuse. C'est là une question de doctrine dont nous n'avons pas à nous occuper ici ; ce qui nous importe, c'est que d'inmienses tumeurs, dites tuberculeuses, peuvent se former dans le cerveau par un processus étranger à celui de l'agglomération des granulations. Mais à côté de ces masses, il faut certainement admettre le conglomérat tuberculeux, composé de milliers de petites granulations formant une grosse masse
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unique. Cette tendance à la fusion explique peut-être le fait que le nombre des tubercules est toujours en sens inverse de leur volume. Quant à ce volume même, il n'y a pas de tumeurs cérébiales qui offrent de si grandes variétés, car on en trouve depuis la grosseur d'un grain de millet jusqu'à celle d'une orange et au delà ; on peut dire cependant, en thèse générale, que le tubercule du cerveau est le plus souvent gros.
Cette production morbide atteint surtout le jeune âge, et quoiqu'on ait essayé de lui assigner dans le centre nerveux des sièges de prédilection, il est certain qu'on la trouve à peu près partout. Les prétendus sièges de prédilection seraient surtout la limite entre la substance blanche et la substance grise des circonvolutions.
Le tubercule du cerveau se distingue par une croissance très-régulière, uniforme dans tous les sens, ce qui lui donne probablement cette tendance à l'aspect sphérique que nous avons signalée. On y reconnaît souvent des couches concentriques qui correspondent aux diverses phases de son développement. Son enveloppe, composée d'une couche molle d'un rouge grisâtre et transparent, est formée de noyaux embryoplastiques; dans ses parties opaques, elle est parcourue par des vaisseaux dont la lumière est, selon M. Cornil, remplie de fibrine coagulée, tandis que des petites cellules agglutinées les unes aux autres occupent l'espace compris entre la gaîne lymphatique et la couche celluleuse de la paroi. L'épaisseur de cette couche ou enveloppe du tubercule est en raison inverse de la grosseur de la tumeur; sur le tubercule delà grosseur d'un pois, elle mesure, suivant Rindfleisch, 2 millimètres ; mais son épaisseur diminue à mesure que le volume du tubercule augmente.
Il est assez fréquent de constater que la substance nerveuse qui entoure le tubercule reste indemne de toute lésion. Mais il est loin d'en être constamment ainsi : l'hypérémie se manifestant par un piqueté très-dense et très-intense n'est pas rare ; on constate aussi des points de ramollissement inflammatoire dans le voisinage de la tumeur. D'autres fois, la masse encéphalique semble comme hypertrophiée ou tuméfiée; dès l'ouverture du crâne, la pulpe nerveuse tend à s'échapper ; les circonvolutions sont alors aplaties, les membranes du cerveau soilt injectées, et on trouve un épanchement abondant de sérosité dans les mailles de la pie-mère et dans les ventricules du cerveau. Cette sérosité peut même prendre un aspect gélatiniforme. Dans quelques cas rares, des portions du cerveau semblent comme indurées, lardacées, mais il arrive aussi qu'elles sont très-pâles, complètement exsangues et comme atrophiées.
Le tubercule du cerveau émane de la prolifération du tissu interstitiel de la névroglie : la partie du parenchyme cérébral qui loge le tubercule subit toutes les phases de la prolifération active de la névroglie.
Les partisans, dit Virchow, de la doctrine de la nature scrofuleuse du tubercule peuvent conclure que dans ces cas, la névroglie présente la même vulnérabilité et la même caducité que d'autres tissus, les muqueuses, par exemple.
Au point de vue purement histologique, le tubercule du cerveau est en somme identique à celui de tous les autres organes : substance granuleuse unissant de petites cellules, vaisseaux oblitérés par la fibrine ; les éléments de la partie centrale de la tumeur en dégénérescence graisseuse, etc.
Pour M. Robin, les tubercules du cerveau proviennent de la genèse et de l'hétérotopie des éléments ronds de la couche superficielle des circonvolutions cérébrales qu'il appelle myélocytes. Ce sont dès lors des tumeurs à myélocijtes. Sous
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cette dénomination M. Robin confond les tubercules avec certains sarcomes, avec les syphiloraes, etc.
Tumeurs syphilitiques du cerveau. — La syphilis du cerveau se trouve décrite par les anciens auteurs ; mais si l'on tient compte de la difficulté du diagnostic anatomique et de la multiplicité des tumeurs cérébrales qui ressemblent plus ou moins à des tumeurs sypliilitiques, on peut se demander si l'on peut accepter comme telles la plupart des observations anciennes qui ont reçu cette désignation. Nous en admettons toutefois un certain nombre comme ayant réellement trait à des tumeurs syphilitiques. Il est incontestable que certaines o!)servations en établissent réellement l'existence.
Il faut distinguer, dans la syphilis cérébrale, deux formes très-différentes: l'une est le produit soit d'inflammation partielle du cerveau pouvant survenir dans le cours de la syphilis, cause prédisposante de l'inflammation, et l'autre est lu oomme syphilitique proprement dite. Les foyers inflammatoires du cerveau sont souvent très-nettement circonscrits, soit qu'ils résultent d'oblitérations vasculaires, soit que le point de départ siège dans les os ou les membranes du cerveau. Ces foyers forment de véritables tumeurs plus ou moins étendues, de formes trèsirréguhères et envahissant parfois des portions entières du cerveau qui se ramollit, ou bien, au contraire, se sclérose autour de l'inflammation sypliilitique, qui peut se terminer par la formation d'un abcès ou d'une tumeur enkystée.
Les gommes du cerveau siègent le plus souvent à la périphérie du cerveau; on en rencontre cependant dans les grands centres ganglionnaires et surtout dans la couche optique. Elles se développent, suivant Rindfleisch, aux dépens des gaines vasculaires. Les gommes du cerveau se présentent le plus souvent comme une masse de forme irrégulièrement arrondie ou allongée, de couleur grise ou jaunâtre, transparente. A la coupe, la tumeur est rarement homogène ; on y rencontre des parties indurées, que le couteau peut à peine entamer, et d'autres parties ramollies, de consistance et d'aspect caséeux. A mesure que la tumeur se développe, les parties ramollies augmentent d'étendue ; on a rencontré cependant des tumeurs syphilitiques du cerveau fort anciennes, qui à la coupe étaient très-denses et trèsdures. La substance cérébrale qui environne la gomme s'indure jusqu'à devenir calleuse, les membranes voisines s'épaississent, se condensent, et forment à la tumeur des couches d'enkystement. Ces couches elles-mêmes se composent d'un tissu connectif compacte, presque calleux, peu vascularisé. Quelquefois on trouve autour de la tumeur une matière molle, transparente.
A l'examen microscopique, on trouve une substance intercellulaire peu épaisse, granuleuse, quelquefois fibrillaire, au milieu de laquelle on constate de petites cellules arrondies, à noyaux uniques et assez gros, granulés avec de petits nucléoles brillants. A mesure que la tumeur vieillit, ces cellules deviennent fusiformes ou réticulées, et la substance intercellulaire devient à son tour fibrillaire. Les parties, d'aspect caséeux, sont infiltrées de nombreux granules graisseux au milieu d'une substance fondamentale presque amorphe, mais on y constate encore l'existence de vaisseaux oblitérés. C'est cet état de dégénérescence graisseuse que le syphilome a de commun avec le gliome, le sarcome et le tubercule^ et qui rend souvent la distinction bien difficile. Ajoutez à cela que les foyers hémorrhagiques mêmes, que nous avons signalés dans les deux premières productions peuvent, en se décolorant, prendre un aspect gommeux. De toutes les tujiieurs du cerveau, c'est le grand tubercule, ayant subi la transformation caséeuse. (^al a le plus d'analogie avec les tumeurs gommeuses. Les caractères dis-