‹ Dictionnaire encyclopedique des sciences medicales v.14Chapitre 29 sur 77 · V. Rapidité des acci- ( Mort rapide · texte numérisé non relu

V. Rapidité des acci- ( Mort rapide

dents intiineâ. . I Mort subite. ....,.., 1

CERVELET (pathologie). Î)27

S'il laut en croire OUivier et Leven, les maladies du cervelet n'ont pas beaucoup de gravité par elles-mêmes. Ils se fondent sur leurs expériences pour établir que, quand le cervelet est seul intéressé, la vie n'est pas menacée ; les accidents graves que l'on observe tiendraient à des lésions concomitantes du cerveau ûu de la moelle. Aussi voit-on souvent deux phases bien distinctes chez les malades. Dans la première les symptômes sont obscurs, les fonctions sont plutôt troublées qu'abohes; puis surviennent, à un moment donné, des accidents tout différents : des hémiplégies, des attaques apoplectiformes suivies de coma. Nous avons vu qu'on avait signalé des cas de terminaison rapide, de mort subite. Ces deux phases correspondaient à des lésions de sièges différents. Dans la première, le cervelet seul est intéressé : la lésion est limitée à cet organe ; dans la seconde une complication s'est déclarée. Le cerveau, la moelle allongée sont en cause et des accidents formidables se déclarent. Ces complications seraient en tous cas bien fréquentes, car nous voyons, dans l'immense majorité des cas, les maladies du cervelet se terminer par la mort.

TuMEUBs DU CERVELET. Ou s'est pcu occupé jusqu'ici des tumeurs du cervelet considérées isolément. Les observations en sont éparses dans les différents travaux publiés sur la pathologie cérébrale. C'est là qu'il faut aller les chercher. En 1872, M. le docteur Sieffert a pris pour sujet de thèse : Les tumeurs du cervelet. Son travail consciencieux résume tout ce qui a été publié sur la matière. On peut cependant lui reprocher de n'avoir pas toujours séparé nettement les tumeurs cérébelleuses de celles qui se développent dans d'autres parties de l'encéphale. 11 en résulte, dans la description des symptômes, une certaine confusion qui ajoute aux difficultés du diagnostic. Quoi qu'il en soit, nous userons largement de ce travail et des très-intéressantes observations qui s'y trouvent réunies.

M. Sieffert divise en quatre groupes les tumeurs qu'on peut rencontrer dans le cervelet. 1" Tumeurs vasculaires comprenant les angiomes et les anévrysmes ; 2" Les tumeurs parasitaires constituées par les cysticerques et les échinocoques ; 30 Les tumeurs diathésiques, qui réunissent les différentes formes de cancer, de tubercules et de syphilomes ; 4° Les tumeurs accidentelles dans lesquelles on fait rentrer toutes celles dont l'étiologie est inconnue. Ce sont : les sarcomes, les kystes, les tumeurs à myélocytes, les myxomes, lipomes, etc.

Nous n'avons pas à entrer ici dans la description détaillée de chacun de ces genres de tumeurs. Elles se présentent dans le cervelet avec les caractères fondamentaux qu'elles offrent partout ailleurs. Il est évident que les accidents variés qu'elles déterminent tiennent moins à leur nature qu'à leur volume, à leur siège, à leur mode de développement.

Il nous paraît cependant utile d'indiquer brièvement ce qu'elles peuvent présenter de particulier.

1° Tumeurs vasculaires. Sur quatre-vingt-treize cas d'anévrysmes intracràniens relevés dans la thèse de M. Lorber (Strasbourg, 1866), nous ne voyons notés que trois fois des anévrysmes des artères cérébelleuses. Ces tumeurs sont en général petites, variant du volume d'un pois à celui d'une amande ; à une certaine époque de leur développement, elles se rompent et constituent un foyer sanguin. Quant aux tumeurs érectiles, on n'en cite pas d'exemples.

2° Les tumeurs parasitaires sont rarement isolées dans le cervelet. Quand on les y rencontre, elles accompagnent d'autres tumeurs de même nature, développées dans d'autres parties de l'encéphale et dans les méninges. Ce sont des kystes plus ou moins volumineux, renfermant des cysticerques ou des échinoco-

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ques. C'est généralement à la suite de leur ingestion dans les voies digestives que les |)arasites perforent les parois intestinales et les membranes vasculaires et pénètrent dans la circulation.

3" Les tumeurs diathésiques sont incomparablement les moins rares. Les syphilomes se présentent sous fof me de matière infiltrée ou de tumeurs limitées pouvant acquérir le volume d'un petit œuf. Quand ces tumeurs subissent la métamorphose graisseuse, il est facile de les confondre avec des tubercules. M. Sieffert fait cependant remarquer que dans le tubercule, la transformation graisseuse se fait plus franchement du centre à la périphérie, tandis que dans le syphilome elle se produit dans toute l'étendue de la tumeur.

Le cancer se présente dans le cervelet sous ses trois formes habituelles : squirrhe, encéphaloïde et cancer mélanique. L'encéphaloïde paraît être la forme la plus fréquente. Le plus souvent, ces tumeurs sont nettement limitées et circonscrites par une membrane kyslique, adventive.

Il en est de même du tubeicule qui se présente sous la forme de petites masses isolées, jaunes et opaques au centre, demi-transparentes et légèrement vascuarisées à la périphérie ; quelquefois incrustées de sels calcaires.

i° On a réuni sous le nom de tumeurs accidentelles des productions qui n'ont guère d'autre intérêt que celles de curiosités analomo-palhologiques. Ce sont des lipomes pioduits par une prolifération du tissu graisseux ; des gliomes résultant, d'après M. Cornil, de l'hyperplasie des éléments conjonctifs de la névroglie. Virchow fait rentier dans les gliomes, les tumeurs habituellement décrites sous le nom de tumeurs libro-plasliques, de tumeurs à myélocytes, etc. Contentons-nous de citer les myxomes composés de cellules reliées par une substance homogène, hyaline, analogue au mucus; \es psammomes que M.Robin considère comme des productions épilhéliales et, MM. Cornil et Ranvier, comme une variété de sarcome ; les choléaslomes ou tumeurs nacrées formées principalement de cholestérine englobée dans du tissu conjonctif, etc..

Quand on cherche à présenter dans une vue d'ensemble, les symptômes auxquels ces différentes tumeurs peuvent donuei' lieu, il faut toujours avoir soin de considérer les symptômes propres à la lésion cérébelleuse et ceux qui dépendent de la compression exercée par elle sur les parties voisines. Or, quani on se représente l'importance des centres ou des conducteurs nerveux qui confinent au cervelet, on voit immédiatement que le symptomatologie variera singulièrement suivant le volume de la tumeur, sa situation centrale ou périphà:'ique, la lenteur ou la rapidité de son développement, etc. Ce sont là des considérations de premier ordre quand il s'agit d'apporter un peu de précision dans une étude encore nouvelle; c'est peut-être à leur oubli qu'est due cette confusion si facile à relever dans les observations où les contradictions surgissent à chaque instant.

Ce que nous avons dit dans notre symptomatologie générale nous rendra la tâche plus facile. Il importe tout d'abord de ne pas perdre de vue ce point capital de l'histoire des tumeurs cérébelleuses : à savoir la distinction à établir entre les phénomènes qu'on peut appeler cérébelleux ou de foyer et ceux qui tiennent au siège de la lésion sur les parties voisines.

La céphalalgie, l'embarras gastrique ouvrent généralement la scène; ce sont les pieiiiiers symptômes que le malade accuse, et le médecin ne commence à y reconnaître quelque gravité qu'en raison de leur persistance et de rinelficucilé des médications employées. Nous voyons souvent cependant dans les observations que ces premiers symptômes subissent une rémission plus ou «loins longue. Ils repa-

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raissent au bout d'un temps variable, quelquefois plusieurs mois. Nous avons vu que cette céphalalgie n'est pas nécessairement localisée à la région occipitale. C'est cependant son siège le phis fréquent. Elle paraît à une époque qui correspond au début de la lésion ; elle est souvent intermittente. Le malade est alors sujet à des espèces d'accès plus ou moins régulièrement périodiques, se traduisant par des douleurs quelquefois atroces et qui le jettent dans un accablement profond. De tous les symptômes, c'est le plus constant. Toutes les statistiques sont d'accord à ce sujet. Il se rencontre dans plus de la moitié des cas. Il peut cependant faire défaut; et nous verrons que l'évolution d'une tumeur cérébelleuse peut être latente, jusqu'au moment où elle détermine quelque accident grave. Aussi a-t-on admis une période latente (Sieffert).

L'intelligence et la sensibilité sont toujours conservées. Si l'intelligence se trouble dans les derniers jours de la maladie, ce trouble s'explique par la gêne profonde de la circulation. Il faut donc abandonner complètement cette opinion o'Âiidral : « que l'intelligence présente, dans les hémorrhagies cérébelleuses, les mêmes troubles que dans les hémorrhagies cérébi aies, et que la sensibilité esttout simplement obtuse ou détruite, comme dans les cas d'hémorrhagie cérébrale. »

Nous nous sommes longuement étendus sur les troubles de la motilité. L'hémiplégie complète ou incomj)lète est extrêmement rare. On peut affirmer qu'une hémiplégie pure ne iigure pas dans la symptomatologie des lésions cérébelleuses. C'est un symptôme de voisinage, impliquant une compression des cordons conducteurs.

Mais si l'hémiplégie, telle qu'elle existe dans les lésions cérébrales, ne s'observe pas dans les maladies du cervelet, on doit dire que les troubles les plus variés de la motilité y ont été notés. Nous renvoyons, sur ce point, aux tableaux que nous avons empruntés aux mémoires de MM. Oliivier et Leven, et de M. Luys. On verra que les mouvements convulsifs, les mouvements de manège, d'inclinaison, d'entraînement latéral, la difficulté de la station, la titubation ébiieuse sont les iormes sous lesquelles se présentent habituellement les troubles moteurs.

Les contractures, si fréquentes dans les lésions cérébrales, sont ici très-rares. Il en est de même de l'hémiplégie faciale.

Le fait dominant dans la symptomatologie des lésions cérébelleuses et particulièrement des tumeurs, c'est donc Vasthénie qui peut aller jusqu'à la résolulion complète ; asthénie dont le malade a conscience, qu'il constate lui-même, qu'il cherche à surmonter de toutes manières.

L'embarras de la parole a été souvent noté: treize fois sur soixante-seize cas (Oliivier et Leven) ; vingt fois sur cent (Luys). La proportion est à peu près la même ; soit un cinquième des cas. Malheureusement, toutes les observations que nous avons consultées manquent à cet égard de détails suffisants. Ainsi, on a toujours négligé l'analyse des phénomènes au moyen de l'écriture. 11 nous a paru cependant, comme le fait remarquer M. Sieifert, que la partie mécanique de la phonation se trouvait seule atteinte. Il s'agissait dans ces cas, de ces troubles pour lesquels M. Jaccoud propose la dénomination de glosso-plégie (défaut d'exécution) ou glosso-ataxie (défaut de coordination). L'extrême lenteur des mouvemeQts d'articulation, le tremblement de la langue et des lèvres ont été souvent notés.

Sur ses cent observations, M. Luys relate cinquante-neuf fois des troubles variés de la vision. Tantôt l'appareil moteur de l'œil est seul en jeu; tantôt on peut constater des lésions rétiniennes. Nous renvoyons sur ce point à nos généralités. Notons cependant que dans un quart des cas, MM. Leven et Oliivier ont noté une cécité absolue.

oôO CERVELET (pathologie).

Les vomissements figurent souvent dans les observations de tumeurs cérébelleuses: trente-cinq fois sur cent, d'après M. Luys. Ils ont donc une importance réelle. Doivent-ils être imputés au voisignagediipneumo-gastrique?

Marche et diagnostic de la maladie. Revenons tout d'abord sur ce fait fondé sur de nombreuses observations : qu'une tumeur cérébelleuse volumineuse peut être latente pendant la vie et n'être dévoilée qu'à l'autopsie. Dans les cas les plus ordinaires, la maladie évolue en deux périodes : Dans l'une : accidents mal déterminés ; céphalalgie intermittente, rebelle aux moyens ordinaires ; troubles gastriques, affaiblissement général ; rémissions pouvant durer plusieurs mois pendant lesquels le malade se reprend à la vie, et à l'espérance d'une guérison complète; puis retour des premiers symptômes et apparition des phénomènes gf aves : troubles de la motilité, attaques convulsives ; symptômes du côté de l'organe visuel, et plus tard, phénomènes tenant au retentissement des lésions sur les organes voisins : paralysies incomplètes, attaques apoplectiformes, etc. Il faut donc faire, autant qu'on le peut, une sorte de départ entre les phénomènes de foyer et les phénomènes de voisinage ; les premiers plus spécialement attachés à la lésion cérébelleuse; les autres, à son retentissement périphérique. C'est à cette dernière action qu'il faut attribuer la rapidité des accidents ultimes si souvent notés chez les sujets atteints de tumeurs cérébelleuses.

Quant au diagnostic dont on pressent déjà les difficultés, il comprend naturellement deux points : l'existence d'une lésion cérébelleuse ; la nature de celte lésion. Ces difficultés s'augmenteront d'ailleurs parl'infinie variété des manifestations réflexes et par les complications inhérentes à l'évolution même de la tumeur: congestions, ischémie, hémorrhagies, ramollissement. Tous ces processus n\orbides découlent de l'existence même de la tumeur, et sont indépendants jusqu'à un certain point de sa nature. Quand on se trouve en présence de ces sortes de tourmentes, oij toutes les fonctions cérébrales sont en désarroi, il convient de surseoir au diagnostic, d'attendre que tous les phénomènes secondaires aient disparu ou se soient amoindris, et de saisir, s'il se peut, le moment où on pourra en dis. traire les phénomènes de foyer. Ces phénomènes nous les avons déjà indiqués à plusieurs reprises. Ils se déduisent surtout des connaissances physiologiques; nous noterons au premier rang : la céphalalgie, la faiblesse musculaire et l'incoordination des mouvements sans paralysie proprement dite, coïncidant avec la conservation de l'intelligence et delà sensibilité. Cette association de symptômes ne se rencontre pas dans les maladies cérébrales proprement dites. C'est plutôt avec les maladies si variées de l'axe spinal: ataxie locomotrice, paralysie agitante, que la confusion serait facile. Mais l'intervention des phénomènes céphaHques : vertiges, céphalalgie, amaurose préviendront l'erreur. Dans la paralysie générale, les troublés psychiques sont caractéristiques.

Quant à déterminer la nature de la tumeur, on n'y arrive qu'avec une certaine somme de probabilités. L'état général du malade fournira évidemment des renseignements de premier ordre. La présence de manifestations diathésiques en différents points de l'organisme est une source de données précieuses. L'évolution des symptômes, leur marche donnera également quelques indications, beaucoup moins précises, il est vrai. Cependant, une tumeur encéphaloïde richement vascularisée se développera avec une tout autre rapidité qu'un syphilome et qu'une tumeur tuberculeuse. La rapidité de ce développement, l'accroissement incessant de la tumeurprovoquerait des phénomènes de loyer et de compression beaucoup plus accusés, résultant de l'évolution en quelque sorte brutale de la lésion ; congestions

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brusques, hémorrhagies abondantes avec rupture de foyer et paralysies apoplectiformes.

Il n'y a là cependant que des éléments secondaires de diagnostic, bien inférieurs en valeur, à ceux qu'on tire de l'étude générale du malade. Quant au diagnostic de la nature de certaines tuaieurs : fibromes, glyomes, etc. , il ne peut être question que de reconnaître ou de soupçonner la tumeur. Le reste est pure affaire d'analomie pathologique.

Parmi les tumeurs du cervelet, nous ne voyons guère que le syphilome qui soit susceptible de guérison. Les autres tumeurs ont une évolution en quoique sorte fatale. Toutes les fois que la nature syphilitique d'une tumeur sera simplement soupçonnée, on devra donc instituer un traitement anti-syphilitique énergique par les frictions mercurielles et l'iodure de potassium à hautes doses.

En dehors de ces cas relativement favorables, une médication symptoma tique pourra seule être instituée.

Hémorrhagie. Au point de vue de l'anatomie pathologique, les foyers d'hémorrhagies cérébelleuses n'offrent rien de spécial, et nous ne pouvons que renvoyer à l'histoire des foyers cérébraux. Le volume, la situation de ces foyers sont essentiellemeut variables. Il est très-important pour l'interprétation des symptômes de se rendre exactement compte de leurs limites précises, de la compression qu'ils peuvent exercer sur les parties voisines. Nous avons suffisamment insisté sur ces divers points dans l'étude des tumeurs. Quant à leur fréquence les hémorrhagies du cervelet sont infiniment plus rares que celles qui ont pour siège le tissu cérébral proprement dit. Il faut encore distinguer les hémorrhagies proprement dites, primitives, des hémorrhagies secondaires déterminées par les autres lésions et ne jouant qu'un rôle secondaire dans le processus morbide. Toutefois les symptômes qu'elles déterminent, peuvent modifier profondément la physionomie, la marche, la terminaison de la maladie. Quant aux hémorrhagies qu'on peut appeler primitives, elles se lient dans la majorité des cas, ainsi que l'ont démontré les recherches modernes, à des altérations vasculaires, dont les caractères seront étudiés ailleurs.

L'histoire des hémorrhagies cérébelleuses a été longtemps englobée dans celle des lésions homologues du cerveau. Dans son mémoire publié dans les Archives de 1858, M. HiUairet les a, l'un des premiers, étudiées séparément. La description qu'il en a donnée doit subir quelques modifications ; surtout en ce qui concerne les symptômes cérébelleux proprement dits, et ceux qui tiennent au retentissement de la lésion sur les parties voisines.

M. Hillairet décrit deux formes ; l'une brusque, foudroyante, apoplectiforme ; c'est la plus fréquente; l'autre, lente et chronique.

Nous trouvons ici notée, comme dans toutes les autres lésions, la céphalalgie, dont le siège le plus habituel est la région occipitale.

La conservation de l'intelligence, même dans les formes les plus rapides, a tou jours été signalée avec soin par M. Hillairet. Les malades ont conscience de la gravité de leur état. Il n'est pas de symptômes sur lesquels on ait plus discuté que l'hémiplégie. M. Hillairet la signale dans un tiers des cas ; elle serait habituellement croisée. M. Vulpiaa a combattu énergiquement cette conchision. Il fait remarquer d'abord : que les cas dans lesquels aucune hémiplégie ne s'est montrée, sont loin d'être raves ; en second lieu, que les hémiplégies directes sont ici bien plus fréquentes que lorsqu'il s'agit de lésions du cerveau proprement dit. Pour lui, les lésions unilatérales du cervelet bien dégagées de toute complication ne

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déterminent presque jamais d'hémiplégie; mais seulement nn peu d'affaiblissement, du côlé correspondant. Quand il y a hémiplégie croisée, elle est due à la compiession exercée sur les parties sous-jacentes, piinci|ialemeiit sur les moitiés correspondantes du bulbe et de la piolubérance, C'est surtout dans les hémonhagies que ces remar(|ues trouvent leur appliration.

Lesfaiis d'Iiémiplégie directe avaient depuis longtemps frappé les observateurs, et on avait invoqué po;if les expliquer des anomalies de structure du bulbe rachidien et le défaut d'entre-croisement des faisceaux pyramidaux. Cette interprétation résulte d'une erreur anatomique; on sait en effet que le cervelet est en connexion avec la moelle par des fibres qui ne sont pas comprises dans l'eiitre-croisemeiit.

La faiblesse des membres, la titubation, la démarche vertigineuse sont notées dans la plupart des observations.

Un des symptômes les plus constants, c'est le vomissement. Nous avons vu qu'il figurait dans plusd'tm tiers des cas. Il est surtout fréquent dans la forme lente. Rien ne peut l'arrêter ; il revient souvent jusqu'à la mort. Nous avons vu qu'on avait cherché à les expliquer par l'hypothèse non démontrée d'une lésion ou d'une compression des nerfs pneumogastriques à leur origine.

Si la sensibilité générale est intacte, il n'en est pas de même des sensibilités spéciales. La vue est surtout intéressée. Nous notons dans presque toutes les observations des troubles plus ou moins profonds, depuis l'inégalité, la dilatation ou la contraction des pupilles, jusqu'à l'abolition de la vision dans l'un des deux yeux et, quelquefois, la cécité absolue. L'absence de relation directe entre les nerfs optiques et le cervelet rend difficile l'explication de ce symptôme. Ou l'a cherchée dans un compression exercée sur les tubercules quadrijumeaux, ou sur les pédoncules antérieurs du cerTelet, qui vont passer sous ces tubercules pour s'entre-croiser à ce niveau sur la ligne médiane. Ces explications plus facilement applicables aux foyers hémorrhagiques, genre de lésions favorable à l'hypothèse de la compression, diminuent de valeur en présence d'autres lésions limitées et sans action sur les parties voisines, comme certaines tumeurs et surtout les ramollissements. M. Vulpian se résigne à admeltre une sorte d'influence sympathique du cervelet sur les foyers d'origine des nerfs optiques, influence dont les voies conductrices ne lui paraissent pas encore connues.

Bien qu'on ait quelquefois noté des troubles de l'ouïe, ils sont beaucoup plus rares que ceux de la vision; chose assez dilficile à comprendre en raison des connexions intimes du cervelet avec les fdets des nerfs acoustiques. Les troubles de la parole se trouvent relatés dans beaucoup d'observations. Quelquefois les malades ne parlent pas (obs. d'Hillairet).

La mort est le dénoùment habituel de l'hémorrhagie cérébelleuse. En dehors des cas foudroyants, elle survient même assez rapidement. Dans les cas de M. Hillairet, la duiée moyenne de la maladie ne serait que de un jour et demi.

Feut-on prétendre au diagnostic d'une hémorrhagie cérébelleuse? C'est la question qui se pose ici comme en présence de toute autre lésion céiébelleuse ; et ici encore nous avons comme base de notre diagnostic : l'absence fréquente d'hémiplégie vraie, les troubles locomoteurs, l'entraînement, la conservation de la sensibilité, les vomissements, les altérations de la vision. Il est certain que le groupement de ces différents symptômes fixerait l'indécision du praticien ; malheureus-ement les difficultés s'accumulent quand les symptômes du foyer perdent leur netteté, obscurcis par les symptômes du voisinage.

Étant admis qu'on ait pu s'arrêter avec quelque apparence de certitude à l'idée

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d'une lésion cérébelleuse, il sera plus facile d'en fixer la nature hémorrhagique dans les cas où des accidenis sul)its, apoplectiformes, se seront inanileslés. Mais, dans la forme lente, la tâche du clinicien se compliquera de nouvelles difficultés, bien que même en pareils cas, la mai che de la malailie, l'évolution des symptômes soient dilférentes de ce qu'on observe habituellement en présence d'une tumeur, d'un kyste, d'un ramollib^sement. C'est ainsi qu'on observe plus souvent, dans le cours de la maladie, des accidents subits ayant quelquefois une tendance marquée vers une résolution plus ou moins complète. Gardons-nous cependant de forcer l'observation et de dissimuler les difficultés qui se présentent nécessairement au lit du malade.

Ces difficultés, d'ailleurs, ne peuvent guère modifier la conduite du médecin au point de vue du traitement, dont les émissions sanguines, les évacuations répétées, les révulsifs, l'application surveillée des réfrigérants, feront les principaux frais.

RAMOLLissiiMEKT. Le ramollissemeut du tissu cérébelleux n'est pas rare. C'est une des lésions qui accompagnent le plus souvent les tumeurs, et il est impossible de déterminer cliniquement la part qui lui revient dans la symptomatologie.

Nous avons, à ce point de vue, peu d'observations positives. Celles qui se rapportent à des ramollissements purs nous montrent qu'en pareils cas la lésion, bien que très-étendue, peut passer complètement inaperçue pendant la vie. Presque toujours d'ailleuis les foyers de ramollissement cérébelleux coïncident avec des foyers de ramollissement cérébral. Il en résulte dans la séméiologie une confusion inévitable.

Les documents font donc défaut. Nous avons vu, en outre, que les lésions artérielles sont beaucoup plus rares dans le cervelet que dans le reste de l'encéphale. Nous ne pouvons que renvoyer, pour la partie anatomique, à ce qui a été dit du ramollissement cérébral. C'est le seul point de vue sous lequel la question peut être envisagée.

Abcès. Ils peuvent être consécutifs à des caries des parties voisines du rocher. Bans un fait qui appartient à Feinberg {Be7iiner Klin., 1869). 11 y avait des abcès dans les deux lobes. On a noté un ralentissement considérable du pouls (40 pulsations), et une paralysie faciale évidemment due à la lésion du rocher.

Sclérose. Atrophie. Sous le nom de Sclérose, on désigne une lésion anatomiquement caractérisée par une teinte jaunâtre ou rosée des p.irties grises, qui offrent une résistance, une fermeté particulières; les éléments nerveux, cellules ou tubes, sont moins nombreux ou plu> petits qu'à l'état normal. Au microscope, ou constate un amas de substance ^lanuleuse ou fibrillaire environnant des cellules ou des noyaux allongés de tissu conjonctif. M. Vulpian compare ces fibrilles, pour l'apparence, au leptothrix buccalis. Ces éléments sont dus à l'hypergéiièse des cellules de la névroglie. M. Ouguet a rencontré cette lésion chez trois épileptiques. Elle coïncidait avec une atmphie du cervelet réduit au poids de 150, 95 et même 75 grammes, le poids normal étant de 175 grammes enviion.

L'épile,isie est-elle, dans ces cas, symptomatique de la lésion; en est-elle au contiai'e la cause? M. Coruil {Rapport à la Société anatomique, 1863), adopte plus volontiers la seconde hypothès^e. Les congestions ré[iétées, amenées par lépilepsie, détermineraient habituellement d'après 8chrœder\ander Kolk (17 auto|isies), une lésion tout à fait analogue dans la moelle allongée, le plancher du quatiième ventricule, les racines du pneumogastrique et de l'hypoglosse. Ces mômes lésions peuvent-elles, dans certains cas, s'observer dans le cervelet? En tout cas, il est hors de doute que, dans la moitié des cas, les résultats de l'au-

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CERVICAL (Ligament). On désigne sous ce nom, en anatomie comparée, un ligament très-résistant formé en grande partie d'un tissu élastique épais, étendu de la protubérance occipitale aux apophyses épineuses des vertèbres cervicales, et constituant un auxiliaire puissant pour l'extension de la tête. Chez l'homme il existe un ligament cervical moins développé, en quelque sorte rudimentaire par rapport à la conformation de ce ligament chez les grands quadrupèdes, parce que la station bipède réclame des efforts relativement faibles pour l'extension de la tête sur le rachis.

On distingue également un ligament cervical antérieur, c'est pourquoi nous décrirons l'un et l'autre.

Le ligament cervical postérieur représente la portion cervicale du grand ligament surépineux, qui unit entre elles les apophyses épineuses des vertèbres. Il s'insère à la protubérance occipitale externe et aux apophyses épineuses; il se

confond par ses fibres avec les insertions musculaires tendineuses du trapèze et des muscles spinaux, et constitue une cloison fibreuse séparant les musc'es de la gouttière vertébrale du côlé gauche et du côté droit; il dessine en quelque sorte le méplat étroit sur lequel les apophyses épineuses font saillie; ses faisceaux, disposés en éventail sur chaque apophyse épineuse cervicale, s'unissent et s'enlre-croisent avec les insertions tendineuses des muscles extenseurs de la région cervicale du rachis. Il est composé de tissu fibreux, dense, renfermant des fibres élastiques, et présente la structure des ligaments fibreux.

Le rôle du ligament cervical postérieur est simplement auxiliaire dans l'extension de la partie cervicale du rachis, celle-ci étant assurée par les ligaments jaunes et par les muscles occipitaux et interépineux ; cependant ce ligament concourt à limiter l'écartement des apophyses épineuses dans la flexion forcée de la région cervicale du rachis ; il constitue en outre un moyen de renforcement des attaches des extenseurs de la colonne vertébrale.

Le ligament cervical antérieur est constitué par le faisceau superficiel du ligament occipito-atloïdien supérieur, il s'insère d'une part à l'apophyse basilaire par un faisceau large et aplati, et d'autre part au tubercule antérieur de l'atlas. Il recouvre le faisceau profond du ligament occipito-atloïdien supérieur; il est séparé des muscles grands droits antérieurs par une mince couche de tissu cellulaire. Ce ligament peut être considéré comme l'origine du ligament vertébral antérieur, dont il constitue les premiers faisceaux. A. Henocque.

CERVICAL. (Plexus). Formé par les branches antérieures des quatre premiers nerfs rachidiens cervicaux, situé au devant des apophyses transverses des vertèbres cervicales, appliqué sur les insertions des muscles splenius (angulaire et scalènes), recouvert supérieurement par la face profonde du sterno-mastoïdien, dont le sépare une lame fibreuse et des ganglions lymphatiques, placé en arrière de la carotide de la jugulaire et des nerfs pneumo-gaslrique et sympathique, le plexus cervical donne de nombreuses branches aux muscles, à la peau du cou, et de la nuque.

Nous avons à décrire ses branches d'origine, ses branches terminales et sos anastomoses.

Branches d'origine. La première branche cervicale antérieure émerge, entre l'occipital et l'arc postérieur de l'atlas, dans la gouttière de l'artère vertébrale au-dessous de ce vaisseau ; elle passe au-dessus de Lapophyse transverse de l'atlas, et sedirigeant en bas, s'anastomose avec un rameau ascendant de la seconde branche, formant avec lui une arcade qui contourne l'apophyse transverse de l'atlas. De cette anse naissent des rameaux musculaires destinés au droit latéral et au droit aniérieur qui proviennent delà première branche cervicale, et des rameaux anastomotiques provenant des deux premières branches cervicales, qui se réunissent au ganglion cervical supérieur, à l'hypoglosse, au pneumo-gastrique et à la branche descendante interne du plexus cervical.

La seconde branche cervicale antérieure, traversant le trou de conjugaison formé par les apophyses transverses de l'atlas et de l'axis, se divise au devant de l'axis en deux rameaux : l'un ascendant forme avec la première branche cervicale l'arcade précédemment décrite, l'autre descendant s'unit au plexus cervical après avoir fourni un filet anastomotique au ganglion cervical 'supérieur, un rameau à la troisième branche cervicale, et des fdets musculaires au grand droit antérieur»

La troisième branche cervicale antérieure qui offre un volume double de

celui des précédentes, sort par l'espace intertransversaire entre l'axis et la troisième vertèbre cervicale, se divise en deux rameaux l'un supérieur, l'autre intérieur qui constituent plus p;irlicnlièremeiit le plexus cervical superficiel, c'est-à-dire le nerf occipital, auriculaire, et cervical transverse. Par le rameau inférieur, elle s'unit avec la quatrième brandie, et s'anastomose, par des filets nerveux, avec le ganglion cervical supérieur ou avec le moyen, et avec diverses branches musculaires, entre autres le rameau de l'angulaire.

La quatrième branche cervicale antérieure, plus volumiueuse que les précédentes, forme, dès sa sortie de l'espace intertransversaire, la plus grande partie du nerf phrénique ; elle fournit un filet anaslomotique grêle au grand sympathique cervical, et un rameau important à la cinquième branche cervicale ; puis s'unissant à la troisième branche cervicale antérieure, se divise en deux rameaux terminaux qui concourent à former le ple\us cervicul.

Le plexus cervical proprement dit, ainsi constitué, représente un ensemble de branches nerveuses anastomosées qui se divisent de nouveau en un certain nombre de branches qu'on peut distinguer en superficielles ou cutanées, et profondes ou musculiiires.

■ Les brandies superficielles, désignées quelquefois sous le nom de plepms cervical superficiel, sont au nombre de cinq: l'une antérieure {branche cervicale superficielle ou cervicale transverse), deux ascendantes {br. auriculaire eibr. mastoïdienne, deux descendantes [br. sus -claviculaire et br. sus-acromiale).

Les branches profondes sont plus nombreuses, plus grêles qne les précédentes, mais non moins importantes ; elles sont, eu égard à leur direction, descendantes {br. descendante interne et nerf phrénique), ascendantes {br. du droit latéral et du petit droit antérieur), internes [br. du grand droit antérieur et br. du muscle long du cou) , enfui externes {br. du stnrnomastdidien du trapèze, de l'angulaire, du rhombdide).

Il nous reste à décrire toutes ces branches.

Branche cervicale, superficielle on thansverse. Ayant pour origine la troisième branche cervicale, et anastomosée avec la deuxième, elle se détache du plexus au niveau de la partie moyenne du sterno-mastoïdien; formant une arcade quicroise le bord postérieur de ce muscle, elle se diiige transversalement sous le muscle peaucier au-dessous de la veine jugulaire externe, et, vers le bord antérieur du sterno-mastoïdien, se partage en deux rameaux, l'un ascendant, l'autre descendant, dont les divisions forment une sorte d'éventail. Les rameaux descendants se distribuent à la peau de la partie antérieure du cou ; les rameaux ascendants se distribuent à la peau de la région sus-hyoïdienne et de la partie voisine des régions mentonnière et parotidienne, s'anastomosant avec des branches du facial.

Branche AURICULAIRE. Décrite t. Vil, page 260. Elle se distribue à la peau des régions parotidienne et occipitale, et aux téguments du pavillon de l'oreille.

Branche mastoïdienne. Elle naît de la seconde branche cervicale, se réfléchissant sur le bord postérieur du sterno mastoïdien ; elle se dirige en haut le long de ce bord, jusqu'à la face postérieure du muscle occipital où elle se divise en rameau interne et rameau externe qui se distribuent l'un à la peau de la région mastoïdienne, l'antre à la peau delà région occipit.de, c'est à-dire au cuir chevelu. On observe quelquefois une branche auxiliaire dite petite mastoïdienne qui vient entre les deux branches précédentes et se distribue à la peau de la région mastoïdienne.

Branche sus-glaviculaire. Formée par la quatrième branche cervicale, ellese

réfléchit au-dessous des nerfs précédents sur le bord postérieur du sterne-mastoïdien, et se divise en plusieurs rameaux qui descendent au-dessus du sternomastoïdien vers le sternum et les clavicules; ces rameaux distingués en sussternaux et sus-claviculaire se distribuent à la peau qui revêt lecreux sus-sternal, la clavicule, la région sous-claviculaire, et la partie supérieure et antérieure de la poitrine jusqu'à la quatrième côte.

Branche sus-ACROJiiALE, Comme la précédente, avec laquelle elle forme quelquefois un tronc commun, elle naît de la quatrième branche cervicale. Elle se partage dans certains cas en plusieuis rameaux distincts ; mais ses divisons réunies ou séparées émergent en arrière du sterno mastoïdien, au-dessous de la branche sus-claviculaire et descendant obliquement vers l'épaule, forment deux groupes principaux qui se distribuent d'une part à la peau de la région delloidienne, et d'autre part au tégument des parties supérieures et externes du moignon de l'épaule.

La plus importante des branches profondes du plexus cervical est le nerf phrénique ou nerf diaphragmatique qui est formé par le quatrième nerf cervical et des anastomoses du troisième et du cinquième ; il se distribue au diaphragme et constitue l'une des origines du plexus solaire ; le rôle considérable qu'il joue dans la respiration rend nécessaire un article spécial pour ce nerf, auquel nous renvoyons. Voy. Diaphragmatique (nerf). Les autres branches profondes sont destinées à des muscles.

La branche descendante interne présente des variations dans son origine. Ordinairement elle naît par deux rameaux qui proviennent de la deuxième et de la troisième branche cervicale antérieure, et auxquels se réunit un filet provenant de l'arcade anastomotiqne des deux premières branches cervicales antérieures. Le nerf amsi formé descend le long de la veine jugulaire interne et au niveau de l'angle de réflexion du muscle omo-hyoïdien, foime au devant de la jugulaire interne une arcade anastomotiqne à concavité inlérieure qui s'unit à la branche descendante du nerf hypoglosse. Les rameaux léunis de ces deux neris se distribuent aux muscles de la région sous-hyoïdienne.

Les branches du petit droit antérieur et du droit latéral naissent en un tronc commun ou par deux rameaux, de la première branche cervicale antérieure, et pénètrent, après un très-court trajet, dans la face profonde de ces muscles.

La branche du grand droit antérieur est simple ou représentée par plusieurs filets qui proviennent de la première branche cervicale ou de l'arcade anastomotique de celle-ci et de la deuxième.

Les branches du muscle long du cou, également très-variables dans leur nombre et leur origine, naissent des trois premières branches cervicales.

La branche du sterno-mastoïdien, née des deuxième et troisième br. cervicales, est plus volumineuse que les précédentes ; elle se dirige obliquement vers le muscle sterno-mastoïdien, pénètre dans la face profonde de ce muscle au-dessus de sa partie moyenne et forme, par ses divisions réunies aux rameaux que le spinal envoie au muscle sterno-mastoïdien un petit plexus dont les rameaux se distribuent à ce muscle.

La branche du trapèze est formée par un ou deux rameaux issus des arcades anastomotiques des deuxième, troisième et même quatrième branche cervicale antérieure; elle descend obliquement en dehors vers la face profonde du muscle trapèze el s'unit avec la terminaison du nerf spinal pour former le plexus d'oiî naissent les filets musculaires du muscle trapèze.

La branche de l'angulaire descend obliquement de la troisième ou de la qua-

tricme branche cervicale, suivant qu'elle a l'une ou l'autre pour origine, vers la partie supérieure du muscle angulaire auquel elle se distribue.

La branche du rhomboïde provient de la quatrième l^ranche cervicale, quelquefois même de la cinquième ; elle descend parallèlement à la précédente vers le muscle rhomboïde et pénètre dans ce muscle, près du bord supérieur, par des rameaux qui sont perpendiculaires au grand axe de ce muscle.

Les anastomoses du plexus cervical sont, comme on vient de le voir, fort nombreuses; indépendamment des rameaux qu'échangent entre elles les branches d'origine ou les branches principales qui en naissent, ce plexus s'unit à des nerfs crâniens, au grand sympathique ou plexus brachial, par des communications multiples ; celles-ci s'effectuent, soit par des rameaux qui naissent directement des branches d'origine ou des arcades qui les unissent, c'est-à-dire du plexus luimême, soit par des rameaux provenant des branches terminales. D'une part, les branches cervicales antérieures, leurs arcades, s'unissent dans le plexus cervical; l'arcade formée par les deux premières branches cervicales unit le plexus aux nerfs pneumo-gastriques et grand hypoglosse, ainsi qu'au ganglion cervical supérieur du grand sympathique, les autres branches fournissent des anastomoses au cordon du grand sympathique et au ganglion cervical moyen. La quatrième branche cervicale s'unit à la cinquième, par conséquent flût communiquer le plexus cervical avec le plexus brachial.

D'autre part, la branche descendante interne forme, avec le grand hypoglosse, un petit plexus, et les branches du sterno-mastoïdien du trapèze s'associent au spinal ; enfin les branches de l'angulaire, du rhomboïde, qui proviennent tantôt du plexus cervical ou du plexus brachial, constituent des rameaux terminaux intermédiaires entre ces deux plexus. Les branches superficielles se réunissent également à leur terminaison ; les supérieures (auriculaire, mastoïdienne, cervicale, transverse) à des rameaux du nerf facial ; les inférieures (acromiales et claviculaires), à des rameaux provenant du plexus brachial. Les plus importantes sont des anastomoses du plexus cervical, avec les nerfs sympathiques, sont fournis par les branches que le nerf phénique donne au plexus solaire.

Physiologie. Les nerfs du plexus cervical ont un rôle physiologique multiple: ils assurent la sensibilité de la partie antérieure du cou et des parties voisines de la lace, de la nuque, de la poitrine et de l'épaule ; ils président à la motilité des muscles fléchisseurs de la région cervicale du rachisj d'un certain nombre de muscles rotateurs ou fléchisseurs de la tête sur le cou, de muscles élévateurs de l'épaule; enfin le phrénique, par son action sur le diaphnigme, offre un rôle des plus importants dans les phénomènes mécaniques de la respiration. Par ses anastomoses nombreuses avec les ganglions et les cordons du sympathique il s'associe à l'action du plexus sur les phénomènes vaso-moteurs et divers actes de la vie organique.

Sous le rapport de la sensibilité, la branche cervicale transverse se distribue à la partie antérieure du cou, le nerf auriculaire anime la peau de la région parotidienne et du pavillon de l'oreille, la branche mastoïdienne se distribue à la peau des régions matoïdienne et occipitale, les rameaux susternaux, sus et sous-claviculaires de la branche sus-cluaviculaire s'étendent aux régions stcrnales, sus et sdus-claviculaires ; de même que les nerfs de la branche sus-acromiale se distribuent à la région deltoïdienne et au moignon de l'épaule. Dans ces fonctions, les nerfs du plexus cervical s'associent dans les parties extrêmes de leur territoire au nerf facial, et à des nerfs provenant du plexus brachial.

A l'égard de la fonction motrice, les nerfs du plexus brachial président aux contraclions des muscles prévertébraux de la région cervicale; le grand droit antérieur, le petit droit antérieur, le petit droit latéral, le long du cou, c'est-à-dire les muscles qui inclinent la tête sur le cou en avant, ou latéralement, et concourent à la rotation de la tète.

Les branches de l'angulaire, du rhomboïde agissent sur les mouvements de l'épaule et, en particulier, sur l'élévation de l'angle supérieur de l'cmoplate, l'action du rhomboïde s'associant à celle du grand dentelé pour appliquer le scapulum sur le tronc.

Réunies aux rameaux du nerf spinal, les branches du sterno-mastoïdien et du trapèze concourent à assurer la solidité de la partie supérieure du tronc dans les phénomènes de la respiration, de l'effort, et agissent accessoirement sur les mouvements de la tête et dés membres supérieurs. Le plexus cervical a par conséquent un rôle dans les phénomènes mécaniques accessoires de la respiration, comme dans le phénomène le plus important, la contraction du diaphragme à laquelle préside le nerf phrénique ou diaphragmatique [voy. Diaphragmatique (nerf).

Par les anastomoses de la branche descendante avec le nerf grand hypoglosse et la petite anastomose de la première branche cervicale avec le même nerf, le plexus cervical associé au grand hypoglosse anime les muscles de la région soushyoïdienne.

Le rôle que remplissent les anastomoses avec le pneumogastrique, avecle grand sympathique n'a pas été, quant à présent, étudié isolément, excepté pour le phrénique; il sera étudié à propos du nerf grand sympalhique.

Considérations pathologiques. Par sa position profonde, protégé en arrière par la colonne vertébrale, latéralement par des muscles puissants, et en avant par les parties molles du cou, par le larynx et l'œsophage, le plexus cervical échappe à la plupart des lésions traumatiques qui peuvent atteindre la région antérieure du cou. Ce n'est que dans les luxations et les fractures de la région cervicale du rachis qu'on peut observer la compression ou la rupture des nerfs d'origine du plexus cervical. Mais comme d'une part les lésions des premières vertèbres cervicales s'accompagnent de phénomènes très-graves et que, d'autre part, les luxations ou les fractures des vertèbres cervicales moyennes sont fort rares, on s'est généralement peu préoccupé de l'étude des nerfs cervicaux dans ces cas, de sorte que les documents manquent pour l'histoire pathologique du plexus cervical.

Les mêmes remarques sont vraies à l'égard de la compression des nerfs du plexus cervical, en mettant de côté le nerf phrénique. Cependant les observations de Cruveilhier montrent l'utilité d'une étude du plexus cervical et de ses origines; en elfet, cet illustre anatomiste signale l'atrophie des racines antérieures des nerfs cervicaux dans un cas d'atrophie musculaire {Anatomie pathologique, t. 111, p. 150), ■^t des névromes fibreux siégeant dans diverses branches du plexus cervical (J&ii., p. 768).

Pour les branches terminales, nous ne connaissons pas d'observations anatomiques spéciales démontrant les altérations dont peuvent être le siège les divers nerfs qui animent l'angulaire, le rhomboïde, le trapèze, le sterno-mastoïdien dans les cas de paralysies et de contracture de ces muscles. A. Hénocque.

CERVICAL DESCEI\DANT INTERNE (Nerp). Voy. Cervical (plexus).

CERVICAL TRARJSVERSE (Nerf). Voy. Cervical (plexus).

CERVICALES (Artères ET vEiNEs). [. Artères. On doniie le nom rl'artères cervicales à plusieurs vaisseaux qui n'ont d'autre caractère commun que d'être situés au cou, mais qui diflèrent essentiellement entre eux sous le rapport de l'origine, du trajet et de la distribution. Cette ap|iellalion unique, appliquée à un trop grand nombre d'artères, a pour inconvénient ordinaire de jeter quelque confusion dans cette partie de l'angéiologie. 11 est vrai que les anatomistes ont le soin d'ajouter au mot cervicale un qualificatif destiné à caractériser le vaisseau dont il s'agit, c'est ainsi qu'on dit cervicale transverse, profonde, postérieure, elc; mais il n'est pas moins exact que les gens peu familiers aux détails anatomiques éprouvent toujours une certaine difficulté à se retrouver dans tous ces noms. De là un manque de précision dans les connaissances, qu'il serait aisé de faire disparaître en modifiant légèrement la nomenclature. Le but de ce dictionnaire n'étant pas d'exposer la science telle qu'on la voudrait, mais telle qu'elle existe, je m'abstiendrai de tout néologisme, et je me bornerai à décrire succinctement les artères suivantes: 1" cervicale ascendante; 2" cervicale postérieure ; ô" cervicale profonde; 4" cervicale superficielle ; 5° cervicale transverse.

\° La cervicale ascendante n'est, le plus souvent, qu'une petite branche insignifiante qui sedélaclie de la thyroïdienne inférieure au moment où celle-ci se recourbe pour devenir descendante; d'autres fois c'est une artère volumineuse qui semble continuer, en haut, la direction primitive de la thyroïdienne inlérieure. Quel que soit son calibre, elle se dirige de bas en haut, d'abord au devant du scalène antérieur, puis dans le sillon qui sépare ce muscle des insertions vertébrales du grand droit antérieur de la tète. Ses rameaux musculaires s'épuisent dans les muscles latéraux du cou ; ses rameaux cervico-spinaux passent entre les apophyses transverses cervicales, et ont une distribution semblable à celle des rameaux dorso spinaux des artères intercostales et lombaires.

2° La cervicale postérieure est un rameau de l'artère occipitale dont le calibre est très- variable. Elle descend entre le splénius et le grand complexus, et peutêtre suivie jusqu'à la partie inférieure du cou.

5° La cervicale profonde, la plus grêle de toutes les branches de la sous-clavière, naît sur la face postérieure de cette dernière, en dedans des scalènes et à peu près au même niveau que l'artèie vertébrale. Elle se dirige d'abord en haut et en arrière, traverse l'espace compris entre le col de la première côte, et l'apophyse transverse de la septième vertèbre cervicale, et se divise en deux branches: la branche ascendante, continuation du tronc pour la direction et pour le calibre, monte entre le grand complexus et le transversaire épineux dans lesquels elle se termine. La branche descendante, plus grêle, s'épuise ordinairement après un court trajet.

4» On donne quelquefois le nom de cervicale superficielle à l'artère cervicale transverse, parce que, dans la première partie de son trajet, elle n'est séparée de la peau que par le muscle trapèze.

5" La cervicale transverse n'est autre chose que l'artère scapulaire postérieure. Je l'ai presque toujours vue naître de la sous-clavière, après le passage de celle-ci entre les scalènes, contrairement aux auteurs qui prétendent, que son origine est ordinairement située, soit en dedans des scalènes, soit entre ces deux muscles. Légèrement flexueuse dès sa naissance, l'artère cervicale transverse se dirige en dehors, passe à travers les nerfs du plexus brachial ou au devant d'eux, et quelquefois, mais rarement, traverse le scalène postérieur. Dirigée alors d'avant en arrière, elle s'engage sous l'angulaire pour gagner Taagle supérieur et postérieur de l'omo-

plate. A partir de cet angle, elle devient descendante, longe le bord spinal du scapiilum en avant du rhomboïde, et se termine au niveau de l'angle inlerieur de cet os, en s'aviastomosaut avec la scapulaire supérieure et la scapulaire inférieure. Ses branches, toutes musculaires, sont destinées au trapèze, au scalène postérieur, à l'angulaire, au splenius, au sus-épineux, au sous-épineux, au sous-scapulaire, au rhomboïde et au grand dentelé. Une d'entre elles, plus -volumineuse que les autres, se détache du tronc à la hauteur de l'angle supérieur de l'omoplate, passe sous l'angulaire et remonte, en longeant la face protonde du trapèze, et en s'épuisant dans les muscles de la nuque.

11. Veines. Il suffit de connaître le trajet des artères cervicales pour connaître également celui de leurs veines collatérales. Celles-ci sont toujours au nombre de deux pour les ramifications de second ordre, qu'elles côtoient rigoureusement; mais elles se réunissent d'ordinaire, près de leur terminaison, en un seul tronc qui l'emporte beaucoup, par son volume, sur le tronc artériel coirespondant, etqui suit quelquefois une direction un peu différente. Ainsi, la veme cervicale transverse ou scapulaire poslérieure se jette dans la partie inférieure de la jugulaire externe ; la veine cervicale ascendante et la veine cervicale profonde aboutissent toutes deux à la veine vertébrale, au moment où. celle-ci va s'ouvrir dans le tronc veineux brachio-céphalique. V. Pablbt.

CEEVICAa,ES (Paires). Les huit premières paires des nerfs rachidiens sonl designers, en raison de leur origine, sous le nom de paires cervicales ou nerfs cervicaux. Gomme tous les uerls rachidiens, elles naissent par deux racines (voy. Racines rachidielNNESj qui se réunissent pour former le tronc des nerfs rachidiens, lequel, à sa sortie des trous de conjugaison, se divise en deux branches, l'une antérieure, l'autre postérieure.

Les branches cervicales antérieures sont décrites avec le plexus cervical constitué par les quatre premières, et avec le plexus brachial auquel concourent les quatre dernières (j;oy. Brachial (Plexus) et Cervical (Plexus).

Les branches cervicales postérieures ou nerfs cervicaux postérieurs sonl au nombre de huit. Elles naissent du cordon nerveux qui réunit les racines antérieures et postérieures, à une très-petite distance du ganglion des racines postérieures ; elles sortent du rachis par les trous de conjugaison postérieurs ou espaces situés en arrière des apophyses transverses. Les deux premières paires ont une distribution spéciale qui les a fait distinguer sous le nom de nerfs sous-occipitaux ; les six dernières paires présentent une analogie complète dans leui' mode de distribution .

La branche postérieure de la première paire cervicale ou première sousoccipitale sort du rachis, entre l'occipital et l'arc postérieur de l'atlas, en dedans de l'artère vertébrale, au-dessous du grand droit supérieur, et se portant en arrière dans le tissu cellulo-adipeux qui sépare les muscles obliques postérieurs et le grand droit postérieur, elle se divise en rameaux nombreux, les uns internes, destinés aux muscles grands et petit droits postérieurs ; d'autres externes, qui se terminent dans les muscles grand et petit obliques postérieurs ; les autres inférieurs, qui s'unissent à des rameaux de la deuxième paire cervicale pour former le plexus que Gruveilhier désigne sous le nom de plexus cervical postérieur. Cette branche est par conséquent exclusivement musculaire ; elle présente un volume double de celui de la branche antérieure de la première paire cervicale.

La branche postérieure de la deuxième paire cervicale ou occipitale interne, ou grand nerf occipital, la plus volumineuse des branches spinales postéiieures^ Dici. Jt;^L XiV o5

542 CÉUYLIQUE.

sort du canal vertébral, entre l'arc postérieur de l'atlas et la lame de l'axis, audessous du muscle grand oblique ; elle se réfléchit sur ce muscle pour se porter en haut et en dedans ; elle traverse le grand complexus, le trapèze, et, devenue souscutanée, se divise en rameaux externes, moyens et internes, qui se distribuent au cuir chevelu de la région mastoïdienne et occipitale, s'anastomosant avec les rameaux de la branche mastoïdienne du plexus cervical. Dans son trajet, celte branche donne des rameaux musculaires au grand oblique, au grand et au petit complexus, enfin au splénius ; c'est un nert musculo-cutané.

La branche postérieure de la troisième paire cervicale est moins volumineuse que les précédentes. Elle émerge du canal vertébral, entre l'apophyse transverse de l'axis et la troisième vertèbre ; elle se dirige en dedans, entre le grand complexus et le transversaire épineux ; elle devient sous-cutanée et remonte vers la région occipitale, en dedans de la deuxième paire, et dans une direction parallèle; elle donne une branche cutanée ascendante ou occipitale, qui se distribue à la peau de la partie axilede la région occi[iitale, et une branche cutanée horizontale ou cervicale, qui se distribue aux téguments recouvrant le ligament cervical.

Les quatrième, cinquième, sixième, septième et huitième branches postérieures présentent un volume moins considérable que les précédentes, et qui diminue de la quatrième à la huitième. Elles sortent par le trou de conjugaison postérieur ; elles se réfléchissent sur le bord externe du transversaire épineux, se portent en dedans et en haut, traversent le splénius et le trapèze, pour devenir sous-cutanées; elles fournissent des rameaux musculaires au transversaire épineux, au transversaire du cou, au grand complexus, et par leurs divisions terminales animent la peau de la région postérieure du cou. Elles sont musculo-cutanées.

Les branches cervicales postérieures s'anastomosent, d'une part, avec les branches occipitale et mastoïdienne du plexus cervical ; elles constituent, dans la région cervicale postérieure, une &ovteàe plexus cervical postérieur , situé sous le grand complpxus, et dont les branches musculo-cutanées se distribuent aux muscles de la nuque, de la région cervicale postérieure, et au tégument correspondant.

A. Hénocque.

CERVICALES (Vertèbres). Voy. Rachis.

CERVICAUX (Gakglions lymphatiques). Voy. Lymphatiques.

CERVICAUX (Ganglions nerveux). Voy. Sympathique (Nerf grand).

CÉRVLIQUE Alcool. Cérotine, alcool cérotique. G**H*^0^. Celte substance

a été préparée pour la première fois parBrodie [Ann. der Chem. u. Pharm., 1848, t. LXVII, p. 201) en saponifiant la cire de Chine qui, d'après ce chimiste, est un Cérotate de Céryle. L'alcali, par son action prolongée et sous l'influence de la chaleur, décompose la cire de Chine, s'empare de l'acide cérotique et met en hberté le céryle en l'hydratant ; si bien que le céryle plus les éléments de l'eau constituent l'alcool cérylique au même titre que l'éthyle, plus les éléments cl: l'eau, forme l'alcool vinique, ou l'alcool ordinaire.

A l'état pur, l'alcool cérylique se présente sous la forme d'une matière cireuse fusible à 79" et soluble dans l'alcool, l'éther et l'huile de naphte.

Chauffé avec de la chaux potassée, l'alcool cérylique dégage de 1 hydrogène et donne naissance à du cérotate de potasse.

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