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CÉPHALOPODES

layons de dix en dix degrés, mais il ne donne pas une courbe continue, ou tout au moins pour que cette courbe se rapprochât de l'exactitude, il faudrait augmenter de beaucoup le nombre des rayons, opération assez longue. En outre, les degrés décimaux ne tombent que par hasard sur les points singuliers de la voûte crânienne dont il importe de déterminer exactement la position, lebregmn,le lambda, etc. A ces réserves près et grâce à quelques perfectionnements secondaires dus à Bertillon, l'usage du céphalomètre mérite d'être recommandé aux voyageurs et aux anatomistes aujourd'hui non moins qu'en 1859 [voy. Craniographe et Craniométrie). E. Dally.

CÉPIIALOPAGE (de v.z'falri, tête, et irocyeti;, Uni). Genre de monstre double eusomphîilien, composé de deux individus entièrement distincts, sauf dans le point où ils sont réunis. Tandis que chez les métopages {voy. ce mot), la réunion a lieu par l'extrémité céphalique, chez les céphalopages elle s'est faite par l'occipnt ; de telle sorte que les deux individus regardent en sens inverse l'un de l'autre. Cette monstruosité est rare. D.

CÉPlIALOPOnES (de -/êmaVÂ tête; ttoûç, ttoSôç, pied) classe d'animaux mollusques établie par Cuvier et à laquelle de Blainville avait donné le nom de Céphalophores {-/.ifKl-n, tête, fopoi, porteur). {Voy. Mollusques.)

Ces animaux, connus dès li plus haute antiquité, ont été, au temps d'Aristote, célébrés par les prêtres et décrits sous les noms de Sepia, de Teuthos, Teuthis, de Polypes, de Nautilus, etc.

Les Céphalopodes forment la première classe des mollusques; leur organisation étant la plus compliquée , ils présentent des caractères bien tranchés. Ils sont pourvus d'une véritable tête, distincte du reste du corps par une séparation en forme de cou. A l'extrémité de la tête on trouve constamment des appendices allongés , placés autour de la bouche , appendices semblables à des bras trèsfle.vibles et charnus.

Le corps ressemble à un long sac dont l'extrémité se termine en pointe, ou est simplement arrondie. Les flancs ont souvent une nageoire de chaque côté. Deux yeux très-grands sont placés sur la tête , enhn sous le corps on voit une cavité oiî se trouvent les branchies : sac branchial.

Par leur organisation, les Céphalopodes se rapprochent des animaux vertébrés, car ils possèdent un squelette rudimentaire et cartilagineux dont l'extrémité supérieure loge le cerveau.

Du reste , le système nerveux des Céphalopodes consiste en un collier œsophagien d'oii pai^tent de nombreux filets se détachant des masses nerveuses supérieure et inférieure. Deux nerfs vont à la base des nageoires; un nerf spécial se rend dans chaque bras; de plus, il existe des nerfs glanglionnaires allant au tube digestif, au cœur, aux branchies , etc. Les yeux occupent les côtés de la tête, leurs paupières sont soudées; la peau, s'étendant au-dessus, est transparente comme une cornée. La vraie cornée est directement placée sur le cristallin; la sclérotique est criblée d'ouvertures où passent les filets dissociés du nerf optique. Les oreilles consistent en deux poches placées dans l'épaisseur de la boîte crânienne, cartilao-ineuse; chacune renferme un otolithe. Cette oreille rappelle le vestibule auditif des vertébrés.

L'appareil digestif offre en avant de la cavité buccale deux fortes mandibules

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cornées, comparables à un bec de perroquet et daus la bouche une lame dure, chitineuse, appelée bngue.

Les branchies sont tantôt au nombre de deux et tantôt au nombre de quatre, libres dans le sac branchial. Les Céphalopodes ont le sang d'un blanc bleuâtre ou jaunâtre, ils possèdent un cœur central aortique et deux cœurs veineux, latéraux placés à la base des branchies.

Ces mollusques sont presque tous pourvus d'une poche qu'on appelle bourse du noir s'ouvrant près de l'anus. La mntière noire, avec laquelle ou l'ait la couleur dite sépia et de l'encre de Chine, sert de moyen de déiense à l'animal, cai cette matière peut rendre l'eau trouble autour de lui et le dérober de la sorte à un ennemi qui le poursuivrait. Les Céphalopodes sont ovipares, et leurs organes génitaux sont disposés d'une manièse remarquable. Les sexes sont toujours séparés : les mâles offrent un seul testicule placé au fond du sac viscéral et un seul canal déférent. L'ovaire de la femelle est unique, avec deux oviductes s'ouvrant séparément. Chez le mâle il se forme, dans une des glandes du canal déféient , une enveloppe, ou sac spermatique, appelée jadis corps de Needham , et qui contient des spermatophores renfermant les spermatozoïdes. Le mâle lance les spermatophores qui éclatent près des œufs en rendant libre les spermatozoïdes, et la fécondation s'opère de la sorte. Dans la plupart des Céphalopodes , probablement dans tous, d'après Steenstrup, un des bras de la tête poite les spermatophores et se détache pour apporter le sperme aux organes femelles. Ce bras tentaculaire est depuis longtemps observé, il vit encore pendant quelque temps appliqué sur les femelles. On l'a appelle Hectocotyle et parfois on l'a décrit comme un entozoaire parasite; Cuvier en a fait le genre Hectocotylus,

La peau des Céphalopodes est contractile et peut changer de coloration au gré de l'animal, car elle est pourvue de petits organes spéciaux appelés Chromatophores (xpwftcc, couleur, elfopoç, qui porte). Les chromatophores sont formés par de petits sacs pigmentaires ayant la forme de vésicules remplies d'une matière colorante; la paroi des vésicules est épaisse, élastique , homogène , entourée de fibres rayonnées et contractiles; la grandeur des chromatophores dilatés atteint un millimètre, et le liquide finement granuleux est le plus souvent rouge ou violet.

Le tégument entoure de toutes parts les organes du mollusque et se replie dans la bourse qui sert à la locomotion. Pour avancer, l'animal utilise l'eau qui a servi à sa respiration, car une fois la bourse remplie, il peut, par une forte contraction, projeter cette eau à travers l'orifice étroit de son entonnoir. L'eau comprimée s'échappe en jet, et le corps s'avance dans une direction opposée, le plus souvent l'animal va par saccades à reculons , mais si le Céphalopode recourbe un entonnoir, de manière à diriger l'orifice en arrière, le corps va en avant ; si l'orifice est dirigé à droite ou à gauche, l'animal va en sens opposé.

Les Céphalopodes sont constamment marins, vivant ou sur le littoral, ou en pleine mer. Ce sont des animaux voraces, enlaçant leur proie à la manière des serpents à l'aide de leurs bras flexibles. Les grandes espèces sont dangereuses, parce qu'elles s'attachent aux membres des nageurs et peuvent gêner leurs mouvements au point de les faire périr. L'apparition de ces animaux sur notre planète est des plus anciennes, on en connaît un très-grand nombre de fbssdes.

Les Céphalopodes se divisent naturellement en deux groupes ou ordres, suivant que leurs bras sont ou ne sont pas pourvus de ventouses et d'après le nombre de leurs branchies ; de là les deux ordres de Dibranches, acétabulifères et de Tétrabranches, inacétabulés.

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Parmi les Céphalopodes dibranches, on trouve la iamille des Octopodides, ayant huit bras longs, pourvus de ventouses, renfermant le genre Poulpe ou Octopus.

Le Poulpe vulgaire {Odopus vulgaris L.) désigné sous le nom vulgaire de Pieuvre dans quelques localités du nord de la France, a la forme d'un sac allongé, arrondi en arrière, muni en avant de très-longs bras flexibles ayant chacun environ deux cent cinquante ventouses et mesurant six fois la longueur du corps.

Le genre Argonaute est connu depuis l'antiquité, et l'espèce de la Méditerranée (Argonauta Argo L.) a donné lieu à des récits fabuleux. On a cru que cette espèce pouvait se tenir à la surface de l'eau dans une coquille et y naviguer en étendant ses deux bras membraneux en guise de voiles; on pensait aussi que la coquille était empruntée comme l'est celle des Bernard-l'Hermite (Pagurus). L'inexactitude de ces faits est aujourd'hui reconnue. De plus, on a observé récemment le mâle qui diffère de la lemelle par une taille très-exiguë avec les bras dépourvus de membrane et l'absence de coquille. C'est le troisième bras de gauche qui s'hectocotylise et se détache.

La famille des Sépiadés renferme la Seiche officinale {Sepia officinalis L.) espèce très-connue, longue d'un pied, commune dans l'Océan et la Méditerranée. Les coquilles de la Seiche, désignées sous le nom d'os Sepia, sont employées dans les arts et autrefois en pharmacie. Les œufs de la Seiche portent le nom vulgaire de Kaisin de mer.

Le Calmar (voy. ce mot) appartient à cette famille.

Les Céphalopodes tétrabranches , dits aussi inacétabulés , ont leurs bras nus, sans organes d'adhésion.

Les Nautiles n'ont pas de poche du noir, leurs yeux sont pédicules, l'animal est placé dans la dernière loge d'une coquille cloisonnée et siphonée, dont l'orifice se ferme par un capuchon en guise d'opercule. Le mâle est producteur d'une coquille comme la femelle.

On connaît quatre espèces vivantes du genre Nautile. La coquille du Nautile flambé {Nautilius pompilius), provenant de l'Archipel indien, est très-belle et fort grande, l'animal est aujourd'hui bien observé, et on sait depuis van der Hœven que la transformation des digitations tentacuhlères gauches produit l'hectocotyle du Nautilius.

Les Ammonites n'offrent plus d'espèces vivantes. Leur coquille parfois gigantesque est en cloison irrégulière et diversement découpée. Le siphon est placé le long du bord extérieur et non point au centre comme chez les Nautiles.

A la suite du genre Ammonite proprement dit, se placent d'autres groupes, tels que lesBaculites,Hamites, Scaphites, Cératites, etc. , qui ont appartenu à des espèces éteintes. Leurs coquilles, tantôt recourbées, ou plus souvent droites et enroulées en spire, se trouvent dans les couches anciennes du globe, depuis les terrains siluriens et carbonifères jusqu'à l'âge tertiaire le plus voisin de notre époque ; elles peuven' aider le géologue pour connaître l'âge relatif des terrains.

Les Céphalopodes offrent, en résumé, un grand intérêt par l'étude de leur organisutioii. Plusieurs espèces sont édules, elles peuvent servir à l'alimentation sur divers points du littoral. Les coquilles sont employées dans les arts et l'industrie, ainsi que les sécrétions de la bourse du noir des Sépia {voy. Mollusques).

k. Laboulbèse.

CÉPHAIiO'RACHIDIEIV (hquide) (Synon. liquide arachnoidieu , sous-

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arachndidien, cérébro-spinal, céphalo- spinal). Si l'on ouvre le racliis d'un cadavre humain, il est impossible de ne point être fmppéde la disproportion qui existe entre le volume de la moc41e épinière et les dimensions du canal qui la renferme. Cette disproportion est surtout manifeste sur des coupes transversales intéressant à la fois la colonne vertébrale et son contenu. En effet, la moelle, presque appliquée par sa face antérieure contre les vertèbres, en est séparée, en arrière et sur les côtés, par un espace relativement considérable et vide en apparence ; à tel point qu'elle remplit à peine les deux tiers ou même la moitié du canal rachidien, suivant la hauteur à laquelle on l'observe. C'est principalement en bas, au niveau de la queue de cheval, que l'axe nerveux, réduit à ses moindres proportion-:, semble être le plus à l'aise dans son enveloppe osseuse. Il faut toutefois tenir compte de la présence des plexus veineux intra-rachidiens et de la turgescence de ces gros vaisseaux, par le fait de la circulation sanguine pendant la vie ; mais, alors morne ([u'on les suppose portés à leur maximum de tension, ils sont encore bien loin de combler l'espace resté vacant. D'autre part, le cerveau ne remplit pas non plus exactement la cavité crânienne, ce dont on peut facilement s'assurer de diverses façons; il est lui-même creusé de cavités, les ventricules, dont la présence diminue notablement la masse totale de l'organe, sans rien changer à son volume.

Il est plus que probable que ces remarques n'ont échappé aux anatomistes d'aucune époque, tellement elles s'imposent à l'observation môme la plus superficielle ; mais il ne paraît pas qu'avant le milieu du siècle dernier l'on se soit beaucoup préoccupé de savoir si l'espace compris entre les centres nerveux et leurs enveloppes est rempli par un fluide quelconque, gazeux ou hquide. Haller et Cotugno, tous deux à peu près vers le même temps, signalèrent entre la moelle et la dure-mère, l'existence d'un liquide analogue à celui qu'on rencoutie dans le péricarde et dans le péritoine. La description de Haller est, au reste, fort peu détaillée, ce n'est presque qu'une simple indication : ea in sede,inqueimo imprimis sacco, que medulla spinàlis continetur, non infrequens, in fœtu tamen frequentior estaqiiula i) 11 est juste d'ajouter que le grand physiologiste ne revendique aucun droit de priorité sur cette découverte, car il rappelle que le liquide en question était déjà décrit sous le nom d'aqua limpida dans les Éphémérides des curieux de la nature, et que son existence avait été antérieurement mentionnée par Stsehelinus, par Coiter, par Bidloo et par Bœhmer.

C'est à Cotugno que revient, sans contredit, le mérite d'avoir le premier bien observé ce liquide soit sur l'homme, soit sur les animaux, et d'en avoir donné une description à laquelle les auteurs modernes n'ont eu que bien peu de chose à ajouter. Les premières recherches de l'anatomiste italien portèrent sur des cadavres humains et furent tellement concluantes qu'elles l'amenèrent à affirmer, d'une manière absolue, l'existence d'une sérosité semblable à celle du péricarde, et dont le rôle est de combler l'espace compris entre la moelle et la dure-mère : « quidquid autem spatii est inter vaginam durce matris et medullam spinalem, id omne plénum etiam semper est : rmn medulla quidem ipsa in viventibus turgidiori, non nube vaporosa, quod, in re adhuc obscura, suspicantur summt viri; sed aqua, ei quidem simili, quam circa cor continet pericardium, quœ caveas cerebri ventriculorum adimplet, quœ auris labyrinthum, quœ reliqua tandem complet corporis cava, libéra aeri neqitaqiiam adeunda. » Outre qu'il décrit la couleur et les autres qualités physiques de cette sérosité, Cotugno reconnaît qu'elle occupe non-seulement toute la gaine du rachis, mais qu'elle reflue encore jusque dans le crâne. A ceux qui lui objectent que son liquide n'a jamais été

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observé sur l'homme vivant, et qu'il pourrait bien n'être que le résultat de la coudensation, post mortem, d'une vapeur aqueuse existant pendant la vie, il répond victorieusement par le raisonnement et par les vivisections : «l'espace existe, dit-il, il ne peut être rempli, chez l'individu vivant, que par du liquide ou de la vapeur séreuse ; or la vapeur en se condensant ne saurait donner naissance à la quantité de liquide que l'on trouve après la mort. Je reconnais (jue la présence de ce liquide pendant la vie, chez l'homme, reste encore douteuse, mais je l'ai conslatée sur des animaux vivants : veri Immoris prœsentiam, quam in liomine vivo dubitamus, viventium quorumdam animalium dissectiones affirmant. » Ces animaux étaient des poissons de dilférentes espèces et une tortue marine. CoLugno fut moins heureux en opérant sur les chiens et les oiseaux, où il ne lui fut pas possible de retrouver son liquide, sans qu'on puisse s'expliquer la cause de cet insuccès ; mais il n'en persista pas moins dans ses aflirmations, considérant avec raison les résultats précédemment acquis comme suffisamment démonstratifs.

On comprend, à la rigueur, que les quelques lignes consacrées par Haller au liquide cérébro-spinal aient peu attiré l'attention des auteurs qui ont suivi, mais on a peine à concevoir comment la description si précise et si complète de Cotugiio passa, pour ainsi dire, inaperçue. Il n'est question ni des hommes, ni de la chose pendant la seconde moitié du dix-huitième siècle, et il faut arriver jusqu'en 1825 pour voir l'étude de la sérosité céphalo-rachidienne tirée de l'oubli complet dans lequel elle était tombée. Sans counuîtie les travaux ae ses devanciers, ÎLigendie refît à nouveau les découvertes qu'ils avaient faites et parvint, de prime saut, plus loin qu'ils n'étaient parvenus eux-mêmes, en s'aidant de nombreuses recherches sur le cadavre et sur les animaux. Enlevant les lames vertébrales sur un chien vivant, il vit la dure-mère fortement distendue; pratiquant une ponction à cette membrane, il en fit jaillir un liquide limpide et transparent qu'il recueillit et dont il put, à loisir, étudier les propriétés physiques, la composition chimique et le rôle phy.siologique. Celte expérience, reflétée plusieurs fois, réussit constamment. 11 retrouva le même liquide sur les cadavres humains, et, quoiqu'il se soit d'abord trompé sur le siège exact de ce liquide, en le supposant placé dans la cavité de l'arachnoïde, il ne tarda pas à revenir de son erreur. Les résultats de ses recherches, communiqués à l'Académie des sciences, furent consignés et développés par lui dans son journal de physiologie expérimentale pour les années 1825, 1826 et 1827. Enfin, reprenant plus tard cette étude, il lui donna toute l'extension qu'elle comporte, dans deux ouvrages publiés en 1841 et 1842, le premier sur les fonctions et les maladies du système nerveux, le second sur le fluide céphalo-rachidien. On ne saurait nier que Magendie ne se soit laissé entraîner à quelques exagérations à propos de l'importance physiologique et pathologique de ce fluide ; mais, il n'en reste pas moins acquis que, grâce à ses travaux, la quiîstion a été reprise, sérieusement examinée et complètement résolue sur bien des points.

Le liquide qui baigne l'intérieur des ventricules cérébraux paraît avoir été connu longtemps avant le liquide rachidien. Galien, Willis, Vieussens, Littre, Schneider et quelques autres en ont admis l'existence ; tandis que, suivant Coiter, Hilden, Bohn, Verduc, Lieutaud, Haller et Cotugno, les cavités ventriculaires sont simplement lubrifiées par une vapeur séreuse qui peut se condenser sous l'influence de causes pathologiques. Parmi le:; anatomistes modernes, Bicbat et Meckel se refusent à l'admettre ; mais Magendie en démontra l'existence de la façon la plus manifeste. Il mit à découvert les ventricules cérébraux d'un chien vivant, et put voir ce liquide animé d'un double mouvement de flux et de reflux sur lequel

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j'aurai à revenir dans la suite de cet article. Il montra également que si les ventricules du cerveau sont souvent vides sur le cadavre, cela tient à ce que le fluide céphalo-rachidien est passé dans le rachis ; mais qu'il est toujours possible, en plaçant la tête du sujet dans une position déclive et en arrivant avec précaution sur la membrane ventriculaire, d'aspirer le liquide à l'aide d'une pipette, jusqu'à son entier épuisement.

Les continuateurs do Magendie dans l'étude du liquide cérébro-spinal sont peu nombreux. La thèse de Marlin-Saint-Ange, publiée en 1829, n'est guère qu'une^ reproduction des recherches de l'éminent professeur du collège de France. Quant au mémoire de Foltz, inséré dans la Gazette médicale de 1855, il contient un certain nombre de vues originales que j'apprécierai plus bas ; mais, en somme, on peut dire que ces deux auteurs n'ont rien ajouté à ce que l'on savait avant eux.

Dans son ouvrage sur l'anatomie et la physiologie du système nerveux (1842), Longet se borne à reproduire et à confirmer les résultats obtenus par Magendie ; toutefois, il est revenu sur cette question, quelques années plus tard, et a publié, en 1845, un mémoire dans lequel de nouvelles expériences, plus judicieusement interprétées, l'ont conduit à une conclusion tout à fait inattendue. Enfin, et pour terminer cette rapide revue rétrospective, je dois ajouter que, depuis Lassaigne, les cliimistes ont enrichi la science d'un certain nombre d'analyses qualitatives et quantitatives du fluide céphalo rachidien. Ces analyses portent, à la vérité, pour la plupart, sur les liquides pathologiques de l'hydrocéphale et de l'hydrorachis, n;ais elles ne laissent pas que de présenter un grand intérêt pour la solution de la question qui nous occupe.

I. ?ii.GE DU LIQUIDE CÉPHALO-RACHIDIEN. Hallcr ct CotugDO, tout CD reconnaissant la présence d'un lijuide séreux entre la moelle et la dure-mère, ne s'étaient pas précisément expliqués sur le siège exact de ce liquide. Ils semblent penser que le fluide baigne la surface extérieure de la pie-mère, mais sans rien affirmer de positif à cet égard. Magendie fut plus explicite ; il conclut de ses premières expériences que la sérosité péri-méduUaire était contenue dans là cavité de l'arachnoïde. 11 se trompait incontestablement ; mais son erreur s'explique tout naturellement par ses connaissances anatomiques et par la façon dont il procédait. On admettait, depuis Bichat, que l'arachnoïde, comme toute séreuse, forme un sac sans ouverture composé de deux feuillets : un feuillet pariétal, en rapport avec la face profonde delà dure-mère, et un feuillet viscéral, appliqué sur la pie-mère. Or que faisait Magendie? Sur un chien vivant, il incisait transversalement les parties moUesde la nuque, et mettait à nu le ligament occipito-atloïdien postérieur ; puis, il ponctionnait ce ligament et voyait le liquide s'élancer au dehors, d'où il concluait que la source de ce liquide était la cavité arachnoïdienne. De nouvelles expériences lui firent bientôt reconnaître que le fluide cérébro-S[)inal est situé dans le tissu cellulaire sous-arachnoidien, c'est-à-dire entre le feuillet viscéral de l'arachnoïde et la pie-mèie. Si l'on découvre la dure-mère rachidienne à sa partie supérieure, sur un animal vivant, par l'ablation de quelques lames vertébrales, et qu'on incise ensuite cette membrane longitudinalement, avec précaution, on ne voit aucun liquide s'écouler, bien qu'on ait largement ouvert la cavité arachnoïdienne ; mais on aperçoit le feuillet viscéral de la séreuse soulevé par un liquide auquel une ponction peut donner issue. Voici comment on opère généralement, lorsqu'on veut se procurer une certaine quantité du fluide céphalo-rachidien d'un animal vivant : on incise transversalement le tégument et les muscles cervicaux postérieuf^s, jusqu'à ce que l'on ait mis à découvert le ligament occipito-atloïdien

DICI. ENC. XIY. 4

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